Échelles de connaissances et de croyances sur le VIH/sida pour les adolescents

Revue psychométrique exhaustive des Échelles de connaissances et de croyances sur le VIH/sida pour les adolescents (Koopman et al.), évaluant les savoirs biomédicaux, l’auto-efficacité, le contrôle de soi et les normes de pairs.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

Résumé

Les Échelles de connaissances et de croyances sur le VIH/sida pour les adolescents (en anglais, HIV/AIDS Knowledge and Beliefs Scales for Adolescents), développées par Cheryl Koopman et ses collaborateurs, constituent une batterie d’évaluation psychométrique conçue pour mesurer le niveau de connaissances factuelles ainsi que les représentations cognitives, normatives et motivationnelles associées à la prévention du VIH/sida chez les jeunes à haut risque. L’instrument global est subdivisé en deux composantes majeures complémentaires : l’Échelle de connaissances sur le VIH/sida (comprenant 45 items dichotomiques vrai/faux et un sous-test complémentaire de 7 items à choix forcé sur les alternatives sécuritaires ou « Safer Alternatives ») et l’Échelle des croyances relatives à la prévention du VIH/sida (BPAS, pour Beliefs About Preventing HIV/AIDS Scale, composée de 36 items cotés sur une échelle de Likert en 4 points). La batterie évalue des dimensions cognitives cruciales telles que les connaissances médicales et scientifiques, les mythes liés aux modes de transmission, la compréhension des comportements à risque et préventifs, la menace perçue, l’auto-efficacité, le contrôle de soi, le soutien perçu des pairs et les attentes liées à la prévention des grossesses non désirées. Validée auprès de populations d’adolescents particulièrement vulnérables — notamment des jeunes sans abri et des jeunes s’identifiant comme gais ou bisexuels à New York (N = 450), ainsi que des adolescents incarcérés en Virginie (N = 893) —, cette batterie présente d’excellentes qualités métrologiques. L’échelle de connaissances globale affiche une consistance interne satisfaisante (α = 0,81 à 0,85) assortie d’une fidélité test-retest remarquable à une semaine (r = 0,82, p < 0,0001). L’échelle des croyances démontre une consistance interne globale solide (α = 0,88) et une structure factorielle stable à cinq composantes, ce qui en fait un outil de référence pour l’évaluation des interventions éducatives et préventives en santé publique.

Mots-clés

VIH, sida, connaissances médicales, croyances en santé, adolescents à risque, préservatif, auto-efficacité, prévention sexuelle, psychométrie, modèle des croyances en santé.

Auteurs

Le développement initial et la validation psychométrique des Échelles de connaissances et de croyances sur le VIH/sida pour les adolescents résultent d’une collaboration multicentrique dirigée par des chercheurs éminents en psychiatrie, psychologie et santé publique :

  • Cheryl Koopman, Ph.D. : Professeure émérite au Département de psychiatrie et des sciences du comportement (Department of Psychiatry and Behavioral Sciences) de l’Université Stanford (Stanford University), Stanford, Californie, États-Unis. Ses travaux portent sur les comportements à risque pour la santé, l’adaptation au stress et les interventions psycho-éducatives (Courriel institutionnel de correspondance : [email protected]).
  • Helen Reid, Ph.D. : Chercheuse associée à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), spécialisée dans le développement de mesures comportementales et l’évaluation de programmes de santé communautaire.
  • Elizabeth McGarvey, Ed.D. : Professeure à l’École de médecine de l’Université de Virginie (University of Virginia School of Medicine), spécialiste des facteurs de vulnérabilité psychosociale chez les mineurs judiciarisés et marginalisés.
  • Adelaida Cruz Castillo, M.A. : Spécialiste de recherche au Département de psychiatrie et des sciences du comportement de l’Université Stanford.

Ce programme de recherche a bénéficié de financements octroyés par le National Institute of Mental Health (NIMH) et le National Institute on Drug Abuse (NIDA) via les subventions de recherche 1P50MH43520 (Mary Jane Rotheram-Borus, investigatrice principale), 1R01MH54930 (David Spiegel, investigateur principal) et 1R01DAO7900-01A1 (Randy Canterbury, investigateur principal).

