Échelles de connaissances et d’attitudes face au VIH/sida pour les enseignants

Les Échelles de connaissances et d’attitudes face au VIH/sida pour les enseignants, développées par Patricia Barthalow Koch et Maureen D. Singer, constituent un outil psychométrique de référence évaluant les compétences épidémiologiques et les préjugés psychosociaux du personnel éducatif.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 17, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 17, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

Les Échelles de connaissances et d’attitudes face au VIH/sida pour les enseignants (en anglais : HIV/AIDS Knowledge and Attitudes Scales for Teachers), développées par la professeure Patricia Barthalow Koch et Maureen D. Singer à l’Université d’État de Pennsylvanie (Pennsylvania State University), constituent une batterie psychométrique standardisée conçue pour évaluer les compétences cognitives et les dispositions affectives du personnel pédagogique face à l’épidémie du virus de l’immunodéficience humaine (VIH) et du syndrome d’immunodéficience acquise (sida).

L’instrumentation se compose de deux outils distincts mais complémentaires : l’Échelle de connaissances sur le VIH/sida pour les enseignants (HIV/AIDS Knowledge Scale for Teachers), comprenant 35 items dichotomiques et d’estimation probabiliste, et l’Échelle d’attitudes face au VIH/sida pour les enseignants (HIV/AIDS Attitudes Scale for Teachers), comportant 25 items présentés sous la forme d’une échelle de Likert en 5 points. La sous-échelle de connaissances explore les dimensions physiopathologiques fondamentales, les aspects réglementaires et légaux en milieu scolaire, ainsi que l’estimation précise de 17 modes potentiels de transmission virale. L’échelle d’attitudes cible la stigmatisation sociale, l’homophobie intériorisée, la peur de la contagion fortuite, la volonté d’inclusion des élèves séropositifs et le sentiment d’auto-efficacité pédagogique.

Les propriétés psychométriques initiales indiquent une excellente fidélité temporelle test-retest (r = 0,87 pour les connaissances ; r = 0,89 pour les attitudes) ainsi qu’une consistance interne robuste (formule de Kuder-Richardson KR-20 = 0,89 pour la connaissance globale ; alpha de Cronbach α = 0,89 pour les attitudes). Cet outil s’avère fondamental pour l’évaluation diagnostique pré- et post-formation des enseignants du primaire et du secondaire, des conseillers d’orientation scolaire et des administrateurs éducatifs, facilitant le déploiement d’interventions préventives non stigmatisantes et scientifiquement fondées au sein des institutions scolaires.

2. Mots-clés / Keywords

VIH/sida en milieu scolaire, connaissances épidémiologiques, attitudes pédagogiques, stigmatisation liée au sida, homophobie, formation des enseignants, psychométrie, éducation à la santé, échelle de Likert, auto-efficacité enseignante, inclusion scolaire, santé publique en éducation.

3. Auteurs / Authors

Les échelles ont été conçues et validées par une équipe de recherche spécialisée en santé comportementale et en éducation à la sexualité de l’Université d’État de Pennsylvanie (Pennsylvania State University, University Park, Pennsylvanie, États-Unis) :

  • Patricia Barthalow Koch, Ph.D. : Professeure au Département de santé bio-comportementale (Department of Biobehavioral Health), College of Health and Human Development, The Pennsylvania State University. Chercheuse renommée dans le domaine de la sexualité humaine, de la santé des femmes et de la formation des professionnels de santé et de l’éducation face aux maladies infectieuses chroniques. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Maureen D. Singer, M.S. : Chercheuse en éducation et santé publique, Department of Curriculum and Instruction, The Pennsylvania State University. Ses travaux initiaux ont documenté le déficit de formation des enseignants du primaire face aux problématiques du VIH.

4. Objectif / Purpose

L’expansion du VIH au cours des décennies 1980 et 1990 a profondément transformé les responsabilités des systèmes éducatifs occidentaux. Selon les rapports épidémiologiques des Centers for Disease Control and Prevention (CDC), une proportion considérable des nouvelles infections survenait chez des individus âgés de moins de 25 ans. Cette réalité épidémiologique a conduit les théoriciens de la santé publique (Landau, Pryor, & Haefli, 1995) à prédire que chaque professionnel de l’éducation serait inévitablement amené à interagir avec au moins un élève ou collègue infecté ou directement affecté par la maladie.

