1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’intelligence sociale de Tromso (Tromso Social Intelligence Scale, ou TSIS) est un instrument psychométrique d’auto-évaluation conçu par David H. Silvera, Monica Martinussen et Tove I. Dahl en 2001 à l’Université de Tromsø en Norvège. Développée pour pallier le manque d’outils standardisés mesurant spécifiquement les compétences cognitives, comportementales et perceptuelles propres au domaine social, la TSIS opérationnalise l’intelligence sociale à travers trois dimensions factoriellement distinctes : le traitement de l’information sociale (Social Information Processing), les compétences sociales (Social Skills) et la conscience sociale (Social Awareness).
Le questionnaire est composé de 21 items évalués au moyen d’une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Me décrit extrêmement mal » / Describes me extremely poorly) à 7 (« Me décrit extrêmement bien » / Describes me extremely well). Chaque sous-échelle comporte exactement 7 items, garantissant un équilibre structurel optimal. Les études initiales et les réplications transculturelles démontrent d’excellentes qualités métrologiques, avec des coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) oscillant généralement entre 0,72 et 0,86 selon les sous-échelles, et une stabilité test-retest substantielle. L’analyse factorielle confirmatoire appuie systématiquement la structure trifactorielle par rapport aux modèles unidimensionnels. En psychologie de la personnalité, en psychologie organisationnelle et en psychiatrie clinique, la TSIS constitue l’un des outils de référence pour évaluer la capacité d’un individu à comprendre les indices sociaux, à anticiper les comportements d’autrui et à agir avec efficience dans les interactions interpersonnelles.
2. Mots-clés / Keywords
Intelligence sociale, Échelle d’intelligence sociale de Tromso, TSIS, cognition sociale, compétences sociales, conscience sociale, traitement de l’information sociale, psychométrie, évaluation de la personnalité, interactions interpersonnelles, David Silvera.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et validée par une équipe de chercheurs du Département de Psychologie de l’Université de Tromsø (UiT – Norges arktiske universitet), en Norvège :
- David H. Silvera, Ph.D. : Professeur de psychologie et de marketing (anciennement à l’Université de Tromsø, actuellement rattaché à l’Université du Texas à San Antonio). Spécialiste du jugement social, de la mémoire et de la cognition sociale. E-mail :
[email protected]. - Monica Martinussen, Ph.D. : Professeure au Centre régional pour la santé mentale des enfants et des adolescents (RKBU Nord) et au Département de Psychologie de l’Université de Tromsø. Spécialiste de la psychométrie, de la méta-analyse et de la psychologie de la santé. E-mail :
[email protected]. - Tove I. Dahl, Ph.D. : Professeure de psychologie éducative et cognitive à l’Université de Tromsø. Ses recherches portent sur la motivation, la psychologie de l’apprentissage et l’évaluation cognitive. E-mail :
[email protected].
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la création de la Tromso Social Intelligence Scale (TSIS) était de clarifier un domaine d’investigation marqué historiquement par une grande ambiguïté conceptuelle. Depuis que Edward Thorndike a introduit en 1920 le concept d’intelligence sociale comme « l’aptitude à comprendre et à gérer les hommes et les femmes, les garçons et les filles, pour agir sagement dans les relations humaines », les psychologues se sont heurtés à deux écueils méthodologiques majeurs :
- La quasi-impossibilité de distinguer empiriquement l’intelligence sociale de l’intelligence générale (facteur g académique), les premiers tests de performance sociale (comme le George Washington Social Intelligence Test) étant fortement contaminés par des facteurs verbaux et de raisonnement abstrait.
- Le chevauchement conceptuel excessif avec les traits de personnalité généraux, notamment l’extraversion, l’agréabilité et le névrosisme au sein du modèle des Big Five.
Face à ces défis, Silvera, Martinussen et Dahl (2001) ont conçu la TSIS non pas comme un test de performance maximale (dont les réponses « correctes » sont souvent dépendantes de conventions socioculturelles arbitraires), mais comme une mesure d’auto-évaluation typique, ancrée dans la cognition sociale moderne. L’instrument vise à mesurer précisément la perception qu’a un individu de sa propre efficacité dans le décodage, l’exécution et l’ajustement de ses conduites interpersonnelles.
