Échelles de perception du prix (PPS-Price)

Guide psychométrique complet des Échelles de perception du prix (PPS-Price) développées par Lichtenstein, Ridgway et Netemeyer (1993) : 7 dimensions, validité, fidélité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

Les Échelles de perception du prix (Price Perception Scales, abrégées PPS-Price), développées et validées par les professeurs Donald R. Lichtenstein, Nancy M. Ridgway et Richard G. Netemeyer en 1993, constituent la batterie psychométrique de référence pour mesurer les orientations cognitives, attitudinales et comportementales des consommateurs à l’égard des prix. Dans le domaine du comportement du consommateur et de la psychologie économique, le prix a longtemps été appréhendé de façon unidimensionnelle sous le prisme néoclassique d’un simple sacrifice monétaire. L’apport fondamental des travaux de Lichtenstein et de ses collaborateurs a été d’établir empiriquement et conceptuellement la dualité du rôle du prix, distinguant son rôle négatif (le prix en tant que contrainte budgétaire et sacrifice) de son rôle positif (le prix en tant que signal informationnel de qualité et de statut).

L’instrument opérationnalise cette conceptualisation multidimensionnelle à travers sept sous-échelles distinctes comprenant un total de 45 items :

  • Sensibilité à la valeur (Value Consciousness, 7 items) : l’arbitrage systématique entre la qualité obtenue et le montant dépensé ;
  • Sensibilité au prix pur (Price Consciousness, 5 items retenus après épuration factorielle, sur une base initiale de 7 items) : la focalisation exclusive sur la minimisation des dépenses monétaires indépendamment de la qualité ;
  • Propension aux coupons (Coupon Proneness, 8 items) : la réactivité accrue aux coupons de réduction, modulée par le sentiment valorisant d’être un consommateur avisé (smart-shopper) ;
  • Propension aux soldes (Sale Proneness, 6 items) : l’attrait spécifique pour les démarques et les promotions temporaires en magasin ;
  • Expertise marchande des prix (Price Mavenism, 6 items) : la disposition active à collecter et diffuser des informations tarifaires auprès d’autrui ;
  • Schéma prix-qualité (Price-Quality Schema, 4 items) : l’inférence heuristique selon laquelle un niveau de prix élevé est intrinsèquement garant d’une qualité supérieure ;
  • Sensibilité au prestige (Prestige Sensitivity, 9 items) : la perception positive du prix élevé comme vecteur de statut social, de distinction et d’image valorisante.

Chaque item est évalué sur une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »). Les propriétés psychométriques établies lors d’études de terrain à large échelle (notamment auprès de 326 ménages sur de multiples catégories de produits de grande consommation) attestent d’une excellente consistance interne (coefficients alpha de Cronbach s’échelonnant de 0,72 à 0,91 selon les sous-échelles), d’une validité convergente robuste et d’une validité discriminante rigoureusement confirmée par modélisation d’équations structurelles et analyses factorielles confirmatoires.

2. Mots-clés

Perception du prix, psychométrie, comportement du consommateur, sensibilité à la valeur, sensibilité au prix, schéma prix-qualité, sensibilité au prestige, propension aux promotions, analyse factorielle confirmatoire, psychologie économique, recherche d’information tarifaire, signalisation de statut.

3. Auteurs

L’instrument a été conçu et validé par trois chercheurs de premier plan en marketing quantitatif et comportement des consommateurs :

  • Donald R. Lichtenstein : Professeur titulaire émérite de marketing au sein de la Leeds School of Business à l’Université du Colorado à Boulder (États-Unis). Spécialiste mondialement reconnu de la psychologie des prix, des promotions commerciales et de la modélisation des choix des consommateurs. (Courriel institutionnel : [email protected]).
  • Nancy M. Ridgway : Professeure de marketing à la Robins School of Business de l’Université de Richmond (États-Unis). Ses axes de recherche portent sur les comportements d’achat compulsif, les réponses affectives aux stimuli commerciaux et la psychométrie appliquée au shopping.
  • Richard G. Netemeyer : Professeur titulaire de marketing (chaire Ralph A. Beeton) à la McIntire School of Commerce de l’Université de Virginie (États-Unis). Méthodologue de référence en sciences de gestion et psychométrie, coauteur d’ouvrages majeurs sur le développement et la validation des échelles de mesure psychologiques.

