Échelle des opinions et des attentes personnelles de Hunter (HOPES)

L’Échelle des opinions et des attentes personnelles de Hunter (HOPES) est un outil psychométrique d’auto-évaluation mesurant l’espoir personnel et le désespoir.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 4, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 4, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle des opinions et des attentes personnelles de Hunter (Hunter Opinions and Personal Expectations Scale, HOPES) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu initialement par Kenneth P. Nunn, Terry J. Lewin, J. M. Walton et Vaughan J. Carr en 1996 au sein de la région de Hunter en Australie. Développée pour opérationnaliser le concept d’espoir personnel (personal hopefulness) dans une perspective différentielle et clinique, la HOPES se distingue des conceptualisations unidimensionnelles classiques en appréhendant l’orientation vers l’avenir à travers une structure bidimensionnelle articulée autour de deux axes complémentaires : la sous-échelle d’espoir (Hope Subscale, HS) et la sous-échelle de désespoir (Despair Subscale, DS). L’instrument mesure les cognitions anticipatoires, l’attribution de sens, le sentiment d’efficacité personnelle et les craintes existentielles quant au devenir individuel.

La version originale intégrale comporte 20 items (HOPES-20), tandis qu’une version abrégée validée ultérieurement en compte 12 (HOPES-12). Chaque item est évalué sur une échelle de réponse ordinale de type Likert en 5 points allant de 0 (« Not At All » / Pas du tout) à 4 (« Extremely Well » / Extrêmement bien), mesurant dans quelle mesure chaque énoncé décrit la disposition actuelle de l’individu. Le calcul psychométrique permet d’obtenir un score moyen pour l’espoir (HS = Sous-total / 10), un score moyen pour le désespoir (DS = Sous-total / 10), ainsi qu’un score synthétique global d’espoir personnel (Global Personal Hopefulness, GPH) calculé selon la formule standardisée : GPH = (HS + 4 – DS) / 2.

Les propriétés psychométriques établies dans la littérature internationale démontrent une excellente cohérence interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,85 et 0,91 pour la sous-échelle d’espoir, et entre 0,81 et 0,88 pour la sous-échelle de désespoir. La validité de construit, explorée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires, corrobore un modèle robuste à deux facteurs obliques ou orthogonaux selon les contextes cliniques, distincts mais reliés aux mesures traditionnelles de dépression, d’optimisme dispositionnel et de désespoir de Beck. En milieu psychiatrique, épidémiologique et en psychologie positive, la HOPES s’avère être un outil précieux pour évaluer les forces psychologiques, surveiller le rétablissement et dépister la vulnérabilité suicidaire.

2. Mots-clés / Keywords

Espoir personnel, désespoir, psychométrie, évaluation clinique, HOPES-20, HOPES-12, psychologie positive, dépression, risque suicidaire, attentes d’avenir, santé mentale, Nunn

3. Auteurs / Authors

L’échelle HOPES a été conçue et validée par une équipe de psychiatres, de chercheurs en biostatistique et de psychologues cliniciens affiliés à l’Université de Newcastle et aux services de santé mentale de la région de Hunter (Hunter Mental Health), en Nouvelle-Galles du Sud, Australie :