L’école représente le vecteur le plus universel et structuré pour dispenser une prévention primaire efficace et déconstruire les mythes anxiogènes. Néanmoins, un paradoxe récurrent a été identifié dans la littérature (Brucker & Hall, 1996 ; di Mauro, 1989–1990) : bien que la majorité des administrations éducatives soutiennent le principe d’une éducation sexuelle et préventive relative au sida, l’implémentation concrète au sein des salles de classe demeure lacunaire ou dysfonctionnelle. Les enseignants manifestent régulièrement un manque sévère de connaissances médicales élémentaires concernant l’étiologie virale, les modes réels de transmission et le cadre juridique applicable aux élèves infectés, associé à un sentiment de malaise ou de réticence personnelle (Boscarino & DiClemente, 1996 ; Dawson et al., 2001).

Dans ce contexte, les HIV/AIDS Knowledge and Attitudes Scales for Teachers ont été élaborées pour répondre aux impératifs suivants :

  • Évaluation diagnostique des besoins de formation : Identifier précisément les lacunes factuelles, les croyances erronées sur la transmission occasionnelle (ex. : piqûres de moustiques, contact avec la vaisselle, proximité spatiale) et les stéréotypes moraux négatifs chez les futurs enseignants (preservice teachers) et les enseignants en exercice (in-service teachers).
  • Conception et ajustement curriculaire : Fournir aux universités, facultés des sciences de l’éducation et centres de formation continue des données empiriques quantifiables permettant d’ajuster les programmes de formation initiale aux réalités bio-médicales et psycho-sociales du sida.
  • Mesure de l’efficacité pédagogique : Servir d’instrument de pré-test et de post-test standardisé pour quantifier l’impact d’ateliers de sensibilisation, de modules universitaires ou d’interventions ciblées sur le changement d’attitudes et le gain de savoirs factuels.
  • Application aux personnels périphériques de l’école : Permettre l’évaluation des conseillers d’orientation scolaire (school counselors), du personnel médico-social (infirmières scolaires) et des administrateurs, qui jouent un rôle pivot dans la préservation de la confidentialité et la gestion des crises d’exclusion (Costin et al., 2002).

5. Construit psychologique / Construct

L’évaluation globale repose sur la dissociation et l’articulation de deux construits psychologiques distincts : la maîtrise cognitive factuelle (connaissances) et l’orientation affective, morale et comportementale (attitudes). Ces construits se structurent en dimensions spécifiques :

1. Connaissances générales sur le VIH/sida (General Knowledge)

Cette première composante cognitive opérationnalise le niveau de littératie biologique, médicale et institutionnelle de l’éducateur à travers 18 énoncés :

  • Physiopathologie et virologie : Distinction entre virus et bactérie, cibles cellulaires de l’infection (destruction des lymphocytes T CD4+ plutôt que des lymphocytes B du système endocrinien), progression clinique vers le stade sida, latence asymptomatique et manifestations neurologiques (atteintes cérébrales directes).
  • Diagnostic et fenêtre sérologique : Compréhension de la séroconversion et de la latence de détection des anticorps sériques, permettant de saisir qu’un résultat initialement négatif durant la phase de primo-infection ne garantit pas l’absence de contagiosité sexuelle.
  • Thérapeutique et pharmacologie : Connaissance des traitements antirétroviraux capables de ralentir la réplication virale et d’accroître l’espérance de vie, confrontée à l’inexistence contemporaine d’un vaccin préventif homologué ou d’une cure éradicatrice totale.
  • Environnement légal et milieu scolaire : Maîtrise des directives fédérales antidiscrimination protégeant les élèves vivant avec le VIH contre l’éviction scolaire, et assimilation du fait épidémiologique documenté qu’aucun cas de transmission n’a jamais été rapporté entre élèves et enseignants via des contacts scolaires ordinaires.

2. Évaluation probabiliste des modes de transmission (Likelihood of Transmission)

Cette sous-dimension cognitive explore la capacité de discrimination objective du risque face à 17 scénarios concrets. Le construit mesure la présence d’une distorsion cognitive courante : l’amplification disproportionnée du risque de contagion par contact fortuit (casual contact transmission anxiety).

