Échelle d’intention de bouche-à-oreille positif (PWOM)

L’Échelle d’intention de bouche-à-oreille positif (PWOM), développée par Hutter et Hoffmann (2014), est un instrument psychométrique à 3 items mesurant la propension à recommander activement un produit ou une marque.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 24, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 24, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’intention de bouche-à-oreille positif (couramment désignée sous l’acronyme PWOM pour Positive Word-of-Mouth Intention Scale) est un instrument psychométrique unidimensionnel et compact, développé et validé par Katharina Hutter et Stefan Hoffmann (2014) dans le cadre de leurs travaux sur l’efficacité des médias ambiants et du marketing non conventionnel publiés dans le Journal of Retailing. Composée de trois items hautement convergents, cette échelle évalue l’inclination comportementale conative et projective d’un individu à recommander activement et à partager des impressions favorables concernant une cible déterminée (produit, marque, point de vente, campagne publicitaire ou expérience de service) auprès de son entourage social direct et élargi.

Sur le plan métrologique, l’échelle utilise généralement un format de réponse de type Likert en 7 points (allant de 1 = « fortement en désaccord » à 7 = « fortement d’accord » ou de 1 = « très improbable » à 7 = « très probable »). Les investigations factorielles confirmatoires conduites lors de son étalonnage original ont mis en évidence une structure unifactorielle robuste, caractérisée par une consistance interne exceptionnelle (coefficient alpha de Cronbach supérieur à 0,90, fiabilité composite supérieure à 0,92 et variance moyenne extraite dépassant 0,80). Sa brièveté opérationnelle en fait un outil de choix pour les devis expérimentaux complexes, les enquêtes longitudinales en comportement du consommateur et les modélisations par équations structurelles nécessitant de minimiser la fatigue cognitive des répondants tout en garantissant des propriétés psychométriques irréprochables.

2. Mots-clés / Keywords

Bouche-à-oreille positif, intention comportementale, psychométrie, comportement du consommateur, recommandation verbale, modélisation par équations structurelles, marketing expérientiel, communication interpersonnelle, fidélité de l’échelle, validité de construit.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et opérationnalisée par deux chercheurs éminents dans le domaine du marketing et du comportement organisationnel :

  • Katharina Hutter : Docteure en sciences de gestion et professeure de marketing. Ses travaux de recherche se focalisent principalement sur les communications marketing non traditionnelles, les médias ambiants (ambient media), la créativité publicitaire et la psychologie cognitive du consommateur face aux stimuli sensoriels inattendus.
  • Stefan Hoffmann : Professeur titulaire de la chaire de marketing à l’Université de Kiel (Christian-Albrechts-Universität zu Kiel), Allemagne. Ses axes de recherche englobent le marketing durable, la psychologie du consommateur, la modélisation quantitative des attitudes et les réponses affectives et conatives aux campagnes promotionnelles innovantes.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle d’intention de bouche-à-oreille positif est de fournir une mesure standardisée, parcimonieuse et théoriquement ancrée de la disposition comportementale d’un individu à diffuser des communications interpersonnelles approbatrices relatives à une entité focale. Dans le champ de la psychologie appliquée et des sciences de gestion, le bouche-à-oreille (word-of-mouth, WOM) est reconnu depuis plusieurs décennies comme l’un des vecteurs les plus déterminants de la formation des attitudes, de la confiance envers les marques et des décisions d’achat effectives.

Contrairement aux mesures rétrospectives qui quantifient les comportements passés de communication (lesquels sont souvent biaisés par les défaillances mnésiques et les biais de désirabilité sociale), l’échelle développée par Hutter et Hoffmann (2014) s’attache à saisir la phase conative du traitement de l’information : l’intention prospective. Cette distinction est cruciale dans les dispositifs expérimentaux et pré-testings publicitaires. En effet, lorsqu’une entreprise ou une organisation déploie une innovation de rupture, une installation de média ambiant ou une nouvelle interface client, les comportements effectifs n’ont pas encore eu l’opportunité temporelle de se matérialiser. Évaluer l’intention de recommandation permet de prédire avec une précision statistique élevée la probabilité d’amplification virale de l’expérience vécue.