  • Kenneth P. Nunn : Pédopsychiatre, professeur émérite au Department of Psychological Medicine de l’Université de Newcastle et au Children’s Hospital at Westmead, Sydney, Australie. Pionnier des travaux théoriques et empiriques sur l’espoir en tant que construit neurobiologique et psychologique.
  • Terry J. Lewin : Chercheur principal, biostatisticien et psychologue, affilié à la Centre for Brain and Mental Health Research (CBMHR) de l’Université de Newcastle et au Hunter New England Mental Health Service, Newcastle, Australie.
  • J. M. Walton : Chercheuse clinicienne associée au Department of Psychiatry, Faculty of Medicine, Université de Newcastle, Newcastle, Australie.
  • Vaughan J. Carr : Professeur titulaire de psychiatrie, ancien directeur de l’école de psychiatrie à l’Université de Newcastle et professeur honoraire à l’Université de Nouvelle-Galles du Sud (UNSW) et au Schizophrenia Research Institute, Sydney, Australie.
  • Collaborateurs ultérieurs (HOPES-12) : Brian J. Kelly, professeur de psychiatrie rurale, et collègues du Centre for Resources Health and Safety, Université de Newcastle, Australie.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle des opinions et des attentes personnelles de Hunter (HOPES) est d’opérationnaliser de manière empirique et robuste le concept d’espoir personnel en tant que trait cognitif et motivationnel. Historiquement, la psychiatrie et la psychologie clinique se sont largement focalisées sur les déficits et les états pathologiques, accordant une attention démesurée au désespoir (hopelessness) via des échelles emblématiques telles que la Beck Hopelessness Scale (BHS). Les auteurs de la HOPES ont postulé que l’espoir ne constitue pas simplement l’opposé linéaire ou l’absence passive de désespoir, mais qu’il s’agit d’un processus psychologique actif, multidimensionnel et qualitatif distinct, possédant ses propres déterminants, dynamiques et répercussions adaptatives.

Sur le plan clinique, la HOPES a été créée pour répondre à un triple besoin méthodologique :

  • Évaluation du rétablissement et des forces psychologiques : Dans le cadre de l’approche axée sur les forces (strengths-based assessment), il est primordial de mesurer les ressources internes qu’un patient mobilise pour affronter la maladie physique chronique, les troubles psychiatriques sévères (tels que la schizophrénie, le trouble bipolaire ou la dépression majeure) ou les traumatismes de vie. La HOPES permet de quantifier la présence d’aspirations positives indépendamment du niveau de détresse psychologique aigu.
  • Différenciation de la vulnérabilité suicidaire : En mesurant simultanément l’espoir et le désespoir sur deux continuums distincts, la HOPES permet d’identifier des profils psychologiques complexes. Par exemple, un patient peut manifester un niveau élevé de désespoir circonstanciel tout en conservant un réservoir d’espoir existentiel ou interpersonnel latent. À l’inverse, l’effondrement simultané de l’espoir et l’élévation du désespoir signalent une urgence psychiatrique accrue face au risque de passage à l’acte suicidaire.
  • Suivi longitudinal des interventions thérapeutiques : L’instrument offre une sensibilité au changement particulièrement fine lors des psychothérapies cognitivo-comportementales, des thérapies existentielles et des programmes de réhabilitation psychosociale. Les cliniciens peuvent surveiller si l’intervention réussit à réactiver la valence positive du futur (augmentation de la sous-échelle HS) ou si elle se contente d’atténuer la rumination dysphorique (diminution de la sous-échelle DS).

En contexte de recherche épidémiologique et psychosociale, la HOPES est largement employée pour analyser les déterminants sociodémographiques du bien-être, l’impact des crises socio-économiques ou environnementales sur les populations rurales (notamment dans les études longitudinales australiennes menées par Lewin et Kelly), et l’intersection entre le sentiment d’auto-efficacité, la résilience et les attentes d’avenir chez les adolescents, les adultes actifs et les personnes âgées.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par la HOPES repose sur la conceptualisation intégrative formulée par Kenneth Nunn (1996), définissant l’espoir comme une disposition psychologique organisée autour de l’anticipation positive du futur personnel, de l’attribution de sens à l’existence et de la perception de son agentivité face aux incertitudes temporelles. Contrairement aux approches unidimensionnelles réductionnistes, la HOPES conceptualise l’expérience temporelle humaine à travers deux dimensions interdépendantes mais factoriellement distinctes :

