Échelle de propension à l’embarras (ES)

Découvrez l’Échelle de propension à l’embarras (Embarrassability Scale – ES) de Modigliani (1968) : fondements théoriques, dimensions de l’embarras personnel et vicariant, propriétés psychométriques et items complets du test.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 30, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 30, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de propension à l’embarras (en anglais, Embarrassability Scale [ES]), développée initialement par le sociologue et psychologue social André Modigliani en 1968, constitue le premier instrument psychométrique standardisé conçu pour quantifier la susceptibilité individuelle à ressentir de l’embarras lors de situations sociales perturbatrices ou menaçantes pour la préservation de la façade (face). L’embarras y est conceptualisé non seulement comme un état affectif aigu caractérisé par un malaise postural, physiologique et cognitif, mais avant tout comme une disposition de personnalité stable (trait embarrassability) marquant la vulnérabilité d’un individu à la perte d’assurance ou à l’évaluation négative d’autrui.

L’instrument original se compose de 26 items présentant chacun un scénario social concret et imagé. Les répondants évaluent le niveau de malaise et de gêne qu’ils éprouveraient dans chaque situation sur une échelle de réponse ordinale de type Likert en 5 points, allant de 1 (« I would not feel the least embarrassed ») à 5 (« I would feel strongly embarrassed »). Au-delà d’un score composite global reflétant la propension générale à la gêne, les analyses psychométriques ultérieures (notamment conduites par Kelly & Jones, Miller, et Trevor Thompson) ont mis en évidence une structure bifactorielle robuste dissociant l’embarras personnel (Personal Embarrassability [PE]), lié aux bévues, faux pas et maladresses commis par le sujet lui-même, et l’embarras par procuration ou vicariant (Vicarious Embarrassability [VE]), déclenché par l’observation d’autrui dans une situation socialement inconfortable ou humiliante.

D’un point de vue psychométrique, l’ES démontre une consistance interne élevée (généralement mesurée par des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre 0,82 et 0,91 selon les échantillons) ainsi qu’une excellente stabilité temporelle test-retest. Sa validité de construit est étayée par des corrélations convergentes significatives avec la conscience de soi publique, la timidité, l’anxiété sociale et le névrosisme, tout en conservant une validité discriminante nette vis-à-vis de l’anxiété généralisée et de l’introversion non anxieuse. L’ES demeure aujourd’hui un outil de référence incontournable en psychologie sociale, en psychométrie clinique et dans les neurosciences affectives de l’interaction sociale.

2. Mots-clés / Keywords

Propension à l’embarras, Échelle de Modigliani, Embarras vicariant, Présentation de soi, Psychométrie, Anxiété sociale, Conscience de soi publique, Théorie dramaturgique, Évaluation sociale, Régulation émotionnelle, Validité factorielle, Fidélité test-retest.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de propension à l’embarras a été conçue et formalisée par :

  • André Modigliani : Professeur émérite au Département de sociologie de l’Université du Michigan (Ann Arbor, États-Unis) et ancien chercheur à l’Université Harvard. Ses travaux pionniers ont articulé la micro-sociologie dramaturgique et la psychologie sociale expérimentale, établissant les mécanismes d’interférence situationnelle et d’impuissance communicationnelle lors de la perte de face.
  • Contributeurs et adaptateurs majeurs :
    • Trevor Thompson : Département de psychologie et de sciences du comportement de l’Université de Greenwich (Royaume-Uni), auteur de la validation contemporaine et de la séparation structurelle rigoureuse des facteurs d’embarras personnel et vicariant (2014).
    • Rowland S. Miller : Département de psychologie de la Sam Houston State University (Huntsville, Texas, États-Unis), spécialiste mondialement reconnu des dimensions différentielles de la gêne sociale, de la timidité et de l’embarras.
    • Kathleen M. Kelly & Warren H. Jones : Chercheurs au Département de psychologie de l’Université du Tennessee (Knoxville, États-Unis), ayant affiné les propriétés dimensionnelles de la disposition à l’embarras.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle de propension à l’embarras (ES) est d’opérationnaliser et de quantifier la variabilité interindividuelle dans la prédisposition à éprouver de la gêne sociale face à des événements perturbant le cours régulier des interactions humaines. Alors que l’embarras en tant qu’état émotionnel est un phénomène quasi universel, les individus diffèrent drastiquement dans leur seuil de réactivité, leur intensité d’inconfort ressenti et leur temps de récupération cognitive lorsqu’ils sont confrontés à des incidents sociaux délicats.

