Échelle IPC de Levenson

L’Échelle IPC de Levenson (Internal, Powerful Others, Chance Scale) est un instrument psychométrique majeur conçu par Hanna Levenson en 1973 pour évaluer le lieu de contrôle multidimensionnel à travers 24 items répartis en trois dimensions distinctes.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 7, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 7, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle IPC de Levenson (en anglais, Levenson Multidimensional Locus of Control Scale ou IPC Scale) constitue une avancée psychométrique majeure dans l’évaluation des croyances relatives au lieu de contrôle (locus of control). Conçue par la psychologue clinicienne et chercheuse Hanna Levenson en 1973, cette échelle a été élaborée pour pallier les limitations conceptuelles et méthodologiques inhérentes au modèle unidimensionnel bipolaire formulé à l’origine par Julian B. Rotter (1966). Alors que l’échelle I-E de Rotter opposait sur un continuum unique l’internalité et l’externalité globale, Hanna Levenson a démontré la nécessité théorique et clinique de conceptualiser le lieu de contrôle externe selon deux dimensions distinctes et indépendantes : la croyance en l’influence de forces imprévisibles ou du destin (le Hasard ou la Chance, Chance) et la croyance selon laquelle des figures d’autorité ou des entités sociales dominantes régissent les événements de la vie (les « Autrui Tout-Puissants », Powerful Others).

L’instrument comprend 24 items distribués de manière équilibrée sur trois sous-échelles orthogonales de 8 items chacune : l’Échelle d’Internalité (Internal Scale, sous-échelle I), l’Échelle d’Autrui Tout-Puissant (Powerful Others Scale, sous-échelle P) et l’Échelle de Chance/Hasard (Chance Scale, sous-échelle C). Les participants évaluent leur degré d’adhésion à chaque proposition sur une échelle de type Likert à 6 degrés, allant de -3 (« Pas du tout d’accord ») à +3 (« Tout à fait d’accord »), sans point neutre central. Pour faciliter le traitement statistique, une constante de +24 est habituellement ajoutée au score brut de chaque sous-échelle, générant des scores échelonnés de 0 à 48 par dimension.

Les études de validation psychométrique démontrent une consistance interne modérée à satisfaisante (coefficients alpha de Cronbach généralement situés entre 0,64 et 0,78 selon les populations), une très bonne stabilité temporelle à court et moyen termes (coefficients de fidélité test-retest compris entre 0,66 et 0,79), ainsi qu’une excellente validité de construit confirmée par des analyses factorielles exploratoires et confirmatoires. L’instrument bénéficie d’une validité transculturelle éprouvée et s’est imposé comme une référence incontournable en psychologie de la santé, en psychologie clinique, en psychologie du travail et en psychiatrie pour analyser les mécanismes d’attribution causale, les stratégies de faire-face (coping) et l’adhésion thérapeutique.

2. Mots-clés / Keywords

Lieu de contrôle, Locus de contrôle multidimensionnel, Échelle IPC de Levenson, Attribution causale, Internalité, Autrui tout-puissant, Hasard, Psychométrie, Théorie de l’apprentissage social, Coping, Psychologie clinique, Évaluation de la personnalité

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée par :

  • Hanna Levenson, Ph.D. : Psychologue clinicienne, professeure et chercheuse américaine. Elle a conçu cet instrument dans le cadre de ses travaux doctoraux et postdoctoraux à l’Université de Claremont (Claremont Graduate University) et au Department of Psychology de la Texas A&M University. Elle a par la suite exercé en tant que professeure clinicienne au département de psychiatrie de l’Université de Californie à San Francisco (University of California, San Francisco – UCSF), au San Francisco VA Medical Center, ainsi qu’au Wright Institute de Berkeley. Elle est également la directrice fondatrice du Levenson Institute for Training (LIFT) à San Francisco, en Californie.