1. La sous-échelle d’espoir (Hope Subscale – HS)

Cette composante englobe les cognitions proactives, la projection confiante dans le temps et la croyance fondamentale en la valeur productive de sa propre vie. Elle reflète la conviction que l’avenir recèle des opportunités significatives, des connexions humaines enrichissantes et des possibilités d’accomplissement personnel. Les items constitutifs explorent plusieurs sous-facettes intrinsèques :

  • L’appétence pour le futur et la nouveauté : L’anticipation enthousiaste des nouvelles étapes de la vie (ex. Item 1 : « I generally look forward to new activities and phases in my life »).
  • Le sens de la vie et la valeur existentielle : La conviction que l’existence n’est pas futile et possède une cohérence intrinsèque (ex. Item 2 : « I am the sort of person who believes that life is full of meaning » ; Item 3 : « I am the sort of person who believes that life is NOT pointless »).
  • L’efficacité personnelle et l’agentivité : La confiance dans sa capacité à faire face aux obstacles et à planifier de manière concrète ses projets (ex. Item 6 : « I believe that I can handle most of the difficulties that I might have to face » ; Item 18 : « I am the sort of person who makes definite plans for my future »).
  • La valorisation sociale et relationnelle : L’anticipation d’un partage gratifiant avec autrui et le sentiment d’être reconnu comme quelqu’un de productif par son entourage (ex. Item 11 et Item 15).

2. La sous-échelle de désespoir (Despair Subscale – DS)

La sous-échelle de désespoir quantifie la présence d’angoisses anticipatoires, le sentiment d’aliénation temporelle, la résignation face au contrôle de son destin et la projection d’un déclin inéluctable. Loin d’être un simple score inversé d’espoir, le désespoir représente un état affectif et cognitif toxique marqué par l’impuissance apprise :

  • La perte de contrôle et le fatalisme : L’impression tenace que l’avenir échappe totalement à son emprise personnelle, même lorsque les événements actuels sont favorables (ex. Item 4 : « I often feel that my future is NOT in my own hands » ; Item 13 : « Even when things go right, I often fear that my future is NOT under my control »).
  • L’abandon perçu et le déficit de soutien : La crainte de se retrouver isolé et sans ressources affectives dans les moments critiques de l’existence (ex. Item 5 et Item 20 : « I often fear that I will NOT have the personal support that I need in the future »).
  • L’appréhension de la dégradation physique et psychologique : L’angoisse liée au vieillissement corporel et à la désintégration de l’identité personnelle (ex. Item 14 : « I often feel that I will be less and less comfortable with my body as time goes on » ; Item 16 : « I often fear that I will understand less and less about myself as time goes on »).
  • Le pessimisme générationnel et global : La projection d’un futur sombre pour la société et les générations futures (ex. Item 9 : « I really believe that the children of today CANNOT expect much from their futures »).

3. L’espoir personnel global (Global Personal Hopefulness – GPH)

L’indice composite GPH synthétise la balance dynamique entre les forces d’anticipation positive et le poids des appréhensions négatives. Cet indice permet aux chercheurs de situer un sujet sur un continuum fonctionnel allant de la détresse prospective sévère à une vitalité anticipatoire optimale.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de la HOPES s’ancre à la croisée de plusieurs courants fondamentaux de la psychologie contemporaine, de la psychiatrie phénoménologique et des théories cognitives de la motivation :

Le modèle intégratif de Kenneth Nunn sur l’espoir personnel

Dans sa monographie séminale de 1996 publiée dans Psychological Medicine, Nunn soutient que l’espoir est une fonction adaptative primordiale de l’appareil psychique humain, façonnée par l’évolution biologique. Pour Nunn, l’espoir n’est pas une simple émotion passagère, mais une structure cognitive permanente qui organise le traitement des informations temporelles. Il postule que l’appareil cognitif a besoin d’un équilibre homéostatique entre l’exploration prospective (le moteur de l’espoir) et la vigilance défensive face aux dangers potentiels (les appréhensions du désespoir). Lorsque ce système se dérègle sous l’effet du stress chronique ou d’une altération neurochimique, le désespoir prend le pas sur l’anticipation positive, entraînant l’inhibition motrice et cognitive typique de la dépression.

