Échelle d’intelligence émotionnelle du consommateur (CEIS)

L’Échelle d’intelligence émotionnelle du consommateur (CEIS) est un instrument psychométrique mesurant les compétences émotionnelles appliquées aux choix de consommation, aux interactions marchandes et aux décisions d’achat.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’intelligence émotionnelle du consommateur (Consumer Emotional Intelligence Scale, ou CEIS) est un instrument psychométrique développé par Blair Kidwell, David M. Hardesty et Terry L. Childers en 2007. Cet instrument a été conçu pour opérationnaliser et quantifier l’aptitude des individus à percevoir, intégrer, comprendre et réguler les émotions spécifiquement dans les contextes de prise de décision d’achat, de consommation et d’exposition aux stimuli mercatiques. En s’appuyant sur le modèle quadripartite canonique de l’intelligence émotionnelle développé par Mayer et Salovey (1997), la CEIS structure l’intelligence émotionnelle liée à la consommation autour de quatre dimensions fondamentales : l’évaluation et l’expression des émotions (Appraisal and Expression of Emotion – AEE), l’utilisation des émotions pour faciliter la pensée (Use of Emotion to Facilitate Thought – UEF), la compréhension et l’analyse des émotions (Understanding and Analyzing Emotion – UAE), et la régulation réflexive des émotions (Reflective Regulation of Emotion – RRE).

Composée de 18 items mesurés sur une échelle de Likert en 7 points, la CEIS offre une alternative de mesure robuste et écologique aux tests généraux d’aptitude émotionnelle (tels que le MSCEIT) ou aux échelles de trait d’intelligence émotionnelle, en démontrant une supériorité prédictive nette dans les contextes de consommation. Les propriétés psychométriques de l’outil révèlent une excellente cohérence interne (les coefficients alpha de Cronbach oscillent généralement entre 0,78 et 0,89 pour les sous-échelles et dépassent 0,90 pour l’échelle globale), une structure factorielle confirmatoire à quatre facteurs de premier ordre subordonnés à un facteur général de second ordre, ainsi qu’une remarquable validité prédictive, convergente et discriminante. Les recherches démontrent de manière systématique que les consommateurs présentant un score élevé sur la CEIS effectuent des arbitrages plus sains sur le plan nutritionnel, résistent plus efficacement aux techniques de persuasion publicitaire manipulatrices, accumulent moins de dettes de crédit impulsives et ressentent moins de dissonance post-achat ou de regrets après leurs transactions.

2. Mots-clés / Keywords

Intelligence émotionnelle du consommateur, CEIS, comportement du consommateur, prise de décision financière, régulation émotionnelle, modèle de Mayer-Salovey, affect et cognition, dissonance post-achat, psychométrie, évaluation psychologique, choix nutritionnels, vulnérabilité mercatique.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été développée et formalisée par un collectif de chercheurs de premier plan en marketing comportemental et en psychologie de la consommation :

  • Blair Kidwell : Ph.D. en marketing, Professeur titulaire de marketing au sein de la G. Brint Ryan College of Business, University of North Texas (auparavant à la University of Kentucky et à l’Ohio State University). Spécialiste international des influences affectives, de la régulation émotionnelle et des décisions de santé et financières du consommateur. Courriel institutionnel : [email protected].
  • David M. Hardesty : Ph.D., Professeur de marketing et titulaire de chaire au Gatton College of Business and Economics, University of Kentucky. Ses recherches portent sur la tarification psychologique, l’intelligence émotionnelle, la persuasion mercatique et la prise de décision managériale. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Terry L. Childers : Ph.D., Professeur émérite de marketing à l’Iowa State University et auparavant professeur à la University of Kentucky et à la Carlson School of Management (University of Minnesota). Pionnier des recherches sur le traitement de l’information sensorielle, l’imagerie mentale et l’influence des émotions dans les choix de consommation.