Correspondance et coordonnées professionnelles historiques : Hanna Levenson, Ph.D., Levenson Institute for Training (LIFT), 2323 Sacramento St., 2nd Floor, San Francisco, CA 94115, États-Unis. Courriel institutionnel : contact consultable via l’annuaire académique du Wright Institute (The Wright Institute).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle IPC de Levenson est d’évaluer avec précision et discernement la structure multidimensionnelle des attentes généralisées de contrôle chez l’individu. Dans la théorie initiale de l’apprentissage social développée par Rotter, le lieu de contrôle était appréhendé comme une variable bipolaire unidimensionnelle opposant les individus « internes » (qui croient que les renforcements et les événements dépendent directement de leurs comportements, compétences ou efforts) aux individus « externes » (qui perçoivent les résultats comme dépendant de forces extérieures à eux-mêmes). Hanna Levenson a démontré que cette conceptualisation dichotomique introduisait un biais de simplification majeur en assimilant au sein d’une même catégorie externe des croyances fondamentalement hétérogènes.

L’instrument a été spécifiquement conçu pour dissocier deux formes d’externalité ayant des implications comportementales, cognitives et affectives diamétralement opposées :

  • L’attribution aux personnes influentes (Autrui Tout-Puissant) : Croire que le monde est ordonné, prévisible mais contrôlé par des individus puissants (dirigeants, médecins, institutions, parents) implique que les renforcements ne sont pas distribués de manière aléatoire. Dans ce système cognitif, le sujet peut maintenir une forme d’action instrumentale en adoptant des conduites de négociation, de soumission stratégique ou d’alliance politique pour influencer ces décideurs.
  • L’attribution au hasard (Chance) : Croire que le monde est chaotique, imprévisible, non ordonné et gouverné par la chance ou la fatalité engendre des attentes d’inefficacité totale. Cette forme d’externalité s’apparente aux états d’impuissance apprise (learned helplessness), caractérisés par la passivité, le désespoir et l’inhibition de toute tentative d’action.

Sur le plan clinique, l’Échelle IPC permet d’affiner le diagnostic fonctionnel des troubles anxieux et dépressifs. Un score élevé sur la dimension « Autrui Tout-Puissant » associé à un score modéré d’internalité oriente vers des interventions axées sur l’affirmation de soi, la prise d’autonomie et la restructuration cognitive des schémas d’obéissance ou de dépendance interpersonnelle. En revanche, une élévation conjointe sur la sous-échelle « Hasard » et un effondrement de l’internalité constituent un marqueur robuste de vulnérabilité à la dépression caractérisée, au sentiment d’aliénation et au risque suicidaire.

En psychologie médicale et comportementale, l’échelle est utilisée pour prédire l’observance thérapeutique et la gestion des maladies chroniques (diabète, cardiopathies, néphropathies, douleurs chroniques). Les patients ayant un locus « Autrui Tout-Puissant » élevé démontrent fréquemment une excellente fidélité aux prescriptions médicales directes de leur médecin, tout en manifestant une faible initiative dans l’autogestion de leur hygiène de vie, alors que les profils à dominance « Hasard » négligent les recommandations thérapeutiques en raison d’un sentiment d’inutilité absolue de l’effort.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique opérationnalisé par l’Échelle IPC repose sur la différenciation tri-factorielle du locus de contrôle. Chaque dimension mesure un système spécifique d’attentes généralisées relatives à la causalité des événements d’existence :

1. L’Échelle d’Internalité (Sous-échelle I – Internal Scale)

La sous-échelle d’internalité mesure la mesure dans laquelle un sujet estime détenir une maîtrise directe sur le cours de son existence. L’individu interne postule une relation causale robuste et contingente entre ses propres comportements, son niveau d’expertise, son investissement personnel, ses capacités intellectuelles ou physiques, et les conséquences positives ou négatives qui en découlent.