Confrontation avec la théorie de l’espoir de Snyder

Il convient de distinguer la perspective de Nunn de celle de C. R. Snyder, auteur de la célèbre Hope Theory. Snyder définit l’espoir comme une capacité cognitivo-motivationnelle articulée autour de deux axes stricts : les objectifs, l’agentivité (la motivation à atteindre les buts) et les chemins (pathways, la capacité à planifier des stratégies de contournement). Bien que la HOPES intègre une composante d’agentivité (items 6, 18, 19), elle adopte un prisme beaucoup plus large, d’inspiration phénoménologique et existentielle. Elle prend explicitement en compte les dimensions somatiques, interpersonnelles, le sens global de la vie et les peurs d’oblitération de l’identité, aspects totalement absents du modèle purement axé sur la résolution de problèmes de Snyder.

La dialectique espoir-désespoir et la théorie de Beck

Le cadre théorique de la HOPES prend également racine dans une réévaluation critique du modèle de Aaron T. Beck sur la triade cognitive négative. Beck concevait le désespoir (hopelessness) comme une variable centrale reliant la dépression cognitive au suicide. Nunn et Lewin ont démontré que le modèle unipolaire implicite dans la BHS (où le désespoir est simplement le pôle pathologique d’une ligne continue) était incomplet. Selon le paradigme bidimensionnel de la HOPES, le désespoir et l’espoir peuvent coexister à des intensités variables au sein de la même personne. Cette orthogonalité partielle rappelle les modèles de la structure des affects de Watson et Tellegen (affect positif et affect négatif), démontrant que la réduction des symptômes négatifs ne restaure pas automatiquement l’espoir positif.

7. Validité / Validity

L’échelle HOPES a fait l’objet de rigoureuses études de validation psychométrique portant sur de larges échantillons cliniques et non cliniques (Nunn et al., 1996 ; Lewin et al., 2008 ; Simmons & Lehmann, 2013) :

Validité de contenu et d’apparence

Les items initiaux de la HOPES ont été élaborés à partir d’une revue systématique de la littérature psychiatrique sur l’espoir, complétée par des entretiens cliniques approfondis menés auprès de patients psychiatriques hospitalisés et de sujets témoins de la population générale. Un panel multidisciplinaire d’experts a évalué la clarté linguistique, la pertinence conceptuelle et la représentativité des énoncés pour s’assurer que les domaines existentiels, relationnels, somatiques et pragmatiques de l’espoir soient équitablement représentés.

Validité convergente

La validité convergente de la sous-échelle d’espoir (HS) a été démontrée par des corrélations positives statistiquement significatives avec des instruments mesurant des construits théoriquement apparentés :

  • Une corrélation positive élevée avec l’échelle d’optimisme dispositionnel (Life Orientation Test – Revised, LOT-R) : r compris entre 0,62 et 0,74 (p < 0,001).
  • Une association positive substantielle avec l’estime de soi évaluée par l’échelle d’estime de soi de Rosenberg : r = 0,58 à 0,68.
  • Des corrélations modérées à fortes avec les mesures de satisfaction de vie (Satisfaction with Life Scale, SWLS) : r = 0,55 à 0,65.

Inversement, la sous-échelle de désespoir (DS) présente des corrélations convergentes robustes avec l’échelle de désespoir de Beck (Beck Hopelessness Scale, BHS) avec des coefficients variant de r = 0,70 à 0,79, ainsi qu’avec les scores de symptomatologie dépressive de l’inventaire de dépression de Beck (BDI) ou du GHQ (General Health Questionnaire), se situant entre r = 0,58 et 0,71.

