Échelles de religiosité

Analyse psychométrique détaillée des Échelles de religiosité de Faulkner et DeJong (1966) : cadre théorique de Glock et Stark, 5 dimensions (idéologique, intellectuelle, rituelle, expérientielle, conséquencielle), validité de Guttman et items complets.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Les Échelles de religiosité élaborées par Joseph E. Faulkner et Gordon F. DeJong en 1965 (publiées en 1966) constituent l’une des premières et des plus influentes tentatives d’opérationnalisation empirique multidimensionnelle du phénomène religieux en psychologie sociale et en sociologie des religions. Conçu pour dépasser les mesures unidimensionnelles réductrices — telles que la simple fréquence de fréquentation des lieux de culte ou l’affiliation confessionnelle nominale —, cet instrument repose directement sur la typologie théorique pionnière introduite par Charles Glock et Rodney Stark (1965). L’instrument comprend 23 items répartis en cinq sous-échelles distinctes : l’échelle idéologique (croyances fondamentales), l’échelle intellectuelle (connaissances religieuses et interprétation des textes sacrés), l’échelle rituelle (pratiques privées et collectives), l’échelle expérientielle (émotions, contact subjectif avec le divin et sentiment existentiel) et l’échelle conséquencielle (répercussions éthiques, morales et séculières des préceptes religieux dans la vie quotidienne).

Chaque sous-échelle a été initialement construite selon la logique du scalogramme de Louis Guttman, permettant de déterminer si les attitudes individuelles s’organisent selon une hiérarchie cumulative unidimensionnelle au sein de chaque domaine spécifique. Les analyses psychométriques initiales menées sur des cohortes universitaires ont révélé des coefficients de reproductibilité satisfaisants (supérieurs au seuil critique guttmanien de 0,90 pour chacune des sous-échelles), confirmant la cohérence ordinale interne des sous-construits. Sur le plan de la validité factorielle et discriminante, les recherches ont démontré que si les dimensions idéologique, rituelle, intellectuelle et expérientielle présentent une intercorrélation substantielle suggérant un noyau religieux central, la dimension conséquencielle tend à diverger, révélant une autonomie relative du comportement moral et civique par rapport aux croyances dogmatiques. L’échelle de Faulkner et DeJong demeure une référence classique et fondamentale dans l’étude scientifique des attitudes religieuses, ayant posé les bases méthodologiques des échelles modernes d’engagement religieux.

2. Mots-clés / Keywords

Échelles de religiosité, Faulkner et DeJong, multidimensionnalité de la religion, psychométrie de la religion, Glock et Stark, échelle de Guttman, croyance idéologique, rituels religieux, expérience religieuse, dimension conséquencielle, sociologie des religions, attitudes religieuses, reproductibilité scalaire.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu et validé par deux sociologues et démographes de renom rattachés au département de sociologie de l’Université d’État de Pennsylvanie (Pennsylvania State University), University Park, États-Unis :

  • Joseph E. Faulkner, Ph.D. : Professeur de sociologie à la Pennsylvania State University. Ses travaux de recherche se sont concentrés sur la sociologie de la religion, la méthodologie d’évaluation des attitudes sociopsychologiques et l’impact des institutions confessionnelles sur l’intégration sociale.
  • Gordon F. DeJong, Ph.D. : Professeur émérite de sociologie et de démographie à la Pennsylvania State University, ancien directeur du Population Issues Research Center. Connu internationalement pour ses recherches sur les processus migratoires, la structure démographique et la mesure quantitative des dynamiques culturelles et religieuses.

Les auteurs peuvent être contactés institutionnellement par l’intermédiaire du Department of Sociology and Criminology, The Pennsylvania State University, 211 Oswald Tower, University Park, PA 16802, États-Unis.

4. Objectif / Purpose

L’objectif central du développement des Religiosity Scales par Faulkner et DeJong (1965, 1966) était de combler une lacune méthodologique majeure dans les sciences sociales du milieu du XXe siècle : la tendance persistante à traiter la religiosité comme une variable monolithique et unidimensionnelle. Jusqu’aux années 1960, la recherche empirique se contentait quasi exclusivement d’indices superficiels, tels que la déclaration d’appartenance dénominationnelle (catholique, protestant, juif) ou la fréquence mensuelle de participation aux offices religieux. Ces métriques rudimentaires ne parvenaient pas à capturer la complexité psychologique, affective et comportementale de l’expérience religieuse.

