1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’innovativité cognitive et sensorielle (Cognitive and Sensory Innovativeness Scale, ou CI-SI), développée par Meera P. Venkatraman et Linda L. Price en 1990, constitue un instrument psychométrique de référence conçu pour opérationnaliser et distinguer deux orientations fondamentales de l’innovativité individuelle : l’innovativité cognitive et l’innovativité sensorielle. Ancrée conceptuellement dans les travaux pionniers de Pearson (1970) relatifs à l’échelle d’expérience de la nouveauté (Novelty Experiencing Scale), la CI-SI postule que l’attrait pour la nouveauté ne relève pas d’une disposition unitaire, mais procède de motivations différenciées selon la nature interne ou externe des stimulations recherchées.
L’instrument se compose de 16 items mesurés sur une échelle de Likert en 7 points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » à 7 = « Fortement d’accord »). Il se subdivise en deux sous-échelles orthogonales de 8 items chacune. L’innovativité cognitive évalue la propension à rechercher des stimuli nouveaux mobilisant la réflexion intellectuelle, la résolution de problèmes et les cadres conceptuels complexes. L’innovativité sensorielle mesure quant à elle l’appétence pour des expériences nouvelles stimulants les sens physiques, l’excitation corporelle, l’aventure et la prise de risque hédonique. Au sein de chaque sous-échelle, quatre items capturent des expériences internes (auto-réflexives ou introspectives) et quatre items ciblent des comportements externes concrets.
Sur le plan des propriétés psychométriques, la CI-SI présente une consistance interne satisfaisante mais modérée, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,64 et 0,73, une amplitude représentative de l’étendue conceptuelle et de la diversité des facettes sous-jacentes. La validité convergente et discriminante est étayée par des corrélations distinctives : l’innovativité cognitive est corrélée positivement avec le besoin de cognition ($r = 0{,}26$) et le niveau d’instruction, tandis que l’innovativité sensorielle est fortement associée à la recherche de sensations et d’activation ($r = 0{,}41$) ainsi qu’à l’impulsivité ($r = 0{,}22$), tout en affichant des niveaux plus élevés chez les hommes. L’outil s’avère hautement prédictif de l’adoption de produits et d’innovations technologiques, culturelles ou de loisirs dans le champ de la psychologie du consommateur.
2. Mots-clés / Keywords
innovativité cognitive, innovativité sensorielle, échelle CI-SI, adoption d’innovations, comportement du consommateur, recherche de nouveauté, besoin de cognition, recherche de sensations, psychométrie, Venkatraman et Price
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et validée scientifiquement par :
- Meera P. Venkatraman : Ph.D. en marketing, professeure émérite à la Sawyer Business School, Suffolk University, Boston, Massachusetts, États-Unis. Spécialiste du comportement du consommateur, de la gestion de l’innovation et des processus d’adoption technologique.
- Linda L. Price : Ph.D. en administration des affaires, professeure émérite de marketing à l’Eller College of Management, University of Arizona, Tucson, Arizona, États-Unis (précédemment affiliée à l’University of Houston et à l’University of South Florida). Chercheuse internationalement reconnue pour ses travaux sur la culture de consommation, le comportement exploratoire et les dynamiques de réseau social dans la diffusion des innovations.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la CI-SI est de déconstruire le postulat traditionnel selon lequel l’innovativité globale d’un individu s’expliquerait par un trait de personnalité indifférencié. Historiquement, les modèles de diffusion des innovations (par exemple ceux d’Everett Rogers) traitaient les innovateurs comme un groupe homogène caractérisé par une propension précoce à adopter de nouveaux produits, services ou idées. Or, les recherches en sciences comportementales ont révélé des anomalies empiriques récurrentes : certains consommateurs adoptent immédiatement des technologies logicielles abstraites sans manifester le moindre intérêt pour des activités de plein air aventureuses, tandis que d’autres recherchent activement de nouvelles saveurs gastronomiques ou des sports extrêmes tout en rejetant les innovations intellectuelles complexes.
