Échelle multidimensionnelle de l’anomie

Découvrez l’Échelle multidimensionnelle de l’anomie (MSA) de Heydari, Davoudi et Teymoori (2011) : structure factorielle, cadre théorique, validité psychométrique et items complets.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé

L’Échelle multidimensionnelle de l’anomie (Multidimensional Scale of Anomie, MSA), développée par Arash Heydari, Iran Davoudi et Ali Teymoori (2011), constitue un instrument psychométrique novateur conçu pour évaluer le sentiment subjectif d’anomie au sein des sociétés contemporaines en transition rapide. Alors que les échelles traditionnelles, à l’instar de l’échelle d’anomie unidimensionnelle pionnière de Leo Srole (1956), appréhendaient l’anomie sous un angle global et indifférencié, la MSA opérationnalise l’anomie comme un construit psychologique et sociologique tripartite. L’instrument est composé de 20 items auto-rapportés répartis en trois dimensions factorielles robustes : l’Absence de sens et méfiance (Meaninglessness and distrust, 8 items), le Sentiment d’impuissance (Powerlessness, 7 items) et le Fétichisme de l’argent (Fetishism of money, 5 items).

Les répondants se positionnent sur une échelle de réponse ordinale de type Likert en 5 points allant de « complètement d’accord » (completely agree) à « complètement en désaccord » (completely disagree). Les propriétés psychométriques initiales rapportées par Heydari et collaborateurs révèlent une consistance interne satisfaisante avec des coefficients alpha de Cronbach de 0,79 pour la sous-échelle Meaninglessness and distrust, 0,74 pour la dimension Powerlessness, et 0,62 pour le Fetishism of money. L’analyse factorielle confirmatoire et exploratoire démontre la pertinence de cette structure à trois facteurs comparativement aux modèles unidimensionnels, offrant ainsi aux chercheurs en psychologie sociale, en sociologie et en santé publique un outil diagnostique nuancé pour explorer l’aliénation sociétale, la désorganisation normative, le cynisme institutionnel et l’effondrement des repères moraux collectifs.

2. Mots-clés

Anomie, aliénation sociale, sentiment d’impuissance, perte de sens, méfiance institutionnelle, fétichisme de l’argent, psychométrie, désorganisation sociale, Échelle multidimensionnelle de l’anomie, sociologie clinique.

3. Auteurs

L’Échelle multidimensionnelle de l’anomie a été conçue et validée par une équipe de chercheurs en psychologie et sciences sociales rattachés à des institutions académiques iraniennes :

  • Arash Heydari : Chercheur et enseignant-chercheur en psychologie sociale et sociologie, affilié au Département des sciences sociales de l’Université Allameh Tabataba’i, Téhéran, Iran. Ses travaux portent sur les mutations culturelles, l’aliénation, la théorie critique et la subjectivation dans les contextes de modernisation périphérique.
  • Iran Davoudi : Professeure et chercheuse au Département de psychologie de l’Université Shahid Chamran d’Ahvaz, Iran. Spécialiste en psychopathologie clinique, thérapies cognitives et comportementales et psychométrie appliquée.
  • Ali Teymoori : Docteur en psychologie sociale, ayant poursuivi ses recherches postdoctorales au sein de laboratoires internationaux, notamment à l’Université de Queensland (Australie) et à l’Université de Liège (Belgique). Ses investigations portent sur les dynamiques de groupe, l’anomie sociale, la cohésion sociale et la résilience collective face aux crises socio-économiques.

4. Objectif

L’objectif fondamental de la conception de la MSA est de dépasser les limites conceptuelles et psychométriques inhérentes aux mesures historiques de l’anomie psychologique (souvent qualifiée d’anomia par opposition à l’anomie macrosociale). Depuis la contribution séminale de Leo Srole en 1956, les mesures empiriques de l’anomie ont souffert d’une réduction unidimensionnelle qui confondait la perception d’un délitement des normes sociétales avec la dépression clinique, le pessimisme généralisé ou l’aliénation politique.

La MSA vise à combler cette lacune en opérationnalisant l’expérience vécue de l’anomie dans le contexte spécifique des mutations socio-économiques accélérées, de la globalisation marchande et de l’affaiblissement de la confiance envers les institutions publiques. L’instrument permet d’évaluer de manière différentielle :

  • La rupture du lien de confiance civique et l’incapacité à conférer du sens à l’environnement social immédiat.
  • Le sentiment d’aliénation subjective caractérisé par l’absence d’agentivité, le fatalisme et la conviction que le cours de l’existence échappe au contrôle personnel.
  • L’intériorisation pernicieuse de la valeur monétaire comme unique étalon de réussite et régulateur de conduite, découlant de l’érosion des normes morales traditionnelles.