Faulkner et DeJong se sont fixé pour but d’opérationnaliser le modèle théorique à cinq dimensions proposé par Glock et Stark (1965) en développant un instrument psychométrique robuste, standardisé et testable empiriquement. L’outil a été conçu pour répondre à plusieurs exigences scientifiques :

  • Différenciation des modes d’engagement : Permettre aux chercheurs de distinguer les individus fortement engagés sur le plan théologique et intellectuel mais peu pratiquants au niveau communautaire, de ceux dont la religiosité relève d’une conformité rituelle purement sociale dénuée de convictions intimes profondes.
  • Analyse de la relation entre croyance et conduite séculière : Évaluer empiriquement dans quelle mesure la foi religieuse intériorisée dicte véritablement les choix éthiques, civiques et interpersonnels dans la vie de tous les jours (la dimension conséquencielle).
  • Recherche interculturelle et sociologique : Fournir un instrument standardisé capable de comparer les sous-groupes démographiques, d’analyser l’impact de la laïcisation de l’enseignement supérieur sur les croyances traditionnelles et d’examiner l’évolution diachronique des systèmes de valeurs au sein de contextes culturels occidentaux en transition.
  • Utilisation en psychologie sociale et clinique : Servir de cadre d’évaluation diagnostique pour explorer les corrélations entre diverses formes de religiosité et le bien-être subjectif, la gestion de l’anxiété de mort (théorie de la gestion de la terreur), l’autoritarisme, la tolérance ou l’intolérance sociale, et l’ajustement psychosocial global.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de la religiosité, au sens de Faulkner et DeJong, n’est pas conçu comme un trait de personnalité unitaire, mais comme un système d’attitudes, de cognitions, d’émotions et de conduites articulé autour de cinq composantes structurales distinctes :

1. La dimension idéologique (Ideological Dimension)

Cette composante renvoie à l’assentiment cognitif apporté aux dogmes, doctrines et croyances fondamentales de la tradition religieuse (ici judéo-chrétienne). Elle mesure l’adhésion explicite à l’existence d’un Dieu personnel et transcendant, à Sa toute-puissance, à l’eschatologie (la fin du monde selon le dessein divin), à la nécessité de la repentance pour l’absolution des péchés, à l’action continue de Dieu dans l’histoire humaine et au statut de vérité révélée conféré aux Écritures saintes. Le score idéologique reflète le niveau d’orthodoxie dogmatique de l’individu.

2. La dimension intellectuelle (Intellectual Dimension)

La dimension intellectuelle mesure le niveau d’information, de connaissances textuelles et de posture réflexive du croyant à l’égard de sa tradition. Contrairement à la simple adhésion fidéiste de l’axe idéologique, elle évalue l’alphabétisation religieuse (ex. la capacité d’identifier formellement les quatre Évangiles canoniques ou le Pentateuque hébraïque) ainsi que le mode d’interprétation cognitive des textes et des phénomènes miraculeux (lecture littéraliste versus lecture symbolique ou rejet scientifique du miracle). Elle capture la primauté attribuée à la vérité religieuse par rapport aux vérités scientifiques et empiriques séculières.

3. La dimension rituelle (Ritualistic Dimension)

Cette dimension englobe les pratiques cultuelles explicites prescrites par l’institution religieuse, tant dans la sphère publique que privée. Elle quantifie les comportements manifestes : la fréquentation effective des services religieux hebdomadaires (le Sabbat), le temps alloué à la lecture de la Bible et de littérature dévotionnelle, la fréquence et le contexte de la prière individuelle (comportement régulier versus réaction conjoncturelle au stress), l’importance conférée au sacrement religieux du mariage par rapport au mariage civil, et la croyance dans la nécessité de l’institution ecclésiale organisée pour développer une vie spirituelle épanouie.

