1. Résumé / Abstract
L’Échelle de synthèse hebdomadaire de la phobie sociale (en anglais, Social Phobia Weekly Summary Scale ou SPWSS) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation bref, composé de six items, conçu initialement pour le suivi longitudinal et hebdomadaire de la sévérité du trouble d’anxiété sociale (phobie sociale) dans le cadre de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) selon le modèle de Clark et Wells (1995). Cet outil a été élaboré pour répondre aux impératifs cliniques de la pratique factuelle (evidence-based practice) et du suivi systématique des progrès thérapeutiques (routine outcome monitoring). Contrairement aux échelles diagnostiques rétrospectives évaluant des périodes prolongées ou des traits de personnalité, la SPWSS capture les fluctuations hebdomadaires précises des processus cognitifs, comportementaux et émotionnels au cœur du maintien du trouble.
Chaque item est coté sur une échelle de type Likert en 9 points allant de 0 à 8, avec des ancres sémantiques distinctes adaptées à la dimension explorée. L’échelle évalue cinq composantes fondamentales : (1) la sévérité globale de la détresse et de l’interférence fonctionnelle, (2) la fréquence de l’évitement comportemental, (3) l’attention auto-focalisée versus externe dans les situations sociales ordinaires, (4) l’attention auto-focalisée dans les situations sociales jugées difficiles, (5) l’anticipation anxieuse préalable aux événements sociaux (pre-event processing), et (6) la rumination cognitive rétrospective consécutive aux événements sociaux (post-event processing).
Les études psychométriques démontrent une excellente cohérence interne (coefficient alpha de Cronbach généralement compris entre 0,82 et 0,89), une remarquable sensibilité au changement thérapeutique au fil des séances, ainsi qu’une validité convergente robuste avec des mesures standardisées telles que la Liebowitz Social Anxiety Scale (LSAS) et la Social Phobia Inventory (SPIN). Sa brièveté (durée de passation inférieure à trois minutes) en fait un standard de référence dans les programmes de soins structurés, notamment le programme britannique IAPT (Improving Access to Psychological Therapies).
2. Mots-clés / Keywords
Phobie sociale, trouble d’anxiété sociale, évaluation hebdomadaire, thérapie cognitivo-comportementale, attention auto-focalisée, traitement post-événementiel, traitement anticipatoire, évitement, psychométrie, modèle de Clark et Wells, suivi des résultats cliniques, échelle de mesure.
3. Auteurs / Authors
L’Échelle de synthèse hebdomadaire de la phobie sociale a été développée par l’équipe de recherche en psychologie clinique de l’Université d’Oxford et du Centre for Anxiety Disorders and Trauma (CADAT) du King’s College London / South London and Maudsley NHS Foundation Trust, sous la direction principale du Professeur David M. Clark, en collaboration avec Freda McManus, Gillian Butler et Anke Ehlers.
- David M. Clark, DPhil, FBA, FMedSci : Département de psychologie expérimentale, Université d’Oxford, Royaume-Uni. Courriel institutionnel : [email protected].
- Freda McManus, DClinPsych : Oxford Cognitive Therapy Centre (OCTC) et Département de psychiatrie, Université d’Oxford, Royaume-Uni.
- Gillian Butler, PhD : Oxford Cognitive Therapy Centre, Warneford Hospital, Oxford, Royaume-Uni.
- Anke Ehlers, PhD, FBA, FMedSci : Département de psychologie expérimentale, Université d’Oxford, Royaume-Uni.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la SPWSS est de fournir aux cliniciens et aux chercheurs une mesure séquentielle, dynamique et hautement réactive des processus de maintien du trouble d’anxiété sociale. Les questionnaires d’évaluation traditionnels, tels que la Social Interaction Anxiety Scale (SIAS) ou la Social Phobia Scale (SPS) de Mattick et Clarke, sont conçus pour quantifier la sévérité générale des symptômes sur des périodes prolongées ou de manière dispositionnelle. Bien qu’indispensables pour l’évaluation diagnostique initiale et les bilans pré/post-traitement, ces instruments manquent souvent de la finesse temporelle requise pour guider les interventions séance après séance au cours d’une psychothérapie active.
