1. Résumé
Les Échelles révisées de l’inventaire du pardon (Revised Forgiveness Inventory Scales – RFI), initialement conçues par Kristina L. Coop (désormais Kristina Coop Gordon) et Donald H. Baucom (1994, 2003), constituent un instrument psychométrique élaboré pour quantifier et analyser le processus complexe de rétablissement et de pardon au sein des couples confrontés à une trahison conjugale majeure, telle qu’une infidélité. Contrairement aux outils unidimensionnels mesurant le pardon comme une simple décision binaire ou un trait dispositionnel global, le RFI s’enracine dans un modèle clinique intégratif en trois phases modélisant les répercussions de la trahison relationnelle comme un traumatisme interpersonnel. L’inventaire évalue précisément la progression du partenaire lésé à travers les composantes cognitives, comportementales et émotionnelles de la guérison.
L’instrument se compose de 23 items auto-rapportés, évalués selon une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« presque jamais ») à 5 (« presque toujours »). Ces items sont structurés autour de trois dimensions fondamentales : la sous-échelle cognitive (explorant la compréhension contextuelle de l’acte, la réévaluation des croyances et la décentralisation du blâme), la sous-échelle comportementale (mesurant le désengagement punitif, la réduction de l’hypervigilance et les tentatives de réconciliation) et la sous-échelle émotionnelle (évaluant l’apaisement de la détresse, la clarification affective et la régulation de la colère). Les propriétés psychométriques de l’inventaire démontrent une consistance interne robuste (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,89 selon les sous-échelles), une structure factorielle stable confirmée empiriquement et une excellente validité de construit, corrélant de manière cohérente avec la satisfaction maritale, la diminution des symptômes d’allure post-traumatique et la reconstruction du lien conjugal.
2. Mots-clés
Pardon conjugal, trahison relationnelle, infidélité, thérapie de couple, traumatisme interpersonnel, inventaire du pardon, évaluation psychométrique, régulation émotionnelle, restructuration cognitive, réconciliation.
3. Auteurs
Les échelles du RFI ont été développées par deux cliniciens-chercheurs éminents dans le domaine de la psychologie conjugale et de la thérapie de couple cognitive et comportementale :
- Kristina Coop Gordon, Ph.D. : Professeure émérite et directrice de la formation clinique au département de psychologie de l’Université du Tennessee à Knoxville (UTK). Ses travaux pionniers portent sur le pardon, la gestion de l’infidélité et le traitement du traumatisme conjugal. Contact académique :
[email protected]. - Donald H. Baucom, Ph.D. : Professeur distingué de psychologie (« Richard Lee Simpson Distinguished Professor ») à l’Université de Caroline du Nord à Chapel Hill (UNC). Figure d’autorité mondiale dans la thérapie comportementale intégrative de couple et l’analyse empirique des dynamiques maritales.
4. Objectif
Le RFI a été créé pour combler une lacune théorique et clinique critique dans l’évaluation psychologique des crises conjugales sévères. Lorsqu’un partenaire découvre une trahison relationnelle majeure — rupture de confiance, liaison extraconjugale, mensonge financier destructeur —, l’impact psychologique s’apparente souvent à un trouble de stress post-traumatique. Les partenaires trahis expérimentent une désintégration de leurs schémas de sécurité, des intrusions cognitives involontaires, une labilité émotionnelle intense et des pulsions d’évitement ou de vengeance.
L’objectif fondamental de cet inventaire est d’opérationnaliser le pardon non pas comme une absolution naïve, un déni ou une obligation morale, mais comme un processus thérapeutique progressif d’assimilation et d’accommodation cognitive et émotionnelle. L’échelle a été spécifiquement conçue pour :
- Identifier le stade de rétablissement du patient : Permettre aux cliniciens de déterminer si le patient est encore submergé par l’impact initial traumatique (hypervigilance, recherche compulsive d’informations, inondation affective) ou s’il a entamé la phase d’attribution causale et de recherche de sens, voire la phase finale de désinvestissement du ressentiment.
- Guider les interventions ciblées en thérapie de couple : Le RFI permet de détecter les blocages différentiels. Un patient peut présenter une évolution cognitive satisfaisante (comprendre pourquoi l’événement s’est produit) tout en restant captif d’une sous-activation émotionnelle (engourdissement affectif) ou de comportements de représailles actives.
