1. Résumé
Les Échelles de contrôle stop et start (Stop and Start Control Scales), conçues par Bernard J. de Boer, Edwin A. J. van Hooft et Arnold B. Bakker en 2011, constituent un instrument psychométrique novateur dédié à l’évaluation différentielle des deux dimensions cardinales de l’autorégulation comportementale : le contrôle inhibiteur (« Stop control ») et le contrôle initiateur ou persévérant (« Start control »). Alors que la littérature classique en psychologie cognitive et de la personnalité a longtemps abordé le contrôle de soi comme une entité unidimensionnelle centrée quasi exclusivement sur la capacité à réprimer des pulsions indésirables, cet outil postule et valide empiriquement une dissociation fonctionnelle entre réprimer une action contre-productive et initier activement ou maintenir une conduite orientée vers un but à long terme.
L’instrument comprend un total de 17 items auto-rapportés répartis en deux sous-échelles distinctes : la sous-échelle de Stop control (items 1 à 9), qui évalue la capacité à inhiber les impulsions spontanées, à respecter les règles établies et à résister aux gratifications immédiates ; et la sous-échelle de Start control (items 10 à 17), qui mesure l’aptitude à surmonter la procrastination, à focaliser son attention malgré les distracteurs et à persévérer dans des tâches exigeantes ou rébarbatives, y compris en contexte de fatigue ou de stress. Les réponses sont recueillies sur une échelle de type Likert en 7 points allant de 1 (« complètement en désaccord ») à 7 (« complètement d’accord »).
Les propriétés psychométriques établies lors des études de validation princeps mettent en évidence une consistance interne satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach de 0,73 pour le contrôle stop et de 0,72 pour le contrôle start. Les analyses factorielles confirmatoires corroborent la supériorité structurelle d’un modèle bifactoriel corrélé par rapport à un modèle unidimensionnel standard, tandis que les analyses de validité critérielle et incrémentielle démontrent que ces deux sous-échelles prédisent de manière différentielle des comportements au travail, la gestion budgétaire, la santé et la performance académique. Cet instrument s’impose ainsi comme un dispositif de mesure fondamental pour les chercheurs et les praticiens désireux de disséquer avec précision les rouages de la volition humaine.
2. Mots-clés
Contrôle de soi, maîtrise de soi, contrôle stop, contrôle start, autorégulation, inhibition comportementale, persévérance, impulsivité, fonctions exécutives, psychométrie, validation factorielle, comportement organisationnel.
3. Auteurs
Les Stop and Start Control Scales ont été conceptualisées et validées par un groupe de chercheurs en psychologie du travail, des organisations et de la personnalité de premier plan :
- Bernard J. de Boer : Docteur en psychologie industrielle et organisationnelle, rattaché à l’Institut des sciences psychologiques de l’Université Érasme de Rotterdam (Erasmus Universiteit Rotterdam, Pays-Bas). Ses travaux de thèse ont spécifiquement porté sur la décomposition bidimensionnelle de l’autorégulation et son impact sur la performance professionnelle.
- Edwin A. J. van Hooft : Professeur titulaire de psychologie du travail et des organisations à l’Université d’Amsterdam (Universiteit van Amsterdam, Pays-Bas). Spécialiste international de la recherche d’emploi, de la motivation au travail et de l’autorégulation, il explore les dynamiques proactives et volitionnelles régissant le comportement humain.
- Arnold B. Bakker : Professeur émérite de psychologie du travail et des organisations à l’Université Érasme de Rotterdam et professeur émérite à l’Université de Johannesbourg. Auteur de renommée mondiale pour ses modélisations du bien-être professionnel (modèle JD-R : Job Demands-Resources) et de l’engagement au travail (work engagement).
Correspondance institutionnelle : Département de psychologie du travail et des organisations, Université Érasme de Rotterdam, Rotterdam, Pays-Bas.
4. Objectif
L’objectif fondamental des échelles développées par De Boer, Van Hooft et Bakker (2011) est de remédier à une lacune conceptuelle et méthodologique majeure au sein des théories contemporaines du contrôle de soi : l’amalgame récurrent entre l’inhibition active et l’activation comportementale dirigée vers un but. Pendant plusieurs décennies, le contrôle de soi a été opérationnalisé à travers des échelles globales (telles que la célèbre Self-Control Scale de Tangney, Baumeister et Boone, 2004) qui additionnent indifféremment des énoncés mesurant la retenue pulsionnelle et des énoncés mesurant l’effort d’initiative.
