1. Résumé / Abstract
L’Échelle de motivation prosociale fondée sur la pression (en anglais, Pressure-Based Prosocial Motivation Scale [PRPM]) constitue un instrument psychométrique conçu pour évaluer la propension d’un individu à adopter des comportements prosociaux sous l’effet de contraintes internes ou externes perçues, telles que le devoir moral, la conformité aux normes sociales, la culpabilité anticipée et la régulation préventive. Développée initialement par Jochen E. Gebauer et ses collaborateurs (2008) au sein d’un modèle bifactoriel distinguant la motivation prosociale fondée sur le plaisir (pleasure-based) de celle fondée sur la pression (pressure-based), l’échelle opérationnalise les dynamiques d’aide aux autres ancrées dans une obligation contraignante plutôt que dans la recherche d’une satisfaction intrinsèque.
Composée originellement de 4 items, l’échelle a été validée et réévaluée dans divers contextes transculturels et professionnels, notamment par Thu, Kadirov, Fam et Tho (2023) auprès de dirigeants d’entreprises (Chief Marketing Officers), où une version affinée à 3 items a été retenue en raison de saturations factorielles suboptimales du quatrième item. Les participants répondent généralement au moyen d’une échelle de type Likert en 5 ou 7 points, allant de « Fortement en désaccord » à « Fortement d’accord ». D’un point de vue psychométrique, la PRPM démontre une cohérence interne satisfaisante (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,72 et 0,84 selon les échantillons), une fiabilité composite robuste et une validité discriminante nette vis-à-vis des mesures d’empathie pure, de désirabilité sociale et de motivation prosociale intrinsèque. En capturant la dimension normative et préventive de l’altruisme, la PRPM offre un éclairage déterminant sur le burnout militant, l’épuisement émotionnel des soignants et l’engagement stratégique des organisations en matière de responsabilité sociétale.
2. Mots-clés / Keywords
Motivation prosociale, pression sociale, devoir moral, théorie de l’autodétermination, régulation préventive, comportement d’aide, culpabilité, psychométrie, responsabilité sociétale, épuisement professionnel, engagement organisationnel, échelle PRPM.
3. Auteurs / Authors
L’architecture conceptuelle initiale de la distinction entre motivation prosociale fondée sur le plaisir et motivation prosociale fondée sur la pression a été établie par une équipe de chercheurs en psychologie sociale et de la personnalité :
- Jochen E. Gebauer : Faculté de psychologie, Université de Mannheim (Mannheim, Allemagne) et Centre interdisciplinaire de psychologie de l’Université de Heidelberg. Spécialiste de l’estime de soi, de l’autorecherche et des motivations prosociales. Courriel : [email protected].
- Michael Riketta : Anciennement affilié au Département de psychologie de l’Université Aston (Birmingham, Royaume-Uni). Travaux axés sur la psychologie organisationnelle, l’engagement au travail et les attitudes sociales (décédé).
- Philip Broemer : Département de psychologie, Université de Tübingen (Tübingen, Allemagne). Spécialiste de la cognition sociale et de la régulation affective.
- Gregory R. Maio : Département de psychologie, Université de Bath (Bath, Royaume-Uni). Expert international des valeurs humaines et du changement d’attitude. Courriel : [email protected].
L’adaptation et la validation structurelle contemporaine de la version opérationnelle en milieu managérial et macro-marketing ont été menées par :
- Nguyen Thi Ngoc Thu : Faculté de gestion et d’économie, Université d’économie de Hô-Chi-Minh-Ville (UEH), Vietnam.
- Djavlon Kadirov : Victoria University of Wellington, École de marketing et de commerce international, Wellington, Nouvelle-Zélande.
- Kim-Shyan Fam : Victoria University of Wellington, Nouvelle-Zélande.
- Nguyen Dong Tho : Université d’économie de Hô-Chi-Minh-Ville (UEH), Vietnam.
4. Objectif / Purpose
L’objectif central de l’Échelle de motivation prosociale fondée sur la pression (PRPM) est de quantifier et de dissocier les motivations sous-jacentes à l’action altruiste. Traditionnellement, la littérature sur l’altruisme et les comportements d’aide a souvent traité la motivation prosociale comme un construit homogène, présumant que le désir d’aider autrui découle uniformément de la compassion ou de la bienveillance. Or, Gebauer et ses collègues (2008) ont postulé que deux voies motivationnelles distinctes mènent à l’action prosociale : l’une orientée vers l’approche hédonique (le plaisir d’aider) et l’autre orientée vers l’évitement de sanctions psychologiques ou sociales (la pression d’aider). La PRPM a pour vocation d’isoler cette seconde dynamique.
