Échelle unifiée d’évaluation de la maladie de Parkinson

Découvrez l’Échelle unifiée d’évaluation de la maladie de Parkinson (UPDRS) : propriétés psychométriques, dimensions cliniques, fidélité, validité et cotation complète du standard international d’évaluation de la maladie de Parkinson.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle unifiée d’évaluation de la maladie de Parkinson (en anglais : Unified Parkinson’s Disease Rating Scale, abrégée en UPDRS) constitue le standard clinique et psychométrique international de référence pour la quantification longitudinale et multidimensionnelle des manifestations de la maladie de Parkinson. Conçue initialement en 1987 par Stanley Fahn, Richard L. Elton et les membres du comité de développement de l’UPDRS afin d’harmoniser les échelles préexistantes hétérogènes (telles que l’échelle de Webster, l’échelle de Columbia ou l’échelle de la New York University), l’UPDRS évalue la sévérité globale de la pathologie à travers quatre sous-domaines fonctionnels distincts comprenant un total de 42 items cliniques. Ces domaines explorent respectivement : la fonction cognitive, le comportement et l’humeur (Partie I, 4 items) ; les activités de la vie quotidienne motrices et non motrices (Partie II, 13 items) ; l’examen moteur objectif standardisé (Partie III, 14 items déclinés bilatéralement pour totaliser jusqu’à 27 scores d’évaluation anatomique) ; et les complications induites par la thérapie dopaminergique, incluant les dyskinésies et les fluctuations motrices (Partie IV, 11 items).

Le format de réponse opérationnalise majoritairement une échelle ordinale de type Likert à 5 points cotée de 0 (absence de symptôme ou normalité clinique) à 4 (déficit sévère ou incapacité fonctionnelle totale), tandis que certains items de la Partie IV mesurant la présence de complications thérapeutiques ou d’effets indésirables spécifiques sont cotés selon un format binaire ou catégoriel (0 = non, 1 = oui ; ou de 0 à 2). Les études psychométriques ont démontré des qualités structurales robustes, avec une consistance interne globale excellente (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,85 et 0,96 pour les différentes sous-échelles), une reproductibilité test-retest substantielle (coefficients de corrélation intraclasse souvent supérieurs à 0,88) et une sensibilité au changement pharmacologique particulièrement fine, faisant de l’instrument le socle des essais cliniques randomisés en neurologie du mouvement depuis près de quatre décennies.

2. Mots-clés / Keywords

Maladie de Parkinson, UPDRS, psychométrie, évaluation motrice, bradykinésie, tremblement de repos, rigidité plastique, activités de la vie quotidienne, complications motrices, dyskinésies, fluctuations motrices, validité clinique, fidélité test-retest, sévérité de la maladie, neurologie clinique.

3. Auteurs / Authors

L’échelle unifiée d’évaluation de la maladie de Parkinson a été élaborée sous l’égide d’un consortium international d’experts en troubles du mouvement réuni au milieu des années 1980. La formalisation et la publication princeps de l’instrument ont été menées principalement par :

  • Stanley Fahn, MD : Professeur émérite de neurologie à l’Université Columbia (Columbia University College of Physicians and Surgeons, New York, NY, États-Unis) et directeur fondateur du Centre des troubles du mouvement à l’Institut neurologique de New York. Figure historique et pionnière dans la caractérisation phénotypique et le traitement pharmacologique de la maladie de Parkinson.
  • Richard L. Elton, PhD : Biostatisticien et méthodologiste rattaché à Sandoz Pharmaceuticals Corporation (East Hanover, New Jersey, États-Unis), responsable des analyses statistiques, de l’harmonisation métrologique et de la validation psychométrique du système de cotation original.
  • Membres du Comité de Développement de l’UPDRS : Groupe collaboratif international de cliniciens-chercheurs et de neuroscientifiques ayant contribué à la synthèse clinique, à la sélection des variables et aux séries de consensus méthodologiques ayant abouti à la mouture finale de 1987.
  • Traduction et adaptation néerlandaise de référence (2005) : van Weegen, E. E. H., et al., ayant documenté la fidélité et la validité transculturelle de la version néerlandaise largement adoptée en Europe du Nord.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’UPDRS est d’offrir une cartographie sémiologique exhaustive, unifiée, standardisée et quantitative de l’ensemble des perturbations motrices, neuropsychiatriques et fonctionnelles associées à l’évolution de la maladie de Parkinson. Avant l’avènement de cet instrument unifié, la communauté neurologique internationale était fragmentée par l’utilisation concomitante de multiples instruments d’évaluation non équivalents, tels que les échelles de Webster, de Hoehn et Yahr, de Schwab et England, ou de l’Université Northwestern. Cette dispersion métrologique entravait sévèrement la comparabilité inter-études, compromettait les méta-analyses et empêchait l’établissement de critères consensuels d’efficacité thérapeutique dans les essais pharmacologiques multicentriques évaluant des molécules dopaminergiques, neuroprotectrices ou chirurgicales (telles que la stimulation cérébrale profonde du noyau sous-thalamique).

