1. Résumé / Abstract
L’Échelle des microagressions raciales et ethniques (Racial and Ethnic Microaggressions Scale, ou REMS), élaborée par le psychologue et chercheur Kevin L. Nadal en 2011, constitue l’un des instruments psychométriques de référence pour quantifier la fréquence et l’impact des manifestations subtiles, insidieuses et souvent involontaires de discrimination raciale vécues par les personnes de couleur. Alors que les échelles traditionnelles de racisme se focalisaient historiquement sur les agressions explicites, manifestes ou institutionnelles (« racisme manifeste » ou old-fashioned racism), la REMS comble une lacune méthodologique majeure en opérationnalisant le modèle théorique des microagressions proposé par Derald Wing Sue.
L’instrument se compose de 45 items évaluant les expériences vécues au cours des six derniers mois à travers une échelle de réponse ordinale en 6 points allant de 1 (« jamais / none of the time ») à 6 (« tout le temps / all of the time »). L’analyse factorielle exploratoire et confirmatoire initiale a permis d’isoler une structure robuste articulée autour de six sous-échelles distinctes :
- Assumptions of Inferiority (Suppositions d’infériorité, 8 items) ;
- Second-Class Citizen and Assumption of Criminality (Citoyenneté de seconde zone et présomption de criminalité, 7 items) ;
- Microinvalidations (Micro-invalidations, 9 items) ;
- Exoticization and Assumptions of Similarity (Exotisation et présomptions de similarité, 9 items) ;
- Environmental Microaggressions (Microagressions environnementales, 7 items) ;
- Workplace and School Microaggressions (Microagressions en milieu professionnel et scolaire, 5 items).
Les propriétés psychométriques de la REMS démontrent une excellente consistance interne, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant entre .850 et .894 selon les dimensions, ainsi qu’une fidélité globale excédant .90. Les études de validité révèlent des corrélations convergentes significatives avec les mesures de stress perçu, les symptômes dépressifs, l’anxiété générale et les atteintes au bien-être subjectif, tout en conservant une validité discriminante face aux formes traditionnelles d’hostilité interpersonnelle. Cet article propose un examen exhaustif des fondements théoriques, des caractéristiques factorielles, des applications cliniques et des protocoles de cotation de la REMS.
2. Mots-clés / Keywords
Microagressions raciales, REMS, Kevin Nadal, psychométrie, discrimination subtile, validité de construit, analyse factorielle, racisme contemporain, santé mentale, minorités ethniques, consistance interne, stress des minorités.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et validée par le Dr Kevin Leo Yabut Nadal, professeur titulaire de psychologie au John Jay College of Criminal Justice et au Graduate Center de la City University of New York (CUNY).
- Auteur principal : Kevin L. Nadal, Ph.D.
- Affiliation institutionnelle : Department of Psychology, John Jay College of Criminal Justice, City University of New York (CUNY), New York, NY, États-Unis.
- Domaines d’expertise : Psychologie interculturelle, psychologie clinique, impact des microagressions sur la santé des minorités raciales et LGBTQ+, justice sociale, psychométrie appliquée aux populations marginalisées.
- Publications fondatrices : Nadal, K. L. (2011). The Racial and Ethnic Microaggressions Scale (REMS): Construction, reliability, and validity. Journal of Counseling Psychology, 58(4), 470–480.
4. Objectif / Purpose
L’objectif premier de la Racial and Ethnic Microaggressions Scale (REMS) est de fournir aux chercheurs, épidémiologistes et cliniciens un instrument quantitatif standardisé capable de capter la nature cumulative, diffuse et omniprésente des microaggressions raciales. Historiquement, l’évaluation psychologique des discriminations raciales reposait sur des outils mesurant le racisme flagrant et institutionnel, tels que les agressions physiques motivées par la haine, le refus d’embauche explicite ou la ségrégation géographique formelle. Bien que ces violences persistent, les normes socioculturelles contemporaines ont favorisé l’émergence d’un « racisme aversif » ou implicite, caractérisé par des communications verbales, non verbales et comportementales ambiguës qui dénigrent ou excluent les individus appartenant à des groupes minoritaires.
La création de la REMS répond à plusieurs impératifs scientifiques et sociétaux :
- Opérationnalisation empirique du concept théorique : Avant 2011, la majorité des publications consacrées aux microaggressions reposaient sur des méthodologies qualitatives (entretiens semi-structurés, focus groups). La REMS a permis de passer de la phénoménologie descriptive à l’investigation empirique quantitative, autorisant les devis de recherche corrélationnels, longitudinaux et expérimentaux.