Objectif et pertinence clinique

L’adolescence représente une période charnière du développement humain, caractérisée par des transformations neurodéveloppementales, la quête d’autonomie et l’expérimentation de comportements sexuels et d’usage de substances. Dans le contexte de l’épidémie mondiale du syndrome d’immunodéficience acquise, les adolescents — en particulier ceux en situation de grande précarité, exclus des cadres scolaires traditionnels ou confrontés au système pénal pour mineurs — sont apparus comme un groupe à risque disproportionné de contamination par le VIH et d’autres infections sexuellement transmissibles (IST).

L’objectif fondamental des échelles de Cheryl Koopman et de ses collègues est de combler un manque méthodologique criant : disposer d’instruments standardisés, écologiquement valides et adaptés au niveau de littératie d’adolescents marginalisés, capables de dissocier précisément les connaissances factuelles des attitudes, normes sociales et freins motivationnels. En santé publique et en psychologie clinique, l’hypothèse simpliste selon laquelle la simple transmission de connaissances biomédicales suffit à modifier les conduites à risque a été largement réfutée par les données empiriques. Les interventions préventives les plus efficaces ciblent simultanément le bagage cognitif (rectification des mythes, maîtrise des faits biologiques) et les leviers d’action psychosociaux (auto-efficacité à négocier le port du préservatif, résistance à la pression des pairs, contrôle émotionnel et pulsionnel).

Ces échelles répondent ainsi à plusieurs impératifs majeurs en milieu clinique, institutionnel et communautaire :

  • Évaluation des besoins initiaux (Needs Assessment) : Identifier les lacunes cognitives prédominantes et les fausses croyances au sein de sous-groupes ciblés (par exemple, la croyance erronée qu’une transmission peut survenir via des piqûres d’insectes, des sièges de toilettes ou la natation en piscine publique).
  • Mesure de l’efficacité d’interventions psycho-éducatives : Servir d’outil pré-test et post-test standardisé pour quantifier les gains de connaissances et les changements d’attitudes consécutifs à des programmes de prévention (comme les ateliers dispensés dans des foyers d’hébergement, des cliniques de rue ou des centres fermés d’éducation pour mineurs).
  • Dépistage et orientation : Utiliser des versions abrégées ou ciblées pour s’assurer qu’un individu maîtrise les compétences fondamentales d’autoprotection avant d’intégrer des protocoles thérapeutiques ou éducatifs spécifiques.
  • Recherche translationnelle et transculturelle : Les adaptations internationales de l’outil (notamment au Kenya, en Inde et au Botswana) ont démontré sa capacité à sonder les déterminants des comportements préventifs dans des contextes socioculturels et épidémiologiques diversifiés.

Construit psychologique et dimensions

La batterie repose sur une architecture conceptuelle multidimensionnelle structurée en deux échelles distinctes : l’une purement cognitive (l’Échelle de connaissances) et l’autre axiologique et motivationnelle (l’Échelle des croyances).

1. L’Échelle de connaissances sur le VIH/sida (HIV/AIDS Knowledge Scale)

Cette échelle évalue la maîtrise des paramètres biomédicaux et épidémiologiques de l’infection. L’analyse empirique a permis d’extraire trois facteurs majeurs à partir de 45 items :