4. Objectif / Purpose

L’objectif scientifique et méthodologique central de la CEIS est de mesurer avec rigueur et spécificité le construit d’intelligence émotionnelle située dans la sphère marchande. Historiquement, les sciences de gestion et la psychologie économique ont oscillé entre deux paradigmes antinomiques : le postulat classique du choix rationnel (hérité de l’économie néoclassique), qui conceptualisait l’émotion comme un biais perturbateur dégradant la rationalité décisionnelle, et les théories contemporaines de la cognition incarnée et de l’affect heuristique, démontrant que les affects fournissent une information indispensable à l’arbitrage adaptatif (Slovic et al., 2007 ; Damasio, 1994).

Bien que des instruments généraux d’intelligence émotionnelle existassent déjà au moment de la conception de la CEIS — notamment le MSCEIT (Mayer-Salovey-Caruso Emotional Intelligence Test) ou l’EQ-i de Bar-On —, ces outils souffraient d’un manque criant de validité écologique lorsqu’ils étaient appliqués aux transactions économiques. Les situations de consommation se distinguent des interactions sociales interpersonnelles classiques par la présence omniprésente d’incitations commerciales, de cadrages publicitaires persuasifs, de contraintes budgétaires immédiates, d’effets de marque et d’ambiances sensorielles en magasin créées pour susciter l’excitation et stimuler l’achat impulsif. Kidwell et ses collègues (2007) ont démontré que les habiletés émotionnelles ne sont pas strictement invariantes selon les domaines de vie : un individu capable de décoder adéquatement les émotions d’un proche lors d’un conflit conjugal peut s’avérer incapable d’identifier l’anxiété induite par un vendeur agressif ou de réguler l’euphorie provoquée par une vente promotionnelle flash.

La CEIS a ainsi été construite pour combler ce vide empirique. Ses finalités pratiques et de recherche s’articulent autour de plusieurs axes essentiels :

  • Prédiction de la qualité de la décision de consommation : Quantifier l’aptitude d’un individu à sélectionner des produits et services qui maximisent son utilité à long terme tout en minimisant les regrets, les dettes et les conséquences néfastes sur la santé.
  • Résistance à la manipulation commerciale : Évaluer la capacité critique des consommateurs à identifier les leviers émotionnels déployés par les messages publicitaires (culpabilité, peur, vanité sociale) et à neutraliser leur influence persuasive indue.
  • Gestion des comportements d’achat compulsifs et impulsifs : Identifier les déficits de régulation affective sous-jacents aux troubles de l’achat compulsif, à la surconsommation alimentaire ou au surendettement des ménages.
  • Optimisation des programmes d’éducation financière et nutritionnelle : Servir d’outil diagnostique avant et après la mise en œuvre d’interventions pédagogiques visant à accroître les compétences émotionnelles des consommateurs vulnérables (adolescents, ménages à faibles revenus, patients souffrant de maladies chroniques liées au comportement alimentaire).

5. Construit psychologique / Construct

La CEIS transpose le modèle d’aptitude quadripartite de Mayer et Salovey (1997) dans l’écosystème de la consommation. Le construit est défini comme une métacompétence cognitive et affective permettant de traiter des signaux émotionnels pertinents pour le consommateur et d’ajuster son comportement de manière optimale. Il s’articule en quatre dimensions distinctes mais interdépendantes :

1. Évaluation et expression des émotions (Appraisal and Expression of Emotion — AEE)

Cette sous-échelle (items 1 à 5) évalue l’acuité avec laquelle le consommateur perçoit, décode et nomme ses propres ressentis affectifs au moment où il effectue un acte d’achat, navigue sur une plateforme de commerce électronique ou interagit avec un agent commercial. Elle inclut également la sensibilité aux indices émotionnels véhiculés par l’environnement marchand (design du point de vente, éclairage, musique, comportement du personnel). Par exemple, un consommateur présentant une AEE élevée prend immédiatement conscience qu’un sentiment fugace de malaise ou d’anxiété émerge lorsqu’un vendeur d’automobiles insiste sur une garantie prolongée coûteuse, ou identifie clairement que l’excitation ressentie dans un magasin de vêtements est amplifiée par l’ambiance sonore et lumineuse plutôt que par la valeur intrinsèque du vêtement.

