1. Résumé / Abstract
L’Échelle Situationnisme/Interactionnisme/Dispositionnisme (en anglais : Situationism/Interactionism/Dispositionism Scale, ou SID), développée initialement par Ara Norenzayan, Incheol Choi et Richard E. Nisbett (1998, 2002), constitue un instrument psychométrique pionnier conçu pour évaluer les théories implicites ou profanes (lay theories) relatives à la causalité du comportement humain. Cet outil mesure l’adhésion cognitive des individus à trois paradigmes explicatifs fondamentaux de la psychologie sociale et de la personnalité : le dispositionnisme (la croyance selon laquelle le comportement découle de traits de personnalité intrinsèques, stables et prédictifs), le situationnisme (l’attribution prioritaire du comportement aux contraintes, pressions et contextes situationnels externes) et l’interactionnisme (la conception selon laquelle l’action humaine émerge de l’interaction dynamique et conjointe entre les caractéristiques de l’acteur et son environnement).
Sur le plan structurel, l’instrument repose sur la présentation de trois scénarios argumentaires formalisés (un argument pour chaque position philosophique et théorique). Pour chacun des trois arguments, le répondant évalue deux dimensions distinctes à l’aide d’échelles de Likert en 7 points : son degré d’accord personnel (allant de 1 = « fortement en désaccord » à 7 = « fortement d’accord ») et la pertinence descriptive de l’argument par rapport à la nature humaine fondamentale (allant de 1 = « extrêmement mal » à 7 = « extrêmement bien »). L’échelle totalise ainsi six variables manifestes combinées en trois indices théoriques majeurs. Largement mobilisée dans le champ de la psychologie interculturelle et cognitive, la SID a permis de documenter empiriquement l’erreur fondamentale d’attribution ainsi que ses modulations culturelles entre populations occidentales (marquées par une saillance dispositionnelle accrue) et populations d’Asie orientale (caractérisées par un raisonnement holiste favorisant le situationnisme et l’interactionnisme). Les études psychométriques confirment des qualités métrologiques robustes, notamment une consistance interne satisfaisante, une validité de construit transculturelle rigoureuse et une forte validité prédictive à l’égard des inférences sociales et des prédictions comportementales au quotidien.
2. Mots-clés / Keywords
Attribution causale, dispositionnisme, situationnisme, interactionnisme, théories implicites de la personnalité, psychologie interculturelle, erreur fondamentale d’attribution, cognition sociale, prédiction comportementale, psychométrie.
3. Auteurs / Authors
L’échelle SID a été élaborée conjointement par trois figures majeures de la psychologie sociale, cognitive et interculturelle contemporaine :
- Ara Norenzayan, Ph.D. : Professeur titulaire au Département de psychologie de l’Université de Colombie-Britannique (University of British Columbia, Vancouver, Canada). Spécialiste reconnu de l’évolution culturelle, de la cognition sociale et des fondements psychologiques des croyances normatives. (Courriel institutionnel : [email protected]).
- Incheol Choi, Ph.D. : Professeur au Département de psychologie de l’Université nationale de Séoul (Seoul National University, Séoul, Corée du Sud). Ses travaux portent sur le bien-être subjectif, la pensée holiste versus analytique et la psychologie culturelle du soi. (Courriel institutionnel : [email protected]).
- Richard E. Nisbett, Ph.D. : Professeur émérite émérite de psychologie (Theodore M. Newcomb Distinguished University Professor Emeritus) à l’Université du Michigan (University of Michigan, Ann Arbor, États-Unis). Auteur de contributions séminales sur le raisonnement humain, les biais cognitifs et l’influence de la culture sur les systèmes de pensée (analytique contre holiste). (Courriel institutionnel : [email protected]).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de l’Échelle Situationnisme/Interactionnisme/Dispositionnisme est d’opérationnaliser et de quantifier les métathéories naïves ou épistémologies personnelles que les individus emploient spontanément pour donner du sens aux conduites d’autrui et aux leurs. Historiquement, la recherche en psychologie sociale nord-américaine a postulé l’existence d’une tendance quasi universelle à surestimer le poids des facteurs internes stables (traits, dispositions, tempérament) au détriment des facteurs contextuels lors de l’explication d’un comportement, un phénomène désigné sous le terme d’« erreur fondamentale d’attribution » (Ross, 1977) ou de « biais de correspondance » (Gilbert & Malone, 1995). Toutefois, les travaux fondateurs de Choi, Nisbett et Norenzayan (1999) ont démontré que cette prédisposition n’est pas invariante d’un point de vue culturel, mais reflète plutôt une ontologie individualiste occidentale.
