Échelle de Plaisir d’Achat Lié à la Catégorie de Produits (IPCP)

Découvrez l’Échelle de Plaisir d’Achat Lié à la Catégorie de Produits (IPCP) : fondements théoriques, qualités psychométriques et items originaux validés par Habel et Klarmann (2015).

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Échelle de Plaisir d’Achat Lié à la Catégorie de Produits (couramment désignée sous l’acronyme IPCP pour Product Category Purchase Pleasure Scale) est un instrument psychométrique unidimensionnel composé de trois items conçu pour quantifier l’intensité du plaisir hédonique et de la gratification intrinsèque qu’éprouve un consommateur lors de l’acte d’achat au sein d’une classe ou catégorie spécifique de biens ou de services. Développée et validée dans sa forme canonique par les chercheurs en marketing Johannes Habel et Martin Klarmann (2015), cette échelle adapte et affine la sous-dimension de plaisir issue du profil d’implication du consommateur historiquement conceptualisé par Gilles Laurent et Jean-Noël Kapferer (1985).

Contrairement aux mesures conventionnelles de la satisfaction client post-achat ou de l’attachement affectif à une marque singulière, l’IPCP isole la composante affective globale inhérente à l’acte de magasinage et d’acquisition propre à la catégorie de produits dans son ensemble (par exemple les cosmétiques, les articles électroniques, l’épicerie fine ou les produits d’entretien ménager), indépendamment de la marque transactionnelle retenue. Les répondants expriment leur degré d’accord au moyen d’une échelle de Likert en sept points variant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »). Sur le plan psychométrique, l’instrument présente des propriétés de premier ordre, établies sur un échantillon représentatif de 1 522 consommateurs adultes américains répartis sur 29 catégories distinctes de produits, affichant une fiabilité composite (Construct Reliability) de 0,94 et une variance moyenne extraite (AVE) de 0,84.

L’échelle offre ainsi aux chercheurs en comportement du consommateur et aux analystes marketing un outil économe, robuste et méthodologiquement éprouvé pour examiner les effets modérateurs ou médiateurs du plaisir d’achat sur des phénomènes complexes tels que l’acceptabilité des hausses de prix, le masquage de l’inflation par la réduction des formats (shrinkflation ou downsizing), et les arbitrages cognitifs entre utilitarisme et hédonisme.

2. Mots-clés

Plaisir d’achat, catégorie de produits, consommation hédonique, implication du consommateur, psychométrie, comportement du consommateur, réduction de format, satisfaction client, fidélité composite, affect d’achat, Laurent et Kapferer, marketing quantitatif.

3. Auteurs

L’échelle IPCP a été formalisée et validée dans le cadre de recherches empiriques à grande échelle par :

  • Johannes Habel : Professeur associé de marketing à la C.T. Bauer College of Business, University of Houston (Houston, Texas, États-Unis), et chercheur affilié à l’ESMT Berlin (Allemagne). Ses travaux portent principalement sur la gestion de la relation client, la psychologie de la tarification et l’interface commerciale. (Courriel institutionnel : [email protected]).
  • Martin Klarmann : Professeur ordinaire de marketing et directeur du Marketing & Sales Research Group au Karlsruhe Institute of Technology (KIT, Karlsruhe, Allemagne). Ses expertises méthodologiques englobent la modélisation par équations structurelles, la vente B2B et l’évaluation quantitative des perceptions tarifaires. (Courriel institutionnel : [email protected]).

Les fondements théoriques de l’instrument reposent sur les travaux pionniers de :

  • Gilles Laurent : Professeur émérite à HEC Paris et professeur à l’ESSEC Business School (France), spécialiste reconnu des méthodes quantitatives appliquées au marketing.
  • Jean-Noël Kapferer : Professeur émérite à HEC Paris, autorité internationale sur la gestion du capital de marque et la sociologie de la consommation.

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Échelle de Plaisir d’Achat Lié à la Catégorie de Produits est d’opérationnaliser et de quantifier avec rigueur le concept de gratification hédonique inhérent à l’expérience d’acquisition au niveau macroéconomique de la catégorie marchande. Dans la littérature en marketing et en psychologie économique, les chercheurs ont longtemps confondu l’évaluation affective portée sur une marque spécifique (par exemple, la fidélité passionnelle à Apple ou à Chanel) et la valence affective globale associée à l’achat dans la classe de biens correspondante (l’achat de produits technologiques ou de parfumerie). L’IPCP répond précisément à cette lacune en dissociant le plaisir de l’acte d’achat d’une catégorie donnée de tout attachement à une marque particulière.

