Échelle multiculturelle d’acculturation, d’habitudes et d’intérêts pour adolescents AHIMSA

L’Échelle multiculturelle d’acculturation, d’habitudes et d’intérêts pour adolescents (AHIMSA) est un outil psychométrique concis en 8 items conçu par Unger et al. (2002) pour mesurer l’acculturation, le biculturalisme et l’adaptation sociale chez les jeunes en contexte pluriethnique.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 1, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 1, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle multiculturelle d’acculturation, d’habitudes et d’intérêts pour adolescents (Acculturation, Habits, and Interests Multicultural Scale for Adolescents, ou AHIMSA) est un instrument psychométrique bref, autorapporté et multidimensionnel conçu spécifiquement pour mesurer l’orientation d’acculturation chez les adolescents évoluant au sein de sociétés pluriethniques. Développée par Unger et ses collaborateurs (2002) à la University of Southern California, cette échelle répond aux limites conceptuelles et méthodologiques des instruments traditionnels d’acculturation, qui se focalisaient historiquement sur des populations d’immigrants spécifiques (souvent d’origine hispanique ou asiatique) et reposaient sur des modèles unidimensionnels assimilateurs où l’adoption de la culture d’accueil impliquait inévitablement l’abandon de la culture d’origine.

L’AHIMSA se compose de 8 items évaluant des dimensions écologiques concrètes de la vie quotidienne de l’adolescent : les affiliations relationnelles, les pairs, l’environnement musical, les programmes télévisuels, les célébrations festives, les habitudes alimentaires et les schèmes cognitifs ou styles de résolution de problèmes. Pour chaque item, les adolescents choisissent parmi quatre modalités de réponse nominales correspondant aux quatre stratégies d’acculturation théorisées par John W. Berry : Les États-Unis (Assimilation), Le pays d’origine de ma famille (Séparation), Les deux (Intégration / Biculturalisme), et Autre / Aucun des deux (Marginalisation). Le calcul génère quatre scores d’orientation sous forme de fréquences cumulées (allant de 0 à 8 points chacune).

Sur le plan psychométrique, l’AHIMSA a démontré une consistance interne satisfaisante dans des cohortes diversifiées d’adolescents scolarisés en milieu urbain, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,68 et 0,84 selon les sous-échelles d’orientation et les sous-groupes ethnoculturels. Sa validité de construit et sa validité de critère ont été confirmées par des associations théoriquement cohérentes avec le statut générationnel d’immigration, la langue parlée au domicile et des comportements de santé à risque tels que le tabagisme, la consommation d’alcool et la détresse psychologique. L’instrument se distingue par sa neutralité ethnique, permettant son administration universelle sans reformulation culturelle préalable.

2. Mots-clés / Keywords

Acculturation, AHIMSA, adolescence, psychométrie, biculturalisme, modèle de Berry, intégration culturelle, assimilation, santé des minorités, validité transculturelle, comportements à risque, diversité ethnique.

3. Auteurs / Authors

L’échelle AHIMSA a été conçue et validée par une équipe de chercheurs en santé publique, psychologie préventive et sciences comportementales rattachés à la Keck School of Medicine et à l’Institute for Health Promotion and Disease Prevention Research de l’Université de Californie du Sud (USC Keck School of Medicine) :

  • Jennifer B. Unger, Ph.D. — Professeure émérite en sciences de la population et de la santé publique, Keck School of Medicine, University of Southern California (USC). Experte reconnue mondialement en acculturation, disparités de santé et comportements tabagiques chez les adolescents de minorités ethniques. Courriel académique : [email protected].
  • Peggy Gallaher, Ph.D. — Biostatisticienne et méthodologiste de recherche, Institute for Health Promotion and Disease Prevention Research, University of Southern California. Spécialiste de la modélisation psychométrique et de l’analyse longitudinale des comportements de santé.
  • Soraya Shakib, Ph.D., MPH — Chercheuse en santé communautaire et promotion de la santé, USC. Ses travaux portent sur les interactions entre le stress d’acculturation et l’influence des pairs chez les jeunes issus de l’immigration.
  • Annamarie Ritt-Olson, Ph.D. — Professeure adjointe de recherche clinique, Department of Population and Public Health Sciences, USC. Ses recherches se concentrent sur la résilience culturelle et le développement positif des jeunes marginalisés.
  • Paula H. Palmer, Ph.D. — Chercheuse et professeure à la School of Community and Global Health, Claremont Graduate University (anciennement à l’USC), spécialiste des études transculturelles et des dépendances chez les jeunes d’origine asiatique et latino-américaine.
  • C. Anderson Johnson, Ph.D. — Directeur fondateur de l’Institute for Health Promotion and Disease Prevention Research à l’USC, pionnier des modèles socio-écologiques de prévention des toxicomanies chez l’adolescent.

