1. Résumé
Les Échelles de sensibilité aux incitations et aux menaces relationnelles (en anglais, Relationship Incentive and Threat Sensitivity Scales ou RITSS) constituent un instrument psychométrique auto-rapporté développé par Jean-Philippe Laurenceau, B. M. Kleinman, K. J. Kaczynski et Charles S. Carver (2010). Cet outil a été spécifiquement conçu pour opérationnaliser et évaluer les différences individuelles dans les systèmes motivationnels d’approche et d’évitement appliqués au contexte particulier des relations de couple intimes. Composée de 11 items, l’échelle se divise en deux sous-échelles distinctes : la sensibilité aux incitations relationnelles (Relationship Incentive Sensitivity, RIS ; 6 items) et la sensibilité aux menaces relationnelles (Relationship Threat Sensitivity, RTS ; 5 items).
Les participants évaluent chaque énoncé selon une échelle de réponse en quatre points allant de « Très vrai pour moi » à « Très faux pour moi ». Sur le plan psychométrique, la RITSS présente une structure factorielle robuste confirmée par des analyses factorielles confirmatoires, une cohérence interne satisfaisante (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,74 et 0,82 selon les sous-échelles) et une excellente validité incrémentale par rapport aux mesures de disposition générale telles que les échelles BIS/BAS de Carver et White (1994). Les études démontrent que la sensibilité aux incitations relationnelles prédit significativement les affects positifs quotidiens et la satisfaction conjugale, tandis que la sensibilité aux menaces relationnelles est étroitement liée aux affects négatifs, à la détresse relationnelle et à la vulnérabilité émotionnelle face aux conflits et aux critiques du partenaire.
2. Mots-clés
Sensibilité aux incitations relationnelles, sensibilité aux menaces relationnelles, RITSS, motivation d’approche, motivation d’évitement, psychométrie de couple, système d’activation comportementale, système d’inhibition comportementale, satisfaction relationnelle, régulation affective.
3. Auteurs
Les échelles RITSS ont été développées et validées par une équipe de chercheurs de premier plan en psychologie clinique et de la personnalité :
- Jean-Philippe Laurenceau, Ph.D. : Professeur au Département de psychologie et des sciences du cerveau à l’Université du Delaware (University of Delaware, Newark, DE, États-Unis). Ses travaux portent sur les processus interpersonnels au sein des relations intimes, la dynamique quotidienne de l’intimité, le soutien social et l’application des méthodes d’évaluation en vie quotidienne (ESM/EMA). Courriel institutionnel : [email protected].
- B. M. Kleinman, M.S. : Chercheur associé affilié à l’époque aux travaux de recherche sur les dynamiques relationnelles au sein de l’Université du Delaware.
- K. J. Kaczynski, Ph.D. : Chercheuse en psychologie clinique, spécialisée dans les interactions familiales et conjugales.
- Charles S. Carver, Ph.D. (1947–2019) : Professeur émérite de psychologie à l’Université de Miami (University of Miami, Coral Gables, FL, États-Unis). Théoricien de renommée mondiale dans les domaines de l’autorégulation, de l’optimisme, des systèmes motivationnels (BIS/BAS) et de la psychologie de la personnalité.
4. Objectif
La création de la RITSS répond à une lacune conceptuelle et méthodologique majeure dans l’évaluation psychologique des relations amoureuses. Si la théorie de la sensibilité au renforcement de Jeffrey Gray et les conceptualisations motivationnelles de Charles S. Carver ont largement documenté l’impact du système d’inhibition comportementale (BIS) et du système d’activation comportementale (BAS) au niveau des traits généraux de personnalité, la transposition directe de ces construits généraux aux contextes interpersonnels étroits s’avérait souvent insuffisante pour capter la variabilité des interactions de couple.
L’objectif principal de la RITSS est de mesurer la sensibilité différentielle d’un individu aux signaux de récompense (incitations) et aux signaux de punition ou de perte (menaces) qui émergent spécifiquement au sein de sa relation amoureuse actuelle. L’échelle vise à expliquer pourquoi, face à un même événement conjugal — tel qu’un compliment, une opportunité de rapprochement, un désaccord mineur ou un regard réprobateur —, deux partenaires peuvent manifester des réponses cognitives, affectives et comportementales radicalement divergentes.
Dans le domaine de la recherche fondamentale, la RITSS permet d’étudier la réactivité affective quotidienne à l’aide de protocoles d’échantillonnage de l’expérience (daily diary methods ou EMA). Elle permet de modéliser comment la sensibilité aux incitations amplifie l’impact des interactions positives sur la satisfaction conjugale, et comment la sensibilité aux menaces rend les individus hyperréactifs aux signaux de rejet potentiel.
