Échelle multidimensionnelle I-E

L’Échelle multidimensionnelle I-E de Gurin et al. (1969) est un outil psychométrique majeur déconstruisant le lieu de contrôle de Rotter en sous-dimensions : Idéologie du contrôle, Contrôle personnel et Modifiabilité du système.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle multidimensionnelle I-E (Multidimensional Internal-External Scale), développée par Patricia Gurin, Gerald Gurin, Rosina C. Lao et Muriel Beattie en 1969 à l’Université du Michigan, constitue une reformulation majeure et une déconstruction théorique de l’échelle unidimensionnelle de lieu de contrôle (locus of control) originellement introduite par Julian B. Rotter (1966). Alors que la conceptualisation initiale postulait un continuum bipolaire universel et généralisé entre un contrôle interne (croyance selon laquelle les renforcements dépendent de ses propres actions) et un contrôle externe (croyance selon laquelle les renforcements dépendent du hasard, de la chance, du destin ou d’autrui), les travaux fondateurs de Gurin et de ses collaborateurs ont démontré que cette vision monolithique échouait à saisir les complexités motivationnelles et cognitives propres aux groupes sociaux marginalisés, défavorisés ou soumis à des discriminations structurelles.

L’instrument repose sur une scission fondamentale entre les croyances générales relatives au fonctionnement de la société dans son ensemble et les croyances auto-référencées concernant sa propre trajectoire de vie. L’analyse factorielle initiale a permis d’isoler plusieurs dimensions distinctes, dont les plus notables sont l’Idéologie du contrôle (Control Ideology), qui mesure l’adhésion abstraite à l’éthique protestante du travail et au mérite individuel dans la société, et le Contrôle personnel (Personal Control), qui évalue le sentiment d’auto-efficacité et de maîtrise réelle qu’un individu éprouve à l’égard de son propre destin. L’échelle intègre également des dimensions évaluant la modifiabilité des systèmes sociaux et politiques (System Modifiability) ainsi que l’attribution causale des obstacles sociaux au système institutionnel ou aux manquements individuels (Individual-System Blame).

Composée d’une série d’items présentés selon un format de choix forcé dyadique (option interne contre option externe), l’échelle a démontré des qualités psychométriques rigoureuses, avec des indices de cohérence interne satisfaisants pour des échelles de choix forcé et une validité prédictive remarquable. Elle a particulièrement mis en évidence que, chez les minorités ethniques et les populations économiquement défavorisées, un sens élevé de contrôle personnel associé à une attribution externe systémique des discriminations constitue le profil le plus adaptatif et le plus prédictif de la réussite académique et de l’engagement sociopolitique.

2. Mots-clés / Keywords

Lieu de contrôle, contrôle interne-externe, idéologie du contrôle, contrôle personnel, attribution causale, théorie de l’apprentissage social, Julian Rotter, Patricia Gurin, psychométrie, validité de construit, analyse factorielle, psychologie sociale, sentiment d’auto-efficacité, modifiabilité systémique.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle multidimensionnelle I-E a été élaborée et validée par une équipe de chercheurs pionniers de l’Institut de recherche sociale (Institute for Social Research – ISR) de l’Université du Michigan à Ann Arbor :

  • Patricia Gurin, Ph.D. : Professeure émérite de psychologie et d’études des femmes à l’Université du Michigan. Ses travaux de renommée internationale portent sur l’identité sociale, l’action collective, les relations intergroupes, l’impact de la diversité sur l’éducation et les processus d’attribution chez les minorités.
  • Gerald Gurin, Ph.D. : Professeur de recherche et psychologue social à l’Institute for Social Research (ISR), Université du Michigan. Spécialiste de la santé mentale communautaire, des aspirations professionnelles et de l’adaptation psychologique des étudiants issus de milieux marginalisés.
  • Rosina C. Lao, Ph.D. : Psychologue chercheuse, ayant contribué de manière décisive aux analyses statistiques, à la validation factorielle et aux analyses de régression reliant le lieu de contrôle multidimensionnel aux accomplissements académiques des jeunes afro-américains.
  • Muriel Beattie : Collaboratrice de recherche à l’Université du Michigan, impliquée dans la collecte empirique de données longitudinales et l’évaluation psychométrique au sein des collèges et universités historiquement noirs (HBCU).

