1. Résumé / Abstract
L’Échelle des valeurs religieuses extrinsèques (Extrinsic Religious Values Scale, ou ERV), développée initialement par le psychologue social Warner Cody Wilson en 1960, constitue le tout premier instrument psychométrique standardisé conçu pour opérationnaliser la conceptualisation de la religion extrinsèque formulée par Gordon W. Allport. L’instrument a été élaboré pour résoudre ce que les chercheurs de l’après-guerre appelaient le « paradoxe religieux » : le constat empirique récurrent selon lequel les individus fréquentant régulièrement les institutions religieuses manifestaient en moyenne davantage de préjugés raciaux, ethniques et sociaux que les non-pratiquants, en dépit des préceptes explicites d’amour du prochain et de fraternité véhiculés par les doctrines théologiques.
L’ERV évalue le degré auquel un individu utilise sa religion comme un moyen instrumental orienté vers des fins purement profanes et égoïstes, telles que l’obtention d’un statut social, le renforcement de la sécurité psychologique, la consolidation des réseaux communautaires, ou la recherche de soulagement émotionnel face aux vicissitudes de l’existence. L’instrument se compose de 15 items présentés sous la forme d’un choix forcé dichotomique, où le répondant doit choisir entre une modalité dénotant une orientation religieuse extrinsèque (marquée conventionnellement d’un astérisque dans la littérature psychométrique) et une modalité alternative reflétant une spiritualité plus autonome, réflexive ou désintéressée.
Sur le plan des propriétés psychométriques, les premières investigations de Wilson (1960) ont rapporté un coefficient de fidélité par bissection (split-half reliability) corrigé par la formule de Spearman-Brown de 0,65, tandis que des réévaluations méthodologiques ultérieures menées notamment par John R. Tisdale (1965, 1966) ont révélé des coefficients de cohérence interne (Kuder-Richardson 20 et alpha de Cronbach) oscillant entre 0,60 et 0,78 selon les populations étudiées. La validité de construit et la validité critériée de l’échelle ont été largement attestées par des corrélations positives statistiquement significatives avec des mesures d’autoritarisme, d’ethnocentrisme, d’anomie, de conformisme social et d’intolérance envers les minorités. Bien qu’elle ait été plus tard supplantée par l’échelle d’orientation religieuse d’Allport et Ross (1967), l’ERV demeure une étape fondatrice incontournable de la psychométrie de la religion et de la psychologie sociale des préjugés.
2. Mots-clés / Keywords
Valeurs religieuses extrinsèques, religiosité extrinsèque, Gordon Allport, Warner Wilson, préjugés sociaux, autoritarisme, psychométrie de la religion, échelle d’attitudes, sécurité psychologique, conformisme social, instrumentalisation religieuse, psychologie sociale.
3. Auteurs / Authors
L’échelle ERV a été conçue et introduite dans la littérature scientifique par le Dr Warner Cody Wilson dans le cadre de ses travaux doctoraux et postdoctoraux menés au sein du Department of Social Relations de l’Université Harvard (Cambridge, Massachusetts, États-Unis), puis poursuivis alors qu’il était en poste au Department of Psychology de l’Université d’Hawaï.
L’instrument a ensuite bénéficié d’investigations psychométriques approfondies et de clarifications structurelles substantielles conduites par le chercheur John R. Tisdale, professeur de psychologie affilié au Cornell College (Mount Vernon, Iowa, États-Unis), qui a publié plusieurs études systématiques analysant la fidélité, la validité factorielle et les corrélats comportementaux de l’ERV entre 1965 et 1966. L’échelle a par ailleurs été documentée et codifiée sur le plan archivistique dans les répertoires sociopsychologiques de référence par John P. Robinson et Phillip R. Shaver au sein de l’Institute for Social Research de l’Université du Michigan (Ann Arbor).
4. Objectif / Purpose
Contexte historique et émergence scientifique
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la psychologie sociale américaine s’est trouvée confrontée à une énigme empirique troublante issue des enquêtes d’opinion publique et des recherches sur la personnalité : l’existence d’une corrélation positive et reproductible entre l’adhésion religieuse déclarée et des niveaux élevés d’ethnocentrisme, d’antisémitisme et de préjugés raciaux. Dans leur ouvrage fondamental, The Authoritarian Personality, Adorno, Frenkel-Brunswik, Levinson et Sanford (1950) avaient déjà observé que les membres réguliers des Églises manifestaient paradoxalement un score plus élevé sur l’échelle de fascisme potentiel (l’échelle F) que les individus non affiliés ou indifférents aux dogmes religieux.
