Échelles de balance décisionnelle pour le tabagisme

Découvrez l’article de référence sur les Échelles de balance décisionnelle pour le tabagisme (SDBS) développées par Velicer, DiClemente et Prochaska : cadre théorique, propriétés psychométriques et passation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

Les Échelles de balance décisionnelle pour le tabagisme (Smoking Decisional Balance Scales, SDBS), développées initialement par Wayne F. Velicer, Carlo C. DiClemente et James O. Prochaska en 1985, constituent l’un des piliers psychométriques fondamentaux du Modèle Transthéorique (TTM) du changement de comportement. Cet instrument d’auto-évaluation quantifie la pondération cognitive que les individus accordent aux avantages (« Pour » ou Pros) et aux inconvénients (« Contre » ou Cons) associés à la poursuite ou à l’abandon de la consommation tabagique. L’instrument existe sous deux formats validés : une version longue comprenant 20 items (SDBS-LF) et une version abrégée ultra-rapide comprenant 6 items (SDBS-SF). Les participants évaluent l’importance perçue de chaque énoncé dans leur prise de décision relative au tabagisme sur une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Pas important du tout ») à 5 (« Extrêmement important »).

D’un point de vue psychométrique, l’instrument présente une structure orthogonale robuste à deux facteurs stables à travers les divers groupes démographiques et les stades de changement. Les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) sont remarquablement élevés, oscillant généralement entre 0,87 et 0,89 pour la sous-échelle des « Pour » et entre 0,87 et 0,90 pour celle des « Contre ». Sur le plan prédictif, la balance décisionnelle modélise avec précision la progression motivationnelle : les individus en stade de précontemplation perçoivent systématiquement plus d’avantages que d’inconvénients au tabac, tandis qu’un croisement décisif (crossover point) s’opère durant la phase de contemplation et de préparation, où les inconvénients surpassent nettement les bénéfices perçus, facilitant le passage à l’action. Cet outil est indispensable dans les recherches en psychologie de la santé, en tabacologie et dans les interventions motivationnelles personnalisées.

2. Mots-clés / Keywords

balance décisionnelle, tabagisme, modèle transthéorique, stades de changement, sevrage tabagique, psychométrie, évaluation motivationnelle, addiction à la nicotine, prise de décision, santé comportementale, analyse factorielle, fidélité test-retest

3. Auteurs / Authors

Les échelles de balance décisionnelle pour le tabagisme ont été conçues et validées par une équipe de chercheurs pionniers en psychologie clinique et en psychométrie comportementale :

  • Wayne F. Velicer, Ph.D. (1944–2017) : Professeur émérite de psychologie et codirecteur du Cancer Prevention Research Center (CPRC) à l’Université de Rhode Island (Kingston, RI, États-Unis). Spécialiste reconnu des méthodes quantitatives, de l’analyse factorielle et de la modélisation des trajectoires de changement comportemental.
  • Carlo C. DiClemente, Ph.D. : Professeur émérite de psychologie à l’Université du Maryland, Baltimore County (UMBC, Baltimore, MD, États-Unis). Co-développeur du modèle transthéorique, chercheur de renommée internationale sur les addictions et la motivation au changement. Courriel académique institutionnel : [email protected].
  • James O. Prochaska, Ph.D. (1942–2023) : Professeur de psychologie clinique et fondateur du Cancer Prevention Research Center à l’Université de Rhode Island. Théoricien principal du modèle transthéorique, classé parmi les psychologues cliniciens les plus influents du XXe siècle pour ses travaux appliqués à la modification des comportements de santé.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental des Smoking Decisional Balance Scales est d’évaluer la structure cognitive et motivationnelle qui sous-tend le comportement tabagique d’un individu. En s’appuyant sur l’approche de la prise de décision en situation de conflit développée par Janis et Mann (1977), l’échelle ne cherche pas simplement à mesurer le niveau de dépendance physique à la nicotine (comme le ferait le test de Fagerström), mais plutôt à quantifier les délibérations cognitives conscientes qui régissent la disposition d’un fumeur à modifier son comportement.