  • Connaissances médicales et scientifiques (Medical/Scientific Knowledge, 23 items) : Ce facteur quantifie la compréhension biologique de l’agent pathogène, de ses modes de transmission sérologique, de l’évolution clinique de la maladie et des paramètres immunologiques. Il aborde la nature virale du VIH, la transmission périnatale de la mère à l’enfant, la défaillance du système immunitaire face aux infections opportunistes (telles que la pneumonie) et les limites des thérapies médicales existantes à l’époque de la validation (par exemple, l’absence de vaccin ou de guérison spontanée).
  • Mythes sur la transmission du VIH (Myths of HIV Transmission, 9 items) : Ce sous-construit mesure l’adhésion aux croyances populaires erronées et aux théories anxiogènes relatives aux voies de contamination non vectorielles ou casuelles. Il évalue la croyance fausse selon laquelle le virus pourrait se propager par l’utilisation de cuvettes de toilettes publiques, la fréquentation de piscines, la consommation de repas préparés par une personne séropositive, le don de sang ou les piqûres d’insectes.
  • Connaissances des comportements à haut risque et de prévention (Knowledge of High-Risk and Prevention Behaviors, 13 items) : Cette dimension examine l’aptitude à discerner la gradation des risques sexuels et toxicologiques. Elle intègre l’efficacité préventive des préservatifs, la dangerosité des rapports anaux non protégés, les interactions entre l’usage de substances psychoactives (alcool, cocaïne, crack) et la perte de discernement lors des pratiques sexuelles, ainsi que les risques accrus liés à la multipartenarité ou au partage de seringues.

Un sous-module complémentaire, intitulé Alternatives plus sûres (Safer Alternatives, 7 items), place le répondant face à des choix d’arbitrage forcé entre deux situations d’exposition potentielle (ex. : donner du sang vs recevoir une transfusion sanguine), évaluant ainsi sa capacité pragmatique à hiérarchiser la dangerosité relative des pratiques.

2. L’Échelle des croyances relatives à la prévention du VIH/sida (Beliefs About Preventing HIV/AIDS Scale – BPAS)

Composée de 36 items, la BPAS appréhende les dimensions sociocognitives influençant directement la prise de décision comportementale :

  • Menace perçue (Perceived Threat, 6 items) : Cette dimension reflète à la fois la vulnérabilité personnelle perçue face à l’infection (sentiment d’être susceptible de contracter le VIH dans un avenir rapproché ou en raison de son historique passé) et la gravité subjective accordée à la maladie.
  • Contrôle de soi (Self-Control, 8 items) : Ce facteur évalue la capacité déclarée à réguler ses pulsions sexuelles et à résister à la perte de contrôle induite par l’excitation sexuelle ou les tensions situationnelles (« Une fois excité(e), je perds tout contrôle sur ce qui se passe »).
  • Auto-efficacité (Self-Efficacy, 14 items) : Inspirée directement des théories de l’apprentissage social, cette dimension centrale mesure le degré de confiance qu’accorde le jeune à sa capacité d’accomplir des actions préventives concrètes, telles qu’acheter des préservatifs en magasin sans éprouver de gêne insurmontable, transporter un moyen de protection sur soi, savoir l’utiliser correctement et négocier son usage avec un partenaire réticent en refusant les rapports en cas de désaccord.
  • Soutien des pairs pour des actes sécuritaires (Peer Support for Safe Acts, 4 items) : Ce construit capture la perception des normes sociales subjectives régissant le groupe d’appartenance. Il quantifie la mesure dans laquelle les amis proches valorisent, pratiquent et encouragent le sexe à moindre risque.
  • Attente de prévention des grossesses (Expectation to Prevent Pregnancy, 5 items) : Cette sous-échelle contextualise la sexualité des adolescents hétérosexuels en évaluant l’importance accordée à la contraception et à la prévention des grossesses précoces ou non planifiées, facteur qui interagit de manière synergique ou concurrente avec la protection contre le VIH.

Cadre théorique

L’élaboration de cette batterie psychométrique s’inscrit au carrefour de trois modèles théoriques dominants en psychologie de la santé et du comportement :

1. Le modèle des croyances en santé (Health Belief Model – HBM)

Formulé originellement par Rosenstock (1974) puis enrichi par Becker, le modèle des croyances en santé postule que la probabilité d’adoption d’un comportement préventif dépend de l’évaluation combinée de la susceptibilité perçue à une pathologie, de la sévérité perçue de ses conséquences, des bénéfices attendus de l’action et des barrières matérielles ou psychologiques anticipées. Dans l’échelle de Koopman et al., les sous-échelles de Menace perçue et d’Auto-efficacité opérationnalisent directement les construits du HBM. L’adolescent n’utilise le préservatif que s’il se perçoit comme potentiellement vulnérable à l’infection et s’il juge que les bénéfices de la protection surpassent les désagréments perçus (tels que la rupture de la spontanéité ou la gêne sociale).