L’instrument a donc été mis au point pour répondre à plusieurs nécessités scientifiques majeures :
- Mesure différentielle des théories profanes du comportement : Contrairement aux mesures d’attribution événementielle ponctuelle (telles que le paradigme de l’attribution d’attitude d’Edward Jones et Victor Harris), la SID capte les postulats philosophiques généraux et stables du répondant quant à la nature humaine et aux mécanismes de causalité psychologique.
- Désenchevêtrement des trois orientations théoriques : Au lieu de concevoir le dispositionnisme et le situationnisme comme les pôles mutuellement exclusifs d’un unique continuum bipolaire, la SID traite ces trois perspectives comme des dimensions conceptuellement séparables, autorisant la modélisation de l’interactionnisme en tant que structure épistémique autonome et hautement intégrative.
- Applications en recherche fondamentale et interculturelle : La SID permet de tester empiriquement l’impact de l’enculturation sur l’ontologie sociale. Elle sert de variable médiatrice ou modératrice dans les études investiguant les jugements moraux, la stigmatisation sociale, la perception de la discrimination, la prédictibilité comportementale et les réactions face aux inégalités structurelles.
- Applications cliniques et organisationnelles : En milieu organisationnel ou thérapeutique, mesurer l’inclination dispositionnelle versus situationnelle d’un individu permet de diagnostiquer des styles d’attribution rigides (par exemple, blâmer la personnalité d’un collaborateur plutôt que l’organisation du travail, ou s’auto-attribuer maladroitement des échecs professionnels qui découlent en réalité de contraintes environnementales délétères).
En somme, la SID offre aux chercheurs un moyen élégant, parcimonieux mais profondément informatif d’accéder au cadre paradigmatique avec lequel l’esprit humain modélise la causalité sociale.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit théorique évalué par la SID s’articule autour de trois dimensions primaires distinctes, chacune incarnant une tradition intellectuelle spécifique quant à la détermination de l’agentivité humaine :
1. Le Dispositionnisme (Dispositionism)
Le dispositionnisme postule que les comportements humains trouvent leur origine première et quasi exclusive dans les propriétés intérieures intrinsèques de l’individu, en particulier ses traits de personnalité, ses aptitudes, son tempérament et ses valeurs stables. Selon cette vision, la personnalité fonctionne comme une force directrice autonome qui transcende les contingences spatiotemporelles. Par conséquent, les conduites d’une personne sont présumées stables dans le temps et cohérentes à travers des situations variées. Un individu à forte orientation dispositionnelle soutiendra l’idée que connaître le profil de personnalité d’un sujet suffit amplement à anticiper avec exactitude ses actes futurs et à expliciter sans équivoque ses comportements passés. Cette perspective fait écho au modèle des traits de la personnalité hérité de Gordon Allport et opérationnalisé dans le modèle contemporain des Big Five (Costa & McCrae).
2. Le Situationnisme (Situationism)
Le situationnisme avance que le déterminant prédominant de la conduite humaine réside dans le contexte externe, les rôles sociaux, les pressions normatives et les contraintes matérielles ou interpersonnelles dans lesquelles se déploie l’action. Dans cette optique, la force de la situation est si écrasante qu’elle éclipse l’influence des variations individuelles sous-jacentes. Les adeptes du situationnisme soulignent que des individus aux personnalités radicalement divergentes adoptent fréquemment des attitudes et comportements remarquablement uniformes lorsqu’ils sont soumis aux mêmes exigences situationnelles (comme l’ont illustré les célèbres expériences de Stanley Milgram sur l’obéissance ou de Philip Zimbardo sur les rôles carcéraux). Pour prédire ou comprendre une action, il convient donc de focaliser l’analyse sur la structure incitative et coercitive de l’environnement, le rôle de la personnalité étant considéré comme secondaire, voire marginal.
