Échelles d’évaluation de la décision

Analyse psychométrique détaillée des Échelles d’évaluation de la décision (Decision Evaluation Scales – DES), conçues par Stalmeier et al. en 2005. Découvrez ses 3 dimensions Rasch, sa validité, sa fidélité et son utilité en prise de décision partagée.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Les Échelles d’évaluation de la décision (Decision Evaluation Scales, DES), développées en 2005 par le Dr Peep F. M. Stalmeier et ses collaborateurs au centre médical de l’Université Radboud, constituent un instrument psychométrique standardisé conçu pour évaluer la manière dont les patients appréhendent, vivent et jugent une décision médicale complexe rétrospectivement. Composé de 15 items répartis au sein de trois échelles validées selon les modèles de la théorie de réponse aux items et plus spécifiquement la modélisation de Rasch, cet outil mesure trois dimensions cardinales du processus décisionnel en santé : Satisfaction-Incertitude (Satisfaction-Uncertainty), Choix éclairé (Informed Choice) et Contrôle décisionnel (Decision Control).

L’instrument repose sur une approche psychométrique robuste qui dépasse les limites des analyses factorielles linéaires classiques en garantissant des propriétés d’invariance et de métrique d’intervalle fondamentale. Les réponses sont recueillies sur des échelles de type Likert ordonnées, permettant une conversion rigoureuse des scores bruts en logit. Les analyses psychométriques initiales et de réplication confirment d’excellentes qualités métrologiques : la cohérence interne des sous-échelles présente des coefficients de séparation des personnes et des alphas de Cronbach oscillant généralement entre 0,78 et 0,89 selon les sous-échelles et les contextes cliniques (dépistage génétique en oncologie, choix thérapeutiques chirurgicaux, prise en charge des maladies chroniques). La validité convergente et la validité de construit ont été fermement établies en corrélation avec des outils étalons tels que la Decisional Conflict Scale d’Annette O’Connor et la Satisfaction with Decision Scale de Holmes-Rovner. En pratique clinique comme en recherche translationnelle, les DES permettent de quantifier l’efficacité des aides à la décision médicale (decision aids), d’évaluer l’impact des consultations de prise de décision partagée (shared decision making) et de détecter les déterminants psychologiques du regret post-décisionnel.

2. Mots-clés / Keywords

Échelles d’évaluation de la décision, Decision Evaluation Scales, prise de décision partagée, modèle de Rasch, incertitude décisionnelle, choix éclairé, contrôle décisionnel, psychométrie médicale, satisfaction du patient, conflit décisionnel, oncologie, méthodologie d’évaluation.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et validée par une équipe multidisciplinaire de chercheurs en sciences de la décision, psychologie de la santé et médecine clinique de l’Université Radboud (Nijmegen, Pays-Bas) :

  • Peep F. M. Stalmeier, Ph.D. : Épidémiologiste clinique et psychologue de la décision, Department for Health Evidence, Radboud Institute for Health Sciences, Radboud University Medical Center, Nimègue, Pays-Bas. Auteur principal et concepteur méthodologique spécialisé dans la mesure des préférences des patients et la prise de décision partagée. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Collaborateurs et coauteurs cliniques : Équipes départementales de conseil génétique, d’oncologie médicale et de gynécologie chirurgicale du Radboud University Medical Center ayant participé aux protocoles de recueil de données multicentriques sur les choix prophylactiques et thérapeutiques.

4. Objectif / Purpose

Dans les contextes médicaux contemporains, caractérisés par l’émergence d’options thérapeutiques multiples aux profils risques-bénéfices incertains (par exemple, la chirurgie prophylactique face à une mutation BRCA1/2, le dépistage du cancer de la prostate ou le choix entre chirurgie conservatrice et radicale), les patients sont de plus en plus appelés à participer activement aux décisions qui affectent leur intégrité physique et psychique. Ce paradigme de la prise de décision partagée (Shared Decision Making) nécessite des instruments capables de quantifier non seulement l’issue clinique de l’intervention, mais également la qualité intrinsèque du processus décisionnel lui-même.

