Échelles des croyances relatives aux comportements sexuels à risque et d’auto-efficacité

Analyse psychométrique détaillée des Échelles des croyances relatives aux comportements sexuels à risque et d’auto-efficacité (SRBBS) développées par Karen Basen-Engquist et al. Découvrir le cadre théorique, les 8 sous-échelles, les propriétés de validité et de fidélité, ainsi que l’instrument complet.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Les Échelles des croyances relatives aux comportements sexuels à risque et d’auto-efficacité (en anglais : Sexual Risk Behavior Beliefs and Self-Efficacy Scales, SRBBS) constituent un instrument psychométrique développé pour évaluer les déterminants psychosociaux régissant la prise de risque sexuel et l’adoption de comportements de protection chez les adolescents. Conçu initialement par Karen Basen-Engquist et ses collaborateurs dans le cadre de l’évaluation du programme d’intervention en milieu scolaire « Safer Choices », cet outil s’articule autour de 22 items répartis en huit sous-échelles distinctes. Ces dimensions examinent d’une part les conduites d’engagement sexuel à risque : les attitudes envers les rapports sexuels (ASI), les normes subjectives perçues relatives aux rapports sexuels (NSI) et le sentiment d’auto-efficacité à refuser un rapport sexuel non désiré (SER). D’autre part, cinq échelles ciblent les comportements de protection et de prévention des infections sexuellement transmissibles (IST), du VIH et des grossesses précoces : les attitudes envers l’utilisation du préservatif (ACU), les normes perçues relatives à son usage (NCU), l’auto-efficacité communicationnelle liée au préservatif (SECM), l’auto-efficacité relative à l’achat et à la manipulation correcte du préservatif (SECU), ainsi que les barrières perçues à son utilisation (BCU).

Les formats de réponse s’appuient sur des échelles de type Likert en 3 ou 4 points. Les propriétés psychométriques de l’instrument ont été validées auprès d’un vaste échantillon multiethnique de 6 213 élèves de l’enseignement secondaire (âgés de 14 à 18 ans) en Californie et au Texas. Les analyses de cohérence interne révèlent des coefficients alpha de Cronbach variant de .61 à .87 selon les sous-échelles. La validité de construit a été confirmée au moyen de modèles d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) distinguant les dimensions du risque et de la protection, démontrant des indices d’adéquation robustes (RMSEA < .05). De plus, l’instrument montre une excellente validité concurrente, distinguant significativement les adolescents sexuellement expérimentés de ceux qui sont abstinents, de même que les utilisateurs systématiques de préservatifs des utilisateurs irréguliers.

2. Mots-clés / Keywords

comportements sexuels à risque, auto-efficacité, utilisation du préservatif, adolescence, prévention du VIH, santé sexuelle et reproductive, psychométrie, théorie de l’action raisonnée, théorie sociale cognitive, modèle des croyances relatives à la santé, Safer Choices, échelle d’évaluation psychosociale.

3. Auteurs / Authors

  • Karen Basen-Engquist, Ph.D., MPH — University of Texas, M.D. Anderson Cancer Center, Department of Behavioral Science, Houston, Texas, États-Unis. (Courriel institutionnel : [email protected]).
  • Louise C. Mâsse, Ph.D. — Center for Health Promotion Research and Development, University of Texas Health Science Center at Houston, School of Public Health, Texas, États-Unis.
  • Karin Coyle, Ph.D. — ETR Associates (Education, Training and Research), Scotts Valley, Californie, États-Unis.
  • Douglas Kirby, Ph.D. — ETR Associates, Scotts Valley, Californie, États-Unis.
  • Guy S. Parcel, Ph.D. — Center for Health Promotion Research and Development, University of Texas Health Science Center at Houston, School of Public Health, Texas, États-Unis.
  • Stephen Banspach, Ph.D. — Centers for Disease Control and Prevention (CDC), Division of Adolescent and School Health, Atlanta, Géorgie, États-Unis.
  • Jesse Nodora, DrPH — Arizona Department of Health Services, Phoenix, Arizona, États-Unis.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental des échelles SRBBS est d’identifier, de mesurer et de suivre les variables cognitives, affectives et normatives qui prédisent l’initiation sexuelle non protégée, l’inconstance de l’utilisation des méthodes barrières et l’exposition subséquente aux infections transmissibles sexuellement (notamment le VIH) ainsi qu’aux grossesses non planifiées chez les jeunes. À l’époque de sa conception sous l’égide du contrat n° 200-91-0938 attribué par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), la communauté scientifique et les acteurs de santé publique faisaient face à un manque d’instruments validés capables de décomposer avec finesse les précurseurs psychosociaux des pratiques sexuelles adolescentes dans des populations scolarisées diversifiées.