Sur le plan des applications de recherche, la TSIS permet d’explorer les interactions entre la cognition sociale, l’intelligence émotionnelle, l’empathie cognitive et les mécanismes d’adaptation au stress relationnel. Dans le domaine de la psychologie organisationnelle, elle est fréquemment mobilisée pour étudier le leadership transactionnel et transformationnel, la gestion des conflits, la négociation et la performance des équipes de travail. Sur le versant clinique et psychopathologique, la TSIS fournit un cadre structuré pour examiner les déficits socio-communicatifs associés aux troubles du spectre de l’autisme à haut niveau de fonctionnement, à l’anxiété sociale, aux troubles de la personnalité (notamment schizoïde et évitante) et aux dysfonctionnements relationnels chroniques.
5. Construit psychologique / Construct
La TSIS conceptualise l’intelligence sociale comme un construit multidimensionnel hiérarchisé composé de trois facettes interdépendantes mais distinctes, chacune explorant un versant spécifique des interactions humaines :
1. Le traitement de l’information sociale (Social Information Processing – SP)
Cette dimension cognitive renvoie à la capacité d’un individu à détecter, décoder, interpréter et anticiper les signaux sociaux émis par autrui, qu’ils soient verbaux ou non verbaux. Elle englobe la compréhension des désirs, des états émotionnels implicites et des motivations d’autrui à partir de micro-expressions faciales, du langage corporel ou du contexte situationnel (ex. Item 19 : « I can often understand what others really mean through their expression, body language, etc. »). Cette composante s’apparente étroitement aux opérations de la théorie de l’esprit (Theory of Mind), permettant au sujet d’inférer des états mentaux invisibles et de formuler des prédictions robustes quant aux réactions comportementales d’autrui face à ses propres agissements (ex. Item 17 : « I can predict how others will react to my behaviour »).
2. Les compétences sociales (Social Skills – SS)
Cette composante comportementale évalue l’aisance, la fluidité et l’efficacité manifeste de l’individu lors de son engagement direct dans des situations sociales réelles. Contrairement au traitement de l’information qui est intrapsychique et perceptuel, les compétences sociales concernent l’action : amorcer une conversation, s’intégrer harmonieusement dans un groupe d’inconnus, nouer facilement des liens et adapter son comportement aux normes explicites et implicites d’un environnement nouveau (ex. Item 7 : « I fit in easily in social situations » ; Item 10 : « I am good at entering new situations and meeting people for the first time »). Les items de cette sous-échelle reflètent également la résilience face à la gêne sociale, un score élevé témoignant d’une absence de timidité paralysante et d’un sentiment élevé d’auto-efficacité interpersonnelle.
3. La conscience sociale (Social Awareness – SA)
La conscience sociale mesure la capacité à appréhender les conséquences interpersonnelles involontaires de ses propres actes et paroles dans l’interaction immédiate. Elle est formulée presque exclusivement sous forme d’items inversés (inversés lors de la cotation), capturant les moments où l’individu est pris au dépourvu par les réactions négatives ou inattendues d’autrui (ex. Item 8 : « Other people become angry with me without me being able to explain why » ; Item 16 : « I have often hurt others without realizing it »). Un individu présentant un score faible en conscience sociale (et donc un score élevé sur ces items avant inversion) souffre d’un angle mort relationnel : il ne perçoit pas le décalage entre ses intentions et l’impact émotionnel réel produit sur ses pairs, trouvant les autres imprévisibles (Item 13 : « I find people unpredictable »).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de la TSIS s’enracine dans la convergence de plusieurs courants majeurs de la psychologie cognitive et de la théorie de la communication interpersonnelle :
Le modèle du traitement de l’information sociale de Crick et Dodge
L’architecture de la TSIS fait directement écho aux travaux de Nicki R. Crick et Kenneth A. Dodge (1994) sur le Social Information Processing Model. Ce modèle postule que les conduites sociales résultent d’une séquence cognitive en étapes successives : encodage des indices externes, interprétation des intentions d’autrui, clarification des buts, accès ou génération de réponses, prise de décision et mise en œuvre comportementale. Silvera et ses collègues ont opérationnalisé ces étapes au sein d’un instrument psychologique, isolant la phase d’encodage/interprétation (SP), la phase d’exécution motrice/verbale (SS) et la boucle de rétroaction perceptuelle (SA).
