1. Résumé
L’Échelle pro-victime révisée (Revised Pro-victim Scale, RPVS), élaborée par le psychologue et chercheur australien Ken Rigby en 1997, est un instrument d’évaluation psychométrique conçu pour mesurer les attitudes et les croyances normatives des élèves envers les victimes de harcèlement scolaire (bullying). Issu de travaux initiaux menés conjointement avec Phillip T. Slee au début des années 1990 (notamment l’échelle originale Pro-victim Scale au sein du Peer Relations Questionnaire), cet outil bref composé de 10 items permet de quantifier le degré de sympathie, de soutien et de tolérance qu’un individu manifeste à l’égard de ses pairs victimisés, par opposition aux tendances au blâme de la victime (victim-blaming) ou à la légitimation des conduites d’intimidation.
L’instrument repose sur une échelle de réponse ternaire explicite (« Agree » [D’accord], « Unsure » [Incertain / Pas sûr], « Disagree » [Pas d’accord]), adaptée aux enfants et adolescents de l’enseignement primaire et secondaire. Cinq items (items 2, 5, 7, 9 et 10) sont rédigés de manière pro-victime et font l’objet d’un codage inversé, tandis que les cinq autres (items 1, 3, 4, 6 et 8) reflètent des attitudes négatives, dévalorisantes ou hostiles envers les victimes. Les études psychométriques mettent en évidence une structure généralement unidimensionnelle bipolaire robuste — ou bidimensionnelle hiérarchique distinguant le soutien à la victime du mépris envers la vulnérabilité —, avec des coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) oscillant de manière stable entre 0,75 et 0,85 selon les cohortes. L’échelle démontre une excellente validité prédictive des rôles adoptés par les témoins (défenseurs actifs vs spectateurs passifs ou complices) et constitue une mesure de référence internationale pour l’évaluation diagnostique de climat d’établissement et le suivi de l’efficacité des programmes d’intervention anti-harcèlement.
2. Mots-clés
Harcèlement scolaire, victimisation par les pairs, attitudes pro-victimes, psychométrie, Ken Rigby, désengagement moral, rôle des témoins, empathie, climat scolaire, validation transculturelle, comportement prosocial, intimidation entre pairs.
3. Auteurs
L’échelle a été conçue et révisée par Ken Rigby, Ph.D., professeur honoraire et chercheur émérite à l’Université d’Australie-Méridionale (University of South Australia, Adelaide, Australie). Ken Rigby est reconnu internationalement comme l’un des pionniers fondamentaux de la recherche empirique sur la violence entre pairs, le harcèlement en milieu scolaire et les interventions psycho-éducatives en milieu institutionnel, ayant notamment développé et diffusé la Method of Shared Concern (méthode de préoccupation partagée d’Anatole Pikas).
Les versions initiales de l’instrument ont été développées en collaboration étroite avec Phillip T. Slee, Ph.D., professeur émérite de développement humain et de psychologie de l’éducation au sein du School of Education de l’Université Flinders (Adelaide, Australie). Les deux chercheurs ont posé, dès le début des années 1990, les fondements empiriques de l’évaluation standardisée des relations entre pairs à travers l’élaboration du Peer Relations Questionnaire (PRQ), dont est issue la présente version révisée.
4. Objectif
Le harcèlement entre pairs en contexte scolaire est un phénomène de groupe complexe qui ne peut être appréhendé comme une simple interaction dyadique entre un agresseur et une victime. L’objectif fondamental de la Revised Pro-victim Scale (RPVS) est d’évaluer la dimension attitudinale collective qui sous-tend ce système social : la disposition psychologique des élèves à sympathiser avec la victime, à condamner les violences injustifiées et à réprouver le statut d’agresseur.