Venkatraman et Price (1990) ont formalisé la CI-SI afin d’expliquer et de prédire précisément ces bifurcations décisionnelles. L’échelle a pour dessein d’isoler la source primaire d’excitation recherchée face à un stimulus novateur. Sur le plan théorique, l’instrument répond au besoin de cartographier la structure sous-jacente du traitement de l’information et de la régulation de l’affect :
- Identifier si un individu est motivé par la résolution de tensions épistémiques (curiosité cognitive, satisfaction dérivée de l’effort intellectuel).
- Identifier si un individu est motivé par la modification de son état physiologique ou sensoriel (recherche d’activation corporelle, goût pour le risque, sensations perceptives inédites).
Dans le domaine de la recherche fondamentale et appliquée en marketing, la CI-SI sert à calibrer les stratégies de segmentation de marché, de positionnement de produit et de conception publicitaire. Les messages orientés vers les bénéfices fonctionnels, l’architecture technique et la stimulation intellectuelle résonnent préférentiellement auprès des innovateurs cognitifs. À l’inverse, les campagnes axées sur l’imagerie émotionnelle vive, le dynamisme sensoriel, le plaisir viscéral et la vivacité kinesthésique séduisent les innovateurs sensoriels. Dans le champ de la psychologie différentielle et organisationnelle, l’outil permet également d’évaluer l’adéquation individu-environnement (person-environment fit) en milieu professionnel, notamment lors de l’intégration d’outils technologiques complexes ou de restructurations créatives.
5. Construit psychologique / Construct
L’innovativité, au sens psychologique large, renvoie au degré auquel un individu adopte la nouveauté de manière relativement précoce par rapport aux autres membres de son système social. Au sein de la CI-SI, ce macro-construit est raffiné en deux dimensions majeures, elles-mêmes stratifiées selon le lieu de la manifestation de l’expérience (interne versus externe).
L’innovativité cognitive (Cognitive Innovativeness)
L’innovativité cognitive reflète une disposition durable à rechercher et à valoriser des expériences inédites qui mobilisent la pensée abstraite, la curiosité intellectuelle et l’effort mental. L’innovateur cognitif est intrinsèquement motivé par la découverte de structures logiques, l’analyse critique de théories et la compréhension de systèmes complexes. Ce construit s’articule autour de deux niveaux d’opérationnalisation :
- Expériences cognitives internes : Activités auto-réflexives et contemplatives où l’individu explore de nouvelles idées dans son for intérieur, prend plaisir à méditer sur des enjeux philosophiques, réexamine ses représentations mentales ou résout mentalement des énigmes complexes.
- Comportements cognitifs externes : Actions observables tournées vers l’environnement intellectuel, telles que la lecture d’ouvrages exigeants, la participation active à des débats d’idées ou la recherche de sources documentaires novatrices.
L’innovativité sensorielle (Sensory Innovativeness)
L’innovativité sensorielle se définit comme la propension à s’engager dans des expériences nouvelles qui stimulent directement les organes des sens et génèrent une excitation corporelle ou viscérale. L’individu à score élevé recherche des variations perceptuelles intenses touchant la vue, l’ouïe, le goût, l’odorat et les sensations kinesthésiques. Ce construit se structure également selon deux axes :
- Expériences sensorielles internes : Réceptivité phénoménologique aux sensations physiques nouvelles, jouissance gustative lors de la dégustation d’aliments inhabituels ou immersion perceptive dans des ambiances sensorielles denses.
- Comportements sensoriels externes : Participation effective à des activités physiques palpitantes, fréquentation délibérée de lieux effervescents et bruyants, pratique de sports extrêmes ou prise de risques physiques au nom de l’aventure.
