1. Résumé / Abstract
L’Échelle multidimensionnelle du perfectionnisme (Multidimensional Perfectionism Scale, ou HF-MPS), conçue et validée par les psychologues cliniciens canadiens Paul L. Hewitt et Gordon L. Flett (1991), constitue l’un des instruments psychométriques les plus influents et rigoureusement documentés dans l’évaluation des traits perfectionnistes. Rompant avec la conception unidimensionnelle historique qui réduisait le perfectionnisme à une simple fixation d’exigences personnelles démesurées, Hewitt et Flett ont postulé que le perfectionnisme est un construit multidimensionnel profondément ancré dans des dynamiques interpersonnelles et intrapersonnelles. Le questionnaire comporte 45 items mesurés sur une échelle de réponse de type Likert en 7 points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » à 7 = « Fortement d’accord »), divisés équitablement en trois sous-échelles de 15 items :
- Le perfectionnisme orienté vers soi (Self-Oriented Perfectionism – SOP) : exigences rigides d’infaillibilité et standards élevés imposés à sa propre personne, associés à une autocritique sévère.
- Le perfectionnisme orienté vers autrui (Other-Oriented Perfectionism – OOP) : tendance à exiger la perfection des personnes de son entourage relationnel et professionnel.
- Le perfectionnisme socialement prescrit (Socially Prescribed Perfectionism – SPP) : croyance envahissante que les autres exigent de soi une performance absolue pour accorder leur acceptation et leur affection.
Les propriétés psychométriques établies dans la littérature internationale démontrent une consistance interne robuste, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant habituellement entre 0,86 et 0,89 pour le SOP, 0,79 et 0,82 pour l’OOP, et 0,86 et 0,88 pour le SPP, tant chez des populations universitaires et générales que chez des patients psychiatriques. Sa stabilité temporelle test-retest à trois mois excède régulièrement r = 0,75. L’instrument bénéficie d’une validité convergente et prédictive majeure vis-à-vis des troubles dépressifs majeurs, des troubles du comportement alimentaire, des troubles anxieux et de l’idéation suicidaire, faisant de cette échelle un pilier incontournable de la recherche en personnalité et de l’évaluation diagnostique en psychopathologie.
2. Mots-clés / Keywords
Perfectionnisme, Échelle multidimensionnelle du perfectionnisme, Hewitt et Flett, Psychométrie, Personnalité, Évaluation clinique, Dépression, Anxiété, Validité de construit, Alpha de Cronbach, Psychopathologie cognitive.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été développée et normalisée conjointement par deux éminents spécialistes de la psychologie de la personnalité et de la psychopathologie :
- Dr Paul L. Hewitt, Ph.D. : Professeur titulaire au Département de psychologie de l’Université de la Colombie-Britannique (Vancouver, Canada). Psychologue clinicien agréé, il dirige le Perfectionism and Psychopathology Laboratory. Ses travaux pionniers portent sur les vulnérabilités de la personnalité aux troubles de l’humeur, la dynamique interpersonnelle du perfectionnisme et la psychothérapie des troubles sévères de la personnalité.
- Dr Gordon L. Flett, Ph.D. : Professeur titulaire au Département de psychologie de l’Université York (Toronto, Canada) et titulaire d’une chaire de recherche du Canada sur la personnalité et la santé. Auteur de centaines d’articles et d’ouvrages majeurs, ses recherches examinent les mécanismes par lesquels le perfectionnisme, la déconnexion sociale et le sentiment d’aliénation fragilisent le bien-être psychologique et favorisent l’épuisement professionnel ainsi que les risques suicidaires.
Les auteurs peuvent être contactés par l’intermédiaire de leurs laboratoires de recherche respectifs à l’Université de la Colombie-Britannique et à l’Université York pour des collaborations académiques, tandis que la distribution commerciale et les manuels techniques sont administrés par Multi-Health Systems (MHS).