Sur le plan des applications cliniques, l’outil s’avère précieux en thérapie de couple et en counseling conjugal. Il fournit aux cliniciens une cartographie motivationnelle des partenaires :
- Identifier un profil de forte sensibilité aux menaces (RTS élevée) permet de repérer une vigilance excessive au rejet, des interprétations biaisées de la critique et des réactions défensives amplifiées risquant d’alimenter des dynamiques d’escalade conflictuelle ou de retrait affectif.
- Évaluer la sensibilité aux incitations (RIS) permet d’estimer l’énergie motivationnelle que le patient est prêt à investir pour enrichir sa relation amoureuse, constituer des réserves positives et répondre aux ouvertures de son partenaire.
5. Construit psychologique
La RITSS s’articule autour de deux construits psychologiques indépendants : la sensibilité aux incitations relationnelles et la sensibilité aux menaces relationnelles. Ces dimensions reflètent l’application des systèmes biologiques d’approche et d’évitement au domaine intime.
5.1. Sensibilité aux incitations relationnelles (Relationship Incentive Sensitivity – RIS)
La sous-échelle RIS évalue le degré auquel un individu est motivé par la perspective d’expériences positives, de connexion émotionnelle et de récompenses au sein de son couple. Les individus présentant un score élevé sur cette dimension se caractérisent par :
- Une propension à l’approche active : ils déploient des efforts proactifs pour se connecter avec leur partenaire (item 1) et investissent une énergie considérable lorsqu’une opportunité d’enrichir la relation se présente (items 5, 7, 11).
- Une réactivité positive amplifiée : lorsque les événements se déroulent favorablement dans la relation, leur attachement et leur désir de proximité s’en trouvent renforcés de manière disproportionnée (item 3).
- Un enthousiasme anticipatoire : ils éprouvent de l’excitation et de la joie à la simple perspective d’améliorer leur lien amoureux (item 9).
Cette dimension ne correspond pas simplement à l’extraversion générale ou à l’amour passionnel, mais bien à une sensibilité fonctionnelle aux opportunités interpersonnelles de récompense et d’intimité partagée.
5.2. Sensibilité aux menaces relationnelles (Relationship Threat Sensitivity – RTS)
La sous-échelle RTS mesure la vulnérabilité d’un individu face aux signaux de rejet, de conflit, de critique ou d’échec dans la relation. Les personnes ayant un score RTS élevé manifestent :
- Une vulnérabilité émotionnelle à la critique : les réprimandes, reproches ou désapprobations formulés par le partenaire provoquent une souffrance psychologique marquée (item 2).
- Une vigilance anxieuse face au désaccord : le sentiment ou la constatation que le partenaire est en colère déclenche immédiatement de l’inquiétude et du désarroi (item 4).
- Une réactivité anticipatoire négative : l’anticipation d’un événement désagréable dans la relation induit un état d’agitation émotionnelle et de détresse (item 6).
- Une auto-évaluation inquiète : une préoccupation persistante à l’idée d’avoir mal agi ou de commettre des erreurs relationnelles (items 8, 10).
Contrairement au névrosisme global, la RTS cible exclusivement l’anxiété et la peur de la désapprobation circonscrites aux frontières du couple.
6. Cadre théorique
Le fondement conceptuel de la RITSS repose sur l’intégration de trois grands cadres théoriques de la psychologie contemporaine :
6.1. La théorie de la sensibilité au renforcement (RST) et les systèmes d’autorégulation
Selon les travaux de Jeffrey A. Gray (1987), le comportement humain est sous-tendu par deux systèmes neurocomportementaux primaires : le système d’approche comportementale (BAS), sensible aux récompenses et aux incitations environnementales, et le système d’inhibition comportementale (BIS), sensible aux stimuli aversifs, aux punitions et aux signaux d’absence de récompense. Charles S. Carver et Michael F. Scheier (1998) ont étendu cette perspective aux modèles cybernétiques d’autorégulation, où les boucles de rétroaction d’approche visent à réduire la distance vis-à-vis d’états désirés, tandis que les boucles d’évitement visent à accroître la distance vis-à-vis d’états craints.
6.2. La perspective motivationnelle d’approche et d’évitement dans les relations sociales
Les recherches de Shelly L. Gable (2006) ont démontré que les motivations d’approche et d’évitement s’expriment de façon distincte dans les contextes interpersonnels. Les motivations d’approche sociale orientent les comportements vers l’obtention de résultats positifs (par exemple, le sentiment de proximité, l’amusement partagé, l’intimité), tandis que les motivations d’évitement social visent à prévenir des issues négatives (telles que le rejet, l’humiliation ou le conflit). Laurenceau et ses collègues (2010) ont postulé que, de même qu’il existe des motivations sociales d’approche et d’évitement, les individus possèdent des sensibilités individuelles stables aux incitations et menaces relationnelles, fonctionnant comme des filtres perceptuels et affectifs.
