1. Résumé / Abstract
Les Échelles d’immédiateté non verbale (en anglais, Nonverbal Immediacy Scales ou NIS), élaborées principalement par Virginia P. Richmond, James C. McCroskey et Aaron D. Johnson (1998, 2003), constituent un ensemble d’instruments psychométriques de référence destinés à évaluer les comportements de communication non verbale favorisant le rapprochement physique et psychologique entre les individus. Conçues initialement dans le champ de la communication pédagogique et de la communication interpersonnelle, ces échelles mesurent l’expressivité motrice, vocale, visuelle et spatiale qui réduit la distance perçue entre les interlocuteurs. L’instrument principal se décline sous deux versions majeures de 26 items : la version auto-rapportée (Nonverbal Immediacy Scale-Self Report, NIS-S) et la version hétéro-rapportée (Nonverbal Immediacy Scale-Observer Report, NIS-O), ainsi qu’une version abrégée antérieure de 16 items (Self-Report of Immediacy Behaviors, SRIB).
Chaque item examine un comportement spécifique relevant de la kinésique (sourires, gestes, posture corporelle détendue ou tendue), de l’oculésique (maintien du contact visuel), de la proxémique (inclinaison du corps, proximité spatiale), de la vocalique (variété tonale contre monotonie) et de l’haptique (toucher social approprié). Les participants répondent à l’aide d’une échelle ordinale de type Likert en 5 points allant de 1 (« Jamais / Never ») à 5 (« Très souvent / Very Often »). Sur le plan psychométrique, le NIS-S et le NIS-O affichent une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach généralement situés entre 0,85 et 0,93 selon les échantillons de validation. La structure sous-jacente reflète principalement un construit global unidimensionnel de second ordre ou une matrice de comportements hautement corrélés, caractérisée par une excellente validité convergente et prédictive, notamment envers l’apprentissage affectif, la satisfaction relationnelle, l’efficacité managériale et la clarté perçue de l’orateur.
2. Mots-clés / Keywords
immédiateté non verbale, communication interpersonnelle, expressivité vocale, contact visuel, proxémique, kinésique, communication pédagogique, Nonverbal Immediacy Scale, psychométrie, relation enseignant-étudiant, comportement socio-communicatif, évaluation comportementale
3. Auteurs / Authors
Les versions définitives et les fondations empiriques des Échelles d’immédiateté non verbale résultent des travaux de pionniers de la discipline des sciences de la communication aux États-Unis :
- Virginia P. Richmond, Ph.D. : Professeure émérite d’études de la communication à l’Université de Virginie-Occidentale (West Virginia University) et professeure à l’Université d’Alabama à Birmingham. Autrice majeure dans les domaines de la communication pédagogique, de l’appréhension de la communication et de la dynamique interpersonnelle.
- James C. McCroskey, Ed.D. (1934–2012) : Professeur émérite à l’Université de Virginie-Occidentale. Figure de proue internationale de la recherche quantitative en communication, théoricien prolifique de l’anxiété de communication (communication apprehension), de la compétence communicative et des métriques comportementales interactives.
- Aaron D. Johnson, Ph.D. : Chercheur et collaborateur académique ayant activement participé aux collectes empiriques, aux analyses factorielles et à l’affinement métrique de l’instrument en 2003 au sein du département d’études de la communication de la West Virginia University.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental des Échelles d’immédiateté non verbale est de fournir une quantification standardisée, rigoureuse et reproductible de la fréquence d’apparition des comportements non verbaux qui favorisent la réduction de la distance psychologique et corporelle perçue entre les interactants. Dérivée du concept d’immédiateté formulé par le psychologue Albert Mehrabian à la fin des années 1960, cette approche postule que les manifestations de disponibilité, de chaleur, de réactivité et d’engagement postural constituent le vecteur principal par lequel les êtres humains communiquent l’affection, l’accessibilité sociale, le statut relationnel et la sympathie.
