Échelles de compétence perçue

Les Échelles de compétence perçue (Perceived Competence Scales, PCS) mesurent le sentiment d’efficacité et de maîtrise dans des domaines de santé ou d’apprentissage selon la théorie de l’autodétermination.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

Les Échelles de compétence perçue (en anglais, Perceived Competence Scales ou PCS) constituent une famille d’instruments psychométriques brefs développés dans le cadre conceptuel de la théorie de l’autodétermination (TAD ; Deci & Ryan, 1985, 2000). Composée généralement de quatre items ciblés, cette échelle évalue le sentiment d’efficacité, de maîtrise et de confiance qu’un individu éprouve à l’égard de l’accomplissement d’un comportement spécifique ou dans un domaine de vie particulier. Contrairement aux mesures globales d’auto-efficacité, la PCS est conçue pour être modulable et adaptée contextuellement, notamment dans les contextes de gestion des maladies chroniques (comme le diabète), de la modification des habitudes de vie (activité physique, sevrage tabagique) ou encore de la réussite académique et de la formation professionnelle.

Chaque item est évalué sur une échelle de Likert en 7 points, s’étendant de 1 (« Pas du tout vrai ») à 7 (« Tout à fait vrai »), avec un point médian à 4 (« Moyennement vrai »). Le score global s’obtient simplement par la moyenne arithmétique des quatre énoncés, un score plus élevé reflétant un sentiment accru de compétence perçue. Sur le plan psychométrique, la PCS présente une consistance interne robuste, attestée de manière répétée par des coefficients alpha de Cronbach excédant fréquemment 0,80 et pouvant dépasser 0,90 dans de nombreux contextes cliniques et éducatifs. Les analyses factorielles confirmatoires appuient de façon unanime une structure strictement unidimensionnelle, confirmant que l’ensemble des énoncés converge vers un construit théorique homogène.

Au-delà de sa parsimonie et de sa facilité de passation, l’échelle démontre une excellente validité prédictive et écologique. Dans les modèles structurels de la théorie de l’autodétermination, la compétence perçue agit comme un médiateur fondamental reliant le soutien à l’autonomie offert par l’environnement social (soignants, éducateurs, managers) à l’adhésion thérapeutique à long terme, au contrôle glycémique objectif (HbA1c), à la persévérance scolaire et au bien-être psychologique global. Sa validité convergente et sa sensibilité au changement en font un instrument de prédilection tant en recherche fondamentale qu’en évaluation clinique appliquée.

2. Mots-clés

compétence perçue, théorie de l’autodétermination, auto-efficacité, motivation intrinsèque, psychométrie, adhésion thérapeutique, éducation médicale, gestion du diabète, régulation autonome, évaluation psychologique

3. Auteurs

Les Échelles de compétence perçue ont été formulées et validées principalement par des chercheurs émérites affiliés au département de psychologie et au centre médical de l’Université de Rochester (Rochester, New York, États-Unis) :

  • Geoffrey C. Williams, M.D., Ph.D. : Professeur de médecine et de psychologie clinique, Département de médecine et Département des sciences cliniques et sociales en psychologie, Université de Rochester. Spécialiste reconnu de l’application de la théorie de l’autodétermination aux comportements de santé et aux interventions motivationnelles en milieu hospitalier. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Edward L. Deci, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie et « Helen F. and Fred H. Gowen Professor in the Social Sciences », Université de Rochester ; cofondateur emblématique de la théorie de l’autodétermination avec Richard M. Ryan.
  • Richard M. Ryan, Ph.D. : Professeur clinicien et chercheur en psychologie à l’Institut des sciences positives et de l’éducation (Institute for Positive Psychology and Education), Université catholique australienne (ACU), et professeur émérite à l’Université de Rochester.
  • Zachary R. Freedman, M.D. : Clinicien et chercheur en endocrinologie et métabolisme, ayant collaboré étroitement avec Geoffrey C. Williams sur les premières validations de l’échelle auprès de cohortes de patients atteints de diabète de type 1 et de type 2.

4. Objectif

L’objectif fondamental des Échelles de compétence perçue est de fournir une évaluation psychométrique standardisée, brève et rigoureuse du degré auquel une personne se sent capable, confiante et efficace dans l’exécution d’une activité spécifique ou dans l’atteinte d’objectifs comportementaux déterminés. Conçue initialement pour combler le besoin d’instruments adaptés aux contraintes des essais cliniques et des milieux de soins ambulatoires, la PCS vise à capturer le sentiment subjectif de compétence sans imposer aux participants un fardeau cognitif disproportionné.