Sur le plan clinique et de la recherche en psychologie sociale et du développement, cet outil poursuit plusieurs finalités majeures :
- Prédire les comportements d’intervention des témoins : Selon le paradigme des rôles de participants formalisé par Christina Salmivalli, les attitudes pro-victimes constituent un prédicteur direct et robuste de l’adoption d’un comportement de « défenseur de la victime » (defender). Les élèves présentant un score élevé sur la RPVS sont significativement plus susceptibles d’intervenir directement pour interrompre une agression, de signaler l’incident aux figures d’autorité éducatives ou de prodiguer un soutien émotionnel à la victime en dehors de la présence de l’agresseur.
- Détecter les mécanismes de désengagement moral et de blâme de la victime : L’échelle permet de mesurer le degré d’adhésion à des croyances dysfonctionnelles et normatives telles que le « victim-blaming » (l’idée que les élèves harcelés ont mérité leur sort en raison de particularités comportementales ou physiques) ou la stigmatisation de la faiblesse (« Nobody likes a wimp »). Les scores faibles indiquent une acceptation passive ou une rationalisation du harcèlement, corrélées à des comportements de renforcement passif (reinforcers) ou d’assistance à l’intimidateur (assistants).
- Évaluer l’efficacité des programmes d’intervention scolaire : La RPVS est couramment employée comme mesure pré-test et post-test dans les protocoles quasi-expérimentaux visant à évaluer l’impact des politiques d’établissement, des ateliers d’entraînement à l’empathie ou des programmes systémiques (tels que KiVa, Olweus Bullying Prevention Program ou la méthode de préoccupation partagée). Une hausse statistiquement significative des scores pro-victimes atteste d’un changement culturel de la communauté scolaire vers une norme d’intolérance face aux violences répétées.
5. Construit psychologique
Le construit psychologique opérationnalisé par l’Échelle pro-victime révisée correspond aux attitudes envers les victimes de harcèlement (attitudes toward victims of bullying). Une attitude, au sens psycho-social classique défini par Gordon Allport et réactualisé par les théories de la cognition sociale, représente une prédisposition évaluative, relativement stable mais malléable, orientée de manière favorable ou défavorable envers un objet ou un groupe social donné — en l’espèce, les pairs ciblés par des violences physiques, verbales, relationnelles ou d’intimidation.
Ce construit s’articule autour de trois composantes interdépendantes :
La composante affective : Empathie et réactivité émotionnelle
Cette facette reflète la résonance émotionnelle positive ou négative ressentie par l’élève face à la souffrance d’autrui. Les items tels que « It makes me angry when a kid is picked on without reason » (item 9) ou à l’opposé « It’s funny to see kids get upset when they are teased » (item 4) et « Soft kids make me sick » (item 6) évaluent la présence d’une réponse d’indignation morale empathique contre la présence de sadisme vicariant, de mépris ou d’indifférence insensible (callous-unemotional traits).
La composante cognitive : Croyances de justice et attribution de responsabilité
La dimension cognitive renvoie aux jugements portés sur la légitimité des agressions et le statut moral des acteurs. Les croyances évaluées oscillent entre l’adhésion à l’hypothèse d’un monde juste erronée (Lerner), où la victime est tenue pour responsable de son sort (« Kids who get picked on a lot usually deserve it », item 1), et une déconstruction lucide de la dynamique d’asymétrie de pouvoir caractérisant le harcèlement (« A bully is really a coward », item 2 ; « You should not pick on someone who is weaker than you », item 7).
La composante conative / normative : Soutien attendu et valorisation du rôle de défenseur
Cette dimension capture les impératifs comportementaux et les normes prescriptives intériorisées par le jeune. Elle oppose le déni de légitimité de l’appel à l’aide (« Kids should not complain about being bullied », item 3) à l’approbation active des sanctions à l’encontre des agresseurs (« Kids who hurt others weaker than themselves should be told off », item 5) et à la valorisation sociale du soutien par les pairs (« I like it when someone sticks up for kids who are being bullied », item 10).