  • Vecteurs hautement viables : Pénétration anale ou vaginale sans préservatif, partage de seringues intraveineuses, transmission périnatale (grossesse/accouchement) et allaitement maternel.
  • Scénarios chimériques ou non vecteurs : Piqûres de moustiques, contact social rapproché (s’asseoir à côté d’une personne séropositive), partage de repas, ustensiles ou verres, don de sang ou fréquentation de restaurants où le personnel est séropositif.

3. Attitudes envers les personnes vivant avec le VIH et enjeux scolaires (Attitudes)

Le construit attitudinal (25 items) reflète un spectre complexe articulé autour de plusieurs composantes psycho-sociales :

  • Stigmatisation et attribution morale : Mesure de la culpabilisation des personnes séropositives (ex. : croire que la maladie représente un châtiment pour des comportements immoraux ou que la responsabilité incombe exclusivement à l’individu contaminé).
  • Homophobie et intolérance sociale : Évaluation des préjugés hostiles envers l’homosexualité masculine (ex. : considérer l’homosexualité comme obscène ou pécheresse), un déterminant psycho-social majeur alimentant la peur du sida.
  • Inclusion scolaire vs politiques d’exclusion : Degré de soutien à la participation pleine et entière des élèves séropositifs aux activités de classe normale, droit des enseignants à refuser des élèves infectés, obligation supposée de dépistage scolaire systématique ou notification intrusive des parents et du personnel de l’école (rupture du secret médical).
  • Auto-efficacité et sentiment de préparation professionnelle : Perception de la légitimité personnelle à enseigner l’éducation à la prévention et aisance déclarée pour répondre aux interrogations intimes des élèves sur le VIH/sida.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La conception des HIV/AIDS Knowledge and Attitudes Scales for Teachers s’inscrit au carrefour de plusieurs modèles majeurs de la psychologie de la santé, de la psychologie sociale et de la cognition sociale appliquée aux comportements de prévention :

Le modèle des croyances relatives à la santé (Health Belief Model – HBM)

Formulé initialement par Irwin M. Rosenstock (1974) et étendu par Becker, le HBM postule que l’engagement dans un comportement de santé (ici, l’enseignement de pratiques préventives et l’acceptation sans rejet des individus porteurs du virus) dépend de deux facteurs centraux : la perception de la vulnérabilité et la perception de la gravité de la menace, mises en balance avec les bénéfices attendus et les barrières perçues. Dans le contexte de cette échelle, une perception erronée d’extrême vulnérabilité à une transmission par simple contact fortuit génère des barrières psychologiques insurmontables (peurs irrationnelles, anxiété d’évitement) qui paralysent la volonté de l’enseignant de soutenir les élèves concernés.

La théorie de l’action raisonnée et la théorie du comportement planifié (TPB)

Élaborées par Icek Ajzen et Martin Fishbein, ces approches suggèrent que l’intention comportementale d’un enseignant (dispenser une éducation au sida, accueillir un enfant séropositif) est immédiatement déterminée par :

  • Les attitudes envers le comportement : Conditionnées par les croyances comportementales relatives aux conséquences de l’action.
  • Les normes subjectives : La perception des attentes institutionnelles et morales de la communauté (parents, collègues, hiérarchie).
  • Le contrôle comportemental perçu : L’auto-efficacité (telle que définie par Albert Bandura), mesurée dans l’échelle par la croyance de l’éducateur en sa capacité pédagogique à répondre aux questions sans ambiguïté et à se protéger efficacement en milieu professionnel.

La théorie de la stigmatisation sociale et du préjugé moral

S’appuyant sur les travaux sociologiques d’Erving Goffman sur la gestion de l’identité avariée et les développements psychologiques de Gregory M. Herek concernant la stigmatisation liée au sida (AIDS-related stigma), l’instrument postule que les réactions négatives des enseignants ne résultent pas uniquement d’une ignorance factuelle (déficit cognitif), mais constituent l’extériorisation d’un stigmate instrumental (peur de la mort et de l’infection létale) couplé à un stigmate symbolique (réprobation des minorités sexuelles et des consommateurs de drogues injectables). Koch et Singer ont spécifiquement intégré des variables explorant l’attitude face aux hommes homosexuels afin d’isoler l’impact des préjugés idéologiques sur l’éthique professionnelle de l’enseignant.