- Évaluation du stress cumulatif chez les personnes de couleur : Selon la théorie du stress des minorités (Minority Stress Theory), l’exposition répétée à des stresseurs chroniques de faible intensité engendre un épuisement psychologique, une hypervigilance cognitive et une charge allostatique accrue. La REMS permet d’objectiver cette charge invisible en mesurant la fréquence d’exposition sur une fenêtre temporelle standardisée de six mois.
- Applications en santé publique et épidémiologie : De nombreuses recherches ont démontré que les scores élevés à la REMS prédisent significativement des issues de santé défavorables, telles que l’hypertension artérielle, les troubles du sommeil, la dépression majeure, les symptômes de stress post-traumatique (SSPT) et la consommation de substances comme stratégie de régulation émotionnelle dysfonctionnelle.
- Diagnostic organisationnel et milieu universitaire : La REMS est largement mobilisée dans les audits institutionnels au sein des universités, des entreprises et des hôpitaux pour cartographier le climat organisationnel, identifier les facteurs de désengagement chez les employés racisés et concevoir des programmes de formation ciblés sur la compétence culturelle et la réduction des biais implicites.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit psychologique opérationnalisé par la REMS est le concept multidimensionnel de microagression raciale et ethnique. Les microagressions sont définies comme de brèves interactions quotidiennes, de nature verbale, comportementale ou environnementale, qu’elles soient intentionnelles ou non, qui communiquent des messages hostiles, dérogatoires ou négatifs à l’égard de personnes en raison de leur appartenance raciale ou ethnique perçue. La REMS structure ce macro-construit en six facteurs empiriquement vérifiés :
1. Assumptions of Inferiority (Suppositions d’infériorité)
Cette dimension (items 5, 9, 17, 21, 22, 32, 36, 38) reflète l’attribution systématique de compétences intellectuelles, professionnelles, académiques ou socio-économiques inférieures aux personnes de couleur. L’agression réside souvent dans la surprise exprimée face au succès d’une personne racisée (ex. item 17 : « Someone acted surprised at my scholastic or professional success because of my race ») ou dans le compliment ambivalent qui dissimule un stéréotype négatif sous-jacent (ex. item 22 : « Someone told me that I was “articulate” after she/he assumed I wouldn’t be »). Ce facteur capte la blessure narcissique et l’usure cognitive liées à l’obligation perpétuelle de faire la preuve de sa légitimité.
2. Second-Class Citizen and Assumption of Criminality (Citoyenneté de seconde zone et présomption de criminalité)
Regroupant les items 2, 6, 8, 11, 31, 34 et 40, ce facteur mesure le sentiment d’être perçu comme un citoyen de rang inférieur ou comme une menace physique et sécuritaire potentielle. Les comportements associés relèvent principalement du non-verbal et de l’évitement kinesthésique : serrer son sac à main ou son portefeuille à la vue de la personne (item 31), éviter de s’asseoir à côté d’elle dans les transports publics (item 8), changer de trottoir (item 6) ou encore fournir un service commercial de qualité inférieure par rapport aux clients blancs (item 11).
3. Microinvalidations (Micro-invalidations / Cécité raciale)
Composée des items 4, 7, 10, 14, 26, 27, 30, 33 et 39, cette dimension est particulièrement perverse car elle nie, minimise ou invalide les pensées, les sentiments et la réalité expérientielle des personnes de couleur. Elle se manifeste fréquemment par des discours dits de « cécité à la couleur » (color-blind ideology), tels que l’affirmation « I don’t see color » (item 27) ou l’injonction au silence consistant à prétendre que les personnes racisées se plaignent exagérément (item 10) ou que le racisme n’existe plus dans la société moderne (item 26). Loin d’être bienveillantes, ces remarques effacent l’impact systémique de la race et délégitiment la souffrance des minorités.
4. Exoticization and Assumptions of Similarity (Exotisation et suppositions de similarité)
Cette composante (items 3, 13, 20, 23, 29, 35, 42, 43, 45) cible la réification, l’érotisation fétichiste ou l’homogénéisation des groupes raciaux (le stéréotype du « ils se ressemblent tous », item 42). Elle inclut également l’altérisation perpétuelle (perpetual foreigner stereotype), où l’individu est traité comme un étranger dans son propre pays natal, que ce soit en refusant de croire son lieu de naissance (item 20) ou en supposant automatiquement qu’il parle une langue étrangère (item 3).