2. Utilisation des émotions pour faciliter la pensée (Use of Emotion to Facilitate Thought — UEF)

Composée des items 6 à 9, la dimension UEF mesure la capacité de l’individu à exploiter activement ses sensations émotionnelles en tant qu’informations cognitives valides et guides attentionnels (en résonance directe avec la théorie de l’« affect-as-information » de Schwarz et Clore, 1983). L’individu émotionnellement intelligent ne cherche pas à supprimer ses émotions pour imiter un calculateur rationnel froid ; au contraire, il utilise son intuition viscérale pour prioriser ses besoins réels, orienter sa focalisation sur les attributs clés du produit et stimuler sa créativité dans la résolution de problèmes d’achat complexes. Un consommateur fort sur cette dimension utilisera, par exemple, le sentiment intuitif de soulagement ou d’enthousiasme projeté pour départager deux offres immobilières apparemment équivalentes sur le plan quantitatif.

3. Compréhension et analyse des émotions (Understanding and Analyzing Emotion — UAE)

Cette troisième branche (items 10 à 14) quantifie la maîtrise sémantique et la compréhension dynamique des trajectoires émotionnelles. Elle porte sur l’aptitude à discerner les causes profondes des changements d’humeur lors de l’évaluation de marques concurrentes, à anticiper les transitions affectives (par exemple, comment l’excitation impulsive d’un achat superflu se transforme inéluctablement en regret ou en culpabilité post-achat), et à comprendre pourquoi une expérience de service client produit de la frustration ou de la satisfaction. Un consommateur performant en UAE comprend que l’irritation qu’il ressent lors d’une rupture de stock est temporaire et découle d’un sentiment d’injustice procédurale, ce qui l’empêche de prendre des décisions de représailles irrationnelles (comme boycotter définitivement une enseigne par ailleurs très avantageuse).

4. Régulation réflexive des émotions (Reflective Regulation of Emotion — RRE)

La quatrième composante (items 15 à 18) représente le niveau le plus élevé de l’architecture de l’intelligence émotionnelle : l’autorégulation stratégique des états affectifs. Elle mesure l’aptitude du consommateur à apaiser ses pulsions émotionnelles, à contenir son impatience ou sa colère lors de litiges avec le service après-vente, et à modérer son euphorie afin de prévenir les achats compulsifs ou non budgétés. L’individu doté d’une RRE élevée sait consciemment temporiser sa décision lorsqu’il constate qu’il est en état de surexcitation ou d’épuisement mental (par exemple, appliquer la règle d’attente de 24 heures avant de valider un panier d’achat virtuel), garantissant ainsi la préservation de ses objectifs financiers et personnels à long terme.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le fondement épistémologique de la CEIS s’enracine à la croisée de la psychologie cognitive, des neurosciences affectives et de la modélisation du comportement du consommateur. Quatre corpus théoriques majeurs soutiennent l’architecture de l’instrument :

Le modèle des habiletés d’intelligence émotionnelle de Mayer et Salovey

Kidwell, Hardesty et Childers (2007) ont délibérément ancré la CEIS dans le modèle d’aptitude (ability model) développé par Peter Salovey et John D. Mayer (1990, 1997), plutôt que dans les modèles mixtes ou de traits popularisés par Daniel Goleman ou Reuven Bar-On. Le modèle de Mayer et Salovey postule que l’intelligence émotionnelle constitue un ensemble d’opérations mentales standardisées traitant l’information affective, hiérarchisées de manière ascendante : de la simple perception sensorielle jusqu’au contrôle exécutif réflexif. La CEIS opérationnalise fidèlement cette hiérarchie au sein des actes de consommation.