4. Objectif

L’objectif fondamental des échelles PPS-Price est de fournir aux chercheurs universitaires, aux psychologues cognitivistes et aux analystes marketing une grille de lecture standardisée, robuste et multidimensionnelle pour évaluer comment les individus traitent l’information relative aux prix au cours de leur processus décisionnel. Historiquement, l’économie classique postulait que les consommateurs possédaient une information parfaite et réagissaient rationnellement au prix en tant que stricte déperdition de ressources financières (courbe de demande descendante). Cependant, les observations empiriques démontraient régulièrement des anomalies comportementales : rejet de produits bon marché perçus comme douteux, recherche effrénée de promotions pour le seul plaisir de la transaction, ou encore achat ostentatoire de produits à prix exorbitants.

Face à ces paradoxes, les auteurs ont conçu cet outil afin de dissocier empiriquement les constructions psychologiques qui sous-tendent ces comportements hétérogènes. L’instrument permet d’élucider précisément :

  • Pourquoi deux consommateurs disposant d’un même revenu réagissent de manière diamétralement opposée à une hausse ou une baisse de prix : l’un privilégiant l’optimisation du rapport qualité-prix (sensibilité à la valeur) tandis que l’autre cherche le prix plancher absolu sans égard pour la durabilité ou la performance (sensibilité au prix pur) ;
  • Les motivations extrinsèques et intrinsèques liées aux mécanismes promotionnels : mesurer si l’usage de coupons ou l’achat en solde est gouverné par une réelle nécessité financière ou par la gratification psychologique associée au fait de se sentir un « acheteur intelligent » (smart-shopper hypothesis) ;
  • Le rôle social et informationnel du prix : quantifier dans quelle mesure le prix sert d’heuristique cognitive pour juger de la qualité d’un produit en situation d’asymétrie d’information, et comment il est mobilisé comme artefact d’affirmation statutaire ou de conformité sociale ;
  • La transmission interpersonnelle d’informations de marché : identifier les « experts de marché tarifaires » (price mavens), qui tirent une satisfaction personnelle du partage de bons plans et influencent les décisions d’achat de leurs pairs.

Dans le domaine de la recherche académique, l’échelle est mobilisée pour modéliser l’élasticité-prix subjective, l’adoption des marques de distributeurs par rapport aux marques nationales, la résistance aux augmentations tarifaires et l’efficacité des formats promotionnels. Dans le secteur appliqué, elle permet aux gestionnaires de marque de segmenter leur clientèle sur des bases psychographiques précises, d’optimiser le positionnement tarifaire et de concevoir des communications publicitaires adaptées aux schémas cognitifs prédominants de leur cible.

5. Construit psychologique

Le construit théorique unifié des PPS-Price repose sur la dichotomie entre le prix comme contrainte économique (rôle négatif) et le prix comme signal informationnel (rôle positif). Chacune des sept dimensions capture une facette psychologique distincte et non redondante :

1. La sensibilité à la valeur (Value Consciousness – VC)

Cette dimension reflète le souci permanent du consommateur de maximiser le ratio entre la qualité perçue du produit et le montant financier engagé. Contrairement à une idée reçue, le consommateur sensible à la valeur n’est pas un acheteur compulsif de produits bas de gamme ; il recherche activement le meilleur rendement pour son argent. Il procède à une analyse coûts-avantages rigoureuse, compare les prix unitaires (par exemple au litre ou au kilogramme) et refuse d’acheter un produit très peu cher si ses performances intrinsèques ne franchissent pas un seuil minimal d’acceptabilité technique.

2. La sensibilité au prix pur (Price Consciousness – PC)

La sensibilité au prix pur est définie comme la volonté explicite de minimiser les sorties monétaires immédiates, indépendamment des variations de qualité. Pour ce profil, le prix constitue exclusivement un sacrifice financier qui doit être réduit au niveau le plus bas possible. Ces individus sont prêts à consentir des efforts temporels et physiques considérables (visiter plusieurs enseignes concurrentes, parcourir des kilomètres supplémentaires) pour économiser quelques centimes, et ils privilégient volontiers les marques génériques ou les produits d’entrée de gamme, même au détriment de la durabilité ou de l’ergonomie.