Face à ce constat, le psychologue Gordon W. Allport a proposé une distinction théorique majeure entre deux modes fondamentaux d’engagement religieux : la religiosité intrinsèque, caractérisée par une intériorisation totale des valeurs éthiques transcendantes, où la religion représente la finalité suprême de la vie ; et la religiosité extrinsèque, dans laquelle la croyance et la fréquentation ecclésiale sont subordonnées à des besoins personnels de réassurance, de statut social, de conformité grégaire et d’appartenance institutionnelle. Selon Allport, c’était précisément la religiosité extrinsèque qui alimentait le préjugé et l’hostilité intergroupe, tandis que la religiosité intrinsèque devait théoriquement immuniser l’individu contre la xénophobie et l’intolérance.
Finalité de l’échelle ERV
Bien que conceptuellement puissante, la proposition d’Allport manquait, au tournant des années 1960, d’un instrument de mesure quantitatif opérationnel et direct. L’objectif principal de Warner C. Wilson (1960) a donc été de concevoir et de valider le premier test psychométrique capable d’isoler et de quantifier précisément cette composante « extrinsèque » de la vie religieuse, indépendamment de la simple fréquence de la fréquentation ecclésiale ou de l’adhésion doctrinale formelle.
L’ERV a été expressément élaborée pour :
- Prédire les attitudes discriminatoires et les préjugés intergroupes : Vérifier empiriquement si les individus adoptant une religion purement instrumentale affichent des niveaux de préjugés anti-Noirs, antisémites et xénophobes nettement supérieurs à la moyenne.
- Différencier la nature qualitative de la foi : Éviter l’erreur méthodologique consistant à traiter la religiosité comme un concept monolithique unidimensionnel (croyant vs non-croyant).
- Fournir un outil d’investigation sociopsychologique : Permettre aux chercheurs d’explorer les liens entre la quête de sécurité psychologique, l’anxiété existentielle, le dogmatisme et les affiliations institutionnelles au sein de la société occidentale industrialisée.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par l’ERV est la valeur religieuse extrinsèque. Selon la définition classique établie par Allport et opérationnalisée par Wilson, un individu orienté de manière extrinsèque « utilise » sa religion là où un croyant intrinsèque « vit » sa religion. La foi extrinsèque n’est pas adoptée pour sa vérité théologique intrinsèque ou son impératif d’élévation morale, mais parce qu’elle confère des bénéfices secondaires pragmatiques. Ce construit s’articule autour de quatre composantes psychologiques majeures intégrées dans les items de l’échelle :
1. La quête de sécurité et de réduction de l’angoisse (Solace and Security)
Cette dimension capture l’utilisation de l’appareil religieux comme un mécanisme de défense psychologique contre l’incertitude existentielle, la peur du chaos et l’insécurité affective. L’individu recherche dans l’Église un refuge rassurant capable de le protéger des menaces d’un monde perçu comme hostile et instable. L’item 4 (« The principal reason I am a member of the church is that it gives me a deep feeling of security in this troubled world ») et l’item 9 (« Prayer is, above all else, a means of obtaining needed benefits, protection and safety in a dangerous world ») illustrent parfaitement cette fonction cathartique et utilitaire où la prière devient une transaction visant la protection concrète.
2. L’intégration et l’affirmation du statut communautaire (Social Belonging & Prestige)
Pour le profil extrinsèque, l’appartenance ecclésiale s’apparente aux fonctions remplies par un club social, une loge maçonnique ou un réseau d’affaires. L’Église est valorisée parce qu’elle établit solidement l’individu dans sa communauté locale, certifie sa respectabilité bourgeoise et lui offre un cercle de sociabilité confortable. Cela s’exprime explicitement dans l’item 8 (« One reason for my being a church member is that such a membership helps to establish a person firmly in the community ») et l’item 13 (« In one respect my church is like a lodge or fraternity… »).
3. L’exclusivisme institutionnel et le repli intragroupe (In-Group Conformism & Dogmatism)
Le construit englobe une vision restrictive et dogmatique de la communauté humaine, où les bienfaits éthiques et la considération fraternelle sont réservés aux seuls membres de la congrégation ou coreligionnaires. Par exemple, à l’item 7 portant sur le concept de fraternité humaine (« Brotherhood of Man »), la réponse extrinsèque circonscrit cette fraternité à la seule communauté des fidèles (« a unity of believers in the faith »), rejetant l’universalité humaniste. De même, les items 3 et 10 postulent qu’un individu non affilié à une église souffre nécessairement d’insécurité ou ne saurait être véritablement moral et religieux.