La théorie du domaine spécifique (Domain-Specificity Theory)

Un apport théorique central de Kidwell et al. réside dans la démonstration que les compétences cognitives et émotionnelles sont modulaires et contextuellement situées. Tout comme l’intelligence spatiale ne garantit pas une habileté verbale, l’intelligence émotionnelle manifestée dans la gestion des conflits organisationnels ne prédit pas nécessairement l’efficacité d’un consommateur face à un catalogue promotionnel attrayant. La CEIS s’appuie sur la psychologie cognitive du domaine d’expertise, stipulant que les schémas cognitifs se structurent autour de scripts spécifiques (le « script de magasinage »). L’évaluation contextuelle permet ainsi d’éliminer la variance non pertinente liée aux contextes de vie générale et d’optimiser la précision prédictive sur les métriques économiques.

La théorie de l’affect comme information (Affect-as-Information Theory)

Développée par Norbert Schwarz et Gerald L. Clore (1983, 2007), cette théorie soutient que les individus utilisent couramment leur humeur et leurs sensations somatiques momentanées comme des raccourcis heuristiques (heuristique « Comment je me sens par rapport à cela ? »). Cependant, les consommateurs immatures sur le plan émotionnel confondent fréquemment une humeur préexistante (liée par exemple à une dispute matinale ou à la météo) avec leur réaction réelle envers un produit ou une marque. La CEIS intègre cette théorie en postulant que les consommateurs à haut score savent attribuer correctement l’origine de leurs émotions et ne se laissent pas berner par des affects incidents non pertinents.

L’hypothèse des marqueurs somatiques et les modèles de double processus

La CEIS est également congruente avec les découvertes neuroscientifiques d’Antonio Damasio (1994) sur les marqueurs somatiques : l’évaluation affective précoce n’est pas l’ennemie de la raison, mais son préalable indispensable pour élaguer l’arbre des décisions. De même, au regard des modèles à double processus (Système 1 intuitif / Système 2 analytique popularisés par Daniel Kahneman), la CEIS évalue précisément l’interface harmonieuse entre l’intuition affective rapide (Système 1) et l’arbitrage réflexif délibératif (Système 2).

7. Validité / Validity

Les études empiriques initiales de Kidwell, Hardesty et Childers (2007, 2008), ainsi que les recherches de réplication ultérieures menées dans divers contextes culturels et économiques, fournissent des preuves psychométriques solides étayant la validité de la CEIS :

Validité convergente

La validité convergente de la CEIS a été rigoureusement attestée par ses corrélations positives modérées à fortes avec des mesures reconnues d’intelligence émotionnelle globale telles que le MSCEIT (corrélations de Pearson oscillant entre r = 0,38 et r = 0,52, p < 0,001) et l’échelle d’auto-évaluation de Wong et Law (WLEIS ; r = 0,45 à 0,61). De surcroît, les sous-échelles de la CEIS sont significativement corrélées avec la littératie financière subjective, les compétences cognitives d’évaluation de la valeur marchande et la recherche d’information réfléchie.

Validité discriminante

L’échelle se distingue nettement des traits de personnalité généraux du modèle des Big Five (Costa & McCrae, 1992). Les corrélations avec le névrosisme (stabilité émotionnelle), l’extraversion, l’agréabilité, la conscience et l’ouverture à l’expérience demeurent faibles à modestes (|r| < 0,28), démontrant que la CEIS ne constitue pas une simple redondance de la personnalité générale. Par ailleurs, des analyses confirmatoires multigroupes ont prouvé que la CEIS se distingue nettement de l’intelligence cognitive générale (QI estimé via le test Wonderlic ou les scores SAT) et du besoin de cognition (Need for Cognition de Cacioppo et Petty).

Validité prédictive et critériée

C’est au niveau de la validité prédictive que la CEIS déploie sa force majeure :