Dans le domaine de la recherche translationnelle et de l’évaluation de programmes, les échelles SRBBS ont été spécifiquement élaborées pour évaluer l’impact du programme d’intervention communautaire et scolaire multi-composantes « Safer Choices » (Coyle et al., 1996). En santé publique, les modifications comportementales directes (par exemple, le report de l’activité sexuelle ou l’utilisation systématique du préservatif) sont fréquemment précédées de modifications substantielles dans le système de croyances du sujet. Mesurer uniquement le comportement rapporté expose les chercheurs à des biais de désirabilité sociale ou à une sensibilité insuffisante pour détecter les effets intermédiaires des campagnes préventives. L’outil SRBBS fournit ainsi une métrique intermédiaire rigoureuse, permettant de vérifier si une intervention réussit à modifier les attitudes favorables à l’abstinence temporaire, à moduler la perception de la norme des pairs, à réduire la gêne associée à l’achat de préservatifs et à fortifier le sentiment d’efficacité personnelle.

Au niveau clinique, psychoéducatif et de la médecine scolaire, l’outil offre une cartographie individualisée ou de groupe des vulnérabilités psychosociales. Un praticien ou un éducateur en santé sexuelle peut repérer si les réticences d’un adolescent face à la protection découlent d’un déficit de compétences d’affirmation de soi (incapacité à négocier le port du préservatif face à un partenaire réticent), d’une pression normative perçue (conviction erronée que « tout le monde a des rapports sans préservatif »), ou d’obstacles logistiques concrets (peur panique du regard d’autrui lors de l’achat en pharmacie ou en magasin). L’échelle répond donc à un impératif diagnostique, pronostique et évaluatif indispensable à la construction d’interventions comportementales ciblées.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit global investigué par les échelles SRBBS appréhende la propension individuelle à s’engager dans des comportements préventifs versus des comportements à risque dans la sphère sexuelle. Ce construit n’est pas appréhendé de façon unidimensionnelle, mais comme une architecture multidimensionnelle composée de huit sous-construits spécifiques, articulés autour de deux grands axes fonctionnels : les dynamiques de prise de risque sexuel et les dynamiques de protection.

Axe 1 : Comportements sexuels à risque (Sexual Risk-Taking Behavior)

  • Attitudes envers les rapports sexuels (Attitudes about Sexual Intercourse – ASI) : Évalue l’approbation cognitive et morale de l’adolescent quant au fait de différer les rapports sexuels jusqu’à un âge plus mûr, comparativement à l’acceptation de relations intimes dans le cadre d’un couple stable (items ASI1 et ASI2 inversé). Un score élevé reflète une valorisation du report de l’activité sexuelle.
  • Normes perçues relatives aux rapports sexuels (Norms about Sexual Intercourse – NSI) : Mesure la perception qu’a le sujet des attentes normatives et des comportements prévalents au sein de son groupe de pairs (items NSI1 et NSI2 inversé). Ce construit capture l’influence exercée par la croyance que les amis proches prônent l’attente ou, au contraire, banalisent les rapports sexuels chez les adolescents.
  • Auto-efficacité à refuser les rapports sexuels (Self-Efficacy for Refusing Sex – SER) : Repose sur le sentiment de compétence personnelle face à la pression érotique ou relationnelle. Ce sous-construit examine si le sujet se sent capable d’interrompre l’escalade sexuelle lors d’une soirée avec une personne attirante, au sein d’une relation amoureuse établie quand il ne se sent pas prêt, ou encore lorsque le partenaire refuse catégoriquement l’usage du préservatif (items SER1 à SER3).