Correspondance académique historique : Institute for Social Research, University of Michigan, 426 Thompson St, Ann Arbor, MI 48104, États-Unis.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle multidimensionnelle I-E est de déconstruire le postulat d’unidimensionnalité du construit de lieu de contrôle de Rotter afin de fournir une évaluation diagnostique et prédictive valide des croyances de contrôle au sein d’environnements socioculturels stratifiés. Dans l’approche classique de Rotter (1966), l’internalité est invariablement conceptualisée comme un indice universel de santé mentale, de proactivité et de maturité psychologique, tandis que l’externalité est interprétée comme un reflet de passivité, d’aliénation ou de résignation acquise.

Patricia Gurin et ses collègues ont postulé que cette équivalence conceptuelle constitue un artefact méthodologique et idéologique biaisé, particulièrement inapproprié lorsqu’il est appliqué à des populations confrontées à des barrières institutionnelles objectives, telles que le racisme, la précarité économique ou la ségrégation. L’objectif premier de l’instrument est donc de séparer méthodologiquement :

  • La croyance abstraite qu’un individu nourrit quant au fait que les gens en général réussissent grâce à leur travail et à leur talent dans la société (« Idéologie du contrôle »).
  • La croyance concrète qu’un individu a dans sa propre capacité d’influencer directement les événements de sa propre existence (« Contrôle personnel »).

Dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée, l’échelle vise à expliquer pourquoi deux individus affichant le même score global sur l’échelle de Rotter originale manifestent des comportements d’accomplissement, d’aspiration et de résilience radicalement opposés. Elle permet aux chercheurs en psychologie sociale, en psychologie clinique, en sociologie et en sciences de l’éducation d’analyser comment les individus naviguent entre la responsabilité individuelle et la prise de conscience des contraintes systémiques.

Sur le plan clinique et éducatif, l’outil permet d’identifier des profils psychologiques critiques : par exemple, un individu qui intériorise excessivement le blâme pour des échecs causés par des discriminations systémiques développe une baisse drastique d’estime de soi et des symptômes dépressifs, alors qu’un individu capable de maintenir une internalité personnelle élevée (confiance en ses capacités) tout en adoptant une externalité systémique (reconnaissance lucide des barrières sociales) manifeste une motivation optimale, une santé psychologique robuste et une inclination accrue vers des comportements d’émancipation collective.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’Échelle multidimensionnelle I-E est une organisation cognitive différenciée des attentes généralisées de renforcement (generalized expectancies for reinforcement). Contrairement à la modélisation bipolaire simple, ce cadre identifie plusieurs dimensions orthogonales ou partiellement corrélées :

1. L’Idéologie du contrôle (Control Ideology)

Cette dimension évalue l’adhésion idéologique aux croyances culturelles dominantes concernant la mobilité sociale, le mérite individuel et la justice du monde. Formulée à la troisième personne (« les gens », « les individus », « les leaders »), elle mesure si le répondant considère que, dans la société au sens large, le succès est le fruit exclusif du travail acharné, de la compétence et de la persévérance, ou s’il dépend du hasard, des relations et des circonstances fortuites. Un score élevé d’internalité sur cette dimension reflète l’adhésion à l’idéologie méritocratique standard, indépendamment de ce que le sujet vit dans sa propre existence.

2. Le Contrôle personnel (Personal Control)

Exprimée strictement à la première personne (« je », « moi », « dans mon cas »), cette dimension mesure le sentiment d’agentivité propre du répondant. Elle évalue l’attente subjective selon laquelle ses propres efforts, décisions et compétences produisent directement les résultats et renforcements qu’il obtient. Il s’agit du véritable équivalent du sentiment d’auto-efficacité appliqué au lieu de contrôle. Des recherches empiriques approfondies ont démontré que le Contrôle personnel est la seule composante du lieu de contrôle directement corrélée aux performances scolaires, aux choix de carrière ambitieux et à l’autorégulation chez les étudiants marginalisés.

3. La Modifiabilité du système (System Modifiability)

Cette composante porte sur les croyances relatives à l’ouverture, la plasticité ou l’inertie des institutions politiques, juridiques et sociales. Elle mesure si le sujet perçoit les injustices sociales, la discrimination et les conflits politiques comme des phénomènes figés, immuables et intrinsèques à la nature humaine, ou comme des structures transformables par l’action collective, la pression sociale et la mobilisation citoyenne. L’externalité sur cette dimension renvoie au fatalisme institutionnel, tandis que l’internalité traduit une confiance dans le changement social.

