Échelles des peurs de la compassion

Les Échelles des peurs de la compassion (Fears of Compassion Scales – FCS) mesurent les résistances et inhibitions face à la compassion envers soi, envers autrui et reçue d’autrui.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Les Échelles des peurs de la compassion (Fears of Compassion Scales – FCS), développées initialement par le professeur Paul Gilbert et ses collaborateurs (2011), constituent un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu pour mesurer de manière différentielle les résistances, les appréhensions et les inhibitions psychologiques liées à l’expérience et à l’expression de la compassion. Si la recherche contemporaine en psychologie clinique et en neurosciences affectives a largement documenté les bénéfices thérapeutiques de la bienveillance et de l’auto-compassion sur la régulation émotionnelle, les FCS mettent en lumière un phénomène clinique paradoxal : pour de nombreux individus, en particulier ceux souffrant de honte chronique, d’autocritique sévère ou de traumatismes relationnels précoces, les signaux de chaleur humaine, de réconfort et de pardon ne déclenchent pas un apaisement mais activent au contraire le système de menace et d’alarme physiologique.

L’instrument se compose de 38 items répartis sur trois sous-échelles distinctes évaluant les trois flux fondamentaux de la compassion : (1) la peur d’exprimer de la compassion pour autrui (10 items), caractérisée par la crainte d’être exploité, vulnérable ou perçu comme faible ; (2) la peur de recevoir ou de répondre à la compassion émanant d’autrui (13 items), marquée par la méfiance, le sentiment de danger interpersonnel ou la peur du rejet ; et (3) la peur d’éprouver de la bienveillance et de la compassion envers soi-même (15 items), dominée par l’angoisse de l’effondrement des exigences personnelles, la résurgence d’un deuil affectif non résolu ou la croyance fondamentale d’indignité morale. Les items sont cotés sur une échelle de Likert en cinq points allant de 0 (« Pas du tout d’accord ») à 4 (« Tout à fait d’accord »).

Les propriétés psychométriques de l’instrument témoignent d’une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach variant généralement de 0,84 à 0,94 selon les populations (étudiants, professionnels de santé mentale et patients cliniques). La validité de construit, explorée par analyses factorielles confirmatoires, soutient la structure triaxiale indépendante. De plus, les échelles démontrent une validité convergente et prédictive substantielle avec la dépression, l’anxiété, le stress, l’insécurité de l’attachement et la sévérité de l’autocritique, confirmant leur utilité indispensable dans le cadre de la thérapie fondée sur la compassion (CFT).

2. Mots-clés / Keywords

Peurs de la compassion, auto-compassion, thérapie fondée sur la compassion, Paul Gilbert, autocritique, régulation émotionnelle, théorie de l’attachement, honte, psychopathologie, système d’apaisement, psychométrie, échelle d’évaluation clinique.

3. Auteurs / Authors

Les Fears of Compassion Scales ont été élaborées par une équipe de chercheurs de référence internationale dans le domaine de la psychologie clinique, des sciences de l’attachement et de la régulation des affects :

