1. Résumé / Abstract
Les Échelles des peurs de la compassion (Fears of Compassion Scales, FCS), développées par le professeur Paul Gilbert et ses collaborateurs en 2011, constituent un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer les résistances, les craintes et les blocages affectifs et cognitifs associés à l’expérience de la compassion. Ancré dans le modèle de la thérapie fondée sur la compassion (CFT) et les théories évolutionnistes de la régulation émotionnelle, cet outil explore trois flux relationnels fondamentaux : l’expression de la compassion envers autrui (compassion for others), la réception de la compassion provenant d’autrui (compassion from others), et l’expression de l’auto-compassion envers soi-même (compassion for self).
Dans sa structure intégrale, l’instrument se compose de 38 items répartis sur ces trois échelles indépendantes : 10 items pour la compassion envers autrui, 13 items pour la compassion reçue d’autrui, et 15 items pour l’auto-compassion. Chaque proposition est évaluée à l’aide d’une échelle de Likert en 5 points allant de 0 (« Pas du tout d’accord ») à 4 (« Tout à fait d’accord »). Les propriétés psychométriques initiales démontrent une excellente cohérence interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,76 et 0,92 selon les sous-échelles et les populations étudiées (étudiants, thérapeutes et populations cliniques souffrant de troubles de l’humeur ou de la personnalité).
Les analyses factorielles confirmatoires appuient la validité de construit de ces trois dimensions distinctes mais corrélées. Sur le plan clinique et de la recherche, les FCS ont démontré une valeur prédictive majeure : des niveaux élevés de peur de la compassion sont étroitement associés à une honte externalisée et internalisée prononcée, à une autocritique sévère, à un attachement insécure, ainsi qu’à des symptômes dépressifs et anxieux résistants. L’évaluation fine de ces résistances permet d’adapter les interventions thérapeutiques, notamment en désamorçant l’activation paradoxale du système de menace face aux signaux de chaleur et d’affiliation.
2. Mots-clés / Keywords
Peur de la compassion, Thérapie fondée sur la compassion, Auto-compassion, Régulation émotionnelle, Attachement insécure, Système de menace, Honte, Autocritique, Psychométrie, Psychopathologie.
3. Auteurs / Authors
Les Échelles des peurs de la compassion ont été conçues et validées par une équipe de chercheurs et cliniciens de référence internationale dans le domaine de la psychologie clinique et des sciences de l’attachement :
- Paul Gilbert, Ph.D., FBPsS, OBE : Professeur de psychologie clinique à la Mental Health Research Unit, Kingsway Hospital, University of Derby (Royaume-Uni), et fondateur de la Compassionate Mind Foundation. Courriel institutionnel : [email protected].
- Kirsten McEwan, Ph.D. : Chercheuse clinicienne affiliée à l’Université de Derby, spécialisée dans la psychophysiologie de la compassion et la variabilité de la fréquence cardiaque (VRC).
- Marcela Matos, Ph.D. : Chercheuse et psychologue clinicienne au Center for Research in Neuropsychology and Cognitive and Behavioral Intervention (CINEICC), Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, Université de Coimbra (Portugal).
- Alice Rivis, Ph.D. : Maître de conférences en psychologie de la santé, Département de psychologie, Université d’York et Université d’East Anglia (Royaume-Uni).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental des Fears of Compassion Scales est d’opérationnaliser et de quantifier les barrières psychologiques, affectives et comportementales qui entravent l’activation du système d’affiliation et d’apaisement. Historiquement, les approches thérapeutiques d’orientation cognitive et humaniste ont présumé que les signaux de chaleur, de soutien et de bienveillance étaient universellement perçus comme réconfortants et sécurisants. Or, l’observation clinique au sein de la thérapie fondée sur la compassion a révélé que pour de nombreux patients — en particulier ceux souffrant de traumatismes relationnels précoces, d’abus ou de négligence — la bienveillance et la compassion déclenchent de vives réactions de panique, de tristesse ou de rejet défensif.
