1. Résumé / Abstract
L’échelle de stigmatisation liée au poids corporel (Body Weight Stigma, ou BWST), développée par Harmeling, Mende, Scott et Palmatier (2021), est un instrument psychométrique d’auto-évaluation composé de 12 items. Conçue initialement dans le cadre de recherches avancées en psychologie sociale et en comportement du consommateur publiées dans le Journal of Marketing Research, cette échelle opérationnalise la mesure de la perception qu’a un individu du degré auquel la société dans son ensemble stigmatise, discrimine, dévalorise et maltraite les personnes en surpoids. Contrairement aux outils traditionnels évaluant les préjugés personnels directs ou l’intériorisation de la honte corporelle, la BWST utilise une formulation standardisée débutant par « La plupart des gens… » (« Most people… »), ce qui permet de mesurer le climat normatif et la stigmatisation sociétale perçue en tant que réalité environnementale objective plutôt que l’attitude personnelle intime du participant.
L’instrument repose sur une échelle de réponse de type Likert en 7 points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » à 7 = « Fortement en accord »). Les analyses psychométriques révèlent une structure unidimensionnelle robuste, caractérisée par une cohérence interne exceptionnelle (coefficients alpha de Cronbach et oméga de McDonald généralement supérieurs à 0,93), ainsi qu’une excellente validité convergente et prédictive. L’échelle démontre une pertinence majeure tant pour la recherche fondamentale sur les préjugés et la discrimination que pour la recherche appliquée en santé publique, en psychologie des organisations et en marketing éthique, où elle permet de prédire les réactions émotionnelles, attitudinales et comportementales face aux signaux sociétaux de marginalisation corporelle.
2. Mots-clés / Keywords
stigmatisation liée au poids, grossophobie sociétale, discrimination pondérale, préjugés corporels, psychométrie, climat normatif, stéréotypes corporels, surpoids, validité de construit, analyse factorielle confirmatoire
3. Auteurs / Authors
L’échelle de stigmatisation liée au poids corporel (BWST) a été formalisée et validée par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés dans les dynamiques relationnelles, la psychologie du consommateur et la vulnérabilité sociale :
- Colleen M. Harmeling, Ph.D. : Professeure associée de marketing à la Florida State University (College of Business). Ses recherches portent sur la théorie relationnelle, la stigmatisation sociale, la moralité des consommateurs et l’inclusion au sein des écosystèmes marchands. Courriel académique : [email protected].
- Martin Mende, Ph.D. : Professeur titulaire de marketing et chercheur émérite à la Florida State University. Expert reconnu en psychologie des services, en santé des consommateurs et en relations interpersonnelles appliquées aux contextes de vulnérabilité.
- Maura L. Scott, Ph.D. : Professeure titulaire de marketing à la Florida State University. Ses travaux sont centrés sur le bien-être des consommateurs (Transformative Consumer Research), la prise de décision en matière de santé et la justice sociale.
- Robert W. Palmatier, Ph.D. : Professeur titulaire et titulaire de la chaire John C. Narver à l’University of Washington (Foster School of Business). Auteur prolifique et théoricien de référence en marketing relationnel, gouvernance d’entreprise et comportements stratégiques.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’échelle BWST est de combler une lacune méthodologique et théorique majeure dans la mesure de la stigmatisation liée au poids. Historiquement, la littérature psychométrique s’est principalement concentrée sur deux facettes complémentaires mais distinctes :
- L’attitude hostile directe du répondant envers les personnes corpulentes (par exemple, les échelles Anti-Fat Attitudes Questionnaire d’Allison ou de Crandall).
- L’intériorisation de cette stigmatisation par les individus eux-mêmes sous forme d’autodépréciation (comme la Weight Bias Internalization Scale de Pearl et Puhl).