Applications cliniques et thérapeutiques

En pratique clinique, l’échelle permet d’établir un profil décisionnel précis afin d’ajuster les interventions psychothérapeutiques. Elle constitue un support précieux dans le cadre de l’entretien motivationnel développé par Miller et Rollnick. Lorsqu’un praticien identifie qu’un patient présente un score élevé sur l’échelle des « Pour » (par exemple, perception aiguë que le tabac est le seul moyen de gérer le stress professionnel) et un score faible sur l’échelle des « Contre », l’objectif premier n’est pas d’exiger une date d’arrêt immédiate — ce qui provoquerait une résistance — mais d’activer la dissonance cognitive en explorant les conséquences négatives du comportement. Inversement, chez un patient déjà conscient des risques mais incapable de franchir le pas de l’action, l’identification précise des « Pour » permet de travailler sur des stratégies de substitution adaptées (apprentissage de techniques de relaxation, gestion du poids, restructuration cognitive).

Applications en recherche épidémiologique et interventionnelle

En santé publique et en recherche interventionnelle, la balance décisionnelle sert de variable intermédiaire (mediational variable) cruciale. Elle permet d’évaluer l’efficacité intrinsèque des campagnes de prévention et des programmes de sevrage automatisés (applications numériques, interventions en ligne). Une intervention qui parvient à augmenter le score des « Contre » de 0,5 à 1 écart-type est hautement prédictive d’une transition réussie du stade de précontemplation vers la contemplation ou la préparation, validant ainsi l’impact théorique du programme avant même que l’abstinence totale ne soit objectivée.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par l’instrument repose sur une conceptualisation bidimensionnelle du processus décisionnel lié au tabagisme : la balance décisionnelle (Decisional Balance). Bien que Janis et Mann aient initialement postulé une grille décisionnelle complexe à huit cellules (englobant les gains et pertes instrumentaux pour soi et pour autrui, ainsi que l’approbation ou la désapprobation de soi et d’autrui), les investigations empiriques menées par Velicer et ses collaborateurs (1985) ont démontré que, chez les fumeurs, cette structure se résume de manière parcimonieuse et robuste à deux macro-dimensions orthogonales : les Avantages perçus (Pros) et les Inconvénients perçus (Cons).

La dimension des « Pour » (Pros of Smoking)

Cette dimension mesure l’ensemble des renforcements positifs et négatifs que le fumeur associe à l’acte de fumer. Elle reflète les motivations biopsychosociales qui soutiennent le maintien de l’addiction :

  • Régulation émotionnelle et soulagement du stress : Évaluation de la cigarette comme anxiolytique ou stabilisateur de l’humeur (ex. item 15 : « Smoking cigarettes relieves tension » ; item 5 : « I am relaxed and therefore more pleasant when smoking »).
  • Plaisir sensoriel et hédonique : L’expérience physique directe de satisfaction liée à la nicotine (ex. item 1 : « Smoking cigarettes is pleasurable » ; item 19 : « After not smoking for a while a cigarette makes me feel great »).
  • Facilitation cognitive et performance : Utilisation de la nicotine comme stimulant pour maintenir l’attention (ex. item 13 : « Smoking helps me concentrate and do better work »).
  • Identité personnelle et autonomie : Perception que fumer renforce l’image de soi ou affirme le libre arbitre individuel (ex. item 3 : « I like the image of a cigarette smoker » ; item 17 : « By continuing to smoke I feel I am making my own decisions »).
  • Évitement des symptômes de sevrage relationnels : Anticipation que l’arrêt provoquera irritabilité et désagrément pour l’entourage (ex. item 7 : « If I try to stop smoking I’ll be irritable and a pain to be around » ; item 9 : « My family and friends like me better when I am happily smoking than when I am miserable trying to quit »).

La dimension des « Contre » (Cons of Smoking)

Cette dimension capture la prise de conscience des coûts physiques, psychologiques, sociaux et interpersonnels liés à l’usage continu du tabac :

