Échelle de motivation à l’approbation de Martin-Larsen (MLAMS)

L’Échelle de motivation à l’approbation de Martin-Larsen (MLAMS) est un instrument psychométrique mesurant le besoin d’approbation sociale, le conformisme et la sensibilité au jugement d’autrui.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 2, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 2, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé

L’Échelle de motivation à l’approbation de Martin-Larsen (Martin-Larsen Approval Motivation Scale, MLAMS) constitue un instrument psychométrique de référence conçu pour mesurer le besoin fondamental d’approbation sociale et la propension individuelle à modifier ses attitudes, ses comportements et ses jugements dans le but d’obtenir l’assentiment d’autrui ou d’éviter le rejet. Développée initialement par Harry J. Martin et Knud S. Larsen dans les années 1970, puis révisée et validée de manière rigoureuse par Martin (1984), la MLAMS a été élaborée afin de pallier les limites conceptuelles et psychométriques inhérentes aux mesures traditionnelles de désirabilité sociale, à l’instar de la célèbre échelle de Marlowe-Crowne (MC-SDS). Contrairement aux échelles de biais de réponse qui confondent souvent la présentation de soi défensive et le besoin affectif de validation, la MLAMS cible directement les dynamiques motivationnelles et interpersonnelles du besoin d’approbation.

L’instrument complet comprend 20 items auto-rapportés, évalués sur une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 5 (« Tout à fait d’accord »). Une version abrégée (short form) composée de 9 items rigoureusement sélectionnés est également employée dans les protocoles de recherche nécessitant une passation plus rapide. La structure de l’échelle englobe des facettes fondamentales telles que le conformisme social, la vulnérabilité au jugement d’autrui, la réticence à affirmer des opinions divergentes et la recherche de renforcement externe. Les analyses psychométriques attestent d’une consistance interne robuste (alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,75 et 0,83 pour la version complète de 20 items) ainsi que d’une stabilité temporelle satisfaisante. La MLAMS offre une validité convergente et discriminante solidement étayée vis-à-vis des construits de monitorage de soi (self-monitoring), d’assertivité, d’anxiété d’évaluation sociale et d’attachement insécure.

2. Mots-clés

Motivation à l’approbation, désirabilité sociale, conformisme, évaluation sociale, régulation de soi, psychométrie, validation de construit, dynamique interpersonnelle, assertivité, présentation de soi

3. Auteurs

L’instrument a été conçu et validé par :

  • Harry J. Martin : Ph.D. en psychologie, chercheur et professeur affilié au Department of Management and Labor Relations de l’Université d’État de Cleveland (Cleveland State University, Ohio, États-Unis). Ses travaux de recherche se sont largement focalisés sur la psychologie organisationnelle, la mesure de la personnalité, les biais d’évaluation et les processus d’influence sociale dans les groupes de travail.
  • Knud S. Larsen : Ph.D., professeur émérite de psychologie à l’Université d’État de l’Oregon (Oregon State University, Corvallis, États-Unis). Spécialiste renommé de psychologie sociale et transculturelle, il a consacré une grande partie de sa carrière à l’étude des attitudes sociales, de l’autoritarisme, de la conformité et des interactions intergroupes.

4. Objectif

L’objectif fondamental de l’Échelle de motivation à l’approbation de Martin-Larsen est de quantifier avec exactitude la force de la disposition d’un individu à subordonner ses véritables convictions, ses préférences et son expression personnelle au désir d’être accepté, valorisé et positivement évalué par les pairs ou les figures d’autorité. Historiquement, le domaine de l’évaluation psychologique souffrait d’une ambiguïté majeure concernant la nature de la désirabilité sociale : les psychologues hésitaient à la considérer soit comme un simple artefact méthodologique (une tendance à mentir ou à se présenter sous un jour favorable faussant les inventaires de personnalité), soit comme un véritable trait de personnalité reflétant un besoin intrinsèque de validation humaine. Martin et Larsen ont cherché à isoler cette composante substantive et dynamique en concevant un outil centré sur les comportements d’adaptation sociale plutôt que sur la dénégation de défauts banals.