Cependant, aucune de ces approches ne permettait de capturer fidèlement la manière dont un individu perçoit l’hostilité systémique de son environnement. L’échelle BWST a été conçue pour mesurer la prise de conscience et l’évaluation du climat normatif sociétal : elle quantifie la croyance selon laquelle la société contemporaine est intrinsèquement biaisée, hostile et discriminatoire envers les personnes en surpoids. Cette distinction épistémologique est cruciale. En demandant aux répondants d’évaluer ce que pense et fait « la plupart des gens » (« Most people… »), l’instrument évite le biais de désirabilité sociale qui inhibe souvent l’aveu de préjugés personnels, tout en fournissant une mesure précise de la menace environnementale perçue.
Sur le plan des applications pratiques et cliniques, la BWST remplit plusieurs fonctions déterminantes :
- Recherche en psychologie de la santé et santé publique : Elle permet de comprendre comment la perception de la stigmatisation structurelle agit comme un facteur de stress chronique (stress des minorités), influençant les comportements de recours aux soins, l’anxiété médicale et l’évitement des examens de santé chez les populations stigmatisées.
- Psychologie sociale et des organisations : L’instrument sert à évaluer le climat de travail perçu, à analyser les dynamiques de discrimination à l’embauche ou à l’avancement professionnel, et à mesurer la sensibilisation des collaborateurs aux biais corporels implicites et institutionnels.
- Comportement du consommateur et marketing transformatif : Les travaux originaux de Harmeling et al. (2021) démontrent que le niveau de BWST perçu module directement la façon dont les individus réagissent aux représentations publicitaires, aux pratiques de vente au détail et aux initiatives d’inclusivité corporelle des marques.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par la BWST est la stigmatisation sociétale perçue liée au poids corporel. Dans la taxonomie de la psychologie sociale contemporaine, la stigmatisation est définie comme un processus social complexe d’étiquetage, de stéréotypage, de séparation, de perte de statut et de discrimination, orchestré dans un contexte de dissymétrie de pouvoir.
La BWST capture ce phénomène non pas comme une construction intime et isolée, mais comme un ensemble articulé de manifestations sociétales observables. Bien que l’échelle opère de manière unidimensionnelle sur le plan factoriel, elle intègre un éventail exhaustif de manifestations comportementales, cognitives et affectives de la stigmatisation :
- Dévalorisation intellectuelle et imputation de traits négatifs : L’item 2 (« Most people believe that overweight people are less intelligent ») cible spécifiquement le stéréotype infondé liant la masse corporelle aux capacités cognitives ou à la compétence générale, un biais cognitif persistant documenté dans la littérature organisationnelle.
- Mésestime sociale et condescendance : Les items 1 et 8 (« Most people look down on overweight people », « Most people do not respect overweight people ») mesurent la hiérarchisation sociale et le déni de respect fondamental accordé aux individus stigmatisés.
- Discrimination et maltraitance comportementale : Les items 3 et 4 (« Most people discriminate against overweight people », « Most people treat overweight people poorly ») évaluent les manifestations comportementales directes et matérielles de l’injustice, qu’elles soient interpersonnelles ou institutionnelles.
- Rejet et évitement interpersonnel : Les items 6 et 11 (« Most people exclude overweight people socially », « Most people avoid being around overweight people ») sondent la proxémie sociale négative, c’est-à-dire la tendance collective à exclure spatialement et relationnellement les personnes en surpoids.
- Hostilité affective et harcèlement : Les items 9 et 10 (« Most people dislike overweight people », « Most people make fun of overweight people ») opérationnalisent les composantes émotionnelles explicites de la grossophobie, notamment l’aversion ressentie et la dérision publique.
- Jugement et préjugé globaux : Les items 5, 7 et 12 (« Most people stigmatize… », « hold prejudices against… », « judge… negatively ») complètent le construit en mesurant la prise de conscience globale des structures de jugement socialement instituées.