2. La théorie sociocognitive (Social Cognitive Theory)

Développée par Albert Bandura, cette théorie stipule que l’autorégulation humaine repose sur le sentiment d’efficacité personnelle (self-efficacy). Dans le domaine des conduites sexuelles, savoir comment s’utilise un préservatif ne garantit aucunement son utilisation en situation réelle ; il est indispensable que l’individu se sente capable de surmonter la honte sociale lors de l’achat en pharmacie, de refuser une relation non protégée face à l’insistance du partenaire et de maintenir ce cap comportemental sous forte pression émotionnelle. La sous-échelle de 14 items d’auto-efficacité et celle de Contrôle de soi traduisent fidèlement ce principe d’agentivité bandurienne.

3. La théorie de l’action raisonnée et des normes subjectives

Élaborée par Martin Fishbein et Icek Ajzen, cette approche met l’accent sur le rôle prépondérant des normes subjectives dans la formation des intentions comportementales. À l’adolescence, l’influence des pairs surpasse fréquemment les prescriptions des figures d’autorité parentale ou éducative. En intégrant la sous-échelle du Soutien des pairs pour des actes sécuritaires, les auteurs reconnaissent que l’adoption d’un comportement sexuel responsable est intimement liée à la croyance du jeune que son entourage valorise et normalise le sexe protégé.

Validité psychométrique

Les propriétés métrologiques des échelles ont été documentées de façon rigoureuse à travers plusieurs études menées auprès d’échantillons d’adolescents à risque élevé.

Validité de contenu

La validité de contenu a été établie dès l’amorce du projet grâce à l’intervention de deux comités d’experts indépendants spécialisés dans le VIH, la médecine de l’adolescence et la psychométrie. Ces experts ont passé au crible un ensemble étendu d’items initiaux en évaluant l’exactitude biomédicale, le degré de clarté syntaxique et la lisibilité (afin de garantir que les questions soient compréhensibles pour des jeunes ayant des compétences de lecture faibles à moyennes). Les versions préliminaires ont ensuite été soumises à des tests pilotes qualitatifs auprès de panels d’adolescents, permettant d’éliminer les formulations ambiguës ou inutilement académiques avant le déploiement à grande échelle.

Validité convergente, discriminante et différentielle

Les études menées à New York auprès de 450 adolescents (153 jeunes femmes sans abri, 158 jeunes hommes sans abri et 139 jeunes hommes gais ou bisexuels ; moyenne d’âge = 16,0 ans) et en Virginie auprès de 893 adolescents incarcérés (754 garçons, 139 filles ; moyenne d’âge = 15,8 ans) ont apporté des preuves solides de validité de construit :

  • Indépendance des connaissances et des croyances : Les corrélations entre les sous-échelles de connaissances et les sous-échelles de croyances étaient faibles à très modestes, oscillant entre r = 0,00 et r = 0,19. Ce résultat atteste d’une excellente validité discriminante : posséder un niveau élevé d’informations biomédicales ne garantit nullement une auto-efficacité robuste ou un sentiment de soutien des pairs, prouvant la nécessité de mesurer ces deux dimensions de manière autonome.
  • Corrélations inter-facteurs intra-échelles : Les trois sous-échelles de connaissances étaient positivement corrélées entre elles (r variant de 0,26 à 0,61, p < 0,0001). De même, les cinq dimensions de croyances présentaient des corrélations cohérentes entre elles (r compris entre 0,37 et 0,74, p < 0,0001).
  • Validité différentielle selon les sous-groupes : Les analyses ont révélé que les jeunes hommes gais et bisexuels présentaient des scores de connaissances significativement supérieurs à ceux de leurs homologues sans abri sur l’ensemble des sous-dimensions, reflétant une socialisation préventive communautaire plus précoce face au VIH. Par ailleurs, les jeunes femmes sans abri affichaient des scores significativement plus faibles sur l’échelle d’Attente de prévention des grossesses par rapport aux garçons gais/bisexuels. Enfin, les sous-échelles montraient des corrélations significatives avec l’âge chronologique (r = 0,12 à 0,34), confirmant la sensibilité de l’outil à la maturation cognitive des adolescents.

