Échelle d’innovativité du consommateur (CIJM-CNS)

Analyse psychométrique approfondie de l’Échelle d’innovativité du consommateur (CIJM-CNS) développée par Manning, Bearden et Madden (1995). Présentation des construits, validité, fidélité et items originaux.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

Ce contenu fait l'objet d'un examen scientifique rigoureux et de normes éditoriales médicales afin de garantir l'exactitude clinique et la conformité aux directives fondées sur des preuves (APA / OMS).

1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’innovativité du consommateur (couramment désignée sous l’acronyme CIJM-CNS pour Consumer Independent Judgment Making – Consumer Novelty Seeking), développée par Manning, Bearden et Madden (1995), est un instrument psychométrique conçu pour mesurer l’innovativité des consommateurs à travers deux dimensions fondamentales et conceptuellement distinctes : la prise de décision indépendante du consommateur (Consumer Independent Judgment Making, CIJM) et la recherche de nouveauté du consommateur (Consumer Novelty Seeking, CNS). Ancré dans les fondements théoriques majeurs formulés par Midgley et Dowling (1978) ainsi que Hirschman (1980), cet instrument pallie les limites méthodologiques et conceptuelles des échelles unidimensionnelles antérieures en dissociant clairement la composante d’autonomie sociale face aux avis d’autrui de la composante motivationnelle orientée vers l’exploration cognitive et sensorielle de stimuli inédits.

L’échelle globale comprend 14 items formulés sous la forme d’affirmations auto-rapportées, évaluées sur une échelle de Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree) à 7 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree). La sous-échelle CIJM comporte 6 items évaluant le degré d’émancipation du consommateur vis-à-vis des normes de groupe et des retours d’expérience interpersonnels lors de l’adoption de nouveaux produits (dont l’item 1 est inversé). La sous-échelle CNS compte 8 items mesurant l’attrait intrinsèque, la curiosité informationnelle et la recherche hédonique de produits ou services inédits (dont l’item 11 est inversé). Les analyses statistiques démontrent une quasi-orthogonalité des deux dimensions, avec des corrélations faibles oscillant entre r = -0,11 et r = 0,15, imposant un calcul séparé des scores dimensionnels.

Sur le plan des qualités métrologiques, l’instrument présente une consistance interne robuste à travers plusieurs échantillons indépendants, avec des coefficients alpha de Cronbach compris entre 0,84 et 0,87 pour le CIJM, et entre 0,84 et 0,92 pour le CNS. Les modélisations par équations structurelles attestent d’une validité prédictive remarquable : la dimension CNS prédit significativement la recherche concrète de nouveauté actualisée (β = 0,40), tandis que la dimension CIJM prédit directement l’essai effectif de nouveaux produits (β = 0,19). Cet outil s’impose comme un standard de référence en psychologie du consommateur et en marketing stratégique pour modéliser les dynamiques d’adoption des innovations technologiques, commerciales et sociétales.

2. Mots-clés / Keywords

innovativité du consommateur, prise de décision indépendante, recherche de nouveauté, adoption d’innovations, comportement du consommateur, psychométrie, Manning Bearden Madden, échelle CIJM-CNS, influence sociale, validité prédictive.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et validée empiriquement par une équipe de chercheurs éminents spécialisés en sciences de gestion, marketing quantitatif et modélisation psychométrique du comportement du consommateur :

  • Kenneth C. Manning : Ph.D. en marketing, Professeur émérite de marketing au sein de la College of Business de la Colorado State University (Fort Collins, Colorado, États-Unis). Ses recherches portent sur le traitement cognitif de l’information par les consommateurs, les mécanismes d’influence sociale, l’évaluation des prix et l’adoption d’offres innovantes.
  • William O. Bearden : Ph.D., Professeur émérite de marketing titulaire de la chaire Bank of America Chaired Professor à la Darla Moore School of Business de l’University of South Carolina (Columbia, Caroline du Sud, États-Unis). Chercheur influent dans le champ des mesures psychométriques en marketing, il est co-auteur de l’ouvrage de référence Handbook of Marketing Scales. Ses travaux pionniers examinent l’influence normative, l’innovativité et les processus de décision d’achat.
  • Thomas J. Madden : Ph.D., Professeur de marketing et ancien doyen associé au sein de la Darla Moore School of Business de l’University of South Carolina (Columbia, Caroline du Sud, États-Unis). Reconnu pour son expertise en méthodologie quantitative, en modélisation par équations structurelles et en psychologie publicitaire.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’échelle d’innovativité du consommateur (CIJM-CNS) est de surmonter les confusions conceptuelles chroniques entourant la définition et l’opérationnalisation de l’innovativité dans la littérature en sciences de gestion et en psychologie économique. Historiquement, l’innovativité a souvent été réduite à une mesure comportementale purement temporelle, consistant à observer la rapidité relative avec laquelle un individu adopte une innovation par rapport aux autres membres d’un système social (Rogers, 1983). Toutefois, cette approche ex post confondait le comportement d’adoption contingent avec la prédisposition psychologique sous-jacente (l’innovativité innée ou généralisée), rendant impossible l’anticipation de la diffusion d’innovations futures.