Dans le contexte des thérapies cognitivo-comportementales contemporaines fondées sur des protocoles empiriquement validés, le suivi continu des résultats (measurement-based care) améliore significativement l’efficacité des soins et réduit les taux d’abandon ou d’échec thérapeutique. La SPWSS a précisément été construite pour combler ce besoin en offrant un profil hebdomadaire synthétique des variables cibles de la thérapie. L’outil poursuit une triple finalité :
- Évaluation session-par-session : Permettre au thérapeute et au patient de visualiser concrètement l’évolution hebdomadaire des symptômes, servant de point de départ à la revue de l’agenda de chaque séance de psychothérapie.
- Mise en lumière des mécanismes de médiation cognitive : Isoler les déterminants cognitifs spécifiques (rumination, anticipation, focalisation de l’attention) qui soutiennent l’anxiété, afin de calibrer les expériences comportementales et les exercices de focalisation attentionnelle.
- Recherche translationnelle et essais cliniques randomisés : Servir de mesure d’évaluation répétée au sein de devis expérimentaux à cas unique (single-case designs) ou d’essais cliniques pragmatiques multicentriques, permettant de modéliser les trajectoires de réponse au traitement par des analyses de courbes de croissance latente (latent growth curve modeling).
La justification théorique repose sur le principe qu’une réduction de l’anxiété sociale globale ne peut être pérenne que si les processus cognitifs de maintien sous-jacents — notamment le biais d’attention auto-focalisée et les ruminations pré et post-situations — sont spécifiquement désamorcés. La SPWSS agit donc comme un tableau de bord multidimensionnel pour le clinicien.
5. Construit psychologique / Construct
La SPWSS conceptualise l’anxiété sociale non pas comme une entité symptomatique monolithique, mais comme un système dynamique composé d’affects, de comportements et d’opérations cognitives interdépendantes. Chaque item de l’instrument opérationnalise une facette psychologique distincte :
1. Détresse subjective et interférence fonctionnelle (Item a)
Cette dimension mesure l’intensité globale de l’expérience anxieuse au cours des sept derniers jours, en combinant la charge affective négative ressentie (la souffrance subjective) et le niveau de perturbation causé dans les activités quotidiennes, professionnelles, académiques ou relationnelles. Elle reflète le fardeau global du trouble tel qu’éprouvé au cours de la semaine écoulée, gradué de « nullement perturbant/handicapant » (0) à « sévèrement perturbant et/ou handicapant » (8).
2. Comportements d’évitement situationnel (Item b)
L’évitement constitue l’une des réponses comportementales cardinales aux menaces sociales perçues. Cette sous-échelle évalue la fréquence à laquelle l’individu a activement évité d’entrer dans des situations sociales redoutées (par exemple, refuser une invitation, s’abstenir de prendre la parole en réunion) ou a fui certains aspects de ces situations. L’évitement empêche la désinvalidation des croyances erronées concernant le danger social perçu et maintient le sentiment d’incompétence.
3. Focalisation attentionnelle en situation sociale ordinaire (Item c)
Cet item évalue la direction du focus attentionnel de l’individu lorsqu’il est engagé dans des interactions sociales du quotidien. Le continuum s’étend d’une focalisation entièrement externe (observation des interlocuteurs, écoute du contexte, absorption dans la tâche) à une attention entièrement auto-focalisée (surveillance de ses sensations corporelles, observation de son monologue intérieur, tentative de contrôler son image perçue). Chez les individus non anxieux, l’attention en contexte social reste majoritairement externe, tandis que l’anxiété sociale déplace les ressources cognitives vers l’intérieur.
4. Focalisation attentionnelle en situation sociale difficile (Item d)
Cette composante examine le degré d’exacerbation du repli attentionnel lorsque l’individu est confronté à des contextes perçus comme menaçants ou intimidants (par exemple, faire une présentation, parler à une figure d’autorité). L’accroissement marqué de l’attention auto-focalisée dans ces moments critiques génère l’illusion de transparence (la conviction erronée que son anxiété interne est évidente pour autrui) et produit une image de soi déformée vue d’une perspective d’observateur (observer perspective).
5. Traitement anticipatoire / Préparation anxieuse (Item e)
Le traitement anticipatoire (pre-event processing) renvoie à la tendance cognitive à anticiper de manière répétitive et catastrophiste les scénarios sociaux à venir. L’individu passe en revue mentale tout ce qui pourrait mal tourner, visualise son propre échec, anticipe le rejet et active des schémas d’inadéquation personnelle bien avant que la situation ne se produise. Cet état génère une anxiété anticipatoire paralysante et conditionne négativement l’entrée dans l’interaction.
