1. Résumé / Abstract
Les Échelles d’enquête sur le capital social (Social Capital Survey Scales), développées et formalisées par Douglas D. Perkins et D. Adam Long en 2002, constituent une batterie d’instruments psychométriques et sociologiques conçue pour évaluer les composantes multidimensionnelles du capital social à l’échelle du voisinage immédiat (le « block » ou pâté de maisons). Cette batterie opérationnalise le capital social à travers quatre dimensions majeures interdépendantes : le sentiment psychologique de communauté (opérationnalisé par le Brief Sense of Community Index ou BSCI à 8 items), l’efficacité collective (Collective Efficacy Scale, 6 items), la participation citoyenne (Citizen Participation Scale, 8 items) et les comportements d’entraide de voisinage (Neighboring Behavior Scale, 5 items).
Au cœur de ce dispositif, l’indice abrégé du sentiment de communauté (BSCI) évalue trois dimensions sous-jacentes : les connexions sociales (Social Connections), la préoccupation mutuelle (Mutual Concern) et les valeurs communautaires (Community Values). Les formats de réponse combinent des choix binaires (vrai/faux recodé 1-2), des échelles d’appréciation ordinale à 3 points évaluant la fréquence ou la force de l’engagement, ainsi que des comptages comportementaux spécifiques. Développées dans le cadre d’études écologiques et multiniveaux à New York, Baltimore et Salt Lake City, ces échelles affichent une consistance interne satisfaisante compte tenu de leur concision (coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,65 et 0,84 selon les sous-échelles), une excellente validité de construit confirmée par des analyses factorielles confirmatoires hiérarchiques, ainsi qu’une puissante validité convergente et prédictive concernant la prévention du crime, la revitalisation physique des quartiers et l’empowerment collectif.
2. Mots-clés / Keywords
Capital social, sentiment psychologique de communauté, efficacité collective, participation citoyenne, comportement de voisinage, psychologie communautaire, écologie sociale, modélisation multiniveau, cohésion sociale, désorganisation sociale, résilience collective, Douglas Perkins.
3. Auteurs / Authors
La batterie d’échelles a été conçue et validée par :
- Douglas D. Perkins, Ph.D. : Professeur titulaire de psychologie communautaire et d’études du développement humain et organisationnel au Peabody College de l’Université Vanderbilt (Nashville, Tennessee, États-Unis). Il dirige le Centre de recherche sur l’action communautaire et l’écologie sociale. Ses travaux pionniers portent sur la prévention du crime, l’écologie du voisinage, la participation citoyenne et le capital social territorial. (Courriel institutionnel : [email protected]).
- D. Adam Long, Ph.D. : Chercheur associé en psychologie sociale et comportementale, spécialisé dans l’évaluation quantitative des programmes communautaires, la modélisation statistique avancée et les interventions écosystémiques urbaines.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental des Échelles d’enquête sur le capital social est de combler un fossé épistémologique et méthodologique majeur au sein des sciences sociales, de la psychologie communautaire et de la sociologie urbaine : la nécessité de mesurer empiriquement et de manière multidimensionnelle le capital social au niveau microlocal du pâté de maisons ou de l’îlot résidentiel (street block). Pendant plusieurs décennies, le capital social a été théorisé soit comme un agrégat économique abstrait au niveau macrosocial, soit comme un ensemble informel de réseaux individuels, sans instrumentation standardisée permettant de relier la cognition psychologique individuelle aux dynamiques collectives et environnementales.
Perkins et Long (2002) ont développé cette batterie pour répondre à plusieurs impératifs scientifiques et appliqués :
- Fournir un instrument écologique multiniveau : L’échelle a été spécifiquement conçue pour permettre une double lecture statistique. Elle recueille les perceptions, attitudes et comportements au niveau individuel (niveau 1), tout en étant formulée de telle sorte que les scores puissent être agrégés de façon valide au niveau écologique du pâté de maisons ou du quartier (niveau 2) dans des modélisations linéaires hiérarchiques (HLM).
