1. Résumé / Abstract
Les Échelles des besoins psychologiques fondamentaux (connues en anglais sous le nom de Basic Psychological Needs Scales, ou BPNS) constituent un ensemble d’instruments psychométriques standardisés fondés sur la théorie de l’autodétermination (TAD), initiée par les psychologues américains Edward L. Deci et Richard M. Ryan. La version générale de cet instrument, l’Échelle de satisfaction des besoins fondamentaux en général (Basic Need Satisfaction in General Scale, BNSG-S), comprend 21 items conçus pour évaluer dans quelle mesure les individus ressentent la satisfaction de leurs trois besoins psychologiques élémentaires et innés : l’autonomie (sentiment d’être l’auteur et la source de ses propres choix), la compétence (sentiment d’efficacité et de maîtrise de son environnement) et l’affiliation sociale ou interpersonnelle (sentiment d’appartenance, de connexion et d’attention mutuelle avec autrui).
Les répondants se positionnent au moyen d’une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout vrai » / not at all true) à 7 (« Tout à fait vrai » / very true), avec un ancrage médian à 4 (« Modérément vrai » / somewhat true). La famille des BPNS s’étend également à des contextes spécifiques hautement formalisés, notamment la sphère professionnelle (Basic Need Satisfaction at Work Scale, 21 items) et la sphère des relations interpersonnelles intimes (Basic Need Satisfaction in Relationships Scale, 9 items). Du point de vue métrologique, les études empiriques mettent en évidence une cohérence interne satisfaisante à excellente (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,69 et 0,90 selon les sous-échelles et les échantillons), une fidélité temporelle adéquate lors de protocoles de test-retest, ainsi qu’une validité de construit solide corroborée par des analyses factorielles confirmatoires et exploratoires.
L’instrument démontre une excellente validité prédictive et concourante à l’égard de marqueurs de santé psychologique tels que la vitalité subjective, le bien-être eudémonique, l’estime de soi et la performance au travail, tout en présentant des associations négatives robustes avec la détresse émotionnelle, l’anxiété et l’épuisement professionnel. Largement traduite et validée dans diverses cultures, cette famille d’échelles demeure un pilier incontournable de la recherche contemporaine en psychologie sociale, organisationnelle, clinique et du développement.
2. Mots-clés / Keywords
Théorie de l’autodétermination, besoins psychologiques fondamentaux, autonomie, compétence, affiliation sociale, BNSG-S, bien-être psychologique, motivation intrinsèque, psychométrie, Deci et Ryan.
3. Auteurs / Authors
L’architecture théorique et le développement psychométrique original des Échelles des besoins psychologiques fondamentaux sont attribués aux figures de proue de la théorie de l’autodétermination ainsi qu’à leurs proches collaborateurs de l’Université de Rochester (New York, États-Unis) :
- Edward L. Deci, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université de Rochester, chercheur pionnier sur la motivation intrinsèque et humaine. Adresse institutionnelle : Department of Clinical and Social Sciences in Psychology, University of Rochester, Rochester, NY 14627, États-Unis.
- Richard M. Ryan, Ph.D. : Professeur de psychologie clinique à l’Institute for Positive Psychology and Education (Australian Catholic University, Sydney, Australie) et professeur émérite à l’Université de Rochester. Co-créateur de la théorie de l’autodétermination.
- Marylène Gagné, Ph.D. : Professeure de gestion et de psychologie organisationnelle à la Curtin University (Future of Work Institute, Perth, Australie), contributrice majeure à la validation de la version professionnelle (Work Scale).
- David R. Leone, Ph.D., Jordan Usunov et Boyanka P. Kornazheva : Chercheurs associés aux études initiales comparatives appliquées au travail publiées en 2001.
- Jennifer G. La Guardia, Ph.D. : Chercheuse et psychologue clinicienne, conceptrice principale avec Ryan, Couchman et Deci (2000) de la déclinaison relationnelle de l’échelle (Relationships Scale).
Les échanges scientifiques et demandes institutionnelles concernant la recherche fondamentale sur ces outils sont coordonnés par le Center for Self-Determination Theory (CSDT), hébergé et accessible via la plateforme officielle de la théorie (selfdeterminationtheory.org).