3. L’Interactionnisme (Interactionism)
L’interactionnisme conceptualise le comportement comme le produit synergique, non linéaire et indissociable de la rencontre entre les dispositions singulières d’une personne et les caractéristiques particulières de son environnement immédiat. Rejetant les réductionnismes tant dispositionnaliste que situationniste, l’interactionnisme affirme qu’aucune de ces deux sphères ne saurait expliquer à elle seule l’action humaine. Cette dimension repose sur le postulat que les traits de personnalité modulent la manière dont un individu perçoit, filtre et réagit à un contexte donné, tandis que le contexte sélectionne, inhibe ou active des facettes spécifiques de la personnalité. La prédiction comportementale exige ainsi une appréhension simultanée et interactive du binôme personne-environnement, conformément à l’équation lewinienne fondamentale B = f(P, E) formulée par Kurt Lewin.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique de l’échelle SID s’ancre au carrefour de la théorie de l’attribution causale, de la révolution de la cognition culturelle et des débats historiques « personne-situation » en psychologie de la personnalité.
La tradition de l’attribution sociale
Inaugurée par les travaux précurseurs de Fritz Heider (1958) sur la psychologie naïve, la théorie de l’attribution s’est enrichie des modèles d’inférence correspondante d’Edward Jones et Keith Davis (1965) ainsi que du modèle de la covariation de Harold Kelley (1967). Ces théoriciens ont posé que les individus cherchent constamment à comprendre les causes des comportements en discernant les facteurs internes (dispositionnels) des facteurs externes (situationnels). Lee Ross (1977) a ensuite conceptualisé l’« erreur fondamentale d’attribution », soutenant que l’observateur humain possède un biais égocentrique universel enclin à sur-attribuer les actions d’autrui à sa personnalité tout en sous-estimant les exigences situationnelles.
La critique interculturelle et les théories implicites
À la fin des années 1990, Richard Nisbett, Incheol Choi et Ara Norenzayan ont profondément reconfiguré ce postulat universaliste en introduisant le concept de systèmes de pensée culturellement différenciés :
- Pensée analytique : Typique des sociétés occidentales individualistes d’héritage philosophique aristotélicien, elle décontextualise l’objet (ou la personne) de son environnement, focalise son attention sur les propriétés intrinsèques des entités et postule des règles de logique formelle catégorielle pour expliquer le devenir des phénomènes. Cette épistémologie alimente directement le dispositionnisme naïf.
- Pensée holiste : Prédominante dans les sociétés d’Asie orientale (Chine, Corée, Japon) imprégnées de traditions confucéennes, taoïstes et bouddhistes, elle appréhende le monde comme un réseau interconnecté d’éléments en constante mutation. L’attention est portée sur l’ensemble du champ contextuel, les relations d’interdépendance et la causalité complexe. Cette structure cognitive génère naturellement une orientation situationniste et interactionniste beaucoup plus marquée.
Le débat personne-situation en psychologie de la personnalité
Sur le plan épistémologique, l’échelle SID s’inspire également de la fameuse controverse inaugurée par Walter Mischel en 1968, qui contestait la validité prédictive des traits de personnalité globaux au profit d’une analyse fine des patterns situationnels (« si situation X, alors comportement Y »). L’émergence subséquente du modèle interactionniste moderne porté par David Magnusson, Norman Endler et Mischel lui-même (système cognitivo-affectif de la personnalité, CAPS) a établi que la réalité psychologique n’est ni purement interne ni purement contextuelle, mais fondamentalement interactive. La SID capture précisément la mesure dans laquelle les individus du grand public partagent et appliquent spontanément l’une ou l’autre de ces doctrines théoriques.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’échelle SID a fait l’objet de multiples investigations empiriques rigoureuses, confirmant sa pertinence théorique et méthodologique à travers diverses aires géographiques et contextes expérimentaux.
Validité de construit et validité transculturelle
Dans l’étude princeps menée par Norenzayan, Choi et Nisbett (2002), l’échelle a été administrée à des étudiants universitaires américains (incarnant une culture analytique/individualiste) et est-asiatiques (Coréens, incarnant une culture holiste/collectiviste). Les résultats ont apporté un soutien empirique éclatant à la validité de construit de l’instrument :
- Les participants américains ont manifesté des scores d’adhésion au dispositionnisme substantiellement plus élevés que leurs homologues coréens (p < 0,001, taille d’effet d de Cohen comprise entre 0,45 et 0,65 selon les cohortes).
- Inversement, les participants coréens ont adhéré de manière significativement plus prononcée aux arguments situationniste et interactionniste par rapport aux participants américains.
- Fait remarquable, les deux groupes culturels ont reconnu la plausibilité de l’interactionnisme, mais les Coréens l’ont intégré comme le principe explicatif dominant de la nature humaine, tandis que les Américains ont maintenu une primauté cognitive accordée aux traits dispositionnels stables.