D’un point de vue clinique, l’UPDRS remplit plusieurs fonctions majeures :

  • Évaluation longitudinale de la progression de la maladie : En fournissant un score composite et des scores factoriels par sous-domaines, l’UPDRS permet de tracer avec précision la cinétique d’aggravation des déficits neurodégénératifs intrinsèques face aux phénomènes de compensation motrice et d’adaptation comportementale.
  • Quantification différentielle des états « ON » et « OFF » : L’échelle permet de mesurer de façon objective et reproductible la magnitude de la réponse à la lévodopa (L-Dopa), en comparant l’état moteur du patient au nadir de son imprégnation médicamenteuse (état « OFF » standardisé, souvent après un jeûne thérapeutique de 12 heures) et à son acmé clinique (état « ON » optimal).
  • Mesure de l’impact écologique et de la perte d’autonomie : Grâce à la Partie II centrée sur les activités de la vie quotidienne (ADL), l’outil capture le retentissement direct de la pathologie sur la qualité de vie fonctionnelle (habillage, alimentation, hygiène, déambulation) indépendamment des performances maximales observées en laboratoire de consultation.
  • Suivi des effets indésirables iatrogènes : La Partie IV isole spécifiquement les dyskinésies induites par le traitement dopaminergique au long cours ainsi que les phénomènes de blocage (freezing), de dystonie matinale et de fluctuations motrices complexes, offrant ainsi aux praticiens une boussole décisionnelle pour ajuster les dosages pharmacologiques ou poser l’indication d’un recours aux thérapies avancées (pompes à apomorphine, gel intestinal de lévodopa, neurochirurgie fonctionnelle).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique et clinique évalué par l’UPDRS repose sur une conception multidimensionnelle de l’incapacité parkinsonienne, intégrant la triade motrice classique, les symptômes cognitifs et affectifs associés à la dégénérescence sous-cortico-frontale, et le retentissement fonctionnel mesuré selon le modèle biopsychosocial de la santé. L’instrument est articulé en quatre sous-échelles distinctes :

Partie I : Fonctions intellectuelles, comportement et humeur (Mentation, Behavior and Mood)

Cette composante explore les manifestations non motrices résultant de l’atteinte des boucles fronto-striatales et des systèmes monoaminergiques non dopaminergiques (noradrénergiques, sérotoninergiques, cholinergiques). Elle comprend quatre dimensions essentielles :

  • Altération intellectuelle (Intellectual impairment) : Évalue le déclin des fonctions exécutives, les ralentissements du traitement de l’information et la présence éventuelle d’un syndrome démentiel parkinsonien.
  • Troubles de la pensée (Thought disorder) : Capture les hallucinations visuelles, les illusions, les épisodes paranoïaques ou les confusions délirantes souvent potentialisés par la pharmacothérapie dopaminergique.
  • Dépression (Depression) : Quantifie l’anhédonie, la tristesse de l’humeur, la perte d’espoir et les sentiments d’inutilité, très prévalents au sein de cette population en raison du déficit en dopamine et sérotonine.
  • Motivation et initiative (Motivation/initiative) : Identifie l’apathie clinique, distincte de la dépression majeure, caractérisée par une réduction quantitative des comportements dirigés vers un but et une passivité comportementale.