4. Objectif / Purpose

Contexte d’émergence et limites des échelles traditionnelles

Dans les sociétés occidentales contemporaines, la composition démographique des écoles et des communautés s’est profondément diversifiée. Les cohortes adolescentes ne sont plus composées d’une majorité monoculturelle confrontée à un groupe minoritaire homogène, mais d’une mosaïque de jeunes issus de vagues migratoires successives, représentant des dizaines de nationalités, de langues et de contextes socio-économiques. Historiquement, les instruments de mesure de l’acculturation — tels que l’Acculturation Rating Scale for Mexican Americans (ARSMA ou ARSMA-II) de Cuéllar ou le Suinn-Lew Asian Self-Identity Acculturation Scale (SL-ASIA) — ont été développés pour des groupes ethniques particuliers. Ces outils ciblés présentaient plusieurs inconvénients majeurs :

  • Inapplicabilité multiculturelle : Dans une classe comprenant des élèves d’origines mexicaine, salvadorienne, coréenne, vietnamienne, arménienne, afro-américaine et euro-américaine, l’administration de questionnaires distincts et spécifiques à chaque origine s’avérait logistiquement impossible et excluait de fait les élèves issus d’autres origines ou de mariages mixtes.
  • Fardeau cognitif et longueur : Les échelles traditionnelles comportaient souvent 30 à 50 items détaillés, ce qui entraînait une lassitude marquée chez les adolescents précoces (élèves de middle school de 11 à 14 ans) et compromettait la qualité des données lors d’enquêtes épidémiologiques de grande envergure.
  • Biais unidimensionnel : Beaucoup d’outils anciens continuaient de mesurer l’acculturation sur un continuum bipolaire simpliste allant de « purement traditionnel » à « entièrement assimilé », ignorant l’état de biculturalisme où l’adolescent s’approprie simultanément les normes dominantes et ses traditions patrimoniales.

Applications pratiques et pertinence en santé publique

L’objectif central de l’AHIMSA a été de pallier ces lacunes en fournissant un outil standardisé, extrêmement court (8 items), auto-administrable en moins de cinq minutes, et conceptuellement universel. Il est conçu pour être déployé auprès de n’importe quel jeune, quel que soit le pays d’origine de ses ancêtres ou son statut générationnel aux États-Unis (première, deuxième, troisième génération ou plus). L’AHIMSA permet ainsi d’inclure les élèves d’ascendance européenne ou afro-américaine de longue date sans créer de sentiment d’exclusion, en les invitant à identifier la provenance de leur famille ou à situer leurs pratiques culturelles.

Sur le plan de la recherche épidémiologique et clinique, l’AHIMSA est principalement employée pour :

  • Prédire l’adoption de comportements à risque : L’acculturation rapide aux normes contemporaines de l’adolescence nord-américaine (« américanisation ») est fréquemment corrélée à une hausse des risques de tabagisme, d’expérimentation de substances psychoactives, d’alimentation ultra-transformée et de sédentarité, un phénomène connu sous le nom de « paradoxe de l’immigrant ».
  • Comprendre le bien-être émotionnel : L’identification au schéma de « marginalisation » ou de conflit intergénérationnel peut expliquer des symptômes dépressifs, de l’anxiété scolaire et des troubles de l’attachement chez les adolescents pris en étau entre les exigences parentales traditionnelles et les pressions des pairs locaux.
  • Évaluer les interventions préventives : Les programmes de prévention scolaire axés sur le maintien des valeurs familiales protectrices (comme le familismo) ou sur le développement des compétences biculturelles s’appuient sur l’AHIMSA pour vérifier si les gains d’intégration préservent les facteurs de protection culturelle.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique évalué par l’AHIMSA est l’orientation d’acculturation globale. L’acculturation représente l’ensemble des phénomènes résultant du contact direct et continu entre des groupes d’individus de cultures différentes, entraînant des modifications dans les modèles culturels initiaux de l’un ou des deux groupes. Chez l’adolescent, ce processus n’est pas purement cognitif ou linguistique ; il est incarné dans les conduites quotidiennes, les loisirs, la culture populaire et la sociabilité.