  • Paul Gilbert, Ph.D., FBPsS, OBE : Professeur émérite de psychologie clinique à l’Université de Derby (Royaume-Uni), fondateur de la Compassionate Mind Foundation et créateur de la thérapie fondée sur la compassion (CFT). Contact institutionnel : [email protected].
  • Kirsten McEwan, Ph.D. : Chercheuse en psychologie de la santé et régulation émotionnelle, Mental Health Research Unit, Kingsway Hospital, Derby, Royaume-Uni.
  • Marcela Matos, Ph.D. : Chercheuse principale au Center for Research in Neuropsychology and Cognitive and Behavioral Intervention (CINEICC), Faculté de Psychologie et des Sciences de l’Éducation, Université de Coimbra, Portugal.
  • Allison Rivis, Ph.D. : Enseignante-chercheuse en psychologie sociale et de la santé, Département de Psychologie, Université d’Essex, Royaume-Uni.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental des Fears of Compassion Scales est d’opérationnaliser, de quantifier et de déconstruire les attitudes défensives, les schémas cognitifs dysfonctionnels et les réponses affectives aversives déclenchés par la gentillesse, la bienveillance et la compassion. Dans la tradition clinique classique inspirée des thérapies cognitivo-comportementales (TCC), l’accent a longtemps été mis sur la modification des pensées automatiques négatives et des distorsions cognitives. Cependant, les cliniciens travaillant avec des populations souffrant de troubles complexes de la personnalité, de traumatismes développementaux ou de dépressions récurrentes ont régulièrement constaté une limite thérapeutique majeure : bien que les patients parviennent intellectuellement à générer des pensées alternatives rationnelles, ils continuent d’éprouver un sentiment viscéral d’inadéquation, d’insécurité et de détresse.

Le développement de la CFT par Gilbert (2000, 2005) a mis en évidence que ces patients présentent une incapacité spécifique à activer leur système neurophysiologique d’apaisement et d’affiliation sociale. Plus critique encore, les tentatives explicites d’introduire des exercices de chaleur, de douceur ou de pardon de soi provoquent chez eux une recrudescence massive d’anxiété, de dégoût, de tristesse ou de panique. Les FCS ont ainsi été conçues pour fournir aux chercheurs et aux praticiens une mesure empirique standardisée permettant de cartographier ces résistances selon les trois directions relationnelles :

  • Identification des blocages thérapeutiques : Détecter précisément pourquoi et comment un patient résiste aux interventions basées sur la pleine conscience ou la compassion, prévenant ainsi les ruptures d’alliance thérapeutique causées par des demandes de bienveillance prématurées.
  • Différenciation diagnostique et fonctionnelle : Distinguer les peurs liées à la vulnérabilité interpersonnelle (peur de la compassion d’autrui), les peurs associées à la perte de contrôle ou d’exigence personnelle (peur de l’auto-compassion) et les croyances cyniques ou défensives concernant autrui (peur de donner de la compassion).
  • Évaluation du changement clinique : Mesurer la diminution des barrières affectives tout au long de la psychothérapie, en suivant la réactivation progressive des circuits neuronaux d’affiliation et de sécurité intérieure.
  • Recherche fondamentale en psychopathologie : Étudier comment les antécédents d’attachement insécure, les abus physiques ou émotionnels durant l’enfance et les dynamiques de soumission sociale prédisposent à une interprétation menaçante des signaux affiliatifs.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par les FCS repose sur le modèle bidirectionnel et multidimensionnel de la compassion défini par Gilbert : une sensibilité à la souffrance de soi et d’autrui, couplée à un engagement profond à tenter de la soulager et de la prévenir. Loin d’être un état émotionnel purement passif ou doucereux, la compassion implique des compétences motivationnelles, attentionnelles et comportementales complexes. Les peurs de la compassion représentent les inhibitions conditionnées et les représentations menaçantes associées à cette dynamique.

1. Peur d’exprimer de la compassion pour autrui (Fear of compassion for others)

Cette dimension (10 items) évalue les croyances selon lesquelles manifester de la bienveillance ou du pardon envers d’autres personnes est dangereux, naïf ou préjudiciable. Elle capture des représentations du monde social gouvernées par la dominance et la compétition darwinienne. Les individus obtenant un score élevé sur cette échelle considèrent que la compassion engendre une vulnérabilité fatale (« Les gens profiteront de moi s’ils me voient comme trop compatissant ») ou qu’elle affaiblit les normes de justice et de punition morale (« Être compatissant envers les personnes qui ont commis de mauvaises actions, c’est leur permettre de s’en tirer sans conséquences »). Elle traduit également la crainte de l’épuisement émotionnel face à la dépendance d’autrui (« J’ai peur que si je suis compatissant, certaines personnes deviennent trop dépendantes de moi »).