Sur le plan clinique, l’échelle poursuit plusieurs visées diagnostiques et thérapeutiques :
- Identification des contre-indications et résistances thérapeutiques : Identifier les patients chez qui les exercices conventionnels de compassion, de pleine conscience ou d’exposition à la chaleur interpersonnelle risquent de provoquer un embrasement du système de détection des menaces (threat system).
- Personnalisation de la formulation de cas : Cartographier avec précision la directionnalité des défenses (envers soi-même, envers autrui ou en réception), permettant d’ajuster le tempo et les techniques d’entraînement de l’esprit compatissant (Compassionate Mind Training).
- Mesure de l’évolution thérapeutique : Évaluer la désensibilisation progressive face aux affects affiliatifs au cours des psychothérapies axées sur les troubles de la personnalité limite, les troubles des conduites alimentaires ou les dépressions chroniques réfractaires.
Sur le plan de la recherche fondamentale, les FCS permettent d’explorer les médiateurs et modérateurs psychosociaux liant les styles d’attachement infantile aux psychopathologies de l’adulte. Elles fournissent un cadre empirique pour étudier pourquoi certains individus rejettent activement l’aide sociale, perçoivent la gentillesse comme une ruse manipulatrice ou assimilent l’auto-compassion à une faiblesse morale conduisant inévitablement à l’échec et à l’exclusion sociale.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique mesuré par les FCS repose sur la conceptualisation tripartite de la dynamique compassionnelle élaborée par Gilbert (2014). Contrairement à une simple absence de compassion, la « peur de la compassion » représente une réponse défensive active, médiée par des croyances dysfonctionnelles et des associations affectives aversives conditionnées. L’instrument appréhende ce phénomène à travers trois dimensions interdépendantes mais conceptuellement distinctes :
1. Peur d’exprimer de la compassion envers autrui (Compassion for Others)
Cette dimension évalue l’appréhension liée au fait de manifester de la bienveillance, du pardon ou du soutien aux autres individus. Les personnes présentant un score élevé sur cette dimension perçoivent souvent les relations interpersonnelles sous un prisme compétitif ou prédateur. La compassion est alors interprétée comme une vulnérabilité fatale qui risque d’être exploitée par autrui (« People will take advantage of me if they see me as too compassionate »). Elle englobe également des craintes relatives à l’épuisement émotionnel (« vulnerable people can be drawn to me and drain my emotional resources ») et des croyances normatives rigides valorisant la punition et le darwinisme social au détriment du soutien bienveillant.
2. Peur de recevoir la compassion d’autrui (Compassion from Others)
Cette composante sonde l’inconfort, la détresse et la méfiance ressentis lorsqu’une autre personne manifeste de la tendresse, de la sollicitude ou de la compréhension. Chez les personnes ayant des antécédents d’attachement désorganisé ou insécure, la gentillesse d’autrui est souvent perçue comme un piège, une tentative de manipulation (« I worry that people are only kind and compassionate if they want something from me ») ou le précurseur d’un rejet inévitable (« If people are friendly and kind I worry they will find out something bad about me that will change their mind »). L’intimité affective déclenchée par la compassion active un sentiment d’exposition insupportable, conduisant l’individu à ériger des barrières relationnelles hermétiques (« I ‘put up a barrier’ »).
3. Peur de la compassion envers soi-même (Compassion for Self)
Cette dimension mesure la répulsion, la terreur ou le sentiment d’illégitimité éprouvé à l’idée d’adopter une attitude chaleureuse, tolérante et bienveillante envers soi-même lors d’un échec ou d’une souffrance. Les croyances sous-jacentes associent l’auto-compassion à une déchéance morale, à de l’auto-apitoiement complaisant ou à un relâchement des exigences personnelles conduisant à l’incompétence (« I fear that if I become kinder and less self-critical to myself then my standards will drop »). De plus, chez les patients hautement autocritiques, le contact avec l’apaisement réveille une souffrance refoulée, souvent comparée à une vague de deuil ou de vide insoutenable (« I fear that if I start to feel compassion and warmth for myself, I will feel overcome with a sense of loss/grief »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique des FCS fusionne la psychologie évolutionniste, les neurosciences affectives et la théorie de l’attachement de John Bowlby (1969, 1980), enrichie par les travaux d’Arieti et Bemporad (1980) sur la dépression sévère. Au cœur de ce modèle se trouve l’architecture tripartite des systèmes de régulation émotionnelle théorisée par Paul Gilbert :
- Le système de menace et d’autoprotection (Threat & Protection System) : Orienté vers la détection rapide des dangers, médié par l’amygdale, l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et le système sympathique, générant anxiété, colère ou dégoût.