Sur le plan théorique, les auteurs soutiennent que l’exercice du contrôle de soi implique deux mécanismes exécutifs qualitativement distincts :
- Le contrôle d’arrêt (Stop control) : la capacité volitionnelle à freiner, suspendre ou supprimer une impulsion comportementale, un désir tentant ou une habitude automatique qui contrevient à un objectif à long terme ou à une norme sociale.
- Le contrôle de départ (Start control) : la capacité volitionnelle à initier, dynamiser et maintenir un comportement constructif en l’absence de motivation intrinsèque immédiate, ou face à des obstacles cognitifs, affectifs et contextuels (fatigue, anxiété, distractions).
Dans le domaine de la recherche, cet instrument permet d’analyser la double dissociation prédictive de ces deux composantes. Par exemple, un individu peut être particulièrement compétent pour réprimer des dépenses impulsives ou éviter les conduites à risque (fort contrôle stop) tout en éprouvant d’immenses difficultés à commencer une tâche fastidieuse ou à persévérer face à l’échec (faible contrôle start). Inversement, un travailleur acharné et persévérant (fort contrôle start) peut manifester une incapacité notoire à résister à des collations caloriques ou à des distractions numériques spontanées (faible contrôle stop).
En pratique clinique, organisationnelle et éducative, la distinction offerte par les échelles permet des diagnostics comportementaux beaucoup plus précis. En psychologie de la santé, le contrôle stop prédit la réduction des comportements délétères (tabagisme, abus de substances, alimentation compulsive), tandis que le contrôle start gouverne l’adoption active de conduites protectrices (activité physique régulière, observance thérapeutique). En entreprise, le contrôle stop est négativement associé aux comportements contre-productifs au travail (Counterproductive Work Behaviors), tandis que le contrôle start est un déterminant direct de la performance à la tâche, de la proactivité et de l’achèvement des projets complexes.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique mesuré par cette batterie est l’autorégulation différentielle, structurée en deux pôles fonctionnels complémentaires : le Stop control et le Start control.
5.1. Le contrôle inhibiteur (Stop control)
Le Stop control reflète les capacités d’inhibition comportementale et cognitive. Il correspond à la composante « défensive » ou « répressive » du contrôle de soi. Dans la vie quotidienne, cette dimension se manifeste chaque fois qu’un individu est confronté à une opportunité attrayante dans l’immédiat mais incompatible avec ses priorités globales. Les manifestations de cette sous-échelle englobent :
- La modération pulsionnelle et financière : la capacité à s’abstenir d’achats compulsifs lors du magasinage ou à préserver son épargne financière face aux tentations de consommation immédiate.
- L’interruption d’activités hédoniques délétères : l’aptitude à stopper une activité agréable dès lors que l’individu prend conscience qu’elle s’avère nuisible pour sa santé, son avenir ou ses engagements moraux.
- L’adhésion aux cadres normatifs : la disposition à se conformer aux consignes et réglementations, y compris lorsque celles-ci semblent contraignantes ou dénuées de sens subjectif.
- La réflexion anticipatoire : la tendance systématique à évaluer les conséquences potentielles d’un acte avant de passer à l’action, s’opposant ainsi à la spontanéité impulsive irréfléchie.
5.2. Le contrôle initiateur et persévérant (Start control)
Le Start control renvoie aux capacités d’activation comportementale et de résilience volitionnelle. Il correspond à la composante « proactive » et motrice du contrôle de soi. Cette dimension entre en jeu lorsqu’un individu doit surmonter un coût psychologique initial (l’effort de démarrage) ou un coût de maintien (la persévérance face à l’ennui ou à la fatigue). Ses facettes principales comprennent :
- L’initiation malgré l’aversion affective : la capacité à surmonter la procrastination pour s’atteler à des corvées désagréables ou perçues comme fastidieuses.