Sur le plan théorique et empirique, l’ES a été conçue pour répondre à plusieurs interrogations majeures de la psychologie sociale et de la personnalité :

  • Différencier le trait de l’état : L’outil ne mesure pas le niveau d’anxiété instantané ou situationnel, mais une susceptibilité dispositionnelle récurrente à travers un large éventail de scénarios écologiquement valides de la vie quotidienne.
  • Déterminer les vulnérabilités de la présentation de soi : L’instrument permet d’évaluer dans quelle mesure l’individu anticipe une faillite de son image publique, un manquement aux normes sociales ou une incapacité à maintenir sa ligne d’action devant autrui.
  • Distinguer l’embarras centré sur soi de l’empathie sociale : Grâce à l’incorporation de scénarios où le sujet est acteur versus observateur, l’échelle permet d’isoler l’embarras égo-centré des résonances affectives déclenchées par l’inconfort des pairs (embarras vicariant).

En pratique clinique et en recherche appliquée, l’ES s’avère précieuse pour plusieurs contextes :

  • Évaluation différentielle des troubles anxieux : En clinique, l’échelle aide à distinguer l’anxiété sociale phobique généralisée — qui implique souvent une peur diffuse de tout contact social — d’une hyper-réactivité spécifique aux ruptures de rôle et aux transgressions normatives accidentelles.
  • Recherche interculturelle : L’ES est largement utilisée pour investiguer comment la construction du soi (soi interdépendant vs indépendant) module la vulnérabilité au regard d’autrui et le sentiment de honte ou de déshonneur collectif (Singelis et al., 1999).
  • Dynamique des communications organisationnelles : L’instrument permet d’étudier les comportements d’évitement, l’appréhension de la communication, le silence organisationnel et les difficultés à exprimer des opinions dissidentes de peur d’être marginalisé ou moqué (Withers & Vernon, 2006).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’ES est l’embarrassabilité dispositionnelle (dispositional embarrassability), définie comme la tendance chronique et transsituationnelle à éprouver un sentiment d’inconfort psychosocial, de conscience aiguë de soi (self-consciousness), de maladresse corporelle et de détresse affective lors d’événements publics non maîtrisés ou inhabituels.

Contrairement à la honte (qui implique un effondrement moral profond et une dévaluation globale de l’estime de soi) ou à la culpabilité (qui porte sur la transgression délibérée d’une norme éthique), l’embarras est typiquement déclenché par des incidents triviaux, comiques, accidentels ou imprévus qui menacent temporairement l’illusion d’une maîtrise sans faille de son personnage social. Le construit se déploie à travers plusieurs dimensions majeures identifiées dans la littérature psychométrique :

1. L’embarras personnel (Personal Embarrassability – PE)

Cette dimension renvoie à l’exposition directe du répondant en tant qu’agent ou cible centrale de l’incident perturbateur. L’individu est le point focal de l’attention collective négative ou inhabituelle. Les situations typiques incluent :

  • La perte de contrôle physique ou motrice : Glisser et chuter sur un sol mouillé dans un lieu public en renversant ses courses (item 2), trébucher en entrant dans un bus bondé (item 22).
  • L’inadéquation vestimentaire ou d’apparence : Se retrouver habillé de manière informelle lors d’une réception habillée (item 6).
  • La maladresse verbale ou cognitive : Poser une question indélicate à une personne en béquilles qui révèle avoir été paralysée par la polio (item 24), marmonner à haute voix en croyant être seul (item 9).
  • L’exposition de la sphère intime : Entrer par erreur dans des toilettes occupées par une personne du sexe opposé (item 10).
  • La focalisation de l’attention positive : Être applaudi ou se faire chanter « Bon anniversaire » (item 5), recevoir des éloges abondants lors d’un premier rendez-vous (item 13). Ces situations démontrent que l’embarras personnel n’est pas uniquement lié à l’incompétence, mais à la surexposition publique soudaine.