Applications en recherche comportementale et clinique

Dans la recherche médicale et en psychologie de la santé, la PCS est couramment employée pour investiguer les déterminants motivationnels de la gestion des pathologies de longue durée. Par exemple, chez les personnes atteintes de diabète, l’échelle permet de mesurer le sentiment de compétence relatif à l’autocontrôle glycémique régulier, au respect des régimes diététiques complexes, à la posologie de l’insuline et à la pratique d’exercice physique. Les chercheurs s’en servent pour vérifier l’hypothèse selon laquelle les interventions centrées sur le patient et soutenant son autonomie augmentent sa compétence perçue, ce qui conduit ultérieurement à une baisse significative de l’hémoglobine glyquée (HbA1c) et à une réduction des complications vasculaires à long terme.

L’instrument est également déployé dans des études portant sur le sevrage tabagique, l’assiduité à des programmes de réadaptation cardiaque, le suivi pharmacologique dans les affections cardiovasculaires, ainsi que la participation régulière à des programmes de perte de poids. Dans chacun de ces contextes, la PCS permet d’établir des équations structurelles robustes démontrant que l’information médicale ou la prescription seule ne suffisent pas à modifier le comportement : le patient doit développer un sentiment intime d’efficacité personnelle face aux défis quotidiens posés par la maladie.

Applications dans le domaine éducatif et organisationnel

Parallèlement au secteur médical, la version adaptée à l’apprentissage (Perceived Competence for Learning) est fréquemment mobilisée dans l’enseignement supérieur, l’éducation médicale et la formation professionnelle continue. Elle évalue dans quelle mesure les étudiants se sentent capables de maîtriser des contenus conceptuels ardus, d’assimiler des habiletés relationnelles complexes (telles que la conduite d’un entretien biopsychosocial avec un patient) ou de réussir des évaluations académiques exigeantes. Les éducateurs peuvent utiliser cette échelle pour surveiller les fluctuations du sentiment de compétence au cours d’un cursus, identifier les étudiants vulnérables au désengagement ou au sentiment d’impuissance, et évaluer l’impact pédagogique d’un environnement d’apprentissage soutenant l’autonomie par opposition à un style contrôlant.

Justification théorique et utilité différentielle

Bien que conceptuellement apparentée au concept d’auto-efficacité formulé par Albert Bandura dans le cadre de la théorie sociale cognitive, la compétence perçue au sens de la TAD s’en distingue par son ancrage dans la satisfaction d’un besoin psychologique fondamental inné. Tandis que l’auto-efficacité de Bandura se focalise souvent sur des jugements de probabilité de réussite face à des tâches hautement atomisées et circonstanciées, la PCS évalue une expérience phénoménologique globale d’efficacité et d’empowerment au sein d’une sphère d’action. De plus, la PCS est systématiquement articulée avec la théorie des besoins fondamentaux, permettant de modéliser l’interaction dynamique entre la compétence perçue et le besoin d’autonomie (i.e., agir selon sa propre volonté plutôt que sous contrainte externe).

5. Construit psychologique

Le construit psychologique opérationnalisé par la PCS est la compétence perçue spécifique à un domaine. Au sein de la théorie de l’autodétermination, la compétence ne se définit pas par une simple compétence technique objective ou une accumulation d’aptitudes cognitives ou motrices, mais par le sentiment subjectif et expérientiel d’exercer un contrôle efficace sur ses interactions avec l’environnement et de produire les résultats escomptés.

Composantes du construit

Bien que l’échelle soit unidimensionnelle sur le plan factoriel, le construit de la compétence perçue intègre plusieurs facettes psychologiques complémentaires :