Dans le domaine de la recherche en psychologie sociale et de la personnalité, la MLAMS permet d’investiguer les mécanismes de conformisme normatif, les réponses aux pressions de groupe, les dilemmes d’influence sociale (tels que ceux explorés dans le paradigme de Asch) et les variations dans l’authenticité interpersonnelle. Elle permet aux chercheurs de déterminer dans quelle mesure les individus sont prêts à compromettre leur autonomie décisionnelle pour préserver l’harmonie du groupe ou minimiser le risque d’ostracisme.

Dans les applications cliniques et de conseil (counseling), l’échelle constitue un indicateur diagnostique précieux. Un score particulièrement élevé sur la MLAMS signale fréquemment une dépendance affective excessive, une faible estime de soi dépendante de contingences externes, ainsi qu’une inhibition marquée de l’assertivité. Ces patterns sont fréquents chez les patients souffrant d’anxiété sociale, de troubles dépressifs caractérisés par une sensibilité au rejet, ou de schémas précoces inadaptés liés à l’assujettissement et à la recherche d’approbation. En thérapie cognitive et comportementale (TCC), la MLAMS peut servir de mesure pré- et post-intervention pour évaluer la capacité du patient à s’affirmer et à tolérer la désapprobation d’autrui.

En psychologie du travail et des organisations, la MLAMS apporte un éclairage substantiel sur les styles de leadership, la prise de décision éthique et la dynamique d’équipe. Les subordonnés ou gestionnaires manifestant un besoin d’approbation exacerbé peuvent éprouver d’immenses difficultés à formuler des rétroactions critiques, à négocier fermement ou à dénoncer des pratiques organisationnelles problématiques (whistleblowing), préférant l’assentiment complaisant à la confrontation productive.

5. Construit psychologique

Le construit mesuré par la MLAMS est multidimensionnel par nature, bien qu’il converge vers un facteur de second ordre unifié correspondant au besoin d’approbation sociale. Ce construit repose sur l’hypothèse que la recherche d’acceptation influence de manière déterminante la cognition, l’affect et la régulation comportementale. Les principales composantes opérationnalisées dans l’instrument sont les suivantes :

5.1. Conformisme et soumission normative

Cette composante évalue la tendance à modifier ouvertement ses opinions, ses croyances affichées ou ses actions pour s’aligner sur les normes perçues d’autrui ou du groupe immédiat. Les individus caractérisés par cette facette évitent activement la divergence. Par exemple, l’item 4 (« I change my opinion… in order to please someone else ») et l’item 6 (« I find it difficult to talk about my ideas if they are contrary to group opinion ») ciblent précisément cette capitulation intellectuelle face au consensus social, motivée non par une véritable persuasion informative, mais par une quête de conformité normative.

5.2. Caméléonisme social et variabilité situationnelle

Cette dimension mesure la propension à adapter son identité manifeste et son comportement public aux attentes spécifiques des personnes présentes, au détriment de la cohérence interne et de la fidélité à soi-même. Proche des facettes de présentation de soi du concept de monitorage de soi (self-monitoring) de Snyder, elle s’en distingue par sa motivation sous-jacente : alors que le haut surveillant de soi peut agir de façon instrumentale ou stratégique, le sujet guidé par le besoin d’approbation agit pour éviter le rejet affectif. L’item 1 (« Depending upon the people involved, I react to the same situation in different ways ») et l’item 5 (« In order to get along and be liked, I tend to be what people expect me to be ») incarnent cette modulation permanente du soi social.

5.3. Évitement du conflit et inhibition de l’assertivité

Le besoin impérieux d’approbation s’accompagne d’une profonde aversion pour la discorde et la confrontation. L’expression de positions fermes est perçue comme un danger relationnel immédiat. L’individu préfère adopter des conduites d’humilité excessive, de flagornerie ou de compromission silencieuse. Des items tels que l’item 9 (« It is better to be humble than assertive when dealing with people »), l’item 14 (« The best way to handle people is to agree with them… ») et l’item 17 (« It is wise to flatter important people ») illustrent cette stratégie d’amadouement interpersonnel.

5.4. Sensibilité à la critique et recherche de validation externe

Cette facette reflète la vulnérabilité psychologique face au feedback négatif ou au désaveu perçu. Chez les individus à forte motivation à l’approbation, l’estime de soi ne repose pas sur une évaluation autonome ou intrinsèque, mais fluctue dramatiquement selon les renforcements sociaux extérieurs. L’incapacité à tolérer le blâme est capturée à travers des items inversés comme l’item 16 (« If there is any criticism or anyone says anything about me, I can take it ») ou l’item 15 (« It is hard for me to go on with my work if I am not encouraged to do so »).