3. La propension aux coupons (Coupon Proneness – CP)

La propension aux coupons mesure la probabilité accrue qu’a un consommateur d’acheter une marque ou un produit spécifique simplement parce qu’un coupon de réduction y est associé. Ce construit transcende la simple rationalité économique : il capture la composante hédonique et émotionnelle de l’utilisation du coupon. L’acte de découper, collecter et échanger un coupon déclenche une valorisation de l’estime de soi, l’individu s’auto-attribuant le statut gratifiant de « consommateur expert » ou d’acheteur avisé qui déjoue le système commercial traditionnel.

4. La propension aux soldes (Sale Proneness – SP)

Tout comme la propension aux coupons, la propension aux soldes évalue la réactivité accrue aux baisses de prix temporaires, aux étiquettes promotionnelles et aux démarques en magasin. La distinction théorique réside dans le stimulus : alors que le coupon nécessite une planification active préalable et un effort d’encaissement, les soldes sollicitent une réaction contextuelle sur le lieu de vente. Ce construit capture l’excitation affective générée par la découverte d’un rabais et la tendance à acheter un article non planifié uniquement en raison de son statut promotionnel affiché.

5. L’expertise marchande des prix (Price Mavenism – PM)

Inspirée du concept plus large de Market Maven développé par Feick et Price (1987), cette dimension mesure la tendance d’un individu à collecter une vaste réserve d’informations tarifaires et à la transmettre spontanément à son réseau social. Le « maven des prix » se perçoit et est perçu comme une référence bienveillante. Il prend plaisir à guider ses amis, collègues et proches vers les meilleures offres, renforçant ainsi son utilité sociale et son statut d’expert informel au sein de sa communauté.

6. Le schéma prix-qualité (Price-Quality Schema – PQS)

Cette sous-échelle évalue la croyance généralisée et stable selon laquelle il existe une corrélation positive quasi systématique entre le niveau de prix d’un bien et son niveau qualitatif réel. Pour les individus présentant un score élevé sur cette dimension, le dicton « on en a toujours pour son argent » fonctionne comme une heuristique de jugement prioritaire. En situation de doute, d’ambiguïté technique ou de complexité cognitive, ces consommateurs évitent instinctivement les options à bas prix par crainte d’acquérir une marchandise défectueuse ou médiocre.

7. La sensibilité au prestige (Prestige Sensitivity – PRES)

La sensibilité au prestige opérationnalise l’orientation psychologique selon laquelle le prix élevé d’un produit est valorisé pour sa capacité à projeter une image favorable de réussite sociale, de pouvoir économique et de sophistication auprès d’autrui. Ancré dans les théories de la consommation ostentatoire, ce construit mesure le besoin d’impressionner l’entourage à travers l’exhibition de marques coûteuses et exclusives, le prix élevé agissant ici comme un amplificateur narcissique et statutaire plutôt que comme un frein à l’achat.

6. Cadre théorique

Le cadre théorique des PPS-Price est profondément ancré dans la convergence de la psychologie cognitive, de la théorie microéconomique comportementale et de la sociologie de la consommation. Lichtenstein, Ridgway et Netemeyer ont formalisé leur modèle pour dépasser les postulats de l’économie néoclassique et unifier plusieurs corpus théoriques jusqu’alors cloisonnés :

Le modèle du sacrifice perçu et de la valeur perçue de Zeithaml

Le socle conceptuel immédiat de l’instrument découle du modèle séminal de Valarie A. Zeithaml (1988). Zeithaml a démontré que la perception du prix par le consommateur ne coïncide pas avec le prix objectif (le montant monétaire réel), mais se décompose en « prix perçu », « sacrifice perçu » (financier, temporel, psychologique) et « qualité perçue ». Lichtenstein et ses collègues ont enrichi cette approche en démontrant que le sacrifice n’est pas la seule voie de traitement du prix : le prix agit simultanément comme un stimulus monétaire contraignant et comme un signal informationnel doté d’une valence sémantique positive.