  • La confiance dans les capacités personnelles : Cela renvoie à la certitude interne qu’a l’individu de posséder les ressources psychologiques, cognitives et comportementales requises pour gérer les exigences de la situation (reflétée par l’énoncé « I feel confident in my ability to… »). Cette confiance protège contre l’anxiété de performance et le sentiment d’impuissance acquise.
  • Le sentiment de capacité actuelle et d’opérationnalité : Il s’agit de la perception d’être prêt, au moment présent, à exécuter les comportements requis de manière autonome et continue (captée par l’énoncé « I am capable of handling… now »). Cette temporalité immédiate ancre le construit dans la réalité quotidienne du sujet.
  • La maîtrise des routines et habiletés spécifiques : Ce volet mesure l’aptitude perçue à exécuter de façon autonome les gestes techniques, les soins ou les démarches concrètes requis sans dépendre excessivement d’un tiers (exprimée par « I am able to do my own routine… now »).
  • La résilience face aux défis et aux obstacles : Le sentiment de compétence implique également la perception de pouvoir persévérer face à l’adversité, aux difficultés imprévues et aux exigences élevées de la tâche (illustrée par « I feel able to meet the challenge of… »). Il ne s’agit pas simplement d’agir en situation de routine aisée, mais d’affronter victorieusement l’incertitude.

Exemples concrets d’incarnation du construit

Dans le domaine du diabète, un individu présentant un niveau élevé de compétence perçue abordera le calcul des doses d’insuline et les lectures glycémiques imprévues non pas comme une fatalité décourageante, mais comme un ensemble de problèmes solubles qu’il possède la capacité de gérer. À l’inverse, un patient doté d’une faible compétence perçue éprouvera une anxiété paralysante face aux fluctuations de sa glycémie, ressentira un doute envahissant sur ses aptitudes à injecter le traitement sans erreur, et finira par adopter des comportements d’évitement ou d’abandon thérapeutique.

Dans le domaine académique, un étudiant en médecine manifestant une forte compétence perçue lors d’un module d’entretien clinique appréhendera les interactions complexes avec des patients anxieux comme des opportunités de développer son savoir-faire, anticipant son aptitude à surmonter les maladresses initiales. L’étudiant qui se perçoit incompétent sera en revanche dominé par la peur du jugement, l’inhibition motrice et verbale, et aura tendance à attribuer ses moindres erreurs à une déficience intellectuelle ou relationnelle incurable.

6. Cadre théorique

Les Échelles de compétence perçue trouvent leur fondement exclusif dans la théorie de l’autodétermination (TAD), développée à l’origine par Edward L. Deci et Richard M. Ryan. La TAD est une macro-théorie de la motivation humaine, du développement de la personnalité et du bien-être psychologique qui postule que les êtres humains sont des organismes actifs orientés vers la croissance, l’intégration de leur expérience et le fonctionnement optimal, pour autant que leurs besoins psychologiques soient convenablement nourris par l’environnement social.

La théorie des besoins psychologiques fondamentaux (BPNT)

Au cœur de la TAD se situe la sous-théorie des besoins fondamentaux (Basic Psychological Needs Theory), qui identifie trois nécessités universelles indispensables à la vitalité, à l’intégrité psychique et à la santé mentale :

  • Le besoin d’autonomie : L’expérience de se percevoir comme l’initiateur et la source causale de ses propres actions, agissant en accord avec ses valeurs et intérêts personnels, sans pression ni coercition.
  • Le besoin de compétence : Le sentiment d’être efficace dans ses interactions avec le monde physique et social, d’expérimenter la maîtrise de son activité et d’avoir des opportunités d’exercer et d’étendre ses capacités.
  • Le besoin d’appartenance sociale (ou reliance) : L’expérience de se sentir connecté à autrui, d’aimer et d’être aimé, d’appartenir à une communauté et de bénéficier d’une bienveillance mutuelle.

Dans cette architecture conceptuelle, la compétence ne fonctionne pas en vase clos. Pour qu’un sentiment de compétence contribue à une motivation autodéterminée et soutienne le bien-être, il doit impérativement s’accompagner d’un sentiment d’autonomie. Une personne qui se sent extrêmement compétente dans une tâche mais qui l’accomplit uniquement sous l’effet de menaces, d’incitations financières externes ou de culpabilité intériorisée (régulation externe ou introjectée) ne retirera pas la pleine satisfaction de son besoin de compétence et risque l’épuisement émotionnel.

Processus d’intériorisation et régulation autonome

La TAD distingue la motivation intrinsèque (agir pour le plaisir inhérent à l’activité) des formes de motivation extrinsèque, qui se distribuent le long d’un continuum d’intériorisation (régulation externe, régulation introjectée, régulation identifiée, et régulation intégrée). La compétence perçue est un catalyseur indispensable de l’intériorisation. Lorsqu’un individu doit adopter un comportement thérapeutique ou éducatif qui n’est pas spontanément plaisant (prendre des médicaments quotidiens, suivre un programme d’étude rigoureux), il ne peut s’approprier durablement ces valeurs (régulation identifiée et intégrée) que s’il se sent compétent pour exécuter les comportements requis. Sans un sentiment d’efficacité, les valeurs restent extérieures ou génèrent un découragement défensif.