Sur le plan théorique, l’échelle mesure la mesure dans laquelle un individu s’engage dans des actes bénéfiques pour autrui parce qu’il perçoit une obligation incontournable, une exigence éthique pesante ou une contrainte normative. Il s’agit d’une motivation extrinsèque ou introjectée, où l’action est menée pour apaiser un sentiment d’inconfort interne (culpabilité, honte) ou pour satisfaire à des réquisits imposés par le groupe social. Contrairement à la motivation prosociale bienfaisante, l’aide motivée par la pression n’augmente pas nécessairement le bien-être subjectif de l’acteur et peut même être source d’épuisement des ressources cognitives et affectives.
Dans les applications de recherche contemporaine, la PRPM répond à plusieurs besoins méthodologiques et conceptuels fondamentaux :
- Psychologie organisationnelle et du travail : L’échelle permet de distinguer les salariés qui s’investissent dans les comportements de citoyenneté organisationnelle (OCB) par adhésion enthousiaste de ceux qui s’y soumettent par conformisme bureaucratique ou pression managériale. Elle est particulièrement utile pour diagnostiquer le phénomène de « citoyenneté forcée » (compulsory citizenship) et la fatigue compassionnelle.
- Marketing sociétal et gouvernance d’entreprise : Comme l’ont démontré Thu et al. (2023), l’échelle permet d’évaluer l’authenticité de l’engagement des dirigeants (tels que les directeurs marketing) en matière de développement durable. Les décisions pro-environnementales motivées par la pression externe ou la responsabilité contraignante obéissent à des logiques de prévention et d’alignement normatif plutôt qu’à une vision proactive et créative.
- Psychologie clinique et de la santé : La PRPM sert à étudier l’impact néfaste des normes d’abnégation et du devoir démesuré sur l’épuisement personnel des aidants naturels (caregivers) et des travailleurs humanitaires, chez qui l’obligation morale d’assistance constante se traduit par une vulnérabilité accrue aux troubles anxiodépressifs.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par la PRPM est la motivation prosociale fondée sur la pression. Ce construit repose sur une conceptualisation fine des forces d’incitation qui sous-tendent les conduites orientées vers autrui. Il ne s’agit pas de mesurer la fréquence des comportements d’aide eux-mêmes, mais bien la nature psychologique de la régulation motivationnelle qui les déclenche.
1. L’obligation normative et le sens du devoir
Le premier axe du construit repose sur l’intériorisation rigide de règles morales et de normes sociales prescrivant l’altruisme. L’individu aide parce qu’il perçoit qu’il doit le faire. Le comportement prosocial n’est pas perçu comme une opportunité gratifiante d’expression de soi, mais comme une charge contractuelle ou un impératif catégorique non négociable. Par exemple, un gestionnaire qui déploie des chartes éthiques au sein de son service sous la prémisse d’un devoir strict envers la société manifeste cette dimension normative. L’absence d’action est perçue comme une infraction morale grave.
2. L’évitement des émotions réflexives négatives (culpabilité et honte)
Le construit intègre une dynamique d’évitement émotionnel. L’action prosociale sert d’outil d’autorégulation visant à neutraliser l’apparition de sentiments aversifs d’indignité, de culpabilité ou d’anxiété morale. L’individu anticipe que l’inaction face à la détresse d’autrui ou face à une sollicitation collective détruirait son équilibre psychologique ou son image morale interne. Dans ce cadre, aider n’apporte pas une joie positive supplémentaire, mais rétablit un niveau de confort affectif neutre par suppression du malaise interne induit par l’injonction morale.
3. La régulation externe et introjectée
Au sens de la théorie de l’autodétermination, le construit de motivation prosociale sous pression correspond principalement à une régulation introjectée (agir pour éviter la culpabilité ou préserver son estime de soi conditionnelle) et, dans certains contextes organisationnels, à une régulation externe (agir pour se conformer aux attentes perçues de l’environnement). Le locus de causalité perçu pour ces actes demeure externe ou partiellement intériorisé sous forme de contrainte (« Je le fais parce qu’on attend cela de moi » ou « Je le fais parce que je ne pourrais pas me regarder dans un miroir sinon »).