Partie II : Activités de la vie quotidienne (Activities of Daily Living – ADL)

Cette section auto-rapportée ou hétéro-rapportée par l’aidant évalue 13 items fonctionnels reflétant l’autonomie écologique du patient au cours de la semaine précédente. Elle inclut l’expression verbale, la déglutition, la salivation (sialorrhée), l’écriture manuscrite (micrographie), la capacité à découper les aliments, l’habillage, la toilette corporelle, la mobilité au lit (se retourner, manipuler les draps), les chutes, le phénomène d’enrayage cinétique (« freezing »), la marche générale, le tremblement subjectif ressenti et les plaintes sensitives parkinsoniennes (paresthésies, douleurs centrales, akathisie).

Partie III : Examen moteur (Motor Examination)

Considérée comme le cœur somatosensoriel et moteur de l’échelle, cette partie administrée par le neurologue ou l’examinateur formé comporte 14 items d’observation sémiologique, dont plusieurs sont cotés de façon bilatérale (droite et gauche séparément) pour refléter l’asymétrie typique de la dégénérescence nigrostriée :

  • Parole et élocution (Speech) : Évalue la dysarthrie hypokinétique, la monotonie tonale et la baisse de volume vocal (hypophonie).
  • Expression faciale (Facial expression) : Mesure l’amimie ou hypomimie faciale (« visage en masque ») et la diminution de la fréquence du clignement palpébral.
  • Tremblement de repos (Tremor at rest) : Mesure l’amplitude et la constance du tremblement parkinsonien typique à 4-6 Hz au repos au niveau de la face, des lèvres, du menton et des quatre extrémités.
  • Tremblement d’action ou postural des mains (Action or postural tremor) : Identifie la présence d’une composante posturale ou intentionnelle associée.
  • Rigidité (Rigidity) : Évalue la résistance plastique continue (« tuyau de plomb ») et les saccades de roue dentée observées lors de la mobilisation passive des grosses articulations (poignets, coudes, genoux, chevilles), renforcées au besoin par la manœuvre de Froment.
  • Bradykinésie et hypokinésie segmentaire : Évaluées spécifiquement par des épreuves répétées rapides à amplitude maximale : tapotement de l’index sur le pouce (finger taps), ouverture/fermeture alternative de la main, mouvements alternatifs rapides de pronation-supination et agilité des membres inférieurs (leg agility). L’examinateur recherche l’épuisement progressif de l’amplitude (décrescendo) et le blocage du rythme.
  • Fonctions axiales, posture et locomotion : Incluent la capacité à se lever d’un siège sans l’aide des bras (arising from chair), la posture globale (camptocormie, inclinaison antérieure du tronc), la marche (longueur du pas, festination, absence de balancement des bras) et la stabilité posturale évaluée par le test de rétropulsion (« pull test »).

Partie IV : Complications de la thérapie (Complications of Therapy)

Cette section évalue les répercussions iatrogènes au cours de la semaine précédente : durée quotidienne, caractère invalidant et douleur liés aux dyskinésies choréo-athétosiques de pic de dose ; présence d’une dystonie matinale douloureuse ; prévisibilité, imprévisibilité et soudaineté des périodes « OFF » ; proportion journalière passée en blocage ; et autres complications (anorexie, nausées, vomissements, insomnie, somnolence diurne excessive, hypotension orthostatique symptomatique).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique de l’UPDRS s’ancre dans la neuropathologie fonctionnelle du système extrapyramidal et dans les modèles cybernétiques des boucles cortico-sous-corticales formulés par Albin, Young et Penney (1989), puis raffinés par DeLong (1990). Selon ces modèles physiopathologiques, la dégénérescence sélective progressive des neurones dopaminergiques de la pars compacta de la substance noire entraîne une désinhibition relative de la voie indirecte et une sous-activation de la voie directe striatale, conduisant à une hyperactivité excessive du complexe noyau sous-thalamique / globus pallidus interne. Ce déséquilibre inhibe puissamment le thalamus moteur et le cortex moteur primaire, produisant les signes cardinaux de la bradykinésie, de l’akinésie et de la rigidité motrice.

Sur le plan métrologique et de la théorie de la mesure, l’UPDRS applique les principes de la théorie classique des tests (TCT) combinée à une approche d’évaluation par observation sémiologique standardisée. L’échelle postule que le déficit fonctionnel global d’un patient parkinsonien est un construit latent unifié (la sévérité de la pathologie) qui se manifeste de manière probabiliste et proportionnelle à travers un ensemble d’indicateurs cliniques observables et d’expériences subjectives du patient. Chaque item est conçu pour capturer un palier d’intensité graduée sur un continuum allant de l’intégrité physiologique (score 0) à l’abolition fonctionnelle totale (score 4).