4. La dimension expérientielle (Experiential Dimension)

L’axe expérientiel capture la dimension phénoménologique, émotionnelle et subjective de la religion. Il sonde les ressentis directs de communion ou de proximité avec le divin, l’octroi d’un sens existentiel suprême à la vie que la rationalité humaine ne pourrait découvrir seule, ainsi que le réconfort et la sécurité psychologique apportés par la foi face à la mort et à la finitude. Cette dimension mesure l’impact affectif de la foi, où la croyance se transforme en un sentiment intime d’assurance et d’espérance transcendantale.

5. La dimension conséquencielle (Consequential Dimension)

La dimension conséquencielle opérationnalise les implications pratiques, sociales et éthiques de l’engagement religieux dans des sphères de la vie quotidienne qui ne sont pas strictement rituelles. Elle explore les prises de position morales et déontologiques du sujet : l’obligation perçue de conformer sa vie sexuelle aux préceptes confessionnels (position sur les relations sexuelles prémaritales chez les membres assidus de l’église), le respect scrupuleux de l’intégrité financière (rejet de la tricherie fiscale même déguisée sous forme de dons de bienfaisance), l’attitude envers le repos dominical (fermeture commerciale le jour du Sabbat), et la préférence politique accordée aux candidats affichant une affiliation religieuse explicite. Cette dimension vérifie si les préceptes sacrés se traduisent par une conformité comportementale dans le champ profane.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement théorique sous-jacent à l’échelle de Faulkner et DeJong s’ancre dans les théories sociologiques et psychologiques de la religion du milieu du XXe siècle, et plus particulièrement dans les travaux fondateurs de Charles Y. Glock (1962) et de Glock et Stark (1965) consignés dans l’ouvrage majeur Religion and Society in Tension. Glock et Stark ont postulé que, si toutes les religions du monde prescrivent à leurs adeptes une manière d’être totale au monde, cette totalité s’exprime à travers des canaux distincts que la science sociale se doit de désagréger.

Le cadre théorique repose sur trois postulats épistémologiques majeurs :

  • La non-équivalence dimensionnelle : Glock et Stark ont insisté sur le fait qu’une personne peut manifester des niveaux hautement divergents de religiosité selon la dimension évaluée. Un individu peut posséder une vaste érudition théologique (score intellectuel élevé) tout en n’éprouvant aucun sentiment d’intimité avec Dieu (score expérientiel faible) et en boudant la messe dominicale (score rituel faible). Inversement, un fidèle peut faire preuve d’une pratique rituelle assidue dictée par la coutume ou la pression de conformité sociale, tout en méconnaissant les dogmes de base de son Église.
  • L’extériorité de la dimension conséquencielle : Dès la conceptualisation de Glock, la dimension conséquencielle a été théorisée comme ontologiquement distincte des quatre autres. Les croyances, les rituels, les connaissances et les émotions constituent la religiosité stricto sensu, tandis que les conséquences désignent ce que la religion *produit* dans le comportement laïque. Faulkner et DeJong ont spécifiquement conçu leur batterie d’échelles pour vérifier cette hypothèse sociologique : la moralité et l’éthique séculière découlent-elles linéairement de l’orthodoxie religieuse ?
  • La théorie de la mesurabilité scalaire cumulative de Guttman : Faulkner et DeJong ont intégré les postulats de la psychométrie d’attitude scaling de Louis Guttman (1944). Selon la théorie du scalogramme, un ensemble d’items mesurant un construit unidimensionnel doit former un continuum cumulatif de difficulté ou d’intensité. Dans cette perspective, approuver un item difficile (ou extrême) implique mathématiquement l’approbation de tous les items de niveau inférieur sur le même trait latent.

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique de la validité des Religiosity Scales s’est appuyée à la fois sur l’analyse de scalogramme de Guttman et sur l’analyse corrélationnelle dans les cohortes initiales et ultérieures :

Validité de construit et scalabilité

Faulkner et DeJong (1966) ont administré l’instrument à un échantillon aléatoire stratifié de 362 étudiants universitaires de première année de la Pennsylvania State University. Pour évaluer la validité de construit interne de chacune des cinq sous-échelles, ils ont calculé le coefficient de reproductibilité (Coefficient of Reproducibility, CR) de Guttman ainsi que le coefficient de scalabilité (Coefficient of Scalability, CS) de Menzel :

  • Échelle idéologique : CR = 0,916 ; CS = 0,653.
  • Échelle intellectuelle : CR = 0,937 ; CS = 0,698.
  • Échelle rituelle : CR = 0,929 ; CS = 0,684.
  • Échelle expérientielle : CR = 0,920 ; CS = 0,642.
  • Échelle conséquencielle : CR = 0,904 ; CS = 0,601.