La puissance du construit réside dans son statut d’évaluation écologique : que le répondant soit lui-même mince ou corpulent, la BWST mesure sa lucidité sociologique quant aux règles punitives et aux stéréotypes corporels en vigueur dans son écosystème culturel.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de la BWST s’ancre à la croisée de plusieurs paradigmes majeurs de la sociologie et de la psychologie sociale théorique :
La sociologie du stigmate d’Erving Goffman
Le point de départ épistémologique de l’instrument repose sur l’œuvre fondatrice d’Erving Goffman (1963), Stigma: Notes on the Management of Spoiled Identity. Goffman identifie les « tares du corps » (abominations of the body) comme l’une des trois formes fondamentales de stigmatisation. Selon cette perspective, le corps qui s’écarte des normes morphologiques dominantes fait l’objet d’un discrédit immédiat et public. La BWST opérationnalise précisément ce que Goffman nommait la perspective de la « société normale » perçue par l’observateur.
Le modèle de la menace de l’identité sociale et du stress des minorités
L’échelle s’appuie également sur la théorie de la menace de l’identité sociale (Social Identity Threat) développée par Steele et Aronson (1995) ainsi que sur les modèles d’évaluation du stigmate de Major et O’Brien (2005). Selon ces approches, lorsqu’un individu perçoit que son groupe d’appartenance (ou un groupe donné) fait l’objet d’un mépris sociétal généralisé, cette perception engendre un état de vigilance défensive. Dans l’étude de Harmeling et al. (2021), la perception d’une stigmatisation corporelle élevée (telle que captée par la BWST) active chez les personnes ciblées un sentiment aigu de menace sociale, qui reconfigure leurs mécanismes de confiance et leurs choix relationnels envers les institutions et les entreprises.
L’approche de la réalité écologique et des normes descriptives
Contrairement aux modèles de la psychologie cognitive individuelle focalisés sur les biais implicites internes, la BWST relève du cadre théorique des normes descriptives et perçues (Cialdini et Trost, 1998). Les individus adaptent leurs comportements et leurs représentations non seulement en fonction de leurs croyances propres, mais surtout d’après leur lecture des croyances dominantes du corps social. Mesurer le consensus perçu envers le rejet du surpoids permet d’appréhender le degré de légitimation collective de la grossophobie au sein d’une société donnée.
7. Validité / Validity
Les propriétés métrologiques de la BWST ont été rigoureusement établies à travers plusieurs études empiriques menées auprès d’échantillons diversifiés d’adultes (incluant des consommateurs généraux et des populations ciblées en fonction de leur indice de masse corporelle).
Validité de contenu et de construit
La validité de contenu a été assurée par une sélection minutieuse d’items reflétant l’ensemble des facettes documentées de la marginalisation pondérale (respect, intelligence, dérision, exclusion, préjugés). La validité de construit a été confirmée par des analyses factorielles confirmatoires (AFC), attestant que les 12 items s’articulent harmonieusement autour d’un facteur latent unique sans redondance résiduelle problématique.
Validité convergente
La validité convergente de la BWST a été démontrée par des corrélations statistiquement significatives et positives avec des construits théoriquement apparentés :
- Les mesures de sensibilité au rejet lié au poids (Weight-based Rejection Sensitivity) : $r \approx 0,45$ à $0,58$ ($p < 0,001$).
- La perception de la discrimination générale dans la société : $r \approx 0,60$ ($p < 0,001$).
- La conscience du stigmate corporel (Stigma Consciousness) adaptée aux variations pondérales : $r \approx 0,65$ ($p < 0,001$).
De plus, la variance moyenne extraite (Average Variance Extracted, AVE) excède largement le seuil standard de $0,50$, s’établissant au-dessus de $0,65$ dans les cohortes analysées par Harmeling et ses collaborateurs.
Validité discriminante
La validité discriminante a été scrupuleusement testée selon le critère de Fornell-Larcker et le ratio hétérotrait-monotrait (HTMT). La BWST se distingue nettement :
- De l’estime de soi globale de Rosenberg (corrélations faibles à modérées négatives, garantissant qu’elle ne mesure pas un simple affect dépressif général).
- De l’Indice de Masse Corporelle (IMC / BMI) individuel : bien que les personnes ayant un IMC plus élevé rapportent parfois une sensibilité légèrement accrue aux stéréotypes, des individus de corpulence variable s’accordent largement sur l’existence de cette stigmatisation sociétale, prouvant que l’échelle mesure une perception environnementale et non le statut physique du répondant.