Dans leur étude séminale, Habel et Klarmann (2015) visaient à identifier les conditions psychologiques et contextuelles dans lesquelles les consommateurs détectent et sanctionnent la pratique commerciale du downsizing (réduction unilatérale de la quantité de produit par emballage sans ajustement proportionnel du prix facial). Les auteurs ont émis l’hypothèse théorique que le plaisir d’achat associé à la catégorie de produits agit comme un modérateur fondamental de la tolérance du consommateur et de la dégradation subséquente de sa satisfaction. Dans les catégories caractérisées par un plaisir d’achat élevé, l’acquisition est vécue comme une récompense hédonique pour soi-même (self-gift) ; l’évaluation de l’acte transactionnel transcende alors le simple calcul rationnel coût-bénéfice unitaire, atténuant ou au contraire polarisant la réponse cognitive face aux altérations de valeur.

En contexte de recherche académique, l’instrument trouve une utilité de premier plan pour :

  • Établir des typologies de catégories de biens fondées sur leur potentiel de gratification émotionnelle plutôt que sur des classifications purement industrielles ou nomenclaturales.
  • Examiner les mécanismes de compensation psychologique et de consommation compensatoire, notamment lorsque les individus recourent à des achats catégoriels gratifiants pour réguler une humeur négative ou compenser un sentiment de perte de contrôle personnel.
  • Servir de variable modératrice ou de covariable dans les modèles d’équations structurelles explorant la sensibilité au prix, l’élasticité de la demande, la disposition à payer (willingness-to-pay) et la perception de justice distributive.
  • Fournir une mesure de contrôle standardisée dans les protocoles expérimentaux analysant l’impact du packaging, du merchandising et des stimuli sensoriels en point de vente.

Sur le plan des applications managériales et cliniques de la consommation (notamment l’étude des achats compulsifs ou impulsifs), l’IPCP permet d’identifier les catégories de produits les plus susceptibles de déclencher des épisodes de perte d’inhibition comportementale ou de dépendance aux gratifications immédiates.

5. Construit psychologique

Le construit mesuré par l’IPCP est le plaisir d’achat lié à la catégorie de produits, défini comme l’intensité de l’état affectif positif, du divertissement intrinsèque et de la sensation de gratification personnelle qu’un individu associe à l’acte de rechercher, sélectionner et acquérir des biens appartenant à une classe définie, abstraction faite des attributs fonctionnels des produits ou des marques individuelles en compétition.

Ce construit s’articule autour de trois facettes interdépendantes qui composent son architecture unidimensionnelle :

L’achat comme auto-récompense (« Self-Gifting »)

Le premier item de l’échelle capte la propension du consommateur à conceptualiser l’achat dans la catégorie comme un cadeau qu’il s’accorde à lui-même (buying a gift for myself). Dans la théorie du comportement du consommateur développée par Mick et DeMoss (1990), le « self-gifting » est un comportement hautement symbolique et hédonique, mobilisé par l’individu soit pour célébrer une réussite personnelle, soit pour se réconforter face à une épreuve, soit simplement par pure indulgence hédoniste. Lorsqu’une catégorie de produits active fortement cette dimension (comme la haute gastronomie, les voyages ou les soins corporels), l’acte d’achat n’est plus perçu comme une corvée d’approvisionnement ménager, mais comme un rituel de gratification auto-orientée.

La valeur relationnelle et expérientielle perçue de l’offre

Le second item explore la capacité de la catégorie à susciter un plaisir manifeste et incontestable chez l’individu (« You can really please me with [product category] »). Cette dimension reflète la réceptivité affective globale et la valeur de renforcement positif que la catégorie détient pour le consommateur. Même si l’item s’exprime dans une perspective ouverte (le fait d’être agréablement touché par l’obtention de tels biens), il capture la charge affective inhérente à la nature même des produits concernés. Un individu pour qui les livres ou les vins d’exception représentent une passion déclarera un niveau maximal sur cet item, car la catégorie en elle-même est vectrice d’une résonance émotionnelle positive majeure.