6. Cadre théorique

Le cadre théorique de la MLAMS s’inscrit au carrefour de la théorie de l’apprentissage social de Julian Rotter, des travaux pionniers de Crowne et Marlowe sur le besoin d’approbation, et des théories modernes de l’attachement et de la sociométrie interpersonnelle.

6.1. Le modèle de Rotter et la réinterprétation de Crowne et Marlowe

Dans la théorie de l’apprentissage social de Rotter (1954), le comportement potentiel dépend de l’attente que le comportement mène à un renforçateur donné et de la valeur attribuée à ce renforçateur. Douglas Crowne et David Marlowe (1964) ont étendu cette conceptualisation en formulant que la désirabilité sociale observée dans les questionnaires n’est pas uniquement un style de réponse fallacieux, mais l’expression d’un besoin généralisé d’approbation (need for approval). Selon leur postulat, les personnes à fort besoin d’approbation apprennent que l’obtention de renforcements sociaux positifs et l’évitement de sanctions interpersonnelles passent par l’adhésion scrupuleuse aux standards culturels dominants et la dissimulation de toute transgression morale ou pulsionnelle.

Néanmoins, Harry Martin (1984) a soutenu que l’échelle originale de Marlowe-Crowne mesurait essentiellement une forme défensive de conformité morale (la négation de comportements universellement partagés mais peu flatteurs, comme s’énerver ou médire). Martin a donc cherché à ancrer son échelle dans une perspective plus interactive : la motivation à l’approbation opérationnalisée comme un ensemble de comportements d’affinité, de déférence et de capitulation active dans les transactions sociales courantes.

6.2. La théorie sociométrique et la régulation de soi

De manière rétrospective et contemporaine, la MLAMS trouve un fondement puissant dans la théorie du sociomètre développée par Mark Leary (Leary et al., 2015). Selon cette perspective évolutionniste, le système d’estime de soi fonctionne comme un moniteur interne détectant les signaux d’acceptation ou de rejet au sein du groupe social. Une forte motivation à l’approbation reflète un sociomètre hyper-vigilant : pour conjurer la menace d’exclusion sociale (qui, au cours de l’évolution des hominidés, compromettait la survie biologique), l’individu déploie des stratégies préemptives d’apaisement, de conformité et de neutralisation des désaccords.

6.3. Théorie de l’attachement et validation interpersonnelle

La MLAMS s’aligne également avec les conceptualisations contemporaines de l’attachement adulte (Wei, Mallinckrodt, Larson, & Zakalik, 2005). Les personnes présentant un attachement anxieux ou préoccupé développent une dépendance excessive à l’égard de la validation d’autrui pour maintenir leur équilibre narcissique et affectif. La motivation à l’approbation mesurée par la MLAMS capture avec acuité cette modalité relationnelle où le soi est continuellement négocié au gré des attentes perçues de l’entourage.

7. Validité

L’évaluation psychométrique de la MLAMS a fait l’objet de nombreuses investigations empiriques confirmant la robustesse de sa validité sous ses différentes déclinaisons :

7.1. Validité convergente

Dans son étude princeps de 1984, Martin a examiné les corrélations de la MLAMS avec diverses mesures existantes de personnalité et de désirabilité sociale :

  • Désirabilité sociale (Marlowe-Crowne SDS) : La MLAMS présente une corrélation positive modérée à substantielle avec l’échelle de Marlowe-Crowne ($r \approx 0,40$ à $0,55$, $p < 0,001$). Cette corrélation confirme que l’instrument capture bien le domaine du besoin d’approbation, tout en maintenant une variance non partagée d’environ 70 %, démontrant qu’elle ne se réduit pas à la simple désirabilité morale mesurée par la MC-SDS.
  • Monitorage de soi (Snyder’s Self-Monitoring Scale) : Des corrélations significatives ont été observées avec la sous-échelle d’orientation vers autrui (other-directedness) du monitorage de soi ($r \approx 0,45$), confirmant que les individus à haut score calibrent activement leurs comportements sur les signaux sociaux.
  • Sensibilité à l’embarras et anxiété d’évaluation : Les recherches menées par Miller (1987) ont démontré une corrélation robuste entre la MLAMS et l’échelle d’embarrassabilité ($r = 0,42$, $p < 0,001$), indiquant que les sujets motivés par l’approbation anticipent avec une anxiété accrue les faux pas sociaux et les ruptures d’interaction.
  • Validation par autrui et symptômes dépressifs : Dans une étude structurante sur l’attachement adulte, Wei et al. (2005) ont documenté que les scores à la MLAMS corrèlent positivement avec l’anxiété d’attachement ($r = 0,38$) et le besoin de réassurance externe, médiatisant le lien entre vulnérabilité d’attachement et détresse psychologique.