5. Environmental Microaggressions (Microagressions environnementales)
Composée de 7 items (12, 18, 19, 24, 28, 37, 41), cette échelle se distingue en mesurant l’exclusion symbolique et systémique au sein de l’espace public, des médias et des structures de gouvernance. Les items évaluent l’absence ou la rareté de modèles identificatoires positifs au sein de l’école, du lieu de travail, de la télévision, du cinéma ou de la direction des grandes entreprises. Sur le plan psychologique, un environnement dépourvu de représentation signale de manière subliminale aux minorités que les postes de prestige, de pouvoir et d’autorité sont la prérogative exclusive du groupe dominant.
6. Workplace and School Microaggressions (Microagressions professionnelles et scolaires)
Cette dernière dimension (items 1, 15, 16, 25, 44) circonscrit les comportements d’exclusion, de mise à l’écart et de traitement inéquitable dans les deux contextes de socialisation secondaire majeurs : l’école et le lieu de travail. Elle évalue le fait d’être ignoré lors de discussions de groupe (item 15), d’être traité plus durement que ses collègues blancs par sa hiérarchie (item 44), ou de faire face à un accueil hostile en raison de son identité raciale (item 25).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’assise théorique de la REMS s’inscrit au carrefour de plusieurs paradigmes majeurs de la psychologie sociale, de la psychologie du counseling et des théories sociologiques critiques.
La taxonomie tripartite de Sue et collaborateurs (2007)
Le socle conceptuel immédiat de la REMS découle des travaux pionniers du psychiatre Chester M. Pierce, qui forgea le terme « microaggression » dans les années 1970 pour décrire les insultes quotidiennes subies par les Afro-Américains, et de la théorisation systématique formalisée par Derald Wing Sue et son équipe de l’Université Columbia en 2007. Sue classe les microaggressions en trois formes distinctes :
- Microassaults (Micro-assauts) : Dérogations explicites, violentes ou conscientes, similaires au racisme traditionnel, mais exprimées à petite échelle ou dans l’anonymat.
- Microinsults (Micro-insultes) : Communications comportementales ou verbales caractérisées par l’insensibilité et la grossièreté, qui rabaissent l’identité ou l’héritage d’une personne sans que l’agresseur en ait nécessairement conscience.
- Microinvalidations (Micro-invalidations) : Déclarations qui excluent, nient ou annulent la réalité psychologique et phénoménologique des personnes racisées.
La REMS operationalise principalement les micro-insultes et les micro-invalidations, qui représentent la forme la plus ubiquitaire et psychologiquement insidieuse de discrimination dans les sociétés post-industrielles.
Théorie critique de la race (Critical Race Theory – CRT)
Sur le plan épistémologique, la REMS emprunte aux principes fondamentaux de la Critical Race Theory (CRT), initialement développée dans les facultés de droit américaines (Derrick Bell, Kimberlé Crenshaw). La CRT postule que le racisme n’est pas une anomalie aberrante relevant de la pathologie individuelle, mais une composante ordinaire, systémique et structurelle du fonctionnement sociétal. En intégrant les microagressions environnementales et professionnelles, la REMS refuse de réduire le racisme à une simple friction interpersonnelle et capture la dimension institutionnelle incarnée dans l’expérience subjective quotidienne.
Théorie du racisme aversif et des biais implicites
La théorie du racisme aversif, conceptualisée par John F. Dovidio et Samuel L. Gaertner, explique le dilemme interne vécu par de nombreuses personnes appartenant au groupe dominant : tout en adhérant sincèrement à des valeurs égalitaires et humanistes conscientes, elles hébergent des attitudes et des biais raciaux inconscients issus de la socialisation culturelle. Ces biais implicites se traduisent par des microaggressions comportementales lors de situations ambiguës où la norme sociale n’est pas explicitement codifiée. La REMS mesure avec précision ces manifestations comportementales fugaces mais dévastatrices pour les personnes qui en sont la cible.
7. Validité / Validity
La validation initiale et les réplications ultérieures de la REMS apportent des preuves psychométriques solides étayant sa validité de construit, sa validité convergente et sa validité prédictive.