Sur le plan de la recherche empirique, la MSA offre un dispositif d’évaluation précieux pour investiguer les conséquences de l’anomie sur la santé mentale (notamment les conduites addictives, les symptômes dépressifs et les idéations suicidaires), ainsi que sur les comportements antisociaux, la délinquance, l’adhésion aux idéologies radicales ou le désengagement électoral. En milieu clinique et communautaire, elle fournit aux praticiens une grille de lecture des souffrances psychosociales induites par la précarité structurelle, le déclassement socio-économique et la désintégration du tissu communautaire.

5. Construit psychologique

Le construit de l’anomie, initialement conceptualisé comme une propriété structurelle des sociétés, trouve dans la MSA son expression phénoménologique et psychologique individuelle. Heydari et ses collègues ont modélisé l’anomie subjective autour de trois composantes distinctes mais interdépendantes :

Absence de sens et méfiance (Meaninglessness and distrust)

Cette dimension capture l’expérience cognitive et affective d’un monde social dépourvu de cohérence, de prévisibilité et de repères téléologiques fiables, associée à un cynisme profond envers les élites dirigeantes. D’une part, la méfiance institutionnelle reflète l’aliénation politique : le citoyen perçoit les représentants publics et les législateurs comme indifférents aux besoins de la population générale, corrompus ou guidés par des agendas contradictoires au bien commun. D’autre part, l’absence de sens traduit l’impossibilité de donner une signification cohérente à l’existence, la perception d’un relativisme moral absolu et un pessimisme quant à l’avenir intergénérationnel (ex. douter de la légitimité d’avoir des enfants dans un monde perçu comme instable).

Sentiment d’impuissance (Powerlessness)

Inspirée des travaux de Melvin Seeman (1959) sur les déclinaisons de l’aliénation, cette composante désigne l’attente ou la croyance de l’individu que son propre comportement ne peut pas déterminer l’issue des événements ou les gratifications qu’il recherche. Dans la MSA, le sentiment d’impuissance se traduit par un fatalisme résigné : la conviction que la destinée individuelle est gouvernée par des forces extérieures implacables, un sentiment d’écrasement face à la rapidité des transformations sociétales et la perception d’un déterminisme socio-économique rigide qui assujettit la valeur humaine au statut financier.

Fétichisme de l’argent (Fetishism of money)

Cette dimension constitue l’apport le plus original de la MSA par rapport aux échelles classiques. S’appuyant sur les concepts marxistes et mertoniens, elle décrit le processus par lequel l’argent cesse d’être un moyen d’échange neutre pour devenir une valeur suprême, un fétiche et l’unique critère légitimateur des conduites humaines. Lorsque les normes éthiques partagées s’effondrent, l’accumulation monétaire émerge comme la seule boussole régulatrice disponible : les individus en viennent à considérer que toutes les méthodes sont acceptables pour s’enrichir dès lors que la récompense financière est suffisante, effaçant ainsi les frontières morales entre actions légitimes et illégitimes.

6. Cadre théorique

La MSA s’ancre à la croisée de la sociologie classique et de la psychologie sociale contemporaine, opérant une synthèse entre la pensée d’Émile Durkheim, de Robert K. Merton, de Karl Marx et les conceptualisations psychométriques de l’aliénation.

Le dérèglement durkheimien

Pour Durkheim (1893, 1897), l’anomie renvoie à un état de dérèglement social caractérisé par l’affaiblissement de la conscience collective et l’incapacité de la société à réguler les passions et désirs illimités des individus. En période de mutations économiques brutales, les cadres moraux s’effilochent, laissant l’individu dans un vide normatif générateur d’angoisse et de dérive suicidogène. La dimension Meaninglessness de la MSA reflète directement ce vertige moral et l’effritement des règles collectives partagées.

La théorie de la tension de Merton

Robert K. Merton (1938) a redéfini l’anomie comme une dissociation structurelle entre les objectifs culturels prescrits (notamment la réussite financière incarnée par le « rêve américain ») et les moyens institutionnels légitimes mis à disposition pour les atteindre. Lorsque l’accent culturel mis sur le succès monétaire devient disproportionné par rapport aux opportunités concrètes, l’adoption de modes d’adaptation déviants, tels que l’« innovation » (recours à des moyens illégaux pour atteindre la richesse), devient systémique. La dimension Fetishism of money opérationnalise cette dérive où la fin financière justifie l’ensemble des moyens déviants.