4. Le conformisme externe et la ritualité collective impersonnelle (External Ritualism)
Enfin, l’attitude extrinsèque privilégie l’expérience grégaire et la majesté institutionnelle impressionnante au détriment de l’introspection spirituelle intime. L’item 1 évalue si, lors de la récitation du Notre Père à l’église, l’esprit du sujet est davantage absorbé par le fait physique que la foule prononce les mêmes paroles de concert plutôt que par le sens spirituel personnel de la prière. De façon analogue, l’item 11 privilégie le respect formel face à la grandeur majestueuse d’une cathédrale par rapport à des émotions religieuses intérieures.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’héritage d’Allport et la nature des préjugés
Le fondement théorique sous-jacent à l’ERV prend racine dans l’ouvrage magistral de Gordon W. Allport, The Nature of Prejudice (1954). Allport y postulait que la structure de la personnalité humaine détermine la manière dont les institutions culturelles et religieuses sont assimilées par le soi. Selon Allport, certains individus possèdent un moi faiblement intégré, marqué par l’anxiété diffuse, la rigidité cognitive et le besoin d’ancrages autoritaires externes. Pour ces personnalités, la religion ne peut être assimilée sous une forme universaliste et désintéressée ; elle est inévitablement déformée en un instrument d’auto-préservation narcissique et de démarcation catégorielle stricte entre le « nous » (l’in-group moralisé et sanctifié) et le « eux » (l’out-group menaçant et impur).
La théorie de la personnalité autoritaire
L’ERV s’inscrit également dans le sillage direct des théories psychodynamiques et sociocognitives de l’autoritarisme développées par l’École de Francfort et l’équipe de Berkeley (Theodor W. Adorno et al., 1950). L’orientation religieuse extrinsèque partage des isomorphismes structurels évidents avec plusieurs composantes du syndrome autoritaire :
- Le conventionnalisme : Adhésion rigide aux valeurs traditionnelles de la classe moyenne et conformité aux normes sociales établies.
- La soumission autoritaire : Besoin d’institutions puissantes, influentes et structurées (illustré par l’item 12 de l’ERV préférant une grande église influente à une petite congrégation en difficulté).
- La pensée stéréotypée : Tendance à diviser le monde social en catégories étanches et imperméables.
De l’ERV à la Religious Orientation Scale (ROS)
Historiquement, l’ERV de Wilson a constitué le chaînon manquant fondamental qui a relié les intuitions théoriques qualitatives d’Allport aux développements psychométriques ultérieurs. C’est en observant les forces et les limites psychométriques de l’échelle de Wilson que Gordon Allport et J. Michael Ross ont ensuite conçu en 1967 leur célèbre Religious Orientation Scale (ROS), qui a formalisé la mesure conjointe et orthogonale de la religiosité extrinsèque et de la religiosité intrinsèque. L’approche de Wilson considérait implicitement l’orientation extrinsèque comme une variable unidimensionnelle continue, opposée dans ses items à des alternatives intrinsèques ou séculières, posant les jalons du débat méthodologique qui allait animer la psychologie de la religion pendant les quatre décennies suivantes.
7. Validité / Validity
La validation psychométrique initiale de l’échelle ERV par Wilson (1960) a été conduite auprès de plusieurs échantillons d’étudiants universitaires et de membres de congrégations chrétiennes, complétée par les travaux de réplication et d’extension menés par Tisdale (1965, 1966).
Validité de critère et prédictive
Dans son étude princeps, Wilson (1960) a administré l’ERV conjointement à des échelles d’attitudes mesurant les préjugés anti-Noirs, l’antisémitisme et l’ethnocentrisme général. Les résultats ont mis en évidence des corrélations positives robustes et hautement significatives :
- Les scores à l’ERV corrélaient positivement avec les mesures standardisées de préjugés raciaux et ethniques avec des coefficients compris entre r = 0,55 et r = 0,65 (p < 0,001), confirmant brillamment l’hypothèse centrale d’Allport selon laquelle ce n’est pas la religion en soi, mais l’orientation religieuse extrinsèque qui constitue un prédicteur puissant de l’intolérance sociale.
- Wilson a démontré que lorsque l’on contrôlait le niveau de valeurs religieuses extrinsèques, la corrélation brute positive classique entre la simple fréquence de présence à l’église et les préjugés diminuait drastiquement ou devenait curviligne.