Exemples de processus cognitifs sous-jacents :

  • Sentiment d’efficacité personnelle et auto-détermination : L’individu formule l’hypothèse explicite : « Si je prépare minutieusement mes projets, je suis quasiment certain de les mener à bien » (item 5) ou « Mes réussites sont le fruit de mon travail acharné » (item 21).
  • Responsabilité des issues : L’accès à des fonctions de leadership ou l’évitement d’accidents de la circulation sont attribués à sa compétence propre plutôt qu’à des facteurs conjoncturels (items 1 et 4).

Un score élevé sur l’échelle I est positivement corrélé à l’estime de soi, à l’orientation vers la tâche, à la motivation d’accomplissement, à l’agentivité proactive et à l’utilisation de stratégies de coping centrées sur le problème.

2. L’Échelle des Autrui Tout-Puissants (Sous-échelle P – Powerful Others Scale)

La sous-échelle P mesure la croyance selon laquelle l’existence individuelle est régie par des personnes dotées d’une autorité, d’un statut socio-économique ou d’un pouvoir coercitif supérieur. Dans cette perspective, le contrôle des renforcements n’est pas situé à l’intérieur du sujet, mais il demeure localisé au sein d’agents humains identifiables.

Exemples de processus cognitifs sous-jacents :

  • Dépendance hiérarchique et conformisme : Le sujet considère que l’accès aux responsabilités ou l’obtention de ce qu’il désire requiert l’aval, la bienveillance ou la complaisance des supérieurs hiérarchiques (items 8, 15 et 22).
  • Vulnérabilité face aux coalitions dominantes : Sentiment d’impuissance politique ou organisationnelle face à des groupes d’intérêt ou des figures d’autorité (item 13 : « Les gens comme moi ont très peu de chances de protéger leurs intérêts personnels lorsqu’ils entrent en conflit avec ceux de groupes de pression puissants »).

Ce construit est crucial pour analyser les phénomènes d’aliénation sociale, les dynamiques d’oppression vécues par les minorités, les conduites d’assujettissement organisationnel et les traits de personnalité dépendante ou paranoïaque.

3. L’Échelle de Chance / Hasard (Sous-échelle C – Chance Scale)

La sous-échelle C évalue le degré selon lequel l’individu perçoit les événements de sa vie comme étant sous la dépendance exclusive de la chance, du destin, de la fortune, de coïncidences fortuites ou du chaos environnemental. L’environnement est envisagé comme un système fondamentalement non structuré, aléatoire et imprévisible.

Exemples de processus cognitifs sous-jacents :

  • Fatalisme ontologique : Croyance selon laquelle « ce qui doit arriver arrivera » indépendamment des actes posés (item 10).
  • Inutilité de la planification à long terme : Réticence à élaborer des stratégies prospectives en raison de la nature incontrôlable du futur (item 14 : « Il n’est pas toujours judicieux de planifier trop à l’avance, car beaucoup de choses se révèlent être une question de bonne ou de mauvaise fortune »).
  • Attribution de la sécurité et des échecs à l’accidentel : Estimer que la survenue d’un accident ou la perte d’intérêts personnels résulte exclusivement de la malchance (items 6 et 12).

Un score élevé à l’échelle C est systématiquement associé à des affects dépressifs, à une anxiété généralisée, à des cognitions de résignation et à des stratégies d’évitement passif.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement épistémologique de l’Échelle IPC s’ancre dans la théorie de l’apprentissage social de Julian Rotter (1954, 1966) et s’articule avec les théories de l’attribution de Fritz Heider (1958), Harold Kelley (1967) et Bernard Weiner (1979).

Dans la théorie de l’apprentissage social, le potentiel comportemental (Behavior Potential) d’une action dépend de l’attente (Expectancy) que ce comportement conduira à un renforcement spécifique, combinée à la valeur accordée à ce renforcement (Reinforcement Value). Rotter postulait que dans des situations nouvelles ou ambiguës, les individus s’appuient sur des « attentes généralisées » (generalized expectancies) de contrôle. Ces attentes se distribuaient, selon Rotter, le long d’un axe unique allant du pôle interne (les renforcements sont la conséquence des actions de l’individu) au pôle externe (les renforcements sont sous la coupe du destin, de la chance ou d’autrui).

