Échelle multidimensionnelle du soutien social perçu (MPSSZ)

Découvrez l’Échelle multidimensionnelle du soutien social perçu (MPSSZ / MSPSS) de Zimet et al. : analyse psychométrique complète, cadre théorique, validité, fidélité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle multidimensionnelle du soutien social perçu (en anglais, Multidimensional Scale of Perceived Social Support ou MSPSS / MPSSZ), développée initialement par Gregory D. Zimet et ses collaborateurs en 1988, constitue l’un des instruments psychométriques les plus rigoureux et les plus largement employés à l’échelle internationale pour évaluer l’évaluation subjective qu’un individu fait de l’adéquation du soutien social dont il bénéficie. Contrairement aux approches structurelles qui quantifient la taille du réseau social ou la fréquence des interactions objectives, la MPSSZ appréhende le soutien social comme une construction cognitive et phénoménologique complexe. L’instrument est composé de 12 énoncés concis et équilibrés, répartis de manière égale entre trois sources relationnelles distinctes : la famille (Family, 4 items), les amis (Friends, 4 items) et une personne significative ou figure d’attachement privilégiée (Significant Other, 4 items). Les répondants expriment leur degré d’accord à l’aide d’une échelle de Likert authentique en 7 points, s’étendant de 1 (« Très fortement en désaccord » / Very Strongly Disagree) à 7 (« Très fortement d’accord » / Very Strongly Agree).

Sur le plan psychométrique, l’instrument présente des propriétés de mesure remarquables et constantes à travers une immense variété de contextes culturels, linguistiques, cliniques et démographiques. La cohérence interne est systématiquement élevée, affichant des coefficients alpha de Cronbach globaux oscillant généralement entre 0,85 et 0,93, tandis que les sous-échelles individuelles présentent des valeurs robustes situées entre 0,80 et 0,94. La stabilité temporelle, évaluée par le test-retest à des intervalles de plusieurs semaines, confirme une excellente fiabilité avec des coefficients de corrélation variant de 0,72 à 0,85. L’analyse factorielle confirmatoire démontre de manière récurrente la supériorité empirique d’un modèle trifactoriel oblique par rapport à des solutions unifactorielles ou bifactorielles, confirmant la distinction psychologique opérée par les individus entre le soutien intime personnalisé, le soutien familial et l’intégration au groupe de pairs. En outre, la MPSSZ fait preuve d’une solide validité convergente et prédictive, corrélant négativement de façon significative avec la dépression, l’anxiété, le stress perçu et la détresse somatique, tout en entretenant des associations positives substantielles avec l’estime de soi, le bien-être subjectif, la résilience psychologique et l’observance thérapeutique.

2. Mots-clés / Keywords

Soutien social perçu, Psychométrie, Analyse factorielle confirmatoire, Relations interpersonnelles, Famille, Amis, Personne significative, Détresse psychologique, Résilience, Échelle d’évaluation, Santé mentale, Validité de construit

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été conçu et validé par une équipe de chercheurs et cliniciens pionniers en psychologie médicale et psychiatrie du développement de l’Université de Denver et du Centre des sciences de la santé de l’Université du Colorado :

  • Gregory D. Zimet, Ph.D. : Professeur émérite de pédiatrie et de psychologie clinique au sein de la Division de médecine de l’adolescent, Indiana University School of Medicine, Indianapolis, Indiana, États-Unis. Chercheur prolifique dans le domaine des comportements de santé, de la communication médicale et du soutien psychosocial. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Nancy W. Dahlem, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse affiliée au Département de psychiatrie de l’University of Colorado Health Sciences Center, Denver, Colorado, États-Unis. Spécialiste des processus adaptatifs et des réseaux de soutien chez les jeunes adultes.
  • Sara G. Zimet, Ed.D. : Professeure associée en psychiatrie au Département de psychiatrie de l’University of Colorado Health Sciences Center, Denver, Colorado, États-Unis. Ses travaux portent sur le développement de l’enfant, l’éducation spécialisée et les dynamiques de soutien familial.
  • Gordon K. Farley, M.D. : Pédopsychiatre et professeur au Département de psychiatrie de l’University of Colorado Health Sciences Center et au Day Care Center de Denver, États-Unis. Expert reconnu dans les interventions systémiques et le traitement des troubles émotionnels sévères chez l’adolescent.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle multidimensionnelle du soutien social perçu (MPSSZ) est de fournir une mesure brève, psychométriquement rigoureuse, non intrusive et théoriquement ancrée de l’évaluation subjective qu’un individu formule quant à la disponibilité et à la qualité du soutien social dispensé par trois sphères relationnelles cardinales : les membres de la famille, le cercle amical et une personne significative singulière. Lors de son élaboration à la fin des années 1980, le paysage de la recherche sur le soutien social souffrait d’une fragmentation méthodologique considérable. La majorité des instruments existants, tels que le Social Support Questionnaire (SSQ) de Sarason ou l’Interpersonal Support Evaluation List (ISEL) de Cohen et Hoberman, présentaient des contraintes logistiques majeures : une grande longueur d’administration, une complexité cognitive excessive pour les populations vulnérables ou souffrantes, et une tendance à agréger indistinctement les sources de soutien ou à confondre les dimensions structurelles (taille du réseau) et fonctionnelles (perception de l’aide disponible).