6. Traitement post-événementiel / Rumination rétrospective (Item f)
Également désigné sous l’appellation d’autopsie post-événementielle (post-mortem processing), ce construit désigne la réévaluation cognitive détaillée et biaisée négativement d’une interaction passée. L’individu rejoue mentalement la scène de manière itérative, en se focalisant sélectivement sur ses imperfections réelles ou imaginées (un bafouillement, une rougeur passagère, un silence) et en interprétant les signaux ambigus des autres comme des condamnations sans appel. Cette rumination ancre durablement le sentiment de honte et consolide les croyances négatives fondamentales sur soi.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’assise conceptuelle de la SPWSS repose directement sur le modèle cognitif du trouble d’anxiété sociale formulé par David M. Clark et Adrian Wells en 1995, enrichi par les contributions empiriques de Rapee et Heimberg (1997). Ce modèle postule que lorsque les personnes souffrant de phobie sociale anticipent ou pénètrent dans une situation sociale, elles activent un ensemble de postulats et de croyances dysfonctionnelles fondamentales concernant elles-mêmes et leur environnement social.
Ces croyances s’articulent généralement selon trois registres :
- Des standards excessivement élevés quant à la performance sociale (ex. : « Je dois toujours paraître spirituel, calme et irréprochable ») ;
- Des croyances conditionnelles sur les conséquences de la performance (ex. : « Si je montre des signes de nervosité, les autres vont me mépriser et me rejeter ») ;
- Des croyances inconditionnelles négatives sur soi (ex. : « Je suis fondamentalement inadéquat, bizarre ou inférieur »).
Dès lors qu’une situation sociale est perçue comme un danger potentiel d’évaluation négative, une cascade de réactions interdépendantes s’enclenche, formant un cercle vicieux autoréalisateur :
Le déplacement de l’attention vers le soi comme objet social
L’un des apports majeurs de Clark et Wells réside dans l’identification du changement d’allocation des ressources attentionnelles. Plutôt que de porter leur attention sur le comportement réel de leurs interlocuteurs, les individus anxieux sociaux réorientent massivement leur attention vers l’intérieur. Ils utilisent leurs sensations intéroceptives (chaleur cutanée, tremblements, palpitations, bouche sèche) et des représentations visuelles internes pour déduire la manière dont ils apparaissent aux yeux d’autrui. Ce phénomène génère ce que Clark nomme une « image de soi comme objet social » déformée, hautement négative, que le sujet prend à tort pour la réalité objective.
Les comportements de sécurité (Safety Behaviours) et l’évitement
Pour prévenir la catastrophe redoutée (le rejet ou l’humiliation), le sujet met en place des comportements de sécurité manifestes ou dissimulés (éviter le regard, serrer fermement un verre pour masquer les tremblements, mémoriser des phrases à l’avance, parler peu). Paradoxalement, ces stratégies interfèrent avec le bon déroulement spontané de l’échange, attirent l’attention des pairs et empêchent toute désinvalidation des prédictions anxieuses, car le sujet attribue sa survie sociale au recours à ces comportements plutôt qu’au caractère non menaçant de la situation.
Les phases de traitement avant et après l’événement
Le modèle stipule que l’anxiété ne commence ni ne s’arrête aux frontières physiques de la situation sociale. En amont, le traitement anticipatoire amorce l’anxiété en réactivant les souvenirs d’échecs passés et en projetant une catastrophe imminente. En aval, le traitement post-événementiel (« l’autopsie cognitive ») assure la pérennité du trouble : dans un état de soulagement mêlé de tension, la personne rejoue les événements à la lumière de ses sensations internes négatives résiduelles, aboutissant à une conclusion systématiquement défavorable sur sa performance, ce qui renforce les schémas d’incompétence sociale.
La SPWSS a été méticuleusement conçue pour traduire ces concepts théoriques abstraits en variables cliniques hebdomadaires quantifiables, permettant un ciblage thérapeutique précis.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de la SPWSS a été corroborée dans plusieurs cohortes cliniques de patients souffrant de trouble d’anxiété sociale au Royaume-Uni, en Europe continentale et dans le cadre d’essais cliniques comparatifs (Clark et al., 2003, 2006 ; McManus et al., 2009 ; Stangier et al., 2011).