Les travaux de Williams, Deci et leurs collaborateurs ont formalisé un modèle intégrateur de changement comportemental : lorsque les figures d’autorité (médecins, soignants, enseignants) adoptent un style soutenant l’autonomie — en écoutant la perspective de la personne, en lui offrant des choix éclairés, en évitant les injonctions culpabilisantes et en fournissant des rétroactions constructives —, elles soutiennent conjointement l’autonomie et la compétence du patient. Ce climat favorise une augmentation de la compétence perçue (mesurée par la PCS) et une régulation autonome, qui prédisent ensuite directement la persistance du comportement, l’amélioration des marqueurs biomédicaux et une qualité de vie supérieure.

7. Validité

La validité des Échelles de compétence perçue a été abondamment documentée à travers des cohortes diversifiées en milieu clinique, éducatif et communautaire.

Validité de construit

La validité de construit de la PCS est étayée par la conformité constante de ses relations empiriques avec les propositions de la théorie de l’autodétermination. Des analyses de modélisation en équations structurelles (SEM) ont démontré de manière répétée que les scores de la PCS se corrèlent positivement et substantiellement avec des indicateurs de motivation autonome (régulation identifiée et intrinsèque), tandis qu’ils présentent des corrélations faibles, nulles ou négatives avec les styles de régulation contrôlée (régulation externe et introjection pure). Cette matrice de relations confirme que la PCS mesure précisément la compétence telle que conceptualisée dans les dynamiques d’auto-organisation, et non une simple obéissance aux consignes.

Validité prédictive et écologique

La force probante de la PCS réside dans sa remarquable capacité à prédire des issues comportementales et cliniques objectives sur des périodes longitudinales :

  • Contrôle du diabète : Dans l’étude princeps de Williams, Freedman et Deci (1998) menée auprès de patients atteints de diabète, une augmentation de la compétence perçue pour la gestion du diabète sur une période de 12 mois prédisait de façon statistiquement significative une diminution des taux d’hémoglobine glyquée (HbA1c), indépendamment des caractéristiques démographiques et des valeurs initiales du marqueur biologique.
  • Arrêt du tabac : Dans des essais cliniques randomisés portant sur le sevrage tabagique (Williams et al., 2002, 2006), la compétence perçue mesurée au moyen de la version PCS-tabac à 1 et 6 mois prédisait fortement l’abstinence tabagique validée par dosage biologique de cotinine à 12, 18 et 24 mois.
  • Performance et rétention académique : Dans l’étude de Williams et Deci (1996) sur des étudiants en médecine inscrits à un cours d’entretien clinique, la compétence perçue pour l’apprentissage du matériel d’entretien s’est révélée prédictive d’une plus forte adhésion aux valeurs biopsychosociales et de performances cliniques supérieures lors d’entretiens standardisés avec des patients simulés.

Validité convergente et discriminante

La PCS démontre une forte validité convergente avec d’autres échelles réputées d’auto-efficacité, telles que l’échelle d’auto-efficacité générale de Schwarzer et Jerusalem ou des mesures spécifiques d’auto-efficacité liée au diabète (comme le Multidimensional Diabetes Questionnaire), avec des coefficients de corrélation de Pearson oscillant habituellement entre r = 0,60 et r = 0,78 (p < 0,001). Cependant, la validité discriminante est également assurée : la PCS s’en distingue en captant spécifiquement le besoin de compétence en interaction avec l’autonomie, présentant des corrélations modérées à faibles avec des construits affectifs tels que la détresse psychologique liée au diabète (PAID – Problem Areas in Diabetes) ou l’anxiété générale, montrant qu’elle ne se réduit pas à une simple absence d’affect négatif.

8. Fidélité

La fidélité de l’échelle a été examinée sous l’angle de la consistance interne, de la stabilité temporelle (test-retest) et de l’homogénéité inter-items à travers de multiples échantillons cliniques et académiques.