Zimet et ses collaborateurs ont conçu la MPSSZ pour remédier spécifiquement à ces limitations en postulant que la provenance relationnelle du soutien est tout aussi cruciale, sinon plus, que la nature intrinsèque de l’aide fournie. L’instrument cherche à identifier comment les perceptions d’aide varient selon le contexte de vie de l’individu et à déterminer quelle sphère relationnelle exerce le rôle protecteur le plus déterminant face au stress ou à l’adversité. En recherche fondamentale comme en psychologie appliquée, l’échelle permet de tester avec précision les modèles de médiation et de modération de l’effet tampon du soutien social (buffering hypothesis). Elle est couramment déployée dans les protocoles évaluant les trajectoires d’adaptation face aux maladies chroniques (cancers, maladies cardiovasculaires, infection par le VIH), les transitions de vie critiques (entrée à l’université, parentalité, retraite), ainsi que dans l’étude des traumatismes et des troubles de l’humeur.

Dans la pratique clinique, la MPSSZ opère comme un outil de dépistage et de diagnostic écosystémique exceptionnel. En moins de cinq minutes de passation, le praticien obtient une cartographie différentielle des ressources relationnelles perçues par le patient. Cette granularité permet de déceler des configurations relationnelles dysfonctionnelles ou déséquilibrées, par exemple un individu bénéficiant d’un réseau amical chaleureux mais totalement isolé sur le plan affectif intime ou en rupture de ban familial. Ces informations s’avèrent indispensables pour concevoir des interventions psychothérapeutiques ciblées, mobiliser l’entourage adéquat, ou orienter les personnes vers des groupes de soutien par les pairs lorsque le tissu familial est défaillant ou toxique.

Enfin, dans les domaines contemporains de la recherche translationnelle, du comportement du consommateur et du marketing social, l’instrument s’est vu réinvesti pour mesurer le concept d’ancrage social (social embeddedness) et vérifier l’efficacité des manipulations expérimentales instaurant un sentiment d’appartenance ou d’isolement social. La brièveté de ses 12 items en fait une échelle de prédilection pour les devis longitudinaux exigeants, la collecte de données écologiques momentanées (EMA) et les vastes enquêtes épidémiologiques en santé publique.

5. Construit psychologique / Construct

Le concept central mesuré par la MPSSZ est le soutien social perçu (perceived social support), défini comme la croyance cognitive et la conviction affective générale d’un individu selon lesquelles des secours, de l’assistance, de la sollicitude et de l’amour sont disponibles au sein de son environnement interpersonnel en cas de besoin. Il importe de distinguer formellement le soutien social perçu du soutien social reçu (les comportements effectifs d’aide délivrés par autrui lors d’un épisode de détresse) et de l’intégration sociale structurelle (l’étendue brute du réseau social). Les méta-analyses contemporaines en psychologie de la santé ont irréfutablement démontré que le soutien social perçu est le prédicteur le plus robuste et le plus constant du bien-être psychologique, de la morbidité et de la mortalité, surpassant largement les métriques objectives de connectivité sociale.