4. Objectif / Purpose
L’objectif central des Échelles des besoins psychologiques fondamentaux est de quantifier avec exactitude et fidélité le degré auquel un individu perçoit l’assouvissement continu de ses besoins d’autonomie, de compétence et d’affiliation. Selon la théorie de l’autodétermination, ces trois besoins ne représentent pas de simples désirs, aspirations ou préférences culturelles acquises, mais bien des nutriments psychologiques universels et innés, essentiels à la survie psychique, au fonctionnement optimal, à l’intégrité du soi et au développement harmonieux de l’être humain.
La création de la BNSG-S et de ses versions dérivées répond à un impératif méthodologique : tester empiriquement la théorie des besoins psychologiques fondamentaux (Basic Psychological Needs Theory, BPNT), l’une des six mini-théories constitutives de la TAD. Alors que les échelles motivationnelles préexistantes se focalisaient sur les régulations comportementales (c’est-à-dire le « pourquoi » des comportements : extrinsèque, introjecté, identifié ou intrinsèque), il s’est avéré indispensable de mesurer le substrat expérientiel quotidien qui alimente ou entrave cette énergie motivationnelle : le « quoi » psychologique lié à l’environnement psychosocial.
Sur le plan de la recherche fondamentale et clinique, l’échelle poursuit plusieurs visées explicatives et interventionnelles :
- Compréhension de la santé mentale et du bien-être : L’instrument permet d’expliquer les variations intra-individuelles et inter-individuelles du bien-être psychologique, de la vitalité subjective et de la congruence identitaire. Une satisfaction déficitaire ou entravée permet de diagnostiquer précocement des états d’épuisement, de dépression, d’aliénation ou de détresse psychologique.
- Applications organisationnelles et managériales : Dans le cadre professionnel, la variante Basic Need Satisfaction at Work Scale mesure l’impact des pratiques managériales (par exemple, le soutien de l’autonomie par la supervision, la clarté du feedback ou le climat d’équipe bienveillant) sur l’engagement professionnel, la rétention du personnel et la prévention du burnout.
- Psychologie des relations interpersonnelles : La version relationnelle (Basic Need Satisfaction in Relationships Scale) cible la qualité du lien d’attachement, l’intimité émotionnelle et la sécurité affective au sein des dyades conjugales, familiales ou amicales, en vérifiant comment chaque partenaire soutient ou entrave l’épanouissement des besoins de l’autre.
- Éducation et pédagogie : Bien qu’adaptée ultérieurement pour le cadre scolaire, la mesure générale permet d’évaluer dans quelle mesure les climats d’apprentissage favorisent la curiosité naturelle et la persévérance intellectuelle par rapport aux environnements coercitifs ou hautement compétitifs.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par la BNSG-S repose sur une structure tridimensionnelle distincte mais intercorrélée, correspondant aux trois besoins psychologiques fondamentaux postulés par Deci et Ryan (2000). Chaque dimension saisit une facette irréductible de l’expérience humaine :
1. Le besoin d’autonomie (Autonomy)
L’autonomie fait référence à l’expérience phénoménologique d’être l’initiateur et le régulateur de ses propres actions. L’individu autonome agit en conformité avec ses valeurs profondes, ses intérêts authentiques et sa volonté interne (locus interne de causalité perçu). Il importe de distinguer rigoureusement l’autonomie conceptuelle au sens de la TAD de l’indépendance, de l’individualisme ou du détachement social. Une personne peut parfaitement être dépendante d’autrui ou se conformer à une directive tout en restant autonome, pourvu qu’elle approuve de manière réfléchie et volontaire cette dépendance ou consigne.
Dans la BNSG-S, l’autonomie est capturée par des items mesurant la liberté de décision personnelle (par exemple, l’item 1 : « I feel like I am free to decide for myself how to live my life ») et la capacité d’exprimer librement ses opinions (item 8). À l’inverse, l’absence d’autonomie se traduit par le sentiment d’être soumis à une pression externe constante, d’être contrôlé ou de devoir exécuter des ordres de manière hétéronome (items inversés 4, 11 et 20).
2. Le besoin de compétence (Competence)
Le besoin de compétence renvoie au sentiment d’efficacité personnelle, de maîtrise opérationnelle et d’effectance (notion héritée de Robert White, 1959). Il s’agit du sentiment que ses actions produisent les résultats escomptés et que l’on est capable d’interagir avec succès avec les défis stimulants de l’environnement physique et social. La satisfaction de la compétence nourrit la curiosité, l’exploration et l’aspiration à perfectionner ses aptitudes.