4. L’Attribution individuelle versus systémique du blâme (Individual-System Blame)

Spécifiquement développée pour appréhender les dynamiques de groupe et les barrières raciales ou socio-économiques, cette sous-dimension évalue la causalité perçue des difficultés vécues par les membres de minorités. Le répondant doit arbitrer entre une explication individualisante déficitaire (manque de préparation, manque de volonté, inaptitude) et une explication structurelle institutionnelle (discrimination à l’embauche, ségrégation, opportunités refusées malgré des qualifications équivalentes). Elle permet de distinguer l’auto-blâme pathogène de la conscience sociopolitique critique.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le socle théorique de l’instrument s’enracine dans la théorie de l’apprentissage social (Social Learning Theory) formulée par Julian B. Rotter (1954, 1966). Selon ce paradigme, le potentiel d’occurrence d’un comportement spécifique dans une situation donnée dépend de l’attente (expectancy) que ce comportement conduira à un renforcement spécifique, combinée à la valeur subjective attribuée à ce renforcement (reinforcement value) :

BPx,s1,Ra = f(Ex,Ra,s1 & RVa,s1)

Dans ce modèle mathématique et conceptuel, lorsque les situations sont nouvelles ou ambiguës, les individus s’appuient sur des « attentes généralisées ». Le lieu de contrôle interne-externe représente l’une des attentes généralisées les plus puissantes. Toutefois, la théorie originale de Rotter postulait une transférabilité universelle de ce construit : si un sujet est « interne », il est censé croire qu’il contrôle sa vie et que les gens contrôlent la leur dans la société.

Gurin et ses collègues ont enrichi ce paradigme en croisant la théorie de l’apprentissage social avec les théories de l’attribution causale de Fritz Heider (1958) et de Bernard Weiner (1971), ainsi qu’avec les perspectives sociologiques sur l’aliénation et la conscience de classe. Ils ont fait remarquer que l’attribution de causalité implique deux vecteurs distincts : le lieu de causalité (interne/externe) et la contrôlabilité de la tâche. Pour un groupe social dominant, les règles sociétales sont alignées sur ses intérêts ; par conséquent, l’internalité idéologique et l’internalité personnelle se chevauchent naturellement.

À l’inverse, pour un groupe dominé ou discriminé, adhérer aveuglément à l’internalité idéologique (« tout le monde peut réussir s’il travaille dur ») tout en constatant l’échec récurrent imposé par le racisme crée une dissonance cognitive destructrice. L’individu est alors contraint de conclure qu’il est intrinsèquement inférieur (auto-blâme). La formulation théorique de Gurin démontre que la santé mentale et la combativité exigent une dissociation : maintenir une internalité personnelle (croire en son efficacité propre) tout en développant une externalité systémique (reconnaître que les obstacles sont situés dans le système discriminatoire et non dans ses propres déficiences).

7. Validité / Validity

Les propriétés psychométriques relatives à la validité de l’Échelle multidimensionnelle I-E ont fait l’objet d’investigations exhaustives dans l’étude princeps de Gurin et al. (1969) auprès d’un échantillon représentatif de 1 695 étudiants afro-américains inscrits dans des collèges et universités du Sud des États-Unis, ainsi que dans des réplications ultérieures (Lao, 1970 ; Mirels, 1970) :

Validité de construit

La validité de construit a été solidement établie par l’indépendance factorielle empirique entre l’Idéologie du contrôle et le Contrôle personnel. Les analyses factorielles ont démontré que les items formulés à la première personne chargeaient massivement sur un facteur isolé, tandis que les items rédigés à la troisième personne saturaient sur un facteur distinct. Si le construit était unidimensionnel comme le prétendait Rotter, ces items convergeraient sur un facteur général unique. La séparation nette des saturations factorielles confirme la distinction entre idéologie générale et sentiment d’efficacité personnelle.