- Servir d’instrument de recherche longitudinale : Évaluer l’efficacité des protocoles thérapeutiques manuels, tels que l’approche intégrative de Gordon, Baucom et Snyder, en mesurant les trajectoires de guérison relationnelle et leur impact sur le fonctionnement dyadique global.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique mesuré par le RFI appréhende le pardon à travers une matrice tripartie intégrant la cognition, le comportement et l’affect. Cette conceptualisation multidimensionnelle repose sur le principe que le véritable pardon conjugal exige une réorganisation conjointe de ces trois sphères d’expérience psychologique :
Dimension cognitive
La composante cognitive évalue la manière dont l’individu conceptualise l’événement traumatique, réévalue les caractéristiques de son partenaire et reconstruit sa vision du couple. Après une trahison, les individus oscillent initialement entre des attributions absolutistes (« Mon partenaire est fondamentalement mauvais ») et une culpabilisation destructrice dirigée contre eux-mêmes. La progression vers le pardon implique l’abandon des distorsions cognitives au profit d’une perception plus intégrée et nuancée. Cette dimension évalue :
- La prise en compte multifactorielle des causes ayant conduit à la trahison sans pour autant cautionner l’acte (ex. item 8 : « I am learning that many different factors caused this event »).
- L’émergence d’une vision équilibrée du partenaire, capable d’englober à la fois ses failles et ses traits positifs (ex. item 16 : « I am able to look at both good and bad qualities of my partner »).
- Le réexamen réaliste des attentes envers la relation (ex. item 3 : « I am examining my views about what I should realistically expect from my partner »).
Dimension comportementale
La composante comportementale quantifie les actions motrices et interpersonnelles observées dans l’interaction conjugale. À la suite du choc initial, les comportements sont typiquement dominés par des conduites d’investigation obsessive (vérification des téléphones, interrogatoires répétés), des évitements défensifs ou des tentatives de représailles. La maturation du pardon se traduit par :
- La cessation des actes d’agression passive ou active destinés à « faire payer » l’autre (ex. items 20 et 23).
- La réduction progressive du retrait social et du refus d’interaction physique ou verbale (ex. item 2 : « I find myself withdrawing from interaction with my partner »).
- L’engagement dans des comportements prosociaux réparateurs et la volonté manifeste de tourner la page (ex. item 6 : « I feel I am ready to put what happened behind me »).
Dimension émotionnelle
La sphère affective reflète la régulation de la détresse émotionnelle induite par la violation de la confiance. Le pardon ne signifie pas l’absence absolue de tristesse ou de déception, mais plutôt l’extinction progressive de la rage vengeresse, de l’amertume chronique et de la labilité émotionnelle incontrôlable. Cette dimension appréhende :
- La sortie de l’émoussement ou du gel affectif post-traumatique (ex. item 21 : « I am too numb to feel any emotion about what happened »).
- La reprise de contrôle sur les fluctuations affectives et la clarification des sentiments à l’égard de l’avenir de l’union (ex. items 12 et 22).
- La capacité à s’affranchir activement de la colère destructrice au profit d’un apaisement interne (ex. item 18 : « I am able to let go of my anger about what happened »).
6. Cadre théorique
Le RFI s’appuie directement sur le modèle en trois stades du rétablissement post-traumatique conjugal élaboré par Gordon et Baucom (1998, 2003), lui-même ancré dans les travaux sur le traumatisme psychologique de Judith Herman et la théorie cognitive du stress et de l’adaptation de Richard Lazarus. Ce modèle conceptualise l’infidélité ou la trahison relationnelle comme un événement délétère brisant les postulats fondamentaux (basic assumptions) de l’individu sur la bienveillance du monde, la fiabilité du partenaire et sa propre sécurité ontologique.
Le parcours thérapeutique et adaptatif modélisé se découpe en trois grandes phases dialectiques :
- Stade 1 : L’impact initial (Impact Stage). Caractérisé par un état de choc, une désorganisation cognitive majeure, une hypervigilance sévère, des réactions d’intrusion et une alternance brutale entre rage explosive et abattement dépressif. Les items du RFI mesurant le besoin impulsif de contrôler chaque détail ou le sentiment de débordement traduisent la prédominance de ce stade.
- Stade 2 : La recherche de sens (Search for Meaning). Le partenaire lésé tente de comprendre comment l’impensable a pu se produire afin de restaurer un sentiment de prévisibilité. Le travail porte sur les attributions causales : sortir de la dichotomie culpabilisation/victimisation pour analyser les vulnérabilités individuelles, contextuelles et relationnelles. Les items cognitifs du RFI reflètent précisément cet effort d’élucidation non punitive.
- Stade 3 : Le désengagement et la réorientation (Moving Forward / Recovery). Le couple prend une décision éclairée concernant son avenir (continuer l’union sur de nouvelles bases ou se séparer dignement). Le pardon s’opérationnalise ici par le renoncement au statut de victime vengeresse, la dissolution des rancœurs toxiques et la capacité à regarder la relation avec lucidité.
Ce cadre théorique se distingue nettement des modèles purement philosophiques ou religieux en ce qu’il ne postule jamais que le pardon doive être accordé inconditionnellement ou précocement ; il soutient au contraire qu’un pardon prématuré (« pseudo-pardon »), exempt d’élaboration cognitive et émotionnelle, empêche la résolution réelle des schémas de vulnérabilité conjugale.