Les Decision Evaluation Scales (DES) ont été élaborées pour combler une lacune méthodologique majeure : la plupart des échelles historiques mesuraient le conflit pré-décisionnel ou la simple satisfaction globale du patient, souvent biaisée par un effet de plafond massif ou confondue avec la qualité relationnelle du colloque singulier. L’objectif fondamental des DES est d’offrir une évaluation rétrospective rigoureuse et multidimensionnelle de la décision médicale prise par le patient, structurée autour de trois piliers opérationnels :

  • Évaluer le soulagement de l’incertitude et la satisfaction décisionnelle : Identifier si la décision prise apporte une clôture cognitive satisfaisante ou si elle maintient le patient dans une anxiété résiduelle, un doute invalidant ou une ambivalence post-décisionnelle précurseure de regret.
  • Mesurer l’effectivité du choix éclairé : Vérifier si le patient perçoit qu’il a disposé des connaissances factuelles adéquates, qu’il a compris les implications réelles des alternatives et que son choix reflète fidèlement ses valeurs, ses préférences et ses priorités personnelles (concordance valeurs-actions).
  • Qualifier l’autonomie et le contrôle perçu : Déterminer si le patient s’est senti véritablement acteur de la décision ou s’il a subi une coercition explicite ou implicite, un paternalisme médical résiduel ou, à l’inverse, un abandon décisionnel face à une incertitude écrasante.

Sur le plan des applications cliniques, l’outil permet d’auditer la qualité des consultations spécialisées, d’identifier les patients à haut risque d’inobservance consécutive à une décision non assumée, et de personnaliser l’accompagnement post-décisionnel. En recherche en santé publique et en psychologie clinique, les DES constituent un critère de jugement principal (primary endpoint) privilégié pour comparer l’efficacité de divers outils d’aide à la décision (brochures interactives, plateformes numériques de délibération, consultations dédiées d’annonce) par rapport aux soins usuels.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par les Échelles d’évaluation de la décision relève de l’évaluation cognitive et affective post-décisionnelle. Contrairement aux approches unidimensionnelles de la satisfaction, Stalmeier et ses collaborateurs conceptualisent l’évaluation de la décision comme un phénomène tripolaire où interagissent l’état émotionnel réflexif, le sentiment d’auto-efficacité cognitive et le sentiment d’autonomie comportementale.

1. Dimension Satisfaction-Incertitude (Satisfaction-Uncertainty)

Cette dimension capture l’expérience affective et cognitive de confort par rapport à l’option retenue versus la persistance d’un doute perturbateur. Le construit ne se limite pas à un contentement passif ; il quantifie l’absence de dissonance cognitive post-décisionnelle. Les patients présentant un score élevé sur ce continuum ressentent une grande sérénité quant à l’option retenue, estiment fermement qu’il s’agissait du meilleur compromis possible compte tenu des circonstances, et manifestent une absence de doute obsessionnel. À l’inverse, un score défavorable témoigne d’une rumination mentale, d’un tiraillement intérieur persistant et d’une appréhension aiguë d’avoir commis une erreur irréversible.

2. Dimension Choix éclairé (Informed Choice)

Le choix éclairé renvoie à la perception du patient quant à la qualité et la complétude des informations dont il a disposé pour former son jugement. Selon les théories de la rationalité limitée et de la décision informée en santé, un choix n’est authentiquement éclairé que si l’agent cognitif :

  • A accédé à une information transparente concernant les avantages, désavantages, effets secondaires et incertitudes inhérents à chaque option ;
  • A eu le sentiment de délibérer de manière active sur ces informations ;
  • Perçoit que la décision découle directement de cette compréhension plutôt que du hasard, de la panique ou de l’urgence émotionnelle.

Cette sous-échelle évalue donc la composante épistémique et rationnelle perçue de l’acte décisionnel.