Sur le plan de la justification théorique, les instruments précédents d’évaluation de l’immédiateté non verbale souffraient de plusieurs limites méthodologiques. Beaucoup reposaient soit sur des échelles globales composées de descripteurs sémantiques bipolaires abstraits (comme « chaleureux / froid » ou « distant / proche »), soit sur des listes comportementales limitées qui présentaient de faibles stabilités factorielles et une variance partagée excessive avec des construits parasites. Richmond, McCroskey et Johnson ont développé la série NIS (comprenant le SRIB pour l’auto-évaluation rapide, ainsi que les versions appariées NIS-S et NIS-O) afin d’isoler des comportements observables précis, exempts de jugements de valeur globaux lors de la phase de cotation, tout en équilibrant strictement les items formulés positivement et négativement (13 items formulés dans le sens de l’immédiateté et 13 items inversés dans le sens de la non-immédiateté ou de la distance).
Les applications de ces échelles sont multiples :
- Recherche en communication pédagogique (Instructional Communication) : Le NIS-O est massivement employé pour mesurer la perception qu’ont les étudiants des comportements non verbaux de leurs enseignants. Des centaines d’études ont démontré que des scores élevés d’immédiateté non verbale prédisent positivement l’apprentissage affectif, la motivation intrinsèque, la rétention cognitive et la participation en classe.
- Relations professionnelles et organisationnelles : Évaluation du leadership transformationnel, du climat de travail au sein des équipes, et de la satisfaction des subordonnés envers la communication managériale. Les leaders affichant une immédiateté accrue suscitent un engagement supérieur et une meilleure communication ascendante.
- Psychologie de la santé et communication clinique : Analyse de l’alliance thérapeutique et de la relation soignant-soigné. L’immédiateté du praticien (contact visuel, ton rassurant, posture orientée) favorise l’adhésion au traitement, la réduction de l’anxiété pré-opératoire et la satisfaction des patients.
- Recherche interculturelle et contextuelle : Comparaison des seuils normatifs d’expression corporelle et spatiale à travers diverses cultures, différenciant les cultures dites à « contact élevé » (méditerranéennes, latino-américaines) des cultures à « faible contact » (nord-européennes, est-asiatiques).
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par les Échelles d’immédiateté non verbale est l’immédiateté non verbale (nonverbal immediacy), définie comme l’ensemble des comportements communicatifs non linguistiques qui améliorent la proximité physique et psychologique, créent un climat de disponibilité mutuelle et signalent une orientation d’approche positive envers l’autre. Ce méta-construit n’est pas une simple somme arithmétique de tics corporels isolés, mais un système cohérent et multicanal de régulation sociale articulé autour de cinq sous-dimensions comportementales majeures :
1. La kinésique et l’expressivité faciale (Kinesics)
Cette dimension englobe l’usage intentionnel et semi-automatique des mouvements corporels, de la gesticulation manuelle et de la mimique faciale. Elle comprend la présence de sourires récurrents (items 9, 25), qui manifestent l’approbation, la sympathie et l’accueil, en contraste avec le froncement de sourcils ou la fermeture du visage (item 7). De même, l’utilisation active des mains et des bras lors du discours (items 1, 13) dynamise la transmission verbale, tandis que l’inhibition motrice (item 20) traduit la rigidité ou la froideur défensive.
2. L’oculésique et le comportement visuel (Oculesics)
Le regard est le régulateur principal de l’attention conjointe et de l’intimité relationnelle. L’immédiateté visuelle implique de regarder directement ses interlocuteurs de manière soutenue et bienveillante (items 3, 17, 22), facilitant le feedback immédiat et la synchronisation interpersonnelle. À l’inverse, détourner le regard, regarder par-dessus l’épaule de l’autre ou éviter systématiquement tout contact oculaire (items 4, 8, 10) communique le désintérêt, le malaise social, le rejet ou la dissimulation cognitive.
3. La proxémique et l’orientation posturale (Proxemics)
La proxémique concerne la structuration de l’espace interindividuel. Dans le modèle de Richmond et collaborateurs, l’immédiateté proxémique se traduit par une réduction délibérée de la distance interpersonnelle (s’asseoir ou se tenir debout près de l’autre, items 10, 16) et par une orientation corporelle orientée vers l’interlocuteur (se pencher en avant, forward lean, item 21). La non-immédiateté correspond à la prise de distance spatiale (item 6), au recul physique lors de l’interaction (item 24) ou au maintien conscient d’une barrière géographique protectrice (item 23).