2. Peur de recevoir de la compassion de la part d’autrui (Fear of compassion from others)

Composée de 13 items, cette dimension évalue l’incapacité à tolérer, internaliser et faire confiance à l’affection, aux soins ou à la sympathie offerts par autrui. Sur le plan développemental, ce construit s’enracine dans des schémas relationnels où les figures d’attachement étaient sources de rejet, d’imprévisibilité ou de manipulation. Recevoir de la compassion réactive une vigilance défensive aiguë : la peur que l’autre ait des arrière-pensées machiavéliques (« J’ai peur que les gens ne soient gentils et compatissants que s’ils veulent quelque chose de moi »), la terreur du dévoilement d’une imperfection honteuse (« Si les gens sont amicaux et gentils, j’ai peur qu’ils découvrent quelque chose de mauvais en moi qui les fera changer d’avis »), ou encore le sentiment d’une tristesse viscérale et de vide intolérable (« Lorsque les gens sont gentils et compatissants envers moi, je me sens vide et triste »).

3. Peur de la compassion envers soi-même (Fear of compassion for self)

Cette sous-échelle (15 items) capture les mécanismes par lesquels un individu bloque activement toute attitude d’auto-apaisement, d’auto-pardon et de douceur envers lui-même lors de moments de souffrance, d’échec ou d’erreur. Elle mesure la présence d’un critique intérieur persécuteur qui perçoit l’auto-compassion comme une faiblesse dangereuse (« J’ai peur que si je suis plus compatissant envers moi-même, je devienne une personne faible ») ou comme une menace d’effondrement des standards personnels (« J’ai peur que si je deviens plus gentil et moins critique envers moi-même, mes exigences baissent »). De manière particulièrement profonde, ce construit quantifie le phénomène de deuil traumatique : pour les personnes n’ayant jamais reçu d’amour inconditionnel, s’offrir de la douceur connecte directement à la douleur insoutenable de la privation affective passée (« J’ai peur que si je commence à ressentir de la compassion et de la chaleur pour moi-même, je sois submergé par un sentiment de perte et de deuil »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Les Fears of Compassion Scales s’enracinent au confluent de la psychologie évolutionniste, des neurosciences affectives et de la théorie de l’attachement de John Bowlby (1969, 1973, 1980).

Le modèle des trois systèmes de régulation des affects (Gilbert)

Le socle conceptuel majeur repose sur la cartographie évolutive des systèmes émotionnels développée par Gilbert :

  • Le système de menace et d’autoprotection (Threat and self-protection system) : Axé sur la détection des dangers, régulé neurobiologiquement par l’amygdale, l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et le cortisol. Ses affects prédominants sont la peur, la colère, le dégoût et l’anxiété.
  • Le système de motivation, de ressources et de recherche (Drive and resource-seeking system) : Axé sur la quête d’objectifs vitaux, de statut, de partenaire et de succès, médié par la voie dopaminergique. Ses affects sont l’excitation, le plaisir de la récompense et la fierté.
  • Le système d’apaisement, de sécurité et d’affiliation (Soothing and contentment system) : Spécifique aux mammifères, régulé par l’ocytocine et le système des endorphines endogènes. Il permet l’expérience de la paix intérieure, de la confiance relationnelle et du calme physiologique via l’activation du système parasympathique (nerf vague ventral).

Dans un développement neuro-affectif harmonieux, l’expérience de soins parentaux chaleureux calibre le système d’apaisement. La gentillesse et le réconfort stimulent alors immédiatement un sentiment de sécurité. En revanche, lorsque les figures nourricières ont été vécues comme punitives, froides, négligentes ou menaçantes, le cerveau associe le registre de l’attachement et de la proximité à la douleur et au danger. Par un conditionnement pavlovien aversif, l’exposition à la compassion réactive paradoxalement le système de menace. L’individu interprète alors le réconfort comme un prélude au rejet, à la déception ou à la manipulation.