Validité discriminante et prédictive

Les analyses de validité discriminante confirment que la sous-échelle HS et la sous-échelle DS ne sont que modérément corrélées négativement entre elles (typiquement r = -0,45 à -0,60), ce qui démontre qu’elles ne constituent pas des copies inversées l’une de l’autre et qu’elles capturent une variance résiduelle unique. Des études longitudinales ont révélé que la sous-échelle DS prédit de manière prospective la persistance des épisodes dépressifs et la récidive suicidaire au-delà des seuls scores de dépression symptomatique. Parallèlement, des scores élevés sur la sous-échelle HS prédisent une meilleure observance médicamenteuse, une réinsertion socioprofessionnelle plus rapide et une meilleure résilience face aux facteurs de stress environnementaux majeurs.

8. Fidélité / Reliability

La fiabilité métrique de la HOPES a été solidement documentée dans des contextes épidémiologiques et cliniques variés :

Cohérence interne

Les estimations de la cohérence interne, mesurées par le coefficient alpha de Cronbach, démontrent une excellente précision pour les deux sous-échelles :

  • Sous-échelle d’espoir (HS – 10 items) : Les valeurs d’alpha de Cronbach rapportées dans l’étude originale de Nunn et al. (1996) s’élevaient à 0,89 dans l’échantillon général et à 0,91 dans la cohorte psychiatrique. Dans la version courte HOPES-12, l’alpha pour la dimension espoir se maintient entre 0,82 et 0,86.
  • Sous-échelle de désespoir (DS – 10 items) : L’alpha de Cronbach varie de 0,83 à 0,88 dans l’échantillon de dérivation, confirmant une haute homogénéité des énoncés mesurant les appréhensions et la résignation prospective. Pour la HOPES-12, la sous-échelle désespoir affiche des coefficients compris entre 0,79 et 0,84.
  • Score global (GPH) : L’indice global présente une fiabilité composite excédant systématiquement 0,90.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

L’évaluation de la fidélité test-retest menée sur un sous-échantillon de sujets non cliniques réévalués à un intervalle de quatre à six semaines a mis en évidence des coefficients de corrélation intra-classe (CCI) très satisfaisants :

  • Pour la sous-échelle HS : r = 0,81 (p < 0,001), indiquant que l’espoir personnel possède une composante de trait stable dans le temps.
  • Pour la sous-échelle DS : r = 0,76 (p < 0,001), reflétant à la fois une stabilité dispositionnelle et une réactivité contextuelle modérée aux stresseurs récents.

Ces données confirment que la HOPES mesure des orientations stables tout en demeurant sensible aux fluctuations significatives induites par les événements de vie majeurs ou les interventions thérapeutiques.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La confirmation de l’architecture structurelle de la HOPES a été réalisée par des analyses factorielles exploratoires (AFE) complétées par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) multicentriques :

Structure factorielle originale (HOPES-20)

Lors de la création de la HOPES-20 par Nunn et al. (1996), les analyses en composantes principales (ACP) avec rotation oblique (Promax ou Oblimin direct) ont initialement identifié deux facteurs majeurs expliquant plus de 48 % de la variance totale :

  • Facteur 1 (Espoir / Hope) : Regroupe les items 1, 2, 3, 6, 7, 10, 11, 15, 18 et 19. Ces items présentent des saturations factorielles dominantes élevées (variant de 0,54 à 0,78) sur le premier axe, avec des saturations croisées minimes sur le facteur adverse (< 0,25). Ce facteur capture l’agentivité, le sens existentiel et l’anticipation positive.
  • Facteur 2 (Désespoir / Despair) : Regroupe les items 4, 5, 8, 9, 12, 13, 14, 16, 17 et 20. Les saturations factorielles s’échelonnent de 0,48 à 0,74 sur le second axe. Ce facteur cristallise l’anxiété prospective, l’impuissance et les craintes de déchéance somatique et relationnelle.