L’AHIMSA capture ce construit à travers quatre orientations d’acculturation distinctes, dérivées de chaque choix de réponse aux 8 questions :

1. L’orientation d’assimilation (Sous-échelle « The United States »)

L’adolescent privilégie exclusivement les modèles de la société réceptrice dominante. Cela reflète une absorption culturelle complète où l’individu préfère s’associer avec des pairs américains, écouter la musique produite aux États-Unis, consommer des médias locaux et adopter les modes de pensée dominants. Dans le cas d’adolescents issus de familles récemment immigrées, un score élevé d’assimilation peut traduire une perte rapide des repères ancestraux et une distanciation volontaire vis-à-vis de l’héritage d’origine, souvent motivée par le désir de conformisme intragroupe à l’école.

2. L’orientation de séparation ou traditionalisme (Sous-échelle « The country my family is from »)

L’adolescent maintient une fidélité exclusive envers la culture d’origine de sa famille, tout en limitant son engagement envers la culture dominante américaine. Il fréquente principalement des pairs issus de sa communauté ethnique, consomme les plats traditionnels au quotidien, célèbre les fêtes culturelles ou nationales de son pays d’origine et conserve des cadres de pensée hérités de ses parents. Cette orientation est particulièrement fréquente chez les adolescents de première génération ou ceux résidant dans des enclaves ethniques bien définies.

3. L’orientation d’intégration ou biculturalisme (Sous-échelle « Both »)

L’intégration reflète la capacité de l’adolescent à synthétiser et à naviguer harmonieusement entre les deux sphères culturelles. L’adolescent biculturel déclare se sentir à l’aise avec des amis américains et des amis issus de sa culture d’origine, écoute les deux registres musicaux, célèbre Thanksgiving aussi bien que le Nouvel An lunaire ou les Posadas, et combine les valeurs familiales patrimoniales avec l’individualisme contemporain américain. La littérature psychologique s’accorde largement à considérer l’intégration biculturelle comme la stratégie d’adaptation la plus résiliente, associée au meilleur ajustement psychologique et à une moindre détresse identitaire.

4. L’orientation de marginalisation ou anomie culturelle (Sous-échelle « Other/Neither »)

Cette orientation désigne le sentiment de rupture, d’aliénation ou d’exclusion vis-à-vis à la fois de la culture dominante des États-Unis et de la culture patrimoniale familiale. L’adolescent ne se reconnaît ni dans les codes de la société américaine, ni dans les traditions parentales. Il peut se réfugier dans des sous-cultures alternatives, une culture tierce (par exemple, un adolescent d’origine asiatique adoptant les codes urbains hip-hop plutôt que les normes anglo-américaines ou traditionnelles), ou vivre une anomie identitaire profonde. Ce profil est généralement associé aux niveaux les plus élevés de vulnérabilité émotionnelle et de déviance comportementale.

Les 8 items couvrent des domaines fonctionnels essentiels de la vie de l’adolescent :

  • Affiliation sociale et amicale (Items 1, 2, 3) : Mesurent le sentiment d’appartenance groupale, la composition du réseau de pairs intimes et l’aisance interpersonnelle.
  • Consommation culturelle et médiatique (Items 4, 5) : Reflètent l’immersion dans l’écosystème médiatique des jeunes (musique, émissions de télévision, streaming).
  • Pratiques domestiques et rituels collectifs (Items 6, 7) : Évaluent l’adhésion aux festivités calendaires et les coutumes culinaires familiales.
  • Styles cognitifs et vision du monde (Item 8) : Capturent l’intériorisation des valeurs fondamentales, la façon de concevoir le monde et d’aborder les défis de l’existence.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le modèle bidimensionnel de John W. Berry