4. Le paralangage et la vocalique (Vocalics / Paralanguage)
La modalité vocale transmet l’affect et l’énergie communicationnelle indépendamment du contenu sémantique. Une voix immédiate se caractérise par une riche variation prosodique, une modulation du débit, de la hauteur et de l’intensité (items 7, 12, 19). En contrepartie, une voix monocorde, atone, plate ou terne (items 2, 3, 11) communique l’ennui, la dépression, le désengagement ou un excès de formalisme inhibant l’échange interactif.
5. L’haptique et la détente corporelle (Haptics & Body Tension)
Le toucher constitue le niveau ultime de réduction de la distance physique. L’immédiateté haptique mesurée ici porte sur des contacts socio-professionnels acceptables, tels que toucher brièvement l’épaule ou le bras de son interlocuteur pour ponctuer l’interaction (items 8, 2). Parallèlement, le tonus postural reflète l’état de détente (item 6, 11) par opposition à une posture corporelle crispée, figée, rigide ou tendue (items 5, 9, 12, 18), ainsi que le réflexe d’évitement tactile lorsqu’un tiers tente d’initier un contact (item 5).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Les Échelles d’immédiateté non verbale s’enracinent dans un ensemble convergent de théories psychosociales et communicationnelles développées au cours de la seconde moitié du XXe siècle :
Le principe d’immédiateté d’Albert Mehrabian
Le fondement épistémologique premier repose sur le célèbre principe métaphorique posé par Albert Mehrabian (1969, 1971) : « Les gens sont attirés par les personnes et les choses qu’ils aiment, qu’ils évaluent positivement et qu’ils préfèrent ; et ils évitent ou s’éloignent de celles qu’ils n’aiment pas, qu’ils évaluent négativement ou qu’ils ne préfèrent pas ». Mehrabian a conceptualisé l’immédiateté comme un gradient d’approche/évitement encodé physiologiquement et comportementalement. Les indices non verbaux constituent le canal privilégié d’expression de ce gradient, car ils échappent en partie au contrôle rationnel strict et traduisent directement les réponses affectives primaires.
La théorie de la valence cognitive de Peter Andersen (Cognitive Valence Theory)
Dans le sillage des applications pédagogiques initiées par Janis Andersen (1979) et approfondies par Peter Andersen (1985), l’immédiateté est comprise comme un déclencheur d’activation physiologique (arousal). Selon la Cognitive Valence Theory (CVT), une augmentation des comportements d’immédiateté de la part d’un émetteur provoque une élévation modérée de la vigilance attentionnelle chez le récepteur. Si cette activation est valencée positivement au regard des schémas relationnels, des normes culturelles et du contexte, elle génère des sentiments d’intimité, d’approbation et une performance cognitive accrue.
La théorie des violations des attentes de Judee Burgoon (Expectancy Violations Theory)
La théorie formulée par Judee K. Burgoon éclaire la dynamique fonctionnelle de l’échelle. Les individus possèdent des attentes normatives concernant l’espace personnel, la posture et l’expressivité vocale de leurs partenaires communicatifs. Une violation positive des attentes (par exemple, un enseignant ou un manager qui se montre inattendument plus chaleureux, souriant et accessible que la norme conventionnelle) amplifie le pouvoir de séduction et la crédibilité de la source, à condition que le communicateur possède une valence de récompense positive.
La théorie de l’accommodation communicative (Communication Accommodation Theory)
Développée par Howard Giles, cette théorie stipule que les acteurs sociaux ajustent leurs comportements vocaux et kinésiques pour synchroniser leur communication avec celle de leurs interlocuteurs (convergence). Les comportements captés par les échelles NIS favorisent la convergence communicative, signalant la volonté d’intégration, de réduction de la distance hiérarchique et d’instauration d’un terrain d’entente mutuel.
7. Validité / Validity
Les propriétés métriques des Échelles d’immédiateté non verbale ont fait l’objet d’investigations poussées, principalement documentées dans l’étude fondatrice de Richmond, McCroskey et Johnson (2003) portant sur plusieurs cohortes totalisant plus de 1 200 participants, ainsi que dans des réplications ultérieures à grande échelle.