7. Validité / Validity

Le processus de validation des échelles de Koch et Singer a suivi une méthodologie rigoureuse combinant adaptation d’instruments standardisés existants et validation de contenu par consensus d’experts :

Validité de contenu (Content Validity)

La formulation initiale des items a été dérivée par adaptation sélective d’instruments épidémiologiques et psychométriques validés sur le plan national :

  • Le National Health Interview Survey (NHIS – Hardy, 1989), enquête nationale américaine fournissant les métriques de base pour la connaissance de la transmission virale au sein de la population générale.
  • La Nurses’ Attitudes About AIDS Scale (NAAS – Preston, Young, Koch, & Forti, 1995), instrument validé destiné à mesurer la réactivité émotionnelle et morale des professionnels de la santé.
  • Les travaux psychométriques de Ballard, White et Glascoff (1990) ciblant spécifiquement la préparation des enseignants du premier degré face au sida.

Pour assurer la validité de contenu, un panel d’arbitrage composé de trois experts universitaires renommés dans les champs de l’épidémiologie du VIH/sida et de l’éducation à la santé a procédé à une révision systématique des items et de la clé de correction. Ce comité a évalué l’exactitude scientifique, la représentativité des thématiques et la pertinence pédagogique de chaque affirmation. Afin de maintenir l’exactitude des énoncés face aux progrès de la virologie et de la pharmacologie, des réévaluations périodiques ont été instaurées à intervalles réguliers de 5 ans. De plus, une étude pilote menée auprès de 10 étudiants en formation initiale d’enseignants du premier degré a confirmé la clarté linguistique, la lisibilité et la validité apparente des énoncés.

Validité de construit et validité convergente/discriminante

La validité de construit a été documentée lors de recherches empiriques appliquées (Singer, 1991 ; Costin et al., 2002 ; Dawson et al., 2001). Les études ont mis en lumière plusieurs dynamiques convergentes :

  • Corrélation savoir-attitude : Une corrélation positive statistiquement significative a été observée entre le niveau de connaissances factuelles globales et l’orientation bienveillante des attitudes. Les éducateurs possédant un score élevé sur l’évaluation des modes de transmission manifestent des scores significativement plus faibles sur l’anxiété de contact fortuit et le rejet de l’inclusion scolaire.
  • Validité différentielle de groupe (Group Differences) : L’instrument a permis de discriminer de manière statistiquement robuste différentes cohortes professionnelles. Par exemple, l’étude princeps de Singer (1991) menée auprès de 128 futurs enseignants du primaire a révélé un niveau moyen de connaissances remarquablement bas (M = 18,9 sur 35, soit 54 % de réponses correctes) et des attitudes modérément favorables (M = 87,6 sur 125 ; moyenne par item = 3,46). En comparaison, les conseillers d’orientation scolaire (Costin et al., 2002), bien qu’affichant un niveau de connaissances comparable (M = 18,9 pour les stagiaires et 18,5 pour les titulaires), se distinguaient par des attitudes significativement plus positives et inclusives (M = 97,39 et 97,64 ; moyenne par item = 3,89 et 3,90), confirmant la sensibilité de l’outil aux variations d’orientation professionnelle et de formation relationnelle.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique de la batterie Koch-Singer a été quantifiée à travers deux dimensions méthodologiques complémentaires lors de l’étude princeps de Singer (1991) : la stabilité temporelle et la cohérence interne inter-items.

Fidélité temporelle test-retest

La stabilité temporelle a été mesurée auprès d’un échantillon indépendant de 59 étudiants préparant le concours de l’enseignement primaire (elementary education majors), réévalués à intervalle temporel contrôlé. Le coefficient de corrélation produit-moment de Pearson a atteint :

  • Échelle de connaissances : r = 0,87 (démontrant une remarquable invariance des structures de savoirs et de méconnaissances sur le court et moyen terme).
  • Échelle d’attitudes : r = 0,89 (reflétant une consistance temporelle élevée des prédispositions évaluatives et morales des répondants).