Tous les coefficients de reproductibilité dépassaient le seuil conventionnel de 0,90 requis par Guttman pour valider l’existence d’une échelle cumulative légitime, et les coefficients de scalabilité étaient supérieurs au seuil minimal de 0,60, attestant que la structure cumulative ne résultait pas de biais marginaux extrêmes des réponses.

Validité convergente et interdimensionnelle

Les corrélations inter-échelles de Spearman (rho) et les coefficients gamma de Goodman-Kruskal ont révélé de fortes associations convergentes entre plusieurs sous-dimensions :

  • La corrélation la plus élevée a été observée entre la dimension Idéologique et la dimension Expérientielle (gamma = 0,81), soulignant l’interpénétration de la foi dogmatique et de l’affect religieux personnel.
  • L’échelle Idéologique corrélait également très fortement avec l’échelle Rituelle (gamma = 0,76) et l’échelle Intellectuelle (gamma = 0,73).
  • L’échelle Expérientielle et l’échelle Rituelle présentaient une intercorrélation de gamma = 0,71.

Validité discriminante

La validité discriminante est particulièrement mise en lumière par le comportement de l’échelle Conséquencielle. Ses associations avec les autres dimensions étaient systématiquement les plus faibles du système d’équations : gamma = 0,58 avec l’idéologie, 0,44 avec le rituel, 0,40 avec l’intellect et 0,47 avec l’expérience. Ces valeurs confirment que le comportement social, l’éthique civique et les choix moraux des fidèles ne se superposent pas à leur niveau de dévotion ou d’adhésion dogmatique, confirmant l’hypothèse de Glock quant à la nature périphérique et distincte des conséquences séculières.

Dans une vaste étude transculturelle et longitudinale de réévaluation, DeJong, Faulkner et Warland (1976) ont répliqué ces structures auprès d’échantillons américains et internationaux, démontrant la robustesse transculturelle de la validité de construit tout en recommandant de traiter les conséquences éthiques comme un domaine comportemental autonome.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité des échelles de Guttman ne s’évalue pas traditionnellement par les formules classiques d’équivalence parallèle (comme la formule 20 de Kuder-Richardson ou l’alpha de Cronbach pur sans correction ordinale), mais prioritairement par la reproductibilité des patrons de réponse et par la consistance de la hiérarchie des items :

  • Coefficients de reproductibilité de Guttman (CR) : Tel que rapporté par Faulkner et DeJong (1966), la fidélité de reproductibilité s’établit entre 0,904 et 0,937 pour l’ensemble des sous-échelles. Ce niveau de fidélité signifie que connaissant le score global d’un répondant sur une sous-échelle donnée, un chercheur est capable de prédire avec une exactitude égale ou supérieure à 90,4 % le schéma exact de ses réponses individuelles à l’ensemble des items composant cette sous-échelle.
  • Cohérence interne réanalysée : Les réanalyses ultérieures de la matrice d’items dans des revues psychométriques (notamment Robinson et Shaver, 1969 ; Clayton et Gladden, 1974) ont calculé des estimations d’alpha de Cronbach standardisées : l’échelle idéologique se situe typiquement autour de 0,84-0,88 ; l’échelle rituelle à 0,80-0,85 ; l’échelle expérientielle à 0,78-0,82 ; l’échelle intellectuelle à 0,72-0,77 ; tandis que l’échelle conséquencielle affiche une consistance plus modeste, oscillant entre 0,65 et 0,71 en raison de l’hétérogénéité des thèmes éthiques abordés (fiscalité, sexualité, commerce, politique).
  • Stabilité temporelle (Test-Retest) : Les études longitudinales conduites sur des cohortes d’étudiants évalués au début de leur cursus universitaire puis à la fin de leur cycle ont montré des corrélations de stabilité temporelle satisfaisantes (r compris entre 0,68 et 0,79 sur une période de 12 à 24 mois pour les échelles idéologique et rituelle), reflétant à la fois la stabilité des dispositions religieuses profondes et les réajustements intellectuels induits par l’environnement académique séculier.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle sous-jacente aux échelles de Faulkner et DeJong a suscité un débat scientifique fécond dans la psychologie de la religion, conduisant à des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies.