Axe 2 : Comportements de protection (Protective Behavior)

  • Attitudes envers l’utilisation du préservatif (Attitudes about Condom Use – ACU) : Évalue la conviction que le préservatif doit être employé de manière systématique à chaque rapport sexuel entre adolescents, y compris lorsque d’autres méthodes contraceptives (telles que la pilule hormonale) sont déjà employées pour prévenir la grossesse, ou lorsque les partenaires se connaissent intimement (items ACU1 à ACU3).
  • Normes perçues envers l’utilisation du préservatif (Norms about Condom Use – NCU) : Évalue la croyance du participant concernant le consensus normatif de son cercle amical à l’égard de l’utilisation impérative du préservatif lors de chaque acte sexuel, y compris en présence de contraception orale ou d’une forte familiarité interpersonnelle (items NCU1 à NCU3).
  • Auto-efficacité communicationnelle relative au préservatif (Self-Efficacy in Communication about Condoms – SECM) : Capture la confiance en son aptitude à aborder verbalement le sujet de la protection, à proposer son instauration dans un couple où les rapports étaient préalablement non protégés, à imposer la discussion avec un nouveau partenaire d’un soir, ou à argumenter sur la nécessité d’une double protection contre les IST auprès d’un partenaire sous pilule (items SECM1 à SECM3).
  • Auto-efficacité relative à l’achat et à l’utilisation du préservatif (Self-Efficacy in Using and Buying Condoms – SECU) : Mesure la maîtrise technique et logistique perçue : capacité à enfiler correctement un préservatif ou à en guider la pose, aisance à se rendre en magasin pour l’acheter, et capacité préventive à avoir un préservatif sur soi au moment opportun (items SECU1 à SECU3).
  • Barrières à l’utilisation du préservatif (Barriers to Condom Use – BCU) : Mesure les freins psychologiques, l’embarras social et la peur du jugement d’autrui liés au fait d’acheter des préservatifs en boutique, le malaise ressenti à les transporter sur soi, et la crainte morale que détenir un préservatif ne soit interprété comme une préméditation répréhensible de l’acte sexuel (items BCU1 à BCU3).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement des échelles SRBBS procède d’une synthèse intégrative de trois modèles paradigmatiques majeurs de la psychologie de la santé et du comportement humain : la théorie de l’action raisonnée, la théorie sociale cognitive et le modèle des croyances relatives à la santé.

En premier lieu, la Théorie de l’action raisonnée (Theory of Reasoned Action – TRA), formulée par Martin Fishbein et Icek Ajzen (1975), postule que l’intention comportementale immédiate est le déterminant le plus direct du comportement, cette intention étant elle-même conjointement déterminée par l’attitude envers le comportement (évaluation affective et instrumentale favorable ou défavorable de l’action) et la norme subjective (perception des pressions sociales exercées par les référents significatifs pour accomplir ou s’abstenir de l’action). Dans le modèle SRBBS, cette dialectique attitude-norme est opérationnalisée de manière symétrique à travers les échelles ASI/NSI pour le comportement sexuel global et ACU/NCU pour le comportement prophylactique. L’évaluation simultanée de l’adhésion personnelle et de la perception des attentes des pairs reflète fidèlement la dynamique de socialisation adolescente où la conformité au groupe d’appartenance module fortement les conduites intimes.

En second lieu, la Théorie sociale cognitive (Social Cognitive Theory) d’Albert Bandura (1986) constitue le socle des échelles d’auto-efficacité (SER, SECM, SECU). Selon Bandura, la simple connaissance rationnelle d’un danger ne suffit pas à initier une action protectrice ; l’individu doit posséder des croyances en son efficacité personnelle (self-efficacy expectations), c’est-à-dire la conviction qu’il détient les ressources et les compétences nécessaires pour mobiliser l’action requise en situation concrète. Les auteurs de l’échelle ont judicieusement conceptualisé l’auto-efficacité non comme un trait généralisé, mais comme un ensemble d’aptitudes contextuelles spécifiques, allant de la résistance aux sollicitations pressantes (affirmation du consentement/refus) à l’initiation d’un dialogue assertif et à la résolution des aspects techniques et matériels de la protection barrière.

Enfin, le Modèle des croyances relatives à la santé (Health Belief Model – HBM), conceptualisé initialement par Irwin M. Rosenstock (1974), éclaire particulièrement la sous-échelle des barrières perçues (BCU). Le modèle HBM indique que l’adoption d’un comportement préventif dépend de l’arbitrage cognitif entre les bénéfices attendus de l’action et les coûts, obstacles ou barrières psychologiques, matérielles et relationnelles perçues. Chez les adolescents, la peur du regard stigmatisant des commerçants ou la crainte d’être qualifié de « personne aux mœurs légères » constituent des barrières psychosociales colossales capables d’annihiler l’intention protectrice, même lorsque le niveau d’information sur les risques du VIH et des grossesses précoces est optimal.