Les mentalités sociales et la dynamique de rang (Social Rank Theory)

Le cadre théorique intègre également la théorie du rang social. Les personnes dominées par la honte et la dépression fonctionnent sous le régime de la compétition et de la défense du statut. Dans ce paradigme, montrer de la compassion pour autrui risque de faire perdre une position dominante ou d’être perçu comme un signal de soumission exploitable. De même, l’autocritique agit comme une stratégie d’évitement de l’agression : l’individu s’auto-attaque préventivement pour se conformer aux attentes du groupe social et éviter d’être expulsé ou puni. L’abandon de l’autocritique au profit de l’auto-compassion est alors perçu inconsciemment comme une perte tragique de défenses immunitaires psychiques.

7. Validité / Validity

Les études empiriques initiales de Gilbert et al. (2011) et les nombreuses recherches transnationales ultérieures démontrent des qualités métrologiques remarquables concernant la validité de l’instrument.

Validité convergente et corrélationnelle

Les trois dimensions des FCS présentent des corrélations robustes et théoriquement prévisibles avec de multiples mesures cliniques standardisées :

  • Dépression, anxiété et stress (DASS-21) : La peur de l’auto-compassion et la peur de recevoir de la compassion d’autrui présentent des corrélations positives élevées avec les scores de dépression ($r = 0,55$ à $0,68$, $p < 0,001$) et d’anxiété ($r = 0,45$ à $0,58$, $p < 0,001$).
  • Honte et autocritique : Les corrélations avec la honte externe (OAS) et les formes haineuses de l’autocritique (« Hated Self », FSCRS) atteignent des niveaux compris entre $r = 0,50$ et $r = 0,70$. Les individus qui se haïssent intensément sont ceux qui manifestent la plus grande terreur face à la bienveillance.
  • Attachement insécure : Des liens significatifs sont systématiquement observés avec les dimensions d’évitement et d’anxiété de l’attachement adulte (ECR), confirmant que l’insécurité du lien primaire nourrit l’évitement défensif de la compassion.

Validité discriminante

La validité discriminante est étayée par les corrélations négatives attendues avec les mesures d’auto-compassion (SCS de Kristin Neff, $r = -0,45$ à $-0,65$) et d’auto-réconfort (« Reassured Self », $r = -0,50$ à $-0,60$). L’analyse montre que les FCS ne mesurent pas simplement l’absence d’auto-compassion, mais bien une présence active de réactions de peur et d’évitement, confirmant qu’il s’agit d’un construit psychologique indépendant.

Validité différentielle (populations cliniques vs non-cliniques)

Les études comparatives établissent que les cohortes psychiatriques (notamment les patients souffrant de trouble dépressif caractérisé, de trouble de la personnalité borderline ou de troubles du comportement alimentaire) obtiennent des scores significativement plus élevés sur les échelles de peur de l’auto-compassion et de compassion d’autrui par rapport aux étudiants et aux professionnels de santé mentale ($t$-tests significatifs à $p < 0,001$ avec des tailles d’effet de Cohen $d > 0,90$).

8. Fidélité / Reliability

La fidélité des Échelles des peurs de la compassion a été rigoureusement confirmée au travers de multiples échantillons internationaux (Royaume-Uni, Portugal, Espagne, États-Unis, Australie).

Consistance interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’étude princeps menée par Gilbert et al. (2011), les indices de consistance interne ont révélé une homogénéité remarquable :

  • Échantillon d’étudiants ($N = 222$) :
    • Peur de la compassion pour autrui : $\alpha = 0,84$
    • Peur de la compassion émanant d’autrui : $\alpha = 0,85$
    • Peur de l’auto-compassion : $\alpha = 0,92$
  • Échantillon de thérapeutes ($N = 53$) :
    • Peur de la compassion pour autrui : $\alpha = 0,76$
    • Peur de la compassion émanant d’autrui : $\alpha = 0,85$
    • Peur de l’auto-compassion : $\alpha = 0,86$
  • Échantillons cliniques (études de réplication) : Les coefficients $\alpha$ se maintiennent régulièrement au-dessus de 0,88 pour les trois sous-échelles, avec des valeurs atteignant fréquemment 0,93 pour la peur de l’auto-compassion.

Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)

Les investigations portant sur la stabilité temporelle sur un intervalle de 3 à 6 semaines sans intervention thérapeutique ont mis en évidence des coefficients de corrélation intraclasse ($ICC$) et des $r$ de Pearson compris entre 0,78 et 0,86, démontrant que les peurs de la compassion capturent des dispositions structurales stables plutôt que de simples fluctuations d’humeur passagères, tout en restant sensibles aux changements induits par une psychothérapie ciblée.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Lors de la phase de conception, une banque initiale de 20 items par domaine potentiel (60 items au total) a été élaborée à partir de la littérature sur la psychothérapie de la dépression (Arieti & Bemporad, 1980), la théorie de l’attachement (Bowlby) et l’expérience clinique auprès de patients hautement autocritiques.

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Après une sélection rigoureuse de la validité de contenu, les items retenus ont été soumis à des analyses factorielles exploratoires avec rotation orthogonale et oblique (Promax/Oblimin). Les résultats ont confirmé l’existence de trois facteurs distincts correspondant précisément aux trois directions relationnelles théorisées :

  • Facteur 1 : Peur de l’auto-compassion (15 items) : Rend compte de la part la plus importante de la variance expliquée. Les saturations factorielles des items varient entre 0,51 et 0,82, sans saturation croisée majeure sur les autres composantes.
  • Facteur 2 : Peur de la compassion provenant d’autrui (13 items) : Présente des saturations factorielles stables comprises entre 0,47 et 0,79.
  • Facteur 3 : Peur de la compassion pour autrui (10 items) : Se détache clairement avec des saturations factorielles allant de 0,45 à 0,74.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les analyses factorielles confirmatoires conduites sur des échantillons indépendants corroborent la supériorité du modèle tri-factoriel par rapport à un modèle uni-factoriel de détresse générale ou à des modèles bi-factoriels. Les indices d’adéquation confirment la robustesse de cette organisation :

  • $\chi^2/df < 2,5$
  • Comparative Fit Index ($CFI$) $ge 0,92$
  • Tucker-Lewis Index ($TLI$) $ge 0,91$
  • Root Mean Square Error of Approximation ($RMSEA$) $le 0,058$ ($IC_{90%}$ [0,051 ; 0,065])
  • Standardized Root Mean Square Residual ($SRMR$) $le 0,061$