Fidélité et consistance interne

L’évaluation de la fiabilité de l’instrument comprend des mesures de consistance interne (coefficient alpha de Cronbach) et de stabilité temporelle (test-retest).

1. Consistance interne

Dans l’échantillon d’adolescents sans abri et gais/bisexuels de New York (Koopman et al., 1990) :

  • Échelle de connaissances globale (45 items vrai/faux) : α = 0,85.
  • Sous-échelle Connaissances médicales/scientifiques (23 items) : α = 0,71.
  • Sous-échelle Mythes de transmission (9 items) : α = 0,72.
  • Sous-échelle Comportements à haut risque et prévention (13 items) : α = 0,68.
  • Sous-échelle Alternatives plus sûres (7 items) : α = 0,69.
  • Échelle des croyances (BPAS) :
    • Auto-efficacité (14 items) : α = 0,90.
    • Contrôle de soi (8 items) : α = 0,82.
    • Menace perçue (6 items) : α = 0,81.
    • Attente de prévention des grossesses (5 items) : α = 0,72.
    • Soutien des pairs pour des actes sécuritaires (4 items) : α = 0,61.

Dans la cohorte d’adolescents judiciarisés et incarcérés en Virginie (N = 893 ; Chang et al., 2003 ; Otto-Salaj et al., 2002) :

  • Échelle de connaissances globale : α = 0,81.
  • Échelle des croyances globale : α = 0,88.
  • Sous-échelles de croyances : Auto-efficacité (α = 0,79), Contrôle de soi (α = 0,75), Attente de prévention des grossesses (α = 0,60), Menace perçue (α = 0,58) et Soutien des pairs (α = 0,56).

2. Stabilité temporelle (Test-retest)

La fidélité test-retest a été quantifiée à un intervalle d’une semaine auprès d’un sous-échantillon d’adolescents. L’Échelle de connaissances globale a montré une stabilité temporelle excellente (r = 0,82, p < 0,0001), tandis que le sous-test d’Alternatives plus sûres a obtenu r = 0,40 (p < 0,01). Pour l’Échelle des croyances globale, le coefficient de fidélité test-retest à une semaine était de r = 0,49 (p < 0,001), une valeur modérée attendue compte tenu de la réactivité émotionnelle et de la plasticité des attitudes chez les adolescents confrontés à des environnements instables.

Analyse factorielle et structure latente

L’exploration de la structure latente de la batterie a été réalisée au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) avec rotation orthogonale et oblique menées sur les matrices de corrélations tétrachoriques (pour les items dichotomiques) et de Pearson (pour les items de Likert).

Structure factorielle de l’Échelle de connaissances

Sur le pool initial de 49 items soumis à l’évaluation, 45 items présentaient des saturations factorielles satisfaisantes (≥ 0,35) et ont été retenus pour former une solution à trois facteurs clairement identifiables :

  • Facteur 1 (23 items) : Connaissances biomédicales et épidémiologiques générales. Ce facteur isole les connaissances relatives à la pathogenèse du rétrovirus, aux symptômes systémiques et à la signification des tests sérologiques.
  • Facteur 2 (9 items) : Déconstruction des mythes de transmission. Ce facteur rassemble spécifiquement les assertions infondées concernant la transmission par contact fortuit, par l’eau, par les insectes ou par l’air.
  • Facteur 3 (13 items) : Pratiques préventives et conduites à haut risque. Ce facteur regroupe les mécanismes d’exposition sexuelle différentielle (pénétration anale, rapports sans préservatif, consommation concomitante de drogues).