7. Validité / Validity

Les qualités métrologiques des échelles SRBBS ont été rigoureusement analysées sur un échantillon probant de 6 213 élèves du secondaire scolarisés dans les États du Texas et de la Californie (Basen-Engquist et al., 1996).

Validité de construit

L’adéquation des construits théoriques aux données empiriques a été évaluée par modélisation d’équations structurelles via l’analyse factorielle confirmatoire (AFC). Deux modèles théoriques indépendants ont été soumis au test :

  • Modèle des comportements de prise de risque sexuel (ASI, NSI, SER) : Les analyses ont mis en évidence la nécessité d’inclure des covariances entre termes d’erreurs (erreurs corrélées) reliant des items normatifs et attitudinaux formulés de manière grammaticalement analogue. Une fois ces spécifications grammaticales intégrées, le modèle a démontré une adéquation statistique remarquable aux données (test du Chi-carré non significatif, résidus distribués normalement et erreur quadratique moyenne d’approximation RMSEA inférieure à .05).
  • Modèle des comportements de protection (ACU, NCU, SECM, SECU, BCU) : De même, en adjoignant des termes d’erreur corrélés entre items d’attitudes et de normes appariés par leur structure syntaxique, la structure pentafactorielle a exhibé des indices d’ajustement excellents, attestant de la validité discriminante et convergente des construits de protection.

Validité concurrente et critérielle

La validité concurrente a été établie en examinant la capacité des échelles à discriminer les participants selon leur historique et leurs habitudes sexuelles :

  • Différenciation selon l’expérience sexuelle : Les échelles de risque différencient très nettement les adolescents n’ayant jamais eu de rapports sexuels de ceux ayant déjà fait l’expérience d’un rapport. Les jeunes vierges présentent des attitudes et des normes beaucoup moins favorables à l’activité sexuelle adolescente précoce que leurs homologues expérimentés, avec des tailles d’effet massives mesurées par le d de Cohen (Taille d’effet ASI = 1.09 ; Taille d’effet NSI = .90). De plus, les élèves expérimentés rapportent une auto-efficacité à refuser un rapport significativement plus faible que les élèves inexpérimentés (Taille d’effet SER = .57). Des différentiels identiques sont observés en comparant les adolescents sexuellement actifs au cours des trois derniers mois à ceux inactifs.
  • Différenciation selon la régularité d’utilisation du préservatif : Chez les jeunes sexuellement actifs, les échelles de protection discriminent les utilisateurs constants de préservatifs des utilisateurs occasionnels ou négligents. Les utilisateurs assidus manifestent des attitudes plus favorables (Taille d’effet ACU = .78) et des normes perçues de pairs plus positives (Taille d’effet NCU = .56). Leur sentiment d’auto-efficacité à communiquer (SECM = .47) ainsi qu’à acheter et manipuler les préservatifs (SECU = .23) s’avère supérieur. Enfin, ils perçoivent significativement moins de barrières psychosociales associées au fait d’acheter ou de transporter des préservatifs (Taille d’effet BCU = .20).
  • Validité prédictive liée à l’âge et au genre : Conformément aux postulats théoriques, les filles ont obtenu des scores significativement plus élevés que les garçons sur les normes et attitudes envers les rapports sexuels, l’auto-efficacité à refuser un rapport, les attitudes et normes favorables au préservatif et l’auto-efficacité communicationnelle, mais des scores plus faibles sur l’auto-efficacité liée à l’achat et à la manipulation matérielle du préservatif. Quant à l’âge, il corrèle positivement avec l’auto-efficacité de communication et d’achat/usage du préservatif et négativement avec les attitudes d’abstinence, confirmant une plus grande autonomie logistique chez les élèves plus âgés. Une seule divergence empirique a été constatée : les élèves plus jeunes ont rapporté une auto-efficacité à refuser les rapports (SER) plus élevée que les plus âgés, ce qui s’explique par une pression normative de conformité amoureuse moins forte aux premiers stades de l’adolescence.