Les deux dimensions sont conceptuellement indépendantes : un individu peut présenter un profil doublement élevé (innovateur intégral), doublement faible (conservateur adaptatif), ou polarisé (cognitif pur ou sensoriel pur). Cette typologie quadratique permet de dépasser les simplifications linéaires de la diffusion des innovations.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de l’échelle CI-SI s’appuie sur une convergence de plusieurs théories majeures de la psychologie de la motivation, de l’activation et de la personnalité :
L’échelle d’expérience de la nouveauté de Pearson (1970)
Le socle architectural direct de la CI-SI provient de la Novelty Experiencing Scale (NES) de P. H. Pearson. Pearson avait postulé que la recherche de nouveauté n’est pas un besoin monolithique mais s’organise selon un croisement 2×2 impliquant la modalité du stimulus (cognitif versus sensoriel) et le locus d’expérience (interne versus externe). Venkatraman et Price ont adapté cette conceptualisation psychologique fondamentale aux contextes décisionnels contemporains, en élaguant les items obsolètes et en ajustant le formalisme psychométrique pour les sciences du comportement.
La théorie du niveau d’éveil optimal (Optimal Arousal Theory)
Formulée initialement par Daniel Berlyne (1960) et développée par des théoriciens du comportement exploratoire comme Hirschman (1980), cette perspective stipule que les organismes cherchent à maintenir leur niveau d’activation physiologique (arousal) à un seuil optimal agréable. Lorsque l’environnement devient monotone, l’individu déclenche des comportements exploratoires pour élever son niveau d’éveil. L’apport théorique de Venkatraman et Price réside dans la démonstration que les individus utilisent des vecteurs fondamentalement distincts pour restaurer cet éveil : certains recourent à des énigmes cognitives et des restructurations conceptuelles, tandis que d’autres sollicitent des chocs sensoriels et des défis moteurs.
La recherche de sensations et le besoin de cognition
La CI-SI s’inscrit au carrefour de deux traditions psychométriques établies :
- La Recherche de sensations (Sensation Seeking) de Marvin Zuckerman (1979), qui conceptualise le besoin de sensations variées, nouvelles et complexes, ainsi que la disposition à prendre des risques physiques et sociaux. L’innovativité sensorielle de la CI-SI est le prolongement direct de ce courant.
- Le Besoin de cognition (Need for Cognition) développé par John Cacioppo et Richard Petty (1982), qui mesure la tendance stable d’un individu à s’engager dans des activités intellectuelles exigeantes et à y prendre du plaisir. L’innovativité cognitive formalise la transposition de cette disposition dans le domaine de l’exploration de la nouveauté.
7. Validité / Validity
La validité de construit de la CI-SI a été rigoureusement examinée lors de l’étude princeps de Venkatraman et Price (1990) ainsi que dans des réplications ultérieures menées en Amérique du Nord et en Europe.
Validité convergente
Les données psychométriques confirment des corrélations différenciées et théoriquement attendues avec des construits établis :
- L’innovativité cognitive présente une corrélation positive et statistiquement significative avec le besoin de cognition ($r = 0{,}26, p < 0{,}01$). Elle est également positivement corrélée avec le niveau d'éducation formelle, corroborant l'hypothèse selon laquelle les environnements éducatifs enrichis renforcent les habitudes d'exploration épistémique.
- L’innovativité sensorielle démontre une forte corrélation convergente avec la tendance à la recherche d’activation (arousal-seeking tendency, $r = 0{,}41, p < 0{,}001$) et a\vec l’impulsivité trait ($r = 0{,}22, p < 0{,}01$). Des différences intergroupes cohérentes émergent, les hommes affichant en moyenne des scores d'innovativité sensorielle significativement plus élevés que les femmes.
Validité discriminante
L’orthogonalité relative des deux sous-échelles atteste d’une excellente validité discriminante. La corrélation inter-échelles entre innovativité cognitive et innovativité sensorielle demeure faible à modérée selon les échantillons (variant généralement entre $r = 0{,}05$ et $r = 0{,}20$, non significative ou marginalement significative), confirmant qu’il s’agit de deux dimensions conceptuellement autonomes et non des pôles opposés d’un même continuum.