4. Différenciation avec la motivation fondée sur le plaisir
Il est crucial de juxtaposer ce construit à son pendant orthogonal : la motivation prosociale fondée sur le plaisir (Pleasure-Based Prosocial Motivation). Alors que cette dernière est liée à la chaleur bienveillante (warm glow), à l’empathie affective positive et à un focus de promotion (recherche de gain relationnel et de vitalité), la motivation fondée sur la pression est caractérisée par la vigilance, la retenue, le devoir strict et la crainte de la faillite morale.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de l’échelle PRPM s’inscrit au carrefour de plusieurs grands cadres théoriques de la psychologie contemporaine, articulant régulation du soi, motivation humaine et morale sociale.
1. La théorie du focus régulateur (Regulatory Focus Theory)
Formulée par E. Tory Higgins (1997), la théorie du focus régulateur postule l’existence de deux systèmes d’orientation motivationnelle : le focus de promotion et le focus de prévention. Le focus de promotion est axé sur la croissance, l’accomplissement, les aspirations et la présence ou l’absence de résultats positifs. À l’opposé, le focus de prévention s’articule autour de la sécurité, des responsabilités, des devoirs moraux et de la gestion de la conformité pour éviter les pertes ou les erreurs.
Gebauer et al. (2008) ont modélisé la motivation prosociale fondée sur la pression comme le reflet direct d’un focus de prévention appliqué au domaine relationnel et altruiste. Les individus opérant sous un focus de prévention abordent l’aide comme une obligation à remplir. Le critère de succès n’est pas le bonheur partagé, mais la conformité aux devoirs moraux. L’échelle PRPM a été directement conçue pour opérationnaliser cette régulation préventive dans les conduites prosociales.
2. La théorie de l’autodétermination (Self-Determination Theory)
Le cadre théorique d’Edward L. Deci et Richard M. Ryan (2000) fournit une grille de lecture essentielle pour comprendre le positionnement de la PRPM. Dans le continuum de l’autodétermination, la motivation prosociale fondée sur la pression correspond aux formes non autonomes de régulation, particulièrement la régulation introjectée. Lorsque l’individu agit par devoir moral impérieux ou pour échapper au remords, son comportement n’est pas pleinement intégré à son soi authentique ; il est piloté par des pressions intériorisées. La PRPM mesure avec précision ce sentiment de coercition interne.
3. Le modèle d’activation des normes (Norm Activation Model)
Le modèle développé par Shalom Schwartz (1977) met en lumière le rôle des normes personnelles dans le déclenchement des conduites d’aide. Selon ce modèle, l’action d’aide est activée lorsque l’individu prend conscience des conséquences négatives pour autrui et ressent une responsabilité personnelle forte face à cette situation. La motivation prosociale sous pression capture le moment exact où cette norme personnelle fonctionne comme une contrainte morale coercitive imposant l’action sous peine de sanction d’auto-évaluation.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’échelle PRPM a été étayée par de multiples études empiriques depuis sa formulation inaugurale par Gebauer et al. (2008) jusqu’à ses adaptations modernes (Thu et al., 2023).
1. Validité de construit
La validité de construit est attestée par la séparation factorielle systématique entre les items mesurant la pression et ceux évaluant le plaisir. Dans les études princeps de Gebauer et ses collaborateurs (2008), les analyses factorielles confirmatoires ont mis en évidence la supériorité incontestable d’une structure à deux facteurs distincts (plaisir vs pression) par rapport à un modèle unidimensionnel regroupant indifféremment tous les items de motivation prosociale. Les indices d’ajustement structurel (CFI > 0,95, TLI > 0,93, RMSEA < 0,06) confirment que la motivation basée sur la pression constitue une entité psychologique autonome.
2. Validité convergente
La PRPM présente des corrélations positives statistiquement significatives avec les construits théoriquement congruents :
- Focus de prévention : Des corrélations positives modérées à fortes (généralement r compris entre 0,35 et 0,52, p < 0,001) ont été observées entre la PRPM et l’échelle de focus régulateur de Higgins (RFQ-prevention).
- Propension à la culpabilité (Guilt Proneness) : Les scores sur la PRPM corrèlent positivement avec la mesure GASP (Guilt and Shame Proneness scale), démontrant que la sensibilité au remords moral constitue un moteur central de cette motivation.
- Conscience de soi publique : L’échelle est positivement associée au souci du regard d’autrui et des attentes sociales normatives.
3. Validité discriminante
La validité discriminante a été démontrée par l’absence ou la faiblesse des corrélations entre la PRPM et :
- La motivation prosociale fondée sur le plaisir (corrélations faibles à nulles, r oscillant généralement entre -0,10 et 0,15, démontrant l’orthogonalité quasi-totale des construits dans les populations générales).