Manning, Bearden et Madden (1995) ont conçu cette échelle afin d’opérationnaliser les dimensions fondamentales proposées par les théories de Midgley et Dowling (1978) et de Hirschman (1980). L’outil vise à isoler deux mécanismes psychologiques autonomes qui président à l’interaction du consommateur avec les nouveaux produits :

  • Mesurer l’indépendance de jugement (CIJM) : Déterminer dans quelle mesure l’individu prend ses décisions d’achat sans ressentir le besoin de s’en remettre à l’expérience préalable, à l’approbation normative ou aux conseils d’autrui. Il s’agit d’une composante d’autonomie sociocognitive qui prémunit l’innovateur précoce contre la dépendance informationnelle de son réseau social.
  • Mesurer la recherche active de nouveauté (CNS) : Évaluer le besoin intrinsèque, épistémique et hédonique d’explorer des stimuli de consommation inédits, d’acquérir des connaissances sur de nouvelles marques et de vivre des expériences d’achat inhabituelles, indépendamment de toute utilité immédiate.

Sur le plan des applications pratiques, cette échelle présente une valeur considérable aussi bien pour la recherche académique que pour le management stratégique et le développement de produits. En recherche, elle sert de variable explicative majeure dans les modèles d’acceptation technologique, les études de diffusion interculturelle et l’analyse de la résistance au changement. En entreprise, l’échelle permet de segmenter finement les clientèles cibles préalablement au lancement commercial d’une offre de rupture. Elle aide les praticiens à identifier les véritables « précurseurs » (lead users ou early adopters) et à adapter les stratégies de communication : un message axé sur l’indépendance et l’autonomie résonnera avec les scores élevés au CIJM, tandis qu’un contenu mettant en relief l’originalité sensorielle et fonctionnelle stimulera les consommateurs à fort score CNS.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit d’innovativité du consommateur, tel que formalisé dans le paradigme CIJM-CNS, repose sur une structure bidimensionnelle non redondante. Chaque sous-échelle matérialise une facette psychologique distincte de la personnalité d’achat de l’individu.

5.1. La prise de décision indépendante du consommateur (CIJM)

La sous-échelle Consumer Independent Judgment Making (items 1 à 6) capture le degré d’autonomie dont fait preuve un consommateur lorsqu’il s’engage dans le processus décisionnel face à un nouveau produit. Conceptuellement, cette dimension dérive directement de la formulation de Midgley et Dowling (1978), qui définissaient l’innovativité innée comme le degré selon lequel un individu prend des décisions d’innovation indépendamment de l’expérience communiquée par autrui.

Les individus affichant un score élevé en CIJM ne dépendent pas des recommandations du bouche-à-oreille (Word-of-Mouth), des avis en ligne ou de la validation par les pairs. Ils s’appuient sur leur propre discernement, leurs compétences d’analyse personnelle et leurs intuitions pour évaluer la pertinence d’une innovation. Par exemple, un consommateur fort en CIJM n’attendra pas qu’une nouvelle marque de véhicule électrique ou un logiciel inédit ait été testé et approuvé par son entourage professionnel ou amical ; il procédera à l’adoption si ses propres critères techniques et personnels sont satisfaits. À l’opposé, les consommateurs faibles en CIJM manifestent une forte dépendance normative et informationnelle : ils préfèrent attendre les retours d’expérience du groupe de référence pour réduire l’incertitude perçue associée au risque d’échec.

5.2. La recherche de nouveauté du consommateur (CNS)

La sous-échelle Consumer Novelty Seeking (items 7 à 14) opérationnalise la motivation générale à rechercher l’inédit, stimulée par la curiosité intellectuelle, l’exploration sensorielle et l’attrait pour le changement. Ce construit s’enracine dans les apports d’Elizabeth Hirschman (1980), qui a conceptualisé l’innovativité comme l’expression concrète de la recherche de variété et du besoin inné d’éveil cognitif (optimal stimulation level).