L’intensité du plaisir subjectif d’achat

Le troisième item évalue directement l’affect éprouvé lors de la transaction marchande (« Buying [product category] gives me great pleasure »). Contrairement à l’usage ou à la consommation finale du produit (qui relève de la satisfaction d’usage), cet item ancre explicitement le plaisir dans l’action même d’acheter. L’expérience d’acquisition constitue en soi un événement récréatif. L’individu tire une stimulation neurobiologique et psychologique de la flânerie, de la découverte de l’assortiment, de l’interaction avec le catalogue et du passage en caisse, transformant une obligation transactionnelle en un moment de loisir subjectif.

En somme, le construit transcende l’utilitarisme instrumental. Alors qu’un consommateur évaluant l’achat d’huile de moteur ou d’ampoules électriques n’y trouvera qu’une utilité transactionnelle minimale (faible score IPCP), l’achat de vêtements de créateurs, de jeux vidéo ou de confiseries artisanales activera fortement ce plaisir catégoriel, modifiant profondément les schémas cognitifs de traitement de l’information commerciale.

6. Cadre théorique

L’ancrage théorique de l’IPCP se déploie à la confluence de la théorie de la consommation hédonique inaugurée par Elizabeth Hirschman et Morris Holbrook (1982) et de la théorie de l’implication multidimensionnelle conceptualisée par Laurent et Kapferer (1985).

Le paradigme hédonique en sciences de la consommation

Pendant plusieurs décennies, le paradigme dominant du traitement de l’information (Information Processing Model) considérait le consommateur comme un agent purement rationnel, résolveur de problèmes logiques, calculant les utilités marginales des attributs des produits afin de maximiser son ratio coût-bénéfice. Hirschman et Holbrook (1982) ont révolutionné cette perspective en affirmant que les expériences de consommation sont profondément imprégnées d’émotions, de fantasmes, de désirs sensoriels et de recherche de plaisir. Selon ce modèle, l’acte de magasinage ne se borne pas à une quête d’optimisation utilitaire ; il constitue un terrain d’expression affective où les sensations subjectives priment sur les spécifications techniques. L’IPCP s’inscrit directement dans ce courant en mesurant la propension d’une catégorie à délivrer cette expérience hédonique pure au moment de l’échange marchand.

Le profil d’implication du consommateur (CIP)

Historiquement, l’implication était appréhendée de manière unidimensionnelle, assimilée à l’importance cognitive accordée à un objet. Laurent et Kapferer (1985) ont démontré qu’une telle simplification échouait à expliquer la variabilité des comportements d’achat. Ils ont formalisé le Consumer Involvement Profile (CIP), distinguant cinq facettes fondamentales de l’implication :

  1. L’importance perçue du produit et l’intérêt personnel qu’il suscite.
  2. La valeur de plaisir hédonique accordée à la catégorie de produits.
  3. La valeur de signe ou valeur symbolique d’expression de soi.
  4. L’importance perçue des conséquences négatives en cas de mauvais choix (risque perçu).
  5. La probabilité subjective de commettre une erreur d’achat.

Habel et Klarmann (2015) ont judicieusement isolé la facette de « valeur de plaisir » (Pleasure Value) du CIP. Ils ont affiné ses formulations textuelles pour l’adapter au prisme exclusif de l’acte d’achat, démontrant que cette dimension possède une autonomie théorique et psychométrique remarquable lorsqu’il s’agit de comprendre comment les consommateurs perçoivent la valeur économique globale délivrée par un secteur marchand.

La théorie de la justification des coûts et de l’équité perçue

Au-delà de la consommation hédonique, l’IPCP s’articule avec la théorie de l’équité d’Adams (1965) et la théorie de la comptabilité mentale de Richard Thaler (1985). Selon Thaler, l’utilité totale d’un achat combine l’« utilité d’acquisition » (valeur du bien reçu par rapport au prix payé) et l’« utilité de transaction » (le plaisir ou déplaisir lié aux termes de l’échange financier). Dans les catégories à haut plaisir d’achat (IPCP élevé), l’utilité d’acquisition est amplifiée par une forte composante affective positive, ce qui modifie la saillance perçue des variations tarifaires et la tolérance psychologique envers des ajustements quantitatifs subtils, comme la réduction de grammage.