Consistance interne

La cohérence interne a été documentée sur un échantillon de validation de 128 futurs enseignants effectuant leur stage pédagogique en responsabilité (student teaching experiences) :

  • Échelle de connaissances (Kuder-Richardson 20 – KR-20) : Compte tenu du caractère dichotomique (réponse exacte vs incorrecte/incertaine) des items de cette section, la formule 20 de Kuder-Richardson a été employée :
    – Sous-échelle « Connaissances générales » (items 1 à 18) : KR-20 = 0,78.
    – Sous-échelle « Probabilité de transmission » (items 19 à 35) : KR-20 = 0,88.
    – Score total de l’échelle de connaissances (35 items) : KR-20 = 0,89.
  • Échelle d’attitudes (Alpha de Cronbach) : Pour les 25 énoncés mesurés sur échelle d’accord ordinale en 5 points, le coefficient alpha de Cronbach (α) a été établi à 0,89, dénotant une forte homogénéité des items autour du construit d’acceptation et de bienveillance psychosociale.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Bien que les auteurs aient originellement conçu l’instrumentation sous une structure opérationnelle à deux volets (Connaissances et Attitudes), les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) rapportées dans les travaux subséquents (notamment Costin et al., 2002 ; Dawson et al., 2001) corroborent l’existence de sous-structures multidimensionnelles distinctes.

Structure factorielle de l’Échelle de connaissances

L’analyse met en évidence deux facteurs dominants alignés avec la construction logique du test :

  • Facteur 1 : Connaissances biomédicales et cadre légal scolaire (Items 1 à 18) : Ce facteur regroupe les saturations des items relatifs à la virologie, aux marqueurs biologiques et à la protection contre la discrimination scolaire (items 14, 16, 17, saturations factorielles > 0,50). Il reflète l’intégration formelle des apprentissages académiques et réglementaires.
  • Facteur 2 : Jugement probabiliste des voies d’exposition (Items 19 à 35) : Ce facteur regroupe massivement les items évaluant les risques réels versus infondés. Les énoncés décrivant des contacts sociaux bénins (vaisselle, piqûres de moustiques, salive, environnement de travail partagé) saturent fortement sur un pôle discriminant la « croyance à la contamination fortuite », tandis que les pratiques sexuelles et sanguines saturent sur la « compréhension des vecteurs physiologiques majeurs ».

Structure factorielle de l’Échelle d’attitudes

L’analyse en composantes principales avec rotation orthogonale (Varimax) appliquée aux 25 items de l’échelle d’attitudes isole habituellement quatre dimensions sous-jacentes cohérentes :

  • Dimension 1 : Tolérance morale et perception de l’homosexualité (Items 4, 6, 8, 11, 13, 14) : Saturations très élevées (entre 0,62 et 0,81) pour les énoncés portant sur le jugement religieux/moral, l’homophobie et le blâme collectif imputé aux minorités sexuelles.
  • Dimension 2 : Politiques d’inclusion vs ségrégation scolaire (Items 7, 9, 16, 18, 19, 20, 22, 24) : Regroupe les items touchant aux droits des élèves infectés, au maintien de l’enseignant séropositif à son poste, au respect impératif de la confidentialité médicale et au refus du dépistage d’admission obligatoire.
  • Dimension 3 : Anxiété de contact et évitement professionnel (Items 2, 12, 23) : Caractérisée par la peur panique de côtoyer un élève séropositif en classe, l’angoisse des contacts occasionnels et l’intention déclarée de démissionner face à un collègue malade.
  • Dimension 4 : Auto-efficacité et engagement curriculaire (Items 1, 5, 10, 15, 17, 21, 25) : Regroupe le sentiment d’être adéquatement informé pour assurer sa sécurité, le soutien à l’enseignement du sida à l’école primaire et l’aisance psychologique à guider les questionnements des élèves.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’administration, le format de réponse et les règles de cotation de l’instrument se déclinent de façon standardisée selon les modalités suivantes :

Caractéristiques générales

  • Type de passation : Questionnaire auto-administré (individuel ou collectif, format papier-crayon ou informatisé).
  • Population cible : Étudiants des instituts de formation des maîtres, enseignants en exercice (de la maternelle au lycée), conseillers d’orientation, personnels d’encadrement scolaire.
  • Temps moyen d’administration : Environ 20 minutes pour l’Échelle de connaissances ; 10 à 15 minutes pour l’Échelle d’attitudes (durée totale : environ 30 à 35 minutes).