L’ancrage conceptuel de l’AHIMSA repose explicitement sur le modèle d’acculturation bidimensionnel proposé par le psychologue canadien John Widdup Berry (1980, 1997). Avant les travaux fondateurs de Berry, la majorité des modèles sociologiques et psychologiques (issus notamment de l’École de Chicago avec Robert E. Park) concevaient l’acculturation comme un continuum unidimensionnel linéaire et inéluctable : le migrant était supposé abandonner progressivement ses attributs culturels d’origine pour se fondre dans le creuset (melting pot) de la société d’accueil. Berry a démontré que l’acculturation résulte en réalité de la négociation de deux questions psychologiques indépendantes :

  1. Préservation culturelle : « Est-il jugé important de maintenir son identité culturelle et ses caractéristiques patrimoniales ? »
  2. Adoption culturelle et contact : « Est-il jugé important d’établir et de maintenir des relations positives avec la société d’accueil et d’autres groupes culturels ? »

Le croisement de ces deux dimensions dichotomisées (Oui/Non) donne naissance aux quatre stratégies d’acculturation fondamentales que l’AHIMSA opérationnalise directement par ses quatre options de réponse :

  • Assimilation : Préservation du patrimoine = Non ; Contact/Adoption de la culture dominante = Oui. (Option : The United States).
  • Séparation : Préservation du patrimoine = Oui ; Contact/Adoption de la culture dominante = Non. (Option : The country my family is from).
  • Intégration : Préservation du patrimoine = Oui ; Contact/Adoption de la culture dominante = Oui. (Option : Both).
  • Marginalisation : Préservation du patrimoine = Non ; Contact/Adoption de la culture dominante = Non. (Option : Other/Neither).

Spécificités de l’acculturation à l’adolescence

Unger et ses collaborateurs ont articulé le cadre de Berry avec les théories du développement de l’adolescent, en particulier la théorie de l’identité d’Erik Erikson (stade de l’identité contre la confusion des rôles) et le modèle écologique de Urie Bronfenbrenner. À la période de l’adolescence précoce, les individus traversent un processus accéléré d’individuation où le groupe de pairs et la culture populaire acquièrent une influence prépondérante, entrant parfois en tension directe avec le microsystème familial.

L’AHIMSA reconnaît que l’adolescent ne maîtrise pas toujours des aspects institutionnels complexes de l’acculturation (comme les déclarations d’impôts, la gestion civique ou la maîtrise administrative de la langue). En revanche, l’adolescent négocie son appartenance à travers des symboles concrets : la musique qu’il écoute sur ses écouteurs, les séries qu’il regarde, les repas partagés à la table familiale et les amis avec lesquels il déjeune à la cantine scolaire. L’échelle operationalise donc le cadre de Berry au niveau des microsystèmes écologiques immédiatement accessibles et signifiants pour un jeune de 11 à 15 ans.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’AHIMSA a été rigoureusement documentée lors de son étude initiale de validation (Unger et al., 2002) menée auprès d’un échantillon diversifié de 1 547 adolescents scolarisés en classe de 6e et 7e (middle school) dans le comté de Los Angeles, en Californie. L’échantillon comprenait des élèves d’origine hispanique/latino-américaine (notamment mexicaine et salvadorienne), asiatique-américaine (chinoise, coréenne, philippine, vietnamienne) et d’autres horizons.

Validité de construit et convergente

La validité convergente de l’AHIMSA a été établie en examinant les relations entre les scores d’acculturation et des marqueurs objectifs du statut migratoire et linguistique :

  • Statut générationnel d’immigration : Les analyses ont révélé des gradients linéaires très significatifs (p < 0,001). Les adolescents de première génération (nés à l’étranger) ont obtenu des scores significativement plus élevés sur l’orientation de Séparation et des scores plus faibles sur l’orientation d’Assimilation. À l’inverse, les adolescents de deuxième et troisième générations présentaient une augmentation systématique des scores d’Assimilation et d’Intégration.
  • Langue parlée à la maison : Les élèves rapportant parler exclusivement ou principalement une langue non anglaise à la maison ont obtenu des scores nettement plus élevés sur la sous-échelle de Séparation, confirmant que l’outil capte adéquatement la conservation linguistique et domestique.
  • Identification subjective : Une concordance substantielle a été observée entre le choix de la sous-échelle d’intégration (« Both ») et des mesures d’identité biculturelle et d’estime de soi collective.