  • Conséquences somatiques directes et perte de vitalité : Reconnaissance de la toxicité du produit et de son impact sur la santé générale (ex. item 8 : « Smoking cigarettes is hazardous to my health » ; item 20 : « I would be more energetic right now if I didn’t smoke »).
  • Impact sur la santé et le bien-être d’autrui : Effets du tabagisme passif et souffrance émotionnelle causée aux proches en cas de maladie (ex. item 2 : « My smoking affects the health of others » ; item 4 : « Others close to me would suffer if I became ill from smoking » ; item 12 : « My cigarette smoking bothers other people »).
  • Désapprobation sociale et stigmatisation : Perception du regard négatif de la société ou des proches face à la dépendance (ex. item 6 : « Because I continue to smoke, some people I know think I lack the character to quit » ; item 14 : « People think I’m foolish for ignoring the warnings about cigarette smoking » ; item 16 : « People close to me disapprove of my smoking »).
  • Atteinte à l’estime de soi et honte : Conflit interne entre la volonté rationnelle et la dépendance comportementale (ex. item 10 : « I’m embarrassed to have to smoke » ; item 18 : « I’m foolish to ignore the warnings about cigarettes »).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’instrument s’enracine directement dans l’intégration de deux corpus théoriques majeurs : la théorie de la décision conflictuelle de Janis et Mann (1977) et le Modèle Transthéorique (TTM) du changement de comportement formalisé par James Prochaska et Carlo DiClemente (1983, 1992).

Le modèle décisionnel de Janis et Mann

Dans leur ouvrage classique Decision Making: A Psychological Analysis of Conflict, Choice, and Commitment, Irving Janis et Leon Mann ont développé le concept de la « balance décisionnelle ». Selon cette théorie, toute prise de décision humaine majeure, en particulier face à un comportement à risque ou une habitude profondément ancrée, s’apparente à un calcul mental dans lequel l’individu pèse les gains attendus contre les pertes potentielles. Dans le contexte du tabagisme, la dépendance pharmacologique crée une distorsion cognitive puissante où les bénéfices immédiats (soulagement du manque, plaisir, stimulation) sont vécus de manière aiguë et tangible, tandis que les coûts (maladies cardiovasculaires, cancer, dégradation physique) sont souvent différés dans le temps et psychologiquement minimisés.

L’intégration dans le Modèle Transthéorique (TTM)

Prochaska et ses collègues ont opérationnalisé la balance décisionnelle comme l’un des quatre construits centraux du TTM, aux côtés des Stades de changement (Stages of Change), des Processus de changement (Processes of Change) et de l’Auto-efficacité (Self-Efficacy). Dans cette architecture, la balance décisionnelle agit comme le moteur cognitif facilitant la transition d’un stade à l’autre :

  • Précontemplation (Precontemplation) : Le sujet n’envisage pas d’arrêter de fumer dans les six prochains mois. Le score des « Pour » excède largement celui des « Contre » (différence typique d’environ un écart-type en scores standardisés T).
  • Contemplation : L’individu prend conscience des risques et envisage un arrêt dans les six mois. Les « Contre » augmentent fortement pour égaler ou commencer à dépasser les « Pour ». C’est l’état classique d’ambivalence psychologique.
  • Préparation : L’individu prévoit d’arrêter dans les 30 jours et a souvent fait une tentative récente. Les « Contre » dominent nettement les « Pour ».
  • Action : L’individu a cessé de fumer depuis moins de six mois. Les « Pour » chutent drastiquement, tandis que les « Contre » demeurent élevés pour justifier les efforts de privation.
  • Maintien (Maintenance) : Abstinence consolidée depuis plus de six mois. Les deux scores diminuent, le comportement tabagique n’étant plus au centre de la délibération cognitive quotidienne.

Le principe du croisement décisionnel (The Crossover Principle)

L’une des découvertes les plus élégantes issues de l’application de la SDBS, répliquée sur plus de 12 comportements de santé problématiques (Prochaska et al., 1994), est la régularité mathématique du « croisement » : pour qu’un individu passe de la précontemplation à l’action, les « Contre » doivent obligatoirement devenir supérieurs aux « Pour ». Plus précisément, les données méta-analytiques indiquent que la progression réussie s’accompagne en moyenne d’une augmentation de 1 écart-type (1 sigma) des inconvénients du comportement problème et d’une diminution d’environ 0,5 écart-type (0,5 sigma) de ses avantages perçus.

7. Validité / Validity

Les propriétés métrologiques de validité des échelles de balance décisionnelle pour le tabagisme ont fait l’objet de vérifications approfondies dans de multiples contextes populationnels et cliniques.

