1. Résumé / Abstract
Les Échelles d’orientation des buts dans le domaine professionnel (communément désignées sous l’acronyme WDGOI pour Work Domain Goal Orientation Instrument), développées initialement par le professeur Don VandeWalle en 1997, constituent l’un des dispositifs d’évaluation psychométrique les plus influents en psychologie du travail et des organisations. Cet instrument a été conçu pour opérationnaliser la théorie des buts d’accomplissement (Achievement Goal Theory) dans les contextes professionnels et organisationnels d’adultes, dépassant le cadre scolaire et universitaire où ces modèles avaient été initialement conceptualisés par des chercheurs pionniers comme Carol Dweck.
L’instrument se compose de 13 items mesurant trois dimensions distinctes mais interdépendantes de l’orientation des buts : l’orientation d’apprentissage (Learning Goal Orientation – LGO, 5 items), l’orientation de performance par démonstration (Performance Prove Goal Orientation – PPGO, 4 items) et l’orientation de performance par évitement (Performance Avoid Goal Orientation – PAGO, 4 items). Les participants répondent à l’aide d’une échelle de type Likert en 7 points allant de 1 (« fortement en accord ») à 7 (« fortement en désaccord ») selon la codification d’origine, ou inversement de 1 (« pas du tout d’accord ») à 7 (« tout à fait d’accord ») dans les versions contemporaines standardisées.
Sur le plan psychométrique, le WDGOI de VandeWalle présente des propriétés de mesure robustes et systématiquement répliquées au sein d’échantillons variés de cadres, d’employés et de commerciaux. La cohérence interne est excellente, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,84 et 0,89 pour l’orientation d’apprentissage, entre 0,78 et 0,85 pour la performance-démonstration, et entre 0,80 et 0,88 pour la performance-évitement. Les analyses factorielles confirmatoires ont largement corroboré la supériorité du modèle tridimensionnel par rapport aux modèles unifactoriels ou bifactoriels traditionnels. L’échelle démontre une validité prédictive remarquable à l’égard de critères organisationnels cruciaux tels que le comportement de recherche de rétroaction (feedback-seeking behavior), l’auto-efficacité, la régulation des émotions négatives après un échec, la performance commerciale longitudinale et le transfert des apprentissages lors de formations professionnelles.
2. Mots-clés / Keywords
Orientation des buts, motivation d’accomplissement, psychologie organisationnelle, apprentissage organisationnel, recherche de rétroaction, auto-régulation, performance au travail, Don VandeWalle, validité psychométrique, évaluation des compétences.
3. Auteurs / Authors
L’instrument de référence dans le domaine du travail a été élaboré et validé par :
- Don VandeWalle, Ph.D. : Professeur émérite de gestion et d’organisation au sein de la Cox School of Business de la Southern Methodist University (Dallas, Texas, États-Unis). Ses recherches fondamentales portent sur la motivation individuelle, l’orientation des buts, le comportement organisationnel et la dynamique de rétroaction au sein des équipes.
- Collaborateurs majeurs de validation :
- Larry L. Cummings, Ph.D. (décédé) : Professeur éminent en comportement organisationnel à l’Université du Minnesota, pionnier des théories de la rétroaction en milieu de travail.
- William L. Cron, Ph.D. : Professeur de marketing à la Cox School of Business, Southern Methodist University et à la Texas Christian University, spécialiste de la performance des forces de vente.
- John W. Slocum Jr., Ph.D. : Professeur émérite de comportement organisationnel à la Cox School of Business, Southern Methodist University, ancien président de l’Academy of Management.
- Steven P. Brown, Ph.D. : Professeur de marketing et de gestion commerciale, contributeur aux études longitudinales de validation prédictive de l’échelle.
4. Objectif / Purpose
Ce que l’instrument mesure et pourquoi
Le Work Domain Goal Orientation Instrument mesure le cadre motivationnel et cognitif dispositionnel à travers lequel les individus perçoivent, interprètent et réagissent aux situations de travail et de réalisation de tâches. L’objectif fondamental de cet outil est de capturer les schémas mentaux directeurs orientant l’attention, le traitement de l’information et le comportement lorsqu’un collaborateur est confronté à un défi, à un apprentissage ou à une évaluation de ses compétences dans un cadre professionnel.