- Distinguer les facettes cognitives et comportementales du capital social : Les auteurs séparent explicitement la dimension cognitive et affective (le sentiment de communauté et la confiance dans les buts partagés), la dimension prospective et politique (l’efficacité collective perçue), et les dimensions comportementales manifestes (les actes concrets d’entraide entre voisins et la participation aux associations formelles de quartier).
- Guider les politiques publiques de revitalisation urbaine et de prévention du crime : Dans le contexte de la dégradation physique des quartiers, de l’insécurité et de l’isolement social, l’instrument permet d’identifier les leviers communautaires actifs. Il aide les décideurs publics, les urbanistes et les psychologues communautaires à évaluer si une communauté locale possède les ressources psychologiques et réticulaires nécessaires pour auto-réguler l’espace public, s’opposer aux incivilités et dialoguer efficacement avec les institutions municipales.
- Évaluer les interventions communautaires : L’échelle sert de mesure pré- et post-intervention pour jauger l’impact de programmes de développement communautaire, d’implantation de comités de résidents (block associations) ou de réhabilitation écologique de l’environnement bâti.
5. Construit psychologique / Construct
Le capital social mesuré par la batterie de Perkins et Long est défini comme la structure de relations interpersonnelles, de normes partagées, de confiance mutuelle et de capacités organisationnelles qui permet aux résidents d’agir collectivement pour atteindre des buts communs et améliorer leur cadre de vie. Ce macro-construit s’articule autour de quatre dimensions distinctes mais complémentaires :
1. Le sentiment psychologique de communauté (Brief Sense of Community Index)
Cette dimension cognitive et émotionnelle représente l’ancrage psychologique du résident dans son unité géographique immédiate. Le Brief Sense of Community Index (BSCI) opérationnalise le modèle classique de McMillan et Chavis (1986) en trois composantes principales :
- Les connexions sociales (Social Connections) : Mesure la familiarité interpersonnelle, la visibilité réciproque et le sentiment d’avoir une influence personnelle sur le milieu local. Des items évaluent si l’individu est connu de ses voisins (« Very few of my neighbors know me » [inversé]) ou s’il peut reconnaître visuellement la majorité des résidents (« I can recognize most of the people who live on my block »). Cette composante reflète la densité des liens faibles et l’intégration relationnelle primaire.
- La préoccupation mutuelle (Mutual Concern) : Évalue l’interdépendance perçue, la convergence des intérêts et la solidarité protectrice au sein de la rue. Elle capture la certitude que les voisins poursuivent des objectifs identiques (« My neighbors and I want the same things from the block »), leur capacité conjointe à résoudre les crises locales, et la propension générale à veiller les uns sur les autres (« watch after each other ») plutôt qu’à s’isoler (« go their own way »).
- Les valeurs communautaires (Community Values) : Mesure l’importance affective accordée au fait de faire communauté (« important to you to feel a sense of community ») ainsi que l’intensité globale ressentie de ce sentiment d’appartenance (« strong sense of community with others on your block »).
2. L’efficacité collective (Collective Efficacy Scale)
Inspirée des travaux de Robert Sampson et d’Albert Bandura, cette échelle prospective évalue la croyance partagée dans la capacité de l’association de quartier à mobiliser des ressources et à obtenir des résultats concrets. Elle examine la probabilité subjective d’atteindre six buts fondamentaux : l’amélioration des conditions physiques de la rue (propreté, entretien des logements), la négociation de meilleurs services auprès des autorités municipales, la stimulation de l’entraide entre résidents, la réduction de la criminalité, le renforcement de l’interconnaissance et la diffusion de l’information sur les services d’aide.
3. La participation citoyenne (Citizen Participation Scale)
Cette sous-échelle évalue le capital social sous sa forme organisationnelle et politique formalisée. Elle quantifie l’engagement au sein des associations de quartier (adhésion, participation aux activités, nombre d’heures mensuelles consacrées au travail bénévole) ainsi que la prise de parole lors des assemblées, la participation à des comités techniques et l’exercice de fonctions de leadership (présidence, bureau exécutif).