La théorie de la consommation ostentatoire de Veblen

Pour fonder la dimension de Prestige Sensitivity, les auteurs s’appuient sur les écrits fondateurs de Thorstein Veblen (1899) et sa conceptualisation des « biens de Veblen » (Veblen goods). Selon cette approche sociologique, certains consommateurs n’évaluent pas l’utilité fonctionnelle directe d’un bien, mais son utilité statutaire dérivée du prix. L’élasticité-prix de la demande devient alors positive dans certains segments : plus le prix est exorbitant, plus la barrière d’entrée financière est élevée, et plus le produit devient désirable en tant qu’instrument d’affichage de distinction de classe et de puissance pécuniaire.

La théorie du traitement heuristique de l’information et des signaux

Le Price-Quality Schema s’enracine dans la théorie des signaux (Spence, 1973) et les théories cognitives des heuristiques de jugement (Kahneman, Slovic & Tversky, 1982). Lorsque le consommateur fait face à une asymétrie d’information ou à des coûts de recherche d’information prohibitivement élevés, il active des schémas cognitifs préexistants. Le prix sert alors de signal observable d’un attribut inobservable (la qualité intrinsèque), réduisant l’incertitude décisionnelle perçue au détriment d’une analyse systématique des caractéristiques techniques du bien.

La théorie de l’acheteur intelligent (Smart-Shopper Theory)

Pour expliquer les dimensions Coupon Proneness et Sale Proneness, les auteurs mobilisent les travaux sur l’attribution causale et la gratification psychologique de l’achat promotionnel (Schindler, 1989). Obtenir un rabais ne génère pas uniquement une utilité de transaction (au sens de Thaler, 1985) ; cela suscite une attribution interne positive : l’individu s’attribue le mérite d’avoir déniché une opportunité financière, ce qui procure une élévation de l’humeur, un sentiment de compétence et une valorisation de son sentiment d’efficacité personnelle.

7. Validité

La validité psychométrique des Échelles de perception du prix a fait l’objet d’un processus de validation empirique particulièrement rigoureux au sein de l’étude princeps de Lichtenstein, Ridgway et Netemeyer (1993), complétée ultérieurement par de nombreuses réplications internationales :

Validité de contenu et validité apparente

La génération initiale des items s’est appuyée sur une revue exhaustive de la littérature en marketing et psychologie, suivie d’entretiens exploratoires avec des consommateurs. Les bassins initiaux d’items ont ensuite été soumis à des panels d’experts académiques pour évaluer la clarté sémantique, la redondance et la pertinence théorique de chaque formulation par rapport aux définitions opérationnelles des construits, conduisant à l’élimination des items ambigus avant administration empirique.

Validité convergente

La validité convergente a été établie par modélisation d’équations structurelles (LISREL VII). Tous les items conçus pour saturer sur leur facteur théorique respectif présentaient des coefficients de régression standardisés (facteurs de saturation $lambda$) hautement significatifs ($t > 2{,}00$, la quasi-totalité dépassant $t > 5{,}00$, $p < 0{,}001$). De surcroît, la variance moyenne extraite (Average Variance Extracted, AVE) pour chaque dimension excédait le seuil conventionnel de 0,50, démontrant que la majorité de la variance observée des items est attribuable au construit latent sous-jacent.

Validité discriminante

La validité discriminante a été démontrée à travers deux procédures méthodologiques rigoureuses :

  • Tests de comparaison de modèles emboîtés (Différence de $\chi^2$) : Pour chaque paire possible des sept dimensions, un modèle dans lequel la corrélation inter-factorielle ($phi$) était fixée à 1,00 a été comparé à un modèle où ce paramètre était estimé librement. Dans tous les cas, le modèle libre a affiché une baisse statistiquement significative du $\chi^2$ ($\Delta\chi^2(1) > 3{,}84$, $p < 0{,}05$), prouvant que les sept construits sont empiriquement non redondants.
  • Critère de Fornell-Larcker : La racine carrée de l’AVE de chaque construit latent s’est révélée systématiquement supérieure aux corrélations bivariées partagées entre ce construit et n’importe quelle autre dimension du modèle. Par exemple, bien que Coupon Proneness et Sale Proneness partagent une orientation promotionnelle commune, leur corrélation empirique ($r \approx 0{,}55$) n’atteint jamais un niveau suggérant une colinéarité conceptuelle.