8. Fidélité / Reliability

La consistance interne des échelles SRBBS a été documentée à partir de la cohorte normative de 6 213 lycéens scolarisés en Californie et au Texas (Basen-Engquist et al., 1996). L’alpha de Cronbach a été calculé pour chacune des huit sous-échelles :

Sous-échelle Nombre d’items Alpha de Cronbach (α) Étendue des scores
Attitudes envers les rapports sexuels (ASI) 2 .78 1.0 – 4.0
Normes relatives aux rapports sexuels (NSI) 2 .78 1.0 – 4.0
Auto-efficacité à refuser les rapports sexuels (SER) 3 .70 1.0 – 3.0
Attitudes envers le préservatif (ACU) 3 .87 1.0 – 4.0
Normes envers le préservatif (NCU) 3 .84 1.0 – 4.0
Auto-efficacité de communication (SECM) 3 .66 1.0 – 3.0
Auto-efficacité d’achat et utilisation (SECU) 3 .61 1.0 – 3.0
Barrières à l’utilisation du préservatif (BCU) 3 .73 1.0 – 4.0

Au vu de la brièveté délibérée des échelles (seulement 2 à 3 items par sous-échelle, conçus pour minimiser la charge cognitive dans des batteries de tests exhaustives), les coefficients de consistance interne atteignent des seuils tout à fait satisfaisants pour la recherche comportementale. Les sous-échelles ACU (.87) et NCU (.84) atteignent une excellente fidélité, tandis que les échelles ASI, NSI, BCU et SER oscillent entre un niveau bon et acceptable (.70 à .78). Les coefficients plus modestes observés pour SECM (.66) et SECU (.61) reflètent la nature composite et diversifiée des aptitudes mesurées par ces sous-domaines (allant de la manipulation technique de l’objet à la confrontation sociale dans un commerce ou à l’argumentation verbale complexe avec un partenaire intime).

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La confirmation empirique de l’architecture multidimensionnelle des échelles SRBBS a été conduite par modélisation factorielle confirmatoire (Structural Equation Modeling). Afin d’éviter des saturations croisées parasites et d’assurer une convergence théorique optimale, les concepteurs ont partitionné l’analyse en deux modèles factoriels distincts : l’un dédié aux dimensions du risque sexuel (comportant 3 facteurs latents et 7 items) et l’autre dédié aux dimensions de la protection (comportant 5 facteurs latents et 15 items).

Dans l’évaluation du modèle de risque sexuel (intégrant ASI, NSI et SER), les données brutes ont initialement révélé une tension d’ajustement liée à la similarité syntaxique étroite existant entre les énoncés d’attitudes (ASI) et les énoncés de normes de pairs (NSI). En effet, l’item ASI1 (« Je pense que les personnes de mon âge devraient attendre… ») et l’item NSI1 (« La plupart de mes amis pensent que les personnes de mon âge devraient attendre… ») partagent un canevas linguistique symétrique. Les méthodologistes ont donc autorisé la corrélation des résidus d’erreurs de mesure entre ces paires d’items homologues. À la suite de cet ajustement méthodologiquement justifié par le biais de méthode formulatoire, le modèle a démontré des indices d’adéquation exemplaires : la statistique du Chi-carré était non significative, les distributions résiduelles étaient symétriques et centrées sur zéro, et l’indice RMSEA s’établissait en deçà du seuil conservateur de .05.