4. Les comportements d’entraide de voisinage (Neighboring Behavior Scale)
Cette dimension mesure les échanges informels de soutien instrumental, matériel et affectif. Elle quantifie la fréquence à laquelle le résident a été sollicité au cours de l’année écoulée pour : garder le logement d’un voisin absent, prêter des outils ou de la nourriture, intervenir en situation d’urgence, apporter un conseil face à un problème personnel ou discuter des difficultés spécifiques du quartier.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’élaboration des échelles d’enquête sur le capital social s’inscrit au confluent de quatre grands courants théoriques majeurs de la psychologie communautaire, de la sociologie urbaine et des sciences politiques :
1. La théorie du capital social (Coleman, Putnam, Bourdieu)
Dans l’approche de James S. Coleman (1988) et de Robert Putnam (1993, 2000), le capital social se caractérise par des réseaux d’engagement civique, des normes de réciprocité généralisée et une confiance interpersonnelle qui facilitent la coordination et la coopération au bénéfice mutuel d’un groupe. Perkins et Long distinguent le capital social « liant » (bonding, liens étroits intra-groupe reflétés par les comportements d’entraide et le sentiment de communauté) et le capital social « reliant » ou « passerelle » (bridging et linking, représentés par l’efficacité collective et la capacité de plaidoyer auprès des instances municipales via les associations de quartier).
2. Le modèle du sentiment psychologique de communauté (McMillan & Chavis, 1986)
Le sentiment psychologique de communauté (Psychological Sense of Community – PSOC) développé par McMillan et Chavis postule quatre composantes dynamiques : le sentiment d’appartenance (Membership), l’influence réciproque (Influence), l’intégration et la satisfaction des besoins (Integration and Fulfillment of Needs), et le partage émotionnel (Shared Emotional Connection). Perkins et Long (2002) adaptent cette conceptualisation au format microlocal du pâté de maisons. Dans les environnements urbains denses, les relations de voisinage se caractérisent souvent par des « liens faibles » (au sens de Granovetter), rendant indispensable un instrument synthétique (BSCI) focalisé sur la reconnaissance visuelle, le respect mutuel et l’alignement des buts pratiques.
3. La théorie de l’efficacité collective et de la désorganisation sociale (Sampson et al., 1997)
Prolongeant la tradition de l’École de sociologie urbaine de Chicago (Shaw & McKay), Robert J. Sampson et ses collègues ont défini l’efficacité collective comme la combinaison d’une confiance mutuelle et de la disposition conjointe des habitants à intervenir pour le bien commun (notamment contre la criminalité). Perkins et Long intègrent cette dimension prospective en se concentrant sur le rôle médiateur des associations de quartier, qui transforment la simple proximité résidentielle en puissance d’action politique et sociale.
4. Le modèle écologique du développement humain (Bronfenbrenner, 1979)
Les échelles reposent sur une conception écosystémique où les transactions individu-environnement s’articulent du microsystème (les interactions de face-à-face entre voisins de palier ou de maison) au mésosystème (les réseaux associatifs locaux) et à l’exosystème (les services municipaux, la police, les politiques d’urbanisme). L’outil met en évidence comment les caractéristiques objectives de l’environnement physique (incivilités, éclairage, propreté) interagissent bidirectionnellement avec les ressources psychosociales subjectives des résidents.
7. Validité / Validity
Les propriétés psychométriques de validité des échelles de capital social de Perkins et Long ont été rigoureusement établies à travers plusieurs vastes études d’enquête empiriques, notamment à Baltimore (Maryland), Salt Lake City (Utah) et Brooklyn (New York).
Validité de construit et structurelle
La validité de construit a été examinée au moyen d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) et de modèles d’équations structurelles (SEM). Les analyses menées par Perkins et Long (2002) confirment que le modèle quadridimensionnel (Sentiment de communauté, Efficacité collective, Participation citoyenne, Comportements de voisinage) présente un ajustement nettement supérieur à un modèle unidimensionnel global du capital social. Les indices d’ajustement structurel (CFI > 0,92, RMSEA < 0,05) démontrent que, bien que corrélées, ces dimensions capturent des facettes empiriquement séparables du fonctionnement communautaire.