- La ténacité face à l’incertitude ou à l’échec : la persévérance inébranlable dans des tâches capitales, même en présence d’appréhension ou du risque d’une issue défavorable.
- Le contrôle attentionnel sous distraction : l’aptitude exécutive à maintenir un focus sélectif sur la tâche en cours dans des environnements chaotiques, bruyants ou saturés d’interférences externes.
- La réactivation cognitive : la faculté de rediriger son esprit vers l’objectif dès lors que des pensées divagantes émergent (par exemple lors de la lecture).
- La résistance à l’épuisement : la capacité à poursuivre un travail nécessaire en dépit d’une fatigue physique ou mentale marquée, ou après avoir été contraint de recommencer une tâche que l’on croyait achevée.
6. Cadre théorique
L’édification des Stop and Start Control Scales s’inscrit au carrefour de plusieurs modèles majeurs de la psychologie cognitive, des neurosciences et de la psychologie de la personnalité :
6.1. La théorie cybernétique du contrôle de Carver et Scheier
Dans la théorie de l’autorégulation développée par Charles S. Carver et Michael F. Scheier (1981, 1998), le comportement est guidé par des boucles de rétroaction (feedback loops). Les auteurs distinguent les boucles de rétroaction négatives (boucles de divergence ou de réduction d’écart), visant à rapprocher l’état actuel d’un standard idéal (ce qui nécessite le Start control pour réduire la distance), et les boucles de rétroaction positives (visant à éviter ou s’éloigner d’un état indésirable, nécessitant l’inhibition ou le Stop control). De Boer et collaborateurs opérationnalisent directement cette dynamique cybernétique en séparant l’énergie requise pour s’approcher d’un but vertueux de celle requise pour s’éloigner d’une trajectoire déviante.
6.2. Les modèles neurobiologiques d’activation et d’inhibition (Gray)
La théorie de la sensibilité au renforcement de Jeffrey A. Gray (1987) postule l’existence de deux systèmes neurobiologiques sous-jacents aux conduites humaines :
- Le Système d’inhibition comportementale (BIS – Behavioral Inhibition System) : sensible aux signaux de punition, de nouveauté et de non-récompense, responsable de l’interruption de l’action en cours et de l’hypervigilance. Ce substrat neurobiologique sous-tend la mécanique du Stop control.
- Le Système d’activation comportementale (BAS – Behavioral Activation System) : orienté vers les incitations de récompense et régulant l’approche comportementale. Le Start control traduit la capacité de l’individu à moduler ce système pour initier des actions nécessaires, indépendamment de la présence d’une récompense affective immédiate.
6.3. La théorie de l’orientation vers l’action vs l’état de Kuhl
Julius Kuhl (1992, 2000), à travers sa théorie des systèmes de personnalité et d’interaction (PSI), a démontré que la volonté ne se résume pas à refouler une pulsion, mais repose sur l’autorégulation des affects. L’orientation vers l’action (Action Orientation) implique la capacité à générer de l’affect positif pour démarrer une tâche (facilitant le Start control) et la capacité à désactiver l’affect négatif pour surmonter l’anxiété. Le Stop control correspond, pour sa part, à la gestion de la volubilité pulsionnelle.
6.4. Le modèle des fonctions exécutives de Miyake et collaborateurs
Au niveau neuropsychologique, Akira Miyake et al. (2000) ont établi que les fonctions exécutives reposent sur trois piliers distincts mais corrélés : l’inhibition (Inhibition of prepotent responses), la flexibilité mentale (Shifting) et la mise à jour de la mémoire de travail (Updating). Le modèle de De Boer et ses collègues constitue une traduction psychométrique directe de cette taxonomie : le contrôle stop capture la facette d’inhibition des réponses prépondérantes, tandis que le contrôle start mobilise l’actualisation continue de l’attention et le maintien de l’effort dirigé vers le but dans l’espace de travail mental.
7. Validité
Les études de validation menées par De Boer, Van Hooft et Bakker (2011) ont mobilisé des échantillons diversifiés d’étudiants universitaires et d’employés issus de secteurs variés pour éprouver la solidité métrologique du modèle en deux dimensions.