En outre, l’architecture de l’UPDRS s’aligne étroitement sur la Classification internationale du fonctionnement, du handicap et de la santé (CIF) élaborée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Elle opère une distinction explicite entre les déficiences structurelles et corporelles (mesurées de façon objective par l’examen neurologique de la Partie III), les limitations d’activité (capturées par la Partie II évaluant l’exécution des gestes élémentaires de la vie autonome) et les restrictions de participation et complications secondaires (captées par les Parties I et IV au regard du fardeau psychologique, relationnel et médicamenteux).

7. Validité / Validity

L’UPDRS a fait l’objet d’un travail de validation psychométrique approfondi au sein de cohortes internationales regroupant des milliers de patients à divers stades de sévérité de la maladie (stades 1 à 5 de l’échelle de Hoehn et Yahr) :

Validité de construit

La validité de construit est étayée par la progression constante et statistiquement significative des scores totaux et sous-totaux de l’UPDRS au fur et à mesure que la maladie progresse selon les stades d’Hoehn et Yahr. Les analyses comparatives montrent que la Partie II (ADL) et la Partie III (Examen moteur) discriminent avec une très grande précision statistique (p < 0,001) les formes précoces (stades I et II) des formes intermédiaires (stade III) et avancées avec dépendance marquée (stades IV et V).

Validité convergente et discriminante

Les études de corrélation ont systématiquement mis en évidence des liens convergents très étroits entre les sous-échelles de l’UPDRS et les autres instruments standardisés :

  • La Partie II (ADL) présente une corrélation négative robuste avec l’échelle d’indépendance de Schwab et England (coefficients de corrélation de Spearman généralement compris entre r = -0,75 et r = -0,88, p < 0,0001), attestant que l’élévation du score d’incapacité reflète fidèlement la perte d’autonomie fonctionnelle.
  • La Partie III (Examen moteur) corrèle fortement avec les mesures cinématiques informatisées du mouvement (vitesse de frappe digitale, accélérométrie tridimensionnelle du tremblement, plateforme d’analyse de la marche), avec des coefficients de corrélation variant de 0,68 à 0,84.
  • Les items neuropsychiatriques de la Partie I présentent une convergence démontrée avec l’échelle de dépression de Beck (BDI, r = 0,62 à 0,74) et avec le Mini-Mental State Examination (MMSE, corrélations négatives significatives pour l’item 1 d’altération intellectuelle).
  • La validité discriminante est confirmée par le fait que les items moteurs axiaux (posture, marche, équilibre) se dissocient nettement des scores de tremblement distal, reflétant deux voies physiopathologiques distinctes (dégénérescence dopamino-résistante vs dopamino-sensible).

Validité prédictive et sensibilité au changement

L’UPDRS démontre une sensibilité au changement (responsiveness) exceptionnelle dans le cadre des essais thérapeutiques. L’administration de lévodopa induit une réduction immédiate et cliniquement significative (souvent supérieure à 30 % à 50 %) du score moteur de la Partie III. Une variation minimale cliniquement pertinente (MCID, Minimal Clinically Important Difference) a été estimée dans la littérature entre 2,5 et 5 points pour la Partie III motrice, permettant aux cliniciens de déterminer si une amélioration observée traduit un bénéfice réel et perceptible pour le patient.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité métrologique de l’UPDRS a été documentée à travers de vastes études multicentriques évaluant la consistance interne, la reproductibilité inter-juges et la stabilité test-retest :

Consistance interne

Les analyses de consistance interne rapportent des coefficients alpha de Cronbach élevés pour les principales composantes structurales :

  • Partie II (Activités de la vie quotidienne) : Alpha de Cronbach systématiquement situé entre 0,88 et 0,93, indiquant une forte homogénéité des items fonctionnels.
  • Partie III (Examen moteur) : Alpha de Cronbach variant entre 0,91 et 0,96, démontrant que l’éventail des épreuves motrices mesure de façon remarquablement cohérente l’intensité du syndrome parkinsonien moteur.
  • Partie I (Mentale et humeur) : Alpha de Cronbach plus modeste, typiquement entre 0,65 et 0,74, ce qui s’explique par la nature hétérogène des construits ciblés (mélangeant cognition, hallucinations, humeur dépressive et apathie dans seulement quatre items).