Validité convergente et discriminante

La validité discriminante a été confirmée en corrélant les sous-échelles avec des mesures de désirabilité sociale (notamment l’échelle de Marlow-Crowne). Alors que l’échelle générale de Rotter présente parfois des corrélations modérées avec la désirabilité sociale, la sous-échelle de Contrôle personnel de Gurin montre une indépendance statistique remarquable face aux biais de conformisme social. De surcroît, les corrélations entre la dimension de Blâme individuel/systémique et des mesures d’anxiété générale ont prouvé que la reconnaissance du blâme systémique n’est pas une simple projection défensive névrotique, mais une évaluation sociologique lucide.

Validité prédictive et critériée

Les résultats de validité prédictive constituent l’apport le plus déterminant de l’instrument :

  • Performance et aspirations académiques : Le Contrôle personnel prédit de manière positive et hautement significative la moyenne générale universitaire (GPA), le niveau d’aspiration professionnelle et le temps consacré à l’étude (r oscillant entre 0,28 et 0,39, p < 0,001). À l’inverse, l’Idéologie du contrôle ne prédit absolument pas la réussite scolaire individuelle.
  • Comportement militant et action collective : Les étudiants attribuant les difficultés au système (externalité sur la dimension de blâme) et croyant en la modifiabilité du système étaient significativement plus susceptibles de participer activement aux mouvements pour les droits civiques, aux boycotts et aux manifestations politiques. En revanche, les étudiants internes sur le plan idéologique évitaient l’action collective, attribuant à tort l’échec des minorités à une paresse individuelle.

8. Fidélité / Reliability

L’évaluation de la fidélité de l’Échelle multidimensionnelle I-E s’appuie sur des protocoles quantitatifs appliqués aux formats de choix forcé :

Cohérence interne

Les coefficients de cohérence interne calculés via la formule 20 de Kuder-Richardson (KR-20) et le coefficient alpha de Cronbach adapté aux variables dichotomiques se sont révélés très satisfaisants pour des sous-échelles factorielles courtes :

  • Idéologie du contrôle : Les estimations de cohérence interne oscillent entre α = 0,69 et α = 0,75 selon les cohortes étudiées, ce qui dénote une très bonne homogénéité des items normatifs généraux.
  • Contrôle personnel : Les coefficients se situent régulièrement entre α = 0,65 et α = 0,72. Bien que modeste selon les standards contemporains des échelles de Likert à 7 points, ce niveau est statistiquement robuste pour une échelle brève de choix forcé ne comportant que quelques paires dichotomiques.
  • Dimensions raciales et systémiques : Les sous-échelles évaluant l’Action collective vs individuelle et le Blâme systémique présentent des coefficients KR-20 variant de 0,62 à 0,70.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest évaluée sur un intervalle de deux mois auprès d’échantillons universitaires a produit des coefficients de corrélation de Pearson compris entre r = 0,71 et r = 0,79 pour le Contrôle personnel, et entre r = 0,74 et r = 0,83 pour l’Idéologie du contrôle. Ces données confirment que les sous-échelles mesurent des traits cognitifs et des croyances relativement stables dans le temps, tout en demeurant sensibles aux transformations politiques majeures de l’environnement social.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’architecture de l’instrument repose sur une analyse factorielle exploratoire initiale menée par Gurin et al. (1969) à partir d’un ensemble combiné comprenant les items originaux de Rotter et des items créés sur mesure pour capturer les dimensions raciales et sociopolitiques de l’époque. Une extraction par composantes principales suivie d’une rotation orthogonale Varimax et de rotations obliques Promax a permis d’extraire une structure multidimensionnelle stable :

Structure factorielle des items généraux de Rotter

L’analyse des items dérivés de l’instrument de Rotter a clairement scindé la variance en trois facteurs primaires expliquant la majorité de la variance commune :

  • Facteur I : Idéologie du contrôle (Control Ideology) : Expliquant environ 40 % de la variance commune extraite. Ce facteur regroupe les items classiques relatifs au succès, au leadership, aux examens scolaires et aux relations interpersonnelles, tous rédigés à la troisième personne (ex. items 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13). Les saturations factorielles de ces items dépassent régulièrement 0,45.
  • Facteur II : Contrôle personnel (Personal Control) : Expliquant approximativement 22 % de la variance commune. Ce facteur regroupe exclusivement les items énoncés à la première personne singulière (items 14, 15, 16, 17, 18), avec des saturations factorielles très élevées comprises entre 0,52 et 0,68.
  • Facteur III : Modifiabilité du système (System Modifiability) : Facteur politique regroupant les croyances sur la possibilité pour les citoyens d’influer sur la guerre, la paix et les décisions gouvernementales mondiales (items 19, 21).