7. Validité
La validité de construit et la validité critériée des Échelles révisées de l’inventaire du pardon ont été rigoureusement établies dans les travaux fondateurs de Coop Gordon et Baucom (2003), puis répliquées dans plusieurs investigations cliniques consacrées aux crises de couple :
- Validité convergente : Les scores globaux de progression du pardon sur le RFI présentent des corrélations positives statistiquement significatives avec les mesures validées de satisfaction dyadique, notamment l’échelle d’ajustement dyadique (Dyadic Adjustment Scale – DAS ; Spanier) et l’inventaire de satisfaction conjugale révisé (MSI-R). De manière concordante, les scores aux sous-échelles dénotant la résolution de la trahison corrèlent négativement avec les scores de dépression évalués par le Beck Depression Inventory (BDI) et les manifestations de stress post-traumatique évaluées par l’IES-R (Impact of Event Scale-Revised).
- Validité discriminante : Le RFI démontre une excellente capacité à distinguer le pardon véritable de construits connexes mais pathologiques ou inadaptés, tels que l’évitement émotionnel répressif, la dénégation du préjudice ou la soumission dépendante au partenaire infidèle. Les corrélations modérées observées avec les échelles de désirabilité sociale confirment que l’instrument capte des nuances intrapsychiques réelles plutôt qu’une simple posture de complaisance relationnelle.
- Sensibilité au changement thérapeutique (Validité prédictive) : Au cours d’essais cliniques contrôlés évaluant l’efficacité de thérapies de couple axées sur le traitement des liaisons extraconjugales, les variations longitudinales des scores au RFI prédisent avec acuité la diminution des récidives conflictuelles à 6 mois et 1 an de suivi, ainsi que le maintien d’une alliance conjugale réparée.
8. Fidélité
La fidélité psychométrique du RFI a été attestée par des indices de consistance interne élevés ainsi que par une bonne stabilité temporelle lors des phases pré-thérapeutiques :
- Consistance interne : Dans l’échantillon initial de validation clinique de Coop Gordon et Baucom (2003), les coefficients alpha de Cronbach calculés pour l’échelle globale et les sous-échelles ont systématiquement dépassé les standards psychométriques recommandés pour une utilisation en diagnostic individuel et conjugal : sous-échelle cognitive (α = 0,81 à 0,86), sous-échelle comportementale (α = 0,78 à 0,84) et sous-échelle émotionnelle (α = 0,83 à 0,89).
- Fidélité test-retest : Chez des sujets témoins n’ayant pas reçu d’intervention thérapeutique brève entre deux passations espacées de deux à trois semaines, les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) oscillent entre 0,76 et 0,85, indiquant une stabilité temporelle satisfaisante en l’absence de travail clinique ciblé, tout en conservant une plasticité mesurable lorsque le traitement thérapeutique intervient.
9. Analyse factorielle
La structure factorielle du RFI a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales, suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) sur des populations diversifiées de conjoints confrontés à des traumatismes interpersonnels :
- Modèle à trois facteurs : L’analyse factorielle exploratoire (extraction en composantes principales avec rotation oblique Promax) a révélé une solution robuste à trois facteurs prédominants expliquant plus de 54 % de la variance totale des scores. Ces trois facteurs correspondent précisément aux regroupements théoriques formulés par les auteurs : les représentations cognitives intégrées, la désescalade comportementale/évitement réactif, et la régulation affective/apaisement de la rage.
- Saturation factorielle des items : Les saturations des 23 items sur leurs facteurs respectifs sont substantielles, la grande majorité présentant des poids factoriels supérieurs à 0,50 (allant de 0,44 à 0,82), sans présence de saturations croisées problématiques altérant l’interprétabilité des dimensions.
- Indices d’ajustement en AFC : Les études confirmatoires ultérieures ont validé la supériorité du modèle tridimensionnel corrélé par rapport à un modèle unidimensionnel strict, avec des indices d’ajustement satisfaisants : un indice de Tucker-Lewis (TLI) ≥ 0,91, un indice de comparabilité (CFI) ≥ 0,93 et une racine carrée de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) ≤ 0,06.
10. Instrument de mesure
- Nom complet de l’instrument : Échelles révisées de l’inventaire du pardon (Revised Forgiveness Inventory Scales – RFI).
- Auteurs : Kristina L. Coop (Gordon) et Donald H. Baucom.
- Format d’administration : Questionnaire auto-administré sur support papier ou informatisé.
- Population cible : Adultes engagés dans une relation de couple ayant vécu une trahison relationnelle, une infidélité ou une rupture d’alliance majeure.
- Nombre total d’items : 23 items formulés sous la forme d’affirmations à la première personne.