Validité prédictive et nomologique
La force cardinale de la CI-SI réside dans sa capacité à prédire l’adoption différentielle de catégories d’innovations réelles :
- L’innovativité cognitive prédit de manière univoque l’intérêt précoce et l’achat de produits à haute composante technologique, fonctionnelle ou informatique (par exemple, micro-ordinateurs, logiciels de productivité, services financiers innovants).
- L’innovativité sensorielle prédit quant à elle l’adoption de produits récréatifs, esthétiques ou physiques (équipements sportifs de haute performance, nouvelles cuisines exotiques, cinémas immersifs, destinations touristiques aventureuses).
8. Fidélité / Reliability
La fidélité de l’échelle CI-SI a fait l’objet d’évaluations méthodologiques précises. Dans l’étude inaugurale de Venkatraman et Price (1990), les coefficients de cohérence interne (alpha de Cronbach) se distribuent comme suit :
- Sous-échelle d’innovativité cognitive : $\alpha = 0{,}64$ à $0{,}73$ selon les vagues d’échantillonnage.
- Sous-échelle d’innovativité sensorielle : $\alpha = 0{,}68$ à $0{,}72$.
Bien que ces valeurs se situent dans une plage modérée au regard des critères stricts de la psychométrie clinique ($lpha > 0{,}80$), les auteurs soulignent que cette magnitude est théoriquement cohérente avec la nature composite du construit. En intégrant volontairement 4 items d’expériences internes et 4 items d’expériences externes au sein d’une échelle concise de 8 items, la CI-SI privilégie la couverture du domaine conceptuel (bandwidth) par rapport à une redondance sémantique étroite (fidelity). Réduire la diversité des facettes internes et externes aurait mécaniquement gonflé le coefficient alpha, mais au détriment de la validité écologique de l’instrument.
La fidélité test-retest à moyen terme (intervalle de 4 à 6 semaines) démontre des coefficients de stabilité temporelle supérieurs à $0{,}75$, attestant que les scores reflètent des traits de personnalité dispositionnels stables plutôt que des fluctuations d’états d’humeur transitoires.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
Lors de la phase de conception empirique, les 16 items ont été soumis à des analyses factorielles exploratoires (AFE) utilisant l’extraction en composantes principales suivie d’une rotation varimax, complétées ultérieurement par des modélisations en équations structurelles via l’analyse factorielle confirmatoire (AFC).
Structure factorielle exploratoire
L’analyse en facteurs communs révèle systématiquement l’émergence de deux facteurs prépondérants correspondant fidèlement aux dimensions théoriques postulées :
- Facteur 1 (Innovativité sensorielle) : Regroupe les items 9 à 16. Les saturations factorielles de ces items oscillent entre $0{,}52$ et $0{,}78$ sur leur facteur de référence, sans saturation croisée majeure sur le second facteur ($< 0{,}25$).
- Facteur 2 (Innovativité cognitive) : Regroupe les items 1 à 8. Les saturations s’échelonnent entre $0{,}48$ et $0{,}74$ sur le facteur cognitif, confirmant la distinction nette entre les sphères de stimulation.
Modélisation confirmatoire
L’évaluation par AFC d’un modèle bifactoriel orthogonal versus corrélé démontre l’adéquation supérieure d’une structure à deux facteurs par rapport à un modèle unidimensionnel unifié. Les indices d’ajustement globaux répertoriés dans la littérature contemporaine présentent un ratio $\chi^2/dl$ acceptable ($< 2{,}5$), un indice de comparaison de Bentler (CFI) avoisinant$0{,}91$ à $0{,}93$, et une erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) comprise entre $0{,}055$ et $0{,}068$. Bien que les sous-facettes « interne » et « externe » soient détectables sous forme de facteurs de second ordre, l’utilisation des deux scores dimensionnels agrégés reste la pratique standard recommandée.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Nom complet de l’instrument : Échelle d’innovativité cognitive et sensorielle (Cognitive and Sensory Innovativeness Scale – CI-SI)
- Type d’évaluation : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (self-report inventory)
- Format d’administration : Papier-crayon, passation informatisée en ligne ou intégration dans des protocoles d’enquêtes comportementales
- Nombre total d’items : 16 items
- Sous-échelle Innovativité cognitive : 8 items (items 1 à 8)
- Sous-échelle Innovativité sensorielle : 8 items (items 9 à 16)
- Format des réponses : Échelle de Likert en 7 points : 1 = « Strongly disagree » (Fortement en désaccord) à 7 = « Strongly agree » (Fortement d’accord)
- Règles de cotation et calcul des scores :
- Aucun item n’est inversé (aucun recodage requis).
