1. Résumé
Les Échelles de Dépression, Anxiété et Stress – version courte à 21 items (DASS-21 ; Lovibond & Lovibond, 1995) constituent un instrument psychométrique auto-rapporté de premier plan, conçu pour évaluer et différencier la sévérité des états émotionnels négatifs fondamentaux : la dépression, l’anxiété et le stress perçu. Dérivé de la version princeps à 42 items, le DASS-21 présente une structure tripartite orthogonale comprenant trois sous-échelles de 7 items chacune. Les répondants évaluent la fréquence et l’intensité des symptômes éprouvés au cours de la semaine écoulée sur une échelle de Likert en 4 points (de 0 = « Ne s’est pas appliqué à moi du tout » à 3 = « S’est appliqué à moi dans une large mesure, ou la plupart du temps »).
La dimension Dépression mesure la dysphorie, le désespoir, la dévalorisation de soi, la perte d’intérêt et l’anhédonie. La dimension Anxiété capture l’hyperactivité du système nerveux autonome, les symptômes musculo-squelettiques, l’anxiété situationnelle et l’appréhension subjective. La dimension Stress, constitutive de l’originalité du modèle, quantifie la tension nerveuse non spécifique, l’irritabilité, l’agitation motrice et la difficulté persistante à se détendre. Sur le plan psychométrique, le DASS-21 démontre une consistance interne remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,82 et 0,94 pour les trois sous-échelles dans les populations cliniques, étudiantes et générales. Les analyses factorielles confirmatoires appuient majoritairement sa structure tridimensionnelle, tout en documentant la pertinence d’un modèle bifactoriel caractérisé par un facteur général d’affectivité négative (détresse générale) sous-jacent à des dimensions spécifiques stables. Disponible librement dans le domaine public à des fins cliniques et de recherche, le DASS-21 a été traduit et validé dans plus de 50 langues à travers le monde.
2. Mots-clés
DASS-21, dépression, anxiété, stress, psychométrie, évaluation clinique, modèle tripartite, affectivité négative, analyse factorielle confirmatoire, fidélité test-retest, dépistage psychologique, anhédonie, hyperéveil autonome.
3. Auteurs
L’instrument a été conçu et validé par :
- Sydney H. Lovibond, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à la School of Psychology, University of New South Wales (UNSW), Sydney, Australie. Pionnier de l’approche comportementale et de la psychométrie appliquée aux troubles affectifs.
- Peter F. Lovibond, Ph.D. : Professeur de psychologie clinique et cognitive à la School of Psychology, University of New South Wales (UNSW), Sydney, Australie. Chercheur spécialisé dans l’apprentissage associatif, le conditionnement de la peur et la psychopathologie expérimentale. Courriel institutionnel : [email protected].
4. Objectif
Le développement du DASS-21 répondait à un impératif méthodologique et nosologique majeur : surmonter le manque de spécificité discriminante propre aux échelles traditionnelles d’auto-évaluation de la dépression et de l’anxiété. Au début des années 1990, des inventaires établis tels que le Beck Depression Inventory (BDI) et le State-Trait Anxiety Inventory (STAI) souffraient d’un chevauchement conceptuel et empirique substantiel, attribuable à une forte variance partagée sous-tendue par la « détresse générale » ou l’affectivité négative non spécifique. Les praticiens et chercheurs se heurtaient régulièrement à des corrélations inter-échelles excessives (souvent supérieures à 0,70), rendant caduque toute différenciation clinique fine entre un épisode dépressif majeur et un trouble anxieux généralisé.
L’objectif fondamental des auteurs a donc été d’isoler expérimentalement les caractéristiques centrales et exclusives de la dépression et de l’anxiété, tout en identifiant un troisième construit autonome : le stress. Contrairement à de nombreux questionnaires élaborés par sélection d’items fondés sur des critères nosographiques a priori (comme ceux du DSM), le DASS a été forgé selon une démarche empirique itérative : élimination des items ambigus ou non discriminants, analyses factorielles exploratoires rigoureuses sur de vastes cohortes non cliniques et cliniques, et optimisation de la saturation factorielle.