Validité convergente
La validité convergente des échelles se manifeste par des corrélations positives statistiquement significatives avec de multiples indicateurs théoriquement apparentés :
- Les scores au BSCI et à l’échelle de comportements de voisinage sont fortement corrélés à l’attachement au lieu (place attachment, r = 0,48 à 0,62, p < 0,001) et à la durée de résidence dans le quartier.
- L’efficacité collective perçue est étroitement liée à l’empowerment psychologique individuel et à la confiance institutionnelle envers les services de proximité (r = 0,41, p < 0,01).
- La participation citoyenne est associée à un sentiment d’auto-efficacité politique et à l’adhésion à d’autres organisations civiques ou religieuses.
Validité discriminante
L’instrument démontre une excellente validité discriminante par rapport aux construits de détresse psychologique générale ou d’extraversion individuelle. Les analyses statistiques prouvent que le sentiment de communauté et l’efficacité collective ne se réduisent pas à un biais de désirabilité sociale ou à un trait de personnalité optimiste. De surcroît, les échelles distinguent nettement les relations informelles d’entraide (souvent présentes même dans les quartiers défavorisés) de la participation formelle aux comités de résidents (fortement conditionnée par le niveau socio-économique et la propriété du logement).
Validité prédictive et écologique multiniveau
Dans des modélisations linéaires hiérarchiques (HLM), Perkins et Long (2002) ont démontré que les scores agrégés de ces échelles au niveau du pâté de maisons prédisent significativement, au-delà des caractéristiques sociodémographiques individuelles (revenu, race, âge) :
- Une réduction objective des incivilités physiques (tags, déchets, dégradations matérielles) évaluées par des observateurs indépendants.
- Une diminution de la peur du crime et de la victimation perçue chez les résidents.
- Une plus grande résilience collective et une capacité accrue de mobilisation en cas de menaces environnementales (par exemple, projets immobiliers non concertés ou suppressions de lignes de transport public).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité des différentes sous-échelles de la batterie a été documentée dans plusieurs cohortes résidentielles urbaines et suburbaines :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
- Brief Sense of Community Index (BSCI, 8 items) : L’alpha de Cronbach global pour l’échelle totale se situe entre 0,72 et 0,78 selon les échantillons. Pour les sous-dimensions composées d’un nombre restreint d’items (2 à 3 items chacune), les coefficients oscillent entre 0,60 et 0,71. Ces valeurs sont considérées comme très acceptables pour des sous-échelles ultra-brèves en recherche sociologique de terrain.
- Collective Efficacy Scale (CES, 6 items) : Cette échelle démontre une excellente homogénéité interne, avec des coefficients alpha variant constamment entre 0,81 et 0,86, indiquant une cohérence remarquable des attentes des résidents envers les capacités de leur comité de quartier.
- Citizen Participation Scale (8 items) : En raison de sa structure de distribution en échelle de Guttman partielle (les activités les plus exigeantes étant les plus rares), l’alpha standardisé tourne autour de 0,74 à 0,79, avec une corrélation item-total moyenne de 0,51.
- Neighboring Behavior Scale (5 items) : Présente une consistance interne robuste avec un alpha de Cronbach compris entre 0,75 et 0,82.
Fidélité test-retest et stabilité temporelle
Dans les études longitudinales menées sur des intervalles de 6 à 12 mois sans intervention externe majeure, la stabilité des scores agrégés au niveau du pâté de maisons est remarquable (coefficients de corrélation intraclasse ICC > 0,70). Au niveau individuel, la stabilité test-retest à trois mois affiche des coefficients oscillant entre 0,68 et 0,77 pour le BSCI et l’efficacité collective, ce qui confirme que l’outil capte des représentations écologiques stables plutôt que de simples fluctuations d’humeur passagères.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Les investigations psychométriques initiales menées par Douglas Perkins, Florin, Wandersman et Chavis (1990), puis approfondies dans Perkins et Long (2002), ont recouru à des analyses factorielles exploratoires (AFE) par extraction en composantes principales avec rotation oblique (Promax), suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) par le maximum de vraisemblance.