  • Qualité des choix nutritionnels : Kidwell, Hardesty et Childers (2008) ont démontré dans une série d’expériences en laboratoire et sur le terrain que les consommateurs affichant des scores élevés à la CEIS choisissent des aliments significativement plus nutritifs, maintiennent un indice de masse corporelle (IMC) plus sain et décodent plus lucidement les allégations nutritionnelles trompeuses sur les emballages.
  • Prise de décision financière : Les scores de CEIS prédisent une gestion budgétaire supérieure, une moindre propension à accumuler des soldes résiduels d’intérêts sur les cartes de crédit et une résistance accrue aux scénarios d’escroquerie financière ou de vente sous pression (Kidwell et al., 2007).
  • Dissonance post-achat et regret : En mesurant le regret décisionnel 24 heures et deux semaines après un achat significatif, les auteurs ont relevé que les consommateurs à haut score CEIS éprouvent une dissonance cognitive et affective considérablement moindre, attribuable à une meilleure sélection préalable et à une capacité de régulation réflexive post-décisionnelle.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’instrument a fait l’objet d’examens minutieux à travers de multiples échantillons représentatifs d’étudiants et de consommateurs adultes (panels nationaux) :

Cohérence interne

Les estimations de la cohérence interne via le coefficient alpha de Cronbach (α) et l’oméga de McDonald (ω) attestent d’une excellente homogénéité des items au sein de chaque dimension :

  • Évaluation et expression des émotions (AEE) : α = 0,84 à 0,88 (selon les échantillons) ;
  • Utilisation des émotions pour faciliter la pensée (UEF) : α = 0,79 à 0,85 ;
  • Compréhension et analyse des émotions (UAE) : α = 0,82 à 0,87 ;
  • Régulation réflexive des émotions (RRE) : α = 0,81 à 0,86 ;
  • Échelle globale (18 items) : α composite = 0,89 à 0,93.

Les corrélations inter-items moyennes oscillent entre 0,42 et 0,58, se situant parfaitement dans la fourchette recommandée par Clark et Watson (1995) pour garantir l’homogénéité du construit sans redondance sémantique triviale.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle de la CEIS a été évaluée sur un sous-échantillon de participants réinterrogés après un intervalle de quatre semaines dans l’étude princeps. Les coefficients de corrélation test-retest (r intraclasse) se sont établis à 0,81 pour l’échelle totale, oscillant entre 0,76 (pour la dimension UEF) et 0,84 (pour la dimension RRE), confirmant que l’outil capte des habiletés relativement stables tout en demeurant sensible aux programmes de formation ou d’intervention psycho-éducative.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le développement psychométrique de la CEIS a suivi les préconisations méthodologiques les plus rigoureuses en combinant analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC) :

Analyses factorielles exploratoires initiales (AFE)

Lors de la phase de réduction des items initiaux (à partir d’un ensemble préliminaire de plus de 45 énoncés générés par un panel d’experts), des analyses factorielles en composantes principales avec rotation oblique (Promax) ont systématiquement extrait quatre facteurs distincts possédant des valeurs propres (eigenvalues) supérieures à 1,0 (critère de Kaiser). L’examen de l’éboulis des valeurs propres (scree plot de Cattell) a clairement validé cette structure quadripartite. Aucun item conservé ne présentait de saturation croisée supérieure à 0,30 sur un facteur secondaire, et les saturations primaires sur le facteur théorique désigné dépassaient toutes 0,60.

Analyses factorielles confirmatoires (AFC)

Des modélisations par équations structurelles (SEM) sous estimation du maximum de vraisemblance ont ensuite été menées sur des échantillons indépendants afin de comparer plusieurs structures théoriques concurrentes :

  • Modèle unifactoriel : Mauvais ajustement statistique (χ²/df > 5,2 ; RMSEA = 0,118 ; CFI = 0,74 ; SRMR = 0,098).
  • Modèle à quatre facteurs indépendants (non corrélés) : Ajustement inacceptable, invalidant l’hypothèse d’une totale autonomie des dimensions.
  • Modèle à quatre facteurs corrélés : Ajustement excellent aux données empiriques (χ²/df = 1,84 ; RMSEA = 0,046 [IC à 90 % : 0,037 – 0,055] ; CFI = 0,968 ; TLI = 0,961 ; SRMR = 0,041).
  • Modèle hiérarchique de second ordre : L’intégration d’un facteur général d’intelligence émotionnelle du consommateur de second ordre chapeautant les quatre dimensions de premier ordre a produit des indices d’adéquation statistiques remarquables (χ²/df = 1,91 ; RMSEA = 0,048 ; CFI = 0,962 ; TLI = 0,956 ; SRMR = 0,044).