7. Validité

Les propriétés de validité de l’Échelle de Plaisir d’Achat Lié à la Catégorie de Produits ont été rigoureusement établies par Habel et Klarmann (2015) à travers une étude empirique inter-catégorielle d’envergure menée auprès d’un panel représentatif de 1 522 consommateurs américains adultes, couvrant 29 catégories diversifiées de produits de grande consommation (allant des sodas aux détergents, en passant par le chocolat, les produits cosmétiques et les articles d’hygiène).

Validité de contenu et validité faciale

La validité de contenu repose sur l’opérationnalisation historique de Laurent et Kapferer (1985), reconnue pour sa capacité à encapsuler le plaisir ressenti sans dévier vers d’autres composantes motivationnelles. Habel et Klarmann ont soumis les énoncés à des pré-tests qualitatifs afin de s’assurer que chaque item était perçu sans équivoque comme s’appliquant à l’expérience d’acquisition de la catégorie dans sa globalité, évitant ainsi tout biais d’ancrage sur une marque référente.

Validité convergente

La validité convergente quantifie la cohérence avec laquelle les items partagent une proportion substantielle de variance commune pour refléter le construit théorique latent. Conformément aux critères de Fornell et Larcker (1981), la variance moyenne extraite (AVE, Average Variance Extracted) doit dépasser le seuil conventionnel de 0,50. Pour l’IPCP, la valeur de l’AVE rapportée par Habel et Klarmann atteint 0,84. Cette valeur extrêmement élevée indique que 84 % de la variance des indicateurs empiriques est directement attribuable au trait latent sous-jacent, démontrant une convergence empirique exceptionnelle.

Validité discriminante

La validité discriminante a été examinée pour s’assurer que l’IPCP ne se confondait pas avec des construits voisins au sein du réseau nomologique de l’étude, notamment :

  • L’importance perçue de la catégorie (la pertinence utilitaire globale).
  • La sensibilité au prix du consommateur.
  • La satisfaction globale envers la marque habituelle.
  • La fidélité comportementale et attitudinale.

En appliquant le critère de Fornell-Larcker, la racine carrée de l’AVE de l’IPCP ($\sqrt{0,84} \approx 0,917$) s’est avérée nettement supérieure à l’ensemble des corrélations bivariées partagées entre l’IPCP et toutes les autres variables latentes du modèle structurel (lesquelles se situaient dans des plages de $r = 0,15$ à $r = 0,48$). De surcroît, les analyses HTMT (Heterotrait-Monotrait Ratio) contemporaines confirment des ratios systématiquement inférieurs au seuil critique de 0,85, attestant que le plaisir d’achat catégoriel représente une entité phénoménologique distincte de l’importance fonctionnelle ou de l’appréciation d’une marque.

Validité de critère et validité nomologique

La validité prédictive et nomologique a été confirmée par la capacité de l’IPCP à modérer significativement l’impact de la réduction unilatérale de format (downsizing) sur la satisfaction client. Les régressions modérées et les analyses multigroupes ont démontré que le plaisir d’achat catégoriel interagit avec la visibilité perçue des changements de format : lorsque le plaisir catégoriel est élevé, l’expérience transactionnelle amortit les réactions négatives immédiates du consommateur, conférant à l’échelle une puissance explicative substantielle dans l’explication des comportements réels de consommation.

8. Fidélité

La fidélité d’une échelle de mesure traduit sa précision interne et sa résistance aux fluctuations de mesure aléatoires. Dans les standards psychométriques établis par l’American Psychological Association, un instrument de recherche robuste doit manifester une consistance interne d’au moins 0,70, et idéalement supérieure à 0,80 pour des analyses de modélisation causale avancée.

L’échelle IPCP affiche des indices de fiabilité exceptionnels :

  • Fiabilité composite (Construct Reliability / Composite Reliability – CR) : 0,94. La fiabilité composite, calculée dans le cadre de la modélisation par équations structurelles (SEM), constitue une estimation plus précise de la consistance interne que l’alpha de Cronbach classique, car elle ne présuppose pas l’équivalence tau des items (c’est-à-dire l’égalité absolue de leurs saturations factorielles). Une valeur de 0,94 atteste d’une cohérence interne optimale tout en demeurant sous le seuil d’extrême redondance itemologique (> 0,95).
  • Variance moyenne extraite (AVE) : 0,84, confirmant que l’erreur de mesure aléatoire ne représente que 16 % de la variance totale captée par les trois indicateurs.
  • Cohérence interne across-samples : La structure de fidélité s’est maintenue de manière invariante à travers les 29 sous-échantillons catégoriels étudiés par Habel et Klarmann (2015), avec des coefficients alpha de Cronbach individuels systématiquement supérieurs à 0,90 dans chaque sous-catégorie analysée.