- Le système de motivation et de recherche de ressources (Drive & Resource-seeking System) : Orienté vers l’acquisition de récompenses, de statut social et de partenaires, médié principalement par les voies dopaminergiques mésolimbiques.
- Le système d’apaisement, de sécurité et d’affiliation (Soothing & Safeness System) : Évolutivement lié à l’attachement parental et aux soins mutuels chez les mammifères, médié par les endorphines et l’ocytocine, générant des états de paix, de contentement et de sécurité psychologique.
Chez les individus au développement affectif sécure, les signaux de compassion et de sollicitude activent spontanément le système d’apaisement, régulant à la baisse le système de menace. En revanche, le modèle théorique des peurs de la compassion postule un conditionnement aversif classique chez les personnes ayant subi de l’invalidation, des abus physiques ou émotionnels, ou un rejet parental chronique. Pour ces individus, les figures d’attachement représentaient simultanément la source biologique d’apaisement et la source de terreur. Par conséquent, les signaux d’intimité, de tendresse ou d’auto-chaleur sont neurobiologiquement recâblés : au lieu de stimuler l’apaisement, ils stimulent directement le système de menace. La compassion devient synonyme de perte de contrôle, de trahison imminente ou d’illusion tragique.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique des Échelles des peurs de la compassion a été rigoureusement confirmée par de multiples études internationales au sein d’échantillons cliniques et non cliniques :
Validité de construit et validité convergente
Les études initiales de Gilbert et al. (2011) ont mis en évidence des corrélations positives robustes et significatives entre les trois sous-échelles de la peur de la compassion et plusieurs indices psychopathologiques majeurs :
- Autocritique et haine de soi : Corrélations fortes avec les formes sévères d’autocritique mesurées par l’échelle Forms of Self-Criticising/Attacking & Self-Reassuring Scale (FSCRS), oscillant entre r = 0,45 et r = 0,68 pour l’auto-compassion.
- Honte externe et interne : Corrélations positives substantielles avec l’Other As Shamer Scale (OAS), confirmant que la honte chronique intensifie le rejet des attitudes bienveillantes.
- Symptomatologie anxieuse et dépressive : Corrélations positives significatives avec les sous-échelles de dépression, d’anxiété et de stress du Depression Anxiety Stress Scales (DASS-42), les coefficients atteignant fréquemment r = 0,50 à 0,60 pour la peur de l’auto-compassion.
- Insécurité de l’attachement : Corrélations nettes avec les dimensions d’attachement anxieux et évitant mesurées par l’ECR (Experiences in Close Relationships).