Structure factorielle de l’Échelle des croyances (BPAS)

L’analyse factorielle des items de croyances a extrait 5 composantes principales regroupant 36 items, expliquant une part prépondérante de la variance totale des réponses :

  • Facteur I (Auto-efficacité, 14 items) : Saturations les plus élevées pour les items relatifs à la maîtrise technique, au sentiment de compétence à négocier le préservatif et à la gestion de la gêne affective.
  • Facteur II (Contrôle de soi, 8 items) : Saturations notables sur les questions d’impulsivité sexuelle et de maintien de la vigilance face à la passion du moment.
  • Facteur III (Menace perçue, 6 items) : Saturations dominées par la peur de contracter le virus et la perception de gravité mortelle de la maladie.
  • Facteur IV (Attente de prévention des grossesses, 5 items) : Regroupement exclusif des préoccupations liées à la fécondité et à l’usage de contraceptifs avec des partenaires de sexe opposé.
  • Facteur V (Soutien des pairs, 4 items) : Poids factoriels nets sur les normes descriptives et injonctives véhiculées par le réseau d’amis.

Instrument de mesure et modalités de cotation

L’administration de la batterie est standardisée et peut s’effectuer en passation individuelle ou collective, sur support papier-crayon ou informatique.

  • Échelle de connaissances sur le VIH/sida (HIV/AIDS Knowledge Scale) :
    • Nombre d’items : 45 items vrai/faux, complétés par un module optionnel de 7 questions d’alternatives plus sûres (choix forcé A ou B).
    • Format de réponse : Vrai (V) ou Faux (F).
    • Durée de passation : Environ 20 minutes.
    • Cotation : Chaque réponse correcte reçoit 1 point, et chaque réponse erronée ou non répondue reçoit 0 point. Le score total de connaissances est obtenu par la somme simple des réponses correctes (score maximal = 45). Des scores distincts peuvent être calculés pour les trois sous-échelles : Connaissances médicales/scientifiques (score maximal = 23), Mythes de transmission (score maximal = 9) et Connaissances des comportements à risque/prévention (score maximal = 13). Pour la sous-échelle « Safer Alternatives », les bonnes réponses sont également sommées (score maximal = 7).
  • Échelle des croyances relatives à la prévention du VIH/sida (Beliefs About Preventing HIV/AIDS Scale – BPAS) :
    • Nombre d’items : 36 items.
    • Format de réponse : Échelle de Likert à 4 points : 1 = Tout à fait d’accord (Agree Strongly), 2 = Plutôt d’accord (Agree Somewhat), 3 = Plutôt en désaccord (Disagree Somewhat), 4 = Tout à fait en désaccord (Disagree Strongly).
    • Durée de passation : Environ 15 minutes.
    • Cotation et inversion : Dix-neuf (19) items sont formulés dans le sens pro-prévention et doivent faire l’objet d’un recodage inversé préalable : items 3, 4, 5, 6, 7, 11, 12, 16, 18, 20, 23, 25, 26, 27, 29, 31, 32, 33 et 35 (où la valeur 1 devient 4, 2 devient 3, 3 devient 2 et 4 devient 1). Après inversion, des scores élevés indiquent une adhésion plus forte à des croyances favorables à la prévention du VIH/sida. Les scores peuvent être sommés pour obtenir un score global ou moyennés par sous-échelle : Menace perçue (6 items), Contrôle de soi (8 items), Auto-efficacité (14 items), Soutien des pairs (4 items) et Attente de prévention des grossesses (5 items).

Permissions, tarifs et année du test

Les versions initiales de ces échelles ont été publiées et validées dans les travaux pionniers de 1990 (Koopman et al., 1990). En tant qu’instruments conçus dans le cadre de recherches académiques financées par des fonds publics fédéraux américains (National Institutes of Health : NIMH et NIDA), ces échelles sont considérées comme des instruments scientifiques du domaine public pour les utilisations cliniques non commerciales et la recherche scientifique universitaire. Les chercheurs et cliniciens sont autorisés à utiliser et reproduire le matériel en citant systématiquement les publications originales des auteurs (Koopman et al., 1990 ; Canterbury et al., 1998). Aucuns frais d’utilisation commerciale ne sont requis pour l’application dans des structures éducatives, hospitalières ou pénitentiaires à but non lucratif. Les demandes d’adaptation transculturelle ou de standardisation particulière peuvent être adressées à la chercheuse correspondante (Cheryl Koopman, Université Stanford).