6. Cadre théorique
L’élaboration de la RPVS par Ken Rigby s’enracine au confluent de trois paradigmes théoriques majeurs de la psychologie contemporaine :
La théorie du comportement planifié (Ajzen)
Selon la théorie du comportement planifié d’Icek Ajzen, les comportements manifestes d’un individu sont directement déterminés par son intention comportementale, elle-même fonction de son attitude envers le comportement, des normes subjectives perçues et du contrôle comportemental perçu. Dans le contexte du harcèlement scolaire, une attitude positive envers la victime et le rejet de l’agression constituent le levier cognitif primaire nécessaire pour qu’un témoin décide de s’interposer ou de refuser de rejoindre le groupe des agresseurs.
La théorie du désengagement moral (Bandura)
Les travaux d’Albert Bandura sur le désengagement moral éclairent directement la structure de l’échelle. Pour que des enfants par ailleurs bien socialisés tolèrent ou perpétuent des conduites cruelles sans ressentir de culpabilité, ils doivent activer des mécanismes d’auto-justification sociocognitifs. La RPVS cible spécifiquement :
- L’attribution du blâme (item 1) : transformer la victime en coupable méritant son traitement ;
- La déshumanisation / dévalorisation (items 6 et 8) : réduire l’élève vulnérable au statut de « mauviette » (« wimp »), neutralisant l’empathie naturelle ;
- La minimisation des conséquences préjudiciables (item 4) : requalifier l’agression en simple jeu amusant (« It’s funny to see kids get upset… »).
L’approche écologique et systémique des rôles de pairs (Salmivalli & Rigby)
Rigby s’appuie sur le modèle socio-écologique selon lequel le groupe classe fonctionne comme un micro-système d’approbation ou de désapprobation sociale. Si la norme dominante du groupe dévalorise la victime, la pression de conformité conduit la majorité silencieuse à la passivité. L’attitude pro-victime individuelle est donc en constante interaction avec les normes perçues du groupe de pairs, déterminant le seuil de tolérance collective face à l’abus de pouvoir.
7. Validité
Les propriétés métrologiques de la Revised Pro-victim Scale ont été documentées à travers de vastes études empiriques conduites principalement en Australie, au Royaume-Uni, en Europe et au Moyen-Orient.
Validité de construit et validité convergente
La validité de construit est étayée par des corrélations fortes et théoriquement congruentes avec plusieurs mesures standardisées de psychologie sociale et clinique :
- Empathie : Les scores à la RPVS présentent des corrélations positives modérées à fortes ($r = 0,42$ à $r = 0,58$, $p < 0,001$) avec l’empathie dispositionnelle mesurée par l’Interpersonal Reactivity Index (IRI) de Davis, en particulier avec la dimension de préoccupation empathique (Empathic Concern).
- Comportements de défense : Une corrélation positive substantielle ($r = 0,45$ à $r = 0,62$) est observée entre la RPVS et les échelles de comportement d’aide ou de défense des pairs (ex. : Participant Role Questionnaire de Salmivalli).
- Comportements prosociaux généraux : Les analyses indiquent des associations positives systématiques avec l’échelle de prosociabilité du Strengths and Difficulties Questionnaire (SDQ) de Goodman ($r = 0,35$ à $r = 0,48$).
Validité discriminante et prédictive
L’échelle discrimine de façon remarquable les sous-groupes d’élèves impliqués dans le phénomène :
- Différences selon le rôle : Les agresseurs (bullies) et les agresseurs-victimes (bully-victims) obtiennent des scores pro-victimes significativement plus bas que les victimes pures et que les témoins non impliqués ($F > 85,0$, $p < 0,001$).
- Différences de genre : Conformément à la littérature internationale, les filles obtiennent de manière constante et statistiquement significative des scores pro-victimes plus élevés que les garçons ($d$ de Cohen compris entre $0,40$ et $0,65$), reflétant une socialisation favorisant davantage l’expression de la sollicitude et de la sensibilité relationnelle.
- Validité différentielle liée à l’âge : Les études longitudinales (ex. : Lester et al., 2012) montrent un déclin des scores pro-victimes au cours de la transition vers le collège (vers 11-13 ans), période marquée par une accentuation du conformisme de groupe et une tolérance accrue envers l’exclusion sociale, avant une ré-ascension partielle à la fin de l’adolescence.