6.3. Liens et distinctions avec la théorie de l’attachement adulte
La RITSS entretient des liens théoriques étroits mais distincts avec la théorie de l’attachement chez l’adulte (Bowlby, 1982 ; Brennan, Clark, & Shaver, 1998). Si l’anxiété liée à l’attachement partage avec la sensibilité aux menaces (RTS) une crainte du rejet et de l’abandon, la RTS conceptualise ce phénomène sous l’angle de la réactivité motivationnelle face aux stimuli menaçants du partenaire. De même, la sensibilité aux incitations (RIS) reflète la disposition active à saisir les opportunités d’intimité, un processus qui se distingue de la dimension d’évitement de l’attachement par son orientation dynamique vers l’optimisation du lien.
7. Validité
La validation empirique des échelles RITSS par Laurenceau, Kleinman, Kaczynski et Carver (2010) a fourni des preuves robustes soutenant les différentes facettes de la validité psychométrique de l’instrument.
7.1. Validité convergente
Les deux sous-échelles ont démontré des corrélations théoriquement cohérentes avec les échelles de disposition générale :
- La sensibilité aux incitations relationnelles (RIS) est corrélée positivement et significativement avec le score global du BAS (Behavioral Activation System ; Carver & White, 1994), notamment avec les sous-échelles de recherche de récompense (Reward Responsiveness, r ≈ 0,35 à 0,45) et de pulsion/conduite (Drive).
- La sensibilité aux menaces relationnelles (RTS) montre de fortes associations positives avec le BIS général (Behavioral Inhibition System ; r ≈ 0,40 à 0,55) et avec le névrosisme issu du modèle en cinq facteurs (Big Five).
7.2. Validité discriminante et incrémentale
L’un des apports majeurs de l’étude princeps est la démonstration de la validité incrémentale de la RITSS. Dans des modèles de régression multiple et de modélisation par équations structurelles, la RIS et la RTS expliquent une part de variance unique et significative dans la satisfaction conjugale, le bien-être subjectif et l’affect quotidien, au-delà de ce qui est prédit par les échelles BIS/BAS générales et par les dimensions de l’attachement adulte (anxiété et évitement).
De plus, la corrélation modérée voire faible entre la RIS et la RTS (généralement r < 0,20 ou non significative selon les échantillons) confirme que la sensibilité aux incitations et la sensibilité aux menaces constituent deux systèmes orthogonaux et indépendants, et non les pôles opposés d’un même continuum.
7.3. Validité prédictive en vie quotidienne
Grâce à des protocoles d’évaluation quotidienne (journal de bord pendant 14 à 21 jours consécutifs), Laurenceau et al. (2010) ont montré :
- Que les participants ayant des scores élevés en RIS rapportent davantage d’affects positifs lors des journées marquées par des événements relationnels favorables, démontrant une réactivité sélective aux gains interpersonnels.
- Que les participants ayant des scores élevés en RTS manifestent des augmentations plus marquées d’affects négatifs et des baisses plus prononcées de satisfaction relationnelle lors des journées caractérisées par des tensions ou des conflits mineurs avec le conjoint.
8. Fidélité
Les propriétés de fidélité de la RITSS ont été rigoureusement évaluées auprès d’échantillons d’adultes engagés dans des relations amoureuses durables :
- Cohérence interne :
- Pour la sous-échelle Relationship Incentive Sensitivity (RIS, 6 items), le coefficient alpha de Cronbach (α) se situe régulièrement entre 0,77 et 0,82.
- Pour la sous-échelle Relationship Threat Sensitivity (RTS, 5 items), l’alpha de Cronbach se situe généralement entre 0,74 et 0,80.
Ces valeurs témoignent d’une homogénéité interne adéquate pour des échelles concises de 5 à 6 énoncés, sans redondance sémantique excessive.
- Corrélations item-total : Les corrélations partielles entre chaque item et le score total de sa sous-échelle respective dépassent le seuil recommandé de 0,40, garantissant que chaque formulation contribue efficacement à la mesure du construit ciblé.
- Stabilité temporelle (test-retest) : Dans les études de suivi longitudinal sur des intervalles de plusieurs mois, les scores de la RITSS affichent une stabilité test-retest substantielle (coefficients de corrélation intraclasse généralement supérieurs à 0,70), indiquant que l’échelle mesure des prédispositions motivationnelles relationnelles relativement stables dans le temps au sein d’une même dynamique de couple.
9. Analyse factorielle
La structure dimensionnelle de la RITSS a été établie par des démarches exploratoires puis confirmée de manière rigoureuse :
9.1. Structure à deux facteurs orthogonaux/obliques
Les analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales ont révélé sans équivoque une structure bi-factorielle claire, expliquant une part substantielle de la variance totale :
- Facteur 1 : Sensibilité aux incitations (RIS) — regroupant exclusivement les 6 items impairs (1, 3, 5, 7, 9, 11). Les saturations factorielles de ces énoncés oscillent entre 0,55 et 0,81.