Historiquement, les échelles d’orientation des buts développées dans les années 1980 et au début des années 1990 (notamment par Dweck, Nicholls ou Ames) ciblaient quasi exclusivement les élèves d’écoles primaires, secondaires ou les étudiants de premier cycle universitaire. Ces instruments utilisaient des formulations adaptées aux notes scolaires et aux examens, inopérantes pour évaluer des professionnels adultes. VandeWalle a comblé ce vide scientifique en concevant une échelle spécifiquement ancrée dans la réalité sémantique et comportementale de l’entreprise : attribution de missions complexes, interactions avec les collègues, démonstration de compétences professionnelles face aux supérieurs hiérarchiques et prise de risque dans l’acquisition de nouvelles expertises.
Applications en recherche et en pratique organisationnelle
L’échelle remplit une fonction diagnostique, prédictive et développementale dans plusieurs domaines majeurs :
- Sélection et recrutement : Identification des profils motivationnels des candidats pour des postes nécessitant une adaptabilité constante, de l’innovation ou une autonomie élevée face à des environnements volatils.
- Formation professionnelle continue : Prédiction de la disposition des employés à s’engager activement dans des programmes de perfectionnement et de leur propension à transférer les compétences acquises dans leurs tâches quotidiennes en dépit du risque d’erreurs initiales.
- Développement du leadership et coaching : Compréhension des mécanismes de défense des cadres intermédiaires et dirigeants, notamment ceux caractérisés par une forte orientation de performance par évitement, réticents à déléguer ou à solliciter des retours d’évaluation critiques.
- Gestion de la performance et dynamiques d’équipe : Analyse de l’impact des climats motivationnels d’équipe sur la collaboration, le partage d’informations et la rivalité délétère entre collaborateurs.
- Recherche fondamentale en psychologie du travail : Modélisation des mécanismes médiateurs et modérateurs reliant les traits de personnalité stables (comme ceux du modèle des Big Five) aux comportements proactifs, à l’innovation au travail et à la résistance au stress.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit de l’orientation des buts renvoie aux programmes d’action cognitifs et motivationnels qui dictent les raisons pour lesquelles un individu s’efforce d’atteindre un objectif et la manière dont il évalue sa propre compétence. VandeWalle a formalisé un modèle tridimensionnel adapté au milieu de travail, distinguant nettement une orientation de maîtrise d’une partition binaire de l’orientation de performance (approche versus évitement).
1. Orientation d’apprentissage (Learning Goal Orientation – LGO)
L’orientation d’apprentissage reflète une disposition par laquelle l’individu cherche à développer sa compétence par l’acquisition de nouveaux savoirs et la maîtrise de tâches complexes. Dans cette optique, l’intelligence et l’aptitude sont conçues comme des caractéristiques malléables qui peuvent être développées par l’effort et la pratique (théorie incrémentielle de l’intelligence). Les individus présentant un score élevé sur cette sous-échelle :
- Perçoivent les difficultés et les erreurs non pas comme des échecs personnels, mais comme des sources naturelles et précieuses d’information formative.
- Recherchent activement des tâches stimulantes qui mettent à l’épreuve leurs compétences actuelles.
- Font preuve d’une persévérance accrue face aux obstacles et d’une motivation intrinsèque soutenue.
- Exemple comportemental : Un ingénieur qui se porte volontaire pour piloter l’intégration d’une nouvelle technologie logicielle inconnue, acceptant le risque de tâtonner initialement au profit d’un gain d’expertise technique durable.
2. Orientation de performance par démonstration (Performance Prove Goal Orientation – PPGO)
L’orientation de performance par démonstration correspond à la volonté de prouver sa compétence et d’obtenir des jugements favorables de la part des pairs, des subordonnés ou des supérieurs hiérarchiques. Les individus fortement orientés vers la démonstration mesurent leur valeur à travers la comparaison sociale ascendante :
- Ils désirent ardemment surpasser leurs collègues et s’assurer que leurs réussites professionnelles soient vues, reconnues et célébrées.
- Ils perçoivent la compétence comme un attribut relativement stable qu’il convient de rendre visible pour asseoir leur statut.
- Leur investissement dans une tâche est maximal lorsque le potentiel de visibilité sociale et d’éloges externes est élevé, mais leur engagement peut fléchir si la tâche ne procure aucun avantage comparatif direct.