7.2. Validité discriminante

La validité discriminante de la MLAMS a été établie par rapport aux construits de compétence intellectuelle, d’extraversion et de locus de contrôle :

  • L’échelle ne présente pas de corrélations significatives avec les mesures d’intelligence générale ou de fluidité verbale ($r < 0,10$).
  • Vis-à-vis du locus de contrôle de Rotter, la MLAMS montre une association faible à modérée avec l’externalité ($r \approx 0,25$ à $0,30$), ce qui prouve qu’elle ne mesure pas un simple fatalisme généralisé, mais bien une dépendance spécifique aux jugements interpersonnels.
  • De manière essentielle, l’échelle corrèle négativement avec les mesures validées d’assertivité globale (ex. : Inventaire d’assertivité de Rathus, $r = -0,48$, $p < 0,001$), attestant qu’une forte motivation à l’approbation est incompatible avec l’affirmation de soi non équivoque.

7.3. Validité prédictive et comportementale

Des expériences en laboratoire ont démontré que les participants obtenant des scores élevés à la MLAMS cèdent plus fréquemment lors de tâches de jugement perceptif ou d’opinion en groupe sous la pression de comparses unanimes. En contexte organisationnel, les scores prédisent une propension significativement accrue aux conduites d’assentiment aveugle et une baisse marquée de la propension à émettre des critiques constructives envers les supérieurs hiérarchiques.

8. Fidélité

Les études psychométriques successives consacrées à l’échelle de Martin-Larsen révèlent des qualités de fidélité particulièrement stables sur divers échantillons d’adultes et d’étudiants universitaires :

8.1. Consistance interne

  • Version complète (20 items) : Dans l’échantillon d’étalonnage de Martin (1984, $N = 312$), le coefficient alpha de Cronbach s’élevait à 0,81. Des réplications indépendantes ultérieures ont systématiquement rapporté des valeurs d’alpha comprises entre 0,76 et 0,84, témoignant d’une excellente cohérence entre les items sans redondance sémantique excessive.
  • Forme abrégée (9 items) : Pour la version courte composée des items identifiés par un astérisque (items 2, 4, 5, 6, 10, 12, 13, 16, 18 et 19 selon les configurations d’analyse), les coefficients de consistance interne demeurent très satisfaisants, se situant de façon typique entre 0,71 et 0,77.
  • Corrélations item-total corrigées : La majorité des items affichent des corrélations item-total supérieures à 0,35, les items les plus discriminants (ex. : items 4, 5 et 6) atteignant des saturations individuelles supérieures à 0,50.

8.2. Stabilité temporelle (Test-Retest)

L’évaluation de la fidélité temporelle menée sur un sous-échantillon d’étudiants sur un intervalle de quatre semaines a mis en évidence un coefficient de corrélation test-retest de $r = 0,82$ ($p < 0,001$). Sur des intervalles plus longs de huit à dix semaines, les coefficients restent compris entre 0,74 et 0,78, démontrant que la MLAMS capture une disposition de personnalité pérenne et stable dans le temps, plutôt qu’un état émotionnel transitoire dépendant de fluctuations contextuelles éphémères.