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Multidimensional Perfectionism Scale (MPS) de Hewitt et Flett est de fournir une mesure quantitative opérationnelle, différentielle et exhaustive du trait de perfectionnisme en articulant ses facettes intrapersonnelles et ses ramifications relationnelles. Avant les travaux de Hewitt et Flett (1989, 1991), la plupart des chercheurs considéraient le perfectionnisme comme un trait unitaire, souvent réduit à la poursuite compulsive d’exigences élevées combinée à une peur de l’échec, comme le mesurait par exemple la Dysfunctional Attitude Scale de Weissman et Beck ou l’échelle de Burns (1980). Cette approche unidimensionnelle s’est révélée incapable d’expliquer pourquoi certains individus hautement perfectionnistes réussissent avec une détresse minimale, tandis que d’autres s’effondrent sous le poids d’une dépression clinique, d’une dysmorphophobie ou de tendances autodestructrices.
Hewitt et Flett ont donc conçu la MPS afin d’identifier les sources motivationnelles et les cibles d’application du perfectionnisme. L’instrument permet de dissocier précisément les normes que l’individu s’impose à lui-même (SOP), celles qu’il exige d’autrui (OOP), et celles qu’il perçoit comme lui étant imposées de façon conditionnelle par son entourage (SPP). Cette distinction apporte une plus-value clinique et empirique considérable :
- Applications en recherche fondamentale et différentielle : La MPS permet de modéliser les trajectoires développementales et étiologiques du perfectionnisme. Elle est utilisée pour examiner comment les styles parentaux (surcontrôle, affection conditionnelle, exigences critiques) façonnent des formes distinctes de perfectionnisme, et comment ces formes interagissent avec le stress contextuel (modèle diathèse-stress).
- Applications en clinique psychiatrique et psychothérapie : En pratique clinique, l’administration de la MPS permet de cibler des facteurs de maintien psychopathologiques souvent imperceptibles lors d’un examen superficiel. Le perfectionnisme socialement prescrit (SPP), en particulier, constitue un indicateur pronostique sombre et un médiateur puissant de l’anhédonie, du sentiment d’impuissance et de la crise suicidaire. Le perfectionnisme orienté vers soi (SOP) met en lumière des processus d’autocritique pathologique et de rumination, tandis que le perfectionnisme orienté vers autrui (OOP) est un déterminant clé des conflits conjugaux, du harcèlement interpersonnel et des conduites d’hostilité passive.
- Santé au travail et psychologie du sport : L’outil permet de distinguer l’aspiration saine à l’excellence (souvent corrélée à une fraction du SOP) de l’épuisement professionnel (burnout), du présentéisme pathologique et du surentraînement destructeur alimentés par le SPP et l’OOP.
5. Construit psychologique / Construct
Le perfectionnisme, au sens du modèle théorique de Hewitt et Flett, ne se résume pas à un comportement ou à une simple habitude de travail méticuleuse. Il s’agit d’un trait de personnalité profond, stable et multidimensionnel qui structure la cognition, l’affect et les représentations interpersonnelles de soi et des autres. Les 45 items de la MPS opérationnalisent ce construit à travers trois dimensions interdépendantes mais conceptuellement distinctes :
Perfectionnisme orienté vers soi (Self-Oriented Perfectionism – SOP)
Cette dimension intrapersonnelle renvoie à l’exigence d’une perfection absolue que le sujet s’impose rigoureusement à lui-même. L’individu se fixe des normes de performance irréalistes, évalue ses réalisations selon un mode de pensée dichotomique (« tout ou rien »), et manifeste une intolérance totale envers ses propres imperfections et erreurs. Contrairement à une simple quête d’accomplissement ou d’auto-actualisation saine, le SOP pathologique est sous-tendu par la conviction que la valeur personnelle dépend exclusivement du succès sans faille. Des items tels que « I demand nothing less than perfection from myself » ou « It makes me uneasy to see an error in my work » illustrent cette quête intraitable. Bien que le SOP puisse s’associer à une forte motivation intrinsèque et à un haut rendement académique, il représente une vulnérabilité majeure : en cas d’échec objectif ou de baisse de performance, les individus présentant un SOP élevé sombrent dans l’autodépréciation sévère, la dépression clinique et des ruminations obsessives.