La MPSSZ conceptualise ce construit à travers une structure tripartite orthogonale/oblique comprenant trois dimensions relationnelles fonctionnelles :

5.1. La dimension du soutien familial (Family Subscale)

Cette sous-échelle, opérationnalisée par les items 3, 4, 8 et 11, mesure l’étendue perçue de l’engagement, de l’assistance et de la réceptivité émotionnelle émanant de la cellule familiale d’origine ou de cohabitation. Les items explorent non seulement l’aide instrumentale concrète (« My family really tries to help me ») et la guidance cognitive lors des processus décisionnels (« My family is willing to help me make decisions »), mais aussi la disponibilité d’un espace d’étayage émotionnel inconditionnel et la liberté d’expression de la vulnérabilité (« I can talk about my problems with my family », « I get the emotional help and support I need from my family »). Le soutien familial constitue le socle primordial de l’attachement et offre un sentiment de sécurité de base particulièrement décisif lors des périodes de bouleversement développemental ou de détresse physique aiguë.

5.2. La dimension du soutien des amis (Friends Subscale)

Composée des items 6, 7, 9 et 12, cette dimension évalue la perception qu’a le sujet du soutien offert par son cercle de pairs et ses relations amicales électives. Contrairement aux liens familiaux, qui sont prescrits et marqués par une asymétrie générationnelle ou des obligations morales, les relations d’amitié reposent sur l’affiliation volontaire, la réciprocité horizontale et la parité statutaire. L’échelle mesure la confiance en l’intervention des amis face aux aléas de l’existence (« I can count on my friends when things go wrong »), la perception d’efforts altruistes délibérés (« My friends really try to help me »), la liberté de divulgation des difficultés personnelles (« I can talk about my problems with my friends ») et le partage des expériences affectives intenses (« I have friends with whom I can share my joys and sorrows »). Ce soutien est un facteur de protection fondamental contre l’anxiété sociale, l’aliénation et la solitude, particulièrement chez l’adolescent et l’adulte émergent.

5.3. La dimension de la personne significative (Significant Other Subscale)

Couvrant les items 1, 2, 5 et 10, cette sous-échelle capte la présence d’une figure d’attachement singulière et privilégiée dans la vie de l’évalué (« There is a special person… »). Le génie de la conceptualisation de Zimet et al. réside dans la formulation délibérément flexible et ouverte de cette entité relationnelle : il peut s’agir d’un partenaire amoureux, d’un conjoint, d’un mentor, d’un guide spirituel, d’un tuteur, d’un thérapeute ou d’un professionnel de santé de référence. Les énoncés ciblent la présence rassurante en cas de nécessité impérieuse (item 1), le partage des états affectifs polaires (joies et peines, item 2), la fonction de réconfort existentiel profond (item 5) et l’empathie individualisée (« There is a special person in my life who cares about my feelings », item 10). Cette dimension isole la composante d’intimité dyadique indispensable au sentiment d’être profondément compris et valorisé en tant qu’être unique.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration de la MPSSZ s’enracine au confluent de trois paradigmes théoriques majeurs de la psychologie contemporaine : le modèle transactionnel du stress et du coping, l’hypothèse de l’effet tampon du soutien social, et la théorie de l’attachement.

En premier lieu, le cadre du modèle transactionnel du stress formulé par Richard Lazarus et Susan Folkman (1984) fournit l’armature cognitive sous-jacente. Selon Lazarus et Folkman, le stress psychologique n’est pas un attribut environnemental objectif, mais le résultat d’une double évaluation : une évaluation primaire (la situation constitue-t-elle une menace ou un défi ?) et une évaluation secondaire (quelles sont mes ressources disponibles pour y faire face ?). Le soutien social perçu intervient comme une ressource d’évaluation secondaire de premier ordre. Savoir que l’on dispose d’individus fiables au sein de son environnement modifie en amont la perception de la menace : l’événement stressant apparaît moins insurmontable, ce qui atténue la réactivité neuroendocrinienne et prévient l’épuisement émotionnel.

En second lieu, l’instrument s’articule directement autour de l’hypothèse de l’effet tampon (stress-buffering hypothesis) systématisée par Sheldon Cohen et Thomas A. Wills (1985). Cette approche postule que le soutien social agit comme un modérateur protecteur face aux effets délétères des stresseurs chroniques ou aigus sur la santé physique et mentale. Cohen et Wills ont souligné que pour qu’un soutien soit efficace, il doit y avoir une adéquation fonctionnelle (optimal matching) entre les besoins suscités par le stresseur et la nature du soutien fourni. Zimet et al. ont enrichi cette théorie en démontrant que l’adéquation ne dépend pas uniquement du type d’aide (émotionnelle, instrumentale, informationnelle), mais de la source relationnelle émettrice. Par exemple, une rupture sentimentale ou une détresse existentielle requiert prioritairement le réconfort d’un pair ou d’une personne significative, tandis que des difficultés financières ou logistiques lourdes sont plus efficacement étayées par la cellule familiale.