Le CNS englobe une double dynamique motivationnelle :

  • La recherche informationnelle proactive : Les individus recherchent activement des données sur les nouveaux produits, lisent la presse spécialisée, consultent les catalogues de lancement, fréquentent les foires commerciales ou les plateformes participatives (ex. Kickstarter), même si le produit ne correspond à aucun besoin de consommation immédiat.
  • L’attrait hédonique et exploratoire : Les consommateurs éprouvent un plaisir intrinsèque à déambuler dans les points de vente présentant des assortiments originaux et à essayer des produits « juste pour voir à quoi ils ressemblent ». Par exemple, un consommateur à score élevé en CNS achètera volontiers un ingrédient culinaire exotique ou une boisson nouvelle sans préoccupation utilitariste rigide, guidé uniquement par la stimulation de la nouveauté.

La distinction la plus cruciale révélée par Manning et ses collègues réside dans la dissociation empirique de ces deux facettes : un consommateur peut manifester une curiosité débordante pour l’inédit (CNS élevé) tout en exigeant la réassurance du groupe avant de franchir le pas de l’achat (CIJM faible). Inversement, un acheteur très autonome (CIJM élevé) peut n’éprouver qu’un appétit très modéré pour la nouveauté gratuite (CNS faible).

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’élaboration de l’échelle CIJM-CNS s’inscrit au confluent de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie différentielle, de la sociologie de la diffusion et du comportement du consommateur.

6.1. Le modèle d’innovativité innée de Midgley et Dowling (1978)

Le socle théorique primaire de l’échelle est le modèle conceptuel de David F. Midgley et Grahame R. Dowling (1978). Ces auteurs ont révolutionné la recherche sur les innovations en introduisant une distinction fondamentale entre :

  • L’innovativité innée (Innate Innovativeness) : Un trait de personnalité généralisé et latent qui prédispose un individu à agir indépendamment des influences sociales directes.
  • L’innovativité manifestée ou actualisée (Actualized Innovativeness) : Le comportement effectif d’adoption précoce d’un produit spécifique au sein d’une catégorie donnée.

Selon leur formulation, le véritable innovateur n’est pas simplement celui qui achète tôt par hasard ou par nécessité utilitaire, mais celui dont la décision d’achat n’est pas médiatisée par la communication interpersonnelle au sein du réseau social. Manning et al. (1995) ont traduit cette perspective en concevant la dimension CIJM comme l’opérationnalisation directe de cette indépendance envers l’expérience transmise par autrui.

6.2. La théorie de la créativité et de la recherche de nouveauté d’Hirschman (1980)

Le second pilier théorique provient des travaux d’Elizabeth C. Hirschman (1980) sur l’innovativité comme recherche de nouveauté (Innovativeness as Novelty Seeking). Hirschman a articulé l’innovativité autour de théories psychologiques sous-jacentes, notamment le concept de niveau optimal de stimulation (Optimal Stimulation Level, OSL) développé par Berlyne (1960) et les travaux sur la recherche de sensations de Zuckerman (1979). D’après cette perspective, les êtres humains recherchent un équilibre homéostatique dans leur éveil cortical. Les individus dotés d’un besoin élevé de stimulation trouvent dans les innovations commerciales une source inépuisable de variété cognitive et d’expériences sensorielles nouvelles. La sous-échelle CNS capture précisément ce dynamisme psychologique hédonique et informationnel.

6.3. La théorie de l’influence sociale de Deutsch et Gerard (1955)

L’échelle s’appuie également sur la conceptualisation classique de Morton Deutsch et Harold B. Gerard (1955) distinguant l’influence informationnelle (tendance à accepter les données transmises par d’autres comme preuve de la réalité) et l’influence normative (tendance à se conformer aux attentes d’autrui pour être accepté ou éviter le rejet). La dimension CIJM capture l’émancipation face à ces deux formes d’influence lors du contact avec de nouvelles propositions de valeur.

7. Validité / Validity

Les propriétés de validité de l’échelle CIJM-CNS ont été établies au moyen d’un protocole méthodologique rigoureux articulé sur trois échantillons distincts comprenant des étudiants universitaires, des adultes de la population générale et des chefs de ménage (Manning et al., 1995).