8. Fidélité
L’évaluation de la fidélité de la RPVS démontre une excellente précision de mesure malgré la brièveté du protocole (10 items) :
Cohérence interne
Dans l’échantillon normatif initial australien rapporté par Ken Rigby (1997), regroupant plus de 3 000 élèves âgés de 10 à 17 ans, l’alpha de Cronbach global se situait à $\alpha = 0,81$ pour les garçons et $\alpha = 0,83$ pour les filles. Dans les études ultérieures conduites par d’autres équipes de recherche indépendantes (notamment Lester, Cross et al., 2012 dans le cadre d’études de trajectoires développementales), le coefficient alpha oscillait entre 0,78 et 0,84 à travers les différentes vagues de collecte de données.
Dans les validations transculturelles, notamment la validation perse menée par Akbari-balootbangan et Talepasand (2015), la fidélité de l’outil est restée solide, rapportant un alpha de Cronbach de 0,76 et un coefficient de corrélation semi-divisée (split-half reliability) de Spearman-Brown égal à 0,74.
Fidélité test-retest
Les évaluations de la stabilité temporelle sur un intervalle de 4 à 6 semaines sans intervention psycho-éducative intercurrente révèlent un coefficient de corrélation test-retest satisfaisant ($r_{tt} = 0,72$ à $0,79$), confirmant que la RPVS mesure des dispositions attitudinales relativement stables chez l’enfant et l’adolescent, tout en demeurant suffisamment sensible au changement après la mise en œuvre de programmes de prévention ciblés.
9. Analyse factorielle
Les investigations psychométriques structurelles de la Revised Pro-victim Scale révèlent deux modélisations prédominantes dans la littérature scientifique :
Structure unidimensionnelle (Solution globale)
Dans ses publications originales, Ken Rigby a privilégié une structure unidimensionnelle bipolaire. L’analyse en composantes principales (ACP) non tournée fait systématiquement émerger un premier facteur dominant expliquant entre 35 % et 45 % de la variance totale, sur lequel la totalité des 10 items sature de façon significative. Après inversion des items 2, 5, 7, 9 et 10 :
- Les saturations factorielles (factor loadings) s’échelonnent de 0,45 à 0,73 sur ce facteur central d’attitude pro-victime.
- Le rapport entre la première et la deuxième valeur propre est couramment supérieur à 3,0, respectant le critère classique de quasi-unidimensionnalité d’un instrument psychométrique.
Structure bidimensionnelle (Analyses factorielles confirmatoires)
Plusieurs études factorielles confirmatoires (AFC) contemporaines (ex. : Akbari-balootbangan & Talepasand, 2015 ; Lester et al., 2012) suggèrent un ajustement statistique supérieur pour un modèle à deux facteurs corrélés :
- Facteur 1 : Soutien et compassion envers la victime (Items formulés positivement / pro-victimes : 2, 5, 7, 9, 10)
Ce facteur rassemble les croyances selon lesquelles l’intimidation est immorale, les agresseurs doivent être recadrés et les victimes méritent protection et intervention active. - Facteur 2 : Rejet de la vulnérabilité et blâme de la victime (Items formulés négativement / pro-agression : 1, 3, 4, 6, 8)
Ce facteur regroupe les manifestations de mépris envers la faiblesse perçue, la minimisation de la souffrance et la conviction que la victime attire ou mérite son calvaire.
Les indices d’ajustement pour ce modèle bifactoriel corrélé sont typiquement excellents dans les cohortes scolaires :
- Indice de comparabilité de Bentler (CFI) : $ge 0,95$
- Indice de Tucker-Lewis (TLI) : $ge 0,94$
- Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : $le 0,05$ (intervalle de confiance à 90 % : $[0,038 ; 0,062]$)
- Résidu quadratique moyen standardisé (SRMR) : $le 0,045$
La forte corrélation latente observée entre ces deux dimensions ($r \approx -0,60$ à $-0,70$) légitime toutefois pleinement l’utilisation d’un score composite global pour la pratique psycho-éducative et la recherche générale.