De manière symétrique, le modèle factoriel des comportements de protection a confirmé l’indépendance statistique et conceptuelle des cinq facteurs latents (ACU, NCU, SECM, SECU et BCU). L’introduction de termes d’erreurs corrélés entre les énoncés appariés des échelles ACU et NCU (ex. port du préservatif même en cas d’utilisation de la pilule ; port du préservatif même si les partenaires se connaissent bien) a permis au modèle d’atteindre un ajustement structurel optimal (RMSEA < .05). Ces résultats confirment empiriquement que l’auto-efficacité n’est pas réductible aux attitudes favorables, et que les barrières matérielles/perceptuelles forment une entité factorielle distincte des jugements normatifs.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type de test : Auto-questionnaire psychométrique / Inventaire d’auto-évaluation psychosociale standardisé.
  • Format d’administration : Formulaire papier avec lecture optique (feuille de réponses scannable) ou passation sur support papier classique auto-administré ; transposable sur interfaces d’évaluation informatisées et en ligne.
  • Nombre total d’items : 22 items au total (intégrés à l’origine dans une batterie d’évaluation épidémiologique plus étendue de 110 items).
  • Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes pour le module spécifique SRBBS (le questionnaire complet de 110 items nécessitant 30 à 45 minutes).
  • Échelles et modalités de réponse :
    • Échelles d’attitudes et de normes (ASI, NSI, ACU, NCU) : Échelle ordinale en 4 points : 4 = Definitely Yes (Certainement oui), 3 = Probably Yes (Probablement oui), 2 = Probably No (Probablement non), 1 = Definitely No (Certainement non).
    • Échelles d’auto-efficacité (SER, SECM, SECU) : Échelle ordinale en 3 points : 1 = Not Sure at All (Pas sûr du tout), 2 = Kind of Sure (Plutôt sûr), 3 = Totally Sure (Tout à fait sûr).
    • Échelle de barrières au préservatif (BCU) : Échelle de type Likert en 4 points : 4 = I Strongly Agree (Tout à fait d’accord), 3 = I Kind of Agree (Plutôt d’accord), 2 = I Kind of Disagree (Plutôt pas d’accord), 1 = I Strongly Disagree (Pas du tout d’accord).
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Inversion préalable : Deux items doivent impérativement faire l’objet d’un recodage inversé avant le calcul des moyennes : les items ASI2 et NSI2 (selon la règle : 1 devient 4, 2 devient 3, 3 devient 2, 4 devient 1).
    • Calcul des scores dimensionnels : Pour chaque sous-échelle, les scores des items constitutifs sont sommés puis divisés par le nombre total d’items de la sous-échelle considérée (moyenne arithmétique). Cette procédure conserve l’amplitude d’origine de l’échelle de réponse, facilitant l’interprétation directe des résultats par rapport aux ancres qualitatives : l’étendue finale des scores s’établit entre 1.0 et 4.0 pour ASI, ACU, NSI, NCU et BCU, et entre 1.0 et 3.0 pour SER, SECM et SECU.
  • Population cible : Adolescents scolarisés de l’enseignement secondaire (âgés de 14 à 18 ans). Utilisé également dans l’enseignement secondaire inférieur / collège (niveaux scolaires 7th et 8th grades américains). Versions linguistiques existantes en anglais et en espagnol.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : Conçu et validé entre 1991 et 1996 dans le cadre des protocoles d’évaluation du programme national « Safer Choices ».
  • Financement public de recherche : Recherche subventionnée par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) sous le contrat fédéral n° 200-91-0938.
  • Statut des droits et conditions d’utilisation : Les échelles font partie du domaine public de la recherche biomédicale et comportementale subventionnée par l’État américain. L’instrument est accessible sans frais pour des activités de recherche académique, d’évaluation de programmes scolaires et de recherche en santé publique. Toute utilisation, reproduction ou adaptation doit obligatoirement citer les travaux originaux de Basen-Engquist et collaborateurs.
  • Contact institutionnel pour les autorisations et adaptations : Dr. Karen Basen-Engquist, University of Texas M.D. Anderson Cancer Center, Department of Behavioral Science — Box 243, 1515 Holcombe, Houston, TX 77030, États-Unis (E-mail : [email protected]).

12. Références / References

  • Bandura, A. (1986). Social foundations of thought and action: A social cognitive theory. Prentice-Hall.
  • Basen-Engquist, K., Mâsse, L. C., Coyle, K., Parcel, G. S., Banspach, S., Kirby, D., & Nodora, J. (1996). Validity of scales measuring the psychosocial determinants of HIV/STD-related risk behavior in adolescents [Unpublished manuscript]. University of Texas Health Science Center at Houston.
  • Coyle, K., Kirby, D., Parcel, G., Basen-Engquist, K., Banspach, S., Rugg, D., & Weil, M. (1996). Safer Choices: A multicomponent school-based HIV/STD and pregnancy prevention program for adolescents. Journal of School Health, 66(3), 89–94. https://doi.org/10.1111/j.1746-1561.1996.tb07914.x
  • Fishbein, M., & Ajzen, I. (1975). Beliefs, attitudes, intentions, and behavior: An introduction to theory and research. Addison-Wesley.
  • Rosenstock, I. M. (1974). Historical origins of the Health Belief Model. Health Education Monographs, 2(4), 328–335. https://doi.org/10.1177/109019817400200403

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Student Health Questionnaire

Note: Asterisked items (*) are reverse-scored prior to calculating scale scores.

Part 1: Your beliefs

Please fill in the answer for each question that best describes how you feel.