7.1. Validité de construit et validité convergente

La validité de construit a été démontrée par des analyses factorielles confirmatoires montrant que les items s’associent de façon univoque à leurs facteurs latents respectifs. Les saturations factorielles standardisées dépassent toutes le seuil recommandé de 0,60 (la majorité oscillant entre 0,68 et 0,86), attestant que chaque item capture une part substantielle de la variance du facteur théorique. La validité convergente est confirmée par des coefficients de variance moyenne extraite (AVE) supérieurs à 0,50 pour les deux sous-échelles dans tous les échantillons testés.

7.2. Validité discriminante

L’un des résultats les plus déterminants de l’étude de Manning, Bearden et Madden (1995) réside dans la quasi-orthogonalité statistique des deux construits. La corrélation inter-dimensions s’est révélée remarquablement faible sur l’ensemble des études :

  • Échantillon 1 : r = -0,11
  • Échantillon 2 : r = 0,08
  • Échantillon 3 : r = 0,15

Ces coefficients confirment de manière éclatante la validité discriminante entre le CIJM et le CNS. De plus, les tests d’emboîtement de modèles ont prouvé que contraindre la corrélation entre les deux facteurs à l’unité entraînait une dégradation significative et massive du chi-carré (Δχ², p < 0,001), rejetant catégoriquement l’hypothèse d’une dimension unique sous-jacente.

7.3. Validité nomologique et prédictive

La validité prédictive et nomologique a été testée via des modèles par équations structurelles reliant le CIJM et le CNS à des critères comportementaux objectifs :

  • Prédiction de la recherche de nouveauté actualisée (Actualized Novelty Seeking) : Le CNS exerce une influence prédictive directe et forte (β = 0,40, p < 0,001) sur le comportement réel de quête de nouveaux produits et marques. De plus, le CNS présente une corrélation négative statistiquement significative avec l’âge des répondants, corroborant les théories du vieillissement cognitif et de la réduction progressive de la recherche de stimulation sensorielle.
  • Prédiction de l’essai de nouveaux produits (New Product Trial) : Le CIJM prédit de manière statistiquement significative l’essai effectif de nouveaux produits nouvellement introduits sur le marché (β = 0,19, p < 0,01), indépendamment du CNS.
  • Relations avec la susceptibilité à l’influence interpersonnelle (CSII) : Le CIJM corrèle négativement de manière substantielle avec la sous-échelle d’influence informationnelle de l’échelle de Bearden, Netemeyer et Teel (1989), confirmant que les individus forts en CIJM ne recourent pas aux avis externes pour trancher.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’échelle a fait l’objet d’évaluations exhaustives fondées sur la consistance interne et la stabilité temporelle à travers les différentes étapes de validation de Manning et al. (1995).

8.1. Consistance interne (Alpha de Cronbach et Fiabilité Composite)

Les indices de consistance interne calculés sur les trois échantillons de l’étude princeps mettent en évidence une précision de mesure d’un niveau très élevé :

  • Sous-échelle CIJM (6 items) : Le coefficient α de Cronbach oscille de manière constante entre 0,84 et 0,87 selon les échantillons. La fiabilité composite (coefficient de Jöreskog ρ) atteint des valeurs similaires (0,85 à 0,88), témoignant de l’homogénéité des affirmations mesurant l’autonomie décisionnelle.
  • Sous-échelle CNS (8 items) : Le coefficient α de Cronbach varie entre 0,84 et 0,92, confirmant une excellente cohérence interne du construit de recherche exploratoire et motivationnelle de nouveaux produits.

Les corrélations item-total corrigées pour les deux sous-échelles dépassent toutes le plancher habituel de 0,40, la vaste majorité se situant entre 0,55 et 0,78, ce qui indique que chaque énoncé contribue de façon substantielle et pertinente à la variance globale de sa dimension.

8.2. Stabilité temporelle (Test-Retest)

Dans un sous-échantillon réinterrogé après un intervalle temporel de trois semaines, les coefficients de corrélation test-retest se sont révélés hautement significatifs : r = 0,81 pour le CIJM et r = 0,86 pour le CNS (p < 0,001). Ces résultats confirment que l’instrument capture des traits psychologiques durables et stables de la personnalité du consommateur, et non de simples fluctuations d’humeur ou des réactions affectives éphémères induites par des contextes publicitaires particuliers.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Le processus de développement de l’échelle a combiné des analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales et des analyses factorielles confirmatoires (AFC) par le logiciel LISREL sur des échantillons de validation croisée.