- Les deux sous-échelles doivent impérativement être calculées et interprétées de manière séparée.
- Le score d’innovativité cognitive est obtenu en calculant la moyenne arithmétique (ou la somme, de 8 à 56) des items 1 à 8.
- Le score d’innovativité sensorielle est obtenu en calculant la moyenne arithmétique (ou la somme, de 8 à 56) des items 9 à 16.
- Un score global unique ne doit pas être calculé, car il masquerait la nature bidimensionnelle du profil individuel.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication initiale : 1990
- Référence de première parution : Journal of Business Research, 20(4), pages 293–315.
- Statut des droits et conditions d’accès : L’échelle est disponible dans le domaine académique public à des fins d’enseignement et de recherche non commerciale. Aucune redevance financière n’est exigée pour son utilisation dans des projets scientifiques universitaires.
- Obligation de citation : L’utilisation de l’instrument requiert la citation formelle de l’article princeps de Venkatraman et Price (1990). Pour toute exploitation commerciale ou intégration dans des outils propriétaires de conseil, les autorisations d’usage doivent être vérifiées auprès de l’éditeur du journal (Elsevier).
12. Références / References
Les sources académiques fondant la structure, la validation et l’application de la CI-SI comprennent :
- Berlyne, D. E. (1960). Conflict, arousal, and curiosity. McGraw-Hill. https://doi.org/10.1037/11164-000
- Cacioppo, J. T., & Petty, R. E. (1982). The need for cognition. Journal of Personality and Social Psychology, 42(1), 116–131. https://doi.org/10.1037/0022-3514.42.1.116
- Hirschman, E. C. (1980). Innovativeness, novelty seeking, and consumer creativity. Journal of Consumer Research, 7(3), 283–295. https://doi.org/10.1086/208816
- Pearson, P. H. (1970). Relationships between global appraisal of novelty and tests of novelty seeking. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 34(2), 199–204. https://doi.org/10.1037/h0029013
- Venkatraman, M. P., & Price, L. L. (1990). Differentiating between cognitive and sensory innovativeness: Concepts, measurement, and implications. Journal of Business Research, 20(4), 293–315. https://doi.org/10.1016/0148-2963(90)90008-2
- Zuckerman, M. (1979). Sensation seeking: Beyond the optimal level of arousal. Lawrence Erlbaum Associates.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response format: 7-point Likert scale (1 = Strongly disagree to 7 = Strongly agree)
Cognitive Innovativeness Subscale
- I like to think about ideas that are new and different.
- I enjoy thinking about philosophical issues.
- I like finding out about new ways of looking at things.
- I enjoy trying to solve complex problems and puzzles.
- I like to read books and articles that challenge my thinking.
- I enjoy discussions about serious or intellectual topics.
- I like to explore new theories and concepts.
- I seek out activities that stimulate my mind.
Sensory Innovativeness Subscale
- I like to experience new and exciting physical sensations.
- I enjoy trying out new foods that taste unusual.
- I like to go to places where there is a lot of action and excitement.
- I enjoy engaging in activities that are physically thrilling.
- I like to be in environments with lively sights, sounds, and stimulation.
- I enjoy taking risks for the sake of adventure.
- I seek out opportunities to experience new sensory pleasures.
- I like participating in adventurous physical activities.