Enfin, la MPSSZ est intimement liée à la théorie de l’attachement développée par John Bowlby. La sous-échelle de la « personne significative » et celle de la « famille » reflètent directement l’opérationnalisation des modèles internes opérants (internal working models) décrits par Bowlby. L’enfant, puis l’adulte, intériorise des représentations de la disponibilité et de la bienveillance de ses figures d’attachement. Un individu ayant consolidé un schéma d’attachement sécure percevra avec acuité la disponibilité de figures réconfortantes (« a real source of comfort ») et se sentira légitime pour divulguer ses souffrances (« talk about my problems »), érigeant ainsi un rempart psychologique solide contre la psychopathologie.

7. Validité / Validity

L’évaluation psychométrique de la MPSSZ a fait l’objet d’un corpus considérable d’investigations empiriques attestant de son exceptionnelle validité psychométrique sous toutes ses formes.

7.1. Validité de construit et validité factorielle

La validité de construit a été établie dès l’étude princeps de Zimet et al. (1988) auprès d’étudiants universitaires, puis répliquée dans des cohortes cliniques et non cliniques diversifiées (Zimet et al., 1990 ; Canty-Mitchell & Zimet, 2000). Les analyses factorielles démontrent systématiquement que les 12 items s’organisent selon la structure trifactorielle postulée, chaque item présentant une saturation primaire très élevée (généralement > 0,70) sur son facteur source assigné, sans saturation croisée notable (< 0,30). Cette invariance structurelle prouve que les sujets distinguent sans ambiguïté les trois sphères d’étayage social.

7.2. Validité convergente

La validité convergente de l’échelle est solidement corroborée par ses corrélations statistiquement significatives avec de multiples instruments psychométriques validés mesurant des construits théoriquement connexes. Dans l’étude originale de Zimet et al. (1988), le score total de la MPSSZ ainsi que ses trois sous-échelles présentaient des corrélations négatives significatives avec les scores de dépression et d’anxiété mesurés par l’échelle Hopkins Symptom Checklist (HSCL) :

  • Dépression : corrélations négatives variant de r = -0,22 (soutien des amis) à r = -0,25 (score total, p < 0,01).
  • Anxiété somatique et psychique : corrélations de r = -0,18 à r = -0,24 (p < 0,05).

Des recherches ultérieures ont révélé des corrélations positives substantielles entre la MPSSZ et l’estime de soi évaluée par l’échelle de Rosenberg (coefficients oscillant entre r = 0,35 et r = 0,52), la satisfaction de vie (Satisfaction with Life Scale de Diener, r > 0,45) et le sentiment d’auto-efficacité générale. En milieu médical, des niveaux élevés de MPSSZ sont associés de façon convergente à une meilleure qualité de vie liée à la santé (SF-36) et à des marqueurs physiologiques d’adaptation au stress (taux de cortisol salivaire plus stables, meilleure régulation vagale).

7.3. Validité discriminante et prédictive

La validité discriminante est attestée par le fait que les dimensions de la MPSSZ ne se superposent pas à des construits de personnalité tels que le névrosisme ou l’extraversion, bien que des liens théoriquement attendus et modérés existent. De plus, l’instrument discrimine avec netteté les populations cliniques présentant des réseaux sociaux altérés (par exemple, les patients atteints de schizophrénie, d’addictions sévères ou de troubles dépressifs majeurs) des populations témoins non cliniques, les premiers obtenant des scores significativement inférieurs sur l’ensemble des dimensions.

Sur le plan prédictif, de multiples études longitudinales ont confirmé que des scores initiaux élevés à la MPSSZ prédisent une réduction prospective du risque de rechute dépressive post-partum, une diminution des idéations suicidaires chez les adolescents en crise, et une adhérence thérapeutique significativement supérieure chez les patients porteurs de pathologies chroniques.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’Échelle multidimensionnelle du soutien social perçu a été documentée de manière rigoureuse, démontrant une homogénéité interne remarquable ainsi qu’une excellente stabilité temporelle à travers le temps.