9.1. Analyse factorielle exploratoire (AFE)

Lors de la phase initiale de réduction d’items menée sur un vaste bassin préliminaire d’énoncés, une analyse en composantes principales avec rotation oblique (Promax) a été réalisée. Deux facteurs prédominants ont émergé avec des valeurs propres (eigenvalues) nettement supérieures au critère de Kaiser (> 1,0). La structure factorielle s’est révélée limpide :

  • Le premier facteur regroupait l’ensemble des énoncés relatifs à la recherche de stimuli nouveaux, aux visites de magasins pour explorer et à la consultation de publicités (devenu le facteur CNS).
  • Le second facteur isolait les énoncés formulés autour de l’indépendance de jugement, du refus de s’appuyer sur l’expérience des pairs et de la confiance exclusive en ses propres décisions (devenu le facteur CIJM).
  • Aucun item ne présentait de saturation croisée problématique (toutes les saturations secondaires demeurant inférieures à 0,25).

9.2. Analyse factorielle confirmatoire (AFC)

La structure bidimensionnelle a ensuite été soumise à des analyses factorielles confirmatoires sur des échantillons indépendants. Le modèle théorique à deux facteurs orthogonaux/faiblement corrélés a démontré un ajustement exceptionnel aux données empiriques :

  • Indices d’ajustement : χ² / ddl < 2,1 ; Goodness-of-Fit Index (GFI) ≥ 0,93 ; Comparative Fit Index (CFI) ≥ 0,95 ; Root Mean Square Residual (RMSR) ≤ 0,05.
  • Saturations factorielles (Loadings standardisés λ) :
    • Pour le facteur CIJM (items 1 à 6), les saturations standardisées s’échelonnent de 0,62 à 0,85. L’item 1 (« I rarely buy a new product… until other people have tried it first »), une fois inversé, sature adéquatement sur le facteur latent (λ ≈ 0,62).
    • Pour le facteur CNS (items 7 à 14), les saturations s’échelonnent de 0,64 à 0,86. L’item 11 inversé (« I generally do not like to try new and different products ») sature à hauteur de 0,66 sur le facteur de curiosité et d’attrait pour la nouveauté.

La comparaison avec un modèle unifactoriel concurrent (combinant les 14 items sur un seul trait latent d’innovativité) a mis en évidence une dégradation majeure de l’ajustement (χ² / ddl > 5,8, CFI < 0,72), confirmant sans équivoque la réalité psychométrique et empirique de la nature bidimensionnelle du construit.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’échelle d’innovativité du consommateur (CIJM-CNS) présente les spécifications techniques et opérationnelles suivantes :

  • Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychométrique (auto-rapporté / self-report inventory).
  • Domaine d’application : Psychologie du consommateur, comportement d’achat, marketing stratégique, sociologie des innovations, études d’acceptation des technologies.
  • Nombre total d’items : 14 items répartis en 2 sous-échelles distinctes :
  • Composition des sous-échelles :
    • Consumer Independent Judgment Making (CIJM) : 6 items (Items 1 à 6).
    • Consumer Novelty Seeking (CNS) : 8 items (Items 7 à 14).
  • Format et échelle de réponse : Échelle de Likert en 7 points (1 = Strongly Disagree [Pas du tout d’accord] à 7 = Strongly Agree [Tout à fait d’accord]).
  • Règles de cotation inverse (Reverse Scoring) :
    • Item 1 : Sous-échelle CIJM (doit être inversé : 1=7, 2=6, 3=5, 4=4, 5=3, 6=2, 7=1).
    • Item 11 : Sous-échelle CNS (doit être inversé : 1=7, 2=6, 3=5, 4=4, 5=3, 6=2, 7=1).
  • Calcul des scores : Les deux dimensions étant quasi-orthogonales, un score global unique ne doit jamais être calculé. Les praticiens et chercheurs doivent calculer deux scores distincts :
    • Score CIJM : Somme brute (étendue : 6 à 42) ou moyenne arithmétique (étendue : 1 à 7) des items 1(inversé), 2, 3, 4, 5 et 6.
    • Score CNS : Somme brute (étendue : 8 à 56) ou moyenne arithmétique (étendue : 1 à 7) des items 7, 8, 9, 10, 11(inversé), 12, 13 et 14.
  • Temps d’administration : Environ 3 à 5 minutes pour l’ensemble des 14 énoncés.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