Dans la pratique clinique, le DASS-21 ne constitue pas un outil de diagnostic formel catégoriel (il ne pose pas de diagnostic de trouble dépressif caractérisé ou de phobie spécifique au sens nosologique), mais sert d’instrument dimensionnel de dépistage, de stratification de la sévérité symptomatique et de suivi longitudinal des réponses thérapeutiques. Il s’avère particulièrement utile lors de l’évaluation initiale en soins primaires ou en santé mentale ambulatoire pour monitorer les progrès sous psychothérapie (notamment dans les thérapies cognitivo-comportementales) ou sous pharmacothérapie. Dans le domaine de la recherche, il offre aux investigateurs en psychologie de la santé, en épidémiologie et en ergonomie/santé au travail un outil robuste, d’administration rapide (moins de 5 minutes), capable de dissocier les manifestations somatiques de l’anxiété des réponses d’épuisement ou de tension liées aux stresseurs environnementaux chroniques.
5. Construit psychologique
Le DASS-21 opérationnalise trois dimensions distinctes mais modérément corrélées du fonctionnement émotionnel. Chacune de ces dimensions a été conceptualisée pour refléter des manifestations sémiologiques précises.
1. Dépression (DASS-D)
La sous-échelle de Dépression examine les aspects centraux de l’effondrement thymique, en mettant l’accent sur les manifestations cognitives et affectives plutôt que sur les symptômes végétatifs somatiques (tels que les perturbations du sommeil ou de l’appétit, souvent confondus avec des troubles somatiques généraux). Les composantes majeures incluent :
- L’anhédonie et la perte d’enthousiasme : Incapacité à ressentir des émotions positives, indifférence émotionnelle et perte de plaisir (ex. : Item 3 « I couldn’t seem to experience any positive feeling at all » ; Item 16 « I was unable to become enthusiastic about anything »).
- La dysphorie et l’abattement : Tristesse profonde, sentiment d’impuissance et pessimisme (Item 13 « I felt down-hearted and blue »).
- La perte de sens et le désespoir existentiel : Sentiment d’absence de futur et vacuité de l’existence (Item 10 « I felt that I had nothing to look forward to » ; Item 21 « I felt that life was meaningless »).
- La dévalorisation de soi : Sentiment d’indignité et effondrement de l’estime personnelle (Item 17 « I felt I wasn’t worth much as a person »).
- L’inertie psychomotrice : Difficulté d’initiation comportementale et perte d’élan vital (Item 5 « I found it difficult to work up the initiative to do things »).
2. Anxiété (DASS-A)
La sous-échelle d’Anxiété se focalise principalement sur la réponse psychophysiologique d’alerte et l’hyperactivation neurovégétative, ainsi que sur l’expérience phénoménologique de la panique et de la peur aiguë :
- L’hyperéveil autonome : Manifestations physiques directes médiées par le système nerveux sympathique, comme la sécheresse buccale (Item 2 « I was aware of dryness of my mouth »), la dyspnée ou l’hyperventilation sans effort physique (Item 4 « I experienced breathing difficulty ») et la tachycardie ou les palpitations (Item 19 « I was aware of the action of my heart in the absence of physical exertion »).
- Les manifestations musculo-squelettiques : Tremblements et instabilité motrice (Item 7 « I experienced trembling »).
- L’appréhension panique et la perte de contrôle : Sentiment imminent de panique et crainte de désorganisation cognitive (Item 9 « I was worried about situations in which I might panic and make a fool of myself » ; Item 15 « I felt I was close to panic »).
- L’anxiété subjective sans objet : Peur diffuse, disproportionnée ou sans justification contextuelle immédiate (Item 20 « I felt scared without any good reason »).
3. Stress (DASS-S)
La dimension de Stress est la contribution théorique la plus distinctive des Lovibond. Elle mesure un état prolongé d’hyperactivation non spécifique, caractérisé par une tension neuromusculaire soutenue, une intolérance à la frustration et une incapacité à revenir à l’homéostasie :
- La difficulté à décompresser et à se détendre : Incapacité chronique au relâchement psychologique et corporel (Item 1 « I found it hard to wind down » ; Item 12 « I found it difficult to relax »).
- La réactivité émotionnelle excessive : Tendance à surréagir aux incidents mineurs du quotidien (Item 6 « I tended to over-react to situations »).
- La dépense excessive d’énergie nerveuse : Sensation de tension continue, fébrilité et nervosité (Item 8 « I felt that I was using a lot of nervous energy »).
- L’agitation motrice : Incapacité à rester en place, impatience motrice (Item 11 « I found myself getting agitated »).