Fidélité inter-examinateurs et intra-examinateur (Test-Retest)

La fidélité inter-évaluateurs de la Partie III a été rigoureusement quantifiée à l’aide de sessions d’évaluation vidéo standardisées ou de doubles examens cliniques indépendants :

  • Le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) global pour le score total moteur de la Partie III est généralement supérieur à 0,90 (intervalles de confiance à 95 % : 0,86 – 0,95).
  • Au niveau des items individuels, la concordance inter-juges évaluée par le coefficient kappa pondéré de Cohen est excellente pour le tremblement de repos (κ = 0,80 – 0,90) et la marche (κ = 0,75 – 0,85). Elle est en revanche plus modérée pour la rigidité corporelle (κ = 0,55 – 0,70) et la stabilité posturale (κ = 0,50 – 0,68), deux épreuves dont la cotation dépend étroitement de la force de mobilisation passive et de l’intensité de traction appliquée par le clinicien lors du test de rétropulsion.
  • La stabilité test-retest à court terme (sans modification du traitement médical) affiche des coefficients de corrélation de Pearson ou des CCI compris entre 0,88 et 0,94 pour la Partie II et la Partie III.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

De nombreuses études factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) ont été conduites sur les données de l’UPDRS afin d’élucider la structure dimensionnelle sous-jacente de l’examen moteur (Partie III) et de l’échelle globale. Les travaux classiques, notamment ceux de Stebbins, Goetz et collaborateurs, ont révélé une structure plurifactorielle robuste plutôt qu’un facteur g strictement unidimensionnel :

Structure factorielle de la Partie III (Examen moteur)

L’analyse en composantes principales avec rotation varimax ou promax met en évidence de manière reproductible six facteurs moteurs majeurs, qui expliquent entre 60 % et 70 % de la variance totale :

  • Facteur 1 : Bradykinésie et hypokinésie des membres supérieurs (saturations élevées > 0,70 sur le tapotement des doigts [item 23], les mouvements d’ouverture/fermeture des mains [item 24] et les mouvements alternatifs rapides de pronation-supination [item 25]).
  • Facteur 2 : Tremblement de repos (saturations fortes > 0,75 sur les items évaluant le tremblement au repos de la face, des mains droite/gauche et des pieds droit/gauche [item 20]).
  • Facteur 3 : Rigidité musculaire (saturations importantes > 0,65 sur la cotation de la résistance passive aux quatre membres et au cou [item 22]).
  • Facteur 4 : Fonctions axiales et instabilité posturale (saturations regroupées sur la posture [item 28], la démarche [item 29], la stabilité posturale au rétropulsion test [item 30] et le lever de chaise [item 27]).
  • Facteur 5 : Tremblement d’action et postural (isolant le tremblement bilatéral des mains lors du maintien d’une attitude [item 21]).
  • Facteur 6 : Bradykinésie des membres inférieurs et hypomimie faciale (regroupant l’agilité des jambes [item 26], l’expression faciale [item 19] et l’élocution [item 18]).