Validité prédictive et de critère (Comportements de santé)

L’utilité épidémiologique de l’AHIMSA repose largement sur sa capacité à prédire les disparités de comportements chez les jeunes :

  • Tabagisme et alcool : Conformément aux hypothèses de l’acculturation comme facteur de risque dans certains contextes nord-américains, les adolescents obtenant des scores élevés d’Assimilation présentaient une probabilité significativement supérieure d’avoir déjà expérimenté la cigarette (odds ratio significatif) par rapport aux adolescents maintenant une orientation de Séparation ou d’Intégration.
  • Facteurs protecteurs de l’intégration : Les jeunes ayant un profil biculturel (« Both ») affichaient un meilleur ajustement psychosocial, une performance scolaire plus stable et moins de conflits familiaux perçus que ceux caractérisés par des profils extrêmes d’assimilation unilatérale ou de marginalisation.
  • Vulnérabilité de la marginalisation : La sous-échelle Other/Neither s’est révélée prédictive d’un risque accru d’isolement social, de symptômes dépressifs légers à modérés et de comportements d’opposition, corroborant les prédictions théoriques du modèle de Berry.

Validité transculturelle et équivalence

L’un des atouts distinctifs de l’AHIMSA est qu’elle ne nécessite pas de modifier le libellé des items selon que le répondant est originaire de Corée, du Guatemala ou de Roumanie. La formulation ouverte en en-tête (« Write the name(s) of the country (or countries) that your family came from ») permet d’établir un point d’ancrage cognitif individualisé avant de répondre aux items. Des études subséquentes menées dans d’autres régions des États-Unis et dans des contextes internationaux ont confirmé la robustesse de cette validité de contenu interculturelle.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’AHIMSA a été mesurée principalement à travers l’évaluation de sa consistance interne et de sa stabilité temporelle lors d’administrations répétées dans des contextes scolaires.

Consistance interne (Coefficients Alpha de Cronbach)

Compte tenu de la structure ipsative partielle de l’échelle (où chaque item demande de choisir une orientation parmi quatre), la consistance interne est évaluée pour chacune des quatre échelles de sommation créées (en additionnant le nombre de réponses d’un type donné à travers les 8 items) :

  • Sous-échelle Assimilation (« The United States ») : Dans l’étude de validation initiale d’Unger et al. (2002), le coefficient alpha de Cronbach s’élevait à α = 0,78. Dans des réplications ultérieures menées sur des échantillons hispaniques et multiethniques, ce coefficient s’est maintenu dans une fourchette de 0,75 à 0,84, ce qui démontre une excellente homogénéité pour une échelle de seulement 8 items.
  • Sous-échelle Séparation (« The country my family is from ») : Le coefficient alpha rapporté par les auteurs était de α = 0,74 (variant de 0,70 à 0,79 selon les sous-groupes ethniques).
  • Sous-échelle Intégration / Biculturalisme (« Both ») : L’alpha de Cronbach atteignait α = 0,72 (fourchette de 0,68 à 0,76). Cette consistance est tout à fait acceptable compte tenu de l’hétérogénéité des comportements biculturels (un jeune pouvant être biculturel dans ses goûts musicaux sans l’être nécessairement dans ses pratiques culinaires).
  • Sous-échelle Marginalisation (« Other/Neither ») : En raison de son endossement globalement plus rare dans les échantillons généraux (effet de plancher), l’alpha est légèrement inférieur mais reste modéré, se situant autour de α = 0,62 à 0,68.