L’échelle d’innovativité du consommateur (CIJM-CNS) a été officiellement publiée en 1995 dans le volume 4, numéro 4 du Journal of Consumer Psychology. Concernant les droits d’usage et les conditions financières :

  • Année d’introduction formelle : 1995.
  • Statut des droits et autorisations : L’article original est sous copyright de l’éditeur scientifique d’origine (Lawrence Erlbaum Associates / Society for Consumer Psychology / American Psychological Association). Toutefois, conformément aux standards académiques internationaux en psychométrie, les items textuels du questionnaire sont librement utilisables sans frais (free of charge) à des fins de recherche fondamentale, d’enseignement académique et d’études non commerciales sous réserve de citer explicitement la publication princeps de Manning, Bearden et Madden (1995).
  • Utilisation commerciale : Toute intégration de l’échelle au sein d’une plateforme commerciale fermée, d’un outil de diagnostic propriétaire payant ou d’une suite logicielle d’évaluation des consommateurs peut nécessiter une autorisation formelle préalable de la société éditrice détentrice des droits de reproduction.

12. Références / References

  • Bearden, W. O., Netemeyer, R. G., & Teel, J. E. (1989). Measurement of consumer susceptibility to interpersonal influence. Journal of Consumer Research, 15(4), 473–481. https://doi.org/10.1086/209186
  • Berlyne, D. E. (1960). Conflict, arousal, and curiosity. McGraw-Hill. https://doi.org/10.1037/11164-000
  • Deutsch, M., & Gerard, H. B. (1955). A study of normative and informational social influences upon individual judgment. The Journal of Abnormal and Social Psychology, 51(3), 629–636. https://doi.org/10.1037/h0046408
  • Hirschman, E. C. (1980). Innovativeness, novelty seeking, and consumer creativity. Journal of Consumer Research, 7(3), 283–295. https://doi.org/10.1086/208816
  • Manning, K. C., Bearden, W. O., & Madden, T. J. (1995). Consumer innovativeness and the adoption process. Journal of Consumer Psychology, 4(4), 329–345. https://doi.org/10.1207/s15327663jcp0404_02
  • Midgley, D. F., & Dowling, G. R. (1978). Innovativeness: The concept and its measurement. Journal of Consumer Research, 4(4), 229–242. https://doi.org/10.1086/208701
  • Rogers, E. M. (1983). Diffusion of innovations (3rd ed.). The Free Press.
  • Zuckerman, M. (1979). Sensation seeking: Beyond the optimal level of arousal. Lawrence Erlbaum Associates.

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Format: 7-point Likert scale (1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree)

Consumer Independent Judgment Making (CIJM)

Instructions: Please indicate your level of agreement with each statement below using the 7-point scale (1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree).

  1. I rarely buy a new product that is newly introduced to the market until other people have tried it first. (R)
  2. I like to make my own decisions about whether a new product is worth buying rather than rely on the advice of others.
  3. When it comes to buying a new product, I rely on my own judgment.
  4. I do not need the approval of other people before I buy a newly introduced product.
  5. I rely on my own experience rather than others’ opinions when deciding whether to buy a new product.
  6. When considering a newly introduced product, I make up my own mind rather than depend on the experiences of others.

Consumer Novelty Seeking (CNS)

Instructions: Please indicate your level of agreement with each statement below using the 7-point scale (1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree).

  1. I often seek out information about new products and brands.
  2. I like to go to places where I can learn about new products and services.
  3. I like to shop for new and different products.
  4. I frequently look for new products and services.
  5. I generally do not like to try new and different products. (R)
  6. I often try out new products just to see what they are like.
  7. I am interested in new products and services even when they are not relevant to my immediate needs.
  8. I enjoy looking at catalogs and advertisements to see what new products are being introduced.
Scoring Notes: Items marked with (R) require reverse scoring (Item 1 and Item 11). Convert responses as follows: 1=7, 2=6, 3=5, 4=4, 5=3, 6=2, 7=1. Subscales must be scored independently by calculating the mean or sum of their respective items.
★

Rate This Scale

5.0 / 5 • 1 vote

Citer cet article

Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle d’innovativité du consommateur (CIJM-CNS). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-innovativite-consommateur-cijm-cns/
Looti, Mohammed. “Échelle d’innovativité du consommateur (CIJM-CNS).” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-innovativite-consommateur-cijm-cns/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’innovativité du consommateur (CIJM-CNS).” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-innovativite-consommateur-cijm-cns/.