Références bibliographiques

  • Ananth, P., & Koopman, C. (2003). HIV/AIDS knowledge, beliefs, and behavior among women of childbearing age in India. AIDS Education and Prevention, 15(6), 529–546. https://doi.org/10.1521/aeap.15.6.529.24448
  • Canterbury, R. J., Clavet, G. J., McGarvey, E. L., & Koopman, C. (1998). HIV risk-related attitudes and behaviors of incarcerated adolescents: Implications for public school students. The High School Journal, 82(1), 1–10.
  • Chang, V. Y., Bendel, T. L., Koopman, C., McGarvey, E. L., & Canterbury, R. J. (2003). Delinquents’ safe sex attitudes: Relationships with demographics, resilience factors, and substance use. Criminal Justice and Behavior, 30(2), 210–229. https://doi.org/10.1177/0093854802251004
  • Greig, F. E., & Koopman, C. (2003). Multilevel analysis of women’s empowerment and HIV prevention: Quantitative survey results from a preliminary study in Botswana. AIDS and Behavior, 7(2), 195–208. https://doi.org/10.1023/A:1023906206782
  • Koopman, C., Rotheram-Borus, M. J., Henderson, R., Bradley, J. S., & Hunter, J. (1990). Assessment of knowledge of AIDS and beliefs about AIDS prevention among adolescents. AIDS Education and Prevention, 2(1), 58–70.
  • Otto-Salaj, L. L., Gore-Felton, C., McGarvey, E., & Canterbury, R. J. (2002). Psychiatric functioning and substance use: Factors associated with HIV risk among incarcerated adolescents. Child Psychiatry and Human Development, 33(2), 91–106. https://doi.org/10.1023/A:1020757718037
  • Patel, V. L., Gutnik, L. A., Yoskowitz, N. A., O’Sullivan, L. F., & Kaufman, D. R. (2006). Patterns of reasoning and decision making about condom use by urban college students. AIDS Care, 18(8), 918–930. https://doi.org/10.1080/09540120500466928
  • Patel, V. L., Yoskowitz, N. A., & Kaufman, D. R. (2007). Comprehension of sexual situations and its relationship to risky decisions by young adults. AIDS Care, 19(7), 916–922. https://doi.org/10.1080/09540120701209861
  • Rosenstock, I. M. (1974). Historical origins of the Health Belief Model. Health Education Monographs, 2(4), 328–335. https://doi.org/10.1177/109019817400200403
  • Volk, J. E., & Koopman, C. (2001). Factors associated with condom use in Kenya: A test of the health belief model. AIDS Education and Prevention, 13(6), 495–508. https://doi.org/10.1521/aeap.13.6.495.21439
  • Whaley, A. L. (1999). Preventing the high-risk behavior of adolescents: Focus on HIV/AIDS transmission, unintended pregnancy, or both? Journal of Adolescent Health, 24(6), 376–382. https://doi.org/10.1016/S1054-139X(98)00135-2

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Read each of the following statements and decide whether you think the statement is true or false. If you think the statement is true, mark “T.” If you think the statement is false, mark “F.”
Response Scale: Note. True/False answer key: 1-T, 2-T, 3-F, 4-T, 5-T, 6-F, 7-F, 8-T, 9-F, 10-T, 11-F, 12-F,13-F, 14-T, 15-F, 16-T, 17-T, 18-F, 19-T, 20-T, 21-F, 22-F, 23-F, 24-T, 25-F, 26-F, 27-F, 28-T, 29-F, 30-T, 31-F, 32-F, 33-F, 34-T, 35-F, 36-F, 37-F, 38-F, 39-T, 40-F, 41-F, 42-F, 43-F, 44-T, 45-F. Subscales: Medical/Scientific Knowledge (1, 2, 3, 4, 5, 6, 8, 9, 10, 12, 15, 16, 17, 20, 26, 31, 33, 34, 35, 36, 38, 39, 41); Myths of HIV Transmission (11, 23, 25, 27, 29, 32, 37, 43, 45); Knowledge of High Risk/Prevention Behaviors (7, 13, 14, 18, 19, 21, 22, 24, 28, 30, 40, 42, 44). Safer Alternatives answer key: 1-A, 2-A, 3-A, 4-B, 5-B, 6-B, 7-A.
1