Structure factorielle des items relatifs aux dynamiques raciales

Pour les items portant spécifiquement sur la condition des Noirs américains, l’analyse a extrait quatre facteurs nets :

  • Facteur I (Action individuelle vs collective) : Oppose la croyance selon laquelle l’éducation individuelle suffit à surmonter les obstacles à la conviction que seule l’action collective des droits civiques peut apporter le changement.
  • Facteur II (Modifiabilité de la discrimination) : Évalue si la discrimination raciale est considérée comme une fatalité immuable ou une injustice éliminable par l’effort sociopolitique.
  • Facteur III (Blâme individuel vs systémique) : Oppose l’attribution des échecs professionnels à un manque de compétences personnelles à l’attribution aux barrières raciales du marché du travail.
  • Facteur IV (Militantisme racial) : Oppose les stratégies de négociation modérée avec les élites blanches aux stratégies de protestation publique et de pression constante.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous les caractéristiques structurelles et méthodologiques suivantes :

  • Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation des croyances de contrôle (auto-rapporté).
  • Format des réponses : Format de choix forcé dyadique (forced-choice between two alternative statements: a or b). Pour chaque item numéroté, le répondant doit obligatoirement choisir entre l’énoncé a et l’énoncé b, celui qui reflète le plus fidèlement son opinion personnelle.
  • Nombre total d’items : La version d’investigation étendue originale comprend jusqu’à 39 items généraux et 13 items spécifiques aux contextes sociopolitiques et raciaux. La batterie standard vérifiée analysée dans les écrits académiques comprend les 23 items de Rotter décomposés en sous-échelles de contrôle idéologique et personnel.
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Pour chaque paire d’énoncés, une option représente l’orientation interne et l’autre option représente l’orientation externe.
    • Traditionnellement, un point (1) est attribué pour chaque choix externe sélectionné, et zéro point (0) pour le choix interne (le système inverse est également documenté dans certaines études en fonction de l’indicateur d’internalité recherché).
    • Des scores distincts sont calculés pour chaque sous-échelle : score d’Idéologie du contrôle (somme des items correspondants), score de Contrôle personnel, score de Modifiabilité systémique, etc.
    • Règle d’inversion / Reverse scoring : Selon la disposition des lettres (a ou b), l’énoncé interne peut être placé en première ou en seconde position afin de neutraliser tout biais de position.
  • Temps d’administration : Environ 15 à 20 minutes pour la passation complète.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1969. Publié dans le volume séminal du Journal of Social Issues consacré à la motivation des jeunes afro-américains, ainsi que dans le recueil d’instruments de l’Institut de recherche sociale de l’Université du Michigan (Robinson & Shaver, 1969).
  • Statut du droit d’auteur et permissions : L’instrument appartient au domaine public académique (academic open-access instrument) à des fins d’enseignement, de formation et de recherche non commerciale. Il a été mis à disposition de la communauté scientifique sans redevance par l’Institute for Social Research.
  • Tarifs d’utilisation : Entièrement gratuit (0 € / 0 $). Aucune licence commerciale n’est requise pour administrer l’échelle dans le cadre de recherches universitaires ou d’évaluations scientifiques. Les auteurs demandent uniquement la citation formelle de la publication de référence de 1969.

12. Références / References

Les références suivantes respectent strictement les normes du style APA 7e édition :

  • Gurin, P., Gurin, G., Lao, R. C., & Beattie, M. (1969). Internal-external control in the motivational dynamics of Negro youth. Journal of Social Issues, 25(3), 29–83. https://doi.org/10.1111/j.1540-4560.1969.tb00605.x
  • Heider, F. (1958). The psychology of interpersonal relations. John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1037/10628-000
  • Lao, R. C. (1970). Internal-external control and competence and innovative behavior among Negro college students. Journal of Personality and Social Psychology, 14(3), 263–270. https://doi.org/10.1037/h0028930
  • Lefcourt, H. M. (1982). Locus of control: Current trends in theory & research (2nd ed.). Lawrence Erlbaum Associates.
  • Mirels, H. L. (1970). Dimensions of internal versus external control. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 34(2), 226–228. https://doi.org/10.1037/h0029005
  • Robinson, J. P., & Shaver, P. R. (1969). Measures of political attitudes. Survey Research Center, Institute for Social Research, University of Michigan. Lien ISR
  • Rotter, J. B. (1954). Social learning and clinical psychology. Prentice-Hall. https://doi.org/10.1037/10788-000
  • Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
  • Weiner, B. (1971). Perceiving the causes of success and failure. General Learning Press.