- Exemple comportemental : Un commercial qui redouble d’efforts lors d’un concours interne afin d’apparaître en tête du classement public de son entreprise et d’obtenir les félicitations explicites de sa direction.
3. Orientation de performance par évitement (Performance Avoid Goal Orientation – PAGO)
L’orientation de performance par évitement traduit le désir impérieux d’éviter de paraître incompétent, de recevoir des jugements négatifs ou de révéler des lacunes techniques face à autrui. Sous-tendue par la peur de l’échec et la vulnérabilité de l’estime de soi, cette orientation engendre des stratégies de protection du soi souvent inadaptées :
- Les individus évitent les tâches novatrices, ambiguës ou complexes par crainte de commettre des erreurs publiques qui entacheraient leur réputation.
- Ils fuient la rétroaction critique, qu’ils interprètent comme une condamnation personnelle de leur capacité intellectuelle ou professionnelle.
- Ce profil est fréquemment associé à une anxiété d’évaluation élevée, à la procrastination et à des comportements d’auto-handicap.
- Exemple comportemental : Un analyste financier qui refuse de prendre en charge un dossier stratégique complexe en invoquant une surcharge de travail, de peur de ne pas être à la hauteur et de révéler des faiblesses méthodologiques devant le comité exécutif.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Fondements sociocognitifs et théories implicites de l’intelligence
L’instrument de VandeWalle s’ancre directement dans la théorie sociocognitive et dans les travaux pionniers de Carol Dweck et ses collègues (Dweck & Leggett, 1988). Selon ce modèle fondamental, les croyances implicites que nourrissent les individus quant à la nature de leurs aptitudes mentales gouvernent leurs orientations motivationnelles :
- Théorie de l’entité (Entity Theory) : Croyance selon laquelle l’intelligence et le talent sont des traits intrinsèques fixes et immuables. Les individus adhérant à cette vision perçoivent chaque défi comme un test décisif de leur valeur globale, favorisant l’émergence d’orientations de performance (prouver son talent ou cacher son incompétence).
- Théorie incrémentielle (Incremental Theory) : Croyance selon laquelle les compétences sont des qualités dynamiques qui s’acquièrent et se développent grâce au travail acharné, à l’apprentissage et aux stratégies adaptatives. Cette perspective sous-tend l’orientation d’apprentissage.
De la dichotomie classique au modèle tridimensionnel
Alors que les modèles initiaux de Dweck et de Nicholls opposaient simplement les buts de maîtrise (mastery/learning goals) aux buts de performance (ability/performance goals), les recherches expérimentales des années 1990 (menées notamment par Elliot & Harackiewicz, 1996) ont mis en lumière une hétérogénéité critique au sein de l’orientation de performance. Ces auteurs ont démontré que la performance n’était pas intrinsèquement négative : elle se divise selon une valence d’approche (chercher le succès et la comparaison favorable) ou d’évitement (fuir l’échec et le discrédit).
VandeWalle (1997) a été le premier théoricien à transposer avec succès cette conceptualisation tridimensionnelle dans le contexte du comportement organisationnel, en démontrant empiriquement que l’approche et l’évitement constituaient deux construits indépendants dotés de profils nomologiques et de conséquences comportementales opposés dans le monde du travail.
Interaction avec le processus de recherche de rétroaction (Feedback-Seeking)
Un apport théorique majeur de VandeWalle (conjointement avec L. L. Cummings en 1997) a été d’articuler l’orientation des buts avec le modèle des coûts et bénéfices de la recherche de rétroaction (Ashford & Cummings, 1983) :
- Pour les individus orientés vers l’apprentissage, la rétroaction possède une haute valeur instrumentale : elle fournit des données diagnostiques pour corriger les erreurs et s’améliorer, réduisant l’importance accordée au coût de l’ego.
- Pour les individus orientés vers l’évitement, le coût pour l’ego et le coût pour l’image sociale d’une rétroaction négative sont perçus comme dévastateurs, entraînant une suppression active des comportements de demande de feedback, privant ainsi l’employé des leviers d’amélioration nécessaires.