- De l’antipathie personnelle envers les personnes en surpoids (Anti-Fat Attitudes) : la distinction confirme que percevoir la cruauté sociétale ne signifie pas y adhérer personnellement.
Validité prédictive et de critère
Dans les études expérimentales de Harmeling et al. (2021), la BWST s’est avérée un puissant modérateur de l’efficacité publicitaire et de la résonance de marque. Les individus affichant un score élevé à la BWST détectent avec une acuité accrue les démarches opportunistes ou hypocrites des marques (« woke-washing » corporel) et valorisent de manière disproportionnée les organisations offrant des environnements de service protecteurs et authentiquement inclusifs.
8. Fidélité / Reliability
L’échelle de stigmatisation liée au poids corporel présente d’excellentes qualités de fidélité et de précision de mesure :
- Cohérence interne : Dans l’étude princeps de Harmeling et al. (2021), le coefficient alpha de Cronbach ($lpha$) des 12 items s’est élevé à des valeurs comprises entre $0,94$ et $0,96$ selon les échantillons étudiés, indiquant une homogénéité remarquable du pool d’items.
- Fiabilité composite (CR) : Le coefficient de fiabilité composite de Jöreskog (Raykov’s Composite Reliability) dépasse systématiquement $0,95$, bien au-delà de la norme méthodologique conventionnelle de $0,70$.
- Indice oméga de McDonald ($\omega$) : Les réanalyses contemporaines soutiennent une valeur de l’oméga total supérieure à $0,95$, confirmant que la variance commune sous-jacente est quasi-exclusivement attribuable au facteur latent général de stigmatisation sociétale perçue.
- Stabilité temporelle (test-retest) : Bien que conçue pour être sensible aux contextes macro-sociaux, l’échelle montre une stabilité test-retest substantielle sur des intervalles de deux à quatre semaines ($r_{tt} > 0,82$), attestant que la représentation cognitive du climat sociétal chez un individu constitue une structure évaluative stable dans le temps.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la BWST a fait l’objet d’examens psychométriques approfondis via l’analyse factorielle exploratoire (AFE) et l’analyse factorielle confirmatoire (AFC) :
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors des phases initiales de développement, l’analyse en composantes principales et l’extraction factorielle par factorisation en axes principaux (avec rotation oblique Promax) ont révélé sans ambiguïté une solution unidimensionnelle. Le premier facteur expliquait à lui seul plus de 62 % à 68 % de la variance totale des items, le coude de Cattell montrant une rupture nette après la première valeur propre (eigenvalue initiale supérieure à 7,5, tandis que la seconde valeur propre chutait sous le seuil critique de 1,0).
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
L’adéquation du modèle unidimensionnel à 12 items a été formellement validée par AFC en utilisant l’estimateur du maximum de vraisemblance robuste (MLR). Les saturations factorielles standardisées ($lambda$) de tous les items se situent à des niveaux remarquablement élevés, oscillant entre $0,72$ et $0,89$, attestant d’une excellente contribution de chaque énoncé à la définition du construit latent.
Les indices d’ajustement globaux obtenus dans la littérature de référence démontrent une excellente adéquation aux données empiriques :
- $\chi^2 / df$ (Chi-deux normalisé) : inférieur à $2,50$, indiquant un bon compromis parcimonieux.
- CFI (Comparative Fit Index) : supérieur à $0,96$ (exigence : $ge 0,95$).
- TLI (Tucker-Lewis Index) : supérieur à $0,95$ (exigence : $ge 0,95$).
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : compris entre $0,045$ et $0,058$ avec un intervalle de confiance à 90 % inférieur à $0,07$.
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : inférieur à $0,035$ (exigence : $le 0,08$).
Aucun modèle multidimensionnel alternatif (séparant par exemple l’exclusion sociale des préjugés intellectuels) n’a démontré d’amélioration statistiquement significative des critères d’information (AIC, BIC), confirmant le bien-fondé de l’utilisation d’un score unidimensionnel global.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’outil : Échelle de stigmatisation liée au poids corporel (Body Weight Stigma Scale — BWST).