Validité de construit

La validité de construit a été initialement démontrée par Velicer, DiClemente, Prochaska et Brand (1985) sur un échantillon diversifié de 960 fumeurs et anciens fumeurs. Les analyses ont confirmé que les deux dimensions (Pros et Cons) se comportaient de façon totalement conforme aux prédictions théoriques du TTM. Les participants classés dans les différents stades de changement présentaient des configurations de scores significativement distinctes : les fumeurs en précontemplation affichaient des scores de Pros significativement supérieurs à ceux des individus en contemplation, préparation ou action ($F > 45,0, p < 0,001$). De plus, la matrice des intercorrélations confirme que les deux échelles sont largement indépendantes ($r$ proche de 0, variant entre $-0,15$ et $+0,10$), corroborant l’hypothèse de deux dimensions cognitives orthogonales plutôt que d’un continuum bipolaire unique.

Validité prédictive et de critère

La validité prédictive de la SDBS est particulièrement documentée dans les études de suivi longitudinal. Les scores initiaux de balance décisionnelle prédisent fidèlement les transitions de stade et le succès des tentatives d’arrêt à 6, 12 et 24 mois. Une étude longitudinale menée par Prochaska, Velicer et al. a révélé que les fumeurs en contemplation qui présentaient les scores de « Contre » les plus élevés étaient deux à trois fois plus susceptibles d’avoir tenté un arrêt sérieux au suivi semestriel par rapport à ceux dont les « Pour » demeuraient prédominants.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente est étayée par des corrélations modérées à fortes avec des mesures d’attitudes envers la santé, de perception du risque cardiovasculaire et respiratoire, et de motivation autodéterminée. Parallèlement, l’instrument présente une excellente validité discriminante par rapport à la dépendance physique brute : les corrélations avec le test de dépendance à la nicotine de Fagerström (FTND) sont faibles ($r < 0,25$), confirmant que la balance décisionnelle mesure un processus de délibération cognitive et motivationnelle distinct des marqueurs physiologiques d'accoutumance pharmacologique.

Invariance de mesure

Des travaux ultérieurs, notamment ceux de Ward, Velicer et Rossi (2004), ont rigoureusement démontré l’invariance factorielle métrique et scalaire de l’instrument à travers le genre, les tranches d’âge (adolescents, adultes, personnes âgées) et différents contextes socio-économiques, garantissant ainsi l’absence de biais de mesure lors de comparaisons de groupes.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité des échelles de balance décisionnelle pour le tabagisme a été établie à travers l’évaluation de la consistance interne et de la stabilité temporelle.

Cohérence interne (Internal Consistency)

Dans l’étude princeps de Velicer et al. (1985), les analyses de consistance interne ont révélé une homogénéité remarquable des items au sein de chaque échelle :

  • Échelle des « Pour » (Pros, 10 items) : Alpha de Cronbach $\alpha = 0,87$.
  • Échelle des « Contre » (Cons, 10 items) : Alpha de Cronbach $\alpha = 0,89$.

Dans la version abrégée à 6 items (SDBS-SF, Ward et al., 2004), malgré la réduction drastique du nombre d’items (3 items par dimension), la consistance interne demeure très satisfaisante pour un usage de dépistage en recherche épidémiologique :

  • Sous-échelle Pros abrégée (3 items) : $\alpha = 0,72$ à $0,79$ selon les échantillons.
  • Sous-échelle Cons abrégée (3 items) : $\alpha = 0,70$ à $0,76$.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été mesurée chez des individus stables dans leur stade de changement sur des intervalles de 2 à 4 semaines. Les coefficients de corrélation intraclasse ($CCI$) et les corrélations de Pearson oscillent systématiquement entre $0,82$ et $0,88$, démontrant que l’instrument capture des attitudes cognitives stables tout en demeurant sensible aux restructurations cognitives induites par les interventions thérapeutiques.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le développement initial de l’instrument s’est appuyé sur une démarche factorielle rigoureuse visant à tester empiriquement la conceptualisation théorique en huit cellules de Janis et Mann contre des modèles plus parcimonieux.

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Dans l’échantillon initial de 960 sujets, Velicer et ses collègues (1985) ont soumis un pool initial de 32 items à une analyse en composantes principales (ACP) suivie de rotations orthogonales (Varimax) et obliques (Oblimin). L’analyse du diagramme d’éboulis (scree test de Cattell) et le critère de Kaiser ont clairement mis en évidence une structure à deux facteurs dominants expliquant une part substantielle de la variance totale :

  • Facteur 1 (Cons of Smoking) : Regroupe les items relatifs aux conséquences néfastes pour la santé, à la désapprobation des proches, à la gêne occasionnée à autrui et au sentiment de honte personnelle. Les saturations factorielles des 10 items finaux sélectionnés varient de $0,55$ à $0,81$ sans saturation croisée notable.
  • Facteur 2 (Pros of Smoking) : Regroupe les items liés à la réduction des tensions, au plaisir de fumer, à la facilitation du travail intellectuel et à l’identité sociale de fumeur. Les saturations factorielles s’échelonnent de $0,51$ à $0,79$.