Validité convergente
Les investigations menées par John R. Tisdale (1966) ont examiné les corrélats de personnalité de l’ERV. Des associations positives significatives ont été établies avec :
- L’Échelle F de Berkeley (autoritarisme) : r = 0,42 à 0,56, attestant que les individus extrinsèques partagent le profil de personnalité autoritaire.
- Des mesures d’anxiété manifeste (Taylor Manifest Anxiety Scale) : r = 0,25 à 0,34, corroborant le fait que l’orientation extrinsèque est motivée par le besoin de régulation de l’insécurité affective.
- L’échelle d’anomie de Srole : r = 0,31, indiquant un sentiment de désorganisation sociale chez les sujets extrinsèques.
Validité discriminante et critiques méthodologiques
La validité discriminante de l’ERV a fait l’objet de réserves critiques dans la littérature méthodologique (Tisdale & Walrath, 1966). En raison de son format à choix forcé dichotomique, certains items opposaient une modalité extrinsèque à une modalité intrinsèque, tandis que d’autres l’opposaient à une modalité purement non-religieuse ou laïque. Cette hétérogénéité des options de contraste a parfois entraîné des confusions chez les répondants non affiliés ou agnostiques, limitant l’applicabilité discriminante de l’échelle aux seules populations nominalement ou activement croyantes.
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la fidélité de l’ERV a donné lieu à des analyses rigoureuses dans les années 1960, tenant compte des spécificités du format dichotomique à choix forcé de 15 items :
Cohérence interne
- Fidélité par bissection (Split-half) : Dans l’échantillon initial de Wilson (1960), comprenant des étudiants de niveau universitaire, le coefficient de fidélité par moitié d’échelle (items pairs vs impairs), corrigé à l’aide de la formule de Spearman-Brown, a atteint r = 0,65. Cette valeur, bien que modérée selon les standards contemporains, était jugée acceptable pour un instrument pionnier court composé d’items dichotomiques.
- Formule 20 de Kuder-Richardson (KR-20) : Dans les travaux systématiques de Tisdale (1965) portant sur des cohortes d’étudiants de collèges universitaires du Midwest américain (N = 214), les indices de cohérence interne calculés via KR-20 se sont échelonnés entre 0,62 et 0,72.
- Coefficient Alpha de Cronbach : Les réanalyses postérieures synthétisées par Robinson et Shaver (1969) dans leur manuel de référence ont mis en évidence des coefficients alpha moyens oscillant autour de α = 0,68 à 0,74 pour l’ensemble des 15 items.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Tisdale et Walrath (1966) ont examiné la stabilité test-retest de l’ERV sur un intervalle temporel de six semaines auprès d’un échantillon d’étudiants (N = 88). Le coefficient de corrélation temporelle obtenu était de r = 0,76 (p < 0,001), démontrant une bonne stabilité longitudinale des attitudes religieuses extrinsèques chez de jeunes adultes, hors événements de vie majeurs ou crises spirituelles aiguës.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Structure dimensionnelle originale
Wilson (1960) a initialement conçu l’ERV comme un instrument unidimensionnel, dans lequel chaque item servait d’indicateur alternatif d’un facteur général sous-jacent d’« instrumentalisation extrinsèque de la religion ». Le score total était simplement calculé par la somme linéaire des réponses extrinsèques sélectionnées.
Analyses factorielles exploratoires subséquentes
Lorsque des procédures d’analyse factorielle exploratoire (AFE) par composantes principales avec rotation Varimax ont été appliquées aux 15 items par les chercheurs ultérieurs (notamment Tisdale, 1966 ; Gorsuch, 1984 ; Robinson & Shaver, 1969), l’hypothèse d’une stricte unidimensionnalité a été nuancée au profit d’une structure multidimensionnelle composée de deux à trois sous-facteurs principaux :
| Facteur extrait | Items dominants | Saturations factorielles typiques | Interprétation théorique |
|---|---|---|---|
| Facteur I : Sécurité personnelle et soulagement (Extrinsic-Personal) | Items 2, 4, 9, 14 | 0,48 à 0,71 | Usage de la prière et de l’affiliation comme protection psychologique contre l’adversité et l’angoisse. |
| Facteur II : Conformité sociale et appartenance (Extrinsic-Social) | Items 8, 12, 13, 15 | 0,45 à 0,68 | Usage de l’église comme moyen d’intégration communautaire, de sociabilité grégaire et d’image publique. |
| Facteur III : Dogmatisme institutionnel et exclusion | Items 3, 5, 7, 10 | 0,40 à 0,62 | Frontière stricte entre croyants et non-croyants, moralisme rigide identifiant la vertu à l’Église. |
Ces données empiriques ont préfiguré la découverte théorique majeure réalisée plus tard par Kirkpatrick et Hood (1990) ainsi que par Gorsuch et McPherson (1989), qui ont formellement scindé l’orientation extrinsèque en deux composantes autonomes : l’extrinsèque-personnel (Ep, recherche de bien-être et de réconfort) et l’extrinsèque-social (Es, recherche de relations sociales et de prestige).