7.1. Validité de construit et structure factorielle
La validité de construit a été rigoureusement démontrée en comparant le modèle bifactoriel hypothétique (Stop control et Start control comme facteurs corrélés) à des modèles alternatifs concurrents. Les résultats des modélisations par équations structurelles indiquent que le modèle à deux facteurs présente un ajustement nettement supérieur à celui d’un modèle à facteur unique général de contrôle de soi. La corrélation latente entre le contrôle stop et le contrôle start se situe généralement autour de r = 0,35 à 0,45, confirmant que les deux dimensions partagent une variance commune (appartenance au méta-construit du contrôle de soi) tout en demeurant empiriquement et conceptuellement autonomes.
7.2. Validité convergente
La validité convergente a été attestée par des corrélations significatives avec les mesures traditionnelles d’autorégulation et les traits de personnalité du modèle des Big Five :
- Les deux sous-échelles présentent des corrélations positives fortes avec l’échelle générale de contrôle de soi de Tangney et al. (2004), le Stop control corrélant préférentiellement avec les items de retenue et le Start control avec les items d’auto-discipline.
- Le facteur de Conscienciosité (Conscientiousness) du NEO-PI s’associe positivement aux deux échelles, mais la facette de délibération/prudence est plus fortement corrélée au contrôle stop, tandis que la facette de sens du devoir et d’achèvement de l’effort est davantage liée au contrôle start.
- Des corrélations négatives robustes sont observées entre le Stop control et l’impulsivité sous ses différentes formes (notamment selon le modèle UPPS de Whiteside et Lynam).
7.3. Validité discriminante et prédictive différentielle
La puissance de l’échelle réside dans sa validité critérielle différentielle, démontrant une double dissociation prédictive :
- Comportements contre-productifs vs comportements de citoyenneté organisationnelle : De Boer et al. ont établi que le Stop control prédit négativement et spécifiquement les comportements contre-productifs au travail (vols, pauses excessives, transgression délibérée des protocoles, agressivité verbale), où le Start control n’exerce aucun effet prédictif majeur. À l’opposé, le Start control prédit positivement les comportements de citoyenneté organisationnelle (altruisme envers les collègues, prise d’initiative, heures supplémentaires volontaires) et la performance à la tâche.
- Procrastination académique et professionnelle : Le Start control s’avère être un prédicteur négatif direct et massif de la procrastination chronique, tandis que le Stop control n’explique qu’une fraction marginale de la variance de ce comportement d’ajournement.
- Gestion financière : Le Stop control prédit la réduction des dettes à la consommation et des achats compulsifs, tandis que le Start control est associé à la planification financière à long terme et au suivi régulier des investissements.
8. Fidélité
Les propriétés de fidélité des Stop and Start Control Scales ont été rigoureusement évaluées à travers des indicateurs de cohérence interne et d’invariance de mesure :
8.1. Cohérence interne
Lors de la série d’études initiales publiées par De Boer et al. (2011), les indices de consistance interne ont révélé des niveaux de fidélité adéquats pour des échelles de personnalité brèves mesurant des construits psychologiques complexes :
- Sous-échelle Stop Control (9 items) : coefficient alpha de Cronbach (α) mesuré à 0,73 dans l’échantillon principal. Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent entre 0,32 et 0,56. L’exclusion d’aucun item n’entraîne d’augmentation substantielle du coefficient alpha global.
- Sous-échelle Start Control (8 items) : coefficient alpha de Cronbach (α) mesuré à 0,72. Les corrélations item-total corrigées oscillent entre 0,31 et 0,54, attestant d’une bonne homogénéité des items opérationnalisant l’effort d’initiative et la concentration maintenue.
Dans des études de réplication ultérieures conduites dans divers contextes professionnels et universitaires, les coefficients de fiabilité composite (Composite Reliability de Raykov / McDonald’s omega) ont oscillé entre 0,72 et 0,78 pour les deux sous-échelles, consolidant leur robustesse métrologique.
8.2. Erreur de mesure et stabilité temporelle
L’erreur standard de mesure (SEM) calculée pour chaque échelle demeure modérée, autorisant une interprétation fiable des scores individuels lors de bilans de compétences ou d’évaluations psychologiques approfondies. De plus, la stabilité test-retest sur un intervalle de quatre à six semaines a mis en évidence des corrélations intraclasses supérieures à 0,70, confirmant que l’instrument capture des dispositions comportementales relativement stables (traits d’autorégulation) plutôt que de simples fluctuations thymiques ou contextuelles éphémères.
