Échelle d’orientation vers la dominance sociale (SDO7)

L’Échelle d’orientation vers la dominance sociale (SDO7) de Ho et al. (2015) mesure les préférences pour les hiérarchies intergroupes via deux composantes : SDO-Dominance et SDO-Anti-égalitarisme.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’orientation vers la dominance sociale (SDO7), développée par Arnold K. Ho, Jim Sidanius, Nour Kteily et leurs collaborateurs (2015), constitue l’étalon psychométrique contemporain pour évaluer la préférence individuelle pour les hiérarchies et les inégalités intergroupes. Conçue dans le prolongement de la théorie de la dominance sociale (Sidanius & Pratto, 1999), cette septième itération majeure formalise et valide empiriquement une structure bidimensionnelle dissociant deux sous-dimensions complémentaires mais distinctes : la dominance intergroupe active (SDO-Dominance ou SDO-D) et l’anti-égalitarisme (SDO-Anti-egalitarianism ou SDO-E).

L’instrument se compose de 16 items équilibrés (huit items formulés dans le sens du trait et huit formulés de manière inversée), administrés au moyen d’une échelle de réponse de type Likert en 7 points allant de 1 (« S’opposer fermement » / Strongly Oppose) à 7 (« Être tout à fait en faveur » / Strongly Favor). La dimension SDO-D saisit l’adhésion explicite à des rapports asymétriques coercitifs, où certains groupes dominent et subjuguent activement les groupes subordonnés. En revanche, la dimension SDO-E quantifie la réticence ou l’opposition philosophique et pratique à l’égalité intergroupe et aux politiques de nivellement social.

D’un point de vue psychométrique, l’échelle SDO7 démontre des propriétés de premier ordre au sein d’échantillons diversifiés et multiculturels. Les indices de cohérence interne (alpha de Cronbach et oméga de McDonald) oscillent de manière constante entre 0,85 et 0,93 pour l’échelle globale et les deux facettes. L’analyse factorielle confirmatoire corrobore invariablement la supériorité d’un modèle à deux facteurs corrélés par rapport au modèle unidimensionnel traditionnel. L’échelle prédit de manière différentielle les préjugés hostiles, l’agression intergroupe, l’opposition aux programmes d’action positive, le militarisme, ainsi que des réponses consuméristes face aux campagnes de marketing inclusif et diversifié. Elle est devenue indispensable pour les recherches en psychologie sociale, en sciences politiques et en comportement organisationnel.

2. Mots-clés / Keywords

Orientation vers la dominance sociale, SDO7, théorie de la dominance sociale, hiérarchie intergroupe, préjugés, discrimination, anti-égalitarisme, autoritarisme, psychométrie, relations intergroupes, attitudes politiques, inégalités sociales.

3. Auteurs / Authors

L’échelle SDO7 est le fruit de la collaboration d’une équipe internationale de chercheurs de premier plan dans le domaine des relations intergroupes et de la psychologie politique :

  • Arnold K. Ho, Ph.D. : Professeur associé de psychologie et de comportement organisationnel, Université du Michigan (Ann Arbor, États-Unis). Spécialiste de la hiérarchisation raciale, de la perception des inégalités et de l’idéologie sociopolitique (Courriel : [email protected]).
  • Jim Sidanius, Ph.D. (1945–2021) : Professeur titulaire de psychologie et de recherche sur les questions africaines et afro-américaines à l’Université Harvard (Cambridge, États-Unis). Co-fondateur éminent de la théorie de la dominance sociale, ayant révolutionné l’étude empirique des hiérarchies institutionnelles et de l’oppression systémique.
  • Nour S. Kteily, Ph.D. : Professeur de gestion et des organisations à la Kellogg School of Management, Northwestern University (Evanston, États-Unis). Ses recherches analysent les processus de déshumanisation, le pouvoir et la dynamique des conflits intergroupes (Courriel : [email protected]).
  • Jennifer Sheehy-Skeffington, Ph.D. : Professeure associée en psychologie sociale à la London School of Economics and Political Science (LSE, Royaume-Uni). Travaille sur l’impact de la pauvreté et de la hiérarchie sociale sur le fonctionnement cognitif et décisionnel.
  • Felicia Pratto, Ph.D. : Professeure émérite de sciences psychologiques à l’Université du Connecticut (Storrs, États-Unis). Co-créatrice historique de la théorie de la dominance sociale et théoricienne pionnière des relations de pouvoir asymétriques.
  • Katherine E. Henkel, Ph.D. : Chercheuse en psychologie sociale expérimentale, anciennement affiliée à l’Université du Connecticut.
  • Rob Foels, Ph.D. : Enseignant-chercheur spécialisé dans les dynamiques de groupe et l’équité sociale, Université du Connecticut.
  • Andrew L. Stewart, Ph.D. : Chercheur en psychologie sociale, Université Clark, expert des comportements collectifs et de la protestation sociale.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle d’orientation vers la dominance sociale (SDO7) est d’opérationnaliser et de quantifier avec une précision psychométrique accrue la propension générale d’un individu à soutenir et désirer des relations hiérarchiques et inégalitaires entre les groupes sociaux. Alors que les versions antérieures de l’instrument (notamment la SDO5 et la SDO6) mesuraient l’orientation vers la dominance sociale principalement sous la forme d’un construit composite et globalement unidimensionnel, l’échelle SDO7 a été expressément élaborée pour clarifier les tensions conceptuelles existant au sein de ce construit en dissociant de façon rigoureuse ses deux piliers moteurs : le désir d’imposition active d’une suprématie groupale (SDO-D) et le refus direct de l’idéal égalitaire (SDO-E).