Consistance interne

En dépit de sa concision extrême (4 items), la PCS présente des indices d’homogénéité interne remarquablement élevés, dépassant systématiquement les seuils psychométriques conventionnels fixés à 0,70 ou 0,80 :

  • Dans l’étude fondatrice de Williams, Freedman et Deci (1998) portant sur le diabète, l’alpha de Cronbach de la PCS était de α = 0,88 lors de l’évaluation initiale et de α = 0,91 lors du suivi longitudinal à 12 mois.
  • Dans l’investigation menée par Williams et Deci (1996) auprès des étudiants en médecine (PCS pour l’apprentissage), le coefficient alpha s’élevait à α = 0,80 au pré-test et atteignait α = 0,83 à l’issue de la formation.
  • Des études subséquentes évaluant la PCS dans le cadre du sevrage tabagique et de la prescription diététique (Williams et al., 2004, 2005) ont rapporté des coefficients alpha compris entre α = 0,89 et α = 0,93.
  • Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent régulièrement entre 0,68 et 0,85, confirmant qu’aucun énoncé n’est superflu ou divergent au sein du score composite.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

En contexte stable (en l’absence d’intervention éducative ou thérapeutique majeure), les coefficients de corrélation test-retest calculés sur des intervalles de 2 à 4 semaines se situent couramment entre r = 0,75 et r = 0,84, témoignant d’une stabilité satisfaisante de la mesure. Toutefois, la PCS est délibérément sensible aux interventions environnementales : lorsqu’un programme clinique ou pédagogique soutenant l’autonomie est administré, les scores affichent des variations prédictibles, ce qui atteste à la fois de la fidélité de l’instrument et de sa réactivité au changement thérapeutique.

9. Analyse factorielle

Les propriétés factorielles des Échelles de compétence perçue ont été explorées à l’aide d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), consolidant de façon univoque son statut de mesure unidimensionnelle pure.

Analyses factorielles exploratoires (AFE)

Lors de l’extraction factorielle initiale (par méthode des composantes principales ou du facteur principal avec critère de Kaiser-Guttman), un seul facteur émerge systématiquement avec une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure à 1,0 (variant typiquement entre 2,80 et 3,45). Ce facteur unique explique régulièrement entre 70 % et 85 % de la variance totale des scores. L’examen du graphique des valeurs propres (scree plot) montre une rupture franche après le premier facteur, ne laissant aucun doute quant à l’absence de sous-dimensions secondaires viables.

Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

L’évaluation par modélisation d’équations structurelles corrobore l’excellence de l’ajustement du modèle unidimensionnel aux données empiriques. Les indices d’ajustement couramment rapportés dans la littérature répondent aux standards méthodologiques les plus rigoureux :

  • Indice de comparabilité de Bentler (CFI – Comparative Fit Index) : constamment supérieur à 0,98, atteignant souvent 0,99 ou 1,00.
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI – Tucker-Lewis Index) : supérieur à 0,97.
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA – Root Mean Square Error of Approximation) : généralement inférieure à 0,05 (avec un intervalle de confiance à 90 % englobant 0,00).
  • Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR – Standardized Root Mean Square Residual) : inférieur à 0,03.

Saturations factorielles des items (Factor Loadings)

L’ensemble des quatre items présente des saturations factorielles standardisées (λ) exceptionnellement élevées sur le facteur latent de compétence perçue, presque toujours supérieures à 0,75 :

Item Contenu conceptuel Saturation standardisée habituelle (λ)
1 Confiance dans l’aptitude générale à gérer la tâche / le domaine 0,82 – 0,91
2 Sentiment d’être capable de prendre en charge la situation actuellement 0,85 – 0,93
3 Capacité d’accomplir les routines spécifiques de manière autonome 0,78 – 0,87
4 Aptitude à relever le défi et à surmonter les difficultés associées 0,80 – 0,89

Ces paramètres confirment que les quatre indicateurs possèdent un niveau d’erreur de mesure très restreint et contribuent de façon homogène à l’estimation du construit latent.