3. Dimension Contrôle décisionnel (Decision Control)

Fondée sur le concept de contrôle perçu et d’autonomie relationnelle, cette dimension mesure le rôle effectif joué par le patient dans la prise de décision conjointe. Elle examine la répartition de l’agentivité : le patient perçoit-il qu’il a été le véritable décideur, ou au moins un codécideur respecté au sein de la dyade patient-soignant ? Cette sous-échelle discrimine l’autonomie consentie de la passivité aliénante (où le patient a l’impression que la décision lui a été imposée unilatéralement par le médecin ou son entourage) et de l’abandon décisionnel (où le patient s’est retrouvé isolé face à un choix médical trop complexe sans étayage clinique approprié).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle des Échelles d’évaluation de la décision s’ancre à la croisée de plusieurs paradigmes psychologiques et métrologiques de référence :

1. La théorie du conflit décisionnel et de la décision informée

La théorie du conflit décisionnel, formalisée par Janis et Mann (1977) puis adaptée à la médecine par Annette O’Connor (1995), postule que toute décision vitale incertaine induit un stress psychologique majeur. Lorsque les options comportent des pertes potentielles inévitables, l’individu fait l’expérience d’un conflit intérieur susceptible de paralyser l’action ou de provoquer une dissonance post-décisionnelle (Festinger, 1957). Le modèle normatif du choix éclairé (Marteau et al., 2001) avance quant à lui qu’une décision d’excellence requiert un savoir adéquat, une attitude délibérée et une cohérence comportementale. Les DES mesurent dans quelle mesure la prise de décision partagée a permis de résoudre ce conflit structurel.

2. La théorie de l’autodétermination (Deci & Ryan)

La théorie de l’autodétermination (Ryan & Deci, 2000) affirme que le bien-être psychologique dépend de la satisfaction de trois besoins fondamentaux : la compétence, l’autonomie et l’appartenance sociale. Dans les DES, la dimension Contrôle décisionnel opérationnalise directement le besoin d’autonomie (se sentir l’initiateur de ses propres choix), tandis que la dimension Choix éclairé nourrit le besoin de compétence (maîtriser la situation par la compréhension). Lorsque ces besoins sont étayés durant l’entretien clinique, la satisfaction décisionnelle s’accroît et le regret diminue drastiquement.

3. La théorie de la mesure de Rasch (Modèle de Rasch)

Sur le plan métrologique, les DES s’affranchissent délibérément de la théorie classique des tests (TCT) pour s’inscrire dans la modélisation de Rasch (Rasch, 1960), appartenant à la famille de la théorie de réponse aux items (TRI). Le cadre théorique de Rasch impose que la probabilité d’une réponse donnée soit exclusivement fonction de la position du sujet sur le trait latent (son niveau d’évaluation positive de la décision) et de la difficulté intrinsèque de l’item (le seuil d’adhésion exigé par l’énoncé). Cette modélisation garantit :

  • La séparabilité des paramètres de la personne et de l’instrument (propriété de comparaison objective) ;
  • Une mesure linéaire sur une échelle d’intervalle continue (en logits) et non de simples scores ordinaux cumulés sujets à distorsion ;
  • L’unidimensionnalité stricte au sein de chacune des trois échelles.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité des DES ont fait l’objet de protocoles de validation translationnelle approfondis menés principalement auprès de cohortes confrontées à des arbitrages médicaux lourds (notamment des femmes porteuses de prédispositions génétiques aux cancers du sein et de l’ovaire confrontées à des choix de mastectomie prophylactique, d’annexectomie ou de surveillance intensive).

1. Validité de construit et structurelle

La validité de construit est étayée par l’ajustement empirique rigoureux aux postulats du modèle de Rasch. Pour chacune des trois sous-échelles, les statistiques de cohérence des résidus d’items (Infit et Outfit mean squares) se situent dans la fenêtre d’acceptabilité recommandée (généralement entre 0,70 et 1,30), démontrant que les items capturent de manière homogène le trait latent visé sans redondance stochastique excessive ni bruit de mesure aberrant.

2. Validité convergente

La validité convergente des DES a été testée en mesurant les corrélations bivariées avec plusieurs échelles de référence :

  • Decisional Conflict Scale (DCS, O’Connor) : Corrélations négatives hautement significatives (valeurs de r comprises entre -0,50 et -0,68 ; p < 0,001) entre la sous-échelle Satisfaction-Incertitude des DES et les sous-scores d’incertitude et de conflit global de la DCS.
  • Satisfaction with Decision Scale (SWD, Holmes-Rovner et al.) : Corrélation positive forte (r > 0,70) entre la sous-échelle Satisfaction-Incertitude et l’échelle de Holmes-Rovner, confirmant la convergence sur l’évaluation positive de l’acte décisionnel tout en apportant une plus grande finesse discriminative grâce à la décomposition en Rasch.
  • State-Trait Anxiety Inventory (STAI, Spielberger) : Corrélations modérées négatives avec l’anxiété-état post-consultation (r ≈ -0,35 à -0,45), attestant que la résolution de l’incertitude mesurée par les DES concourt à l’apaisement anxieux du patient.