L’aliénation multidimensionnelle de Seeman et Dean

Au niveau psychosociologique, Melvin Seeman (1959) a décomposé l’aliénation en cinq dimensions fondamentales : powerlessness (impuissance), meaninglessness (absence de sens), normlessness (absence de normes), isolation (isolement social) et self-estrangement (aliénation de soi). Dwight Dean (1961) a poursuivi cette démarche en produisant des échelles spécifiques pour l’impuissance et la dérégulation normative. Heydari et ses collaborateurs ont réintégré ces perspectives en articulant l’expérience de dépossession subjective de l’acteur (Seeman) avec la critique du capitalisme et du culte de la marchandise (Marx), conférant à l’échelle une acuité théorique adaptée aux défis sociétaux contemporains.

7. Validité

L’évaluation des propriétés de validité de l’Échelle multidimensionnelle de l’anomie a fait l’objet d’investigations empiriques initiales dans l’étude princeps de Heydari, Davoudi et Teymoori (2011), ainsi que de travaux indépendants ultérieurs, notamment la recherche menée par Anthony Yang (2015) à l’Université d’État de Californie.

Validité de contenu et de construit

La validité de contenu a été établie par une revue exhaustive de la littérature sociologique et psychométrique relative à l’anomie (intégrant des items issus des échelles de Srole, Teevan, Dean, Rushing, Travis et Bjarnason) complétée par des items originaux rédigés pour capturer la méfiance institutionnelle contemporaine et l’axiologie marchande. Des panels d’experts en sociologie et en psychologie ont confirmé la pertinence sémantique des énoncés pour représenter les trois sphères postulées.

Validité convergente et discriminante

Les analyses corrélationnelles rapportées dans les travaux de validation montrent que les dimensions de la MSA corrèlent de façon significative et positive avec d’autres construits associés à la détresse psychosociale :

  • La sous-échelle Sentiment d’impuissance présente de fortes corrélations positives avec le lieu de contrôle externe (External Locus of Control) et la dépression subjective, attestant de sa validité convergente.
  • La sous-échelle Absence de sens et méfiance corrèle négativement de manière robuste avec la confiance sociale généralisée, le civisme et le sentiment d’appartenance communautaire.
  • La sous-échelle Fétichisme de l’argent démontre des corrélations positives avec l’opportunisme perçu, l’acceptation de comportements déviants et le matérialisme, tout en maintenant une distinction conceptuelle nette avec le cynisme pur, confirmant sa validité discriminante.

Validité prédictive et de critère

L’échelle a démontré une capacité prédictive élevée à l’égard de comportements d’évasion sociale, de propension à la tricherie académique ou professionnelle, et d’intention d’émigrer chez de jeunes adultes confrontés à des blocages structurels de mobilité ascendante. L’anomie mesurée par la MSA prédit également de manière significative la baisse de participation politique et le repli individualiste.

8. Fidélité

La fidélité de la MSA a été examinée principalement sous l’angle de la cohérence interne des items composant chaque facteur :

  • Facteur 1 : Absence de sens et méfiance (Meaninglessness and distrust, 8 items) : Le coefficient alpha de Cronbach atteint 0,79, ce qui témoigne d’une excellente consistance interne pour une échelle mesurant des attitudes socio-politiques complexes.
  • Facteur 2 : Sentiment d’impuissance (Powerlessness, 7 items) : Le coefficient alpha de Cronbach est de 0,74, excédant le seuil psychométrique conventionnel de 0,70 requis pour une utilisation robuste en recherche.
  • Facteur 3 : Fétichisme de l’argent (Fetishism of money, 5 items) : Le coefficient alpha de Cronbach obtenu est de 0,62. Bien que légèrement inférieur au seuil standard de 0,70 (ce qui s’explique en partie par le faible nombre d’items et la relative hétérogénéité des comportements instrumentaux explorés), il demeure acceptable pour un construit émergent dans le cadre de recherches exploratoires.