9. Analyse factorielle

La structure factorielle de la MLAMS a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) approfondies dès les travaux de Martin (1984), puis au travers des examens critiques de la littérature psychométrique (Leary et al., 2015) :

9.1. Analyses factorielles exploratoires (AFE)

Lors de l’analyse en composantes principales avec rotation varimax réalisée par Martin sur la batterie initiale d’items, un facteur général dominant émergeait distinctement, expliquant une part prépondérante de la variance commune. Cependant, un examen plus fin des valeurs propres (eigenvalues supérieures à 1,0) et du diagramme d’éboulis de Cattell (scree plot) a révélé une structure sous-jacente articulée autour de trois ou quatre sous-dimensions primaires :

  • Facteur 1 : Dépendance au consensus et conformité de groupe (items 4, 5, 6, 10, 14, 18). Ce facteur regroupe les saturations les plus élevées (saturations factorielles allant de 0,52 à 0,71), caractérisant le besoin direct d’alignement avec les pairs.
  • Facteur 2 : Indépendance et résistance au jugement (Inversé) (items 2, 12, 13, 16, 19). Ce facteur regroupe les énoncés formulés de manière négative ou inversée qui traduisent la capacité à tolérer le blâme et à affirmer sa singularité (saturations entre 0,44 et 0,68).
  • Facteur 3 : Humilité défensive et évitement d’affirmation (items 7, 9, 11, 17). Ce facteur reflète la déférence stratégique et l’apaisement des figures perçues comme menaçantes ou influentes.
  • Facteur 4 : Sentiment de contrôle externe et doute décisionnel (items 3, 8, 15, 20). Ce facteur rassemble des items liés à l’indécision et à la dépendance aux encouragements extérieurs.

9.2. Modélisation confirmatoire (AFC)

Les modélisations en équations structurelles modernes privilégient un modèle hiérarchique de second ordre ou un modèle bifactoriel. Le modèle bifactoriel intègre un facteur général de motivation à l’approbation (G-factor) sur lequel saturent l’ensemble des 20 items, complété par des facteurs spécifiques de méthode (notamment un facteur de méthode lié aux items inversés). Ce modèle démontre d’excellents indices d’ajustement global dans les études récentes : $\chi^2/df < 2,2$, CFI (Comparative Fit Index) $ge 0,93$, TLI (Tucker-Lewis Index) $ge 0,91$, et RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) $le 0,055$ (IC 90 % [0,045 ; 0,064]).

10. Instrument de mesure

  • Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (inventaire de personnalité / attitudes sociales).
  • Nombre d’items : 20 items pour l’échelle complète standard ; 9 items pour la forme abrégée officielle (items identifiés par un astérisque dans le protocole princeps).
  • Format de réponse : Échelle de Likert ordinale en 5 points :
    • 1 = Disagree Strongly (Pas du tout d’accord)
    • 2 = Disagree (Pas d’accord)
    • 3 = No Opinion (Sans opinion)
    • 4 = Agree (D’accord)
    • 5 = Agree Strongly (Tout à fait d’accord)
  • Items inversés : 6 items font l’objet d’un recodage inversé avant calcul du score global : items 2, 12, 13, 16, 19 (marqués du signe (R)). Pour ces items, la cotation est transformée de la manière suivante : $1 \rightarrow 5$, $2 \rightarrow 4$, $3 \rightarrow 3$, $4 \rightarrow 2$, $5 \rightarrow 1$.
  • Calcul du score total : Le score total correspond à la somme arithmétique de l’ensemble des 20 items (après inversion des items pertinents). Il s’échelonne théoriquement entre 20 et 100 points pour la version complète (et entre 9 et 45 points pour la version courte).
  • Interprétation normative :
    • Scores bas (20 à 45) : Forte autonomie décisionnelle, faible sensibilité au jugement extérieur, assertivité affirmée, tolérance élevée à la critique et à la désapprobation d’autrui.
    • Scores moyens (46 à 65) : Équilibre adaptatif entre conformité sociale fonctionnelle et préservation de l’autonomie personnelle ; sensibilité situationnelle standard.
    • Scores élevés (66 à 100) : Motivation aiguë à l’approbation, inhibition comportementale et verbale en situation de groupe, forte propension au caméléonisme social, dépendance affective marquée et vulnérabilité accrue au stress interpersonnel.

11. Permissions, Tarifs et Année du test

  • Année de publication initiale : 1984 (pour la version révisée et standardisée par Harry J. Martin ; des travaux précurseurs non révisés avec Knud S. Larsen remontent à 1976).
  • Statut des droits d’auteur et accessibilité : L’article original a été publié dans le Journal of Personality Assessment (Routledge / Taylor & Francis). L’échelle elle-même relève du domaine de l’évaluation académique ouverte et peut être utilisée librement par les chercheurs, universitaires, étudiants et cliniciens à des fins de recherche non commerciale ou d’évaluation clinique sans paiement de redevance (royalty-free), sous réserve de citer scrupuleusement la publication de référence de Martin (1984).
  • Tarifs : Gratuit pour une utilisation académique et de recherche non lucrative. Les applications commerciales, l’intégration logicielle propriétaire ou la reproduction au sein de tests psychotechniques payants nécessitent une autorisation préalable auprès de l’éditeur du journal.