2. L’embarras vicariant ou par procuration (Vicarious Embarrassability – VE)

Cette dimension capte la résonance émotionnelle et l’inconfort suscités par le spectacle d’une tierce personne en situation de défaillance sociale, même si le répondant n’a aucune responsabilité directe dans l’incident. Elle mobilise des processus cognitifs d’empathie, de prise de perspective (perspective-taking) et de sensibilité aux normes de groupe :

  • L’observation d’un échec de performance publique : Regarder un comédien amateur tenter en vain de faire rire son public (item 7), ou assister à un oubli de réplique bloquant complètement le déroulement d’une pièce de théâtre (item 11).
  • La gêne face à la défaillance d’autrui : Constater que le professeur a oublié de fermer sa braguette (item 14), ou voir un voisin de table renverser son assiette sur ses genoux (item 3).
  • L’inconfort suscité par les gaffes ou handicaps d’autrui : Dialoguer avec une personne sévèrement bègue (item 16), ou être présent lorsqu’une remarque déplacée (« aveugle comme une taupe ») est formulée devant un étudiant non-voyant (item 26).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement conceptuel de l’ES s’ancre principalement dans la théorie dramaturgique élaborée par le sociologue canadien Erving Goffman, notamment dans ses ouvrages fondateurs The Presentation of Self in Everyday Life (1959) et son essai classique Embarrassment and Social Organization (1956). Selon la perspective goffmanienne, toute interaction sociale repose sur une mise en scène réglée où chaque participant adopte une « ligne » (un ensemble cohérent d’attitudes verbales et non verbales) et s’efforce de maintenir sa « façade » (face), c’est-à-dire la valeur sociale positive revendiquée publiquement.

L’embarras surgit lorsqu’une rupture imprévue brise la continuité du jeu de rôle social : le décor s’effondre, un acteur commet un lapsus impardonnable, ou les masques tombent. Selon Modigliani (1968), l’embarras est un état aigu d’inconfort déclenché par la menace perçue ou effective pesant sur l’identité projetée d’un individu face à un auditoire. Modigliani postulait trois composantes interdépendantes de l’expérience :

  1. La conscience réflexive de l’exposition publique : La conviction que le regard d’autrui scrute et juge la défaillance en cours.
  2. L’impuissance communicationnelle : L’incapacité temporaire à trouver une conduite réparatrice adaptée (excuse, humour, esquive) permettant de rétablir immédiatement l’équilibre interactionnel.
  3. La réactivité physiologique et comportementale : Rougeur faciale (blushing), tremblements, évitement du contact visuel, sourires nerveux ou rigidité corporelle.

Ce cadre théorique a été complété par la théorie de la conscience de soi objective de Duval et Wicklund (1972) ainsi que les travaux de Buss (1980) sur la conscience de soi publique. Selon Buss, l’embarras constitue la forme la plus aiguë de l’appréhension évaluative publique. Parallèlement, la théorie du sociomètre de Mark Leary suggère que l’embarras fonctionne comme un système d’alerte adaptatif évolutif, signalant immédiatement à l’individu qu’il vient de commettre une erreur susceptible de compromettre son inclusion relationnelle ou son statut au sein du groupe.

7. Validité / Validity

L’Échelle de propension à l’embarras a fait l’objet de multiples investigations empiriques attestant de sa robustesse psychométrique à travers plusieurs décennies de recherche :

Validité de construit et convergente

L’ES présente des corrélations fortes et hautement significatives avec les échelles mesurant des dimensions psychologiques connexes :

  • Conscience de soi publique : Des corrélations positives robustes (typiquement comprises entre r = 0,40 et r = 0,55, p < 0,001) ont été établies avec la sous-échelle de conscience de soi publique du Self-Consciousness Scale de Fenigstein, Scheier et Buss (1975). Les individus préoccupés par l’apparence qu’ils projettent obtiennent systématiquement des scores plus élevés à l’ES.
  • Timidité et anxiété sociale : L’ES corrèle positivement avec l’échelle de timidité de Cheek et Buss (r ≈ 0,45 à 0,60) ainsi qu’avec les inventaires de phobie sociale (ex. LSAS, SIAS), confirmant que la peur du jugement d’autrui partage un noyau affectif commun avec la disposition à l’embarras.
  • Névrosisme : Des corrélations modérées (r = 0,30 à 0,42) sont observées avec le névrosisme du modèle en cinq facteurs (Big Five), traduisant une réactivité émotionnelle et une labilité affective accrue chez les sujets à score élevé.
  • Empathie : La sous-échelle d’embarras vicariant (VE) corrèle spécifiquement et positivement avec la prise de perspective et la détresse empathique de l’Interpersonal Reactivity Index (IRI) de Davis (Edelmann & McCusker, 1986 ; Thompson, 2014).