Au début des années 1970, Hanna Levenson a contesté la validité écologique et théorique de cette conceptualisation bipolaire. S’appuyant sur les mouvements de contestation sociale et politique de l’époque, Levenson a fait remarquer qu’un individu engagé dans des luttes militantes contre des institutions oppressives pouvait parfaitement croire en son efficacité personnelle (internalité élevée) tout en étant lucide sur le fait que les structures de pouvoir en place (« Autrui Tout-Puissant ») exercent un contrôle réel et contraignant sur sa condition matérielle. Sous l’échelle classique de Rotter, cet activiste était classé de manière paradoxale comme « externe », son score étant confondu avec celui d’un individu fataliste et apathique croyant aveuglément au destin.

Levenson a formulé deux postulats théoriques majeurs :

  1. L’orthogonalité des dimensions : L’internalité et l’externalité ne sont pas les pôles opposés d’une même ligne continue, mais des dimensions cognitives indépendantes. Un sujet peut simultanément présenter un niveau élevé de croyance en son efficacité propre (I) et reconnaître le pouvoir déterminant d’acteurs institutionnels dominants (P).
  2. L’hétérogénéité structurelle de l’externalité : Il existe une différence qualitative fondamentale entre concevoir le monde comme prévisible mais contrôlé par des agents humains identifiables (locus P) et concevoir le monde comme aléatoire, anarchique et ingouvernable (locus C). Le premier modèle permet l’anticipation comportementale et la stratégie sociale, tandis que le second induit une paralysie cognitive.

Cette révision théorique a ouvert la voie aux modèles ultérieurs de la psychologie de la santé, notamment l’échelle multidimensionnelle du lieu de contrôle de la santé (Multidimensional Health Locus of Control – MHLC) de Wallston, Wallston et DeVellis (1978), directement inspirée de la triade IPC de Levenson.

7. Validité / Validity

L’Échelle IPC de Levenson a fait l’objet d’investigations psychométriques approfondies documentant sa validité sous ses multiples formes dans des contextes cliniques, universitaires et transculturels.

Validité de construit et indépendance factorielle

Dès les publications séminales de Levenson (1973, 1974), la validité de construit a été étayée par de très faibles corrélations entre la sous-échelle d’Internalité et les deux sous-échelles externes. Dans l’échantillon normatif initial de Levenson, la corrélation entre I et P oscillait entre r = -0,14 et r = -0,17, et entre I et C entre r = -0,13 et r = -0,19, attestant que l’internalité opère comme une dimension orthogonale. En revanche, les sous-échelles P et C partagent une corrélation modérée et significative (généralement comprise entre r = 0,40 et r = 0,60), ce qui concorde avec leur nature commune de croyances d’externalité tout en démontrant qu’elles ne s’amalgament pas en une dimension unique.

Validité convergente et discriminante

La validité convergente est confirmée par des corrélations robustes avec d’autres échelles psychologiques reconnues :

  • L’échelle I de Rotter est corrélée de manière négative avec l’échelle I de Levenson (l’échelle de Rotter cotant l’externalité à la hausse), et positivement avec les échelles P (r ≈ 0,35 à 0,45) et C (r ≈ 0,40 à 0,55).
  • La sous-échelle Chance (C) présente une forte corrélation positive avec les échelles d’inventaire de dépression de Beck (BDI) et d’anxiété-trait de Spielberger (STAI), ainsi qu’avec des mesures d’aliénation et d’anomie sociale.
  • La sous-échelle des Autrui Tout-Puissants (P) corrèle significativement avec des instruments mesurant le conformisme social, le machiavélisme, l’autoritarisme et la méfiance interpersonnelle.
  • L’échelle d’Internalité (I) corrèle positivement avec l’échelle d’auto-efficacité générale de Schwarzer et Jerusalem, l’estime de soi de Rosenberg et les stratégies de coping adaptatif (résolution de problème).