Les saturations factorielles standardisées (λ) des items sur leurs facteurs respectifs s’échelonnent entre 0,64 et 0,86 (toutes significatives à p < 0,001), et la variance moyenne extraite (AVE) excède le seuil conventionnel de 0,50 pour l’ensemble des dimensions (AEE = 0,58 ; UEF = 0,54 ; UAE = 0,57 ; RRE = 0,56), confirmant une fiabilité d’échelle convergente optimale selon les critères de Fornell et Larcker.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Consumer Emotional Intelligence Scale (CEIS).
  • Nom traduit : Échelle d’intelligence émotionnelle du consommateur.
  • Type d’instrument : Échelle psychométrique d’auto-évaluation (self-report capability scale) mesurant l’aptitude émotionnelle contextualisée à la consommation.
  • Nombre d’items : 18 items formulés sous la forme d’affirmations comportementales et métacognitives directes.
  • Structure des sous-échelles :
    • Évaluation et expression des émotions (AEE) : Items 1, 2, 3, 4 et 5 (5 items).
    • Utilisation des émotions pour faciliter la pensée (UEF) : Items 6, 7, 8 et 9 (4 items).
    • Compréhension et analyse des émotions (UAE) : Items 10, 11, 12, 13 et 14 (5 items).
    • Régulation réflexive des émotions (RRE) : Items 15, 16, 17 et 18 (4 items).
  • Format de réponse : 7-point Likert scale (typically 1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree, or 1 = Not at all to 7 = Very much / Completely).
  • Consigne de cotation : Tous les items sont formulés dans le sens direct (aucun item inversé dans la version standard à 18 items). Les scores sont calculés en effectuant la moyenne arithmétique des items composant chaque sous-échelle (score dimensionnel de 1 à 7) ou la moyenne de l’ensemble des 18 items pour établir un score global d’intelligence émotionnelle du consommateur. Des scores plus élevés traduisent une compétence émotionnelle supérieure face aux décisions d’achat et aux environnements commerciaux.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication : 2007 (publication de référence dans le Journal of Consumer Research).
  • Droits d’auteur et permissions : Les droits de diffusion scientifique de l’article princeps sont détenus par l’Oxford University Press et l’Association for Consumer Research. L’instrument est accessible librement à des fins de recherche académique, d’enseignement universitaire et d’études scientifiques non commerciales, sous réserve de citer expressément les auteurs fondateurs (Kidwell, Hardesty, & Childers, 2007).
  • Tarifs d’utilisation commerciale : Toute exploitation dans des contextes commerciaux privés (conseil d’entreprise, audits mercatiques, recrutement de forces de vente, outils diagnostiques propriétaires) requiert l’autorisation préalable écrite des auteurs principaux et de l’éditeur gestionnaire des droits.