Ce construit est représenté dans l’échelle par des énoncés traduisant l’acquisition de compétences (item 10 : « I have been able to learn interesting new skills recently »), la reconnaissance d’efficacité par l’entourage (item 5) et le sentiment d’accomplissement (item 13). Inversement, la frustration de ce besoin s’exprime par le sentiment chronique d’inadéquation, d’incapacité et de doute de soi (items inversés 3, 15 et 19 : « Often, I do not feel very competent »).
3. Le besoin d’affiliation sociale (Relatedness)
L’affiliation sociale englobe le sentiment de connexion intime, d’appartenance sécurisante et de réciprocité chaleureuse avec d’autres personnes ou au sein d’une communauté. Elle implique deux facettes indissociables : se sentir aimé, valorisé et compris par autrui (recevoir des soins affectifs), et se préoccuper sincèrement du bien-être d’autrui (donner des soins affectifs). Ce besoin s’ancre dans les théories du lien d’attachement (Bowlby) et de l’appartenance sociale (Baumeister & Leary).
Dans l’échelle, ce construit est évalué à travers des énoncés de sympathie mutuelle (item 2 : « I really like the people I interact with »), la considération bienveillante d’autrui (item 14) et la présence d’amitiés significatives (item 9). Le déficit d’affiliation se manifeste par l’isolement social perçu, la méfiance, le repli sur soi et l’impression de rejet (items inversés 7, 16 et 18).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’assise conceptuelle des BPNS s’inscrit exclusivement dans la théorie de l’autodétermination (TAD ; Deci & Ryan, 1985, 2000 ; Ryan & Deci, 2017), un métamodèle macro-psychologique de la motivation humaine, du développement de la personnalité et du bien-être. La TAD adopte une perspective organismique-dialectique : elle postule que l’être humain est naturellement orienté vers la croissance, l’intégration psychologique, l’actualisation de son potentiel et la cohérence interne. Cependant, ce mouvement inné vers l’épanouissement ne s’effectue pas de façon automatique ; il nécessite un environnement soutenant qui lui fournit les aliments psychiques nécessaires.
Au cœur de cette dialectique se trouve la théorie des besoins psychologiques fondamentaux (BPNT), qui formalise le rôle direct de l’autonomie, de la compétence et de l’affiliation :
- Universalité transfrontalière et transsituationnelle : Contrairement aux approches behavioristes ou aux théories socio-culturelles relativistes qui conçoivent les besoins comme des désirs modelés par les renforcements culturels, la TAD affirme que ces trois besoins s’appliquent à tous les êtres humains, indépendamment de leur culture, genre, âge ou appartenance socio-économique. Les études interculturelles (notamment menées en Bulgarie, aux États-Unis, en Corée du Sud et en Chine par Deci et al., 2001) ont démontré que, bien que les moyens d’expression puissent différer selon les normes sociales, leur satisfaction psychologique fondamentale produit les mêmes effets bénéfiques sur le bien-être subjectif et la santé psychique.
- Caractère non substituable : Les trois besoins constituent une constellation indissociable. L’assouvissement excessif de l’un ne peut compenser la frustration chronique d’un autre. Par exemple, une personne hautement compétente et socialement intégrée dans son travail, mais privée de toute autonomie décisionnelle, expérimentera tout de même une dégradation de sa motivation intrinsèque et une hausse de l’épuisement émotionnel.
- Différenciation entre satisfaction et frustration : Les développements théoriques contemporains issus des travaux initiaux sur la BNSG-S ont précisé la dynamique asymétrique entre la satisfaction (qui prédit l’épanouissement et la vitalité) et la frustration active des besoins (qui prédit spécifiquement la psychopathologie, les symptômes dépressifs, les comportements compensatoires néfastes et l’aliénation). Bien que la BNSG-S originale utilise des items inversés pour mesurer les faibles niveaux de satisfaction, elle a ouvert la voie à l’exploration plus poussée de la nocivité des environnements répressifs ou toxiques.