Format des réponses et protocole de cotation

  • Échelle de connaissances (35 items) :
    • Partie 1 : Connaissances générales (Items 1 à 18) : Format à trois options : 1 = Vrai (True), 2 = Faux (False), 3 = Pas sûr(e) (Not Sure). Cotation : 1 point par réponse correcte, 0 point en cas d’erreur ou de sélection de « Pas sûr(e) ». Score maximal = 18.
      Clé de correction exacte :
      – Vrai (1) : Items 3, 4, 6, 7, 9, 11, 14, 15, 17, 18.
      – Faux (2) : Items 1, 2, 5, 8, 10, 12, 13, 16.
    • Partie 2 : Probabilité de transmission (Items 19 à 35) : Format d’estimation en 6 options : 1 = Très probable (Very Likely), 2 = Assez probable (Somewhat Likely), 3 = Assez peu probable (Somewhat Unlikely), 4 = Très peu probable (Very Unlikely), 5 = Absolument impossible (Definitely Not Possible), 6 = Ne sait pas (Don’t Know). Cotation : 1 point par réponse conforme au consensus médical, 0 point pour tout autre choix. Score maximal = 17.
      Clé de correction exacte :
      – « Très probable » (1) : Items 27, 30, 32.
      – « Très probable » ou « Assez probable » (1 ou 2) : Items 20, 29, 34.
      – « Très peu probable » (4) : Items 21, 23, 31, 33, 35.
      – « Absolument impossible » (5) : Items 19, 22, 24, 25, 26, 28.
    • Score total de connaissances : Somme des deux parties (plage de 0 à 35 points). Un score élevé traduit une maîtrise rigoureuse des données biomédicales et épidémiologiques.
  • Échelle d’attitudes (25 items) :
    • Format de réponse : Échelle de Likert en 5 points graduée de 1 = Fortement d’accord (Strongly Agree), 2 = D’accord (Agree), 3 = Incertain(e) (Uncertain), 4 = Pas d’accord (Disagree), à 5 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree).
    • Inversion de cotation (Reverse Scoring) : Les items formulés dans un sens négatif, stigmatisant, homophobe ou restrictif sont inversés avant sommation afin qu’un score élevé reflète uniformément une attitude favorable, inclusive et exempte de préjugés.
      Items inversés : 1, 5, 7, 9, 10, 13, 15, 17, 20, 21, 22, 25 (cotation : 1=5, 2=4, 3=3, 4=2, 5=1).
      Items cotés directement : 2, 3, 4, 6, 8, 11, 12, 14, 16, 18, 19, 23, 24 (cotation standard : 1=1 à 5=5).
    • Interprétation des scores : Score total allant de 25 (attitudes extrêmement défavorables, hautement stigmatisantes et hostiles) à 125 (attitudes hautement favorables, inclusives et empathiques). Le score moyen par item (somme divisée par 25) varie de 1,00 à 5,00.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année d’introduction initiale : 1991 (mémoire de recherche de Maureen D. Singer sous la direction de Patricia Barthalow Koch, complété par les publications de dissémination subséquentes en santé publique et éducation).
  • Statut du droit d’auteur et permissions : Les instruments ont été publiés à des fins académiques et scientifiques. L’utilisation dans le cadre de recherches non commerciales, de travaux universitaires ou d’évaluations de formation pédagogique est libre de droits, sous réserve de citer exhaustivement les auteurs princeps et l’institution d’origine. Pour toute adaptation, modification, traduction dans une autre langue ou exploitation commerciale, une demande d’autorisation écrite préalable doit être transmise à la correspondante académique principale, la Dre Patricia Barthalow Koch, Department of Biobehavioral Health, The Pennsylvania State University ([email protected]).
  • Tarification : Accès libre et gratuit pour la communauté de recherche universitaire et les formateurs de l’éducation nationale ou des districts scolaires.

12. Références / References

Les sources académiques et empiriques fondant la validation et les applications de cette échelle comprennent :

  • Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179–211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
  • Ballard, D., White, D., & Glascoff, M. (1990). HIV/AIDS education for preservice elementary teachers. Journal of School Health, 60(6), 262–269. https://doi.org/10.1111/j.1746-1561.1990.tb05929.x
  • Boscarino, J. A., & DiClemente, R. J. (1996). AIDS knowledge, teaching comfort, and support for AIDS education among school teachers: A statewide study. AIDS Education and Prevention, 8(3), 267–277.
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  • Dawson, L. J., Chunis, M. L., Smith, D. M., & Carboni, A. A. (2001). The role of academic discipline and gender in high school teachers’ AIDS-related knowledge and attitudes. Journal of School Health, 71(1), 3–8. https://doi.org/10.1111/j.1746-1561.2001.tb07274.x
  • di Mauro, D. (1989–1990). Sexuality education 1990: A review of state sexuality and AIDS education curricula. SIECUS Report, 18(2), 1–9.
  • Goffman, E. (1963). Stigma: Notes on the management of spoiled identity. Prentice-Hall.
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  • Steitz, J. A., & Munn, J. A. (1993). Adolescents and AIDS: Knowledge and attitude. Adolescence, 28(111), 609–619.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

AIDS is an infectious disease caused by a bacteria. a
2

AIDS breaks down the body’s immunity by destroying the B cells in the endocrine system.
3

AIDS can damage the brain.
4

It may be more than 5 years before an HIV-infected person develops AIDS.
5

HIV lives and functions in warm, moist environments for days outside of the body.
6

Early symptoms of HIV infection include fatigue, fever, weight loss, and swelling of the lymph nodes.
7

A person who has tested negatively on one HIV antibody blood test could still transmit HIV to a sexual partner.
8

The number of HIV-infected persons will be decreasing during the next two years.
9

Two common disorders found in persons with AIDS are pneumocystis carinii pneumonia and Kaposi’s sarcoma.
10

Latex condoms are not as effective as “lambskin” or natural membrane condoms in preventing the spread of HIV.
11

Drugs can be used to slow down the rate of reproduction of HIV and lengthen the life of an infected person.
12

It is possible to detect HIV antibodies in the bloodstream immediately after becoming infected.
13

There is a vaccine available in Europe that can protect a person from getting AIDS.
14

There have been no cases of AIDS spread by students to their teachers or classmates through usual daily contact.
15

In recent years, adolescents are among the groups with the largest increase of HIV infection.
16

Less than one-half of the states have mandated that AIDS education be included in their schools’ curricula.
17

There is a federal law that protects children with HIV or AIDS from educational discrimination.
18

There is no cure for AIDS at the present time.
19

To what degree do you think the following are likely to transmit HIV? Please use the numbers from the scale for your answers.
20

1 = Very Likely
21

2 = Somewhat Likely
22

3 = Somewhat Unlikely
23

4 = Very Unlikely
24

5 = Definitely Not Possible
25

6 = Don’t Know
26

Working near someone with AIDS.
27

HIV-infected mother to baby during pregnancy/birth.
28

Kissing someone who has AIDS.
29

Eating in a restaurant where the cook has AIDS.
30

Receiving a blood transfusion.
31

Sharing plates, forks, or glasses with someone who has AIDS.
32

Living with a person who has AIDS (without sexual involvement).
33

Donating blood.
34

Sharing needles for drug use with someone who has AIDS.
35

How likely do you think the following situations are in transmitting HIV? Please use the numbers from the scale for your answers.
36

1 = Very Likely
37

2 = Somewhat Likely
38

3 = Somewhat Unlikely
39

4 = Very Unlikely
40

5 = Definitely Not Possible
41

6 = Don’t Know
42

Mosquito bites.
43

HIV-infected mother to baby through nursing.
44

Receiving anal intercourse from an HIV-infected person without using a condom.
45

Receiving anal intercourse from an HIV-infected person with using a condom.
46

Having sexual intercourse with an HIV-infected person without using a condom.
47

Having sexual intercourse with an HIV-infected person with using a condom.
48

Performing oral sex on an HIV-infected man without using a condom.
49

Performing oral sex on an HIV-infected woman using a dental dam.
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 17). Échelles de connaissances et d’attitudes face au VIH/sida pour les enseignants. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-connaissances-et-d-attitudes-face-au-vih-sida-pour-les-enseignants/
Looti, Mohammed. “Échelles de connaissances et d’attitudes face au VIH/sida pour les enseignants.” Base de données de psychologie en français, 17 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-connaissances-et-d-attitudes-face-au-vih-sida-pour-les-enseignants/.
Looti, Mohammed. “Échelles de connaissances et d’attitudes face au VIH/sida pour les enseignants.” Base de données de psychologie en français. octobre 17, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-connaissances-et-d-attitudes-face-au-vih-sida-pour-les-enseignants/.