Validité convergente et corrélations empiriques
Dans l’étude princeps menée par Nadal (2011) auprès d’un échantillon diversifié de 444 adultes de couleur (Afro-Américains, Asio-Américains, Latino-Américains, Autochtones et personnes multiraciales), la validité convergente a été démontrée par des corrélations positives et statistiquement significatives avec des instruments mesurant le racisme perçu traditionnel et le stress psychologique :
- Schedule of Racist Events (SRE) : Corrélations fortes (r variant de .48 à .68, p < .001) entre les sous-échelles de la REMS et les dimensions du SRE de Landrine et Klonoff, confirmant que la REMS capte bel et bien les processus discriminatoires tout en isolant leur nuance subtile.
- Perceived Stress Scale (PSS) : Corrélations modérées à fortes (r = .32 à .45, p < .01) avec l’échelle de stress perçu de Cohen, illustrant que l’exposition accrue aux microagressions taxe les ressources adaptatives des individus.
- Dépression et détresse psychologique : Les recherches menées par Rivera (2012) chez les populations latines et par Nadal et Davidoff (2012) confirment des corrélations positives robustes avec les scores du Center for Epidemiologic Studies Depression Scale (CES-D) et du Brief Symptom Inventory (BSI).
Validité discriminante
La validité discriminante a été établie en observant des corrélations faibles ou nulles avec les mesures de désirabilité sociale (ex. l’échelle de Marlowe-Crowne), indiquant que la déclaration des microagressions n’est pas un simple artefact de la tendance à se présenter sous un jour favorable ou d’un biais de victimisation généralisée. De surcroît, la REMS présente des corrélations modestes avec les traits généraux de personnalité du Big Five, notamment le névrosisme (r < .20), démontrant que l’échelle mesure des événements contextuels environnementaux réels et non une vulnérabilité affective générale préexistante.
Validité différentielle selon les groupes ethniques
Les analyses factorielles de variance multivariées (MANOVA) conduites dans les études de validation ont mis en évidence une validité différentielle cohérente avec la littérature sociologique :
- Les participants afro-américains rapportent des scores significativement plus élevés sur la dimension Second-Class Citizen and Assumption of Criminality par rapport aux autres groupes.
- Les participants asio-américains et latinos présentent des scores significativement supérieurs sur la dimension Exoticization and Assumptions of Similarity, en phase avec le stéréotype de l’« étranger perpétuel ».
8. Fidélité / Reliability
La fiabilité de la REMS a été rigoureusement démontrée à travers plusieurs critères statistiques reconnus en psychométrie.
Cohérence interne (Alpha de Cronbach)
L’étude princeps de Nadal (2011) ainsi que les études de confirmation indépendantes attestent de coefficients de consistance interne remarquablement élevés pour l’ensemble des facteurs, largement au-dessus du seuil standard d’acceptabilité fixé à .70 :
- Facteur 1 (Assumptions of Inferiority) : $\alpha = 0.894$ (8 items)
- Facteur 2 (Second-Class Citizen and Criminality) : $\alpha = 0.883$ (7 items)
- Facteur 3 (Microinvalidations) : $\alpha = 0.888$ (9 items)
- Facteur 4 (Exoticization and Assumptions of Similarity) : $\alpha = 0.852$ (9 items)
- Facteur 5 (Environmental Microaggressions) : $\alpha = 0.850$ (7 items)
- Facteur 6 (Workplace and School Microaggressions) : $\alpha = 0.850$ (5 items)
- Échelle totale REMS (45 items) : $\alpha = 0.923$
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Dans des sous-échantillons réévalués sur un intervalle de 3 à 4 semaines, les coefficients de corrélation intra-classe (CCI) ont montré une bonne stabilité temporelle ($r_{tt} = 0.79$ à $0.84$), confirmant la consistance de la perception rétrospective des participants sur la période d’évaluation de six mois.
Erreur standard de mesure (SEM)
L’erreur standard de mesure calculée pour chaque sous-échelle s’avère particulièrement réduite, attestant d’une grande précision du score observed autour du score vrai du répondant. Cette propriété confère à la REMS une excellente sensibilité pour détecter les variations individuelles dans le temps, un atout précieux pour les protocoles pré-post interventionnels de justice sociale ou de sensibilisation en milieu organisationnel.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Le processus de développement métrologique de la REMS a fait l’objet d’une analyse factorielle exploratoire (AFE) rigoureuse, complétée ultérieurement par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) multicentriques.
Analyse factorielle exploratoire initiale
Le pool initial développé par Nadal comprenait approximativement 60 items dérivés de la littérature théorique et d’entretiens qualitatifs. Une analyse factorielle des axes principaux (Principal Axis Factoring) avec rotation oblique (Promax, kappa = 4) a été privilégiée en raison de la nature hypothétique intercorrélée des différentes manifestations du racisme.