- L’irritabilité et l’intolérance à l’interruption : Vulnérabilité aux contrariétés, susceptibilité et agacement face aux délais ou imprévus (Item 14 « I was intolerant of anything that kept me from getting on with what I was doing » ; Item 18 « I felt that I was rather touchy »).
6. Cadre théorique
Le cadre conceptuel du DASS-21 s’inscrit au carrefour de la psychologie cognitive, de la psychopathologie expérimentale et des modèles factoriels dimensionnels de la personnalité, plus spécifiquement en articulation critique avec le Modèle Tripartite développé par Lee Anna Clark et David Watson (1991).
Le modèle de Clark et Watson proposait de décomposer l’anxiété et la dépression en trois composantes fondamentales :
- L’Affectivité Négative Générale (AN) : Un facteur général de détresse psychologique commun à la dépression et à l’anxiété, comprenant la détresse, la culpabilité, le dégoût et la nervosité.
- L’Hyperéveil Physiologique (PH – Physiological Hyperarousal) : Une dimension spécifique à l’anxiété, caractérisée par des symptômes somatiques d’activation sympathique (tachycardie, sueurs, dyspnée).
- La Faible Affectivité Positive (LPA – Low Positive Affectivity) / Anhédonie : Une dimension spécifique à la dépression, marquée par l’absence d’énergie, de joie, d’enthousiasme et de vitalité.
Tout en reconnaissant la validité heuristique du modèle de Clark et Watson, Sydney et Peter Lovibond (1995) ont mis en évidence que les tentatives antérieures de mesure regroupaient sous l’étiquette « anxiété » deux processus physiologiques et phénoménologiques distincts : d’une part, l’anxiété aiguë/peur liée à une menace imminente (décharge sympathique aiguë, appréhension de la panique) ; d’autre part, un état continu d’alerte, de tension, d’impatience et d’irritabilité souvent rencontré dans le stress de la vie quotidienne ou dans le trouble anxieux généralisé (TAG).
Les Lovibond ont démontré empiriquement que cet état de tension soutenue formait un facteur psychométrique stable et autonome : le Stress. Dans le paradigme DASS :
- La sous-échelle Dépression correspond étroitement à la Faible Affectivité Positive et au sentiment de désespoir (désengagement comportemental et affectif).
- La sous-échelle Anxiété correspond rigoureusement à l’Hyperéveil Physiologique et à la vulnérabilité phobique/panique (système de détection de menace immédiate).
- La sous-échelle Stress saisit la tension résiduelle, l’effort d’adaptation face aux exigences environnementales perçues comme dépassant les ressources de l’individu (se rapprochant des théories du stress transactionnel de Lazarus et Folkman, et de la charge allostatique de McEwen).
Par conséquent, le DASS-21 ne postule pas une séparation étanche des troubles au sens de catégories médicales indépendantes, mais cartographie un espace dimensionnel continu où les états émotionnels négatifs partagent une part de variance commune tout en maintenant des profils symptomatiques hautement individualisables.
7. Validité
La validité psychométrique du DASS-21 a fait l’objet de centaines de réplications empiriques internationales, confirmant sa robustesse à travers divers contextes culturels, cliniques et linguistiques.
Validité convergente
La validité convergente du DASS-21 a été rigoureusement établie en corrélant ses sous-échelles avec les mesures psychométriques de référence :
- La sous-échelle Dépression (DASS-D) montre de fortes corrélations positives avec le Beck Depression Inventory-II (BDI-II), variant typiquement entre r = 0,72 et r = 0,85, ainsi qu’avec l’échelle d’évaluation de la dépression de Hamilton (HAM-D ; r = 0,65 à 0,74).
- La sous-échelle Anxiété (DASS-A) présente des corrélations élevées avec le Beck Anxiety Inventory (BAI ; r = 0,70 à 0,81) et avec la sous-échelle d’état du State-Trait Anxiety Inventory (STAI-S ; r = 0,65 à 0,78).
- La sous-échelle Stress (DASS-S) montre de fortes associations avec l’échelle de stress perçu (Perceived Stress Scale, PSS-10 ; r = 0,68 à 0,77) et avec le questionnaire d’anxiété généralisée de Penn State (PSWQ ; r = 0,60 à 0,71), attestant de sa capacité à mesurer l’inquiétude chronique et la tension soutenue.