Validité prédictive et nomologique

La validité prédictive a été testée sur des comportements réels mesurés dans un carnet d’achat et des données de caisse (panels de scanners) sur plusieurs mois auprès de ménages participants. Les résultats ont confirmé des relations nomologiques remarquables :

  • La sensibilité à la valeur prédit positivement l’achat de marques de distributeurs premium et le comportement de comparaison systématique des prix unitaires ;
  • La sensibilité au prix prédit l’achat de marques génériques bas de gamme et le nombre de magasins visités pour effectuer les courses hebdomadaires ;
  • La propension aux coupons prédit directement et spécifiquement le volume de coupons échangés lors des passages en caisse ;
  • La propension aux soldes prédit l’achat disproportionné de marques nationales uniquement lorsqu’elles font l’objet d’un affichage promotionnel en tête de gondole ;
  • Le schéma prix-qualité prédit le rejet catégorique des alternatives premier prix dans les catégories de produits technologiques ou perçues à haut risque fonctionnel ;
  • La sensibilité au prestige prédit de manière significative la préférence pour les marques de luxe et les produits à fort affichage social visible.

8. Fidélité

La fidélité des différentes sous-échelles de la batterie PPS-Price a été attestée par des indices de consistance interne élevés, calculés à la fois lors de l’étude de calibrage initiale et lors des réplications transversales ultérieures :

Sous-échelle Nombre d’items Alpha de Cronbach ($\alpha$) Fiabilité composite ($rho$)
Sensibilité à la valeur (VC) 7 0,81 – 0,84 0,83
Sensibilité au prix pur (PC) 5 0,72 – 0,76 0,75
Propension aux coupons (CP) 8 0,88 – 0,91 0,90
Propension aux soldes (SP) 6 0,82 – 0,86 0,85
Expertise marchande des prix (PM) 6 0,87 – 0,89 0,88
Schéma prix-qualité (PQS) 4 0,74 – 0,78 0,77
Sensibilité au prestige (PRES) 9 0,89 – 0,92 0,91

Les corrélations inter-items moyennes oscillent entre 0,40 et 0,65 pour l’ensemble des échelles, témoignant d’une très bonne homogénéité interne sans redondance sémantique excessive. Les tests de fidélité par la méthode du test-retest (administrée avec un intervalle de quatre à six semaines sur des sous-échantillons d’étudiants et d’adultes) ont révélé des coefficients de corrélation temporelle supérieurs à 0,78 ($p < 0{,}001$), attestant de la remarquable stabilité temporelle des orientations tarifaires mesurées, qui se comportent davantage comme des traits attitudinaux durables que comme des états émotionnels fluctuants.

9. Analyse factorielle

Le développement méthodologique des échelles PPS-Price s’est appuyé sur une succession rigoureuse d’analyses factorielles exploratoires (AFE) puis d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) à l’aide du progiciel statistique LISREL :

Phase exploratoire initiale

Lors de la phase préliminaire d’analyse sur un premier échantillon de consommateurs, une extraction des facteurs par la méthode des axes principaux avec rotation oblique (Promax) a été réalisée sur l’ensemble du vivier de questions. Les critères d’arrêt de Kaiser (valeurs propres supérieures à 1,0) et l’examen du diagramme de Cattell (scree test) ont clairement confirmé l’émergence d’une solution à sept facteurs distincts, expliquant plus de 62 % de la variance totale des données. Plusieurs items présentant des saturations croisées élevées (> 0,35 sur un facteur secondaire) ou des saturations primaires insuffisantes (< 0,50) ont été purgés à cette étape.

Modélisation factorielle confirmatoire

L’analyse factorielle confirmatoire menée sur l’échantillon de terrain définitif ($N = 326$) a testé la structure théorique à sept facteurs corrélés. Les indices d’ajustement global ont démontré une conformité exemplaire du modèle aux données empiriques observées :

  • Ratio Chi-deux sur degrés de liberté : $\chi^2 / \text{ddl} = 1{,}84$, ce qui est nettement inférieur au seuil critique conservateur de 2,00 ;
  • Goodness-of-Fit Index (GFI) : 0,91 ;
  • Adjusted Goodness-of-Fit Index (AGFI) : 0,88 ;
  • Comparative Fit Index (CFI) : 0,93 ;
  • Root Mean Square Residual (RMSR) : 0,049 (témoignant de résidus d’estimation très faibles).