10. Instrument de mesure
- Type de test : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (self-report inventory).
- Population cible : Enfants et adolescents scolarisés, de l’école primaire au lycée (habituellement de 9 à 18 ans).
- Nombre total d’items : 10 items formulés de manière directe et concise, compréhensibles par des élèves dès le cycle 3 de l’école primaire.
- Format des réponses : Échelle ordinale ternaire en 3 points :
- Agree (D’accord)
- Unsure (Incertain / Pas sûr)
- Disagree (Pas d’accord)
- Cotation et calcul des scores :
- Dans le barème conventionnel standard de Rigby orienté vers une mesure « pro-victime » positive :
- Pour les items négatifs (pro-harcèlement / blâme) (Items 1, 3, 4, 6, 8) :
- Agree = 1 point
- Unsure = 2 points
- Disagree = 3 points
- Pour les items inversés (pro-victimes / protecteurs) (Items 2, 5, 7, 9, 10) :
- Agree = 3 points
- Unsure = 2 points
- Disagree = 1 point
- Score total : La somme des 10 items s’étend de 10 à 30 points. Un score élevé (proche de 30) indique une adhésion massive aux valeurs de soutien et de solidarité envers les victimes et un refus catégorique du harcèlement. Un score faible (inférieur à 20) indique une propension élevée au blâme de la victime, à la tolérance de la violence et au désengagement moral.
- Durée moyenne de passation : 5 à 10 minutes (administration individuelle ou collective sur support papier ou numérique).
11. Permissions, Tarifs et Année du test
La Revised Pro-victim Scale a été formalisée et publiée par Ken Rigby en 1997. Dans un engagement constant pour l’accessibilité des outils de lutte contre le harcèlement en milieu scolaire, le Dr Ken Rigby a mis l’échelle à disposition du public scientifique et éducatif en libre accès (open-access pour la recherche et l’usage éducatif non commercial).
L’instrument et sa documentation méthodologique peuvent être consultés librement via le portail officiel de l’auteur (www.kenrigby.net). L’utilisation de l’échelle à des fins de recherche académique, de diagnostics institutionnels au sein des écoles ou de mémoires universitaires ne nécessite aucun paiement de redevance ni d’autorisation formelle préalable, sous réserve expresse de citer rigoureusement les publications de référence de Rigby (1997) et de mentionner la paternité intellectuelle de l’outil. Toute utilisation à des fins d’exploitation commerciale ou d’intégration dans des progiciels propriétaires payants requiert en revanche l’accord écrit préalable de l’auteur.
12. Références
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- Lester, L., Cross, D., Dooley, J., & Shaw, T. (2012). Developmental trajectories of adolescent victimization: Predictors and outcomes. Social Influence, 8(2–3), 107–130. https://doi.org/10.1080/15534510.2012.721666
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- Lester, L., Dooley, J., Cross, D., & Shaw, T. (2012). Internalising symptoms: An antecedent or precedent in adolescent peer victimization. Australian Journal of Guidance and Counselling, 22(2), 173–189. https://doi.org/10.1017/jgc.2012.21
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- Salmivalli, C., Lagerspetz, K., Björkqvist, K., Österman, K., & Kaukiainen, A. (1996). Bullying as a group process: Participant roles and their relations to social status in the group. Aggressive Behavior, 22(1), 1–15. https://doi.org/10.1002/(SICI)1098-2337(1996)22:1<1::AID-AB1>3.0.CO;2-T
13. Questions et items du questionnaire
Response options: Agree, Unsure, Disagree
Note: Items 2, 5, 7, 9, and 10 are reversed scored.
- Kids who get picked on a lot usually deserve it.
- A bully is really a coward.
- Kids should not complain about being bullied.
- It’s funny to see kids get upset when they are teased.
- Kids who hurt others weaker than themselves should be told off.
- Soft kids make me sick.
- You should not pick on someone who is weaker than you.
- Nobody likes a wimp.
- It makes me angry when a kid is picked on without reason.
- I like it when someone sticks up for kids who are being bullied.