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: Each item consists of a pair of alternative statements (a and b). Select the one statement in each pair which you more strongly believe to be the case as far as you're concerned.
Response Scale: Forced-choice between two alternative statements (a or b)
Scoring / Reverse Items: Derived from Rotter's 23 non-filler items and modified/factor analyzed into multidimensional subscales. The primary subscales identified are: Control Ideology (general beliefs about control in society), Personal Control (beliefs about control over one's own life/outcomes), System Modifiability, and Individual-System Blame. Items are scored 1 for the external choice and 0 for the internal choice (or vice versa depending on scoring protocol).
1

a. Without the right breaks one cannot be an effective leader.
b.

Capable people who fail to become leaders have not taken advantage of their opportunities.

2

a. No matter how hard you try, some people just don't like you.
b.

People who can't get others to like them, don't understand how to get along with others.

3

a. In the case of the well prepared student, there is rarely if ever such a thing as an unfair test.
b.

Many times exam questions tend to be so unrelated to course work that studying is really useless.

4

a. Becoming a success is a matter of hard work; luck has little or nothing to do with it.
b.

Getting a good job depends mainly on being in the right place at the right time.

5

a. The average citizen can have an influence in government decisions.
b.

This world is run by the few people in power, and there is not much the little guy can do about it.

6

a. As far as world affairs are concerned, most of us are the victims of forces we can neither understand nor control.
b.

By taking an active part in political and social affairs the people can control world events.

7

a. Most people don't realize the extent to which their lives are controlled by accidental happenings.
b.

There really is no such thing as 'luck'.

8

a. With enough effort we can wipe out political corruption.
b.

It is difficult for people to have much control over the things politicians do in office.

9

a. Sometimes I can't understand how teachers arrive at the grades they give.
b.

There is a direct connection between how hard I study and the grades I get.

10

a. Many times I feel that I have little influence over the things that happen to me.
b.

It is impossible for me to believe that chance or luck plays an important role in my life.

11

a. People are lonely because they don't try to be friendly.
b.

There's not much use in trying too hard to please people, if they like you, they like you.

12

a. What happens to me is my own doing.
b.

Sometimes I feel that I don't have enough control over the direction my life is taking.

13

a. Most of the time I can't understand why politicians behave the way they do.
b.

In the long run the people are responsible for bad government on a national as well as on a local level.

14

a. Many of the unhappy things in people's lives are partly due to bad luck.
b.

People's misfortunes result from the mistakes they make.

15

a. In my case getting what I want has little or nothing to do with luck.
b.

Many times we might just as well decide what to do by flipping a coin.

16

a. Who gets to be the boss often depends on who was lucky enough to be in the right place first.
b.

Getting people to do the right thing depends upon ability; luck has little or nothing to do with it.

17

a. Most people don't realize the extent to which their lives are controlled by accidental happenings.
b.

There really is no such thing as luck.

18

a. It is hard to know whether or not a person really likes you.
b.

How many friends you have depends upon how nice a person you are.

19

a. In the long run the bad things that happen to us are balanced by the good ones.
b.

Most misfortunes are the result of lack of ability, ignorance, laziness, or all three.

20

a. Too many people don't realize how much their lives are governed by accidental happenings.
b.

There is really no such thing as luck.

21

a. One should always be willing to admit mistakes.
b.

It is usually best to cover up one's mistakes.

22

a. How many friends you have depends on how nice a person you are.
b.

It is hard to know whether or not a person really likes you.

23

a. Sometimes I feel that I don't have enough control over the direction my life is taking.
b.

What happens to me is my own doing.

★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Échelle multidimensionnelle I-E. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-multidimensionnelle-i-e/
Looti, Mohammed. “Échelle multidimensionnelle I-E.” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-multidimensionnelle-i-e/.
Looti, Mohammed. “Échelle multidimensionnelle I-E.” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-multidimensionnelle-i-e/.