Validité discriminante

L’ES se distingue nettement de construits qui ne relèvent pas directement de l’évaluation sociale immédiate :

  • Conscience de soi privée : Les corrélations avec la conscience de soi privée (orientation vers les pensées intimes, sensations intéroceptives) sont généralement quasi nulles ou non significatives (r < 0,12), démontrant que l’échelle capte bien un phénomène d’exposition sociale et non une simple propension à l’introspection.
  • Introversion vs Anxiété : L’échelle discrimine les introvertis calmes et autonomes des individus anxieux sociaux ; l’introversion en soi, en l’absence de sensibilité au rejet, n’est pas corrélée linéairement avec l’ES.

Validité prédictive et comportementale

Dans les expériences de laboratoire menées dès 1968 par Modigliani, les participants ayant obtenu un score élevé à l’ES ont manifesté, lors de tâches de performance publique truquées ou de situations de faux pas induits :

  • Un taux significativement plus important de réactions vasomotrices observables (rougeur faciale mesurée par photopléthysmographie faciale).
  • Une baisse mesurable du temps de maintien du regard (gaze avoidance) face à l’expérimentateur ou au complice.
  • Une altération de la fluidité verbale et une augmentation des hésitations para-verbales.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’ES a été documentée sur de vastes cohortes universitaires et communautaires, tant pour la version intégrale à 26 items que pour les formes adaptées :

  • Consistance interne : Dans l’étude princeps de Modigliani (1968), le coefficient de cohérence interne (mesuré selon la formule de Kuder-Richardson adaptée ou l’alpha de Cronbach) s’élevait à α = 0,88. Les études ultérieures (Miller, 1987, 1995 ; Kelly & Jones, 1997) ont rapporté des coefficients alpha compris entre 0,84 et 0,91 pour le score total à 26 items, témoignant d’une excellente homogénéité thématique des scénarios.
  • Consistance interne des sous-échelles : Pour la sous-échelle d’embarras personnel (PE, 13 items typiques selon les travaux de Thompson, 2014), l’alpha de Cronbach se situe régulièrement entre 0,82 et 0,87. Pour la sous-échelle d’embarras vicariant (VE, 7 items sélectionnés), les coefficients oscillent entre 0,76 et 0,83, ce qui est tout à fait satisfaisant compte tenu de la brièveté du sous-ensemble.
  • Fidélité test-retest : Modigliani a rapporté une corrélation test-retest de r = 0,84 sur un intervalle de quatre semaines. Rowland Miller (1987) a confirmé une stabilité temporelle à 8 semaines de r = 0,78 à 0,82, confirmant que l’ES mesure une caractéristique dispositionnelle stable de la personnalité adulte et non une fluctuation passagère de l’humeur.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Bien qu’initialement appréhendée par Modigliani comme un instrument unidimensionnel représentant un continuum général de susceptibilité au malaise social, l’architecture factorielle de l’ES a été réévaluée à l’aide des techniques modernes d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC).

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Dès les années 1980 et 1990, des chercheurs tels qu’Edelmann et McCusker (1986), puis Kathleen Kelly (1994), ont extrait de manière récurrente deux à trois facteurs majeurs sous rotation varimax ou oblimin :

  1. Facteur 1 : Embarras personnel direct lié à la performance / perte de contenance (PE). Ce facteur rassemble les items où le répondant est l’artisan de sa propre gêne (ex. chuter en public [item 2, 22], oublier un rendez-vous professionnel [item 25], gaffer verbalement [item 24]). Les saturations factorielles pour ces items sont élevées, s’échelonnant généralement de 0,52 à 0,74.
  2. Facteur 2 : Embarras vicariant ou empathique (VE). Ce facteur regroupe les scénarios où le participant est simple spectateur d’un malaise d’autrui (ex. l’acteur qui oublie son texte [item 11], le comédien boudé par la salle [item 7], l’enseignant à la braguette ouverte [item 14]). Les saturations factorielles varient entre 0,48 et 0,71.
  3. Facteur résiduel ou d’exposition positive : Certaines analyses identifient un troisième facteur mineur regroupant les items où l’attention portée sur l’individu est flatteuse ou bienveillante mais excessivement centrée sur lui (ex. chant de bon anniversaire [item 5], compliments abondants lors d’un rendez-vous galant [item 13]).