Dans le domaine de la recherche fondamentale, la SDO7 répond au besoin critique de mesurer non seulement l’intensité de l’attachement aux hiérarchies, mais aussi la modalité spécifique par laquelle cette préférence s’exprime. Certains individus ou segments sociopolitiques soutiennent l’ordre établi non pas par haine virulente ou désir d’asservir physiquement autrui, mais par une conviction profonde que la redistribution des ressources et l’égalité des chances violent l’ordre naturel ou le mérite (SDO-E). À l’inverse, d’autres acteurs manifestent une volonté explicite d’écrasement, de subordination agressive et de coercition institutionnelle envers les groupes jugés inférieurs (SDO-D). La SDO7 permet ainsi de tester des modèles médiateurs et modérateurs complexes dans les comportements de vote, le soutien aux interventions militaires punitives et l’acceptation de la brutalité policière sélective.

Sur le plan des applications appliquées et organisationnelles, l’instrument s’avère un outil déterminant pour l’analyse des climats d’entreprise, des pratiques de recrutement et de promotion, ainsi que de la réceptivité aux initiatives de diversité, équité et inclusion (DEI). Les scores à la SDO7 prédisent avec acuité la propension des gestionnaires à exercer des biais implicites ou explicites contre les minorités ethniques, les femmes ou les individus issus de classes socio-économiques défavorisées. De surcroît, la recherche contemporaine en comportement du consommateur et en marketing a mis en lumière l’influence modératrice majeure de la SDO7 : elle régule l’évaluation des campagnes publicitaires inclusives, le soutien aux marques adoptant des positionnements sociopolitiques progressistes (par exemple en faveur de la communauté LGBTQ+) et les réactions émotionnelles face au marketing axé sur des causes sociales.

5. Construit psychologique / Construct

L’orientation vers la dominance sociale est théorisée comme une variable de différence individuelle stable, capturant l’orientation idéologique générale d’une personne vis-à-vis des hiérarchies groupales. Elle reflète la croyance ontologique que la société doit être structurée sous forme de strates asymétriques où certains groupes (définis par l’ethnie, la nationalité, le genre, la caste ou la classe sociale) sont légitimement positionnés au sommet, jouissant de privilèges matériels et symboliques disproportionnés, tandis que les groupes subordonnés occupent le bas de l’échelle. Dans la version SDO7, ce construit générique se déploie à travers deux composantes fonctionnellement et phénoménologiquement distinctes.

Dominance intergroupe active (SDO-Dominance / SDO-D)

La sous-échelle SDO-Dominance mesure une préférence active, explicite et souvent coercitive pour l’oppression et la subordination des groupes dits inférieurs par des groupes dominants. Elle englobe un soutien direct à des actions prédatrices, autoritaires et agressives visant à maintenir ou accentuer l’assujettissement. Un individu obtenant un score élevé sur cette dimension souscrit à des propositions assertives affirmant que certains groupes doivent être maintenus à leur place ou sont fondamentalement inférieurs. Sur le plan psychologique, la SDO-D est intimement liée à :

  • Une vision du monde compétitive et darwinienne (« la loi de la jungle »), où les relations intergroupes sont perçues comme un jeu à somme nulle violent ;
  • Des niveaux prononcés d’agressivité intergroupe manifeste, de déshumanisation flagrante des minorités marginalisées et d’hostilité explicite ;
  • Une faible empathie dispositionnelle combinée à des traits de la triade noire (particulièrement le machiavélisme et la psychopathie subclinique) ;
  • Le soutien aux guerres préventives, à la torture, aux exécutions extrajudiciaires et aux tactiques d’intimidation policière.