- Échelle de réponse : Échelle de type Likert en 5 points :
- 1 = Almost never (Presque jamais)
- 2 = Rarely (Rarement)
- 3 = Sometimes (Parfois)
- 4 = Often (Souvent)
- 5 = Almost always (Presque toujours)
- Sous-échelles et répartition théorique des items :
- Items cognitifs : items 3, 4, 5, 7, 8, 13, 15 et 16.
- Items comportementaux : items 6, 9, 12, 17, 18, 21 et 22.
- Items émotionnels : items 2, 10, 11, 14, 19, 20 et 23.
- Cotation et calcul des scores : Les items reflétant la détresse aiguë, l’évitement, l’hypervigilance ou le désir de vengeance (par exemple items 2, 10, 19, 20, 23) font l’objet d’une inversion de score dans le cadre du calcul d’un indice global de progression vers le pardon. Des scores factoriels distincts par sous-échelle sont vivement préconisés pour établir un profil clinique détaillé des ressources et blocages du patient.
- Durée moyenne de passation : Entre 5 et 10 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de développement initial : 1994 (mesure doctorale non publiée, University of North Carolina at Chapel Hill) ; validation formelle et publication révisée en 2003.
- Droits d’auteur et permissions : Les droits académiques sont détenus par les auteurs et la revue éditrice (Taylor & Francis / The American Journal of Family Therapy). L’utilisation de l’instrument à des fins de recherche académique non commerciale ou d’évaluation clinique individuelle est généralement autorisée sans frais, sous réserve d’adresser une notification formelle ou d’obtenir le protocole auprès du Dr Kristina Coop Gordon (
[email protected]) et de citer rigoureusement les publications de référence. - Tarification : Accès libre et gratuit pour les chercheurs et les praticiens dans un cadre de recherche clinique ou d’enseignement. Toute incorporation dans un logiciel propriétaire ou une plateforme d’évaluation commerciale nécessite une licence formelle.
12. Références
Baucom, D. H., Snyder, D. K., & Gordon, K. C. (2009). Helping couples get past the affair: A clinician’s guide. Guilford Press.
Coop, K. L., & Baucom, D. H. (1994). The Forgiveness Inventory (Unpublished psychological measure). University of North Carolina at Chapel Hill, Chapel Hill, NC.
Gordon, K. C., & Baucom, D. H. (1998). Understanding betrayals in marriage: A synthesized model of posttraumatic stress and forgiveness. Family Process, 37(4), 425–449. https://doi.org/10.1111/j.1545-5300.1998.00425.x
Gordon, K. C., & Baucom, D. H. (2003). Forgiveness and marriage: Preliminary support for a measure based on a model of recovery from a marital betrayal. The American Journal of Family Therapy, 31(3), 179–199. https://doi.org/10.1080/01926180301115
Gordon, K. C., Baucom, D. H., & Snyder, D. K. (2004). An integrative intervention to address infidelity in couples. Journal of Cognitive Psychotherapy, 18(2), 131–142. https://doi.org/10.1891/jcop.18.2.131.65961
Gordon, K. C., Baucom, D. H., & Snyder, D. K. (2005). Treating infidelity: Cognitive-behavioral and interpersonal approaches. In P. R. Peluso (Ed.), Infidelity: A practitioner’s guide to working with couples in crisis (pp. 89–106). Routledge.
McCullough, M. E., Worthington, E. L., Jr., & Rachal, K. C. (1997). Interpersonal forgiving in close relationships. Journal of Personality and Social Psychology, 73(2), 321–336. https://doi.org/10.1037/0022-3514.73.2.321
13. Questions et items du questionnaire
Response scale: 1 (almost never) to 5 (almost always)
- I want to ask my partner for all the details about the event.
- I find myself withdrawing from interaction with my partner.
- I am examining my views about what I should realistically expect from my partner.
- I want to find out why my partner did this.
- I spend my time convincing myself that I am still a good person in spite of what happened.
- I feel I am ready to put what happened behind me.
- Our relationship feels out of balance as a result of what happened.
- I am learning that many different factors caused this event.
- I feel overwhelmed by confusing emotions about what happened.
- I find myself collecting information about my partner’s behavior.
- I know how I feel about continuing our relationship.
- I feel my emotions about the event are under my control.
- Understanding what my partner did is more important to me than blaming him/her.
- I find myself trying to be a better partner.
- I can see both the positive and negative aspects of our relationship.
- I am able to look at both good and bad qualities of my partner.
- My emotions about what happened change from day to day.
- I am able to let go of my anger about what happened.
- I feel like I want to punish my partner for what he/she did.
- I keep trying to “even the score” between my partner and me.
- I am too numb to feel any emotion about what happened.
- My emotions about what happened are becoming clearer.
- I want to make my partner “pay” for what he/she did.