Les corrélations inter-items corrigées se situent généralement au-dessus de 0,30 pour la majorité des énoncés. Des études complémentaires sur la fidélité test-retest à intervalle de quatre semaines ont révélé des coefficients de stabilité temporelle supérieurs à r = 0,71 pour les scores globaux, confirmant que l’instrument capte des dispositions attitudinales relativement stables plutôt que de simples fluctuations émotionnelles transitoires.

9. Analyse factorielle

La structure dimensionnelle de l’instrument a été vérifiée par des procédures d’analyse factorielle exploratoire (AFE) complétées par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) :

Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Dans l’échantillon initial de validation constitué de 284 étudiants universitaires, l’analyse en composantes principales assortie d’une rotation Varimax a extrait trois composantes principales autonomes dont les valeurs propres (eigenvalues) étaient supérieures à 1,0, expliquant une part substantielle de la variance totale du construit. Les saturations factorielles des 20 items se sont avérées satisfaisantes, la grande majorité présentant des charges factorielles supérieures à 0,40 sur leur facteur de rattachement théorique, avec des saturations croisées minimes :

  • Les items évaluant le cynisme politique et le relativisme normatif (items 1 à 8) s’associent de manière cohérente au facteur Absence de sens et méfiance.
  • Les items exprimant l’incapacité de diriger sa vie et le fatalisme sociétal (items 9 à 15) saturent sur le facteur Sentiment d’impuissance.
  • Les énoncés relatifs à l’hégémonie de l’argent et à l’instrumentalisation amorale des relations (items 16 à 20) saturent sur le facteur Fétichisme de l’argent.

Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

L’AFC a permis de comparer le modèle théorique tridimensionnel à des modèles alternatifs (modèle unidimensionnel strict et modèle bidimensionnel fusionnant impuissance et perte de sens). Les indices d’adéquation statistiques soutiennent la supériorité du modèle à trois dimensions corrélées, avec un ratio khi-deux/degrés de liberté (χ²/ddl) inférieur à 2,5, un indice de Tucker-Lewis (TLI) et un indice de comparaison de Bentler (CFI) proches ou supérieurs à 0,90, ainsi qu’une racine carrée de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) se situant en deçà du seuil admissible de 0,06 à 0,08.

10. Instrument de mesure

  • Nom du test : Échelle multidimensionnelle de l’anomie (Multidimensional Scale of Anomie – MSA).
  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique et sociologique (auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé).
  • Nombre d’items : 20 items rédigés sous forme d’affirmations déclaratives.
  • Sous-échelles :
    • Absence de sens et méfiance (Meaninglessness and distrust) : Items 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8 (8 items).
    • Sentiment d’impuissance (Powerlessness) : Items 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15 (7 items).
    • Fétichisme de l’argent (Fetishism of money) : Items 16, 17, 18, 19, 20 (5 items).
  • Format de réponse : Échelle ordinale de type Likert en 5 points :
    • 1 = Complètement en désaccord (Completely disagree)
    • 2 = En désaccord (Disagree)
    • 3 = Neutre / Indécis (Neutral / Undecided)
    • 4 = D’accord (Agree)
    • 5 = Complètement d’accord (Completely agree)
  • Cotation et inversion :

    La majorité des items sont formulés dans le sens anomique (un score élevé reflète une anomie plus forte). Les items formulés positivement (ex. les items 1 et 4 portant sur la confiance envers les dirigeants et les lois) nécessitent un codage inversé (1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, 5 devient 1) avant le calcul des moyennes de sous-échelles ou du score composite total.

  • Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication : 2011 (Heydari, Davoudi, & Teymoori, Procedia – Social and Behavioral Sciences).
  • Disponibilité et statut des droits : L’instrument a été publié dans une revue académique sous politique de libre diffusion (Open Access via Elsevier / ScienceDirect et archive CORE). Il est librement accessible à des fins de recherche scientifique non commerciale et d’enseignement supérieur sans redevance financière.
  • Conditions d’utilisation : Les chercheurs souhaitant administrer ou traduire la MSA sont tenus de citer rigoureusement l’article original de Heydari, Davoudi et Teymoori (2011) dans leurs publications de recherche. Aucune utilisation commerciale de l’instrument n’est autorisée sans le consentement explicite écrit des auteurs titulaires des droits.