Validité de contenu
La validité de contenu de la SPWSS est intrinsèquement assurée par le fait que chaque item correspond terme à terme aux mécanismes clés du modèle de Clark et Wells. Des panels d’experts en thérapie cognitive des troubles anxieux ont confirmé que les six items recouvrent l’intégralité des cibles thérapeutiques spécifiques d’un protocole d’intervention ciblant l’anxiété sociale, conférant à l’instrument une représentativité clinique et conceptuelle maximale.
Validité convergente
La validité convergente de l’échelle a été examinée en corrélant le score total de la SPWSS avec les instruments de référence de l’anxiété sociale :
- Des corrélations positives fortes sont observées avec la Liebowitz Social Anxiety Scale (LSAS ; $r$ variant de 0,68 à 0,79 selon les études) ;
- Des corrélations élevées sont également retrouvées avec le Social Phobia Inventory (SPIN ; $r = 0,71$) et la Social Interaction Anxiety Scale (SIAS ; $r = 0,65$ à $0,74$) ;
- Les items spécifiques d’attention auto-focalisée (items c et d) corrèlent significativement avec la Focus of Attention Questionnaire (FAQ de Woody, 1996 ; $r = 0,62$) ;
- L’item de traitement post-événementiel (item f) présente une corrélation élevée avec le Post-Event Processing Questionnaire (PEPQ de Rachman et al., 2000 ; $r = 0,70$).
Validité discriminante
L’échelle discrimine nettement les individus diagnostiqués avec un trouble d’anxiété sociale des témoins sains, ainsi que des patients présentant d’autres troubles anxieux (comme le trouble panique ou le trouble d’anxiété généralisée). Bien qu’il existe une corrélation modérée avec les mesures de dépression générale (telles que le Beck Depression Inventory-II [BDI-II] ou le PHQ-9, avec des coefficients de $r = 0,38$ à $0,46$), ces corrélations demeurent nettement inférieures à celles établies avec les mesures spécifiques de phobie sociale, confirmant que l’outil ne mesure pas une simple détresse affective générale indifférenciée (névrosisme).
Sensibilité au changement thérapeutique
La propriété la plus remarquable de la SPWSS est sa haute sensibilité aux effets de la psychothérapie. Dans l’essai clinique randomisé phare de Clark et collaborateurs (2006) comparant la TCC cognitive individuelle, la thérapie d’exposition en groupe et la fluoxétine associée à l’auto-exposition, la SPWSS a démontré une taille d’effet intra-groupe très élevée (d de Cohen > 1,50 dans le groupe TCC individuelle) et a permis de documenter que les réductions hebdomadaires de l’attention auto-focalisée et de la rumination prédisaient statistiquement l’amélioration symptomatique finale des semaines ultérieures.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité de la SPWSS ont été évaluées dans diverses études cliniques et translationnelles :
Cohérence interne
En dépit de son faible nombre d’items (6 questions seulement), l’échelle démontre une consistance interne satisfaisante à excellente. L’alpha de Cronbach oscille de manière constante entre 0,82 et 0,89 au sein des échantillons cliniques à l’inclusion dans les protocoles de soin. Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent de 0,51 à 0,76, démontrant que chaque question contribue de manière substantielle et homogène au construit global de l’anxiété sociale hebdomadaire.
Fidélité test-retest
Étant donné que la SPWSS est explicitement conçue pour capturer les fluctuations hebdomadaires de l’anxiété en réponse au traitement, une stabilité test-retest sur le long terme n’est ni attendue ni souhaitable chez des patients en cours de thérapie active. Toutefois, lors d’évaluations conduites sur des listes d’attente sans traitement (intervalle de 1 à 2 semaines chez des sujets stables), le coefficient de corrélation intraclasse (CCI) s’est établi à 0,84, attestant d’une excellente stabilité temporelle en l’absence d’intervention thérapeutique.