Concernant la validité discriminante, Levenson (1974) a mis en évidence que les trois sous-échelles ne sont pas contaminées par le biais de désirabilité sociale (corrélations non significatives avec l’échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne, r < 0,10).

Validité prédictive et critériée

La validité prédictive a été validée dans de nombreuses situations comportementales :

  • Comportements militants et engagement civil : Levenson (1974) a démontré que les activistes politiques impliqués dans des actions contestataires présentaient des scores d’Internalité élevés et des scores d’Autrui Tout-Puissant élevés, mais des scores de Hasard significativement plus bas que les sujets témoins non engagés.
  • Pathologies psychiatriques : Des études comparatives (Levenson, 1973) ont révélé que les patients hospitalisés pour des troubles schizophréniques ou dépressifs sévères obtenaient des scores significativement plus élevés sur les sous-échelles P et C, et plus bas sur la sous-échelle I, par rapport aux groupes témoins appariés.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’instrument a été évaluée à travers la consistance interne de ses composantes et la stabilité temporelle de ses scores.

Consistance interne

Dans l’étude de normalisation initiale menée auprès d’étudiants universitaires (Levenson, 1973, 1974), les coefficients de consistance interne ont été estimés via la méthode de Kuder-Richardson adaptée aux items polytomiques et l’alpha de Cronbach :

  • Sous-échelle d’Internalité (I) : α = 0,64 à 0,67
  • Sous-échelle des Autrui Tout-Puissants (P) : α = 0,77 à 0,78
  • Sous-échelle de Chance (C) : α = 0,73 à 0,78

Ces coefficients ont été jugés très satisfaisants pour des sous-échelles courtes de 8 items explorant des domaines conceptuels étendus (comprenant la santé, les relations interpersonnelles, le leadership et la trajectoire de vie). Dans les adaptations transculturelles ultérieures, notamment la validation française réalisée par Loas et collaborateurs (1994), les valeurs du coefficient alpha étaient comparables : 0,68 pour I, 0,74 pour P et 0,76 pour C.

Fidélité test-retest (Stabilité temporelle)

La stabilité temporelle a été mesurée sur différents intervalles de temps :

  • Sur un intervalle d’une semaine (Levenson, 1973), les corrélations test-retest s’élevaient à r = 0,64 pour l’échelle I, r = 0,74 pour l’échelle P, et r = 0,78 pour l’échelle C.
  • Sur une période de sept semaines (Levenson, 1974), les coefficients de stabilité demeuraient solides : r = 0,66 pour I, r = 0,62 pour P, et r = 0,73 pour C.

Ces résultats démontrent que l’Échelle IPC capture des dispositions stables de la personnalité (attentes généralisées) tout en restant sensible à des remaniements psychothérapeutiques ou à des transitions de vie majeures.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle sous-jacente aux 24 items de l’instrument a fait l’objet de rigoureuses analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC).

Analyses Factorielles Exploratoires (AFE)

Dans les analyses factorielles fondatrices de Levenson (1974), une analyse en composantes principales suivie d’une rotation varimax a été appliquée aux réponses de 329 participants. Trois facteurs majeurs ont émergé avec des valeurs propres supérieures à 1,00, rendant compte de la quasi-totalité de la variance commune expliquée :

  • Facteur 1 (Chance / Fatalisme) : Réunit les items 2, 6, 7, 10, 12, 14, 16 et 24. Les saturations factorielles de ces items s’échelonnent entre 0,45 et 0,72 sans saturation croisée notable sur les autres axes.
  • Facteur 2 (Autrui Tout-Puissant) : Regroupe les items 3, 8, 11, 13, 15, 17, 20 et 22, avec des saturations factorielles comprises entre 0,42 et 0,68.
  • Facteur 3 (Internalité) : Intègre les items 1, 4, 5, 9, 18, 19, 21 et 23, affichant des saturations oscillant entre 0,40 et 0,65.