Bien que les trois facteurs présentent des intercorrélations modérées à fortes ($r = 0,42$ à $0,65$), la préservation de leur individualité factorielle est indispensable pour capter la granularité clinique des réponses affectives.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (Self-report questionnaire).
  • Nombre total d’items : 38 items répartis en trois échelles autonomes :
    • Échelle 1 : Exprimer de la compassion pour autrui (10 items)
    • Échelle 2 : Répondre à la compassion venant d’autrui (13 items)
    • Échelle 3 : Exprimer de la gentillesse et de la compassion envers soi-même (15 items)
  • Échelle de réponse (Format de Likert en 5 points) :
    • 0 = Don’t agree at all (Pas du tout d’accord)
    • 1 = Slightly agree (Légèrement d’accord)
    • 2 = Somewhat agree (Moyennement d’accord)
    • 3 = Moderately agree (Fortement d’accord)
    • 4 = Completely agree (Tout à fait d’accord)
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Chaque sous-échelle se calcule de manière indépendante par sommation arithmétique directe des scores des items qui la composent. Il n’y a aucun item inversé.
    • Score Peur de la compassion pour autrui : Plage de 0 à 40 points.
    • Score Peur de la compassion venant d’autrui : Plage de 0 à 52 points.
    • Score Peur de l’auto-compassion : Plage de 0 à 60 points.
    • Des scores élevés reflètent un degré proportionnellement élevé d’inhibition défensive, de détresse et de blocage face à la dynamique compatissante correspondante.
  • Temps d’administration : Environ 8 à 12 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : 2011.
  • Auteurs et copyright : Paul Gilbert, Kirsten McEwan, Marcela Matos, et Allison Rivis. Droits associés gérés via la Compassionate Mind Foundation.
  • Statut d’accès et licence d’utilisation : L’instrument est disponible en libre accès à des fins de recherche académique, d’enseignement universitaire et de pratique clinique non commerciale (Open Access for non-commercial clinical and research purposes). Aucun paiement de redevance ni coût par passation n’est exigé.
  • Conditions d’utilisation : Toute reproduction ou utilisation dans le cadre d’études scientifiques doit obligatoirement citer l’article princeps de Gilbert et al. (2011). Le matériel original téléchargeable est hébergé sur le portail de la Compassionate Mind Foundation. Pour toute adaptation commerciale ou intégration dans des logiciels propriétaires payants, une autorisation expresse écrite de l’auteur principal est requise.

12. Références / References

  • Arieti, S., & Bemporad, J. (1980). The psychological organization of depression. American Journal of Psychiatry, 137(11), 1360-1365. https://doi.org/10.1176/ajp.137.11.1360
  • Bowlby, J. (1969). Attachment and loss: Vol. 1. Attachment. Basic Books.
  • Bowlby, J. (1973). Attachment and loss: Vol. 2. Separation: Anxiety and anger. Basic Books.
  • Bowlby, J. (1980). Attachment and loss: Vol. 3. Loss: Sadness and depression. Basic Books.
  • Gilbert, P. (2000). The relationship of shame, social anxiety and depression: The role of the evaluation of social rank. Clinical Psychology & Psychotherapy, 7(3), 174-189. https://doi.org/10.4324/9780203003459
  • Gilbert, P., McEwan, K., Matos, M., & Rivis, A. (2011). Fears of compassion: Development of three self-report measures. Psychology and Psychotherapy: Theory, Research and Practice, 84(3), 239-255. https://doi.org/10.1348/147608310X526511
  • Kirby, J. N., Tellegen, C. L., & Steindl, S. R. (2017). A meta-analysis of compassion-based interventions: Current state of knowledge and future directions. Behavior Therapy, 48(6), 778-792. https://doi.org/10.1016/j.beth.2017.06.003
  • Neff, K. D. (2003). The development and validation of a scale to measure self-compassion. Self and Identity, 2(3), 223-250. https://doi.org/10.1080/15298860309027

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Expressing compassion for others
2

Responding to compassion from others
3

Expressing kindness and compassion towards yourself
4

I often wonder whether displays of warmth and kindness from others are genuine.
5

Feelings of kindness from others are somehow frightening.
6

When people are kind and compassionate towards me I feel anxious or embarrassed.
7

If people are friendly and kind I worry they will find out something bad about me that will change their mind.
8

I worry that people are only kind and compassionate if they want something from me.
9

When people are kind and compassionate towards me I feel empty and sad.
10

If people are kind I feel they are getting too close.
11

Even though other people are kind to me‚ I have rarely felt warmth from my relationships with others.
12

I try to keep my distance from others even if I know they are kind .
13

If I think someone is being kind and caring towards me‚ I ‘put up a barrier’.
★

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Looti, M. (2026, octobre 9). Échelles des peurs de la compassion. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-des-peurs-de-la-compassion-2/
Looti, Mohammed. “Échelles des peurs de la compassion.” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-des-peurs-de-la-compassion-2/.
Looti, Mohammed. “Échelles des peurs de la compassion.” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-des-peurs-de-la-compassion-2/.