Ces résultats d’analyse factorielle ont confirmé l’existence de phénotypes cliniques distincts au sein de la maladie de Parkinson, distinguant formellement les formes à « prédominance trembleur » (Tremor-Dominant) des formes à « prédominance akinéto-rigide et troubles posturaux » (Postural Instability and Gait Difficulty – PIGD), ces dernières étant associées à un pronostic fonctionnel plus sévère et à un risque accru de déclin cognitif.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Instrument clinique composite combinant un hétéro-questionnaire semi-structuré / anamnèse clinique (Parties I, II et IV) et une observation neurologique standardisée avec passation d’épreuves physiques directes (Partie III).
  • Format d’administration : Papier-crayon ou interfaces électroniques cliniques (e-CRF pour essais cliniques). Complété par un neurologue, un médecin gériatre, un kinésithérapeute spécialisé ou un infirmier de recherche formé.
  • Nombre d’items : 42 items principaux, dont plusieurs se subdivisent en cotations anatomiques bilatérales indépendantes (notamment les items 20, 21, 22, 23, 24, 25 et 26 dans l’examen moteur), aboutissant à un recueil exhaustif de données quantitatives :
  • Échelle de cotation :
    • Items 1 à 34 et item 39 : Échelle ordinale de 0 à 4 (0 = Absent / Normal ; 1 = Léger / Discret ; 2 = Modéré ; 3 = Sévère ; 4 = Extrême / Incapacité marquée).
    • Items cliniques de complications 35, 36, 37, 38, 40, 41, 42 : Cotés en 0 = Non, 1 = Oui (ou échelle à 3 points 0-2 / présence binaire selon les conventions de cotation et de codage clinique).
  • Scores et cotation par composante :
    • Partie I (Fonctions intellectuelles, comportement, humeur) : Items 1 à 4, score cumulé de 0 à 16 points.
    • Partie II (Activités de la vie quotidienne) : Items 5 à 17, score cumulé de 0 à 52 points.
    • Partie III (Examen moteur objectif) : Items 18 à 31 (incluant les dérivations droite/gauche), score théorique maximal allant de 0 à 56 points (en cotation standard unilatérale agrégée) jusqu’à 108 points (avec déploiement de l’ensemble des sous-scores anatomiques bilatéraux).
    • Partie IV (Complications de la thérapie) : Items 32 à 42, score cumulé de 0 à 23 points.
    • Score total UPDRS : Somme globale des quatre sous-parties. Un score plus élevé indique systématiquement une sévérité accrue de l’atteinte, un handicap fonctionnel plus profond et un fardeau clinique plus important.
  • Durée moyenne de passation : Environ 20 à 30 minutes selon la mobilité du patient et son niveau de fatigabilité cognitive.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1987 (Fahn S, Elton RL, et al.).
  • Adaptation et révision ultérieure : En 2008, la Movement Disorder Society (MDS) a publié une révision officielle intitulée MDS-UPDRS (Goetz et al., 2008) pour clarifier les ambiguïtés sémantiques, intégrer de façon plus exhaustive les signes non moteurs et distinguer formellement les items rapportés par le patient de ceux évalués par le médecin. Néanmoins, l’UPDRS originale de 1987 demeure couramment citée, analysée et utilisée dans de nombreuses cohortes historiques et études pharmacologiques de long terme.
  • Propriété intellectuelle et droits d’auteur : L’UPDRS originale de 1987 a été initialement publiée dans le domaine public académique médical pour stimuler la recherche sans barrière financière. Toutefois, la version révisée officielle MDS-UPDRS est la propriété intellectuelle exclusive de l’International Parkinson and Movement Disorder Society (MDS).
  • Conditions d’accès et tarifs : L’accès aux formulaires originaux de 1987 est généralement libre pour la recherche universitaire et la pratique hospitalière publique à but non lucratif. Pour la version MDS-UPDRS sous licence MDS, l’utilisation clinique individuelle et la recherche académique non sponsorisée sont gratuites après inscription sur le portail officiel de la MDS, tandis que l’utilisation dans des essais cliniques financés par l’industrie pharmaceutique nécessite l’obtention d’une licence payante et la certification formelle des évaluateurs par module d’entraînement en ligne.

12. Références / References

Albin, R. L., Young, A. B., & Penney, J. B. (1989). The functional anatomy of basal ganglia disorders. Trends in Neurosciences, 12(10), 366-375. https://doi.org/10.1016/0166-2236(89)90074-X

DeLong, M. R. (1990). Primate models of movement disorders of basal ganglia origin. Trends in Neurosciences, 13(7), 281-285. https://doi.org/10.1016/0166-2236(90)90110-V

Fahn, S., Elton, R. L., & Members of the UPDRS Development Committee. (1987). Unified Parkinson’s Disease Rating Scale. In S. Fahn, C. D. Marsden, D. B. Calne, & M. Goldstein (Eds.), Recent Developments in Parkinson’s Disease (Vol. 2, pp. 153-163). Macmillan Healthcare Information.