8.1. Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Dans l’échantillon initial de validation (Zimet et al., 1988 ; N = 275 étudiants de premier cycle), les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach, $\alpha$) étaient particulièrement élevés pour un instrument ne comportant que 4 items par sous-échelle :

  • Sous-échelle Personne significative (Significant Other) : $\alpha = 0{,}91$
  • Sous-échelle Famille (Family) : $\alpha = 0{,}87$
  • Sous-échelle Amis (Friends) : $\alpha = 0{,}85$
  • Échelle globale (Total Scale) : $\alpha = 0{,}88$

Lors d’une réplication ultérieure menée par Zimet et al. (1990) auprès de trois populations distinctes comprenant des adolescents suivis en clinique psychiatrique, des femmes enceintes issues de milieux défavorisés et des étudiants en médecine, la cohérence interne a maintenu des valeurs impressionnantes, s’élevant jusqu’à $\alpha = 0{,}93$ pour le score total et oscillant entre 0,83 et 0,94 pour les différentes sous-échelles. Ces indices d’homogénéité confirment que les items constitutifs de chaque dimension mesurent avec une grande précision le même construit sous-jacent sans redondance inutile.

8.2. Stabilité temporelle (Fidélité Test-Retest)

La fidélité test-retest a été examinée dans l’étude princeps sur un sous-échantillon de 69 participants réévalués après un intervalle temporel de 2 à 3 mois. Les coefficients de corrélation de Pearson ont témoigné d’une excellente consistance longitudinale du construit, tout en reflétant la sensibilité potentielle de l’instrument aux variations écologiques des événements de vie :

  • Sous-échelle Personne significative : $r = 0{,}72$ ($p < 0{,}001$)
  • Sous-échelle Famille : $r = 0{,}85$ ($p < 0{,}001$)
  • Sous-échelle Amis : $r = 0{,}75$ ($p < 0{,}001$)
  • Échelle globale : $r = 0{,}85$ ($p < 0{,}001$)

Ces coefficients confirment que le soutien social perçu fonctionne chez l’adulte comme une disposition cognitive relativement stable (analogue à un trait), tout en conservant une plasticité suffisante pour enregistrer des transitions réelles dans le statut relationnel de l’individu.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La confirmation de l’architecture factorielle de la MPSSZ constitue l’une des réussites psychométriques les plus documentées de la littérature des questionnaires d’évaluation sociale.

9.1. Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Dans les travaux initiaux de Zimet et al. (1988), une analyse factorielle exploratoire (méthode des composantes principales avec rotation varimax orthogonale, puis confirmée par rotation oblique oblimin) a été conduite sur les réponses des 275 participants. Les critères d’extraction conventionnels (valeurs propres supérieures à 1 selon la règle de Kaiser et examen du diagramme d’éboulis de Cattell) ont clairement indiqué une solution à trois facteurs distincts expliquant 66,3 % de la variance totale des données :

  • Le premier facteur extrait correspondait à la dimension Personne significative, expliquant 34,2 % de la variance (valeur propre = 4,10). Les saturations factorielles des items 1, 2, 5 et 10 s’échelonnaient de 0,80 à 0,89.
  • Le deuxième facteur correspondait à la dimension Famille, expliquant 18,9 % de la variance supplémentaire (valeur propre = 2,27). Les saturations factorielles des items 3, 4, 8 et 11 s’échelonnaient de 0,73 à 0,86.
  • Le troisième facteur correspondait à la dimension Amis, expliquant 13,2 % de la variance additionnelle (valeur propre = 1,59). Les saturations factorielles des items 6, 7, 9 et 12 s’échelonnaient de 0,69 à 0,84.

De façon remarquable, aucune saturation croisée n’excédait 0,28, attestant d’une pureté factorielle exceptionnelle des items originaux.

9.2. Analyse factorielle confirmatoire (AFC) et invariance de mesure

Au cours des trois décennies suivantes, des centaines d’études ont appliqué l’analyse factorielle confirmatoire (modélisation par équations structurelles) pour comparer plusieurs modèles concurrents : un modèle unifactoriel (un facteur général de soutien indifférencié), un modèle bifactoriel (famille vs non-famille), et le modèle trifactoriel oblique original (trois facteurs corrélés : Famille, Amis, Personne significative).