Anti-égalitarisme (SDO-Anti-egalitarianism / SDO-E)

La sous-échelle SDO-Anti-égalitarisme conceptualise une opposition idéologique et philosophique à l’égalité intergroupe et à l’élimination des disparités structurelles. Contrairement à la SDO-D, la composante SDO-E n’exige pas d’agression belliqueuse ni de malveillance manifeste à l’encontre d’un groupe précis. Elle traduit plutôt une aversion philosophique envers le concept même d’équité sociopolitique, l’égalisation des chances et la redistribution économique. Les individus ayant des scores élevés en SDO-E considèrent les inégalités comme naturelles, inévitables ou méritées, et s’opposent fermement aux efforts institutionnels visant à modifier ce statu quo. Les corrélats psychologiques majeurs de la SDO-E incluent :

  • Une préférence pour les mythes méritocratiques et la justification du système (attribuant la pauvreté au manque d’effort individuel) ;
  • L’opposition virulente aux programmes de discrimination positive, au système de protection sociale, aux bourses d’études ciblées et aux quotas de représentativité ;
  • Une forme de préjugé subtil ou « moderne », articulée autour du rejet des revendications perçues comme excessives émanant des minorités ;
  • Un conservatisme économique et fiscal rigide protégeant les avantages acquis sans nécessairement recourir à un discours de haine brute.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’échelle SDO7 s’enracine directement dans la théorie de la dominance sociale (TDS), formulée initialement par Jim Sidanius et Felicia Pratto dans les années 1990. La TDS est une théorie biopsychosociale et évolutionniste intégrative qui cherche à comprendre pourquoi toutes les sociétés humaines complexes produisant des surplus économiques tendent inévitablement à s’organiser sous forme de systèmes hiérarchiques de castes et de groupes, marqués par l’oppression d’au moins un groupe par un autre.

Selon la TDS, les hiérarchies sociales se structurent autour d’un système trimorphique universel :

  1. Le système d’âge : où les adultes détiennent un pouvoir disproportionné sur les enfants et les jeunes ;
  2. Le système de genre (ou patriarcal) : où les hommes bénéficient historiquement d’un statut, d’une autorité et d’une force de coercition supérieurs à ceux des femmes ;
  3. Le système arbitraire (arbitrary-set system) : fondé sur des distinctions socialement construites telles que la race, l’ethnicité, la religion, la nationalité, l’orientation sexuelle ou la classe socio-économique. C’est au sein de ce dernier système que les variations de la SDO déploient toute leur force explicative.

Pour réguler et pérenniser ces disparités sans requérir constamment à une violence physique directe, les sociétés développent ce que Sidanius et Pratto nomment des mythes légitimateurs (legitimizing myths). Il s’agit d’attitudes, de croyances, de stéréotypes et de valeurs partagées qui justifient l’organisation sociale. La TDS distingue deux catégories polaires de mythes :

  • Les mythes renforçant la hiérarchie (hierarchy-enhancing myths) : tels que le racisme, le sexisme, le nationalisme ethnique, le darwinisme social et le fatalisme de caste. Ces idéologies affirment la légitimité des disparités et sont soutenues avec une vigueur particulière par les individus affichant une SDO élevée.
  • Les mythes atténuant la hiérarchie (hierarchy-attenuating myths) : à l’instar de la déclaration universelle des droits de l’homme, du socialisme démocratique, de l’égalitarisme républicain, du multiculturalisme et du féminisme. Ces doctrines visent à promouvoir l’inclusivité et la justice réparatrice.

Sur le plan sociétal, ce dynamisme se traduit par une tension continue entre des institutions renforçant la hiérarchie (corps de police, système pénitentiaire, tribunaux d’exception, conglomérats financiers transnationaux) et des institutions atténuant la hiérarchie (associations de défense des droits civiques, ONG humanitaires, syndicats de travailleurs, cliniques juridiques gratuites). L’échelle SDO7 capture précisément le moteur psychologique individuel qui oriente l’action citoyenne, le vote et l’engagement professionnel vers l’un ou l’autre de ces pôles sociologiques.