La solution orthogonale a démontré que les facteurs étaient virtuellement non corrélés, validant l’idée que les perceptions d’avantages et d’inconvénients ne s’excluent pas mutuellement : un fumeur peut simultanément percevoir des bénéfices très élevés et des coûts très élevés (situation d’ambivalence maximale caractéristique de la contemplation).

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

Des analyses factorielles confirmatoires menées ultérieurement sur des cohortes indépendantes (notamment Prochaska et al., 1994 ; Ward et al., 2004) ont formellement comparé plusieurs structures concurrentes : un modèle unifactoriel (bipolaire), un modèle à deux facteurs non corrélés, un modèle à deux facteurs corrélés et le modèle hiérarchique original à huit facteurs de Janis et Mann. Les indices d’ajustement ont sans équivoque privilégié le modèle à deux facteurs corrélés ou orthogonaux :

  • Indice de qualité d’ajustement comparatif ($CFI$) supérieur à $0,94$ ;
  • Indice de Tucker-Lewis ($TLI$) supérieur à $0,93$ ;
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation ($RMSEA$) inférieure à $0,055$ ($IC_{90%} [0,048 – 0,062]$).

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Smoking Decisional Balance Scales (Échelles de balance décisionnelle pour le tabagisme).
  • Formes disponibles :
    • Version longue (Long Form – SDBS-LF) : 20 items (10 items pour la sous-échelle Pros, 10 items pour la sous-échelle Cons).
    • Version courte (Short Form – SDBS-SF) : 6 items (3 items Pros, 3 items Cons), optimisée pour les contextes de suivi répété et les enquêtes épidémiologiques volumineuses.
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (papier-crayon, informatisé ou administration clinique assistée).
  • Public cible : Adolescents et adultes fumeurs actuels ou en cours de sevrage tabagique.
  • Durée de passation : Environ 4 à 6 minutes pour la version à 20 items ; moins de 2 minutes pour la version à 6 items.
  • Échelle de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 5 points évaluant le degré d’importance de chaque énoncé dans la prise de décision personnelle du sujet :
    • 1 = Not important at all (Pas important du tout)
    • 2 = Slightly important (Légèrement important)
    • 3 = Moderately important (Moyennement important)
    • 4 = Very important (Très important)
    • 5 = Extremely important (Extrêmement important)
  • Cotation et calcul des scores :
    • Sous-échelle Pros (Avantages) : Moyenne ou somme brute des items correspondants (Items 1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 17, 19 pour la version longue ; Items 1, 3, 5 pour la version courte).
    • Sous-échelle Cons (Inconvénients) : Moyenne ou somme brute des items correspondants (Items 2, 4, 6, 8, 10, 12, 14, 16, 18, 20 pour la version longue ; Items 2, 4, 6 pour la version courte).
    • Transformation en scores T standardisés : Les scores bruts sont fréquemment convertis en scores T standardisés ($Moyenne = 50, ‘Ecart-type = 10$) basés sur des normes populationnelles de référence de fumeurs en précontemplation, facilitant la comparaison directe entre les Pros et les Cons.
    • Score de différence décisionnelle : Calculé par la soustraction $(Score T_{Cons} – Score T_{Pros})$. Un score résiduel négatif traduit une prédominance des avantages (stade de précontemplation), tandis qu’un score résiduel positif indique une prédominance des inconvénients (stades de préparation ou d’action).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : 1985 (première publication majeure par Velicer, DiClemente et Prochaska). Forme courte validée en 2004.
  • Statut des droits d’auteur : Propriété intellectuelle des auteurs originaux et du Cancer Prevention Research Center (Université de Rhode Island).
  • Conditions d’utilisation et licence : L’instrument est disponible dans le domaine public à des fins cliniques, de recherche académique et d’enseignement non commercial sans redevance financière (open access for academic research).
  • Accès et autorisations : L’outil et sa documentation peuvent être consultés librement via les archives scientifiques du Habits Lab de l’UMBC (Université du Maryland, Baltimore County) et les dépôts académiques affiliés. Pour des intégrations commerciales ou des applications logicielles propriétaires à grande échelle, une autorisation préalable doit être sollicitée auprès des détenteurs de droits.
  • Tarification : Gratuit pour une utilisation clinique standard et dans les projets de recherche universitaires.