3. Validité discriminante et différentielle

L’analyse des corrélations inter-échelles des DES démontre que bien que les trois dimensions soient modérément corrélées (les coefficients de corrélation se situent généralement entre 0,30 et 0,55), elles ne partagent pas une variance commune suffisante pour être fusionnées en un score global unique sans perte de validité. L’analyse démontre également que les DES ne sont pas substantiellement corrélées aux variables sociodémographiques (âge, niveau d’études), garantissant une équité de mesure à travers les différents sous-groupes de patients (absence de fonctionnement différentiel d’item ou DIF lié au sexe ou à l’âge).

4. Validité prédictive et sensibilité au changement

Dans des essais contrôlés randomisés évaluant des dispositifs d’aide à la décision informatisés, les DES ont démontré une sensibilité élevée au changement : les patients exposés à un programme structuré d’aide à la décision présentaient des scores de Choix éclairé et de Contrôle décisionnel significativement plus élevés (tailles d’effet de Cohen de d = 0,40 à 0,65) comparativement aux patients recevant une prise en charge standard. De plus, des scores bas sur l’échelle Satisfaction-Incertitude mesurés à 1 mois prédisent significativement le regret décisionnel évalué à 1 an (mesuré par la Decision Regret Scale de Brehaut).

8. Fidélité / Reliability

Dans le cadre de la psychométrie contemporaine et de la théorie de réponse aux items appliquée aux DES, la fidélité de l’instrument s’apprécie à la fois par les métriques classiques de cohérence interne et par les indices de séparation propres au modèle de Rasch :

1. Indices de cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Les études empiriques de Stalmeier et al. (2005) ainsi que les réplications cliniques ultérieures rapportent des coefficients de cohérence interne très satisfaisants :

  • Sous-échelle Satisfaction-Incertitude : Alpha de Cronbach systématiquement situé entre 0,82 et 0,89, reflétant une grande homogénéité dans l’évaluation de la certitude affective et du confort décisionnel.
  • Sous-échelle Choix éclairé : Alpha de Cronbach compris entre 0,78 et 0,85.
  • Sous-échelle Contrôle décisionnel : Alpha de Cronbach oscillant entre 0,75 et 0,83 selon la complexité du contexte décisionnel exploré.

2. Indices de séparation de Rasch (Person & Item Separation Reliability)

La modélisation de Rasch fournit un équivalent plus robuste du coefficient de fidélité : le Person Separation Reliability Index. Cet indice évalue dans quelle mesure l’échelle discrimine les personnes le long du continuum latent. Pour les trois sous-échelles des DES, ces indices dépassent le seuil méthodologique recommandé de 0,80, ce qui correspond à un indice de séparation de personnes supérieur à 2,0. Cela prouve que chaque sous-échelle parvient à distinguer de manière fiable au minimum trois strates distinctes d’aptitude décisionnelle (niveaux faible, moyen et élevé d’évaluation de la décision) sans chevauchement des intervalles de confiance.

3. Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

La stabilité test-retest, évaluée auprès de sous-échantillons stables à un intervalle de deux à quatre semaines (sans modification du protocole de soins ou survenue d’événements indésirables majeurs), a révélé des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) supérieurs à 0,80, attestant d’une excellente stabilité temporelle du jugement une fois la phase de délibération initiale achevée.

9. Analyse factorielle et modélisation de Rasch

La construction des Decision Evaluation Scales se distingue singulièrement de la majorité des questionnaires de santé par son recours originel à l’analyse de Rasch (Partial Credit Model ou Rating Scale Model) complétée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires des résidus.

1. Structure tridimensionnelle

Les analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales appliquées à l’ensemble du corpus d’items ont révélé une solution claire à trois facteurs distincts expliquant plus de 60 % de la variance totale :

  • Un premier facteur regroupant les items portant sur le sentiment de satisfaction globale, la sérénité émotionnelle et l’absence de doute envahissant (Facteur Satisfaction-Incertitude) ;
  • Un second facteur composé d’items référant à l’accès cognitif aux informations, à la clarté des explications et à la rationalité du jugement (Facteur Choix éclairé) ;
  • Un troisième facteur rassemblant les énoncés décrivant le degré d’influence perçue, la participation active et le sentiment d’avoir guidé la décision (Facteur Contrôle décisionnel).