AIDS means Acquired Immune Deficiency Syndrome.
2

Most scientists today believe that AIDS is caused by a virus, called HIV (Human Immunodeficiency Virus).
3

Most people who develop AIDS eventually recover.
4

A baby born to a mother with HIV infection can get AIDS.
5

HIV is carried in the blood.
6

Most people who have HIV infection are sick with AIDS.
7

Prostitutes in New York City have a low chance of getting HIV (which can lead to AIDS).
8

HIV (which can lead to AIDS) is carried in men’s cum (semen).
9

The number of men and women infected with HIV will probably be less in the next several years than it is now.
10

AIDS weakens the body’s ability to fight off disease.
11

People have been known to get HIV and develop AIDS from toilet seats.
12

A negative HIV antibody test means that a person probably has AIDS.
13

You can’t get HIV (which can lead to AIDS) if you only have intercourse with one person for the rest of your life.
14

It is a good idea to ask someone about his/her past sexual activities before having sex with them, even though some partners may lie to you.
15

If the HIV test comes out negative, it means that the person has AIDS.
16

People get other diseases because of AIDS.
17

You can die from AIDS.
18

Men have a higher chance of getting AIDS from having sex with a woman than from having sex with a man.
19

Using a condom will lessen the chance of getting AIDS.
20

People who have AIDS get pneumonia more often than the average person.
21

Women are more likely to get AIDS from having sex with a straight (heterosexual) man than with a bisexual man.
22

It is safe to have intercourse without a condom with a person who shoots drugs as long as you don’t shoot drugs.
23

People have been known to get HIV and develop AIDS from a swimming pool used by someone with AIDS.
24

People of any race can get HIV and develop AIDS.
25

People have been known to get HIV and develop AIDS by tongue kissing a person who is infected.
26

Lambskin condoms are better than latex condoms for preventing HIV infection.
27

People usually become very sick with AIDS a few days after being infected with HIV.
28

Getting AIDS depends on whether or not you practice safe sex, not on the group you hang out with.
29

People have been known to get HIV and develop AIDS from insect bites.
30

It is safer not to have sexual intercourse at all than to have sexual intercourse using a condom.
31

You only need one HIV test to come out positive to be sure that you are infected.
32

Pregnant women are safe from getting HIV infection.
33

A vaccine has recently been developed that prevents people from getting HIV infection (which can lead to AIDS).
34

The virus that can lead to AIDS can be passed by an infected person even though that person isn’t sick.
35

If you are really healthy, then exercising daily can prevent getting HIV (which can lead to AIDS).
36

If the person you are now having sex with has been tested and does not have HIV infection, it means that you are not infected.
37

People have been known to get HIV and develop AIDS by eating at a restaurant where a worker has AIDS.
38

When using condoms, it is better to use one with a spermicide like Nonoxynol-9.
39

You can get HIV and eventually AIDS through an open cut or wound.
40

You are safe from AIDS if you have oral sex (with mouth to penis or mouth to vagina) without a condom.
41

If you get a “false positive” result on your HIV antibody test, it means you are infected.
42

Anal (rear end) sex without a condom is one of the safer sexual practices.
43

You can get HIV and eventually AIDS by donating blood.
44

Using drugs like marijuana, alcohol, cocaine, and crack makes it more likely that you may have unsafe sex.
45

You can get HIV (which can lead to AIDS) by getting tested for it.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 17). Échelles de connaissances et de croyances sur le VIH/sida pour les adolescents. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-connaissances-et-de-croyances-sur-le-vih-sida-pour-les-adolescents/
Looti, Mohammed. “Échelles de connaissances et de croyances sur le VIH/sida pour les adolescents.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-connaissances-et-de-croyances-sur-le-vih-sida-pour-les-adolescents/.
Looti, Mohammed. “Échelles de connaissances et de croyances sur le VIH/sida pour les adolescents.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-connaissances-et-de-croyances-sur-le-vih-sida-pour-les-adolescents/.