Perfectionnisme orienté vers autrui (Other-Oriented Perfectionism – OOP)
Cette dimension interpersonnelle correspond à la tendance à diriger des exigences irréalistes de perfection vers les personnes signifiantes de son entourage (conjoints, enfants, collègues, subordonnés). L’individu s’attend à ce que les autres agissent de façon impeccable et se montre particulièrement sévère, critique et intolérant lorsqu’ils échouent à satisfaire ses attentes. Illustrée par des items comme « If I ask someone to do something, I expect it to be done flawlessly » et « I cannot stand to see people close to me make mistakes », cette composante engendre d’importantes frictions relationnelles. Elle est associée à des traits de méfiance, de domination, de rancœur, d’agressivité verbale et de cynisme. Dans les contextes professionnels et familiaux, l’OOP est un prédicteur direct d’insatisfaction maritale, d’aliénation parentale et de climat de travail toxique fondé sur le micro-management autoritaire.
Perfectionnisme socialement prescrit (Socially Prescribed Perfectionism – SPP)
Le perfectionnisme socialement prescrit reflète la perception subjective que les autres (famille, pairs, société, supérieurs hiérarchiques) exigent une perfection sans faille et que l’acceptation, l’estime et l’amour d’autrui sont strictement subordonnés à l’atteinte de ces standards héroïques. L’individu perçoit ces attentes externes comme écrasantes, irréalisables et hors de son contrôle, ce qui alimente un sentiment chronique d’impuissance, de honte et d’inadéquation. Des items comme « People expect nothing less than perfection from me » et « Anything I do that is less than excellent will be seen as poor work by those around me » mesurent ce sentiment d’évaluation négative permanente. Le SPP constitue la dimension la plus systématiquement délétère et toxique sur le plan de la santé mentale : il est intimement corrélé aux troubles dépressifs majeurs, à l’anxiété sociale, aux troubles borderline, à l’épuisement vital et, surtout, au risque suicidaire aigu par le biais de la douleur psychologique insupportable (psychache) et du piège de la déconnexion sociale.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de la MPS s’inscrit au carrefour de la psychologie clinique, des théories cognitives de la dépression et des modèles de la personnalité interpersonnelle. Historiquement, le perfectionnisme a été discuté par des théoriciens psychanalytiques et psychodynamiques renommés :
- Karen Horney (1950) a théorisé la « tyrannie des devoirs » (tyranny of the shoulds), décrivant comment l’aliénation du soi réel au profit d’un soi idéalisé et infaillible entraîne une auto-haine féroce et une détresse névrotique chronique.
- Alfred Adler a mis en garde contre la quête névrotique de supériorité absolue, la distinguant de la saine aspiration à la complétude sociale.
- Albert Ellis, fondateur de la thérapie rationnelle-émotive (REBT), a identifié les exigences absolutistes (« Je dois impérativement réussir en tout », « Les autres doivent me traiter avec égards ») comme les postulats irrationnels fondamentaux générateurs de névrose.
- Aaron T. Beck, père de la thérapie cognitive, a quant à lui placé les schémas d’exigences intransigeantes et de perfection au cœur des diathèses cognitives de la dépression.
S’appuyant sur ces bases, Hewitt et Flett ont formulé le modèle diathèse-stress du perfectionnisme. Selon ce modèle, les dimensions de la MPS n’agissent pas nécessairement comme des causes directes de troubles en l’absence d’adversité, mais plutôt comme des facteurs de vulnérabilité stables (diathèses). Lorsqu’un individu présentant un SOP élevé fait l’expérience d’un stresseur menaçant son accomplissement personnel (ex. un échec académique ou professionnel), sa vulnérabilité est activée, déclenchant un effondrement dépressif. À l’inverse, l’individu présentant un SPP élevé est particulièrement vulnérable aux stresseurs interpersonnels (rejet, rupture amoureuse, critique publique), car ces événements confirment son schéma central : l’échec mène inévitablement à l’abandon et à la réprobation sociale.