12. Références

Agnew, R. (1980). Success and anomie: A study of the relationship between goals, means, and anomia. The Sociological Quarterly, 21(4), 535-551. https://doi.org/10.1111/j.1533-8525.1980.tb00635.x

Bjarnason, T. (1998). Parents, religion and leisure in the alienation of adolescents. European Sociological Review, 14(1), 45-63. https://doi.org/10.1093/oxfordjournals.esr.a018227

Dean, D. G. (1961). Alienation: Its meaning and measurement. American Sociological Review, 26(5), 753-758. https://doi.org/10.2307/2089430

Durkheim, É. (1893). De la division du travail social. Félix Alcan.

Durkheim, É. (1897). Le Suicide: Étude de sociologie. Félix Alcan.

Form, W. H. (1975). The social construction of anomie: A four-nation study of industrial workers. American Journal of Sociology, 80(5), 1165-1191. https://doi.org/10.1086/225948

Heydari, A., Davoudi, I., & Teymoori, A. (2011). Revising the assessment of feeling of anomie: Presenting a multidimensional scale. Procedia – Social and Behavioral Sciences, 30, 1086-1090. https://doi.org/10.1016/j.sbspro.2011.10.212

Kapsis, R. E. (1978). Residential succession and delinquency: A test of Shaw and McKay’s theory of cultural transmission. Criminology, 15(4), 459-486. https://doi.org/10.1111/j.1745-9125.1978.tb00078.x

Merton, R. K. (1938). Social structure and anomie. American Sociological Review, 3(5), 672-682. https://doi.org/10.2307/2084686

Mizruchi, E. H. (1960). Social structure and anomia in a small city. American Sociological Review, 25(5), 645-654. https://doi.org/10.2307/2090137

Muftic, L. R. (2006). Advancing institutional anomie theory: A microlevel examination linking culture, institutions, and deviance. International Journal of Offender Therapy and Comparative Criminology, 50(6), 630-653. https://doi.org/10.1177/0306624X06287318

Rushing, W. A. (1971). Class, culture, and social structure: The measurement of anomia. American Journal of Sociology, 76(5), 857-872. https://doi.org/10.1086/224996

Seeman, M. (1959). On the meaning of alienation. American Sociological Review, 24(6), 783-791. https://doi.org/10.2307/2088565

Srole, L. (1956). Social integration and certain corollaries: An exploratory study. American Sociological Review, 21(6), 709-716. https://doi.org/10.2307/2088422

Teevan, J. J. (1975). On measuring anomia: Suggested modifications. Pacific Sociological Review, 18(2), 159-170. https://doi.org/10.2307/1388487

Travis, R. (1993). The list of alternatives to Srole’s anomia scale. The Journal of Social Psychology, 133(4), 589-590. https://doi.org/10.1080/00224545.1993.9712187

Yang, A. (2015). Quantifying anomia: Development of a scale (Master’s thesis). California State University, Fullerton. California State University ScholarWorks.

Zeitz, L., Medalia, N. Z., & Robinson, J. P. (1969). Anomie. In J. P. Robinson & P. R. Shaver (Eds.), Measures of Social Psychological Attitudes (pp. 161-182). Institute for Social Research.

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response format: 5-point Likert from "completely agree" to "completely disagree"

  1. I can trust to the statements of high-ranking officials (authority)
  2. There is little use writing to public officials because often they aren't really interested in the problems of average man
  3. In spite of what some people say, a lot of average man is getting worse, not better
  4. I believe most of the congress bills are towards the welfare of people
  5. Most public officials (people in public office) are not really interested in the problems of the average man
  6. I often wonder what the meaning of life really is
  7. It's hardly fair to bring children into the word with the way things look for future
  8. Everything is relative, and there just aren't any definite rules to live by
  9. I lead a trapped or frustrated life
  10. Nobody knows what is expected of him or her life
  11. I have no control over my destiny
  12. The socioeconomic status of people determines their dignity and its inevitable
  13. The word is changing so fast that it is hard for me to understand what is going on
  14. My whole word feels like it as falling apart
  15. No matter how hard people try in life it doesn't make any difference
  16. To make money, there are no right and wrong ways anymore, only easy ways and hard ways
  17. A person is justified in doing almost anything if the reward is high enough
  18. I am getting a college education so I can get a good job
  19. I follow whatever rules I want to follow
  20. Money is the most Important thing in life
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 2). Échelle multidimensionnelle de l’anomie. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-multidimensionnelle-de-lanomie/
Looti, Mohammed. “Échelle multidimensionnelle de l’anomie.” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-multidimensionnelle-de-lanomie/.
Looti, Mohammed. “Échelle multidimensionnelle de l’anomie.” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-multidimensionnelle-de-lanomie/.