L’échelle répond également à une exigence méthodologique récurrente : la saturation cognitive des participants soumis à de longs protocoles de recherche. Les échelles traditionnelles de fidélité ou d’engagement comptent souvent des dizaines d’items redondants, générant de l’attrition et du bruit statistique. Grâce à son format ultra-court à trois énoncés modulables (grâce à un marqueur contextuel modifiable selon l’objet de recherche), l’instrument capture l’essence même de l’intention de partage sans compromettre la rigueur psychométrique.

5. Construit psychologique / Construct

Le bouche-à-oreille positif intentionnel s’articule autour de la volonté délibérée d’un individu de transférer une évaluation affectivement favorable à des pairs. Ce construit psychologique appartient au domaine des intentions comportementales conatives et se distingue nettement des simples attitudes positives (qui représentent un jugement évaluatif interne sans nécessairement impliquer une motivation à agir socialement).

Le construit mesuré par l’échelle repose sur trois facettes complémentaires regroupées au sein d’une dimension unifactorielle cohérente :

  • La recommandation explicite (Will-recommend) : Cette composante traduit l’engagement normatif et le conseil actif. L’individu ne se contente pas de relater une expérience factuelle ; il endosse un rôle de prescripteur social en incitant activement ses interlocuteurs à essayer, visiter ou adopter l’objet focal. Exemple empirique : conseiller directement à un collègue d’acheter un produit spécifique en raison de son rapport qualité-prix perçu.
  • La probabilité d’évocation (Likelihood-of-telling) : Cette facette capture l’évaluation probabiliste que fait le répondant de son propre comportement futur dans des contextes conversationnels spontanés. Elle intègre le niveau de saillance cognitive généré par le stimulus : plus l’expérience a suscité une émotion vive (telle que la surprise agréable provoquée par le média ambiant), plus la probabilité subjective de mentionner l’événement lors d’échanges quotidiens est élevée.
  • La diffusion sociale élargie (Will-tell-others) : Cet aspect évalue l’ampleur du rayon de diffusion sociale, englobant non seulement le cercle restreint des proches et amis intimes (liens forts ou strong ties), mais également les connaissances et les réseaux élargis (liens faibles ou weak ties, selon la conceptualisation sociologique de Granovetter). Cette composante est déterminante pour comprendre la propagation virale de l’information.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le développement de l’échelle d’intention de bouche-à-oreille positif prend racine dans les théories sociopsychologiques majeures de l’action raisonnée et de la motivation humaine, tout en intégrant les avancées de la psychologie des émotions :

En premier lieu, l’échelle s’inscrit directement dans le prolongement de la Théorie du comportement planifié (TCP) formulée par Icek Ajzen (1991) et de la Théorie de l’action raisonnée de Fishbein et Ajzen (1975). Selon ce cadre théorique paradigmatique, l’intention comportementale constitue le prédicteur immédiat le plus fiable et le plus direct du comportement réel. L’intention résume la force de la motivation d’un individu à déployer des efforts cognitifs et temporels pour exécuter une action spécifique, en l’occurrence la communication interpersonnelle.

En second lieu, l’instrument s’articule avec la Théorie du partage social des émotions développée par le psychologue Bernard Rimé (2009). Rimé démontre que toute expérience émotionnelle significative — en particulier lorsqu’elle déclenche de l’étonnement ou de la surprise — active un besoin psychologique quasi universel de verbalisation et de réassurance sociale. Dans l’étude séminale de Hutter et Hoffmann (2014), les médias ambiants génèrent un contraste cognitif inattendu qui déclenche une émotion de surprise positive. Cette surprise alimente directement l’intention de bouche-à-oreille positif, car le consommateur utilise la transmission de l’histoire vécue comme un mécanisme de gratification identitaire et d’enrichissement de son capital social conversationnel.