Plus récemment, Hewitt, Flett et leurs collaborateurs ont élargi ce cadre théorique à travers le modèle de déconnexion sociale liée au perfectionnisme (Perfectionism Social Disconnection Model – PSDM). Ce modèle postule que les perfectionnistes, motivés par un besoin fondamental et non comblé d’appartenance et de sécurité relationnelle, adoptent des stratégies interpersonnelles défensives, distantes ou hostiles (masquer leurs défauts, attaquer autrui, projeter une façade de réussite totale). Paradoxalement, ces comportements aliénent l’entourage, provoquant le rejet réel ou perçu, et précipitant l’individu dans un isolement dévastateur propice aux conduites suicidaires.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de la MPS a fait l’objet de centaines de vérifications empiriques dans de multiples cultures et populations depuis 1991 :
Validité convergente
Les trois sous-échelles présentent des corrélations théorisées et robustes avec divers inventaires de personnalité et de psychopathologie :
- Correlations avec le modèle en cinq facteurs (Big Five) : Le SOP est modérément à fortement corrélé avec le trait de Conscienciosité (r = 0,40 à 0,55) et positivement corrélé avec le Névrosisme. Le SPP est fortement corrélé avec le Névrosisme (r = 0,45 à 0,60) et négativement corrélé avec l’Agréabilité et l’Extraversion. L’OOP est corrélé négativement avec l’Agréabilité (r = -0,30 à -0,45), reflétant une posture conflictuelle et hostile.
- Corrélation avec l’échelle de Frost (FMPS) : Les comparaisons entre la MPS de Hewitt & Flett et la Multidimensional Perfectionism Scale de Frost et al. (1990) ont mis en évidence d’excellentes convergences croisées. Le SOP est étroitement lié aux « Normes personnelles » de Frost (Personal Standards, r > 0,60), tandis que le SPP converge fortement avec les « Attentes parentales » (Parental Expectations) et les « Critiques parentales » (Parental Criticism) de Frost (r > 0,55).
- Convergence avec les croyances irrationnelles : Des corrélations significatives existent entre le SPP et les échelles de besoin d’approbation et de vulnérabilité émotionnelle du Beliefs Scale.
Validité discriminante
Hewitt et Flett (1991) ont démontré que les trois sous-échelles partagent des corrélations mutuelles modérées (généralement entre r = 0,25 et 0,40), confirmant qu’elles évaluent des facettes non redondantes du trait global. De plus, la MPS discrimine avec précision les échantillons sains des populations psychiatriques cliniques. Les patients diagnostiqués avec un épisode dépressif majeur, un trouble obsessionnel-compulsif (TOC) ou une anorexie mentale obtiennent des scores de SPP et de SOP significativement plus élevés que les témoins appariés (Hewitt et al., 1991).
Validité prédictive et clinique
Dans des études prospectives et longitudinales (ex. Hewitt, Flett, & Ediger, 1996), les scores de SPP prédisent l’apparition et la sévérité future des symptômes dépressifs, même après contrôle statistique rigoureux des niveaux initiaux de dépression et d’anxiété. Le SPP prédit également la résistance thérapeutique lors de psychothérapies cognitivo-comportementales ou interpersonnelles brèves, ainsi que l’émergence d’idées suicidaires chez les adolescents et jeunes adultes en situation de stress perçu élevé.