Structure factorielle de second ordre

Les auteurs ont également modélisé une structure factorielle hiérarchique de second ordre visant à vérifier si les sept facteurs de premier ordre pouvaient se rattacher aux deux grands rôles postulés du prix :

  1. Le facteur de second ordre « Rôle négatif du prix » (le prix comme contrainte/sacrifice), qui chapeaute avec succès la Sensibilité à la valeur, la Sensibilité au prix, la Propension aux coupons, la Propension aux soldes et l’Expertise marchande ;
  2. Le facteur de second ordre « Rôle positif du prix » (le prix comme signal/information), qui structure solidement le Schéma prix-qualité et la Sensibilité au prestige.

Bien que le modèle de second ordre affiche des qualités psychométriques satisfaisantes, les auteurs recommandent expressément l’utilisation des sept scores factoriels distincts de premier ordre dans les protocoles de recherche afin de préserver la finesse granulaire des prédictions comportementales.

10. Instrument de mesure

L’instrument de mesure opérationnel se caractérise par les modalités techniques suivantes :

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report measure) évaluant des traits cognitifs et comportementaux stables relatifs aux prix.
  • Format d’administration : Auto-administré sur support papier-crayon ou via des plateformes électroniques de collecte de données en ligne (Qualtrics, LimeSurvey, etc.).
  • Nombre total d’items : 45 items répartis au sein des sept sous-échelles spécifiques (VC : 7 items, PC : 5 items, CP : 8 items, SP : 6 items, PM : 6 items, PQS : 4 items, PRES : 9 items).
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert à 7 points (7-point Likert scale) :
    1 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree)
    2 = En désaccord (Disagree)
    3 = Légèrement en désaccord (Somewhat Disagree)
    4 = Neutre / Ni en accord ni en désaccord (Neither Agree nor Disagree)
    5 = Légèrement d’accord (Somewhat Agree)
    6 = D’accord (Agree)
    7 = Fortement d’accord (Strongly Agree)
  • Règles de cotation et de calcul des scores :
    • Les items 8, 9 et 11 (faisant partie de la sous-échelle de sensibilité au prix pur) sont formulés négativement par rapport à la disposition à fournir des efforts et doivent faire l’objet d’un codage inversé (reverse scoring : $8 – \text{score}$) si l’on souhaite quantifier la propension active à la recherche d’efforts tarifaires, conformément aux recommandations des auteurs.
    • Pour chaque sous-échelle, le score dimensionnel s’obtient en calculant soit la moyenne arithmétique (somme des items de la sous-échelle divisée par leur nombre, conservant ainsi l’échelle métrique de 1 à 7), soit la somme cumulative brute des items affiliés.
    • Il n’existe pas de score global agrégé unifié pour les 45 items combinés, car agréger des dimensions antinomiques (par exemple la sensibilité au prix pur et la sensibilité au prestige) détruirait la validité de contenu de la batterie.
  • Temps d’administration moyen : Environ 10 à 15 minutes pour l’ensemble de la batterie complète des 45 items.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication princeps : 1993.
  • Statut des droits et accès : Les échelles PPS-Price ont été publiées dans le domaine académique au sein du Journal of Marketing Research par l’American Marketing Association (AMA).
  • Frais d’utilisation (Tarifs) : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite à des fins de recherche académique, d’enseignement universitaire et de travaux de thèse ou de mémoire sans finalité commerciale, sous réserve de citer expressément l’article de référence princeps selon les normes bibliographiques en vigueur.
  • Usage commercial : Toute exploitation commerciale, intégration au sein d’un logiciel propriétaire d’analyse consommateur payant ou reproduction intégrale dans un ouvrage commercial nécessite une autorisation écrite préalable auprès de l’American Marketing Association (détentrice des droits d’exploitation du journal) et des auteurs.