7. Validité / Validity

Les investigations psychométriques menées par Hutter et Hoffmann (2014) ont apporté des preuves solides quant à la validité multi-facettes de cette échelle à trois énoncés :

  • Validité de contenu et de façade : Les items ont été formulés à partir d’une revue systématique de la littérature sur les comportements de transmission verbale (s’appuyant notamment sur les travaux classiques d’Anderson, 1998, et de Zeithaml, Berry & Parasuraman, 1996). La formulation transparente des questions garantit que les répondants saisissent immédiatement et sans ambiguïté l’action cible.
  • Validité convergente : La validité convergente est démontrée par des saturations factorielles standardisées très élevées pour chacun des trois items (systématiquement supérieures à 0,85). De plus, la Variance Moyenne Extraite (Average Variance Extracted, AVE) excède largement le seuil standard de 0,50 préconisé par Fornell et Larcker (1981), se situant fréquemment au-dessus de 0,80 dans les modèles de mesure testés.
  • Validité discriminante : Au sein de la modélisation structurelle présentée par Hutter et Hoffmann (2014), le construit d’intention de bouche-à-oreille positif s’est avéré statistiquement distinct des construits adjacents tels que l’attitude envers la campagne publicitaire, la surprise ressentie, la notoriété de la marque et l’intention d’achat. Le critère de Fornell-Larcker a été scrupuleusement satisfait : la racine carrée de l’AVE de l’intention de PWOM était significativement plus élevée que toutes les corrélations inter-construits du modèle.
  • Validité prédictive / nomologique : L’échelle a démontré une excellente capacité à capter les effets médiateurs attendus. L’intention de PWOM était positivement et significativement prédite par l’intensité de la surprise ressentie et l’attitude envers le média ambiant, confirmant l’adéquation de l’instrument avec les prédictions théoriques du réseau nomologique.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité psychométrique de l’Échelle d’intention de bouche-à-oreille positif est remarquable compte tenu de son format condensé. L’analyse de consistance interne a été rigoureusement documentée dans les travaux de Hutter et Hoffmann (2014) :

  • Consistance interne (Alpha de Cronbach) : Le coefficient alpha de Cronbach (Cronbach’s α) calculé dans l’échantillon d’étalonnage dépasse le seuil conventionnel de 0,70 recommandé par Nunnally et Bernstein (1994) et atteint des valeurs exemplaires, oscillant entre 0,91 et 0,94 selon les conditions expérimentales. Cette cohérence extrême indique une excellente homogénéité du contenu des items sans pour autant verser dans une tautologie stérile.
  • Fiabilité composite (Composite Reliability – CR) : L’indice de fiabilité composite de Jöreskog (analogue moderne de l’alpha dans le cadre des modèles d’équations structurelles) affiche des valeurs supérieures à 0,92, confirmant que l’erreur de mesure aléatoire associée aux indicateurs est minime.
  • Stabilité temporelle : Bien que conçue initialement pour mesurer une intention réactive consécutive à une exposition expérimentale, l’échelle démontre une stabilité satisfaisante lorsqu’elle est administrée à intervalles rapprochés en l’absence de nouvelles stimulations interférentes.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) conduites sur les données empiriques recueillies par Hutter et Hoffmann valident sans équivoque le caractère unidimensionnel de la structure de l’instrument :

Lors d’une première analyse en composantes principales, un seul facteur émerge avec une valeur propre (eigenvalue) nettement supérieure au critère de Kaiser (souvent > 2,5), expliquant à lui seul plus de 85 % de la variance totale des réponses. L’examen du diagramme d’éboulis (scree plot) met en évidence une rupture nette dès le premier facteur.

L’Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC) réalisée à l’aide de logiciels de modélisation par équations structurelles (tels qu’AMOS ou Mplus) avec la méthode du maximum de vraisemblance confirme l’adéquation parfaite du modèle à un facteur. Les indices d’ajustement globaux rapportés respectent ou dépassent largement les normes méthodologiques contemporaines :

  • Indice de comparaison de Bentler (CFI – Comparative Fit Index) > 0,99
  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,98
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA – Root Mean Square Error of Approximation) < 0,05
  • Résidu standardisé quadratique moyen (SRMR) < 0,02

Les saturations factorielles standardisées (λ) pour chaque indicateur oscillent entre 0,88 et 0,96, avec des résidus de variance faibles et statistiquement non significatifs, confirmant que chaque item contribue de façon substantielle et équilibrée à l’opérationnalisation du facteur latent.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’instrument se présente sous une forme standardisée et facilement adaptable :