Les résultats rapportés de façon quasi unanime dans la littérature internationale (p. ex., Clara et al., 2003 ; Denis et al., 2015 pour la version française validée) indiquent que le modèle trifactoriel oblique surpasse systématiquement l’ensemble des modèles concurrents, affichant des indices d’adéquation exemplaires :

  • $\chi^2 / ext{dl} < 2{,}5$
  • Comparative Fit Index (CFI) > 0,96
  • Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,95
  • Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) ≤ 0,05 (IC à 90 % [0,038 ; 0,064])
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) ≤ 0,04

Les corrélations inter-facteurs observées dans ces modèles oscillent modérément entre $r = 0{,}30$ et $r = 0{,}55$, ce qui prouve la complémentarité des dimensions tout en garantissant leur indépendance conceptuelle. Enfin, des tests d’invariance de mesure multi-groupes ont démontré une stricte invariance configurationnelle, métrique et scalaire selon le genre, le statut socio-économique et l’âge.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’outil : Échelle multidimensionnelle du soutien social perçu (Multidimensional Scale of Perceived Social Support – MSPSS / MPSSZ).
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (self-report inventory).
  • Population cible : Adolescents (à partir de 12 ans), étudiants universitaires, adultes de la population générale, personnes âgées et populations cliniques (psychiatrie, oncologie, réhabilitation).
  • Nombre total d’items : 12 énoncés affirmatifs courts.
  • Structure des sous-échelles :
    • Sous-échelle Personne significative (Significant Other) : Items 1, 2, 5 et 10.
    • Sous-échelle Famille (Family) : Items 3, 4, 8 et 11.
    • Sous-échelle Amis (Friends) : Items 6, 7, 9 et 12.
  • Format et échelle de réponse authentique : Échelle de Likert à 7 points : 1 = Very Strongly Disagree (Très fortement en désaccord), 2 = Strongly Disagree (Fortement en désaccord), 3 = Mildly Disagree (Légèrement en désaccord), 4 = Neutral (Neutre), 5 = Mildly Agree (Légèrement d’accord), 6 = Strongly Agree (Fortement d’accord), 7 = Very Strongly Agree (Très fortement d’accord).
  • Règles de cotation et calcul des scores :
    • Inversion d’items : Aucun item n’est inversé (aucun score inversé). Tous les énoncés sont orientés positivement vers la présence de soutien.
    • Score de la sous-échelle Personne significative : Somme ou moyenne arithmétique des items 1, 2, 5 et 10 (score moyen variant de 1,0 à 7,0).
    • Score de la sous-échelle Famille : Somme ou moyenne arithmétique des items 3, 4, 8 et 11 (score moyen variant de 1,0 à 7,0).
    • Score de la sous-échelle Amis : Somme ou moyenne arithmétique des items 6, 7, 9 et 12 (score moyen variant de 1,0 à 7,0).
    • Score total global : Somme des 12 items (variant de 12 à 84) ou moyenne des 12 items (variant de 1,0 à 7,0). La méthode de la moyenne arithmétique est privilégiée dans les publications académiques car elle conserve l’interprétabilité directe des ancres de l’échelle de Likert.
  • Interprétation des scores moyens :
    • Score moyen de 1,0 à 2,9 : Niveau de soutien perçu faible.
    • Score moyen de 3,0 à 5,0 : Niveau de soutien perçu modéré.
    • Score moyen de 5,1 à 7,0 : Niveau de soutien perçu élevé.
  • Durée moyenne de passation : Environ 3 à 5 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication initiale : 1988 (publication princeps dans le Journal of Personality Assessment). Des données psychométriques complémentaires de validation ont été publiées en 1990 et 2000.
  • Statut des droits d’auteur et permissions : Les auteurs (Gregory D. Zimet et al.) ont placé l’échelle dans le domaine de la recherche académique ouverte. L’instrument est accessible gratuitement et peut être utilisé, reproduit et administré librement par les chercheurs, étudiants et praticiens à des fins scientifiques ou cliniques non commerciales, sans qu’une autorisation écrite préalable formelle ne soit requise, sous réserve expresse de citer convenablement l’article princeps de 1988.
  • Tarification : Accès libre et gratuit (0 € / 0 $). Aucun coût de licence ni redevance pour les contextes académiques et non lucratifs.
  • Utilisation commerciale : Toute incorporation dans un produit commercial propriétaire, un progiciel payant ou un essai clinique parrainé par l’industrie pharmaceutique nécessite une demande d’autorisation auprès des détenteurs des droits ou de l’éditeur du journal.