12. Références

  • Crowne, D. P., & Marlowe, D. (1964). The approval motive: Studies in evaluative dependence. John Wiley & Sons.
  • Larsen, K. S., Martin, H. J., Ettinger, R. F., & Nelson, J. (1976). Approval seeking, conformity, and internal-external control. The Journal of Social Psychology, 100(2), 221-229. https://doi.org/10.1080/00224545.1976.9923984
  • Leary, M. R., Jongman-Sereno, K. P., & Diebels, K. J. (2015). Measures of concerns with public image and social evaluation. In G. J. Boyle, D. H. Saklofske, & G. Matthews (Eds.), Measures of Personality and Social Psychological Constructs (pp. 448–473). Academic Press / Elsevier. https://doi.org/10.1016/B978-0-12-386915-9.00016-0
  • Martin, H. J. (1984). A revised measure of approval motivation and its relationship to social desirability. Journal of Personality Assessment, 48(5), 508–519. https://doi.org/10.1207/s15327752jpa4805_10
  • Miller, R. S. (1987). The nature of embarrassability: Correlates and sex differences (Unpublished manuscript). Sam Houston State University, Huntsville, TX.
  • Rotter, J. B. (1954). Social learning and clinical psychology. Prentice-Hall. https://doi.org/10.1037/11382-000
  • Snyder, M. (1974). Self-monitoring of expressive behavior. Journal of Personality and Social Psychology, 30(4), 526–537. https://doi.org/10.1037/h0037039
  • Wei, M., Mallinckrodt, B., Larson, L. M., & Zakalik, R. A. (2005). Adult attachment, depressive symptoms, and validation from self-versus others. Journal of Counseling Psychology, 52(3), 368–377. https://doi.org/10.1037/0022-0167.52.3.368

13. Questions et items du questionnaire

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
Response Scale:
1 = Disagree Strongly
2 = Disagree
3 = No Opinion
4 = Agree
5 = Agree Strongly

(R) Reverse scored item.
* Items in short form.

  1. Depending upon the people involved‚ I react to the same situation in different ways.
  2. I would rather be myself than be well thought of. (R)*
  3. Many times I feel like just flipping a coin in order to decide what I should do.
  4. I change my opinion (or the way that I do things) in order to please someone else.*
  5. In order to get along and be liked‚ I tend to be what people expect me to be.*
  6. I find it difficult to talk about my ideas if they are contrary to group opinion.*
  7. One should avoid doing things in public which appear to be wrong to others‚ even though one knows that he is right.
  8. Sometimes I feel that I don’t have enough control over the direction that my life is taking.
  9. It is better to be humble than assertive when dealing with people.
  10. I am willing to argue only if I know that my friends will back me up.*
  11. If I hear that someone expresses a poor opinion of me‚ I do my best the next time that I see this person to make a good impression.
  12. I seldom feel the need to make excuses or apologize for my behavior. (R)*
  13. It is not important to me that I behave ‘properly’ in social situations. (R)*
  14. The best way to handle people is to agree with them and tell them what they want to hear.
  15. It is hard for me to go on with my work if I am not encouraged to do so.
  16. If there is any criticism or anyone says anything about me‚ I can take it. (R)*
  17. It is wise to flatter important people.
  18. I am careful at parties and social gatherings for fear that I will do or say things that others won’t like.*
  19. I usually do not change my position when people disagree with me. (R)*
  20. How many friends you have depends on how nice a person you are.
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Looti, M. (2026, octobre 2). Échelle de motivation à l’approbation de Martin-Larsen (MLAMS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-motivation-approbation-martin-larsen-mlams/
Looti, Mohammed. “Échelle de motivation à l’approbation de Martin-Larsen (MLAMS).” Base de données de psychologie en français, 2 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-motivation-approbation-martin-larsen-mlams/.
Looti, Mohammed. “Échelle de motivation à l’approbation de Martin-Larsen (MLAMS).” Base de données de psychologie en français. octobre 2, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-motivation-approbation-martin-larsen-mlams/.