Le critère de Kaiser-Guttman (valeurs propres > 1.0) associé à l’examen du graphique des valeurs propres (scree plot de Cattell) a justifié l’extraction de 6 facteurs prépondérants, expliquant plus de 51,4 % de la variance totale. Les critères stricts de conservation des items étaient les suivants :
- Une saturation factorielle minimale de .40 sur le facteur cible ;
- L’absence de saturation croisée supérieure à .30 sur un facteur secondaire ;
- Une valeur théorique et conceptuelle robuste au sein du domaine considéré.
À l’issue de cette procédure, 45 items ont été conservés, formant la structure finale de l’instrument.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Les études subséquentes (notamment Rivera, 2012) ont testé l’adéquation du modèle à 6 facteurs corrélés par rapport à des modèles alternatifs (modèle unifactoriel global ou modèle orthogonal à 6 facteurs indépendants). Les indices d’ajustement du modèle oblique à 6 facteurs ont démontré une supériorité statistique incontestable :
- Chi-deux normé : $\chi^2/df < 2.10$ ;
- CFI (Comparative Fit Index) : $ge 0.92$ ;
- TLI (Tucker-Lewis Index) : $ge 0.91$ ;
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : $0.048$ ($IC_{90%} [0.042, 0.054]$) ;
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : $0.052$.
Ces indices d’ajustement respectent les seuils recommandés par Hu et Bentler (1999), validant la structure multidimensionnelle de l’échelle et autorisant le calcul de scores sous-dimensionnels indépendants.
10. Instrument de mesure / Instrument
La Racial and Ethnic Microaggressions Scale (REMS) se présente sous la forme d’un questionnaire d’auto-évaluation standardisé. Voici les spécifications techniques de l’instrument :
- Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique (self-report inventory).
- Population cible : Adolescents et adultes appartenant à des minorités raciales ou ethniques (personnes racisées / personnes de couleur).
- Nombre total d’items : 45 items formulés à la première personne du singulier.
- Période de référence temporelle : Les six derniers mois (« In the past six months »).
- Format d’échelle de réponse : Échelle ordinale de fréquence de Likert en 6 points :
- 1 = None of the time (Jamais)
- 2 = A little bit of the time (Très rarement / Un peu de temps)
- 3 = Some of the time (Parfois / De temps en temps)
- 4 = A good bit of the time (Assez souvent / Une bonne partie du temps)
- 5 = Most of the time (La plupart du temps)
- 6 = All of the time (Tout le temps)
- Cotation et calcul des scores :
- Score global : Moyenne générale de l’ensemble des 45 items (ou somme brute). Un score élevé reflète une fréquence globale plus élevée de microagressions subies.
- Scores des sous-échelles : Calculés en effectuant la moyenne arithmétique des items assignés à chaque dimension :
- Assumptions of Inferiority : Items 5, 9, 17, 21, 22, 32, 36, 38 (8 items)
- Second-Class Citizen and Assumption of Criminality : Items 2, 6, 8, 11, 31, 34, 40 (7 items)
- Microinvalidations : Items 4, 7, 10, 14, 26, 27, 30, 33, 39 (9 items)
- Exoticization and Assumptions of Similarity : Items 3, 13, 20, 23, 29, 35, 42, 43, 45 (9 items)
- Environmental Microaggressions : Items 12, 18, 19, 24, 28, 37, 41 (7 items). Note : Ces items évaluent l’exposition ou l’observation de représentations positives. Dans certaines cotations dichotomiques ou d’impact, l’absence perçue de ces représentations caractérise le stresseur environnemental.
- Workplace and School Microaggressions : Items 1, 15, 16, 25, 44 (5 items)
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de conception et publication officielle : 2011.
- Propriété intellectuelle : Détenue par l’auteur (Kevin L. Nadal) et l’American Psychological Association (APA).
- Tarifs et conditions d’accès : L’utilisation de l’échelle est entièrement gratuite à des fins de recherche académique, de travaux universitaires non commerciaux (mémoires, thèses) et d’évaluation clinique individuelle, sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de 2011.
- Utilisation commerciale et organisationnelle : Toute utilisation dans le cadre d’audits d’entreprises à but lucratif, d’outils numériques payants ou de programmes de formation professionnelle commerciale requiert une autorisation écrite préalable de l’auteur.
- Répertoire académique : L’instrument est accessible via l’archive ouverte de Columbia University : Columbia Academic Commons.