Goetz, C. G., Tilley, B. C., Shaftman, S. R., Stebbins, G. T., Fahn, S., Martinez-Martin, P., Poewe, W., Sampaio, C., Stern, M. B., Dodel, R., Dubois, B., Holloway, R., Jankovic, J., Kulisevsky, J., Lang, A. E., Lees, A., Leurgans, S., LeWitt, P. A., Nyenhuis, D., … LaPelle, N. (2008). Movement Disorder Society-sponsored revision of the Unified Parkinson’s Disease Rating Scale (MDS-UPDRS): Scale presentation and clinimetric testing results. Movement Disorders, 23(15), 2129-2170. https://doi.org/10.1002/mds.22340

Movement Disorder Society Task Force on Rating Scales for Parkinson’s Disease. (2003). The Unified Parkinson’s Disease Rating Scale (UPDRS): Status and recommendations. Movement Disorders, 18(7), 738-750. https://doi.org/10.1002/mds.10473

Stebbins, G. T., & Goetz, C. G. (1998). Factor analysis of the Unified Parkinson’s Disease Rating Scale. Movement Disorders, 13(4), 633-642. https://doi.org/10.1002/mds.870130404

van Weegen, E. E. H., van de Burg, M., Veenhuizen, Y., & Bloem, B. R. (2005). De Unified Parkinson’s Disease Rating Scale (UPDRS): Betrouwbaarheid en validiteit van de Nederlandse versie. Nederlands Tijdschrift voor Fysiotherapie, 115(3), 74-81.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale: Most items scored 0 to 4 (0 = None / Normal to 4 = Severe / Unable); clinical complication items 35, 36, 37, 38, 40, 41, 42 are scored 0 = No, 1 = Yes (or 0-2 / binary presence depending on section convention).

I. Mentation, Behavior and Mood

  1. Intellectual impairment
  2. Thought disorder (due to dementia or drug intoxication)
  3. Depression
  4. Motivation/initiative

II. Activities of Daily Living

  1. Speech
  2. Salivation
  3. Swallowing
  4. Handwriting
  5. Cutting food and handling utensils
  6. Dressing
  7. Hygiene
  8. Turning in bed and adjusting bed clothes
  9. Falling (unrelated to freezing)
  10. Freezing when walking
  11. Walking
  12. Tremor (symptomatic complaint of tremor in any part of body)
  13. Sensory complaints related to parkinsonism

III. Motor Examination

  1. Speech
  2. Facial expression
  3. Tremor at rest (face, lips, chin, r/l hand, r/l foot)
  4. Action or postural tremor of hands
  5. Rigidity (judged on passive movement of major joints with patient relaxed in sitting position)
  6. Finger taps (patient taps thumb with index finger in rapid succession with largest amplitude possible)
  7. Hand movements (patient opens and closes hands in rapid succession with largest amplitude possible)
  8. Rapid alternating movements of hands (pronation-supination movements of hands)
  9. Leg agility (patient taps heel on ground in rapid succession, picking up entire leg)
  10. Arising from chair (patient attempts to arise from a straight-backed chair with arms folded across chest)
  11. Posture
  12. Gait
  13. Postural stability (response to sudden, strong posterior displacement produced by pull on shoulders)
  14. Body bradykinesia and hypokinesia (combining slowness, hesitancy, decreased armswing, small amplitude, and poverty of movement in general)

IV. Complications of Therapy

  1. Dyskinesias: Duration (what proportion of the waking day are dyskinesias present?)
  2. Dyskinesias: Disability (how disabling are the dyskinesias?)
  3. Dyskinesias: Painful dyskinesias (how painful are the dyskinesias?)
  4. Dyskinesias: Presence of early morning dystonia
  5. Clinical fluctuations: Are « off » periods predictable?
  6. Clinical fluctuations: Are « off » periods unpredictable?
  7. Clinical fluctuations: Do « off » periods come on suddenly (e.g., over a few seconds)?
  8. Clinical fluctuations: What proportion of the waking day is the patient « off » on average?
  9. Other complications: Does the patient have anorexia, nausea, or vomiting?
  10. Other complications: Any sleep disturbance (e.g., insomnia or hypersomnolence)?
  11. Other complications: Does the patient have symptomatic orthostasis?
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Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle unifiée d’évaluation de la maladie de Parkinson. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-unifiee-evaluation-maladie-parkinson-updrs/
Looti, Mohammed. “Échelle unifiée d’évaluation de la maladie de Parkinson.” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-unifiee-evaluation-maladie-parkinson-updrs/.
Looti, Mohammed. “Échelle unifiée d’évaluation de la maladie de Parkinson.” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-unifiee-evaluation-maladie-parkinson-updrs/.