Cette structure tri-factorielle a été confirmée par Walkey (1979) sur des cohortes néo-zélandaises et par de nombreux chercheurs à l’échelle internationale, validant l’universalité de la distinction entre les deux dimensions de l’externalité.

Analyses Factorielles Confirmatoires (AFC)

Les modélisations par équations structurelles modernes ont systématiquement comparé le modèle à trois facteurs orthogonaux ou faiblement corrélés à des modèles concurrents (modèle unidimensionnel de Rotter et modèle bidimensionnel interne/externe global). L’ensemble des études confirmatoires conclut à la supériorité statistique nette du modèle tri-factoriel de Levenson :

  • Le rapport du Chi-deux sur les degrés de liberté (χ²/ddl) se situe régulièrement en dessous de 2,5.
  • L’indice de comparaison de Bentler (CFI – Comparative Fit Index) dépasse généralement le seuil critique de 0,90.
  • L’erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA – Root Mean Square Error of Approximation) s’établit entre 0,045 et 0,060, indiquant un ajustement optimal aux données empiriques.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé de personnalité.
  • Nombre total d’items : 24 propositions rédigées sous forme d’énoncés d’attitudes.
  • Sous-échelles :
    • Échelle I (Internalité) : 8 items (1, 4, 5, 9, 18, 19, 21, 23).
    • Échelle P (Autrui Tout-Puissant) : 8 items (3, 8, 11, 13, 15, 17, 20, 22).
    • Échelle C (Hasard / Chance) : 8 items (2, 6, 7, 10, 12, 14, 16, 24).
  • Format de réponse : Échelle de Likert en 6 points sans point neutre :
    • +3 : Tout à fait d’accord (Agree strongly)
    • +2 : Assez d’accord (Agree somewhat)
    • +1 : Légèrement d’accord (Agree slightly)
    • -1 : Légèrement en désaccord (Disagree slightly)
    • -2 : Assez en désaccord (Disagree somewhat)
    • -3 : Pas du tout d’accord (Disagree strongly)
  • Mode de cotation et calcul des scores :
    • Pour chaque sous-échelle, la somme algébrique des 8 items est calculée (fourchette de score brut : -24 à +24).
    • Afin d’éliminer les scores négatifs et d’obtenir une métrique positive uniforme, une constante arithmétique de +24 est traditionnellement ajoutée à la somme de chaque sous-échelle :

      Score I = (Somme des réponses aux items 1, 4, 5, 9, 18, 19, 21, 23) + 24

      Score P = (Somme des réponses aux items 3, 8, 11, 13, 15, 17, 20, 22) + 24

      Score C = (Somme des réponses aux items 2, 6, 7, 10, 12, 14, 16, 24) + 24
    • Le score final pour chacune des trois dimensions oscille donc entre 0 et 48.
    • Note : Il n’existe pas de score total combiné pour l’instrument ; les trois scores doivent impérativement être interprétés séparément pour refléter le profil multidimensionnel du sujet.
  • Temps de passation : Environ 5 à 10 minutes.
  • Population cible : Adultes et adolescents à partir de 15 ans.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de conception et publication de référence : 1973 (avec travaux initiaux en 1972 et synthèses normatives en 1974 et 1981).
  • Statut des droits d’auteur et propriété intellectuelle : L’Échelle IPC est protégée par le droit d’auteur (Copyright Hanna Levenson).
  • Politique d’utilisation et tarification :
    • L’utilisation de l’échelle à des fins académiques, universitaires, de recherche non commerciale et d’enseignement clinique est généralement accordée à titre gracieux, sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources d’Hanna Levenson.
    • Toute utilisation commerciale, intégration dans des plateformes logicielles privées, applications de recrutement ou protocoles rémunérés nécessite une autorisation écrite préalable.
    • Demandes d’autorisation : Les demandes doivent être adressées à l’auteure : Hanna Levenson, Ph.D., Levenson Institute for Training (LIFT), 2323 Sacramento St., 2nd Floor, San Francisco, CA 94115, États-Unis.