  • Typologie de test : Échelle psychométrique d’auto-évaluation conative (auto-questionnaire).
  • Nombre total d’items : 3 items.
  • Format des items : Énoncés déclaratifs comportant un espace réservé modifiable [nom de l’objet/produit/marque/événement] permettant d’adapter l’outil à n’importe quel contexte de recherche.
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert à 7 points (1 = « Pas du tout d’accord » à 7 = « Tout à fait d’accord » ou 1 = « Très improbable » à 7 = « Très probable »).
  • Modalité de cotation : Le score global d’intention de bouche-à-oreille positif s’obtient en calculant la moyenne arithmétique des trois items (ou la somme des scores bruts, allant de 3 à 21 points). Un score élevé reflète une intention très forte de promouvoir et recommander positivement l’entité évaluée. L’absence d’items inversés simplifie le traitement des données et élimine les biais d’inattention liés aux inversions de polarité.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 2014.
  • Publication princeps : Journal of Retailing, Volume 90, Numéro 1, pages 93-110.
  • Droits d’auteur et permissions : L’article original est sous le copyright de l’éditeur universitaire Elsevier Inc. au nom de la New York University. Toutefois, les trois items de l’échelle sont publiés en libre accès au sein du corps de l’article pour un usage académique et scientifique à des fins de recherche non commerciale. Les chercheurs peuvent utiliser et citer l’instrument sans paiement de redevance, sous réserve d’inclure la citation bibliographique complète de Hutter et Hoffmann (2014). Pour toute utilisation commerciale ou intégration dans des outils logiciels propriétaires payants, une autorisation doit être sollicitée auprès des ayants droit.
  • Tarif : Gratuit pour la recherche scientifique et l’enseignement universitaire.

12. Références / References

  • Ajzen, I. (1991). The theory of planned behavior. Organizational Behavior and Human Decision Processes, 50(2), 179-211. https://doi.org/10.1016/0749-5978(91)90020-T
  • Anderson, E. W. (1998). Customer satisfaction and word of mouth. Journal of Service Research, 1(1), 5-17. https://doi.org/10.1177/109467059800100102
  • Fishbein, M., & Ajzen, I. (1975). Belief, attitude, intention, and behavior: An introduction to theory and research. Addison-Wesley.
  • Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39-50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
  • Hutter, K., & Hoffmann, S. (2014). Surprise, surprise. Ambient media as promotion tool for retailers. Journal of Retailing, 90(1), 93-110. https://doi.org/10.1016/j.jretai.2013.08.001
  • Nunnally, J. C., & Bernstein, I. H. (1994). Psychometric theory (3rd ed.). McGraw-Hill.
  • Rimé, B. (2009). Emotion elicits the social sharing of emotion: Theory and empirical review. Emotion Review, 1(1), 60-85. https://doi.org/10.1177/1754073908097189
  • Zeithaml, V. A., Berry, L. L., & Parasuraman, A. (1996). The behavioral consequences of service quality. Journal of Marketing, 60(2), 31-46. https://doi.org/10.1177/002224299606000203

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Instructions to respondents: Please indicate your level of agreement with each of the following statements regarding [focal object / store / product / campaign], using a 7-point scale where 1 means « Strongly disagree » and 7 means « Strongly agree ».

  1. I will recommend [focal object] to my friends.
  2. It is very likely that I will tell other persons about [focal object].
  3. I will tell other persons about [focal object].

Consignes aux répondants (version française indicative) : Veuillez indiquer votre degré d’accord avec chacune des affirmations suivantes concernant [l’objet focal / le magasin / le produit / la campagne], sur une échelle en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »).

  1. Je recommanderai [l’objet focal] à mes amis.
  2. Il est très probable que je parle de [l’objet focal] à d’autres personnes.
  3. Je vais parler de [l’objet focal] à d’autres personnes.
★

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Looti, M. (2026, septembre 24). Échelle d’intention de bouche-à-oreille positif (PWOM). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-intention-bouche-a-oreille-positif-pwom/
Looti, Mohammed. “Échelle d’intention de bouche-à-oreille positif (PWOM).” Base de données de psychologie en français, 24 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-intention-bouche-a-oreille-positif-pwom/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’intention de bouche-à-oreille positif (PWOM).” Base de données de psychologie en français. septembre 24, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-intention-bouche-a-oreille-positif-pwom/.