12. Références

  • Feick, L. F., & Price, L. L. (1987). The market maven: A diffuser of marketplace information. Journal of Marketing, 51(1), 83–97. https://doi.org/10.1177/002224298705100107
  • Kahneman, D., Slovic, P., & Tversky, A. (Eds.). (1982). Judgment under uncertainty: Heuristics and biases. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9780511809477
  • Lichtenstein, D. R., Ridgway, N. M., & Netemeyer, R. G. (1993). Price perceptions and consumer shopping behavior: A field study. Journal of Marketing Research, 30(2), 234–245. https://doi.org/10.1177/002224379303000208
  • Netemeyer, R. G., Bearden, W. O., & Sharma, S. (2003). Scaling procedures: Issues and applications. SAGE Publications. https://doi.org/10.4135/9781412985772
  • Schindler, R. M. (1989). The excitement of getting a bargain: Some hypotheses concerning the origins and effects of smart-shopper feelings. Advances in Consumer Research, 16(1), 447–453.
  • Spence, M. (1973). Job market signaling. The Quarterly Journal of Economics, 87(3), 355–374. https://doi.org/10.2307/1882010
  • Thaler, R. (1985). Mental accounting and consumer choice. Marketing Science, 4(3), 199–214. https://doi.org/10.1287/mksc.4.3.199
  • Veblen, T. (1899). The theory of the leisure class: An economic study of institutions. Macmillan.
  • Zeithaml, V. A. (1988). Consumer perceptions of price, quality, and value: A means-end model and synthesis of evidence. Journal of Marketing, 52(3), 2–22. https://doi.org/10.1177/002224298805200302

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response scale: 7-point Likert scale (1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree)

  1. I am very concerned about low prices, but I am equally concerned about product quality.
  2. When grocery shopping, I compare the prices of different brands to be sure I get the best value for the money.
  3. When purchasing a product, I always try to maximize the quality I get for the money I spend.
  4. When I buy products, I like to be sure that I am getting my money’s worth.
  5. I generally shop around for lower prices on products, but they still must meet certain quality requirements before I buy them.
  6. When I shop, I usually compare the ‘price per ounce’ (or unit) for different brands to be sure I get the best value.
  7. I consider the price of all brands before I buy in order to get the best value.
  8. I am not willing to go to extra effort to find lower prices.
  9. The money saved by finding low prices is usually not worth the time and effort.
  10. I would shop at more than one store to find low prices.
  11. The time it takes to find low prices is usually not worth the effort.
  12. I will grocery shop at more than one store to take advantage of low prices.
  13. Redeeming coupons makes me feel good.
  14. I enjoy clipping coupons out of the newspaper.
  15. When I use coupons, I feel that I am getting a good deal.
  16. I enjoy using coupons, regardless of the amount I save.
  17. Using coupons makes me feel like a smart shopper.
  18. I have favorite brands, but most of the time I buy the brand I have a coupon for.
  19. Grocery shopping with coupons is fun.
  20. Beyond the money I save, redeeming coupons gives me a sense of joy.
  21. If a product is on sale, that can be a reason for me to buy it.
  22. When I buy a brand that’s on sale, I feel that I am getting a good deal.
  23. I recognize when grocery stores are having sales.
  24. I have favorite brands, but most of the time I buy the brand that’s on sale.
  25. Comparing prices of products on sale makes me feel good.
  26. Beyond the money I save, buying products on sale gives me a sense of joy.
  27. I am considered a good source of price information for many products.
  28. People ask me for price information for many different products.
  29. I like helping people by providing them with price information about many products.
  30. My friends think of me as a good source for price information.
  31. If someone asked me where to get the best price on several products, I could tell him or her where to shop.
  32. For many products, I am the person that people turn to for price information.
  33. Generally speaking, the higher the price of a product, the higher the quality.
  34. The old saying ‘you get what you pay for’ is generally true.
  35. The price of a product is a good indicator of its quality.
  36. You always have to pay a bit more for the best to get good quality.
  37. I have bought things because I knew they would impress other people.
  38. Even for a relatively inexpensive product, I think that buying a costly brand makes me look good to others.
  39. I would buy a product just because it has status.
  40. Buying the most expensive brand of a product makes me feel important.
  41. I enjoy owning things that people are impressed by.
  42. I feel good when others see me buying expensive items.
  43. People are impressed when someone buys a well-known, high-priced brand.
  44. When buying a product, I am concerned about what other people will think of me.
  45. It says something good about you when you buy the most expensive brand.
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Looti, M. (2026, septembre 24). Échelles de perception du prix (PPS-Price). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-perception-du-prix-pps-price/
Looti, Mohammed. “Échelles de perception du prix (PPS-Price).” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-perception-du-prix-pps-price/.
Looti, Mohammed. “Échelles de perception du prix (PPS-Price).” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-perception-du-prix-pps-price/.