Bien que l’étude princeps d’Habel et Klarmann n’ait pas administré de procédure formelle de test-retest à intervalle temporel différé (en raison du caractère transversal du protocole de sondage représentatif), la stabilité temporelle du plaisir catégoriel a été documentée dans les travaux antérieurs de Laurent et Kapferer (1985). Les dispositions affectives vis-à-vis d’une catégorie marchande globale constituent des schémas d’attitudes durables, caractérisés par une stabilité temporelle substantielle sur des intervalles de plusieurs mois chez des adultes stables.

9. Analyse factorielle

L’architecture dimensionnelle de l’IPCP a été rigoureusement examinée au moyen d’analyses factorielles confirmatoires (AFC / CFA) dans l’environnement d’équations structurelles mis en place par Habel et Klarmann (2015).

Structure unifactorielle

L’hypothèse théorique postulait un modèle à facteur unique dans lequel les trois items constituent les manifestations réflexives directes d’un trait latent unique : le Product Category Purchase Pleasure. Les résultats de l’AFC ont validé cette spécification unifactorielle sans qu’aucune covariance d’erreurs de mesure résiduelles ne soit nécessaire pour obtenir un ajustement satisfaisant.

Indices d’ajustement global du modèle

Le modèle intégrant l’IPCP a révélé des indices d’ajustement structurel conformes aux standards méthodologiques les plus stricts de Hu et Bentler (1999) :

  • Chi-deux normé ($\chi^2 / dl$) : Inférieur au seuil conventionnel de 3,0, reflétant une divergence minime entre la matrice de covariance observée et la matrice postulée.
  • Comparative Fit Index (CFI) : Supérieur à 0,98.
  • Tucker-Lewis Index (TLI) : Supérieur à 0,97.
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : Inférieur à 0,05, avec un intervalle de confiance à 90 % étroit incluant zéro.
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : Inférieur à 0,03.

Poids factoriels standardisés ($\lambda$)

Les saturations factorielles standardisées de chacun des trois items sur le facteur latent de plaisir catégoriel s’avèrent hautement significatives ($p < 0,001$) et d’une magnitude élevée :

  • Item 1 (Buying [product category] is like buying a gift for myself) : saturation standardisée $\lambda \approx 0,89$.
  • Item 2 (You can really please me with [product category]) : saturation standardisée $\lambda \approx 0,92$.
  • Item 3 (Buying [product category] gives me great pleasure) : saturation standardisée $\lambda \approx 0,94$.

L’homogénéité de ces saturations factorielles démontre que chaque item contribue de manière substantielle et équilibrée à l’extraction du construit latent, confirmant l’absence totale d’items parasites ou redondants.

10. Instrument de mesure

L’instrument de mesure présente des spécifications techniques simples qui facilitent son implémentation dans des protocoles de recherche en ligne, en laboratoire ou sur support papier.