8. Fidélité / Reliability
Les propriétés de fidélité de l’échelle multidimensionnelle du perfectionnisme de Hewitt et Flett satisfont aux standards psychométriques internationaux les plus stricts :
Consistance interne
Dans l’étude princeps de validation (Hewitt & Flett, 1991), réalisée auprès de 1 106 étudiants universitaires et de 263 patients psychiatriques, les coefficients alpha de Cronbach se sont révélés très élevés :
- Perfectionnisme orienté vers soi (SOP) : α = 0,89 (population générale/étudiante) et α = 0,88 (population psychiatrique).
- Perfectionnisme socialement prescrit (SPP) : α = 0,86 (population générale/étudiante) et α = 0,87 (population psychiatrique).
- Perfectionnisme orienté vers autrui (OOP) : α = 0,79 (population générale/étudiante) et α = 0,82 (population psychiatrique).
Ces coefficients ont été répliqués dans de multiples méta-analyses et études transculturelles indépendantes (ex. adaptations française, espagnole, italienne, iranienne), avec des coefficients alpha excédant régulièrement le seuil standard de 0,80 pour le SOP et le SPP, et gravitant autour de 0,78-0,82 pour l’OOP.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
La fidélité test-retest de l’instrument confirme la nature stable du construit en tant que trait de personnalité durable. Hewitt et Flett (1991) ont mesuré la corrélation test-retest sur un intervalle de trois mois auprès d’un sous-échantillon d’étudiants :
- SOP : r = 0,88 (p < 0,001)
- OOP : r = 0,85 (p < 0,001)
- SPP : r = 0,75 (p < 0,001)
Ces coefficients démontrent que, bien que les manifestations comportementales ponctuelles puissent varier selon les fluctuations de l’environnement immédiat, les dispositions cognitives et attitudinales fondamentales captées par la MPS demeurent très stables dans le temps.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure dimensionnelle de la MPS a fait l’objet d’examens statistiques approfondis au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) :
Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Lors de la phase initiale d’élaboration de l’échelle, les auteurs ont soumis un ensemble initial d’items à des analyses factorielles en composantes principales suivies de rotations obliques (Oblimin) et orthogonales (Varimax). Ces analyses ont systématiquement extrait trois facteurs majeurs expliquant la variance commune, correspondant sans ambiguïté aux dimensions théoriques postulées (Hewitt & Flett, 1991) :
- Le facteur 1 regroupe les items relatifs aux exigences imposées à soi-même (SOP), avec des saturations factorielles (factor loadings) primaires élevées, généralement comprises entre 0,45 et 0,75, sans contaminations croisées significatives sur les autres facteurs.
- Le facteur 2 concentre les items de normes sociales imposées (SPP), avec des saturations factorielles nettes comprises entre 0,40 et 0,72.
- Le facteur 3 isole les exigences projetées sur l’entourage (OOP), avec des saturations variant entre 0,38 et 0,68.
Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Dans la littérature psychométrique contemporaine, les analyses factorielles confirmatoires conduites sur des échantillons diversifiés (cliniques, sportifs, académiques) ont confirmé la supériorité statistique du modèle tridimensionnel oblique par rapport à des modèles unifactoriels ou bifactoriels concurrents. Les indices d’ajustement globaux attestent d’une bonne adéquation aux données empiriques (avec des valeurs de CFI > 0,90, TLI > 0,90 et un RMSEA ≤ 0,06). Les études d’invariance de mesure ont également confirmé l’équivalence de la structure factorielle selon le genre et à travers différents groupes d’âge.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type de test : Échelle d’auto-évaluation psychométrique de la personnalité (auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé).
- Format des réponses : Échelle de type Likert en 7 points : de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly agree), avec un point médian neutre à 4 (« Neutre / Indécis »).
- Nombre total d’items : 45 items répartis équitablement en trois sous-échelles de 15 items :
- Répartition des sous-échelles :
- Perfectionnisme orienté vers soi (SOP) (15 items) : items 1, 6, 8, 12, 14, 15, 17, 20, 23, 28, 32, 34, 36, 40, 42.