Validation de la forme abrégée (HOPES-12)

Dans l’étude de Lewin et ses collègues (2008), les auteurs ont optimisé l’instrument pour les cohortes épidémiologiques de grande envergure. L’application d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) a comparé un modèle unidimensionnel à un modèle bidimensionnel à deux facteurs corrélés :

  • Le modèle unidimensionnel (modèle à un seul facteur d’espoir-désespoir global) présentait des indices d’adéquation médiocres (RMSEA > 0,10 ; CFI < 0,85).
  • Le modèle bidimensionnel à deux facteurs (6 items d’espoir et 6 items de désespoir) a démontré une excellente adéquation aux données : χ²/ddl < 2,5, RMSEA = 0,046 (IC 90 % [0,038 – 0,054]), CFI = 0,968, et TLI = 0,960.

La corrélation inter-facteurs entre l’espoir et le désespoir s’établit généralement autour de r = -0,52, confirmant la distinction théorique et empirique indispensable entre ces deux processus mentaux.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (self-report inventory).
  • Versions disponibles :
    • HOPES-20 : Version intégrale à 20 items (10 items pour l’espoir, 10 items pour le désespoir).
    • HOPES-12 : Version abrégée de dépistage à 12 items (6 items pour l’espoir, 6 items pour le désespoir).
  • Format des réponses : Échelle ordinale de type Likert en 5 points :
    • 4 = Extremely Well (Extrêmement bien)
    • 3 = Very Well (Très bien)
    • 2 = Moderately Well (Modérément bien)
    • 1 = NOT Very Well (Pas très bien)
    • 0 = NOT At All (Pas du tout)
  • Durée de passation : Environ 4 à 6 minutes pour la HOPES-20 ; moins de 3 minutes pour la HOPES-12.
  • Population cible : Adolescents (à partir de 14 ans), adultes et personnes âgées, en contexte clinique (psychiatrie, médecine générale, oncologie) ou non clinique (recherche psychosociale, milieu du travail).
  • Modalités de cotation et de calcul des scores (HOPES-20) :
    • Sous-échelle d’espoir (Hope Subscale – HS) : Somme des scores des items positifs (Items 1, 2, 3, 6, 7, 10, 11, 15, 18, 19) divisée par 10 :
      HS = Sous-total / 10 (score compris entre 0,00 et 4,00).
    • Sous-échelle de désespoir (Despair Subscale – DS) : Somme des scores des items négatifs (Items 4, 5, 8, 9, 12, 13, 14, 16, 17, 20) divisée par 10 :
      DS = Sous-total / 10 (score compris entre 0,00 et 4,00).
    • Espoir personnel global (Global Personal Hopefulness – GPH) : Calculé par la formule algorithmique suivante :
      GPH = (HS + 4 - DS) / 2 (score composite variant de 0,00 à 4,00, les valeurs les plus élevées traduisant un espoir global fort et un désespoir minimal).
  • Interprétation clinique :
    • Un score HS élevé associé à un score DS bas indique un profil d’optimisme et de résilience élevé.
    • Un score HS bas associé à un score DS élevé reflète un état de désespoir sévère nécessitant une évaluation psychiatrique urgente.
    • Un score DS élevé avec maintien d’un score HS modéré traduit un profil de détresse réactive avec préservation de ressources d’adaptation.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1996 (HOPES-20 par Nunn, Lewin, Walton & Carr) ; extension en version courte en 2008 (HOPES-12 par Lewin, Nunn et collègues).
  • Statut des droits d’auteur : Propriété intellectuelle des auteurs originaux et de Cambridge University Press (titulaire des droits de l’article original de 1996 dans Psychological Medicine).
  • Tarifs et frais d’utilisation : L’utilisation de la HOPES à des fins de recherche académique, scientifique ou d’évaluation clinique non lucrative est gratuite. Les auteurs encouragent la diffusion de l’instrument dans les programmes de santé mentale axés sur les forces.
  • Conditions d’autorisation : Aucune redevance n’est exigée pour les chercheurs universitaires ou les praticiens hospitaliers, sous réserve de citer scrupuleusement les publications fondatrices (Nunn et al., 1996 ; Lewin et al., 2008). Pour toute adaptation commerciale, intégration dans des logiciels propriétaires ou utilisation lucrative, une autorisation formelle doit être sollicitée auprès des détenteurs de droits et des éditeurs.