Modélisation Confirmatoire et Modèle de Trevor Thompson (2014)

Dans sa réanalyse structurale approfondie, Trevor Thompson (2014) a testé et validé un modèle à deux facteurs corrélés (PE et VE) à partir d’un ensemble de 20 items épurés issus des 26 originaux :

  • Le facteur Personal Embarrassability (PE) est saturé par 13 items clés (notamment les items 2, 6, 8, 9, 10, 15, 18, 21, 22, 23, 24).
  • Le facteur Vicarious Embarrassability (VE) est saturé par 7 items emblématiques (notamment les items 3, 7, 11, 14, 16, 26).
  • Les indices d’ajustement du modèle confirmatoire à deux facteurs ont démontré une supériorité statistique nette par rapport au modèle strictement unidimensionnel : CFI > 0,92, TLI > 0,90, RMSEA ≈ 0,054 (intervalle de confiance à 90 % [0,045 ; 0,063]), avec une corrélation modérée entre les deux facteurs latents (r ≈ 0,42), attestant qu’il s’agit de facettes distinctes mais intégrées d’une même sensibilité au malaise social.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Échelle de propension à l’embarras (Embarrassability Scale [ES]).
  • Auteur de référence : André Modigliani (1968) ; adaptations et codifications structurelles par Trevor Thompson (2014).
  • Format d’administration : Auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé.
  • Nombre total d’items originaux : 26 items situationnels (vignettes d’incidents sociaux quotidiens).
  • Format d’évaluation et options de réponse : Échelle ordinale de Likert en 5 points définie comme suit :
    • 1 = I would not feel the least embarrassed: not awkward or uncomfortable at all (Pas du tout embarrassé : aucunement mal à l’aise ou inconfortable).
    • 2 = I would feel slightly embarrassed (Légèrement embarrassé).
    • 3 = I would feel fairly embarrassed: somewhat self-conscious, and rather awkward and uncomfortable (Modérément embarrassé : assez conscient de moi-même, plutôt mal à l’aise et inconfortable).
    • 4 = I would feel quite embarrassed (Très embarrassé).
    • 5 = I would feel strongly embarrassed: extremely self-conscious, awkward and uncomfortable (Extrêmement embarrassé : intensément conscient de moi-même, extrêmement mal à l’aise et inconfortable).
  • Cotation et calcul des scores :
    • Score total global (26 items) : Somme directe des 26 items. L’intervalle de score s’étend de 26 à 130 points. Un score plus élevé indique une propension accrue à l’embarras dans les situations d’exposition publique.
    • Sous-échelle d’embarras personnel (PE – Personal Embarrassability) : Somme des items assignés au facteur PE (version Thompson : 13 items ; score de 13 à 65).
    • Sous-échelle d’embarras vicariant (VE – Vicarious Embarrassability) : Somme des items assignés au facteur VE (version Thompson : 7 items ; score de 7 à 35).
  • Temps moyen de passation : Environ 8 à 12 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de création originale : 1968 (publication princeps dans la revue académique Sociometry).
  • Statut des droits d’auteur et permissions : L’échelle a été publiée à l’origine dans le domaine de la recherche académique sous l’égide de l’American Sociological Association (ASA). Elle est considérée comme un instrument scientifique ouvert (open-access pour la recherche non commerciale et l’enseignement supérieur). L’utilisation à des fins d’investigation académique ne requiert généralement pas de paiement de droits d’auteur, sous réserve de la citation rigoureuse des travaux sources de Modigliani (1968) et des adaptations utilisées.
  • Tarification : Libre d’accès et gratuit pour la recherche scientifique et la pratique clinique individuelle. Toute exploitation logicielle ou commerciale doit faire l’objet d’un accord préalable avec les ayants droit ou les détenteurs des droits éditoriaux des revues concernées.

12. Références / References

Les sources bibliographiques et études psychométriques de référence relatives à l’instrument sont les suivantes :