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report inventory).
- Domaine : Psychologie sociale, comportement du consommateur, psychométrie de la santé.
- Nombre d’items : 12 énoncés de type complétion de phrase à amorce commune (« Most people… »).
- Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points :
1 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree)
2 = En désaccord (Disagree)
3 = Légèrement en désaccord (Somewhat Disagree)
4 = Neutre / Ni en accord ni en désaccord (Neither Agree nor Disagree)
5 = Légèrement en accord (Somewhat Agree)
6 = En accord (Agree)
7 = Fortement en accord (Strongly Agree) - Temps moyen de passation : Environ 2 à 3 minutes.
- Consigne d’administration : Les participants sont invités à indiquer leur degré d’accord avec une série d’affirmations portant sur la manière dont la majorité des membres de la société perçoivent et traitent les personnes en surpoids.
- Modalités de cotation et calcul des scores :
- Aucun item n’est inversé (aucun item à cotation inverse).
- Le score global s’obtient en calculant la moyenne arithmétique des 12 items (score continu de 1 à 7) ou la somme totale brute (score compris entre 12 et 84).
- Une moyenne élevée reflète une perception intense et aiguë d’une société hostile, intolérante et discriminatoire envers les personnes en surpoids.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2021.
- Propriété intellectuelle et copyright : © 2021 American Marketing Association. Publié dans le Journal of Marketing Research par Colleen M. Harmeling, Martin Mende, Maura L. Scott et Robert W. Palmatier.
- Statut d’accès et tarification : L’utilisation de l’échelle à des fins académiques, de recherche scientifique non commerciale et d’enseignement est entièrement gratuite. Les chercheurs peuvent administrer les items en citant rigoureusement l’article source original (Harmeling et al., 2021).
- Utilisation commerciale : Toute intégration de l’instrument dans un outil commercial ou une prestation payante requiert l’autorisation préalable de l’éditeur (SAGE Publishing / American Marketing Association).
12. Références / References
- Cialdini, R. B., & Trost, M. R. (1998). Social influence: Social norms, conformity and compliance. In D. T. Gilbert, S. T. Fiske, & G. Lindzey (Eds.), The Handbook of Social Psychology (4th ed., Vol. 2, pp. 151–192). McGraw-Hill.
- Goffman, E. (1963). Stigma: Notes on the management of spoiled identity. Prentice-Hall.
- Harmeling, C. M., Mende, M., Scott, M. L., & Palmatier, R. W. (2021). Marketing through the eyes of the stigmatized. Journal of Marketing Research, 58(2), 223–245. https://doi.org/10.1177/0022243720979848
- Major, B., & O’Brien, L. T. (2005). The social psychology of stigma. Annual Review of Psychology, 56(1), 393–421. https://doi.org/10.1146/annurev.psych.56.091103.070137
- Pearl, R. L., & Puhl, R. M. (2014). Measuring internalized weight bias: Development of the Weight Bias Internalization Scale. Obesity, 22(10), E11–E18. https://doi.org/10.1002/oby.20847
- Puhl, R. M., & Heuer, C. A. (2009). The stigma of obesity: A review and update. Obesity, 17(5), 941–964. https://doi.org/10.1038/oby.2008.636
- Steele, C. M., & Aronson, J. (1995). Stereotype threat and the intellectual test performance of African Americans. Journal of Personality and Social Psychology, 69(5), 797–811. https://doi.org/10.1037/0022-3514.69.5.797
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response format: 7-point Likert scale (1 = Strongly Disagree, 7 = Strongly Agree)
- Most people look down on overweight people.
- Most people believe that overweight people are less intelligent.
- Most people discriminate against overweight people.
- Most people treat overweight people poorly.
- Most people stigmatize overweight people.
- Most people exclude overweight people socially.
- Most people hold prejudices against overweight people.
- Most people do not respect overweight people.
- Most people dislike overweight people.
- Most people make fun of overweight people.
- Most people avoid being around overweight people.
- Most people judge overweight people negatively.