Response options for ASI and ACU items: 4 = Definitely Yes | 3 = Probably Yes | 2 = Probably No | 1 = Definitely No

  1. ASI1. I believe people my age should wait until they are older before they have sex.
  2. ASI2*. I believe it’s OK for people my age to have sex with a steady boyfriend or girlfriend.
  3. ACU1. I believe condoms (rubbers) should always be used if a person my age has sex.
  4. ACU2. I believe condoms (rubbers) should always be used if a person my age has sex, even if the girl uses birth control pills.
  5. ACU3. I believe condoms (rubbers) should always be used if a person my age has sex, even if the two people know each other very well.

Part 2: What do your friends believe?

The following questions ask you about your FRIENDS and what they think. Even if you’re not sure, mark the answer that you think best describes what they think.

Response options for NSI and NCU items: 4 = Definitely Yes | 3 = Probably Yes | 2 = Probably No | 1 = Definitely No

  1. NSI1. Most of my friends believe people my age should wait until they are older before they have sex.
  2. NSI2*. Most of my friends believe it’s OK for people my age to have sex with a steady boyfriend or girlfriend.
  3. NCU1. Most of my friends believe condoms (rubbers) should always be used if a person my age has sex.
  4. NCU2. Most of my friends believe condoms (rubbers) should always be used if a person my age has sex, even if the girl uses birth control pills.
  5. NCU3. Most of my friends believe condoms (rubbers) should always be used if a person my age has sex, even if the two people know each other very well.

Part 3: How sure are you?

What if the following things happened to you? Imagine that these situations were to happen to you. Then tell us how sure you are that you could do what is described.

Response options for SER, SECM, and SECU items: 1 = Not Sure at All | 2 = Kind of Sure | 3 = Totally Sure

  1. SER1. Imagine that you met someone at a party. He or she wants to have sex with you. Even though you are very attracted to each other, you’re not ready to have sex. How sure are you that you could keep from having sex?
  2. SER2. Imagine that you and your boyfriend or girlfriend have been going together, but you have not had sex. He or she really wants to have sex. Still, you don’t feel ready. How sure are you that you could keep from having sex until you feel ready?
  3. SER3. Imagine that you and your boyfriend or girlfriend decide to have sex, but he or she will not use a condom (rubber). You do not want to have sex without a condom (rubber). How sure are you that you could keep from having sex, until your partner agrees it is OK to use a condom (rubber)?
  4. SECM1. Imagine that you and your boyfriend or girlfriend have been having sex but have not used condoms (rubbers). You really want to start using condoms (rubbers). How sure are you that you could tell your partner you want to start using condoms (rubbers)?
  5. SECM2. Imagine that you are having sex with someone you just met. You feel it is important to use condoms (rubbers). How sure are you that you could tell that person that you want to use condoms (rubbers)?
  6. SECM3. Imagine that you or your partner use birth control pills to prevent pregnancy. You want to use condoms (rubbers) to keep from getting STD or HIV. How sure are you that you could convince your partner that you also need to use condoms (rubbers)?
  7. SECU1. How sure are you that you could use a condom (rubber) correctly or explain to your partner how to use a condom (rubber) correctly?
  8. SECU2. If you wanted to get a condom (rubber), how sure are you that you could go to the store and buy one?
  9. SECU3. If you decided to have sex, how sure are you that you could have a condom (rubber) with you when you needed it?

Part 4: What do you think about condoms?

Please tell us how much you agree or disagree with the following statements.

Response options for BCU items: 4 = I Strongly Agree | 3 = I Kind of Agree | 2 = I Kind of Disagree | 1 = I Strongly Disagree

  1. BCU1. It would be embarrassing to buy condoms (rubbers) in a store.
  2. BCU2. I would feel uncomfortable carrying condoms (rubbers) with me.
  3. BCU3. It would be wrong to carry a condom (rubber) with me because it would mean that I’m planning to have sex.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 17). Échelles des croyances relatives aux comportements sexuels à risque et d’auto-efficacité. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-des-croyances-relatives-aux-comportements-sexuels-a-risque-et-d-auto-efficacite/
Looti, Mohammed. “Échelles des croyances relatives aux comportements sexuels à risque et d’auto-efficacité.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-des-croyances-relatives-aux-comportements-sexuels-a-risque-et-d-auto-efficacite/.
Looti, Mohammed. “Échelles des croyances relatives aux comportements sexuels à risque et d’auto-efficacité.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-des-croyances-relatives-aux-comportements-sexuels-a-risque-et-d-auto-efficacite/.