L’approche multifactorielle de l’intelligence : Gardner et Sternberg
La TSIS s’inscrit en rupture avec le réductionnisme psychométrique du quotient intellectuel classique. Elle s’inspire de la théorie des intelligences multiples d’Howard Gardner (1983), spécifiquement l’intelligence interpersonnelle (capacité à discerner les humeurs, motivations et intentions d’autrui), ainsi que de la théorie triarchique de l’intelligence de Robert Sternberg (1985), qui intègre l’intelligence pratique et contextuelle comme un déterminant capital du succès dans l’environnement social quotidien.
Théorie sociocognitive et sentiment d’auto-efficacité de Bandura
Étant donné son format en auto-évaluation, la TSIS mesure fondamentalement le sentiment d’auto-efficacité sociale théorisé par Albert Bandura (1997). Selon ce paradigme, les croyances d’un individu relatives à ses capacités à décoder autrui et à maîtriser des interactions complexes conditionnent directement son niveau d’anxiété, son engagement relationnel effectif et sa persévérance face à des conflits interpersonnels.
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité de la TSIS ont été rigoureusement établies à travers de nombreuses études empiriques internationales :
Validité de construit et structurale
Dans l’étude princeps menée par Silvera et al. (2001) auprès d’étudiants universitaires norvégiens (N = 486), l’analyse factorielle confirmatoire a démontré que le modèle à trois facteurs présentait un ajustement significativement supérieur à un modèle unidimensionnel ou bidimensionnel. Les trois facteurs sont modérément corrélés entre eux (corrélations inter-facteurs variant généralement de 0,25 à 0,45), ce qui confirme qu’ils renvoient à des facettes distinctes mais convergentes du macro-construit de l’intelligence sociale.
Validité convergente
La TSIS présente des corrélations attendues et cohérentes avec des construits psychologiques théoriquement proches :
- Les Social Skills (SS) corrèlent très positivement avec l’Extraversion du Big Five (r ≈ 0,55 à 0,65) et négativement avec l’anxiété sociale mesurée par la Social Phobia Scale.
- La sous-échelle Social Information Processing (SP) corrèle positivement avec l’empathie cognitive mesurée par le questionnaire d’Interpersonal Reactivity Index (IRI) de Davis (spécifiquement la prise de perspective, Perspective Taking, r ≈ 0,40 à 0,50).
- Les trois dimensions corrèlent positivement avec l’intelligence émotionnelle mesurée par le TMMS (Trait Meta-Mood Scale) ou la Schutte Emotional Intelligence Scale.
Validité discriminante
L’un des apports critiques de la TSIS réside dans sa faible corrélation avec les tests d’intelligence générale académique (tests de matrices progressives de Raven ou tests de vocabulaire verbal), les coefficients r restant le plus souvent inférieurs à 0,15 (non significatifs). Cela démontre que l’instrument capture une variance spécifique indépendante des compétences logico-mathématiques et linguistiques pures.