12. Références / References

Les publications de référence régissant la structure, la théorie et la validation psychométrique de l’Échelle IPC de Levenson sont les suivantes :

  • Heider, F. (1958). The psychology of interpersonal relations. John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1037/10628-000
  • Levenson, H. (1972). Distinctions within the concept of internal-external control: Development of a new scale. Proceedings of the 80th Annual Convention of the American Psychological Association, 7, 261–262. https://doi.org/10.1037/e607622012-048
  • Levenson, H. (1973). Multidimensional locus of control in psychiatric patients. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 41(3), 397–404. https://doi.org/10.1037/h0035357
  • Levenson, H. (1974). Activism and powerful others: Distinctions within the concept of internal-external control. Journal of Personality Assessment, 38(4), 377–383. https://doi.org/10.1080/00223891.1974.10119988
  • Levenson, H. (1981). Differentiating among internality, powerful others, and chance. In H. M. Lefcourt (Ed.), Research with the locus of control construct: Assessment methods (Vol. 1, pp. 15–63). Academic Press. https://doi.org/10.1016/B978-0-12-443201-7.50006-3
  • Loas, H., Fremaux, D., & Marchand, M. P. (1994). Étude de la structure factorielle et de la fidélité de la version française de l’échelle de lieu de contrôle de Levenson (IPC). L’Encéphale, 20(3), 201–207.
  • Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological Monographs: General and Applied, 80(1), 1–28. https://doi.org/10.1037/h0092976
  • Walkey, F. H. (1979). Internal control, powerful others, and chance: A confirmation of Levenson’s factor structure. Journal of Personality Assessment, 43(4), 405–408. https://doi.org/10.1208/00223891.1979.10119782
  • Wallston, K. A., Wallston, B. S., & DeVellis, R. (1978). Development of the Multidimensional Health Locus of Control (MHLC) Scales. Health Education Monographs, 6(2), 160–170. https://doi.org/10.1177/109019817800600107

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Whether or not I get to be a leader depends mostly on my ability
2

To a great extent my life is controlled by accidental happenings
3

I feel like what happens in my life is mostly determined by powerful people
4

Whether or not I get in to a car accident depends mostly on how good of a driver I am
5

When I make plans‚ I am almost certain to make them work
6

Often there is no chance of protecting my personal interests from bad luck happening
7

When I get what I want‚ it’s usually because I am lucky
8

Although I might have good ability‚ I will not be given leadership responsibility without appealing to those positions of power
9

How many friends I have depends on how nice a person I am
10

I have often found that what is going to happen will happen
11

My life is chiefly controlled by powerful others
12

Whether or not I get into a car accident is mostly a matter of luck
13

People like myself have very little chance of protecting our personal interests when they conflict with those of strong pressure groups
14

It’s not always wise for me to plan too far ahead because many things turn out to be a matter of good or bad fortune
15

Getting what I want requires pleasing those people above me
16

Whether or not I get to be leader depends on whether I am lucky enough to be in the right place at the right time
17

If important people were to decide they didn’t like me‚ I probably wouldn’t make many friends
18

I can pretty much determine what will happen in my life
19

I am usually able to protect my personal interests
20

Whether or not I get in a car accident depends mostly on the other driver
21

When I get what I want‚ it is usually because I worked hard for it.
22

In order to have my plans work‚ I make sure that they fit in with the desires of people who have power over me
23

My life is determined by my own actions
24

It’s chiefly a matter of fate whether or not I have few friends or many friends.
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 7). Échelle IPC de Levenson. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-ipc-de-levenson/
Looti, Mohammed. “Échelle IPC de Levenson.” Base de données de psychologie en français, 7 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-ipc-de-levenson/.
Looti, Mohammed. “Échelle IPC de Levenson.” Base de données de psychologie en français. octobre 7, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-ipc-de-levenson/.