7. Validité / Validity

L’article séminal de Ho et al. (2015) ainsi que de nombreuses réplications internationales (p. ex., en Allemagne, en Israël, en Turquie, au Chili et en France) apportent des preuves psychométriques solides quant à la validité de construit, la validité convergente, la validité discriminante et la validité prédictive de la SDO7.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente de la SDO7 est établie par ses associations substantielles avec les échelles de préjugés généralisés, de nationalisme chauvin et de déshumanisation flagrante ($r$ variant fréquemment de $0{,}40$ à $0{,}65$, $p < 0{,}001$). Simultanément, la validité discriminante est nettement démontrée par rapport à l’Autoritarisme de droite (Right-Wing Authoritarianism – RWA) d’Altemeyer. Bien que la SDO et le RWA corrèlent positivement (généralement entre $r = 0{,}30$ et $0{,}50$ selon les contextes géopolitiques), ils procèdent d’architectures motivationnelles différentes :

  • Le RWA découle d’un besoin de sécurité, d’ordre et de conformité face à un monde perçu comme dangereux et chaotique (Duckitt, 2001) ;
  • La SDO découle d’une motivation de compétition impitoyable et de suprématie au sein d’un monde perçu comme une arène darwinienne (« jungle compétitive »).

Par rapport aux traits de personnalité du modèle Big Five, la SDO7 corrèle fortement et négativement avec l’Agréabilité ($r = -0{,}35$ à $-0{,}48$) et modérément avec l’Ouverture à l’expérience ($r = -0{,}20$ à $-0{,}35$).

Validité différentielle des sous-dimensions (SDO-D vs SDO-E)

L’apport majeur des études de validation de Ho et al. (2015) réside dans la double dissociation empirique entre la SDO-Dominance et la SDO-Anti-égalitarisme :

  • Prédictions uniques de SDO-D : Lorsque SDO-D et SDO-E sont introduits conjointement dans des régressions multiples, SDO-D prédit de manière unique et robuste les mesures de préjugé flagrant (« blatant prejudice »), l’agression intergroupe armée, la justification de la guerre en Irak, l’approbation de l’usage de la force létale contre les civils étrangers, la déshumanisation animale des minorités, et l’adhésion aux croyances de rivalité à somme nulle ($R^2$ incrémentiel statistiquement significatif, $\beta$ souvent compris entre $0{,}30$ et $0{,}50$).
  • Prédictions uniques de SDO-E : À l’opposé, SDO-E s’avère le prédicteur spécifique de l’opposition aux politiques redistributives et égalisatrices, à l’action positive raciale et sexuée, aux programmes de protection sociale universelle, à l’accueil des réfugiés et aux réformes de l’impôt progressif ($eta$ variant de $0{,}35$ à $0{,}55$, tandis que l’effet de SDO-D devient résiduel ou nul dans ces modèles).

8. Fidélité / Reliability

L’échelle SDO7 présente des indices de fidélité et de cohérence interne exceptionnellement stables à travers une grande variété de populations (étudiants, panels représentatifs d’adultes aux États-Unis, au Royaume-Uni et échantillons transnationaux). Dans les études initiales de Ho et al. (2015), conduites auprès de plus de 4 000 participants :

  • SDO7 Globale (16 items) : Le coefficient $\alpha$ de Cronbach se situe systématiquement entre 0,91 et 0,94, et l’oméga de McDonald ($\omega_t$) atteint des valeurs similaires ($\omega > 0{,}92$), attestant d’une excellente saturation du construit de hiérarchie intergroupe.
  • Sous-échelle SDO-Dominance (8 items) : L’alpha de Cronbach varie entre 0,85 et 0,90 selon les échantillons. Les corrélations item-total corrigées oscillent entre 0,55 et 0,76.
  • Sous-échelle SDO-Anti-égalitarisme (8 items) : L’alpha de Cronbach oscille entre 0,86 et 0,92, avec des corrélations item-total moyennes supérieures à 0,60.

En ce qui concerne la stabilité temporelle (fidélité test-retest), les études longitudinales menées sur des intervalles de plusieurs mois (allant de 3 à 12 mois) révèlent des coefficients de corrélation test-retest variant de $r = 0{,}72$ à $r = 0{,}84$, indiquant que la SDO7 mesure une disposition idéologique ancrée dans la structure de personnalité des adultes, tout en demeurant sensible aux transformations structurelles majeures ou aux contextes sociopolitiques de crise aiguë.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le développement de la SDO7 s’est appuyé sur une démarche combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) et analyse factorielle confirmatoire (AFC) pour dépasser les artefacts méthodologiques inhérents aux versions antérieures (SDO6), où les facteurs étaient parfois biaisés par le sens de formulation des items (items directs vs inversés).