7. Validité / Validity
Les propriétés psychométriques de l’Échelle générale (BNSG-S) et de ses adaptations ont été documentées au cours de deux décennies de recherche internationale :
Validité de construit
La validité de construit est étayée par la structure tripartite des items. Les travaux initiaux de Deci, Ryan, Gagné, Leone, Usunov et Kornazheva (2001) ainsi que les études de La Guardia, Ryan, Couchman et Deci (2000) démontrent que les items convergent de façon cohérente vers leurs construits cibles respectifs. Des recherches méthodologiques poussées (par exemple, Johnston & Finney, 2010) ont analysé la matrice des intercorrélations : bien que les trois dimensions soient modérément à fortement corrélées positivement entre elles (corrélations de Pearson variant généralement de r = 0,45 à r = 0,70), elles conservent une variance unique démontrant qu’elles ne sont pas redondantes.
Validité convergente
La validité convergente est illustrée par des associations positives, statistiquement significatives et substantielles avec les instruments classiques de mesure du bien-être :
- Vitalité subjective : Des corrélations positives robustes (r variant de 0,40 à 0,65) sont systématiquement observées avec l’échelle de vitalité subjective (Subjective Vitality Scale, Ryan & Frederick, 1997).
- Satisfaction de vie : Des liens élevés avec l’Échelle de satisfaction de vie (Satisfaction with Life Scale, Diener et al., 1985), avec des coefficients oscillant entre 0,45 et 0,60.
- Estime de soi : Associations positives élevées avec l’échelle d’estime de soi de Rosenberg (r = 0,50 à 0,68).
- Motivation autodéterminée : Corrélations positives significatives avec l’index d’autodétermination et les scores de régulation intrinsèque et identifiée.
Validité discriminante et prédictive
La validité discriminante est confirmée par des corrélations négatives robustes avec des échelles de souffrance psychique : inventaire de dépression de Beck (BDI ; corrélations négatives de r = -0,35 à -0,55), échelle d’anxiété état-trait de Spielberger (STAI ; r = -0,30 à -0,50), et sous-échelles d’épuisement émotionnel du MBI (Maslach Burnout Inventory). Sur le plan prédictif, des modélisations par équations structurelles (SEM) et des études longitudinales ont prouvé que la satisfaction des besoins mesurée au temps T1 prédit la diminution du risque d’absentéisme professionnel, l’amélioration des performances scolaires et professionnelles, et la résilience face aux stresseurs majeurs au temps T2.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle BNSG-S et de ses déclinaisons a fait l’objet de nombreuses évaluations empiriques portant sur la cohérence interne et la stabilité temporelle :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Oméga de McDonald)
Dans l’échantillon princeps de Deci et al. (2001) ainsi que dans les investigations ultérieures menées en contexte universitaire et clinique, les coefficients de cohérence interne se situent dans des plages psychométriquement acceptables à excellentes :
- Sous-échelle Autonomie (7 items) : L’alpha de Cronbach varie typiquement de 0,69 à 0,79. Les valeurs légèrement plus modestes occasionnellement rapportées pour cette sous-échelle sont fréquemment attribuées à la présence d’items inversés formulés négativement (items 4, 11, 20), introduisant une variance de méthode liée au libellé.
- Sous-échelle Compétence (6 items) : L’alpha de Cronbach oscille généralement entre 0,71 et 0,81, dénotant une excellente homogénéité du sentiment d’efficacité perçue.
- Sous-échelle Affiliation sociale (8 items) : L’alpha de Cronbach atteint des niveaux particulièrement stables, oscillant de 0,81 à 0,86.
- Score composite global (21 items) : Lorsque les 21 items sont agrégés pour former un indice global de satisfaction des besoins, le coefficient alpha dépasse régulièrement 0,88 à 0,92, reflétant une consistance d’ensemble de premier ordre. Les estimations du coefficient oméga de McDonald (ω) confirment des niveaux de saturation générale comparables (ω > 0,85).
Fidélité test-retest
Les études de stabilité temporelle sur des intervalles de 4 à 8 semaines révèlent des coefficients de corrélation intra-classe (CCI) ou des corrélations de Pearson test-retest situés entre r = 0,72 et r = 0,84, attestant que la mesure reflète un état psychologique stable au fil du temps tout en demeurant sensible aux transformations environnementales majeures (interventions thérapeutiques, restructurations professionnelles).