Structure factorielle du Brief Sense of Community Index (BSCI)
L’AFE sur les 8 items du BSCI révèle une solution à trois facteurs distincts expliquant plus de 58 % de la variance totale :
- Facteur 1 : Connexions sociales (Social Connections) : Regroupe les items 1, 2 et 3. Les saturations factorielles s’échelonnent de 0,59 à 0,78. L’item 1 (« Very few of my neighbors know me ») sature négativement à -0,68 (après recodage positif), tandis que l’item 3 (« I can recognize most of the people who live on my block ») sature à 0,74. L’item 2 (« I have almost no influence over what this block is like ») sature à 0,59 sur cette composante d’influence et de visibilité mutuelle.
- Facteur 2 : Préoccupation mutuelle (Mutual Concern) : Regroupe les items 4, 5 et 6. L’item 4 (« My neighbors and I want the same things… ») sature à 0,72, l’item 5 (« …people who live here can get it solved ») à 0,66, et l’item 6 (« …watch after each other and help out ») à 0,63. Ce facteur représente la cohésion fonctionnelle et l’interdépendance protectrice.
- Facteur 3 : Valeurs communautaires (Community Values) : Regroupe les items 7 et 8 avec de fortes saturations factorielles (0,81 pour l’importance accordée au sentiment de communauté et 0,84 pour l’intensité du sentiment d’appartenance perçu).
Structure factorielle de l’Échelle d’efficacité collective
L’analyse factorielle de l’échelle d’efficacité collective (CES) fait émerger un facteur général unique prédominant, qui explique à lui seul 54,2 % de la variance des items. Toutes les saturations factorielles sont substantielles :
- Amélioration des conditions physiques : 0,68
- Plaidoyer auprès des services municipaux : 0,73
- Incitation à l’entraide mutuelle : 0,77
- Réduction de la criminalité : 0,71
- Rapprochement et interconnaissance des résidents : 0,75
- Diffusion de l’information sur les services ressources : 0,67
Cette forte unidimensionnalité autorise l’utilisation d’un score composite unique d’efficacité collective dans les modélisations empiriques.
10. Instrument de mesure / Instrument
La batterie d’évaluation se présente sous la forme d’un protocole standardisé administrable en face-à-face, par entretien téléphonique dirigé ou sous forme de questionnaire auto-rapporté en ligne ou papier.
- Domaines évalués : Sentiment psychologique de communauté, efficacité collective organisationnelle, engagement civique local, interactions d’aide informelle.
- Unité écologique de référence : Le pâté de maisons / îlot résidentiel (« block ») où réside le répondant.
- Nombre total d’items de la batterie complète : 27 items répartis en quatre instruments complémentaires :
- Brief Sense of Community Index : 8 items.
- Collective Efficacy Scale : 6 items.
- Citizen Participation Scale : 8 items.
- Neighboring Behavior Scale : 5 items.
- Formats de réponse et cotation spécifique :
- BSCI (Items 1 à 5) : Échelle binaire initiale (« Vrai » = 2, « Faux » = 1). Les items formulés négativement (Items 1 et 2) doivent être inversés (1 = 2, 2 = 1) avant le calcul des sous-scores. Note méthodologique : Perkins et Long recommandent l’emploi d’une échelle de Likert à 4 ou 5 points dans les protocoles de recherche contemporains pour accroître la variance.
- BSCI (Item 6) : Échelle ordinale à 3 points évaluant la réciprocité protectrice (1 = « go own way », 2 = « a little of both », 3 = « watch after »).
- BSCI (Item 7) : Échelle ordinale à 3 points d’importance personnelle (1 = « not », 2 = « somewhat », 3 = « very »).
- BSCI (Item 8) : Échelle ordinale à 3 points d’intensité communautaire (1 = « very little », 2 = « in between », 3 = « strong »).
- Collective Efficacy Scale : Échelle ordinale à 3 points de probabilité de succès (1 = « not likely », 2 = « somewhat likely », 3 = « very likely »).
- Citizen Participation Scale : Format binaire (0 = Absence de participation, 1 = Présence de participation). L’item 3 (heures par mois) est recodé : 0 = « aucune heure », 1 = « 8 heures ou plus ».