7. Validité / Validity
Validité de construit et structure discriminante
La validité de construit du WDGOI a été établie de manière rigoureuse lors de multiples phases d’échantillonnage par VandeWalle (1997) et confirmée par des études indépendantes ultérieures. Les corrélations entre les trois dimensions révèlent une indépendance empirique satisfaisante :
- L’orientation d’apprentissage (LGO) et l’orientation de performance-démonstration (PPGO) présentent généralement une corrélation positive faible à modérée (typiquement entre r = 0,15 et r = 0,28), démontrant qu’un employé peut simultanément désirer apprendre et souhaiter obtenir une reconnaissance externe.
- L’orientation d’apprentissage et l’orientation de performance-évitement (PAGO) sont généralement négativement corrélées ou non corrélées (entre r = -0,10 et r = -0,25).
- Les deux dimensions de performance (PPGO et PAGO) affichent une corrélation modérée (entre r = 0,30 et r = 0,45), reflétant leur ancrage commun dans la comparaison sociale et l’évaluation de compétence, tout en demeurant des construits nettement distincts.
Validité convergente et discriminante vis-à-vis d’autres construits
VandeWalle (1997) ainsi que VandeWalle, Brown, Cron et Slocum (1999) ont démontré la validité discriminante du WDGOI par rapport à des variables psychologiques établies :
- Traits de personnalité du Big Five : La dimension LGO présente des corrélations positives modérées avec la Conscience (Conscientiousness, r ≈ 0,35) et l’Ouverture à l’expérience (r ≈ 0,38). La dimension PAGO corrèle positivement avec le Névrosisme / Instabilité émotionnelle (r ≈ 0,42). Cependant, les analyses factorielles confirmatoires ont attesté que les trois orientations ne se réduisaient pas aux traits généraux de personnalité et apportaient une variance incrémentielle significative dans l’explication des comportements professionnels.
- Auto-efficacité généralisée (Generalized Self-Efficacy) : LGO est positivement liée à l’auto-efficacité, tandis que PAGO y est négativement associée.
- Besoin d’accomplissement (Need for Achievement) : Bien que liée à la motivation d’accomplissement de McClelland, l’échelle de VandeWalle offre une différenciation plus fine entre la recherche de maîtrise et le besoin d’approbation.
Validité prédictive et critères organisationnels
La robustesse prédictive du WDGOI a été documentée dans plusieurs études longitudinales de référence :
- Performance commerciale : Dans une étude longitudinale menée auprès de délégués médicaux sur plusieurs trimestres, VandeWalle, Brown, Cron et Slocum (1999) ont démontré que l’orientation d’apprentissage prédisait directement l’adoption de stratégies d’autorégulation efficaces (fixation d’objectifs ambitieux, effort soutenu, planification), ce qui se traduisait par des volumes de ventes significativement supérieurs. À l’inverse, l’orientation de performance-évitement impactait négativement le niveau d’effort et les résultats financiers.
- Réaction face à l’échec : Cron, Slocum, VandeWalle et Fu (2005) ont mis en évidence que suite à une contre-performance initiale, les participants caractérisés par un score PAGO élevé éprouvaient un niveau accru d’émotions négatives débilitantes (découragement, anxiété) et abaissaient drastiquement leurs objectifs futurs, alors que les participants orientés LGO maintenaient des buts élevés et augmentaient leur effort de prospection.
8. Fidélité / Reliability
Consistance interne
Les indices de consistance interne du WDGOI ont été calculés à travers de multiples échantillons organisationnels et académiques, démontrant une stabilité métrologique remarquable selon les critères de l’alpha de Cronbach :
- Orientation d’apprentissage (5 items) : α = 0,88 à 0,89 dans l’étude princeps de validation (VandeWalle, 1997) ; α = 0,86 dans l’étude longitudinale des ventes (VandeWalle et al., 1999) ; α = 0,87 dans l’étude sur le feedback (VandeWalle et al., 2001).
- Orientation de performance par démonstration (4 items) : α = 0,84 à 0,85 (VandeWalle, 1997) ; α = 0,81 (VandeWalle et al., 1999) ; α = 0,84 (VandeWalle et al., 2001).
- Orientation de performance par évitement (4 items) : α = 0,83 à 0,88 (VandeWalle, 1997) ; α = 0,78 (VandeWalle et al., 1999) ; α = 0,83 (Cron et al., 2005).