Validité de contenu et d’apparence (Content & Face Validity)
Le développement du NIS a suivi une démarche systématique d’inventaire comportemental. Les auteurs ont passé en revue l’ensemble des catalogues empiriques d’actions non verbales identifiés dans les travaux de Mehrabian, Birdwhistell, Hall et Ekman. L’incorporation délibérée d’actions concrètes, observables et mutuellement exclusives (ex. inclinaison du tronc, contact visuel soutenu, modulation prosodique) garantit que l’instrument reflète fidèlement le spectre des manifestations non verbales sans dériver vers des inférences subjectives de personnalité.
Validité convergente
La validité convergente du NIS a été établie par la corrélation étroite de ses scores avec des mesures alternatives antérieures :
- Les scores au NIS-S et au NIS-O corrèlent fortement (généralement entre r = 0,65 et r = 0,82, p < 0,001) avec l’échelle sémantique d’immédiateté globale de McCroskey et al. (1995).
- Une corrélation positive substantielle est observée avec les échelles d’assertivité socio-communicative (Socio-Communicative Style) et de réactivité empathique (Responsiveness), avec des coefficients oscillant entre r = 0,48 et r = 0,68.
- L’immédiateté perçue de l’enseignant (NIS-O) corrèle significativement avec l’évaluation de sa clarté pédagogique (Teacher Clarity) et de sa crédibilité (composantes de compétence, de bienveillance et de caractère), attestant de l’alignement théorique des construits.
Validité discriminante
Le NIS démontre une différenciation empirique nette vis-à-vis de construits potentiellement confondants :
- Des corrélations négatives modérées à fortes sont systématiquement mises en évidence avec l’appréhension de la communication (PRCA-24, r = -0,35 à -0,52), confirmant que l’anxiété sociale restreint les comportements d’immédiateté.
- Les analyses corrélationnelles avec les échelles d’agressivité verbale indiquent une absence quasi-totale d’association linéaire (r proche de 0,05 à -0,10), prouvant que l’immédiateté n’est pas synonyme de dominance agressive ou d’imposition unilatérale.
Validité prédictive et de critère
Dans les contextes éducatifs, les scores du NIS-O expliquent fréquemment entre 20 % et 45 % de la variance de l’apprentissage affectif (sentiment positif envers la matière, l’enseignant et la poursuite des études). Bien que les liens avec l’apprentissage cognitif direct soient plus complexes et partiellement médiatisés par l’attention soutenue, l’immédiateté non verbale prédit de manière robuste la persévérance scolaire, l’assiduité aux cours et la disposition des étudiants à solliciter l’aide de leur tuteur en dehors des heures de cours formelles.
8. Fidélité / Reliability
La stabilité et la précision métrique des échelles NIS (SRIB, NIS-S, NIS-O) sont largement documentées dans la littérature psychométrique contemporaine.
Consistance interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’étude princeps de Richmond, McCroskey et Johnson (2003) :
- Version auto-rapportée (NIS-S) : Le coefficient alpha de Cronbach obtenu auprès de larges échantillons d’étudiants universitaires et d’adultes en formation professionnelle se situe de façon constante entre 0,85 et 0,90 (valeur typique : α = 0,88 pour les femmes et α = 0,86 pour les hommes).
- Version observateur (NIS-O) : L’alpha de Cronbach est encore plus élevé, atteignant régulièrement des valeurs comprises entre 0,90 et 0,94 (valeur médiane rapportée : α = 0,92). Cette fiabilité supérieure s’explique par le fait que les observateurs extérieurs perçoivent les comportements d’immédiateté comme une constellation gestaltique globale plus cohérente que les répondants eux-mêmes en introspection.
- Version courte SRIB (16 items) : Présente un alpha moyen robuste de 0,80 à 0,85, assurant une excellente efficacité pour les protocoles de recherche à contraintes temporelles strictes.
Fidélité test-retest et stabilité temporelle
Des administrations répétées sur des intervalles de deux à quatre semaines démontrent des coefficients de corrélation test-retest compris entre r = 0,78 et r = 0,86, confirmant que, bien que contextuels, les répertoires d’immédiateté non verbale reflètent des styles comportementaux hautement stables chez les individus en l’absence d’interventions ciblées ou de formations spécifiques à la communication.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle des échelles d’immédiateté non verbale a fait l’objet de vifs débats méthodologiques et de multiples analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).