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (auto-rapporté).
- Nombre d’items : 15 items au total.
- Format des réponses : Choix forcé dichotomique. Pour chaque énoncé, le participant doit choisir entre deux options mutuellement exclusives. L’une des options représente l’affirmation de la valeur religieuse extrinsèque (marquée conventionnellement d’un astérisque [*] dans la grille de codage du chercheur, invisible pour le sujet testé), tandis que l’autre représente une alternative non extrinsèque (intrinsèque, neutre ou séculière).
- Procédure de cotation :
- Chaque choix de la modalité extrinsèque (marquée d’un astérisque) se voit attribuer 1 point.
- Chaque choix de la modalité alternative (non extrinsèque) se voit attribuer 0 point.
- Le score global de l’ERV est obtenu par la somme arithmétique simple des points attribués aux 15 items, générant une note totale continue comprise entre 0 et 15.
- Interprétation des scores :
- Score de 0 à 4 : Orientation religieuse extrinsèque très faible ou absente (spiritualité orientée vers la réflexion autonome, l’intériorité ou posture agnostique/humaniste).
- Score de 5 à 9 : Orientation religieuse mixte ou modérée.
- Score de 10 à 15 : Orientation religieuse extrinsèque prédominante (fort recours instrumental à la religion pour des besoins de sécurité affective, de conformisme social et d’affirmation statutaire).
- Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes.
- Public cible : Adolescents et adultes (à partir de 16 ans), principalement applicable aux personnes familières avec le contexte culturel et ecclésial judéo-chrétien occidental.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1960 (avec études complémentaires en 1965 et 1966).
- Statut du droit d’auteur et permissions : L’Échelle des valeurs religieuses extrinsèques de Wilson (1960) relève du domaine public académique. Publiée originellement dans des revues savantes à des fins de recherche fondamentale, elle est libre d’utilisation sans redevance ni frais de licence pour les travaux de recherche universitaire, l’enseignement et les applications non commerciales.
- Tarif d’utilisation : Gratuit (accès ouvert pour la recherche scientifique).
- Sources documentaires de référence : L’instrument complet et sa grille de cotation sont archivés dans l’ouvrage classique de référence de John P. Robinson et Phillip R. Shaver (1969), Measures of Social Psychological Attitudes (Institute for Social Research, University of Michigan).
12. Références / References
- Adorno, T. W., Frenkel-Brunswik, E., Levinson, D. J., & Sanford, R. N. (1950). The Authoritarian Personality. Harper & Row.
- Allport, G. W. (1950). The Individual and His Religion: A Psychological Interpretation. Macmillan.
- Allport, G. W. (1954). The Nature of Prejudice. Addison-Wesley.
- Allport, G. W., & Ross, J. M. (1967). Personal religious orientation and prejudice. Journal of Personality and Social Psychology, 5(4), 432–443. https://doi.org/10.1037/h0021212
- Gorsuch, R. L., & McPherson, S. E. (1989). Intrinsic/extrinsic measurement: I/E-revised and single-item scales. Journal for the Scientific Study of Religion, 28(3), 348–354. https://doi.org/10.2307/1386745
- Kirkpatrick, L. A., & Hood, R. W. (1990). Intrinsic-extrinsic religious orientation: The boon or bane of contemporary psychology of religion? Journal for the Scientific Study of Religion, 29(4), 442–462. https://doi.org/10.2307/1387311
- Robinson, J. P., & Shaver, P. R. (1969). Measures of Social Psychological Attitudes. Survey Research Center, Institute for Social Research, University of Michigan.
- Tisdale, J. R. (1965). Selected correlates of extrinsic religious values. Communication présentée à la convention annuelle de l’American Psychological Association (APA), Chicago, IL.
- Tisdale, J. R. (1966). Selected correlates of extrinsic religious values. Review of Religious Research, 7(2), 78–84. https://doi.org/10.2307/3510508
- Tisdale, J. R., & Walrath, L. (1966). Selected problems in measuring extrinsic religious values. Proceedings of the Iowa Academy of Science, 73(1), 332–336.
- Wilson, W. C. (1960). Extrinsic religious values and prejudice. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 60(2), 286–288. https://doi.org/10.1037/h0043818