- Perfectionnisme orienté vers autrui (OOP) (15 items) : items 2, 3, 4, 7, 10, 16, 19, 22, 24, 26, 27, 29, 38, 43, 45.
- Perfectionnisme socialement prescrit (SPP) (15 items) : items 5, 9, 11, 13, 18, 21, 25, 30, 31, 33, 35, 37, 39, 41, 44.
- Items inversés (Reverse-scored items) : 18 items sur 45 font l’objet d’une cotation inversée (valeur calculée = 8 – score brut de l’item) pour contrôler le biais d’acquiescement :
- SOP inversés : items 8, 12, 34, 36.
- OOP inversés : items 2, 3, 4, 10, 19, 24, 38, 43, 45.
- SPP inversés : items 9, 21, 30, 37, 44.
- Calcul des scores : Le score de chaque sous-échelle s’obtient en sommant les scores des 15 items correspondants (après inversion des items inversés). Chaque score de dimension s’étend de 15 à 105 points. Un score global peut être sommé (de 45 à 315), bien que la pratique clinique et psychométrique préconise l’analyse individualisée des trois profils dimensionnels distincts.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de développement initial : 1989 (présentation préliminaire) ; 1991 (validation empirique princeps et publication de référence). Manuel technique publié en 2004.
- Droits d’auteur et propriété intellectuelle : Les droits scientifiques et la propriété littéraire de l’échelle originale appartiennent aux auteurs, Paul L. Hewitt et Gordon L. Flett. Les droits de distribution commerciale du manuel psychométrique et des feuilles d’évaluation clinique standardisées sont détenus par l’éditeur Multi-Health Systems Inc. (MHS).
- Conditions d’utilisation et permissions : Les versions destinées à la recherche pure sont accessibles à des fins universitaires et scientifiques non commerciales avec l’accord des auteurs (documenté notamment via le site officiel du laboratoire Hewitt Lab à l’Université de la Colombie-Britannique). Toute utilisation clinique diagnostique officielle, commerciale, organisationnelle ou de sélection en entreprise nécessite l’acquisition des protocoles et manuels auprès de l’éditeur MHS, impliquant des frais d’acquisition par passation ou par licence logicielle.
12. Références / References
Les publications fondatrices et études psychométriques de référence relatives à la Multidimensional Perfectionism Scale sont les suivantes :
- Aminizadeh, S., Dolatshahi, B., Pourshahbaz, A., Babapour, B., Yousefzadeh, I., Zamanshoar, E., & Eshaghi, M. (2013). Psychometric properties of Multidimensional Perfectionism Scale (MPS). Clinical Psychology, 1(4), 205-209.
- Flett, G. L., & Hewitt, P. L. (Eds.). (2002). Perfectionism: Theory, research, and treatment. American Psychological Association. https://doi.org/10.1037/10458-000
- Flett, G. L., Hewitt, P. L., & Dyck, D. G. (1989). Perfectionism, neuroticism, and anxiety. Personality and Individual Differences, 10(7), 731-735. https://doi.org/10.1016/0191-8869(89)90124-8
- Flett, G. L., Hewitt, P. L., Endler, N. S., & Tassone, C. (1995). Perfectionism and components of state and trait anxiety. Current Psychology: Research & Reviews, 13(4), 326-350. https://doi.org/10.1007/BF02686885
- Hewitt, P. L., & Flett, G. L. (1989). The Multidimensional Perfectionism Scale: Development and validation (abstract). Canadian Psychology, 30, 339.
- Hewitt, P. L., & Flett, G. L. (1991). Perfectionism in the self and social contexts: Conceptualization, assessment, and association with psychopathology. Journal of Personality and Social Psychology, 60(3), 456-470. https://doi.org/10.1037/0022-3514.60.3.456
- Hewitt, P. L., & Flett, G. L. (2004). Multidimensional Perfectionism Scale (MPS): Technical manual. Multi-Health Systems Inc.