Validité discriminante
Le point fort structurel du DASS-21 réside dans sa validité discriminante supérieure à celle de ses prédécesseurs. Dans l’étude séminale de Lovibond et Lovibond (1995) ainsi que dans les travaux de validation de Crawford et Henry (2003) sur un échantillon normatif non clinique de 1 794 participants au Royaume-Uni :
- La corrélation entre le DASS-D et le BAI (mesure d’anxiété) est significativement plus faible (r ≈ 0,54) que celle observée traditionnellement entre le BDI et le BAI (souvent r > 0,65).
- De même, le DASS-A montre une corrélation modérée avec le BDI (r ≈ 0,51), démontrant que la sous-échelle d’anxiété du DASS élimine efficacement la contamination par des affects dépressifs non spécifiques.
- Le facteur Stress partage une variance modérée avec les deux autres composantes (corrélations inter-facteurs généralement situées entre r = 0,55 et 0,70), ce qui reflète la nature hybride de la détresse émotionnelle sans pour autant compromettre la distinction factorielle.
Validité de critère et prédictive
Dans les cohortes cliniques diagnostiquées selon les critères DSM-IV et DSM-5 (Antony et al., 1998 ; Brown et al., 1997) :
- Les patients souffrant de trouble dépressif caractérisé obtiennent des scores significativement plus élevés sur l’échelle DASS-D que les patients présentant des troubles paniques ou d’anxiété sociale.
- Les patients atteints de trouble panique affichent des scores prédominants sur l’échelle DASS-A par rapport aux témoins et aux patients dépressifs purs.
- Les patients souffrant de trouble anxieux généralisé (TAG) présentent des élévations marquées à la fois sur l’échelle DASS-S et sur l’échelle DASS-A, soulignant l’implication du stress chronique dans la pathogenèse du TAG.
8. Fidélité
La fidélité du DASS-21 a été évaluée à travers l’estimation de sa consistance interne et la stabilité temporelle de ses scores (test-retest).
Consistance interne
Les indices de cohérence interne calculés via l’alpha de Cronbach (α) et le coefficient oméga de McDonald (ω) dépassent de façon consistante les standards psychométriques recommandés pour l’usage individuel (≥ 0,80) :
- Échelle Dépression (7 items) : α = 0,88 à 0,94 en population générale ; α = 0,91 à 0,96 en milieu psychiatrique.
- Échelle Anxiété (7 items) : α = 0,82 à 0,88 en population générale ; α = 0,85 à 0,92 en contexte clinique.
- Échelle Stress (7 items) : α = 0,85 à 0,90 en population générale ; α = 0,88 à 0,93 en contexte clinique.
- Score total de détresse psychologique : α = 0,93 à 0,97.
Dans l’étude britannique de standardisation menée par Henry et Crawford (2005) sur 1 794 volontaires adultes, les coefficients alpha observés étaient de 0,88 pour la dépression, 0,82 pour l’anxiété et 0,90 pour le stress, démontrant une homogénéité des items exceptionnelle malgré la brièveté de chaque sous-échelle (7 items par construit).
Fidélité test-retest
La stabilité temporelle dépend étroitement de la période d’intervalle retenue, le DASS-21 étant conçu pour évaluer un état symptomatique au cours de la semaine écoulée plutôt qu’un trait de personnalité immuable. Néanmoins :
- Sur un intervalle court de deux semaines, Lovibond et Lovibond (1995) ont rapporté des coefficients de corrélation test-retest de r = 0,71 pour la dépression, r = 0,79 pour l’anxiété et r = 0,81 pour le stress.
- D’autres études chez des étudiants universitaires sur des intervalles de 3 à 4 semaines ont montré une stabilité satisfaisante (coefficients intra-classe variant entre 0,65 et 0,80), illustrant à la fois la fidélité de l’outil et sa sensibilité clinique attendue face aux fluctuations situationnelles réelles.
9. Analyse factorielle
La structure dimensionnelle du DASS-21 a fait l’objet d’intenses débats méthodologiques au moyen d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) et de modèles d’équations structurelles.
Le modèle canonique à trois facteurs corrélés
Le modèle tridimensionnel orthogonal ou oblique original (Lovibond & Lovibond, 1995) postule trois facteurs latents distincts correspondant aux échelles : Dépression, Anxiété et Stress. De nombreuses études (ex. : Antony et al., 1998 ; Clara et al., 2001 ; Gloster et al., 2008) ont confirmé l’adéquation satisfaisante de ce modèle aux données empiriques :
- Comparative Fit Index (CFI) ≥ 0,92 – 0,95.