12. Références / References
Les références ci-dessous constituent le socle bibliographique de validation psychométrique de la REMS, présentées selon les normes de l’American Psychological Association (APA 7e édition) :
- Hu, L. t., & Bentler, P. M. (1999). Cutoff criteria for fit indexes in covariance structure analysis: Conventional criteria versus new alternatives. Structural Equation Modeling: A Multidisciplinary Journal, 6(1), 1–55. https://doi.org/10.1080/10705519909540118
- Nadal, K. L. (2011). The Racial and Ethnic Microaggressions Scale (REMS): Construction, reliability, and validity. Journal of Counseling Psychology, 58(4), 470–480. https://doi.org/10.1037/a0025193
- Nadal, K. L., & Davidoff, K. (2012). The impact of racial microaggressions on the physical health of people of Color. Communication présentée au symposium « The impact of racial microaggressions on physical and mental health: A review of quantitative research », 29th Annual Winter Roundtable on Cultural Psychology & Education, New York, NY.
- Pierce, C. M. (1970). Offensive mechanisms. Dans F. B. Barbour (Éd.), The Black seventies (pp. 265–282). Porter Sargent.
- Rivera, D. P. (2012). Microaggressions and Health Outcomes for Latina/o Americans: Understanding the Influences of External Characteristics and Psychological Resources [Thèse de doctorat, Columbia University]. Columbia Academic Commons. http://hdl.handle.net/10022/AC:P:14491
- Sue, D. W., Capodilupo, C. M., Torino, G. C., Bucceri, J. M., Holder, A. M. B., Nadal, K. L., & Esquilin, M. (2007). Racial microaggressions in everyday life: Implications for clinical practice. American Psychologist, 62(4), 271–286. https://doi.org/10.1037/0003-066X.62.4.271
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Format
Instructions: Please indicate how often you have experienced each of the following events in the past six months using the scale below:
2 = a little bit of the time
3 = some of the time
4 = a good bit of the time
5 = most of the time
6 = all of the time
In the past six months
- I was ignored at school or at work because of my race.
- Someone’s body language showed they were scared of me, because of my race.
- Someone assumed that I spoke a language other than English.
- I was told that I should not complain about race.
- Someone assumed that I grew up in a particular neighborhood because of my race.
- Someone avoided walking near me on the street because of my race.
- Someone told me that she or he was colorblind.
- Someone avoided sitting next to me in a public space (e.g., restaurants, movie theaters, subways, buses) because of my race.
- Someone assumed that I would not be intelligent because of my race.
- I was told that I complain about race too much.
- I received substandard service in stores compared to customers of other racial groups.
- I observed people of my race in prominent positions at my workplace or school.
- Someone wanted to date me only because of my race.
- I was told that people of all racial groups experience the same obstacles.
- My opinion was overlooked in a group discussion because of my race.
- Someone assumed that my work would be inferior to people of other racial groups.
- Someone acted surprised at my scholastic or professional success because of my race.
- I observed that people of my race were the CEOs of major corporations.
- I observed people of my race portrayed positively on television.
- Someone did not believe me when I told them I was born in the US.
- Someone assumed that I would not be educated because of my race.
- Someone told me that I was “articulate” after she/he assumed I wouldn’t be.
- Someone told me that all people in my racial group are all the same.
- I observed people of my race portrayed positively in magazines.
- An employer or co-worker was unfriendly or unwelcoming toward me because of my race.
- I was told that people of color do not experience racism anymore.
- Someone told me that they “don’t see color.”
- I read popular books or magazines in which a majority of contributions featured people from my racial group.
- Someone asked me to teach them words in my “native language.”
- Someone told me that they do not see race.
- Someone clenched her/his purse or wallet upon seeing me because of my race.
- Someone assumed that I would have a lower education because of my race.
- Someone of a different racial group has stated that there is no difference between the two of us.
- Someone assumed that I would physically hurt them because of my race.
- Someone assumed that I ate foods associated with my race/culture every day.
- Someone assumed that I held a lower paying job because of my race.
- I observed people of my race portrayed positively in movies.
- Someone assumed that I was poor because of my race.
- Someone told me that people should not think about race anymore.
- Someone avoided eye contact with me because of my race.
- I observed that someone of my race is a government official in my state
- Someone told me that all people in my racial group look alike.
- Someone objectified one of my physical features because of my race.
- An employer or co-worker treated me differently than White co-workers.
- Someone assumed that I speak similar languages to other people in my race.