9. Analyse factorielle
L’architecture factorielle des échelles a fait l’objet d’une analyse psychométrique systématique en deux phases : analyse factorielle exploratoire (AFE) puis analyse factorielle confirmatoire (AFC).
9.1. Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Dans la phase initiale de réduction des items, une analyse factorielle en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin direct, autorisant la corrélation des facteurs) a été appliquée sur un ensemble élargi d’items candidats. L’examen du graphique d’éboulis des valeurs propres (scree plot de Cattell) et le critère de Kaiser ont clairement mis en exergue l’existence de deux dimensions dominantes :
- Le premier facteur regroupait l’ensemble des items décrivant la retenue, l’hésitation délibérée, le respect des consignes et la modération des dépenses (Stop control).
- Le second facteur rassemblait les items relatifs à l’engagement dans les tâches laborieuses, à la persévérance malgré la fatigue et au maintien du focus attentionnel en contexte perturbé (Start control).
Les 17 items finaux ont été retenus en raison de leurs saturations factorielles primaires élevées (généralement > 0,40) et de saturations croisées minimales (< 0,25) sur l’autre facteur.
9.2. Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
L’AFC conduite sur un échantillon indépendant a permis de comparer formellement la structure bidimensionnelle à d’autres spécifications théoriques. Les indices d’ajustement structurel pour le modèle à deux facteurs corrélés ont attesté de son adéquation remarquable aux données empiriques :
- Indice de comparabilité de Bentler (CFI) > 0,91
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,90
- Racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) ≈ 0,05 à 0,06 (intervalle de confiance à 90 % conforme aux standards méthodologiques stricts de Hu et Bentler)
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) ≤ 0,06
Le test de différence de chi-carré (Δχ²) a systématiquement révélé que le modèle bifactoriel s’ajustait significativement mieux que le modèle unidimensionnel où tous les 17 items saturaient sur un facteur global unique de contrôle de soi (p < 0,001). Ce résultat statistique confirme formellement que le Stop control et le Start control ne peuvent être réduits à un facteur latent indifférencié sans distorsion majeure de la variance mesurée.
10. Instrument de mesure
L’administration et la cotation de l’instrument obéissent aux caractéristiques techniques suivantes :
- Nature de l’outil : Échelle d’auto-évaluation psychométrique (auto-questionnaire).
- Nombre d’items : 17 énoncés courts rédigés sous forme d’affirmations comportementales.
- Format de réponse : Échelle de type Likert en 7 points :
1 = complètement en désaccord (completely disagree)
2 = fortement en désaccord
3 = modérément en désaccord
4 = neutre / ni en désaccord ni d’accord
5 = modérément d’accord
6 = fortement d’accord
7 = complètement d’accord (completely agree) - Architecture des sous-échelles :
- Sous-échelle de contrôle stop (Stop control) : 9 items (items 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9).
- Sous-échelle de contrôle start (Start control) : 8 items (items 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17).
- Procédure de cotation et inversion :
- Certains items sont formulés dans le sens de l’échec d’autorégulation et nécessitent une recodification inversée avant tout calcul de score. La transformation s’opère selon la formule :
Score inversé = 8 - Score brut. - Items inversés de la sous-échelle Stop control : Items 1, 3, 5 et 9.
- Items inversés de la sous-échelle Start control : Items 11 et 12.
- Les items 2, 4, 6, 7, 8 (pour le Stop) et 10, 13, 14, 15, 16, 17 (pour le Start) sont cotés directement de 1 à 7.
- Certains items sont formulés dans le sens de l’échec d’autorégulation et nécessitent une recodification inversée avant tout calcul de score. La transformation s’opère selon la formule :
- Calcul des scores : Il est recommandé de calculer un score moyen distinct pour chaque sous-échelle (en additionnant les items correspondants après inversion et en divisant par le nombre d’items de la dimension, soit 9 pour le Stop et 8 pour le Start). Un score élevé reflète un niveau supérieur de contrôle comportemental dans la dimension considérée. Il est déconseillé d’agréger les deux dimensions en un score composite total afin de préserver la granularité prédictive des deux composantes.