Tous les coefficients dépassent largement le seuil psychométrique conventionnel de 0,70 pour la recherche fondamentale et se situent au niveau d’exigence requis (> 0,80) pour des évaluations diagnostiques individuelles en entreprise.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Bien que l’orientation des buts puisse être influencée à la marge par le climat organisationnel ou les consignes situationnelles (distinction classique entre disposition et état), les évaluations test-retest du WDGOI sur des intervalles de trois à six mois révèlent des coefficients de corrélation temporelle substantiels (oscillant entre r = 0,65 et r = 0,74), confirmant la nature dispositionnelle stable de ces orientations motivationnelles dans le cadre professionnel.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE) initiales
Lors de la phase de conception initiale de l’instrument, Don VandeWalle a soumis un pool initial d’items à une analyse en composantes principales avec rotation oblique (oblimin) auprès d’échantillons d’adultes en activité et d’étudiants en gestion. Les critères d’extraction (critère de Kaiser des valeurs propres supérieures à 1 et examen du diagramme d’éboulis de Cattell) ont nettement indiqué une structure à trois facteurs distincts expliquant plus de 60 % de la variance totale.
Chacun des 13 items finaux a présenté une saturation factorielle élevée (> 0,60) sur son facteur théorique cible, sans saturation croisée problématique (toutes les saturations secondaires demeurant inférieures à 0,25).
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
La robustesse de la structure a été formellement validée par modélisation en équations structurelles au moyen d’analyses factorielles confirmatoires comparatives (VandeWalle, 1997) :
- Modèle à 1 facteur : Hypothèse où tous les items satureraient sur un facteur motivationnel unique. Ce modèle a présenté des indices d’ajustement inacceptables (χ²/ddl élevé, CFI < 0,65, RMSEA > 0,16).
- Modèle à 2 facteurs : Hypothèse classique séparant l’apprentissage (LGO) de la performance globale (fusion des items PPGO et PAGO). Ce modèle a également révélé un ajustement médiocre (CFI ≈ 0,75, RMSEA ≈ 0,13).
- Modèle à 3 facteurs corrélés (Modèle théorique de VandeWalle) : LGO (5 items), PPGO (4 items), et PAGO (4 items). Ce modèle a produit un ajustement remarquable aux données empiriques :
- Comparative Fit Index (CFI) ≥ 0,96
- Goodness-of-Fit Index (GFI) ≥ 0,94
- Adjusted Goodness-of-Fit Index (AGFI) ≥ 0,91
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) ≤ 0,052
Ces résultats statistiques ont confirmé de manière définitive que les facettes d’approche (démontrer) et d’évitement (cacher) de la performance constituent des construits factoriels empiriquement dissociés dans les organisations professionnelles.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom du test : Work Domain Goal Orientation Instrument (WDGOI) / Échelles d’orientation des buts au travail.
- Auteur : Don VandeWalle (1997).
- Format d’administration : Questionnaire auto-rapporté sur support papier ou version informatisée en ligne.
- Durée de passation : Environ 3 à 5 minutes (très faible charge cognitive).
- Nombre d’items : 13 items répartis en trois sous-échelles indépendantes :
- Orientation d’apprentissage (Learning Goal Orientation – LGO) : 5 items (items 1 à 5).
- Orientation de performance par démonstration (Performance Prove Goal Orientation – PPGO) : 4 items (items 6 à 9).
- Orientation de performance par évitement (Performance Avoid Goal Orientation – PAGO) : 4 items (items 10 à 13).
- Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points :
- 1 = Tout à fait en accord (Strongly agree)
- 2 = En accord (Agree)
- 3 = Légèrement en accord (Slightly agree)
- 4 = Neutre / Ni en accord ni en désaccord (Neither agree nor disagree)
- 5 = Légèrement en désaccord (Slightly disagree)
- 6 = En désaccord (Disagree)
- 7 = Tout à fait en désaccord (Strongly disagree)
(Note méthodologique : Dans la pratique psychométrique actuelle, l’ancrage est fréquemment inversé de 1 = « Fortement en désaccord » à 7 = « Fortement en accord » afin de faciliter la lecture des scores directs sans inverser la cotation).
- Cotation et calcul des scores :
- Aucun item inversé au sein des sous-échelles dans la version originale.