- L’agréabilité des Big Five : alors que la motivation par plaisir corrèle fortement avec l’agréabilité (r > 0,40), la PRPM n’y est que faiblement reliée, montrant qu’elle ne mesure pas un simple trait de personnalité bienveillant.
- L’orientation vers la promotion (RFQ-promotion), avec laquelle aucune corrélation significative n’apparaît.
Dans l’étude de Thu et al. (2023), la variance moyenne extraite (AVE) de l’échelle PRPM à 3 items s’établissait à 0,578, dépassant largement le seuil requis de 0,50 et surpassant le carré des corrélations avec les autres variables du modèle structural (notamment l’orientation future et l’engagement envers le marketing durable), validant pleinement le critère de Fornell-Larcker.
4. Validité prédictive et nomologique
La validité prédictive de l’échelle est manifeste dans plusieurs contextes empiriques :
- Épuisement professionnel : Contrairement à la motivation par plaisir qui protège contre le burnout, des scores élevés sur la PRPM prédisent positivement la fatigue de compassion et le cynisme chez les aidants et soignants.
- Engagement sociétal des entreprises : Thu et al. (2023) ont démontré que chez les directeurs du marketing, la PRPM exerce une influence prédictive positive directe et significative sur l’engagement envers les politiques de marketing durable (β = 0,22, p < 0,01), confirmant que la perception d’un devoir envers la société incite les dirigeants à engager leur entreprise dans des transitions écologiques structurées.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle a été examinée sous les angles de la cohérence interne et de la stabilité temporelle à travers différentes cohortes universitaires et professionnelles.
1. Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Fiabilité Composite)
Dans les travaux initiaux de Gebauer et al. (2008), la version originale à 4 items présentait des coefficients de cohérence interne très acceptables :
- Étude 1 (Gebauer et al., 2008, échantillon d’étudiants britanniques) : alpha de Cronbach (α) = 0,78.
- Étude 2 (Gebauer et al., 2008, échantillon de bénévoles associatifs) : alpha de Cronbach (α) = 0,81.
Dans l’adaptation de Thu, Kadirov, Fam et Tho (2023), menée auprès d’un échantillon de cadres supérieurs du marketing au Vietnam (N = 312), la structure a été soumise à une réévaluation psychométrique. Après le retrait d’un item dont la saturation factorielle était inférieure aux exigences standard (< 0,50), la version à 3 items a présenté d’excellents indicateurs de fidélité :
- Alpha de Cronbach (α) = 0,76.
- Fiabilité composite (CR – Composite Reliability) = 0,804.
- Omega de McDonald (ω) = 0,77.
2. Stabilité temporelle (Test-Retest)
Les investigations menées sur des intervalles de quatre à six semaines (Gebauer et al., 2008) font état d’un coefficient de corrélation test-retest (rtt) de 0,73, ce qui témoigne d’une stabilité temporelle appréciable, cohérente avec la conceptualisation de la motivation prosociale sous pression à la fois comme une tendance dispositionnelle générale et comme un état influencé par les climats normatifs ambiants.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture dimensionnelle de l’échelle PRPM a été explorée et validée par une série d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).
1. Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)
Lors de la phase de création de l’outil, Gebauer et al. (2008) ont administré un ensemble d’items reflétant les facettes du plaisir et de la pression à des échantillons diversifiés. Une analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) a systématiquement extrait deux facteurs fondamentaux possédant des valeurs propres supérieures à 1,5 :
- Le facteur 1 regroupait les énoncés relatifs à la satisfaction ressentie lors de l’aide (plaisir).
- Le facteur 2 isolait l’ensemble des énoncés axés sur le devoir, l’obligation et la pression morale ressentie.
Les saturations des items assignés au facteur de pression oscillaient entre 0,68 et 0,84, sans contaminations croisées notables sur le facteur plaisir (saturations croisées inférieures à 0,20).
2. Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)
Les modèles d’équations structurelles appliqués à la structure ont permis de tester la robustesse du modèle :
- Le modèle bifactoriel orthogonal ou faiblement corrélé offre un ajustement nettement supérieur au modèle à facteur unique général : χ2/df < 2,5 ; Comparative Fit Index (CFI) > 0,96 ; Tucker-Lewis Index (TLI) > 0,94 ; Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) < 0,055 (IC à 90% [0,032 ; 0,078]) ; Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) < 0,042.