  • Buss, A. H. (1980). Self-consciousness and social anxiety. W. H. Freeman.
  • Cupach, W. R., Huggins, J., Long, L. W., & Metts, S. (2002). Perceptions of impropriety: The role of embarrassability and perceiver sex. Paper presented at the Western States Communication Association Conference, Long Beach, CA.
  • Duval, S., & Wicklund, R. A. (1972). A theory of objective self awareness. Academic Press.
  • Edelmann, R. J., & McCusker, G. (1986). Introversion, neuroticism, empathy, and embarrassability. Personality and Individual Differences, 7(1), 133–140. https://doi.org/10.1016/0191-8869(86)90122-1
  • Fenigstein, A., Scheier, M. F., & Buss, A. H. (1975). Public and private self-consciousness: Assessment and theory. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 43(4), 522–527. https://doi.org/10.1037/h0076760
  • Goffman, E. (1956). Embarrassment and social organization. American Journal of Sociology, 62(3), 264–271. https://doi.org/10.1086/222003
  • Goffman, E. (1959). The presentation of self in everyday life. Anchor Books.
  • Kelly, K. (1994). The structure and personality correlates of the Embarrassability Scale. Paper presented at the Conference of the Society of Southeastern Social Psychologists, Winston-Salem, NC.
  • Kelly, K. M., & Jones, W. H. (1997). Assessment of dispositional embarrassability. Anxiety, Stress, and Coping: An International Journal, 10(4), 307–333. https://doi.org/10.1080/10615809708249306
  • Miller, R. S. (1987). The nature of embarrassability: Correlates and sex differences (Unpublished manuscript). Sam Houston State University, Huntsville, TX.
  • Miller, R. S. (1995). On the nature of embarrassability: Shyness, social evaluation, and social skill. Journal of Personality, 63(2), 315–339. https://doi.org/10.1111/j.1467-6494.1995.tb00812.x
  • Modigliani, A. (1968). Embarrassment and embarrassability. Sociometry, 31(3), 313–326. https://doi.org/10.2307/2786616
  • Singelis, T. M., Bond, M. H., Sharkey, W. F., & Lai, C. S. (1999). Unpackaging culture’s influence on self-esteem and embarrassability: The role of self-construals. Journal of Cross-Cultural Psychology, 30(3), 315–341. https://doi.org/10.1177/0022022199030003003
  • Thompson, T. (2014). Personal and vicarious embarrassability: Common and unique personality correlates. Journal of Individual Differences, 35(1), 22–29. https://doi.org/10.1027/1614-0001/a000124
  • Withers, L. A., & Vernon, L. L. (2006). To err is human: Embarrassment, attachment, and communication apprehension. Personality and Individual Differences, 40(1), 99–110. https://doi.org/10.1016/j.paid.2005.06.018

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Suppose you were just beginning a talk in front of a class.
2

Suppose you slipped and fell on a wet floor in a public place‚ dr‎opping a bag of groceries.
3

Suppose you were a dinner guest‚ and the guest seated next to you spilled his plate on his lap while trying to cut his meat.
4

Suppose someone stopped you on the street by asking you something‚ and he turned out to be quite drunk and incoherent.
5

Suppose a group of friends were singing “Happy Birthday” to you.
6

Suppose you discovered you were the only person at a particular social occasion without a dress (or coat and tie –i.e. you are informally dressed).
7

Suppose you were watching an amateur show and one of the performers was trying to do a comedy act‚ but was unable to make anyone laugh.
8

Suppose you were calling up a person you had just met for the first time in order to ask him or her for a date.
9

Suppose you were muttering aloud to yourself in an apparently empty room and discovered that someone else was present.
10

Suppose you walked into a bathroom at someone else’s house and discovered it was occupied by a member of the opposite sex.
11

Suppose you were watching a play from the audience when it suddenly became clear that one of the actors had forgotten her lines‚ causing the play to come to a standstill.
12

Suppose you are unable to stop coughing while listening to a lecture.
13

Suppose you were being lavishly complimented on your pleasant personality by your companion on your first date.
14

Suppose you were in a class and you noticed that the teacher had completely neglected to zip his fly.
15

Suppose you entered an apparently empty classroom‚ turned on the lights‚ and surprised a couple making out.
16

Suppose you were talking to a stranger who stuttered badly due to a speech impediment.
17

Suppose your mother had come to visit you and was accompanying you to all your classes.
18

Suppose you were a dinner guest and could not eat the main course because you were allergic to it.
19

Suppose you were alone in an elevator with a professor who had just given you a bad test grade.
20

Suppose a shabbily dressed man accosted you on the street and asked you for a handout.
21

Suppose you were walking into a room full of people you did not know and were being introduced to the whole group.
22

Suppose you tripped and fell while entering a bus full of people.
23

Suppose you were opening some presents while the people who bought them for you were sitting around watching.
24

Suppose you asked someone on crutches if he had suffered a skiing accident and he blushed and replied that‚ no‚ he was crippled by polio when he was a child.
25

Suppose you had forgotten an appointment with a professor‚ and remembered it as you met him in the hall the next day.
26

Suppose you were talking in a small group that included a blind student‚ when someone next to him unthinkingly made a remark about someone being “blind as a bat.”
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 30). Échelle de propension à l’embarras (ES). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-propension-embarras-es/
Looti, Mohammed. “Échelle de propension à l’embarras (ES).” Base de données de psychologie en français, 30 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-propension-embarras-es/.
Looti, Mohammed. “Échelle de propension à l’embarras (ES).” Base de données de psychologie en français. septembre 30, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-propension-embarras-es/.