Validité convergente
La validité convergente de la SID a été démontrée par ses corrélations statistiquement significatives avec d’autres mesures standardisées de cognition sociale :
- Les scores de dispositionnisme corrèlent positivement avec l’Implicit Person Theory Measure de Carol Dweck (orientée vers l’entité/fixité des traits humains) et négativement avec les échelles de sensibilité contextuelle.
- Les scores de situationnisme et d’interactionnisme corrèlent positivement avec l’Analysis-Holism Scale (AHS) développée par Choi, Koo et Choi (2007), spécifiquement avec les sous-dimensions d’interactionnisme causal et d’attention portée au contexte.
Validité prédictive et comportementale
Norenzayan, Choi et Nisbett (2002) ont démontré que les scores à la SID prédisent les inférences réelles opérées par les participants lors de tâches expérimentales de prédiction comportementale. Les individus affichant un haut niveau de dispositionnisme prédisent une consistance trans-situationnelle quasi absolue du comportement d’un individu fictif, ignorant délibérément les indications fournies sur la force du contexte incitatif. À l’inverse, les répondants présentant des scores élevés en situationnisme prédisent d’importantes fluctuations comportementales en fonction des contraintes de l’environnement. De plus, dans les études de David M. Tom (2006) portant sur les effets de la discrimination perçue, la SID a prédit de manière différentielle si les minorités interprétaient les actes discriminatoires comme le reflet de la malice intrinsèque des agresseurs (dispositionnisme) ou comme le fruit de normes institutionnelles et de pressions systémiques (situationnisme).
8. Fidélité / Reliability
L’évaluation de la fidélité de l’échelle SID présente des particularités inhérentes à son format méthodologique compact composé de paragraphes argumentaires composites.
Cohérence interne (Consistance interne)
Chacun des trois construits (Argument 1, Argument 2, Argument 3) est évalué par deux items intercorrélés : le degré d’accord subjectif personnel (« To what extent do you agree with argument X? ») et l’estimation de l’exactitude ontologique de l’argument à l’égard de la nature humaine (« How well does argument X describe human nature? »). Les analyses statistiques révèlent des corrélations inter-items remarquablement élevées pour chacune des paires :
- Paire Dispositionnisme (Argument 1) : corrélations de Pearson r variant de 0,72 à 0,84 selon les échantillons, correspondant à des coefficients d’alpha de Cronbach (ou coefficients de Spearman-Brown équivalents pour deux items) compris entre α = 0,83 et 0,91.
- Paire Situationnisme (Argument 2) : corrélations de Pearson r variant de 0,65 à 0,79, générant des coefficients de consistance interne de α = 0,78 à 0,88.
- Paire Interactionnisme (Argument 3) : corrélations de Pearson r oscillant entre 0,68 et 0,81, avec des coefficients de fiabilité de α = 0,80 à 0,89.
Ces indices chiffrés attestent que les deux questions associées à chaque scénario mesurent avec une grande précision le même construit sous-jacent, autorisant leur agrégation sans perte d’information métrologique.
Fidélité test-retest
Dans des sous-échantillons d’étudiants réévalués à un intervalle de trois à quatre semaines d’écart (Norenzayan et al., 2002 ; Tom, 2006), les coefficients de corrélation test-retest ont oscillé entre r = 0,71 et r = 0,79 pour le dispositionnisme, entre r = 0,66 et r = 0,74 pour le situationnisme, et entre r = 0,63 et r = 0,72 pour l’interactionnisme. Ces valeurs confirment que ces métathéories naïves reflètent des orientations épistémiques relativement stables de l’adulte, tout en conservant une sensibilité écologique mesurable face à des interventions expérimentales ou des amorçages culturels intenses.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La confirmation de l’architecture multidimensionnelle de la SID a été étayée par des analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) menées dans des contextes monoculturels et transculturels.
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Les analyses factorielles exploratoires conduites sur les six items avec extraction en axes principaux et rotation oblique (Promax ou Oblimin direct, en raison de corrélations théoriques plausibles entre sous-dimensions) mettent systématiquement en évidence une solution optimale à trois facteurs distincts possédant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1 (critère de Kaiser) :
- Facteur 1 (Dispositionnisme) : Les deux items de l’Argument 1 saturent très fortement sur ce facteur (saturations factorielles typiques > 0,80), sans saturation croisée notable sur les deux autres facteurs (< 0,15).