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la BNSG-S a été analysée de manière approfondie à l’aide de l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et de l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) :
Modèles factoriels et indices d’ajustement
Les modélisations en AFC évaluant le modèle théorique tridimensionnel (trois facteurs corrélés : Autonomie, Compétence, Affiliation) montrent des indices d’adéquation généralement acceptables dans la littérature psychométrique :
- Le ratio chi-carré / degrés de liberté (χ²/dl) se situe couramment sous le seuil critique de 3,0 dans les échantillons de taille substantielle (N > 300).
- L’indice comparatif de Bentler (CFI) et l’indice de Tucker-Lewis (TLI) dépassent généralement les seuils acceptables de 0,90 (souvent entre 0,91 et 0,94).
- L’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) se situe habituellement dans une fourchette de 0,045 à 0,065 avec un intervalle de confiance à 90 % satisfaisant.
- Le résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) se maintient en deçà de 0,06.
Enjeux méthodologiques : effets d’inversion des items
Une observation psychométrique majeure, documentée en détail par Johnston et Finney (2010), concerne l’impact des 9 items rédigés sous forme négative (items 3, 4, 7, 11, 15, 16, 18, 19, 20). Lors d’analyses factorielles confirmatoires strictes, un modèle à trois facteurs purs peut parfois afficher un ajustement atténué si ces effets de méthode ne sont pas contrôlés. L’ajout d’un facteur de méthode orthogonal pour les items inversés, ou la spécification de covariances d’erreurs entre items formulés négativement, améliore significativement les indices d’ajustement (CFI > 0,95 ; RMSEA < 0,05).
Les saturations factorielles standardisées (λ) des items directs se situent majoritairement entre 0,55 et 0,82 sur leurs facteurs respectifs, tandis que les saturations des items inversés oscillent entre 0,40 et 0,65. Bien que certains chercheurs privilégient un modèle hiérarchique de second ordre (où un facteur général de « satisfaction globale des besoins » chapeaute les trois dimensions primaires), la plupart des auteurs de la TAD recommandent de modéliser les trois besoins comme des facteurs corrélés distincts afin de préserver la spécificité théorique et clinique de chaque besoin fondamental.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’inventaire psychométrique se caractérise par les spécifications techniques suivantes :
- Format du test : Questionnaire d’auto-évaluation standardisé (self-report inventory).
- Nombre d’items : 21 énoncés pour la version générale (BNSG-S) et la version professionnelle (BNSW-S) ; 9 énoncés pour la version relationnelle (BNSR-S).
- Temps de passation estimé : Environ 5 à 8 minutes pour l’ensemble du questionnaire.
- Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points :
• 1 = Pas du tout vrai (not at all true)
• 2 = Très peu vrai
• 3 = Plutôt peu vrai
• 4 = Modérément vrai (somewhat true)
• 5 = Assez vrai
• 6 = Très vrai
• 7 = Tout à fait vrai (very true) - Composition des sous-échelles de la version générale (BNSG-S) :
- Autonomie (7 items) : Items 1, 4 (inversé), 8, 11 (inversé), 14, 17, 20 (inversé).
- Compétence (6 items) : Items 3 (inversé), 5, 10, 13, 15 (inversé), 19 (inversé).
- Affiliation sociale (8 items) : Items 2, 6, 7 (inversé), 9, 12, 16 (inversé), 18 (inversé), 21.
- Procédure de cotation et de calcul des scores :
- Inversion préalable des scores négatifs : 9 items doivent faire l’objet d’un codage inversé avant le calcul des moyennes : items 3, 4, 7, 11, 15, 16, 18, 19 et 20. La formule d’inversion sur une échelle de 1 à 7 est :
Score_inversé = 8 - Réponse_brute. - Scores des sous-échelles : Pour chaque dimension (Autonomie, Compétence, Affiliation), le score est obtenu en calculant la moyenne arithmétique des items assignés. Les scores s’étendent de 1 à 7, les valeurs les plus élevées reflétant une plus grande satisfaction du besoin.
- Score composite global : Un score d’ensemble de satisfaction des besoins psychologiques peut être calculé en effectuant la moyenne arithmétique de la totalité des 21 items (après inversion).
- Inversion préalable des scores négatifs : 9 items doivent faire l’objet d’un codage inversé avant le calcul des moyennes : items 3, 4, 7, 11, 15, 16, 18, 19 et 20. La formule d’inversion sur une échelle de 1 à 7 est :
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année d’introduction officielle : Développée et formalisée entre 2000 et 2001 (notamment publiée dans Deci et Ryan, 2000 ; Deci, Ryan, Gagné, Leone, Usunov, & Kornazheva, 2001 ; et La Guardia et al., 2000 pour la version interpersonnelle).