  • Nature de l’outil : Échelle psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire).
  • Domaine d’application : Recherche académique en marketing, psychologie de la consommation, économie comportementale, études sectorielles de panels de consommateurs.
  • Nombre d’items : 3 items formulés sous la forme d’affirmations déclaratives positives.
  • Catégorie cible : L’instrument utilise un substitut dynamique entre crochets (« [product category] » ou « [catégorie de produits] ») qui doit être remplacé textuellement par la catégorie étudiée (ex. : « le chocolat de dégustation », « les appareils photo numériques », « les détergents textiles »).
  • Échelle de réponse : 7-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 7 = Strongly agree). Les ancres verbales d’extrémité sont : 1 = Strongly disagree (Pas du tout d’accord) et 7 = Strongly agree (Tout à fait d’accord). Les échelons intermédiaires (2 à 6) sont généralement non libellés pour préserver des propriétés d’intervalle psychométrique quasi-continues.
  • Consignes de passation : Il est recommandé d’inviter les participants à penser à la catégorie générale de produits de façon holistique, en mettant de côté toute préférence pour une marque particulière.
  • Temps d’administration : Extrêmement rapide, estimé à moins de 60 secondes pour l’ensemble des trois items.
  • Procédure de cotation et de calcul du score :
    • Tous les items étant orientés positivement, aucun recodage inverse n’est requis.
    • Score moyen : Calculer la moyenne arithmétique simple des 3 items (somme divisée par 3). Le score obtenu s’établit sur une échelle continue de 1,00 à 7,00. Une moyenne élevée traduit un plaisir d’achat intense associé à la catégorie.
    • Score somme : Alternativement, sommer directement les 3 items pour obtenir un score global variant de 3 à 21 points.
    • Dans le cadre d’analyses causales multivariées (SEM / PLS-SEM), il est préconisé d’utiliser le facteur latent avec ses pondérations factorielles libres plutôt qu’un score sommatif brut.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

L’Échelle de Plaisir d’Achat Lié à la Catégorie de Produits a été formellement publiée dans sa version adaptée par Johannes Habel et Martin Klarmann en 2015 dans la prestigieuse revue académique Journal of the Academy of Marketing Science.

  • Année de diffusion initiale : 2015 (dérivée des travaux de Laurent et Kapferer de 1985).
  • Statut des droits d’auteur et permissions : Les items de l’échelle ont été divulgués publiquement à des fins scientifiques dans le corps de l’article de Habel et Klarmann (2015). À ce titre, l’instrument est accessible gratuitement et libre d’utilisation pour la recherche académique non commerciale, l’enseignement supérieur et les travaux universitaires (mémoires, thèses), sous réserve d’une citation bibliographique intégrale de l’article source.
  • Utilisation commerciale : Pour une exploitation commerciale lucrative (par exemple, intégration au sein d’une plateforme d’études de marché payante ou d’un cabinet de conseil privé), les praticiens doivent s’assurer de respecter les règles de propriété intellectuelle afférentes aux publications de Springer / Academy of Marketing Science.
  • Tarification : Aucun coût de licence ou redevance pécuniaire n’est requis pour les chercheurs universitaires.

12. Références

Adams, J. S. (1965). Inequity in social exchange. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 2, pp. 267–299). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60108-2

Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104

Habel, J., & Klarmann, M. (2015). Customer reactions to downsizing: When and how is satisfaction affected? Journal of the Academy of Marketing Science, 43(6), 768–789. https://doi.org/10.1007/s11747-014-0414-2

Hirschman, E. C., & Holbrook, M. B. (1982). Hedonic consumption: Emerging concepts, methods and propositions. Journal of Marketing, 46(3), 92–101. https://doi.org/10.1177/002224298204600314

Hu, L. T., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705511909540118

Laurent, G., & Kapferer, J.-N. (1985). Measuring consumer involvement profiles. Journal of Marketing Research, 22(1), 41–53. https://doi.org/10.1177/002224378502200104

Mick, D. G., & DeMoss, M. (1990). Self-gifts: Phenomenological insights from four contexts. Journal of Consumer Research, 17(3), 322–332. https://doi.org/10.1086/208535

Thaler, R. (1985). Mental accounting and consumer choice. Marketing Science, 4(3), 199–214. https://doi.org/10.1287/mksc.4.3.199

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: 7-point Likert scale (1 = Strongly disagree, 7 = Strongly agree)

Note: The phrase [product category] should be replaced with the specific category of interest (e.g., chocolate, cosmetics, laundry detergent).

  1. Buying [product category] is like buying a gift for myself.
  2. You can really please me with [product category].
  3. Buying [product category] gives me great pleasure.
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Looti, M. (2026, septembre 24). Échelle de Plaisir d’Achat Lié à la Catégorie de Produits (IPCP). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-plaisir-achat-categorie-produits-ipcp/
Looti, Mohammed. “Échelle de Plaisir d’Achat Lié à la Catégorie de Produits (IPCP).” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-plaisir-achat-categorie-produits-ipcp/.
Looti, Mohammed. “Échelle de Plaisir d’Achat Lié à la Catégorie de Produits (IPCP).” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-plaisir-achat-categorie-produits-ipcp/.