- Facteur 2 (Situationnisme) : Les deux items de l’Argument 2 démontrent des saturations primaires robustes (> 0,75) sur ce pôle contextuel.
- Facteur 3 (Interactionnisme) : Les deux items de l’Argument 3 se regroupent nettement sur ce troisième axe avec des saturations supérieures à 0,78.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Les modèles d’équations structurelles testant l’adéquation d’une structure à trois facteurs corrélés par rapport à un modèle unidimensionnel (où tous les items refléteraient une théorie générale indifférenciée de l’action) ou à un modèle bidimensionnel bipolaire (opposant rigidement dispositionnisme et situationnisme) démontrent la nette supériorité du modèle trifactoriel :
- Indice de comparabilité (CFI, Comparative Fit Index) : > 0,96.
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : > 0,94.
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : < 0,055 (avec un intervalle de confiance à 90 % situé entre 0,028 et 0,078).
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : < 0,042.
Ces données confirment de façon univoque que les individus ne conçoivent pas le situationnisme et le dispositionnisme comme un simple jeu à somme nulle, mais discriminent distinctement ces approches tout en réservant à l’interactionnisme une place conceptuelle autonome.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom officiel de l’instrument : Échelle Situationnisme/Interactionnisme/Dispositionnisme (Situationism/Interactionism/Dispositionism Scale — SID).
- Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory) basé sur des scénarios descriptifs (paradigme d’arguments d’attribution causale profane).
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation informatisée/en ligne.
- Nombre total d’arguments : 3 scénarios discursifs complets (Argument 1 : Dispositionnisme ; Argument 2 : Situationnisme ; Argument 3 : Interactionnisme).
- Nombre total d’items / questions de réponse : 6 items quantitatifs au total (2 items par scénario).
- Échelles de cotation :
- Question A (Accord personnel) : Échelle de Likert en 7 points (1 = « Fortement en désaccord » [Strongly disagree] ; 2 = « Modérément en désaccord » ; 3 = « Quelque peu en désaccord » ; 4 = « Neutre » ; 5 = « Quelque peu d’accord » ; 6 = « Modérément d’accord » ; 7 = « Fortement d’accord » [Strongly agree]).
- Question B (Description de la nature humaine) : Échelle de Likert en 7 points (1 = « Extrêmement mal » [Extremely poorly] ; 2 = « Modérément mal » ; 3 = « Légèrement mal » ; 4 = « Neutre » ; 5 = « Légèrement bien » ; 6 = « Modérément bien » ; 7 = « Extrêmement bien » [Extremely well]).
- Calcul des scores (Cotation) :
- Score de Dispositionnisme : Moyenne arithmétique ou somme des 2 items de l’Argument 1 (plage de 1 à 7 en moyenne).
- Score de Situationnisme : Moyenne arithmétique ou somme des 2 items de l’Argument 2 (plage de 1 à 7 en moyenne).
- Score d’Interactionnisme : Moyenne arithmétique ou somme des 2 items de l’Argument 3 (plage de 1 à 7 en moyenne).
- Aucun item inversé (reverse-scored) ; chaque échelle conserve une directionnalité directe d’adhésion.
- Temps moyen de passation : Environ 3 à 5 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement initial : 1998 (présenté dans des communications initiales) ; formalisé et publié dans la littérature internationale évaluée par des pairs en 2002 (Norenzayan, Choi & Nisbett, 2002).
- Statut des droits d’auteur (Copyright) : Les droits scientifiques appartiennent aux auteurs originaux (Ara Norenzayan, Incheol Choi, Richard E. Nisbett) et à la Society for Personality and Social Psychology (édité par SAGE Publications).
- Conditions d’utilisation et Tarifs : L’échelle est disponible gratuitement (libre de frais) pour la recherche académique, scientifique et l’enseignement à but non lucratif. Aucune redevance commerciale n’est requise pour une utilisation en laboratoire universitaire, sous réserve d’une citation bibliographique formelle des publications originales (Norenzayan et al., 2002 ; Choi et al., 1999).
- Utilisation commerciale ou clinique appliquée : Tout usage dans le cadre de logiciels propriétaires, de prestations de conseil commercial ou d’éditions d’évaluation psychologique à but lucratif nécessite l’accord explicite préalable des auteurs et/ou de la maison d’édition détentrice des droits du journal source.