- Tucker-Lewis Index (TLI) ≥ 0,91 – 0,94.
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) ≤ 0,05 – 0,06.
Les saturations factorielles standardisées (factor loadings) de chaque item sur son facteur théorique assigné sont robustes, généralement situées entre λ = 0,60 et λ = 0,85, avec des saturations croisées minimes.
Le modèle bifactoriel et de second ordre
Étant donné la forte corrélation inter-factorielle (souvent comprise entre 0,60 et 0,75), des chercheurs comme Henry et Crawford (2005) ont comparé plusieurs modèles concurrents : un modèle unifactoriel (détresse générale indifférenciée), un modèle à deux facteurs (dépression vs anxiété somatique combinée au stress), le modèle à trois facteurs, et un modèle bifactoriel (ou modèle hiérarchique avec un facteur général d’affectivité négative et trois sous-facteurs spécifiques groupés).
Les indices d’ajustement indiquent de manière constante que le modèle unifactoriel présente un ajustement inacceptable (CFI < 0,80 ; RMSEA > 0,10), rejetant l’hypothèse selon laquelle le DASS-21 ne mesurerait qu’une détresse indifférenciée. En revanche, le modèle bifactoriel offre fréquemment un ajustement supérieur (CFI > 0,96 ; RMSEA < 0,045). Ce modèle bifactoriel démontre que :
- Une part substantielle de la variance totale des items s’explique par un facteur général de « détresse psychologique générale » (Affectivité Négative).
- Néanmoins, les facteurs spécifiques de Dépression (anhédonie/désespoir), d’Anxiété (hyperéveil autonome) et de Stress (tension/agitation) conservent une variance résiduelle statistiquement significative et cliniquement interprétable.
Ces conclusions justifient le calcul des scores par sous-échelle pour orienter le profil clinique du patient, tout en autorisant l’utilisation du score total du DASS-21 comme indicateur global du fardeau émotionnel négatif dans les enquêtes épidémiologiques.
10. Instrument de mesure
- Type de mesure : Échelle psychométrique auto-rapportée (auto-questionnaire standardisé).
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée/numérique en ligne.
- Population cible : Adultes et adolescents à partir de 14 ans (validé en contextes cliniques, universitaires et en population générale).
- Durée moyenne de passation : Environ 3 à 5 minutes.
- Nombre total d’items : 21 items, répartis rigoureusement en trois sous-échelles de 7 items chacune :
- Dépression : Items 3, 5, 10, 13, 16, 17, 21.
- Anxiété : Items 2, 4, 7, 9, 15, 19, 20.
- Stress : Items 1, 6, 8, 11, 12, 14, 18.
- Format de l’échelle de réponse (MANDATOIRE) : Échelle ordinale en 4 points d’intensité/fréquence évaluant la semaine écoulée :
0= Did not apply to me at all (Ne s’est pas appliqué à moi du tout)1= Applied to me to some degree, or some of the time (S’est appliqué à moi à un certain degré, ou une partie du temps)2= Applied to me to a considerable degree or a good part of time (S’est appliqué à moi à un degré considérable ou une bonne partie du temps)3= Applied to me very much or most of the time (S’est appliqué à moi dans une large mesure, ou la plupart du temps)- Procédure de calcul des scores (Cotation) :
- Calculer la somme brute des scores des 7 items pour chaque sous-échelle (étendue brute par échelle : 0 à 21).
- Règle de conversion standard des auteurs : Multiplier le score brut de chaque sous-échelle par 2 (Score DASS-21 = Somme des items × 2). Cette multiplication permet de rapporter les scores directement à la grille normative de référence du DASS complet à 42 items (étendue transformée : 0 à 42 par dimension).
- Aucun item inversé : Tous les items sont formulés dans le sens direct du construit pathologique.
- Seuils de sévérité clinique indicatifs (après multiplication par 2) :
- Dépression : Normal (0–9), Léger (10–13), Modéré (14–20), Sévère (21–27), Extrêmement sévère (28+).
- Anxiété : Normal (0–7), Léger (8–9), Modéré (10–14), Sévère (15–19), Extrêmement sévère (20+).
- Stress : Normal (0–14), Léger (15–18), Modéré (19–25), Sévère (26–33), Extrêmement sévère (34+).