Structure factorielle confirmatoire

Ho et al. (2015) ont testé et comparé rigoureusement plusieurs modèles concurrents au moyen de modélisations en équations structurelles (SEM) :

  1. Modèle unidimensionnel strict : Tous les 16 items saturent sur un unique facteur général d’orientation vers la dominance sociale. Ce modèle présente des indices d’adéquation médiocres (CFI < 0,85, RMSEA > 0,08) et doit être rejeté.
  2. Modèle lié à la méthode (artéfactuel) : Deux facteurs définis par le sens de formulation des items (items pro-trait vs items con-trait inversés). Bien que l’adéquation soit supérieure au modèle à un facteur, ce modèle échoue à expliquer la variance substantielle lors de validations croisées.
  3. Modèle à deux facteurs corrélés (SDO-Dominance et SDO-Anti-égalitarisme) : Ce modèle théorique, incluant les facettes substantielles sous-jacentes, démontre une adéquation remarquable avec les données empiriques à travers tous les échantillons : $\chi^2/df < 3{,}0$, CFI > 0,96, TLI > 0,95, RMSEA < 0,05 (IC 90 % [0,042 ; 0,058]), et SRMR < 0,04. La corrélation latente entre les facteurs SDO-D et SDO-E se situe généralement autour de $\phi = 0{,}55$ à $0{,}70$, démontrant une interdépendance théorique évidente tout en justifiant leur individualisation psychométrique.
  4. Modèle bifactoriel : Un modèle comprenant un facteur général de SDO et deux facteurs spécifiques (Dominance et Anti-égalitarisme) démontre également d’excellents indices, confirmant la légitimité d’utiliser un score composite global de SDO lorsque la recherche exige une mesure unidimensionnelle synthétique.

Les saturations factorielles standardisées ($lambda$) pour les items de la sous-échelle SDO-D s’échelonnent de 0,62 à 0,82, tandis que pour la sous-échelle SDO-E, elles s’échelonnent de 0,65 à 0,86. Aucun phénomène de saturation croisée problématique n’a été répertorié lors des contrôles d’invariance de mesure à travers le genre et les groupes raciaux majoritaires/minoritaires (invariance configural, métrique et scalaire vérifiée).

10. Instrument de mesure / Instrument

L’administration de la SDO7 respecte un protocole standardisé d’auto-évaluation, optimisé pour les passations en laboratoire, sur papier-crayon ou sur plateformes numériques (Qualtrics, Gorilla, MTurk, Prolific). Les spécifications techniques se résument ainsi :

  • Type de mesure : Échelle psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire).
  • Nombre d’items : 16 items au total (il existe également une version abrégée validée de 8 items, la SDO7(s), comprenant 4 items par sous-échelle).
  • Organisation interne :
    • SDO-Dominance (SDO-D) : Items 1 à 8 (Items 1 à 4 formulés dans le sens du trait ; Items 5 à 8 inversés).
    • SDO-Anti-égalitarisme (SDO-E) : Items 9 à 16 (Items 9 à 12 formulés dans le sens du trait ; Items 13 à 16 inversés).
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points (7-point Likert scale), avec les ancrages suivants :
    • 1 = S’opposer fermement (Strongly Oppose)
    • 2 = S’opposer modérément (Somewhat Oppose)
    • 3 = S’opposer légèrement (Slightly Oppose)
    • 4 = Neutre / Ni l’un ni l’autre (Neutral)
    • 5 = Être légèrement en faveur (Slightly Favor)
    • 6 = Être modérément en faveur (Somewhat Favor)
    • 7 = Être tout à fait en faveur (Strongly Favor)
  • Règles de cotation et de calcul :
    • Recodage des items inversés : Les items 5, 6, 7, 8, 13, 14, 15 et 16 doivent obligatoirement être inversés avant tout calcul selon la formule classique : $Item_{recodacute{e}} = 8 – Item_{brut}$.
    • Score de SDO-Dominance (SDO-D) : Moyenne arithmétique des scores des items 1, 2, 3, 4 et des items recodés 5, 6, 7, 8. Un score élevé reflète un désir intense de domination agressive intergroupe.
    • Score de SDO-Anti-égalitarisme (SDO-E) : Moyenne arithmétique des scores des items 9, 10, 11, 12 et des items recodés 13, 14, 15, 16. Un score élevé reflète un rejet catégorique de l’égalité sociale.
    • Score composite global de SDO7 : Moyenne arithmétique de l’ensemble des 16 items (après recodage des huit items inversés). Plus le score moyen est proche de 7, plus l’individu manifeste une orientation générale marquée vers la dominance et la hiérarchie sociale.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 2015 (dans le Journal of Personality and Social Psychology).
  • Statut du droit d’auteur : Le droit d’auteur de l’article princeps est détenu par l’American Psychological Association (APA). Toutefois, conformément aux usages universels de la recherche psychologique, les items de l’échelle sont mis à la disposition gratuite et sans redevance de la communauté scientifique internationale pour toute utilisation à des fins académiques, non commerciales, pédagogiques ou de recherche fondamentale.
  • Tarifs d’utilisation : Gratuit ($0) dans le cadre de la recherche universitaire et clinique à but non lucratif. Les utilisations commerciales à grande échelle (p. ex., évaluation organisationnelle dans des cabinets de conseil privés) nécessitent une consultation préalable des détenteurs des droits ou de l’équipe des auteurs.
  • Demande d’autorisation : Aucune autorisation formelle écrite n’est exigée pour les chercheurs universitaires souhaitant administrer la SDO7, sous réserve de citer scrupuleusement la publication de référence (Ho et al., 2015).