Les analyses factorielles confirmatoires (AFC) conduites dans des études d’extension ont validé ce modèle à trois facteurs corrélés avec d’excellents indices d’ajustement : Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) < 0,06, Comparative Fit Index (CFI) > 0,95 et Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,94.

2. Diagnostics de Rasch et unidimensionnalité locale

L’application du modèle de Rasch pour chacune des trois échelles a confirmé l’indépendance locale et l’unidimensionnalité interne :

  • Statistiques d’ajustement (Infit / Outfit) : Les valeurs moyennes des carrés moyens résiduels (MnSq) pour l’ensemble des 15 items sont centrées autour de 1,00, avec des étendues observées comprises entre 0,76 et 1,24. Aucune anomalie majeure de sous-ajustement (underfit > 1,40, signe d’un item déviant ou pollué par une variable parasite) ou de sur-ajustement (overfit < 0,60, signe de redondance ou de dépendance locale) n’a été répertoriée.
  • Analyse en composantes principales des résidus de Rasch (PCAR) : Après extraction de la dimension principale de Rasch, les valeurs propres du premier contraste résiduel étaient inférieures à 1,8, confirmant l’absence de dimension secondaire significative au sein de chaque échelle.
  • Fonctionnement des catégories de réponse : L’analyse des seuils de transition (thresholds de Rasch) le long de l’échelle de Likert a montré une progression monotone ordonnée des seuils, démontrant que chaque modalité de réponse correspond à un palier distinct et logique du trait psychologique latent.

10. Instrument de mesure / Instrument

Les Échelles d’évaluation de la décision se présentent sous la forme d’un questionnaire auto-administré bref, facilement intégrable dans la routine de consultation ou les protocoles de recherche clinique.

  • Format du test : Questionnaire psychométrique auto-rapporté sur support papier ou électronique (tablette, portail patient sécurisé).
  • Nombre total d’items : 15 items standardisés.
  • Composition des sous-échelles : 3 échelles autonomes de Rasch :
    • Échelle 1 : Satisfaction-Incertitude (évalue l’apaisement cognitif, la certitude morale et la satisfaction globale de la décision) ;
    • Échelle 2 : Choix éclairé (évalue la complétude perçue de l’information et l’appropriation des risques/bénéfices) ;
    • Échelle 3 : Contrôle décisionnel (évalue le degré perçu d’autonomie et de partenariat avec l’équipe soignante).
  • Échelle de réponse : Format de type Likert ordonné, variant typiquement de 1 (« Pas du tout d’accord » ou « Très incertain ») à 5 (« Tout à fait d’accord » ou « Parfaitement certain ») selon la modalité linguistique originale validée par Rasch.
  • Temps de passation : Environ 4 à 6 minutes, ce qui confère à l’instrument une très faible charge cognitive pour les patients vulnérables ou fatigués.
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Les items formulés de manière négative (exprimant l’incertitude ou la contrainte) font l’objet d’une inversion préalable de codage.
    • Les scores bruts peuvent être calculés par sommation simple au sein de chaque sous-échelle ou, de manière préférentielle et psychométriquement rigoureuse, convertis en scores logits via les tables de conversion de Rasch établies par Stalmeier et al.
    • Les scores logits sont ensuite habituellement standardisés sur une échelle de 0 à 100 pour faciliter l’interprétation clinique : un score plus élevé reflète invariablement une évaluation plus favorable de la décision (plus grande certitude/satisfaction, meilleure perception du choix éclairé, contrôle perçu optimal).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de validation princeps : 2005.
  • Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Les droits intellectuels originaux sont détenus par le Dr Peep F. M. Stalmeier et le Radboud University Medical Center (Nijmegen, Pays-Bas).
  • Conditions d’utilisation et tarification : Dans le cadre de la recherche académique, de l’évaluation hospitalière à but non lucratif et des thèses universitaires, l’utilisation des Échelles d’évaluation de la décision est généralement gratuite. Il convient toutefois de formaliser une demande d’autorisation auprès de l’auteur principal ou de son département académique afin d’obtenir la documentation officielle, les tables de calibrage de Rasch et les versions linguistiques autorisées.
  • Utilisation commerciale : Tout usage dans le cadre d’essais cliniques sponsorisés par l’industrie pharmaceutique ou de solutions logicielles commerciales de santé connectée nécessite un accord formel de licence auprès du bureau de transfert de technologie (Technology Transfer Office) du Radboudumc.