11. Permissions, Tarifs et Année du test
- Année de publication initiale : 1995 (Lovibond & Lovibond, Behaviour Research and Therapy).
- Droits d’auteur et permissions : Les auteurs (Sydney H. Lovibond et Peter F. Lovibond) ont placé les échelles DASS et DASS-21 dans le domaine public à des fins cliniques, de recherche et d’enseignement. Aucune autorisation écrite préalable n’est requise de la part des auteurs pour imprimer, administrer ou intégrer l’échelle dans des protocoles de recherche non commerciaux.
- Tarifs d’utilisation : Libre d’accès et gratuit (Open Access / Sans redevance). Les utilisateurs commerciaux (ex. : intégration dans des logiciels médicaux propriétaires payants) sont invités à consulter les conditions stipulées par l’Université de Nouvelle-Galles du Sud via le portail officiel du DASS.
- Site ressource officiel : Psychology Department, University of New South Wales – DASS Website.
12. Références
- Antony, M. M., Bieling, P. J., Cox, B. J., Enns, M. W., & Swinson, R. P. (1998). Psychometric properties of the 42-item and 21-item versions of the Depression Anxiety Stress Scales in clinical groups and a community sample. Psychological Assessment, 10(2), 176–181. https://doi.org/10.1037/1040-3590.10.2.176
- Brown, T. A., Chorpita, B. F., Korotitsch, W., & Barlow, D. H. (1997). Psychometric properties of the Depression Anxiety Stress Scales (DASS) in clinical samples. Behaviour Research and Therapy, 35(1), 79–89. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(96)00068-X
- Clark, L. A., & Watson, D. (1991). Tripartite model of anxiety and depression: Psychometric evidence and taxonomic implications. Journal of Abnormal Psychology, 100(3), 316–336. https://doi.org/10.1037/0021-843X.100.3.316
- Crawford, J. R., & Henry, J. D. (2003). The Depression Anxiety Stress Scales (DASS): Normative data and latent structure in a large non-clinical sample. British Journal of Clinical Psychology, 42(2), 111–131. https://doi.org/10.1348/014466503321903544
- Henry, J. D., & Crawford, J. R. (2005). The short-form version of the Depression Anxiety Stress Scales (DASS-21): Construct validity and normative data in a large non-clinical sample. British Journal of Clinical Psychology, 44(2), 227–239. https://doi.org/10.1348/014466505X29657
- Lovibond, P. F., & Lovibond, S. H. (1995). The structure of negative emotional states: Comparison of the Depression Anxiety Stress Scales (DASS) with the Beck Depression and Anxiety Inventories. Behaviour Research and Therapy, 33(3), 335–343. https://doi.org/10.1016/0005-7967(94)00075-U
- Norton, P. J. (2007). Depression Anxiety and Stress Scales (DASS-21): Psychometric analysis across four racial groups. Anxiety, Stress, and Coping, 20(3), 253–265. https://doi.org/10.1080/10615800701309279
13. Questions et items du questionnaire
Response Scale:
4-point severity/frequency scale:
0 = Did not apply to me at all
1 = Applied to me to some degree, or some of the time
2 = Applied to me to a considerable degree or a good part of time
3 = Applied to me very much or most of the time
Instructions: Please read each statement and select a number (0, 1, 2 or 3) which indicates how much the statement applied to you over the past week. There are no right or wrong answers. Do not spend too much time on any statement.
- I found it hard to wind down
- I was aware of dryness of my mouth
- I couldn’t seem to experience any positive feeling at all
- I experienced breathing difficulty (e.g. excessively rapid breathing, breathlessness in the absence of physical exertion)
- I found it difficult to work up the initiative to do things
- I tended to over-react to situations
- I experienced trembling (e.g. in the hands)
- I felt that I was using a lot of nervous energy
- I was worried about situations in which I might panic and make a fool of myself
- I felt that I had nothing to look forward to
- I found myself getting agitated
- I found it difficult to relax
- I felt down-hearted and blue
- I was intolerant of anything that kept me from getting on with what I was doing
- I felt I was close to panic
- I was unable to become enthusiastic about anything
- I felt I wasn’t worth much as a person
- I felt that I was rather touchy
- I was aware of the action of my heart in the absence of physical exertion (e.g. sense of heart rate increase, heart missing a beat)
- I felt scared without any good reason
- I felt that life was meaningless