3. Épuration méthodologique dans l’échantillon managérial (Thu et al., 2023)
Lors de l’application de l’échelle à des cadres de direction en Asie du Sud-Est, Thu et ses collègues ont examiné le comportement psychométrique individuel des items. Un item originel formulé sous une forme abstraite d’abnégation (« I feel obligated to perform selfless acts towards others » / « Je me sens obligé d’accomplir des actes désintéressés envers autrui ») a montré une saturation standardisée faible (inférieure au seuil strict de 0,50). Cette sous-performance s’explique par la complexité conceptuelle du terme « acte désintéressé » dans un environnement d’affaires stratégique.
Son élimination a permis de consolider une structure unifactorielle épurée à 3 items pour la composante pression, dont les saturations factorielles standardisées en AFC s’échelonnent de 0,72 à 0,81, conférant au modèle final des indices d’adéquation remarquables (CFI = 0,985, RMSEA = 0,038).
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’instrument : Échelle d’auto-évaluation psychométrique par auto-questionnaire (self-report questionnaire).
- Format d’administration : Papier-crayon ou passation électronique informatisée (Qualtrics, Google Forms, RedCap).
- Durée de passation : Moins de 2 minutes pour la sous-échelle seule (environ 5 minutes si administrée conjointement avec l’échelle de motivation prosociale fondée sur le plaisir).
- Nombre d’items : 4 items dans la version originale intégrale de Gebauer et al. (2008) ; 3 items dans la version affinée pour contextes managériaux/transculturels de Thu et al. (2023).
- Format des réponses : Échelle de Likert à 5 ou 7 points d’ancrage (1 = Totalement en désaccord, 4 = Neutre / Ni en accord ni en désaccord, 7 = Totalement d’accord).
- Cotation et calcul du score : Le score global de motivation prosociale fondée sur la pression s’obtient en calculant la moyenne arithmétique simple des items conservés (ou la somme totale des scores). Aucun item n’est inversé.
- Interprétation des scores : Un score élevé reflète une régulation du comportement prosocial fortement ancrée dans le devoir, l’évitement de la culpabilité et la soumission aux exigences normatives perçues. Un score faible signale que les conduites d’aide ne sont pas guidées par une sensation d’obligation contraignante.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception initiale : 2008 (publication princeps par Gebauer, Riketta, Broemer et Maio dans le Journal of Personality and Social Psychology).
- Année d’adaptation managériale : 2023 (étude de Thu, Kadirov, Fam et Tho dans le Journal of Macromarketing).
- Statut du droit d’auteur : Les articles scientifiques fondateurs sont protégés par le droit d’auteur de l’American Psychological Association (APA) et de SAGE Publications. Toutefois, les énoncés des items ont été publiés à des fins de recherche académique dans des revues évaluées par les pairs.
- Tarification et coût d’usage : L’utilisation de l’instrument est entièrement gratuite (aucun coût de licence) pour la recherche universitaire non commerciale, l’enseignement supérieur et les thèses académiques.
- Procédure d’autorisation : L’utilisation dans le cadre de recherches scientifiques académiques requiert la citation appropriée des articles sources conformément aux normes éthiques et bibliographiques de l’APA. Toute utilisation commerciale ou intégration dans des outils de sélection RH payants nécessite l’accord explicite des détenteurs des droits ou des auteurs correspondants.
12. Références / References
Les sources académiques documentant la construction, la validation et les applications psychométriques de la PRPM sont répertoriées ci-dessous en norme APA 7e édition :
- Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227–268. https://doi.org/10.1207/S15327965PLI1104_01
- Gebauer, J. E., Riketta, M., Broemer, P., & Maio, G. R. (2008). « Pleasure and pressure based prosocial motivation »: Divergent relations to subjective well-being. Journal of Personality and Social Psychology, 95(3), 629–646. https://doi.org/10.1037/0022-3514.95.3.629
- Higgins, E. T. (1997). Beyond pleasure and pain. American Psychologist, 52(12), 1280–1300. https://doi.org/10.1037/0003-066X.52.12.1280
- Schwartz, S. H. (1977). Normative influences on altruism. In L. Berkowitz (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 10, pp. 221–279). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(08)60358-5
- Thu, N. N. Q., Kadirov, D., Fam, K.-S., & Tho, N. D. (2023). Firms’ sustainability marketing commitment: The roles of chief marketing officers’ future focus and prosocial motivation. Journal of Macromarketing, 43(3), 306–321. https://doi.org/10.1177/02761467231174069