12. Références / References

Les sources scientifiques suivantes constituent la littérature de référence relative à la conception, la validation psychométrique et l’application clinique des échelles de balance décisionnelle :

  • Carey, K. B., Maisto, S. A., Carey, M. P., & Purnine, D. M. (2001). Measuring readiness to change substance misuse among psychiatric outpatients: Reliability and validity of self-report measures. Journal of Studies on Alcohol, 62(1), 79–88. https://doi.org/10.15288/jsa.2001.62.79
  • Collins, S. E., Carey, K. B., & Otto, J. M. (2009). A new decisional balance measure of motivation to change among at-risk college drinkers. Psychology of Addictive Behaviors, 23(3), 464–471. https://doi.org/10.1037/a0015841
  • Janis, I. L., & Mann, L. (1977). Decision making: A psychological analysis of conflict, choice, and commitment. Free Press.
  • Prochaska, J. O., & DiClemente, C. C. (1983). Stages and processes of self-change of smoking: Toward an integrative model of change. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 51(3), 390–395. https://doi.org/10.1037/0022-006X.51.3.390
  • Prochaska, J. O., DiClemente, C. C., & Norcross, J. C. (1992). In search of how people change: Applications to addictive behaviors. American Psychologist, 47(9), 1102–1114. https://doi.org/10.1037/0003-066X.47.9.1102
  • Prochaska, J. O., Velicer, W. F., DiClemente, C. C., & Fava, J. (1988). Measuring processes of change: Applications to the cessation of smoking. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 56(4), 520–528. https://doi.org/10.1037/0022-006X.56.4.520
  • Prochaska, J. O., Velicer, W. F., Rossi, J. S., Goldstein, M. G., Marcus, B. H., Rakowski, W., Fiore, C., Harlow, L. L., Redding, C. A., Rosenbloom, D., & Rossi, S. R. (1994). Stages of change and decisional balance for 12 problem behaviors. Health Psychology, 13(1), 39–46. https://doi.org/10.1037/0278-6133.13.1.39
  • Velicer, W. F., DiClemente, C. C., & Prochaska, J. O. (1985). Decisional balance measure for assessing and predicting smoking status. Journal of Personality and Social Psychology, 48(5), 1279–1289. https://doi.org/10.1037/0022-3514.48.5.1279
  • Ward, R. M., Velicer, W. F., & Rossi, J. S. (2004). Factorial invariance and internal consistency for the decisional balance inventory – short form. Addictive Behaviors, 29(5), 953–958. https://doi.org/10.1016/j.addbeh.2004.02.043

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Smoking cigarettes is pleasurable.
2

My smoking affects the health of others.
3

I like the image of a cigarette smoker.
4

Others close to me would suffer if I became ill from smoking.
5

I am relaxed and therefore more pleasant when smoking.
6

Because I continue to smoke‚ some people I know think I lack the ch‎aracter to quit.
7

If I try to stop smoking I’ll be irritable and a pain to be around.
8

Smoking cigarettes is hazardous to my health.
9

My family and friends like me better when I am happily smoking than when I am miserable trying to quit.
10

I’m embarrassed to have to smoke.
11

I like myself better when I smoke.
12

My cigarette smoking bothers other people.
13

Smoking helps me concentrate and do better work.
14

People think I’m foolish for ignoring the warnings about cigarette smoking.
15

Smoking cigarettes relieves tension.  
16

People close to me disapprove of my smoking.
17

By continuing to smoke I feel I am making my own decisions.
18

I’m foolish to ignore the warnings about cigarettes.
19

After not smoking for a while a cigarette makes me feel great.
20

I would be more energetic right now if I didn’t smoke.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Échelles de balance décisionnelle pour le tabagisme. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-balance-decisionnelle-pour-le-tabagisme/
Looti, Mohammed. “Échelles de balance décisionnelle pour le tabagisme.” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-balance-decisionnelle-pour-le-tabagisme/.
Looti, Mohammed. “Échelles de balance décisionnelle pour le tabagisme.” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelles-de-balance-decisionnelle-pour-le-tabagisme/.