Fidélité test-retest et stabilité temporelle

Dans un sous-échantillon d’élèves réévalués à un intervalle de 2 à 4 semaines, les coefficients de corrélation intra-classe et de corrélation test-retest de Pearson se sont révélés élevés (r variant de 0,71 à 0,83 pour les scores d’assimilation et de séparation, et r > 0,65 pour l’intégration). Ces résultats indiquent que les habitudes et intérêts mesurés par l’instrument ne sont pas de simples états d’humeur transitoires, mais traduisent des orientations comportementales et culturelles stables au cours de l’adolescence précoce.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

La nature du format de réponse de l’AHIMSA (choix polytomique nominal parmi quatre options pour chaque item) impose des approches analytiques adaptées. Les chercheurs ont procédé de deux manières pour vérifier la dimensionnalité de l’instrument :

  1. Analyse factorielle sur les échelles de sommation : En calculant les scores de fréquence pour les orientations d’assimilation et de séparation, une analyse en composantes principales (ACP) avec rotation orthogonale (Varimax) ou oblique (Promax) a régulièrement mis en évidence deux facteurs sous-jacents majeurs correspondant aux deux axes d’acculturation définis par Berry : l’axe d’implication dans la culture d’accueil (culture des États-Unis) et l’axe d’implication dans la culture d’origine. Les items relatifs aux médias (musique, télévision) et aux pairs présentaient les saturations factorielles les plus élevées sur le facteur d’américanisation (> 0,65).
  2. Analyses factorielles pour données catégorielles : Unger et al. ont modélisé les items en utilisant des corrélations tétrachoriques/polychoriques. Les résultats ont confirmé que les huit indicateurs se regroupent de manière cohérente autour d’un construit latent d’orientation culturelle sans saturation croisée anormale, confirmant l’unidimensionnalité relative de chaque axe respectif.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les modélisations en équations structurelles (SEM) et les analyses factorielles confirmatoires menées pour tester le modèle bidimensionnel (Orientation vers les États-Unis vs. Orientation vers le pays d’origine) ont affiché d’excellents indices d’ajustement global dans les cohortes d’adolescents :

  • Indice de comparaison de Bentler (CFI) : 0,94 à 0,97
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) : 0,92 à 0,95
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) : 0,042 à 0,058 (avec intervalle de confiance à 90 % inférieur à 0,07)
  • Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : < 0,05

Les saturations factorielles standardisées (λ) de chaque item sur son facteur théorique sont toutes statistiquement significatives (p < 0,001), variant de 0,51 (pour l’item 8 sur la manière de penser) à 0,82 (pour l’item 4 sur la musique préférée et l’item 2 sur les meilleurs amis). Ces résultats démontrent que les indicateurs comportementaux et relationnels constituent d’excellents reflets du processus sous-jacent d’acculturation.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Acculturation, Habits, and Interests Multicultural Scale for Adolescents (AHIMSA).
  • Nom traduit : Échelle multiculturelle d’acculturation, d’habitudes et d’intérêts pour adolescents.
  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique court (crayon-papier ou informatisé).
  • Population cible : Adolescents précoces et adolescents d’âge scolaire (généralement de 10 à 18 ans), particulièrement adapté aux classes multiethniques et aux contextes urbains diversifiés.
  • Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes.
  • Nombre d’items : 8 items précédés d’une question ouverte d’amorçage géographique.
  • Format d’amorçage : Le questionnaire s’ouvre par une brève contextualisation expliquant que de nombreuses familles aux États-Unis ont des ancêtres venus d’autres pays à différentes époques. Le jeune est invité à inscrire le nom du ou des pays d’où vient sa famille : « Write the name(s) of the country (or countries) that your family came from: ».
  • Format de réponse : Pour chacun des 8 items, le répondant coche une seule option parmi quatre modalités fixes disposées en colonnes :
    • The United States (Assimilation)
    • The country my family is from (Séparation)
    • Both (Intégration / Biculturalisme)
    • Other/Neither (Marginalisation / Alternative)
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Scores continus par sous-échelle : On calcule la somme des réponses cochées pour chacune des 4 modalités à travers les 8 items. Chaque sous-échelle (Assimilation, Séparation, Intégration, Marginalisation) génère un score allant de 0 à 8. La somme des 4 scores est égale à 8 (sauf omission d’item).
    • Classification catégorielle typologique (Stratégie dominante) : L’adolescent peut être assigné à une catégorie d’acculturation prédominante en fonction du score le plus élevé obtenu parmi les quatre modalités (règle de la majorité simple, par exemple un score ≥ 4 ou 5 sur une modalité spécifique).
    • Scores orthogonaux bidimensionnels : Certains chercheurs calculent deux scores indépendants : un score d’« orientation américaine » (somme des points obtenus pour The United States + 0,5 × Both) et un score d’« orientation patrimoniale » (somme des points pour The country my family is from + 0,5 × Both).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication originale : 2002.
  • Revue de référence : The Journal of Early Adolescence (Sage Publications).
  • Statut des droits d’auteur : Les droits de publication initiaux de l’article sont détenus par Sage Publications Inc. Toutefois, l’instrument lui-même a été développé dans le cadre de recherches subventionnées par des fonds publics fédéraux de santé aux États-Unis (notamment le National Institutes of Health / National Cancer Institute).
  • Conditions d’utilisation et politique tarifaire : L’utilisation de l’AHIMSA à des fins de recherche scientifique non commerciale, de santé publique et d’évaluation pédagogique est gratuite. Aucune redevance n’est exigée des chercheurs universitaires. Les utilisateurs doivent obligatoirement citer l’article princeps de Unger et al. (2002) dans toutes leurs communications scientifiques et publications.
  • Utilisation commerciale ou adaptation logicielle propriétaire : Toute intégration de l’échelle dans un dispositif commercial payant nécessite une autorisation formelle préalable auprès des détenteurs de droits (Sage Publications et/ou l’auteur correspondant, le Dr Jennifer B. Unger).