Validité discriminante
La validité discriminante est étayée par des corrélations négatives attendues avec les mesures d’auto-compassion (mesurée par la Self-Compassion Scale de Kristin Neff, où r se situe généralement entre -0,50 et -0,70 avec la peur de l’auto-compassion) et les mesures de satisfaction de vie et d’affect positif (PANAS). Les analyses multivariées confirment que la peur de la compassion explique une part de variance incrémentielle unique dans la prédiction de la détresse psychologique, au-delà de la simple absence d’auto-compassion ou de la présence d’une haute autocritique.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité des FCS présente une robustesse psychométrique remarquable, démontrée de manière cohérente à travers des populations diversifiées :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
Dans l’étude princeps menée par Gilbert et al. (2011), les coefficients de consistance interne se sont révélés particulièrement élevés :
- Échantillon d’étudiants (N = 222) :
- Peur de la compassion envers soi-même : α = 0,92
- Peur de la compassion provenant d’autrui : α = 0,85
- Peur de la compassion envers autrui : α = 0,84
- Échantillon de thérapeutes (N = 53) :
- Peur de la compassion envers soi-même : α = 0,86
- Peur de la compassion provenant d’autrui : α = 0,85
- Peur de la compassion envers autrui : α = 0,76
- Échantillons cliniques (patients dépressifs et bipolaires) : Les études ultérieures (ex. Matos et al., 2017 ; Kelly et al., 2013) ont rapporté des coefficients alpha de Cronbach dépassant régulièrement 0,90 pour les sous-échelles de l’auto-compassion et de la compassion reçue, démontrant une excellente homogénéité des items en milieu psychiatrique.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Les évaluations longitudinales de la fidélité test-retest sur des intervalles de 3 à 6 semaines indiquent des coefficients de corrélation intraclasse (CCI) stables variant de r = 0,78 à r = 0,87 en l’absence d’intervention psychothérapeutique ciblée, attestant du caractère dispositionnel relativement stable de ces croyances en dehors d’un travail clinique spécifique.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le développement initial des échelles reposait sur la création d’un réservoir de 60 items préliminaires (20 items par domaine théorique) élaborés à partir de la pratique clinique auprès de patients hautement honteux et autocritiques, puis soumis à une évaluation rigoureuse de la validité d’apparence et de contenu par un panel d’experts.
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Lors de la phase initiale d’épuration, les items présentant de faibles saturations (< 0,40), des saturations croisées substantielles ou une formulation ambiguë ont été éliminés. Les analyses en composantes principales avec rotation oblique (Promax/Oblimin) ont clairement isolé trois facteurs distincts correspondant aux trois flux relationnels théoriques :
- Facteur 1 : Peur de la compassion envers soi (15 items) : Rend compte de la part la plus importante de la variance totale expliquée. Les saturations factorielles individuelles des items s’échelonnent de 0,51 à 0,84.
- Facteur 2 : Peur de la compassion provenant d’autrui (13 items) : Isole distinctement la méfiance interpersonnelle et l’évitement défensif face aux marques d’affection, avec des saturations factorielles oscillant entre 0,48 et 0,79.
- Facteur 3 : Peur d’exprimer de la compassion envers autrui (10 items) : Regroupe les croyances relatives à la vulnérabilité instrumentale et au coût personnel de l’empathie, avec des saturations factorielles comprises entre 0,45 et 0,76.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Les modélisations par équations structurelles menées dans des validations transculturelles indépendantes (notamment en versions portugaise, espagnole et française) ont comparé des modèles unifactoriels, des modèles à facteurs orthogonaux et le modèle théorique à trois facteurs corrélés. Les résultats indiquent systématiquement une adéquation supérieure pour le modèle à 3 facteurs (par exemple, indices d’ajustement : CFI > 0,91, TLI > 0,90, RMSEA < 0,06, SRMR < 0,06). Les corrélations inter-facteurs sont modérées à fortes (généralement comprises entre r = 0,40 et r = 0,65), confirmant qu’il s’agit de facettes distinctes mais interconnectées d’un système global d’inhibition affiliative.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument se présente sous la forme d’un auto-questionnaire standardisé administrable sur support papier ou numérique :
- Format d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique (self-report inventory).
- Nombre total d’items : 38 items répartis en trois échelles distinctes (Échelle 1 : 10 items ; Échelle 2 : 13 items ; Échelle 3 : 15 items).
- Format de réponse : Échelle ordinale de Likert à 5 points cotée exactement comme suit :
- 0 = Don’t agree at all (Pas du tout d’accord)
- 1 = Léger accord
- 2 = Somewhat agree (Modérément d’accord)
- 3 = Fort accord
- 4 = Completely agree (Tout à fait d’accord)
- Procédure de cotation :
- Le score de chaque sous-échelle s’obtient par la somme simple (ou la moyenne) des items qui la composent.