12. Références / References

Les sources bibliographiques suivantes constituent les références scientifiques clés relatives au développement, à la validation et aux fondements théoriques de la MPSSZ, présentées selon les normes de l’American Psychological Association (APA 7e édition) :

  • Bowlby, J. (1982). Attachment and loss: Vol. 1. Attachment (2nd ed.). Basic Books.
  • Canty-Mitchell, J., & Zimet, G. D. (2000). Psychometric properties of the Multidimensional Scale of Perceived Social Support in urban adolescents. American Journal of Community Psychology, 28(3), 391-400. https://doi.org/10.1023/A:1005109522457
  • Clara, P. C., Cox, B. J., & Enns, M. W. (2003). Confirmatory factor analysis of the Multidimensional Scale of Perceived Social Support in clinically distressed and student samples. Journal of Personality Assessment, 81(3), 265-270. https://doi.org/10.1207/S15327752JPA8103_09
  • Cohen, S., & Wills, T. A. (1985). Stress, social support, and the buffering hypothesis. Psychological Bulletin, 98(2), 310-357. https://doi.org/10.1037/0033-2909.98.2.310
  • Denis, A., Callahan, S., & Bouvard, M. (2015). Évaluation du soutien social : adaptation française et validation de l’échelle MSPSS (Multidimensional Scale of Perceived Social Support). Psychologie Française, 60(3), 271-281. https://doi.org/10.1016/j.psfr.2015.04.002
  • Lazarus, R. S., & Folkman, S. (1984). Stress, appraisal, and coping. Springer Publishing Company.
  • Sarason, I. G., Levine, H. M., Basham, R. B., & Sarason, B. R. (1983). Assessing social support: The Social Support Questionnaire. Journal of Personality and Social Psychology, 44(1), 127-139. https://doi.org/10.1037/0022-3514.44.1.127
  • Zimet, G. D., Dahlem, N. W., Zimet, S. G., & Farley, G. K. (1988). The Multidimensional Scale of Perceived Social Support. Journal of Personality Assessment, 52(1), 30-41. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa5201_2
  • Zimet, G. D., Powell, S. S., Farley, G. K., Werkman, S., & Berkoff, K. A. (1990). Psychometric characteristics of the Multidimensional Scale of Perceived Social Support. Journal of Personality Assessment, 55(3-4), 610-617. https://doi.org/10.1080/00223891.1990.9674095

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Instructions / Directions: We are interested in how you feel about the following statements. Read each statement carefully. Indicate how you feel about each statement.
Response Scale: 7-point Likert scale: 1 = Very Strongly Disagree, 2 = Strongly Disagree, 3 = Mildly Disagree, 4 = Neutral, 5 = Mildly Agree, 6 = Strongly Agree, 7 = Very Strongly Agree
Scoring / Reverse Items: Subscale scores are calculated by summing or averaging the responses across the items for each source:
– Significant Other subscale: Items 1, 2, 5, 10
– Family subscale: Items 3, 4, 8, 11
– Friends subscale: Items 6, 7, 9, 12
A total score is calculated by summing or averaging all 12 items. There are no reverse-scored items.
1

There is a special person who is around when I am in need.
2

There is a special person with whom I can share my joys and sorrows.
3

My family really tries to help me.
4

I get the emotional help and support I need from my family.
5

I have a special person who is a real source of comfort to me.
6

My friends really try to help me.
7

I can count on my friends when things go wrong.
8

I can talk about my problems with my family.
9

I have friends with whom I can share my joys and sorrows.
10

There is a special person in my life who cares about my feelings.
11

My family is willing to help me make decisions.
12

I can talk about my problems with my friends.
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 24). Échelle multidimensionnelle du soutien social perçu (MPSSZ). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-multidimensionnelle-du-soutien-social-percu-mpssz/
Looti, Mohammed. “Échelle multidimensionnelle du soutien social perçu (MPSSZ).” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-multidimensionnelle-du-soutien-social-percu-mpssz/.
Looti, Mohammed. “Échelle multidimensionnelle du soutien social perçu (MPSSZ).” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-multidimensionnelle-du-soutien-social-percu-mpssz/.