Structure unifactorielle globale contre modèles multidimensionnels
Dans leur analyse de 2003, Richmond, McCroskey et Johnson ont mené des analyses en composantes principales (ACP) avec rotations varimax et oblimin. Bien que les comportements mesurés appartiennent à des canaux moteurs distincts (visage, voix, espace, toucher), le premier facteur non tourné expliquait une part dominante de la variance totale (souvent entre 35 % et 48 %), tous les items affichant des saturations positives significatives sur ce facteur commun d’immédiateté.
Les auteurs ont par conséquent conclu à la pertinence pratique d’un score composite unidimensionnel, traduisant le fait que, dans la réalité écologique de l’interaction, les individus immédiats mobilisent simultanément l’ensemble des canaux de rapprochement : un enseignant souriant aura également tendance à regarder ses étudiants, à moduler sa voix et à se pencher vers eux.
Résultats de l’Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
Des travaux méthodologiques ultérieurs ont éprouvé des modèles à cinq facteurs corrélés (Kinésique, Oculésique, Proxémique, Vocalique, Détente corporelle) et des modèles hiérarchiques de second ordre. Les indices d’adéquation typiques rapportés dans la littérature pour le modèle hiérarchique sont :
- CFI (Comparative Fit Index) : > 0,91 à 0,94
- TLI (Tucker-Lewis Index) : > 0,90 à 0,93
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : 0,048 à 0,062 (avec un intervalle de confiance à 90 % compris entre 0,042 et 0,068)
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : < 0,055
L’artefact des items inversés
Certaines analyses factorielles exploratoires non contraintes révèlent parfois une scission en deux sous-facteurs : un facteur regroupant les comportements orientés vers l’approche (items formulés positivement) et un facteur regroupant les comportements d’évitement ou de retenue (items inversés). Les méthodologistes ont toutefois démontré que cette binarité relève principalement d’un artefact méthodologique classique de formulation (method effect) lié au sens de lecture des énoncés, confirmant la primauté du modèle unitaire sous-jacent.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous un format structuré et standardisé :
- Nature de l’outil : Questionnaire psychométrique standardisé à passation papier-crayon ou informatisée.
- Versions disponibles :
- Nonverbal Immediacy Scale-Self Report (NIS-S) : 26 items d’auto-évaluation.
- Nonverbal Immediacy Scale-Observer Report (NIS-O) : 26 items d’hétéro-évaluation (évaluation d’un pair, d’un subordonné, d’un enseignant, d’un soignant).
- Self-Report of Immediacy Behaviors (SRIB) : Version abrégée historique en 16 items.
- Échelle de réponse (authentique) : Échelle de fréquence ordinale en 5 points :
- 1 = Never (Jamais)
- 2 = Rarely (Rarement)
- 3 = Occasionally (Occasionnellement)
- 4 = Often (Souvent)
- 5 = Very Often (Très souvent)
- Procédure de cotation et de calcul des scores :
- Pour le SRIB (16 items) :
- Étape 1 : Additionner les scores des items inversés : 2, 4, 5, 6, 10, 12, 13 et 16.
- Étape 2 : Additionner les scores des items directs : 1, 3, 7, 8, 9, 11, 14 et 15.
- Score Total SRIB : Partir de la constante 48, ajouter le total de l’Étape 2, puis soustraire le total de l’Étape 1. La formule est donc :
Score = 48 + Étape 2 - Étape 1.
- Pour le NIS-S (26 items, auto-rapporté) :
- Étape 1 (items directs) : Additionner les scores des items : 1, 2, 6, 10, 12, 13, 14, 16, 17, 19, 21, 22 et 25.
- Étape 2 (items inversés) : Additionner les scores des items : 3, 4, 5, 7, 8, 9, 11, 15, 18, 20, 23, 24 et 26.
- Score Total NIS-S :
Score = 78 + Étape 1 - Étape 2.
- Pour le NIS-O (26 items, observateur) :
- Étape 1 (items directs) : Additionner les scores des items : 1, 2, 6, 10, 12, 13, 14, 16, 17, 19, 21, 22 et 25.
- Étape 2 (items inversés) : Additionner les scores des items : 3, 4, 5, 7, 8, 9, 11, 15, 18, 20, 23, 24 et 26.