- Hewitt, P. L., Flett, G. L., & Ediger, E. (1996). Perfectionism and depression: Longitudinal assessment of a specific vulnerability hypothesis. Journal of Abnormal Psychology, 105(2), 276-280. https://doi.org/10.1037/0021-843X.105.2.276
- Hewitt, P. L., Flett, G. L., Turnbull-Donovan, W., & Mikail, S. F. (1991). The Multidimensional Perfectionism Scale: Reliability, validity, and psychometric properties in psychiatric samples. Psychological Assessment, 3(3), 464-468. https://doi.org/10.1037/1040-3590.3.3.464
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Listed below are a number of statements concerning personal characteristics and traits. Read each item and decide whether you agree or disagree and to what extent.
If you strongly agree, circle 7;
if you strongly disagree, circle 1;
if you feel somewhere in between, circle any one of the numbers between 1 and 7.
If you feel neutral and undecided the midpoint is 4.
- When I am working on something, I cannot relax until it is perfect ………………………………….. 1 2 3 4 5 6 7
- I am not likely to criticize someone for giving up too easily ……………………………………………….. 1 2 3 4 5 6 7
- It is not important that the people I am close to are successful …………………………………………. 1 2 3 4 5 6 7
- I seldom criticize my friends for accepting second best ………………………………………………………. 1 2 3 4 5 6 7
- I find it difficult to meet others’ expectations of me ……………………………………………………………… 1 2 3 4 5 6 7
- One of my goals is to be perfect in everything I do ……………………………………………………………….. 1 2 3 4 5 6 7
- Everything that others do must be of top-notch quality ………………………………………………………. 1 2 3 4 5 6 7
- I never aim for perfection in my work ……………………………………………………………………………………… 1 2 3 4 5 6 7
- Those around me readily accept that I can make mistakes too ………………………………………….. 1 2 3 4 5 6 7
- It doesn’t matter when someone close to me does not do their absolute best ……………….. 1 2 3 4 5 6 7
- The better I do, the better I am expected to do ………………………………………………………………………. 1 2 3 4 5 6 7
- I seldom feel the need to be perfect ………………………………………………………………………………………….. 1 2 3 4 5 6 7
- Anything I do that is less than excellent will be seen as poor work by those around me ………………………………………………………………………………………………………………….. 1 2 3 4 5 6 7
- I strive to be as perfect as I can be
- It is very important that I am perfect in everything I attempt
- I have high expectations for the people who are important to me
- I strive to be the best at everything I do
- The people around me expect me to succeed at everything I do
- I do not have very high expectations for those around me
- I demand nothing less than perfection from myself
- Others will like me even if I don’t excel at everything
- I can’t be bothered with people who won’t strive to better themselves
- It makes me uneasy to see an error in my work
- I do not expect a lot from my friends
- Success means that I work even harder to please others
- If I ask someone to do something, I expect it to be done flawlessly
- I cannot stand to see people close to me make mistakes
- I am perfectionistic in setting my goals
- The people who matter to me should never let me down
- Others think I am okay, even when I do not succeed ……………………………………………………………… 1 2 3 4 5 6 7
- I feel that people are too demanding of me …………………………………………………………………………….. 1 2 3 4 5 6 7
- I must work to my full potential at all times …………………………………………………………………………… 1 2 3 4 5 6 7
- Although they may not show it, other people get very upset with me when I slip up ………………………………………………………………………………………………………………………. 1 2 3 4 5 6 7
- I do not have to be the best at whatever I am doing
- My family expects me to be perfect
- I do not have very high goals for myself
- My parents rarely expected me to excel in all aspects of my life
- I respect people who are average
- People expect nothing less than perfection from me
- I set very high standards for myself
- People expect more from me than I am capable of giving
- I must always be successful at school or work
- It does not matter to me when a close friend does not try their hardest
- People around me think I am still competent even if I make a mistake
- I seldom expect others to excel at whatever they do