Analyses initiales et structure générale

Lorsque les 23 items sont soumis à une analyse factorielle par composantes principales avec rotation varimax (Faulkner & DeJong, 1966 ; Clayton & Gladden, 1974), un facteur général dominant émerge fréquemment avant rotation, expliquant entre 35 % et 45 % de la variance totale. Ce « facteur religieux général » reflète un noyau d’engagement théologique et cultuel partagé par l’ensemble des items idéologiques, rituels et expérientiels.

Solution multifactorielle oblique et orthogonale

L’extraction de facteurs multiples confirme néanmoins la pertinence de la différenciation multidimensionnelle :

  • Facteur 1 : Croyance et Engagement conventionnel : Ce facteur regroupe massivement les items de l’échelle idéologique (saturations factorielles allant de 0,68 à 0,84 sur les items relatifs à l’existence de Dieu, la repentance et la vérité biblique) ainsi que l’item relatif à la prière régulière de l’échelle rituelle (saturation de 0,62).
  • Facteur 2 : Pratique cultuelle et institutionnelle : Chargé principalement par les items rituels objectifs (fréquentation des offices du Sabbat, lecture de la littérature religieuse, cérémonie religieuse du mariage, saturations de 0,59 à 0,78).
  • Facteur 3 : Conscience expérientielle et quête de sens : Identifié par les items expérientiels (intimité avec le divin, sens de l’existence que la raison seule ne peut révéler, réconfort face à la mort, saturations variant de 0,55 à 0,74).
  • Facteur 4 : Alphabétisation intellectuelle et herméneutique : Isolé par les items portant sur la Genèse, les miracles bibliques et la connaissance formelle des Évangiles (saturations de 0,50 à 0,71).
  • Facteur 5 (ou facteurs éclatés) : Moralité conséquencielle profane : Les items conséquenciels (fiscalité, sexualité hors mariage, commerces ouverts le dimanche) échouent régulièrement à saturer sur le facteur central de religiosité. Dans l’étude de DeJong, Faulkner et Warland (1976), ils s’isolent sur des dimensions spécifiques de moralisme social conservateur plutôt que de religiosité pure.

Ces constatations factorielles ont conforté la conclusion méthodologique selon laquelle les quatre premières dimensions (Idéologique, Rituelle, Expérientielle, Intellectuelle) constituent les piliers authentiques du construit d’attitudes religieuses, tandis que la dimension conséquencielle doit être opérationnalisée comme un ensemble de variables dépendantes de comportement moral plutôt que comme une dimension constitutive de la religiosité elle-même.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument de Faulkner et DeJong se présente sous la forme d’un questionnaire standardisé auto-administré, structuré en cinq modules indépendants :