- Un score moyen ou cumulé est calculé pour chaque sous-échelle de manière indépendante. Il est formellement déconseillé de calculer un score total global, car l’outil mesure trois dimensions orthogonales et conceptuellement distinctes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1997 (publication dans la revue internationale Educational and Psychological Measurement).
- Statut des droits d’auteur : Le questionnaire a été publié dans un cadre académique sous le copyright de SAGE Publications et de l’auteur Don VandeWalle.
- Conditions d’utilisation académique : L’instrument est disponible gratuitement pour la recherche universitaire, les thèses doctorales et les usages scientifiques non commerciaux, sous réserve de citer formellement la publication princeps de VandeWalle (1997).
- Usages commerciaux et organisationnels : Pour les applications de sélection des ressources humaines, les plateformes de bilan de compétences à but lucratif ou le conseil en entreprise, les utilisateurs sont tenus de contacter l’auteur ou l’éditeur pour obtenir les autorisations requises et vérifier les conditions de licence.
12. Références / References
- Ashford, S. J., & Cummings, L. L. (1983). Feedback as an individual resource: Personal strategies of creating information. Organizational Behavior and Human Performance, 32(3), 370-398. https://doi.org/10.1016/0030-5073(83)90156-3
- Button, S. B., Mathieu, J. E., & Zajac, D. M. (1996). Goal orientation in organizational research: A conceptual and empirical foundation. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 67(1), 26-45. https://doi.org/10.1006/obhd.1996.0063
- Cron, W. L., Slocum, J. W., VandeWalle, D., & Fu, Q. (2005). The role of goal orientation on negative emotions and goal setting when initial performance falls short of one’s performance goal. Human Performance, 18(1), 55-80. https://doi.org/10.1207/s15327043hup1801_3
- Dweck, C. S., & Leggett, E. L. (1988). A social-cognitive approach to motivation and personality. Psychological Review, 95(2), 256-273. https://doi.org/10.1037/0033-295X.95.2.256
- Elliot, A. J., & Harackiewicz, J. M. (1996). Approach and avoidance achievement goals and intrinsic motivation: A mediational analysis. Journal of Personality and Social Psychology, 70(3), 461-475. https://doi.org/10.1037/0022-3514.70.3.461
- Sujan, H., Weitz, B. A., & Kumar, N. (1994). Learning orientation, working smart, and effective selling. Journal of Marketing, 58(3), 39-52. https://doi.org/10.1177/002224299405800303
- VandeWalle, D. (1997). Development and validation of a work domain goal orientation instrument. Educational and Psychological Measurement, 57(6), 995-1015. https://doi.org/10.1177/0013164497057006009
- VandeWalle, D., Brown, S. P., Cron, W. L., & Slocum, J. W., Jr. (1999). The influence of goal orientation and self-regulation tactics on sales performance: A longitudinal field test. Journal of Applied Psychology, 84(2), 249-259. https://doi.org/10.1037/0021-9010.84.2.249
- VandeWalle, D., & Cummings, L. L. (1997). A test of the influence of goal orientation on the feedback seeking process. Journal of Applied Psychology, 82(3), 390-400. https://doi.org/10.1037/0021-9010.82.3.390
- VandeWalle, D., Cron, W. L., & Slocum, J. W., Jr. (2001). The role of goal orientation following performance feedback. Journal of Applied Psychology, 86(4), 629-640. https://doi.org/10.1037/0021-9010.86.4.629
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response scale: 1 (strongly agree) to 7 (strongly disagree)
- I am willing to select to a challenging work assignment that I can learn a lot from.
- I often look for opportunities to develop new skills and knowledge.
- I enjoy challenging and difficult tasks at work where I’ll learn new skills.
- For me‚ development of my ability is important enough to take risks.
- I prefer to work in situations that require a high level of ability and talent.
- I’m concerned with showing that I can perform better than my coworkers.
- I try to figure out what it takes to prove my ability to others at work.
- I enjoy it when others at work are aware of how well I am doing.
- I prefer to work on projects where I can prove my ability to others.
- I would avoid taking on a new task if there was a chance that I would appear rather incompetent to others.
- Avoiding a show of low ability is more important to me than learning a new skill.
- I’m concerned about taking on a task at work if my performance would reveal that I had low ability.
- I prefer to avoid situations at work where I might perform poorly.