12. Références / References

Les références ci-dessous constituent le corpus théorique et empirique fondamental encadrant l’élaboration et la validation de l’AHIMSA :

  • Berry, J. W. (1980). Acculturation as varieties of adaptation. Dans A. M. Padilla (dir.), Acculturation: Theory, models, and some new findings (p. 9–25). Westview Press.
  • Berry, J. W. (1997). Immigration, acculturation, and adaptation. Applied Psychology, 46(1), 5–34. https://doi.org/10.1111/j.1464-0597.1997.tb01087.x
  • Cuéllar, I., Arnold, B., & Maldonado, R. (1995). Acculturation Rating Scale for Mexican Americans-II: A revision of the ARSMA scale. Hispanic Journal of Behavioral Sciences, 17(3), 275–304. https://doi.org/10.1177/07399863950173001
  • Suinn, R. M., Rickard-Figueroa, K., Lew, S., & Vigil, P. (1987). The Suinn-Lew Asian Self-Identity Acculturation Scale: An initial test-retest reliability and internal consistency. Educational and Psychological Measurement, 47(2), 401–407. https://doi.org/10.1177/0013164487472012
  • Unger, J. B., Gallaher, P., Shakib, S., Ritt-Olson, A., Palmer, P. H., & Johnson, C. A. (2002). The AHIMSA acculturation scale: A new measure of acculturation for adolescents in a multicultural society. The Journal of Early Adolescence, 22(3), 225–251. https://doi.org/10.1177/0272431602022003001
  • Unger, J. B., Ritt-Olson, A., Teran, L., Huang, T., Hoffman, B. R., & Palmer, P. (2004). Cultural values and substance use in a multiethnic sample of California adolescents. Addiction Research & Theory, 12(5), 409–422. https://doi.org/10.1080/16066350410001728364

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

I am most comfortable being  with people from
2

My best friends are from
3

The people I fit in with best are from
4

My favorite music is from
5

My favorite TV shows are from
6

The holidays I celebrate are from
7

The food I eat at home is from
8

The way I do things and the way I think about things are from
★

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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 1). Échelle multiculturelle d’acculturation, d’habitudes et d’intérêts pour adolescents AHIMSA. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-multiculturelle-acculturation-habitudes-interets-adolescents-ahimsa/
Looti, Mohammed. “Échelle multiculturelle d’acculturation, d’habitudes et d’intérêts pour adolescents AHIMSA.” Base de données de psychologie en français, 1 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-multiculturelle-acculturation-habitudes-interets-adolescents-ahimsa/.
Looti, Mohammed. “Échelle multiculturelle d’acculturation, d’habitudes et d’intérêts pour adolescents AHIMSA.” Base de données de psychologie en français. octobre 1, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-multiculturelle-acculturation-habitudes-interets-adolescents-ahimsa/.