- Échelle 1 (Compassion envers autrui) : Score total variant de 0 à 40.
- Échelle 2 (Compassion provenant d’autrui) : Score total variant de 0 à 52.
- Échelle 3 (Auto-compassion) : Score total variant de 0 à 60.
- Il n’y a pas d’items inversés ; un score plus élevé reflète invariablement une peur, un évitement ou un blocage plus sévère face à la compassion.
- Temps de passation : Environ 8 à 12 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2011 (soumis initialement en 2010 et publié dans Psychology and Psychotherapy: Theory, Research and Practice).
- Statut des droits d’auteur : Le questionnaire a été développé au sein d’un cadre académique à but non lucratif. Les auteurs et la Compassionate Mind Foundation accordent le libre accès et l’utilisation gratuite de l’instrument pour la recherche clinique, l’enseignement universitaire et la pratique thérapeutique non commerciale.
- Tarifs d’utilisation : Gratuit (aucun honoraire de licence ou de redevance pour un usage académique ou clinique standard).
- Modalités d’accès : L’instrument officiel au format PDF peut être téléchargé directement depuis le site institutionnel de la fondation (Compassionate Mind Scales Repository). Pour toute adaptation commerciale, traduction officielle ou intégration dans des logiciels propriétaires, une demande écrite préalable doit être formulée auprès de l’auteur principal.
12. Références / References
Les publications fondatrices et validations psychométriques de l’instrument incluent les références suivantes :
- Arieti, S., & Bemporad, J. (1980). Severe and mild depression: The psychotherapeutic approach. Tavistock Publications.
- Bowlby, J. (1969). Attachment and loss: Vol. 1. Attachment. Basic Books.
- Bowlby, J. (1973). Attachment and loss: Vol. 2. Separation: Anxiety and anger. Basic Books.
- Bowlby, J. (1980). Attachment and loss: Vol. 3. Loss: Sadness and depression. Basic Books.
- Gilbert, P. (2014). The origins and nature of compassion focused therapy. British Journal of Clinical Psychology, 53(1), 6–41. https://doi.org/10.1111/bjc.12043
- Gilbert, P., McEwan, K., Matos, M., & Rivis, A. (2011). Fears of compassion: Development of three self-report measures. Psychology and Psychotherapy: Theory, Research and Practice, 84(3), 239–255. https://doi.org/10.1111/j.2044-8341.2010.02004.x
- Kelly, A. C., Carter, J. C., Zuroff, D. C., & Borairi, S. (2013). Self-compassion and fear of self-compassion interact to predict response to eating disorders treatment: A preliminary investigation. Psychotherapy Research, 23(3), 252–264. https://doi.org/10.1080/10503307.2012.717310
- Matos, M., Duarte, C., Duarte, J., Pinto-Gouveia, J., Petrocchi, N., McEwan, K., & Gilbert, P. (2017). Psychological hazards of experiencing and expressing compassion: Factor structure and properties of the fears of compassion scales in Portugal. International Journal of Psychology and Psychological Therapy, 17(1), 77–98.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
Please use this scale to rate the extent that you agree with each statement:
Don’t agree at all = 0 | 1 | 2 = somewhat agree | 3 | 4 = Completely agree
- Expressing compassion for others
- Responding to compassion from others
- Expressing kindness and compassion towards yourself
- I often wonder whether displays of warmth and kindness from others are genuine.
- Feelings of kindness from others are somehow frightening.
- When people are kind and compassionate towards me I feel anxious or embarrassed.
- If people are friendly and kind I worry they will find out something bad about me that will change their mind.
- I worry that people are only kind and compassionate if they want something from me.
- When people are kind and compassionate towards me I feel empty and sad.
- If people are kind I feel they are getting too close.
- Even though other people are kind to me‚ I have rarely felt warmth from my relationships with others.
- I try to keep my distance from others even if I know they are kind .
- If I think someone is being kind and caring towards me‚ I ‘put up a barrier’.