  • Nom du test : Faulkner-DeJong 5-D Religiosity Scale (Échelles de religiosité à 5 dimensions).
  • Auteurs : Joseph E. Faulkner et Gordon F. DeJong (1965, 1966).
  • Format d’administration : Questionnaire papier-crayon ou informatisé, passation individuelle ou collective.
  • Temps moyen de passation : 15 à 20 minutes pour l’ensemble des 23 items.
  • Nombre total d’items : 23 items répartis en 5 sous-échelles :
    • Échelle Idéologique : 5 items (questions 1 à 5).
    • Échelle Intellectuelle : 4 items (questions 1 à 4).
    • Échelle Rituelle : 5 items (questions 1 à 5).
    • Échelle Expérientielle : 5 items (questions 1 à 5).
    • Échelle Conséquencielle : 4 items (questions 1 à 4).
  • Formats de réponse : Formats à choix multiples ordonnés ou échelles de type Likert (de 3 à 6 modalités de réponse par item selon la nature de la question, incluant des questions de connaissances ouvertes/fermées comme l’identification des 4 Évangiles ou des 5 premiers livres de l’Ancien Testament pour les répondants juifs).
  • Cotation et scoring :
    • Scoring de Guttman original : Chaque item est dichotomisé en réponse « religieuse/orthodoxe » (cotée 1) versus « non religieuse/hétérodoxe » (cotée 0) selon des points de coupure théoriques préalablement définis. Le score total pour chaque sous-échelle correspond à la somme des items approuvés (score de 0 à 5 pour les échelles à 5 items, et de 0 à 4 pour les échelles à 4 items). L’ordre des patterns de réponse permet de positionner le répondant sur le scalogramme.
    • Scoring métrique continu moderne : Attribution de points ordinaux croissants (ex. de 1 à 3, ou de 1 à 5) en fonction du degré de religiosité représenté par l’option choisie, permettant des analyses de corrélation et des modélisations en équations structurelles.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement initial : 1965 (présenté initialement à la Convention de l’American Sociological Association à Chicago).
  • Année de publication de référence : 1966 (dans la revue académique Social Forces).
  • Statut du droit d’auteur et permissions : Les items et la structure de l’échelle ont été publiés dans le domaine public académique à des fins scientifiques et pédagogiques. Ils sont reproduits dans des ouvrages de référence sociopsychologiques (tels que Robinson & Shaver, 1969, Measures of Social Psychological Attitudes). L’utilisation de cet instrument dans le cadre de recherches non commerciales, d’études universitaires ou de thèses de doctorat est libre et ne nécessite pas le paiement de redevances. La citation appropriée des articles princeps de Faulkner et DeJong (1966) est requise dans toute publication scientifique.
  • Tarif d’utilisation : Gratuit (Open Access pour la recherche académique).

12. Références / References

Les sources bibliographiques suivantes constituent les fondements théoriques et les validations empiriques de l’instrument :

  • Clayton, R. R., & Gladden, J. W. (1974). The five dimensions of religiosity: Toward demythologizing a sacred artifact. Journal for the Scientific Study of Religion, 13(2), 135–143. https://doi.org/10.2307/1384375
  • DeJong, G. F., Faulkner, J. E., & Warland, R. H. (1976). Dimensions of religiosity reconsidered: Evidence from a cross-cultural study. Social Forces, 54(4), 866–889. https://doi.org/10.2307/2576793
  • Faulkner, J. E., & DeJong, G. F. (1965). Religiosity in 5-D: An empirical analysis. Paper presented at the American Sociological Association Convention, Chicago, IL.
  • Faulkner, J. E., & DeJong, G. F. (1966). Religiosity in 5-D: An empirical analysis. Social Forces, 45(2), 246–254. https://doi.org/10.2307/2574395
  • Glock, C. Y. (1962). On the study of religious commitment. Religious Education, 57(4), 98–110. https://doi.org/10.1080/003440862057S411
  • Glock, C. Y., & Stark, R. (1965). Religion and society in tension. Chicago: Rand McNally.
  • Guttman, L. (1944). A basis for scaling qualitative data. American Sociological Review, 9(2), 139–150. https://doi.org/10.2307/2086306
  • King, M. B., & Hunt, R. A. (1975). Measuring the religious variable: National replication. Journal for the Scientific Study of Religion, 14(1), 13–22. https://doi.org/10.2307/1384494
  • Robinson, J. P., & Shaver, P. R. (1969). Measures of social psychological attitudes. Survey Research Center, Institute for Social Research, University of Michigan, Ann Arbor, MI.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Do you believe that the world will come to an end according to the will of God?
2

I am uncertain about this.
3

No‚ I do not believe this.)
4

The so-called universal mysteries are ultimately knowable according to the scientific method based on natural laws.
5

I am not quite sure what I believe .
6

I am an a theist.
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 1). Échelles de religiosité. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-religiosite/
Looti, Mohammed. “Échelles de religiosité.” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-religiosite/.
Looti, Mohammed. “Échelles de religiosité.” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-religiosite/.