- Facteur 2 : Sensibilité aux menaces (RTS) — regroupant exclusivement les 5 items pairs (2, 4, 6, 8, 10). Les saturations factorielles se situent entre 0,52 et 0,78.
Aucune saturation croisée majeure (cross-loading > 0,25) n’a été observée sur le facteur alternatif, confirmant la distinction nette entre les processus motivationnels d’approche et d’évitement au sein du couple.
9.2. Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Dans l’échantillon de confirmation de l’étude de Laurenceau et al. (2010), l’analyse factorielle confirmatoire a validé le modèle théorique à deux facteurs corrélés par rapport à un modèle unidimensionnel :
- Le modèle unidimensionnel à un seul facteur a présenté un ajustement très médiocre aux données (ex. CFI < 0,70 ; RMSEA > 0,15).
- Le modèle à deux facteurs a affiché d’excellents indices d’adéquation : comparative fit index (CFI > 0,95), Tucker-Lewis index (TLI > 0,93), root mean square error of approximation (RMSEA < 0,06) et standardized root mean square residual (SRMR < 0,05).
10. Instrument de mesure
L’instrument RITSS présente des caractéristiques d’administration précises et standardisées :
- Type de test : Questionnaire psychométrique auto-administré (auto-évaluation).
- Population cible : Adultes (18 ans et plus) engagés dans une relation amoureuse/conjugale actuelle.
- Nombre d’items : 11 items.
- Format des réponses : Échelle de Likert à 4 points avec les modalités suivantes :
- A = Very true for me (Très vrai pour moi)
- B = Somewhat true for me (Plutôt vrai pour moi)
- C = Somewhat false for me (Plutôt faux pour moi)
- D = Very false for me (Très faux pour moi)
- Codage numérique des réponses : Les réponses sont généralement codées de 1 à 4 de manière à ce qu’une valeur numérique plus élevée indique une sensibilité plus forte : A = 4, B = 3, C = 2, D = 1.
- Inversion d’items : Aucun item n’est inversé (tous les items sont formulés dans le sens direct du construit).
- Calcul des scores par sous-échelle :
- Relationship Incentive Sensitivity (RIS) : Moyenne des items impairs : (Item 1 + Item 3 + Item 5 + Item 7 + Item 9 + Item 11) / 6.
- Relationship Threat Sensitivity (RTS) : Moyenne des items pairs : (Item 2 + Item 4 + Item 6 + Item 8 + Item 10) / 5.
- Temps de passation : Environ 2 à 4 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication : 2010.
- Droits d’auteur et diffusion : L’article original a été publié dans Psychological Assessment, une revue de l’American Psychological Association (APA).
- Tarifs d’utilisation : Gratuit pour la recherche académique, l’enseignement et l’évaluation clinique non commerciale. L’échelle a été mise à disposition publique sur le portail de recherche du laboratoire du professeur Charles S. Carver à l’Université de Miami.
- Conditions d’utilisation : Les chercheurs et praticiens sont autorisés à utiliser la RITSS sous réserve de citer explicitement la publication de référence de Laurenceau et al. (2010). Aucune utilisation commerciale non autorisée n’est permise sans accord préalable des ayants droit.
12. Références
- Bowlby, J. (1982). Attachment and loss: Vol. 1. Attachment (2nd ed.). Basic Books.
- Brennan, K. A., Clark, C. L., & Shaver, P. R. (1998). Self-report measurement of adult attachment: An integrative overview. In J. A. Simpson & W. S. Rholes (Eds.), Attachment theory and close relationships (pp. 46–76). Guilford Press.
- Carver, C. S., & Scheier, M. F. (1998). On the self-regulation of behavior. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9781139174794
- Carver, C. S., & White, T. L. (1994). Behavioral inhibition, behavioral activation, and affective responses to impending reward and punishment: The BIS/BAS Scales. Journal of Personality and Social Psychology, 67(2), 319–333. https://doi.org/10.1037/0022-3514.67.2.319
- Gable, S. L. (2006). Approach and avoidance social motives and goals. Journal of Personality, 74(1), 175–222. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.2005.00373.x
- Gray, J. A. (1987). The psychology of fear and stress (2nd ed.). Cambridge University Press.
- Laurenceau, J.-P., Kleinman, B. M., Kaczynski, K. J., & Carver, C. S. (2010). Assessment of relationship-specific incentive and threat sensitivities: Predicting satisfaction and affect in adult intimate relationships. Psychological Assessment, 22(2), 407–419. https://doi.org/10.1037/a0019346