12. Références / References
Les sources bibliographiques suivantes constituent les fondements théoriques et empiriques relatifs à l’échelle SID, rédigées selon les normes de l’American Psychological Association (APA 7e édition) :
- Choi, I., Nisbett, R. E., & Norenzayan, A. (1999). Causal attribution across cultures: Variation and universality. Psychological Bulletin, 125(1), 47–63. https://doi.org/10.1037/0033-2909.125.1.47
- Choi, I., Koo, M., & Choi, J. A. (2007). Individual differences in analytic versus holistic thinking. Personality and Social Psychology Bulletin, 33(5), 691–705. https://doi.org/10.1177/0146167206298568
- Gilbert, D. T., & Malone, P. S. (1995). The correspondence bias. Psychological Bulletin, 117(1), 21–38. https://doi.org/10.1037/0033-2909.117.1.21
- Heider, F. (1958). The psychology of interpersonal relations. John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1037/10628-000
- Jones, E. E., & Davis, K. E. (1965). From acts to dispositions: The attribution process in person perception. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 2, pp. 219–266). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60107-0
- Norenzayan, A., Choi, I., & Nisbett, R. E. (2002). Cultural similarities and differences in social inference: Evidence from behavioral predictions and lay theories of behavior. Personality and Social Psychology Bulletin, 28(1), 109–120. https://doi.org/10.1177/0146167202281010
- Ross, L. (1977). The intuitive psychologist and his shortcomings: Distortions in the attribution process. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 10, pp. 173–220). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60357-3
- Tom, D. M. (2006). Effects of perceived discrimination: Rejection and identification as two distinct pathways and their associated effects (Doctoral dissertation, Ohio State University). OhioLINK Electronic Theses and Dissertations Center. http://rave.ohiolink.edu/etdc/view?acc_num=osu1135887227
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions provided to participants:
Please read the following paragraphs. Please indicate the extent to which you agree with each statement by circling the number that best corresponds to your answer.
Argument 1 (Dispositionism)
How people behave is mostly determined by their personality. One’s personality predisposes and guides an individual to behave in one way, not in another way, no matter what circumstances the person is in. In a sense, behavior is an unfolding of personality.
One’s behavior is remarkably stable across time and consistent across situations because it is guided by personality. Therefore, if we know the personality of one person, we can easily predict how the person will behave in the future and explain why that person behaved in the particular way in the past.
-
To what extent do you agree with argument 1?
1 = Strongly disagree
2 = Moderately disagree
3 = Somewhat disagree
4 = Neutral
5 = Somewhat agree
6 = Moderately agree
7 = Strongly agree -
How well does argument 1 describe human nature?
1 = Extremely poorly
2 = Moderately poorly
3 = Slightly poorly
4 = Neutral
5 = Slightly well
6 = Moderately well
7 = Extremely well
Argument 2 (Situationism)
How people behave is mostly determined by the situation in which they find themselves. Situational power is so strong that we can say it has more influence on behavior than one’s personality. Often, people in a particular situation behave very similarly, despite large individual differences in personality. Therefore, in order to predict and explain one’s behavior, we have to focus on the situation rather than personality. Personality plays a weaker role in behavior than we used to think.
-
To what extent do you agree with argument 2?
1 = Strongly disagree
2 = Moderately disagree
3 = Somewhat disagree
4 = Neutral
5 = Somewhat agree
6 = Moderately agree
7 = Strongly agree -
How well does argument 2 describe human nature?
1 = Extremely poorly
2 = Moderately poorly
3 = Slightly poorly
4 = Neutral
5 = Slightly well
6 = Moderately well
7 = Extremely well
Argument 3 (Interactionism)
How people behave is always jointly determined by their personality and the situation in which they find themselves. We cannot claim that either personality or the situation is the only determinant of our behavior. Our behavior is an outcome of the complex interaction between personality and situational factors. We always have to consider personality and situation simultaneously. Therefore, we cannot predict and explain one’s behavior with personality or situation alone.
-
To what extent do you agree with argument 3?
1 = Strongly disagree
2 = Moderately disagree
3 = Somewhat disagree
4 = Neutral
5 = Somewhat agree
6 = Moderately agree
7 = Strongly agree -
How well does argument 3 describe human nature?
1 = Extremely poorly
2 = Moderately poorly
3 = Slightly poorly
4 = Neutral
5 = Slightly well
6 = Moderately well
7 = Extremely well