- Durée de passation : Environ 3 à 5 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test
Les Stop and Start Control Scales ont été publiées en 2011 au sein de la revue scientifique évaluée par des pairs European Journal of Personality, éditée par Wiley pour le compte de l’Association européenne de psychologie de la personnalité (EAPP).
- Tarifs et redevances : L’instrument est disponible gratuitement pour la recherche académique, l’enseignement universitaire et les travaux scientifiques sans visée lucrative (accès ouvert sous condition de citation de la source originale).
- Permissions d’utilisation : Les chercheurs peuvent utiliser et administrer les items dans le cadre de leurs protocoles d’investigation en mentionnant la référence princeps (De Boer, Van Hooft, & Bakker, 2011). Toute exploitation commerciale, intégration dans un progiciel d’évaluation payant ou usage professionnel lucratif de sélection du personnel requiert l’autorisation préalable expresse des auteurs et/ou de la maison d’édition détentrice des droits de propriété intellectuelle.
- Accès institutionnel : Le mémoire doctoral complet de B. J. de Boer ainsi que les tirés à part du manuscrit sont archivés dans les dépôts institutionnels de l’Université Érasme de Rotterdam (RePub).
12. Références
Les publications fondatrices et les études théoriques sous-jacentes comprennent :
- Carver, C. S., & Scheier, M. F. (1981). Attention and self-regulation: A control-theory approach to human behavior. Springer-Verlag. https://doi.org/10.1007/978-1-4612-5887-2
- Carver, C. S., & Scheier, M. F. (1998). On the self-regulation of behavior. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9781139174794
- De Boer, B. J. (2011). Stop and start control: A distinction within self-control (Doctoral dissertation, Erasmus University Rotterdam). RePub institutional repository. https://repub.eur.nl/pub/31131/
- De Boer, B. J., Van Hooft, E. A. J., & Bakker, A. B. (2011). Stop and start control: A distinction within self-control. European Journal of Personality, 25(5), 349–362. https://doi.org/10.1002/per.796
- Gray, J. A. (1987). The psychology of fear and stress (2nd ed.). Cambridge University Press.
- Kuhl, J. (1992). A theory of self-regulation: Action versus state orientation, self-discrimination, and some applications. Applied Psychology, 41(2), 97–129. https://doi.org/10.1111/j.1464-0597.1992.tb00688.x
- Miyake, A., Friedman, N. P., Emerson, M. J., Witzki, A. H., Howerter, A., & Wager, T. D. (2000). The unity and diversity of executive functions and their contributions to complex "frontal lobe" tasks: A latent variable analysis. Cognitive Psychology, 41(1), 49–100. https://doi.org/10.1006/cogp.1999.0734
- Tangney, J. P., Baumeister, R. F., & Boone, A. L. (2004). High self-control predicts good adjustment, less pathology, better grades, and interpersonal success. Journal of Personality, 72(2), 271–324. https://doi.org/10.1111/j.0022-3506.2004.00263.x
13. Questions et items du questionnaire
Response format: 1 = completely disagree, to 7 = completely agree
(*) Reverse coded item.
Stop control (items 1-9)
- During shopping I make impulsive purchases *
- I can easily stop doing something fun that I know to be bad for me
- I do things spontaneously as soon as I think of them *
- I stick to the rules even if I find them unreasonable
- When it comes to spending money, I find it difficult to control myself *
- I never take action without thinking about it first
- I find it easy to save money
- Before I do something I go over the possible consequences
- I find it fun to break rules and do things that I shouldn’t *
Start control (items 10-17)
- I persevere at important tasks, even if I’m afraid something might go wrong
- I find it difficult to do tasks that I hate doing *
- I find it difficult having to restart something after I thought I was already done *
- I’m still able to concentrate when things around me are very hectic
- Even if I don’t feel like it, I’m able to complete the tasks that needed to be done
- When there is much distraction, I’m able to focus on one thing in order to get it done
- When my mind wanders while I’m reading, It’s easy for my to concentrate on the text again
- I’m able to continue working even when severely tired, if something really needs to be done