- Score Total NIS-O :
Score = 78 + Étape 1 - Étape 2.
- Pour le SRIB (16 items) :
- Interprétation des scores (NIS-S et NIS-O) : L’amplitude théorique s’étend de 26 à 130 points.
- Scores > 102 : Immédiateté non verbale très élevée (style hautement expressif, chaleureux, engageant).
- Scores entre 84 et 101 : Immédiateté modérée / dans la moyenne.
- Scores < 83 : Faible immédiateté non verbale (style réservé, distant, inhibé ou perçu comme froid).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
Les versions des Échelles d’immédiateté non verbale ont été publiées initialement en 1998 (version SRIB par Richmond & McCroskey) puis dans leur forme complète standardisée en 2003 (NIS-S et NIS-O par Richmond, McCroskey et Johnson).
Conformément à la volonté explicite des auteurs et à la politique académique de James C. McCroskey tout au long de sa carrière, ces échelles sont placées dans le domaine public académique à des fins d’enseignement, de recherche scientifique et de diagnostic clinique non commercial. Aucune redevance financière ni autorisation écrite préalable n’est exigée pour les chercheurs ou enseignants universitaires, à la condition expresse de citer convenablement les publications princeps de référence (Richmond & McCroskey, 1998 ; Richmond, McCroskey, & Johnson, 2003) et d’utiliser les libellés sans altération dénaturante.
12. Références / References
Les références suivantes documentent le développement théorique et psychométrique de l’immédiateté non verbale et des échelles NIS :
- Andersen, J. F. (1979). Teacher immediacy as a predictor of teaching effectiveness. Communication Yearbook, 3(1), 543-559. https://doi.org/10.1080/23808985.1979.11923782
- Andersen, P. A. (1985). Nonverbal immediacy in interpersonal communication. In A. W. Siegman & S. Feldstein (Eds.), Multichannel integrations of nonverbal behavior (pp. 1-36). Lawrence Erlbaum Associates.
- Burgoon, J. K., Stern, L. A., & Dillman, L. (1995). Interpersonal adaptation: Dyadic interaction patterns. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9780511720314
- Mehrabian, A. (1969). Significance of posture and position in the communication of attitude and status relationships. Psychological Bulletin, 71(5), 359-372. https://doi.org/10.1037/h0027349
- Mehrabian, A. (1971). Silent messages. Wadsworth.
- McCroskey, J. C., Richmond, V. P., Sallinen, A., Fayer, J. M., & Barraclough, R. A. (1995). A cross-cultural and multi-behavioral analysis of the relationship between nonverbal immediacy and teacher evaluation. Communication Education, 44(4), 281-291. https://doi.org/10.1080/03634529509379019
- Richmond, V. P., & McCroskey, J. C. (1998). Nonverbal communication in interpersonal relationships (3rd ed.). Allyn & Bacon.
- Richmond, V. P., McCroskey, J. C., & Johnson, A. D. (2003). Development of the Nonverbal Immediacy Scale (NIS): Measures of self- and other-perceived nonverbal immediacy. Communication Quarterly, 51(4), 502-515. https://doi.org/10.1080/01463370309370170
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
1 = Never; 2 = Rarely; 3 = Occasionally; 4 = Often; 5 = Very Often
- Uses hands and arms to gesture while talking to people.
- Use a monotone or dull voice while talking to people.
- Looks at people while talking to them.
- Frowns while talking to people.
- Has a very tense body position while talking to people.
- Moves away from people while talking to them.
- Uses a variety of vocal expressions while talking to people.
- Touches people on the shoulder or arm while talking to them.
- Smiles while talking to people.
- Looks away from people while talking to them.
- Has a relaxed body position while talking to people.
- Is "stiff" while talking to people.
- Avoids touching people while talking to them.
- Moves closer to people while talking to them.
- Is animated while talking to people.
- Looks bland or neutral when talking to people.
- I look directly at people while talking to them.
- I am stiff when I talk to people.
- I have a lot of vocal variety when I talk to people.
- I avoid gesturing while I am talking to people.
- I lean toward people when I talk to them.
- I maintain eye contact with people when I talk to them.
- I try not to sit or stand close to people when I talk with them.
- I lean away from people when I talk to them.
- I smile when I talk to people.
- I avoid touching people when I talk to them.