Validité prédictive et de critère
Des recherches ultérieures (par ex., Condon, 2011; Gökçen et al., 2014) ont démontré que les scores à la TSIS prédisent de manière incrémentale l’émergence du leadership, l’efficacité managériale perçue par les pairs, la satisfaction relationnelle au sein du couple, ainsi qu’une moindre détresse psychologique en milieu académique et professionnel.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle de Tromso a été documentée par des indices de cohérence interne et de stabilité temporelle solides dans la littérature psychométrique :
Cohérence interne (Alpha de Cronbach et Omega de McDonald)
Dans l’échantillon d’origine de Silvera, Martinussen et Dahl (2001), les coefficients alpha de Cronbach obtenus pour les trois dimensions étaient les suivants :
- Compétences sociales (Social Skills) : α = 0,85
- Traitement de l’information sociale (Social Information Processing) : α = 0,79
- Conscience sociale (Social Awareness) : α = 0,72
Dans les validations internationales ultérieures (par ex. en langue turque par Doğan & Çetin, 2009 ; en version espagnole par Ros-Morente et al., 2018 ; en version polonaise par Gerymski & Krok, 2019), les coefficients de cohérence interne sont demeurés stables, se situant de façon constante entre 0,70 et 0,86 pour l’ensemble des dimensions.
Fidélité test-retest
Les évaluations de la stabilité temporelle sur un intervalle de quatre à six semaines montrent des coefficients de corrélation test-retest (r) compris entre 0,75 et 0,83, confirmant que la TSIS capture des dispositions dispositionnelles et cognitives stables plutôt que de simples fluctuations d’humeur passagères.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La confirmation de la validité interne de la TSIS repose sur des démarches combinées d’analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) :
Étapes d’extraction et structure trifactorielle
Lors de la phase initiale d’étalonnage, Silvera et al. (2001) ont soumis un ensemble préliminaire d’items à une analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin), partant du postulat théorique que les dimensions de l’intelligence sociale devaient être corrélées. Trois facteurs distincts ont émergé avec des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,5, expliquant ensemble plus de 45 % de la variance totale du test.
Indices d’ajustement en AFC
L’analyse factorielle confirmatoire (AFC) menée par la suite a corroboré la supériorité éclatante du modèle oblique à trois facteurs par rapport à un modèle unidimensionnel à facteur général unique :
- Ratio Chi-carré / degrés de liberté (χ²/df) : généralement < 2,5.
- CFI (Comparative Fit Index) : valeurs oscillant entre 0,91 et 0,95 selon les études.
- TLI (Tucker-Lewis Index) : valeurs supérieures à 0,90.
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) : valeurs comprises entre 0,045 et 0,062 avec un intervalle de confiance à 90 % satisfaisant.
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) : ≤ 0,058.
Toutes les saturations factorielles standardisées (λ) des items sur leurs facteurs respectifs sont statistiquement significatives (p < 0,001), la vaste majorité se situant entre 0,45 et 0,81. Les items composant la sous-échelle de conscience sociale ont montré des saturations légèrement plus hétérogènes en raison de leur formulation inversée, mais demeurent structurellement robustes.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’instrument : Tromso Social Intelligence Scale (TSIS) / Échelle d’intelligence sociale de Tromso.
- Auteurs : David H. Silvera, Monica Martinussen et Tove I. Dahl (2001).
- Type de test : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report inventory).
- Nombre total d’items : 21 items.
- Structure des sous-échelles :
- Social Information Processing (SP) : 7 items (Items 1, 3, 6, 9, 14, 17, 19).
- Social Skills (SS) : 7 items (Items 4, 7, 10, 12, 15, 18, 20).
- Social Awareness (SA) : 7 items (Items 2, 5, 8, 11, 13, 16, 21).
- Format de réponse : Échelle de type Likert en 7 points :
- 1 = Describes me extremely poorly (Me décrit extrêmement mal)
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 7 = Describes me extremely well (Me décrit extrêmement bien)
- Procédure de cotation (Scoring) :
- Inversion des items : Les items négativement formulés doivent être inversés avant le calcul des scores : nouvelle note = 8 – note attribuée. Les items à inverser sont les items 2, 4, 5, 8, 11, 12, 13, 15, 16, 20 et 21 (soit la totalité de la sous-échelle Social Awareness ainsi que les items 4, 12, 15 et 20 de la sous-échelle Social Skills).
- Scores des sous-échelles : On calcule la somme ou la moyenne des 7 items respectifs de chaque dimension après inversion des items requis. Un score élevé reflète un niveau supérieur dans la compétence évaluée.