12. Références / References

Les références ci-dessous regroupent les publications scientifiques majeures fondant la théorie et la validation psychométrique de la HOPES :

  • Beck, A. T., Weissman, A., Lester, D., & Trexler, L. (1974). The measurement of pessimism: The Hopelessness Scale. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 42(6), 861–865. https://doi.org/10.1037/h0037562
  • Lewin, T. J., Nunn, K. P., Carr, V. J., Kelly, B. J., Walton, J. M., & Hazell, P. L. (2008). Hopes revisited – introducing a 12-item scale for measuring personal hopefulness (HOPES-12). Australian and New Zealand Journal of Psychiatry, 42(Suppl. 3), A94. https://doi.org/10.1080/00048670802083162
  • Nunn, K. P. (1996). Personal hopefulness: A conceptual review of the relevance of the construct to psychiatry and allied sciences. Psychological Medicine, 26(3), 517–530. https://doi.org/10.1017/S003329170003558X
  • Nunn, K. P., Lewin, T. J., Walton, J. M., & Carr, V. J. (1996). The construction and characteristics of an instrument to measure personal hopefulness. Psychological Medicine, 26(3), 531–545. https://doi.org/10.1017/S0033291700035591
  • Nunn, K. P., & Lewin, T. J. (2013). Hunter Opinions and Personal Expectations Scales (HOPES). In C. A. Simmons & P. Lehmann (Eds.), Tools for Strengths-Based Assessment and Evaluation (pp. 203–206). Springer Publishing Company.
  • Snyder, C. R., Harris, C., Anderson, J. R., Holleran, S. A., Irving, L. M., Sigmon, S. T., Yoshinobu, L., Gibb, J., Langelle, C., & Harney, P. (1991). The will and the ways: Development and validation of an individual-differences measure of hope. Journal of Personality and Social Psychology, 60(4), 570–585. https://doi.org/10.1037/0022-3514.60.4.570

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

“I generally look forward to new activities and phases in my life”.
2

“I am the sort of person who believes that life is full of meaning”.
3

“I am the sort of person who believes that life is NOT pointless”.
4

“I often feel that my future is NOT in my own hands”.
5

“I generally believe that the most important people in my life do NOT care about my future”.
6

“I believe that I can handle most of the difficulties that I might have to face”.
7

“I generally believe that my life will be valuable and productive”.
8

“I generally have little energy to do the things I want to do”.
9

“I really believe that the children of today CANNOT expect much from their futures”.
10

“I generally believe that my future will be very active”.
11

“The people around me see me as the sort of person who will have a valuable and productive life”.
12

“I often fear that the rest of my life will NOT be worthwhile”.
13

“Even when things go right‚ I often fear that my future is NOT under my control”.
14

“I often feel that I will be less and less comfortable with my body as time goes on”.
15

“I generally look forward to sharing my life with others”.
16

“I often fear that I will understand less and less about myself as time goes on”.
17

“I generally am NOT enthusiastic about my future”.
18

“I am the sort of person who makes definite plans for my future”.
19

“I generally believe that I will get what I want out of life”.
20

“I often fear that I will NOT have the personal support that I need in the future”.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 4). Échelle des opinions et des attentes personnelles de Hunter (HOPES). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-opinions-attentes-personnelles-hunter-hopes/
Looti, Mohammed. “Échelle des opinions et des attentes personnelles de Hunter (HOPES).” Base de données de psychologie en français, 4 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-opinions-attentes-personnelles-hunter-hopes/.
Looti, Mohammed. “Échelle des opinions et des attentes personnelles de Hunter (HOPES).” Base de données de psychologie en français. octobre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-opinions-attentes-personnelles-hunter-hopes/.