10. Instrument de mesure

  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (self-report inventory) concis, adapté aux approches contextuelles ou spécifiques à un domaine d’action.
  • Nombre d’items : 4 items rédigés à la première personne du singulier.
  • Format d’administration : Papier-crayon, passation informatisée sur tablette/ordinateur, ou administration en ligne.
  • Temps de passation estimé : 1 à 2 minutes (extrêmement rapide, idéal pour les suivis longitudinaux ou les batteries de tests volumineuses).
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points avec ancrages verbaux explicites :
    • 1 = Pas du tout vrai (not at all true)
    • 2 = [Sans ancrage textuel]
    • 3 = [Sans ancrage textuel]
    • 4 = Moyennement vrai (somewhat true)
    • 5 = [Sans ancrage textuel]
    • 6 = [Sans ancrage textuel]
    • 7 = Tout à fait vrai (very true)
  • Procédure de calcul du score (Cotation) :
    • L’instrument ne comprend aucun item inversé ; tous les items sont formulés dans le sens direct du sentiment de compétence.
    • Le score global de compétence perçue correspond à la moyenne arithmétique des réponses aux 4 items (somme des 4 scores divisée par 4).
    • Le score final s’échelonne par conséquent entre 1,00 et 7,00.
    • Interprétation : Un score proche de 1,00 traduit un sentiment d’incompétence et d’inefficacité sévère face à la tâche ; un score proche de 4,00 indique une confiance modérée ou mitigée ; un score approchant 7,00 dénote une compétence perçue très robuste et consolidée.
  • Adaptabilité contextuelle : Les items peuvent être adaptés au domaine ciblé simplement en remplaçant la cible comportementale (ex. : « gérer mon diabète », « apprendre cette matière », « pratiquer une activité physique régulière », « cesser de fumer »).

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de développement initial : 1996 (Williams & Deci, pour l’apprentissage médical) ; 1998 (Williams, Freedman, & Deci, pour la gestion du diabète).
  • Statut des droits d’auteur : Droits détenus par Edward L. Deci, Richard M. Ryan et Geoffrey C. Williams (Self-Determination Theory Research Group).
  • Tarification : Accès totalement gratuit pour les projets de recherche académique, scientifique et médicale à but non lucratif, ainsi que pour les applications pédagogiques.
  • Modalités d’autorisation : L’instrument est mis à la disposition de la communauté scientifique mondiale via la plateforme officielle de la théorie de l’autodétermination (selfdeterminationtheory.org). Aucune autorisation écrite préalable n’est requise pour une utilisation non commerciale en recherche, sous réserve d’attribuer la citation appropriée aux auteurs d’origine dans les publications scientifiques en résultant. Pour tout usage commercial ou intégration logicielle payante, une demande de licence formelle doit être formulée auprès des titulaires des droits.

12. Références

Deci, E. L., & Ryan, R. M. (1985). Intrinsic motivation and self-determination in human behavior. Plenum Publishing Co. https://doi.org/10.1007/978-1-4899-2271-7

Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01

Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2017). Self-determination theory: Basic psychological needs in motivation, development, and wellness. Guilford Press. https://doi.org/10.1521/978.14625/28769

Williams, G. C., & Deci, E. L. (1996). Internalization of biopsychosocial values by medical students: A test of self-determination theory. Journal of Personality and Social Psychology, 70(4), 767–779. https://doi.org/10.1037/0022-3514.70.4.767

Williams, G. C., Freedman, Z. R., & Deci, E. L. (1998). Supporting autonomy to motivate glucose control in patients with diabetes. Diabetes Care, 21(10), 1644–1651. https://doi.org/10.2337/diacare.21.10.1644

Williams, G. C., Gagne, M., Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2002). Facilitating autonomous motivation for smoking cessation. Health Psychology, 21(1), 40–50. https://doi.org/10.1037/0278-6133.21.1.40

Williams, G. C., McGregor, H. A., Zeldman, A., Freedman, Z. R., & Deci, E. L. (2004). Testing a self-determination theory process model for promoting glycemic control through diabetes self-management. Health Psychology, 23(1), 58–66. https://doi.org/10.1037/0278-6133.23.1.58

Williams, G. C., Niemiec, C. P., Patrick, H., Ryan, R. M., & Deci, E. L. (2009). The importance of supporting autonomy and perceived competence in facilitating long-term tobacco abstinence. Annals of Behavioral Medicine, 37(3), 315–324. https://doi.org/10.1007/s12160-009-9090-y

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Scoring Formula: Scoring Information. A persons score on the PCS is calculated simply by averaging his or her responses on the four items.
1

I feel confident in my ability to manage my diabetes.
2

I am capable of handling my diabetes now.
3

I am able to do my own routine diabetic care now.
4

I feel able to meet the challenge of controlling my diabetes.
★

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Looti, M. (2026, octobre 2). Échelles de compétence perçue. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-competence-percue-pcs/
Looti, Mohammed. “Échelles de compétence perçue.” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-competence-percue-pcs/.
Looti, Mohammed. “Échelles de compétence perçue.” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-competence-percue-pcs/.