- Score total : La somme globale des 21 items (variant théoriquement de 21 à 147) fournit un indice global d’intelligence sociale perçue.
- Temps de passation : Environ 5 à 8 minutes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2001.
- Statut du droit d’auteur : L’article original a été publié dans la revue scientifique à comité de lecture Scandinavian Journal of Psychology, sous copyright de la Scandinavian Psychological Associations et publié par John Wiley & Sons Ltd.
- Tarifs et utilisation : L’instrument est accessible gratuitement à des fins de recherche académique et d’enseignement non commercial. Aucune licence commerciale payante n’est exigée pour les chercheurs universitaires ou les étudiants. L’utilisation clinique ou commerciale privée requiert le respect de la déontologie scientifique et la citation rigoureuse des auteurs fondateurs (Silvera et al., 2001).
12. Références / References
Voici les références scientifiques majeures relatives à l’échelle d’intelligence sociale de Tromso :
- Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
- Condon, R. J. (2011). The Relationship between Self-Awareness and Leadership: Extending Measurement and Conceptualisation (Master’s thesis). University of Canterbury, New Zealand. https://doi.org/10.26021/4134
- Crick, N. R., & Dodge, K. A. (1994). A review and reformulation of social information-processing mechanisms in children’s social adjustment. Psychological Bulletin, 115(1), 74–101. https://doi.org/10.1037/0033-2909.115.1.74
- Doğan, T., & Çetin, B. (2009). The validity and reliability of the Turkish version of the Tromso Social Intelligence Scale. Educational Sciences: Theory & Practice, 9(2), 709–717.
- Gardner, H. (1983). Frames of mind: The theory of multiple intelligences. Basic Books.
- Gerymski, R., & Krok, D. (2019). Psychometric properties of the Polish version of the Tromsø Social Intelligence Scale (TSIS). Polskie Forum Psychologiczne, 24(2), 239–254. https://doi.org/10.14656/PFP20190206
- Gökçen, E., Furnham, A., Mavroveli, S., & Petrides, K. V. (2014). A cross-cultural investigation of higher-order trait emotional intelligence and social intelligence. Personality and Individual Differences, 63, 107–112. https://doi.org/10.1016/j.paid.2014.01.061
- Ros-Morente, A., Farimy, R. M., & Filella, G. (2018). Validación de la versión española de la Escala de Inteligencia Social de Tromsø (TSIS). Revista de Psicología Social, 33(3), 629–647. https://doi.org/10.1080/02134748.2018.1482057
- Silvera, D., Martinussen, M., & Dahl, T. I. (2001). The Tromsø Social Intelligence Scale, a self-report measure of social intelligence. Scandinavian Journal of Psychology, 42(4), 313–319. https://doi.org/10.1111/1467-9450.00242
- Sternberg, R. J. (1985). Beyond IQ: A triarchic theory of human intelligence. Cambridge University Press.
- Thorndike, E. L. (1920). Intelligence and its use. Harper’s Magazine, 140, 227–235.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response scale: 1 = Describes me extremely poorly, 2, 3, 4, 5, 6, 7 = Describes me extremely well
- I can predict other people‘s behaviour.
- I often feel that it is difficult to understand others choices.
- I know how my actions will make others feel.
- I often feel uncertain around new people who I don‘t know.
- People often surprise me with the things they do.
- I understand other people‘s feelings.
- I fit in easily in social situations.
- Other people become angry with me without me being able to explain why.
- I understand other‘s wishes.
- I am good at entering new situations and meeting people for the first time.
- It seems as though people are often angry or irritated with me when I say what I think.
- I have a hard time getting along with other people.
- I find people unpredictable.
- I can often understand what others are trying to accomplish without the need for them to say anything.
- It takes a long time for me to get to know others well.
- I have often hurt others without realizing it.
- I can predict how others will react to my behaviour.
- I am good at getting on good terms with new people.
- I can often understand what others really mean through their expression‚ body language‚ etc.
- I frequently have problems finding good conversation topics.
- I am often surprised by others reactions to what I do.