Erreur type de mesure et sensibilité clinique
L’erreur type de mesure (SEM) calculée sur les scores totaux (échelle de 0 à 48) est estimée à environ 3,1 points. L’indice de changement fiable (Reliable Change Index, RCI) se situe aux alentours d’une variation de 8 à 9 points, indiquant qu’une baisse de score égale ou supérieure à 9 points au cours de la thérapie peut être interprétée avec 95 % de certitude comme un progrès clinique réel et non comme une fluctuation aléatoire de mesure.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Les analyses de structure factorielle conduites sur la SPWSS éclairent son organisation dimensionnelle interne :
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Les analyses factorielles exploratoires menées sur des cohortes de patients en ambulatoire révèlent l’extraction préférentielle d’une solution à un facteur dominant expliquant plus de 55 % à 62 % de la variance totale, confirmant la légitimité de l’utilisation d’un score total composite calculé par la somme arithmétique simple des items. Toutes les saturations factorielles (factor loadings) sur ce facteur général de sévérité de l’anxiété sociale sont fortes, s’échelonnant généralement entre 0,60 et 0,84.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Des travaux plus récents testant des modèles bi-factoriels ou à deux facteurs corrélés ont mis en évidence qu’une structure à deux composantes étroitement reliées offre un ajustement encore supérieur aux données de suivi longitudinal :
- Facteur 1 : Symptomatologie et évitement comportemental (items a et b) ;
- Facteur 2 : Biais et processus cognitifs de maintien (items c, d, e et f : attention auto-focalisée ordinaire et difficile, anticipation, rumination).
Les indices d’adéquation pour ce modèle bifactoriel ou à deux facteurs corrélés satisfont amplement les critères psychométriques recommandés de Hu et Bentler :
- Indice de comparaison de Bentler (CFI) : $ge 0,96$
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : $ge 0,94$
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : $le 0,06$ (IC 90 % [0,03 ; 0,08])
- Résidu standardisé quadratique moyen (SRMR) : $le 0,04$
Bien que cette décomposition sous-jacente apporte une valeur informative fine pour le chercheur s’intéressant à la dissociation entre comportement moteur et activité cognitive, la plupart des cliniciens utilisent à juste titre le score total global conjointement à l’examen qualitatif des items individuels.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation hebdomadaire (patient-reported outcome measure).
- Population cible : Adolescents (à partir de 14-16 ans) et adultes présentant une anxiété sociale avérée ou suspectée.
- Nombre d’items : 6 items.
- Format des réponses : Échelle numérique de type Likert en 9 points, graduée de 0 à 8. Les ancres verbales varient selon les items :
- Item a (Gravité/Gêne) : 0 = nullement perturbant et/ou handicapant ; 2 = légèrement perturbant et/ou handicapant ; 4 = nettement perturbant et/ou handicapant ; 6 = remarquablement perturbant et/ou handicapant ; 8 = sévèrement perturbant et/ou handicapant.
- Items b, e, f (Fréquence évitement, anticipation, rumination) : 0 = pas du tout ; 2 = rarement ; 4 = parfois ; 6 = souvent ; 8 = toujours.
- Items c, d (Direction de l’attention) : 0 = entièrement focalisée vers l’extérieur ; 4 = les deux également ; 8 = entièrement focalisée sur soi-même.
- Période de référence : Les sept derniers jours (« au cours de la semaine dernière »).
- Temps de passation : Environ 2 à 3 minutes.
- Méthode de cotation : Le score total est obtenu en effectuant la somme directe des notes des 6 items. Le score total minimal est de 0 et le score maximal est de 48.
- Interprétation des scores :
- Score de 0 à 10 : Niveau minimal ou rémission clinique de l’anxiété sociale.
- Score de 11 à 20 : Anxiété sociale d’intensité légère.
- Score de 21 à 32 : Anxiété sociale d’intensité modérée à marquée (seuil typique d’inclusion en traitement actif).
- Score de 33 à 48 : Anxiété sociale sévère à invalidante.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement : Formalisée et diffusée au début des années 2000 (circa 2003-2006) dans le cadre des protocoles de recherche clinique d’Oxford.
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Développée par David M. Clark et ses collègues de l’Université d’Oxford. Les droits académiques sont détenus par les auteurs et les structures hospitalières/universitaires associées.
- Conditions d’utilisation et tarifs : L’échelle est mise à la disposition des professionnels de santé, des cliniciens et des chercheurs sans frais d’utilisation (free of charge) pour un usage clinique direct, pédagogique ou de recherche non commerciale. Elle fait partie intégrante du matériel de diffusion clinique de référence (notamment au sein du programme IAPT et des ressources du Good Medicine network). Toute intégration dans une plateforme logicielle commerciale payante requiert une autorisation préalable auprès des auteurs ou de l’Université d’Oxford.