12. Références / References

Les publications fondatrices et les études d’appui psychométrique sont présentées ci-dessous selon les normes APA (7e édition) avec leurs identifiants pérennes :

  • Brehaut, J. C., O’Connor, A. M., Wood, W. J., Hack, T. F., Siminoff, L., Gordon, E., & Feldman-Stewart, D. (2003). Validation of a decision regret scale. Medical Decision Making, 23(4), 281–292. https://doi.org/10.1177/0272989X03256005
  • Holmes-Rovner, M., Kroll, J., Schmitt, N., Rovner, D. R., Breer, M. L., Rothert, M. L., Padonu, G., & Talarczyk, G. (1996). Patient satisfaction with health care decisions: The satisfaction with decision scale. Medical Decision Making, 16(1), 58–64. https://doi.org/10.1177/0272989X9601600114
  • Janis, I. L., & Mann, L. (1977). Decision making: A psychological analysis of conflict, choice, and commitment. Free Press.
  • Marteau, T. M., Dormandy, E., & Michie, S. (2001). A measure of informed choice. Health Expectations, 4(2), 99–108. https://doi.org/10.1046/j.1369-6513.2001.00140.x
  • O’Connor, A. M. (1995). Validation of a decisional conflict scale. Medical Decision Making, 15(1), 25–30. https://doi.org/10.1177/0272989X9501500105
  • Rasch, G. (1960). Probabilistic models for some intelligence and attainment tests. Danish Institute for Educational Research.
  • Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2000). Self-determination theory and the facilitation of intrinsic motivation, social development, and well-being. American Psychologist, 55(1), 68–78. https://doi.org/10.1037/0003-066X.55.1.68
  • Stalmeier, P. F. M., Roosmalen, M. S., Verhoef, L. C., Hoekstra-Weebers, J. E., Oosterwijk, J. C., Moog, U., & van Daal, W. A. (2005). The Decision Evaluation Scales. Patient Education and Counseling / Radboud University Medical Center Research Reports. [Étalonnage et propriétés métrologiques des échelles DES].
  • Stalmeier, P. F. M., van Tol-Geerdink, J. J., van Lin, E. N., & Leer, J. W. (2007). Doctors’ and patients’ preferences for shared decision making: Measurement and clinical application. Health Expectations, 10(4), 320–330. https://doi.org/10.1111/j.1369-7625.2007.00458.x

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Please evaluate the medical decision you made by indicating the extent to which you agree or disagree with each of the following statements.
Response Scale: 5-point Likert scale (1 = Strongly disagree / Helemaal mee oneens, 2 = Disagree / Mee oneens, 3 = Neither agree nor disagree / Niet mee eens, niet mee oneens, 4 = Agree / Mee eens, 5 = Strongly agree / Helemaal mee eens)
1

I am satisfied with my decision.
2

I feel good about the decision.
3

The decision I made was the best one for me.
4

I would make the same decision again if I had to choose now.
5

I am confident that I made the right decision.
6

I felt well informed about the advantages of the options.
7

I felt well informed about the disadvantages of the options.
8

I knew enough about the alternatives to make a choice.
9

I was aware of all the options that were available to me.
10

I understood what each option would mean for my daily life.
11

I had enough say in the decision.
12

My doctor and I made the decision together.
13

My opinion was taken seriously in making the decision.
14

I felt in control of the decision.
15

The final decision was made according to my personal preferences.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 24). Échelles d’évaluation de la décision. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-evaluation-decision-des-stalmeier/
Looti, Mohammed. “Échelles d’évaluation de la décision.” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-evaluation-decision-des-stalmeier/.
Looti, Mohammed. “Échelles d’évaluation de la décision.” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-evaluation-decision-des-stalmeier/.