12. Références / References

  • Clark, L. A., & Watson, D. (1995). Constructing validity: Basic issues in objective scale development. Psychological Assessment, 7(3), 309–319. https://doi.org/10.1037/1040-3590.7.3.309
  • Costa, P. T., & McCrae, R. R. (1992). Revised NEO Personality Inventory (NEO-PI-R) and NEO Five-Factor Inventory (NEO-FFI) professional manual. Psychological Assessment Resources.
  • Damasio, A. R. (1994). Descartes’ error: Emotion, reason, and the human brain. G.P. Putnam’s Sons.
  • Kidwell, B., Hardesty, D. M., & Childers, T. L. (2007). Consumer emotional intelligence: Conceptualization, measurement, and the prediction of consumer decision making. Journal of Consumer Research, 34(2), 154–166. https://doi.org/10.1086/519149
  • Kidwell, B., Hardesty, D. M., & Childers, T. L. (2008). Emotional intelligence in marketing exchanges. Journal of Marketing, 72(1), 115–129. https://doi.org/10.1509/jmkg.72.1.115
  • Kidwell, B., Hardesty, D. M., & Childers, T. L. (2008). Consumer emotional intelligence: How the ability to identify, understand, and regulate emotions impacts food choices and health. Journal of Public Policy & Marketing, 27(2), 134–146. https://doi.org/10.1509/jppm.27.2.134
  • Kidwell, B., Hardesty, D. M., Murtha, B. R., & Sheng, S. (2011). Emotional intelligence in marketing exchanges: Regulatory focus and sales performance. Journal of Marketing, 75(2), 78–95. https://doi.org/10.1509/jm.75.2.78
  • Mayer, J. D., & Salovey, P. (1997). What is emotional intelligence? In P. Salovey & D. J. Sluyter (Eds.), Emotional development and emotional intelligence: Educational implications (pp. 3–34). Basic Books.
  • Mayer, J. D., Salovey, P., & Caruso, D. R. (2002). Mayer-Salovey-Caruso Emotional Intelligence Test (MSCEIT) item booklet. Multi-Health Systems.
  • Salovey, P., & Mayer, J. D. (1990). Emotional intelligence. Imagination, Cognition and Personality, 9(3), 185–211. https://doi.org/10.2190/DUGG-P24E-52WK-6CDG
  • Schwarz, N., & Clore, G. L. (1983). Mood, misattribution, and judgments of well-being: Informative and directive functions of affective states. Journal of Personality and Social Psychology, 45(3), 513–523. https://doi.org/10.1037/0022-3514.45.3.513
  • Schwarz, N., & Clore, G. L. (2007). Feelings and phenomenal experiences. In A. W. Kruglanski & E. T. Higgins (Eds.), Social psychology: Handbook of basic principles (2nd ed., pp. 385–407). Guilford Press.
  • Slovic, P., Finucane, M. L., Peters, E., & MacGregor, D. G. (2007). The affect heuristic. European Journal of Operational Research, 177(3), 1333–1352. https://doi.org/10.1016/j.ejor.2005.04.006

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale:

7-point Likert scale (typically 1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree, or 1 = Not at all to 7 = Very much / Completely)

Appraisal and Expression of Emotion (AEE):

  1. I am usually aware of the emotions I am experiencing when shopping or making purchasing decisions.
  2. When considering a product, I can easily recognize what feelings are being evoked.
  3. I can accurately identify whether an advertisement is making me feel happy, excited, or anxious.
  4. I can readily communicate and express how I feel about products or retail services.
  5. I am sensitive to the emotional tone conveyed in retail environments and customer service interactions.

Use of Emotion to Facilitate Thought (UEF):

  1. My emotional reactions to products help me focus my attention on what is truly important.
  2. I use my emotional feelings to help guide and evaluate my purchase choices.
  3. Experiencing strong emotions during shopping helps me think more creatively about potential solutions to my needs.
  4. My feelings provide useful information that aids my shopping decisions.

Understanding and Analyzing Emotion (UAE):

  1. I understand why my feelings about certain brands or products change over time.
  2. I recognize how subtle differences in my mood can influence my consumer choices.
  3. I understand how feelings like excitement or regret transition into other emotions after a purchase.
  4. I can identify the specific reasons why a particular shopping experience made me frustrated or satisfied.
  5. I know what causes my emotions to shift from positive to negative when evaluating competing brands.

Reflective Regulation of Emotion (RRE):

  1. When I feel overwhelmed or impulsive while shopping, I can calm myself down to make a rational choice.
  2. I can effectively control negative feelings (such as anger or impatience) when dealing with difficult customer service situations.
  3. I know how to regulate my mood so that excitement doesn’t lead to unplanned or regretful purchases.
  4. I am able to manage my emotions to maintain a positive and pleasant shopping experience.
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Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle d’intelligence émotionnelle du consommateur (CEIS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-intelligence-emotionnelle-consommateur-ceis/
Looti, Mohammed. “Échelle d’intelligence émotionnelle du consommateur (CEIS).” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-intelligence-emotionnelle-consommateur-ceis/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’intelligence émotionnelle du consommateur (CEIS).” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-intelligence-emotionnelle-consommateur-ceis/.