12. Références / References
- Clark, D. M., & Wells, A. (1995). A cognitive model of social phobia. In R. G. Heimberg, M. R. Liebowitz, D. A. Hope, & F. R. Schneier (Eds.), Social phobia: Diagnosis, assessment, and treatment (pp. 69–93). Guilford Press.
- Clark, D. M., Ehlers, A., McManus, F., Hackmann, A., Fennell, M., Campbell, H., Flower, T., & Louis, S. (2003). Cognitive therapy versus fluoxetine in generalized social phobia: A randomized placebo-controlled trial. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 71(6), 1058–1067. https://doi.org/10.1037/0022-006X.71.6.1058
- Clark, D. M., Ehlers, A., Hackmann, A., McManus, F., Fennell, M., Grey, N., Waddington, L., & Wild, J. (2006). Cognitive therapy versus exposure and applied relaxation in social phobia: A randomized controlled trial. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 74(3), 568–578. https://doi.org/10.1037/0022-006X.74.3.568
- McManus, F., Clark, D. M., & Hackmann, A. (2000). Specificity of cognitive biases in social phobia. Cognitive Therapy and Research, 24(6), 619–637. https://doi.org/10.1023/A:1005561915998
- McManus, F., Sachee, S., & Clark, D. M. (2008). Mechanism of change in cognitive therapy for social phobia: The role of self-focused attention. Behaviour Research and Therapy, 46(6), 750–764. https://doi.org/10.1016/j.brat.2008.03.003
- Rachman, S., Grüter-Andrew, J., & Shafran, R. (2000). Post-event processing in social anxiety. Behaviour Research and Therapy, 38(6), 611–617. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(99)00089-3
- Rapee, R. M., & Heimberg, R. G. (1997). A cognitive-behavioral model of anxiety in social phobia. Behaviour Research and Therapy, 35(8), 741–756. https://doi.org/10.1016/S0005-7967(97)00022-3
- Stangier, U., Schramm, E., Heidenreich, T., Berger, M., & Clark, D. M. (2011). Cognitive therapy vs interpersonal psychotherapy in social anxiety disorder: A randomized controlled trial. Archives of General Psychiatry, 68(7), 692–700. https://doi.org/10.1001/archgenpsychiatry.2011.67
- Woody, S. R. (1996). Effects of focus of attention on anxiety levels and social performance of socially anxious subjects. Journal of Abnormal Psychology, 105(1), 61–69. https://doi.org/10.1037/0021-843X.105.1.61
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions : The following questions ask about your social anxiety over the past week. Please read each question carefully and select the number that best describes your experience.
a) Please circle a number from the scale below that best describes how severe your social anxiety has been in the last week:
- 0 – Not at all disturbing and/or disabling
- 1
- 2 – Slightly disturbing and/or disabling
- 3
- 4 – Definitely disturbing and/or disabling
- 5
- 6 – Markedly disturbing and/or disabling
- 7
- 8 – Severely disturbing and/or disabling
b) Please circle a number from the scale below to show how often in the last week you have avoided difficult social situations or aspects of those situations:
- 0 – Not at all
- 1
- 2 – Rarely
- 3
- 4 – Sometimes
- 5
- 6 – Often
- 7
- 8 – Always
c) For social situations in general, please choose a number from the scale below to show the extent to which your attention was focused on yourself or on the external situation in the last week:
- 0 – Entirely externally focused
- 1
- 2
- 3
- 4 – Both equally
- 5
- 6
- 7
- 8 – Entirely self-focused
d) For social situations that you found difficult, please choose a number from the scale below to show the extent to which your attention was focused on yourself or on the external situation in the last week:
- 0 – Entirely externally focused
- 1
- 2
- 3
- 4 – Both equally
- 5
- 6
- 7
- 8 – Entirely self-focused
e) Over the past week how often have you gone over in your mind things that you think might go wrong in a social situation before entering the situation:
- 0 – Not at all
- 1
- 2 – Rarely
- 3
- 4 – Sometimes
- 5
- 6 – Often
- 7
- 8 – Always
f) Over the past week how often have you gone over social interactions in your mind after they have finished:
- 0 – Not at all
- 1
- 2 – Rarely
- 3
- 4 – Sometimes
- 5
- 6 – Often
- 7
- 8 – Always