- Droits d’utilisation et permissions : Les échelles de la famille BPNS relèvent du domaine public académique pour la recherche non commerciale et l’enseignement. Les auteurs et le Center for Self-Determination Theory (CSDT) accordent une licence libre d’accès pour l’administration dans le cadre d’études scientifiques, de thèses et d’évaluations universitaires, à la condition expresse de citer convenablement les articles princeps de référence.
- Tarification : Accès totalement gratuit (aucun droit d’auteur ni redevance financière) pour toute utilisation universitaire, clinique et éducative à but non lucratif. Les utilisations commerciales, interventions en entreprise rémunérées ou intégrations dans des plateformes logicielles propriétaires nécessitent l’autorisation préalable formelle des auteurs ou de leurs représentants légaux.
- Ressources en ligne : Les protocoles d’administration originaux et les informations complémentaires sont téléchargeables librement sur le portail scientifique officiel de la théorie : selfdeterminationtheory.org.
12. Références / References
- Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The “what” and “why” of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
- Deci, E. L., Ryan, R. M., Gagné, M., Leone, D. R., Usunov, J., & Kornazheva, B. P. (2001). Need satisfaction, motivation, and well-being in the work organizations of a former Eastern Bloc country: A cross-cultural study of self-determination. Personality and Social Psychology Bulletin, 27(8), 930–942. https://doi.org/10.1177/0146167201278002
- Gagné, M. (2003). The role of autonomy support and autonomy orientation in prosocial behavior engagement. Motivation and Emotion, 27(3), 199–223. https://doi.org/10.1023/A:1025007614869
- Ilardi, B. C., Leone, D., Kasser, T., & Ryan, R. M. (1993). Employee and supervisor ratings of motivation: Main effects and discrepancies associated with job satisfaction and adjustment in a factory setting. Journal of Applied Social Psychology, 23(21), 1789–1805. https://doi.org/10.1111/j.1559-1816.1993.tb01066.x
- Johnston, M. M., & Finney, S. J. (2010). Measuring basic need satisfaction: Evaluating previous research and conducting new psychometric evaluations of the Basic Needs Satisfaction in General Scale. Contemporary Educational Psychology, 35(4), 280–296. https://doi.org/10.1016/j.cedpsych.2010.04.003
- Kasser, T., Davey, J., & Ryan, R. M. (1992). Motivation, dependability, and employee-supervisor discrepancies in psychiatric vocational rehabilitation settings. Rehabilitation Psychology, 37(3), 175–187. https://doi.org/10.1037/h0079104
- La Guardia, J. G., Ryan, R. M., Couchman, C. E., & Deci, E. L. (2000). Within-person variation in security of attachment: A self-determination theory perspective on attachment, need fulfillment, and well-being. Journal of Personality and Social Psychology, 79(3), 367–384. https://doi.org/10.1037/0022-3514.79.3.367
- Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2017). Self-determination theory: Basic psychological needs in motivation, development, and wellness. The Guilford Press. https://doi.org/10.1521/978.14625/28769
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Basic Need Satisfaction in General
Feelings I Have
Please read each of the following items carefully, thinking about how it relates to your life, and then indicate how true it is for you. Use the following scale to respond:
2
3
4 : somewhat true
5
6
7 : very true
- I feel like I am free to decide for myself how to live my life.
- I really like the people I interact with.
- Often, I do not feel very competent.
- I feel pressured in my life.
- People I know tell me I am good at what I do.
- I get along with people I come into contact with.
- I pretty much keep to myself and don’t have a lot of social contacts.
- I generally feel free to express my ideas and opinions.
- I consider the people I regularly interact with to be my friends.
- I have been able to learn interesting new skills recently.
- In my daily life, I frequently have to do what I am told.
- People in my life care about me.
- Most days I feel a sense of accomplishment from what I do.
- People I interact with on a daily basis tend to take my feelings into consideration.
- In my life I do not get much of a chance to show how capable I am.
- There are not many people that I am close to.
- I feel like I can pretty much be myself in my daily situations.
- The people I interact with regularly do not seem to like me much.
- I often do not feel very capable.
- There is not much opportunity for me to decide for myself how to do things in my daily life.
- People are generally pretty friendly towards me.