- Neighboring Behavior Scale : Fréquence brute déclarée de sollicitations au cours de l’année écoulée (0 = « aucune fois », 1 à 7 = nombre exact de fois, 8 = « huit fois ou plus »).
- Temps moyen de passation : Environ 10 à 15 minutes pour l’ensemble de la batterie d’enquête.
- Calcul des scores : Possibilité de calculer des scores moyens pour chaque sous-échelle ou d’agréger les données par unité spatiale (moyenne du pâté de maisons) pour des analyses statistiques multiniveaux.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2002 (dans le volume collectif Psychological Sense of Community: Research, Applications, and Implications). Les versions expérimentales préliminaires ont été publiées dès 1990 et 1996 par Perkins et ses collaborateurs.
- Statut des droits et gratuité : L’instrument a été développé dans le cadre de recherches académiques financées sur fonds publics. Il est dans le domaine public académique et accessible en libre accès (open access) à des fins de recherche non commerciale, d’enseignement et d’évaluation communautaire.
- Tarifs d’utilisation : Entièrement gratuit. Aucuns frais de licence ni redevance ne sont exigés pour la passation de l’échelle ou l’utilisation des items.
- Modalités d’autorisation : Les chercheurs et praticiens sont autorisés à utiliser, adapter ou traduire l’instrument sous réserve de citer scrupuleusement la source bibliographique originale (Perkins & Long, 2002). Le document de référence et les instruments complets sont mis à disposition de la communauté scientifique sur le portail universitaire de Vanderbilt (Vanderbilt University – Perkins Lab).
12. Références / References
Les publications fondatrices et validations empiriques de l’instrument en style APA 7e édition comprennent :
- Coleman, J. S. (1988). Social capital in the creation of human capital. American Journal of Sociology, 94, S95-S120. https://doi.org/10.1086/228943
- McMillan, D. W., & Chavis, D. M. (1986). Sense of community: A definition and theory. Journal of Community Psychology, 14(1), 6-23. https://doi.org/10.1007/BF00922690
- Perkins, D. D., & Long, D. A. (2002). Neighborhood sense of community and social capital: A multi-level analysis. In A. T. Fisher, C. C. Sonn, & B. J. Bishop (Eds.), Psychological sense of community: Research, applications, and implications (pp. 291-318). Plenum Publishers / Springer. https://doi.org/10.1007/978-1-4615-0719-2_15
- Perkins, D. D., Hughey, J., & Speer, P. W. (2002). Community psychology perspectives on social capital theory and community development practice. Journal of the Community Development Society, 33(1), 33-52. https://doi.org/10.1080/15575330209490141
- Putnam, R. D. (2000). Bowling alone: The collapse and revival of American community. Simon & Schuster. https://doi.org/10.1145/358916.361990
- Sampson, R. J., Raudenbush, S. W., & Earls, F. (1997). Neighborhoods and violent crime: A multilevel study of collective efficacy. Science, 277(5328), 918-924. https://doi.org/10.1126/science.277.5328.918
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Brief Sense of Community Index
Social Connections Subscale:
Instructions for items 1-5: “I am going to read some things that people might say about their block. For each one, please indicate whether it is mostly true or mostly false about your block” (coded 1 = “false”, 2 = “true”; Note: Likert scale recommended for future research).
- Very few of my neighbors know me.
- I have almost no influence over what this block is like.
- I can recognize most of the people who live on my block.
Mutual Concern Subscale:
- My neighbors and I want the same things from the block.
- If there is a problem on this block people who live here can get it solved.
-
In general, would you say that people on your block watch after each other and help out when they can, or do they pretty much go their own way?
(coded 1 = “go own way”, 2 = “a little of both”, 3 = “watch after”)
Community Values Subscale:
-
Would you say that it is very important, somewhat important or not important to you to feel a sense of community with the people on your block?
(coded 1 = “not”, 2 = “somewhat”, 3 = “very”)
-
Some people say they feel like they have a sense of community with the people on their block; others don’t feel that way. How about you; would you say that you feel a strong sense of community with others on your block, very little sense of community or something in between?
(coded 1 = “very little”, 2 = “in between”, 3 = “strong”)