12. Références / References

  • Altemeyer, B. (1998). The other “authoritarian personality.” Dans M. P. Zanna (Dir.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 30, pp. 47–92). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60382-2
  • Duckitt, J. (2001). A dual-process cognitive-motivational theory of ideology and prejudice. Dans M. P. Zanna (Dir.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 33, pp. 41–113). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(01)80004-6
  • Ho, A. K., Sidanius, J., Kteily, N., Sheehy-Skeffington, J., Pratto, F., Henkel, K. E., Foels, R., & Stewart, A. L. (2015). The nature of social dominance orientation: Theorizing and measuring preferences for intergroup inequality using the new SDO7 scale. Journal of Personality and Social Psychology, 109(6), 1003–1028. https://doi.org/10.1037/pspi0000033
  • Kteily, N., Sidanius, J., & Levin, S. (2011). Social dominance orientation: Cause or ‘mere effect’? Evidence for SDO as an enduring aspect of personality affecting group status perceptions. Journal of Experimental Social Psychology, 47(1), 208–214. https://doi.org/10.1016/j.jesp.2010.09.010
  • Pratto, F., Sidanius, J., Stallworth, L. M., & Malle, B. F. (1994). Social dominance orientation: A personality variable predicting social and political attitudes. Journal of Personality and Social Psychology, 67(4), 741–763. https://doi.org/10.1037/0022-3514.67.4.741
  • Sidanius, J., & Pratto, F. (1999). Social dominance: An intergroup theory of social hierarchy and oppression. Cambridge University Press. https://doi.org/10.1017/CBO9781139175043

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Instructions to participants:
Show how much you favor or oppose each idea below by selecting a number from 1 to 7 on the scale.

Response scale:
7-point Likert scale (1 = Strongly Oppose to 7 = Strongly Favor)

Items:

  1. Some groups of people must be kept in their place.
  2. It’s probably a good thing that certain groups are at the top and other groups are at the bottom.
  3. An ideal society requires some groups to be on top and others to be on the bottom.
  4. Some groups of people are simply inferior to other groups.
  5. Groups at the bottom are just as deserving as groups at the top.
  6. No one group should dominate in society.
  7. Groups at the bottom should not have to stay in their place.
  8. Group dominance is a poor principle for creating a great society.
  9. We should not push for group equality.
  10. We shouldn’t try to guarantee that every group has the same quality of life.
  11. It is unjust to try to make groups equal.
  12. Group equality should not be our primary goal.
  13. We should work to give all groups an equal chance to succeed.
  14. We should do what we can to equalize conditions for different groups.
  15. No matter how much effort it takes, we ought to strive to ensure that all groups have the same chance in life.
  16. Group equality should be our ideal.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle d’orientation vers la dominance sociale (SDO7). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-orientation-dominance-sociale-sdo7/
Looti, Mohammed. “Échelle d’orientation vers la dominance sociale (SDO7).” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-orientation-dominance-sociale-sdo7/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’orientation vers la dominance sociale (SDO7).” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-orientation-dominance-sociale-sdo7/.