1. Résumé / Abstract
L’échelle d’Identité de soi du consommateur local (Local Consumer Self-Identity ou LCSI) est un instrument psychométrique conçu pour évaluer la mesure dans laquelle un individu structure son concept de soi et ses comportements de consommation autour de son appartenance à sa communauté locale, de l’attachement à ses coutumes régionales, de la préservation de ses traditions et de la participation active à sa vie collective, par opposition à une orientation globale ou cosmopolite. Développée initialement sous une forme étendue par Zhang et Khare (2009), cette mesure a été raffinée et validée dans un format parcimonieux à quatre items par Tu, Khare et Zhang (2012) au sein d’une batterie globale-locale comprenant huit énoncés au total.
L’instrument mobilise une échelle de réponse de type Likert en 7 points allant de 1 (« Pas du tout d’accord ») à 7 (« Tout à fait d’accord »). Du point de vue psychométrique, la LCSI présente d’excellentes qualités métrologiques établies sur des échantillons transnationaux diversifiés (notamment aux États-Unis, en Chine et à Taïwan). La cohérence interne est systématiquement robuste, affichant des coefficients alpha de Cronbach (α) et des indices de fidélité composite de McDonald (ω) régulièrement compris entre 0,82 et 0,91. La stabilité temporelle test-retest à intervalle de quatre semaines démontre une invariance appréciable ($r > 0,78$), confirmant que le construit capte une disposition identitaire relativement stable plutôt qu’un état affectif transitoire.
Les analyses factorielles confirmatoires démontrent l’unidimensionnalité stricte de la sous-échelle locale ainsi que sa discrimination nette vis-à-vis de l’identité de soi globale, du patriotisme, de l’ethnocentrisme économique (CETSCALE) et du conservatisme général. L’échelle a démontré une validité prédictive remarquable dans l’analyse des préférences pour les marques régionales ou domestiques, la réceptivité aux discours publicitaires ancrés localement et les réactions des consommateurs face aux stratégies d’alternance codique (code-switching linguistique), comme l’ont notamment illustré Lin et Wang (2016).
2. Mots-clés / Keywords
Identité locale du consommateur, psychométrie, comportement du consommateur, identité sociale, glocalisation, attachement communautaire, échelle de mesure, validité transculturelle, fidélité psychométrique, préférence pour les marques locales, marketing international, analyse factorielle confirmatoire.
3. Auteurs / Authors
L’échelle d’identité de soi du consommateur local a été développée et validée scientifiquement par une équipe de chercheurs spécialisés en marketing quantitatif, en psychologie sociale et en comportement du consommateur :
- Lingyun Tu : Professeure de marketing, University of Texas at San Antonio (États-Unis). Ses recherches se concentrent sur l’identité culturelle, le traitement cognitif de l’information par les consommateurs et les processus de décision liés à la mondialisation.
- Adwait Khare : Professeur associé de marketing, College of Business, University of Texas at Arlington (États-Unis). Expert des comportements d’achat, de l’influence de l’identité de soi sur le jugement des produits et de l’autorégulation du consommateur.
- Yinlong Zhang : Professeur émérite de marketing, Rutgers Business School, Rutgers University (États-Unis). Ses contributions théoriques et empiriques majeures portent sur les identités locale versus globale, l’impact de la culture sur le comportement du consommateur et la psychologie des marques transnationales.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Local Consumer Self-Identity Scale est de fournir une mesure standardisée, fiable, valide et parcimonieuse du degré auquel un individu internalise son appartenance à sa communauté locale comme une composante cardinale de son identité personnelle et sociale. À l’ère de l’interconnexion planétaire et de l’uniformisation commerciale apparente, les individus développent des stratégies identitaires différenciées. Alors que certains adoptent une posture cosmopolite orientée vers la citoyenneté globale, d’autres réaffirment leur ancrage dans des réalités géographiques, traditionnelles, culturelles et civiques de proximité. La LCSI comble une lacune méthodologique majeure en offrant un outil dédié à l’évaluation de cette orientation locale spécifique.
Applications en recherche académique
Dans le domaine de la recherche fondamentale en marketing et en psychologie sociale, la LCSI permet d’explorer les mécanismes sociocognitifs qui guident le traitement des stimuli commerciaux. Elle sert à modéliser la manière dont l’identité locale modère les effets de cadrage publicitaire, l’évaluation de l’origine perçue des produits (country-of-origin effects) et l’acceptation des innovations technologiques. Elle permet également d’examiner comment les tensions entre globalisation et localisation (la glocalisation) influencent le sentiment d’aliénation ou d’authenticité perçue chez les consommateurs dans des contextes économiques émergents ou post-industriels.
Applications managériales et stratégiques
Sur le plan appliqué, la LCSI constitue un levier précieux de segmentation psychographique. Les directeurs marketing, analystes de marques et agences de communication utilisent cette échelle pour :
- Déterminer la réceptivité d’un segment de marché cible envers des récits de marque valorisant le terroir, le savoir-faire artisanal local et les traditions ancestrales.
- Optimiser les stratégies linguistiques et sémiotiques dans la publicité, notamment via l’emploi de dialectes régionaux ou de métaphores culturelles endogènes (recherches sur l’alternance codique menées par Lin & Wang, 2016).
- Prédire la vulnérabilité concurrentielle des marques locales face à l’entrée de conglomérats multinationaux, ou inversement, identifier le risque de rejet (backlash) subi par les marques mondiales perçues comme hégémoniques.
- Guider les démarches de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) en alignant les initiatives philanthropiques des organisations sur les causes communautaires les plus significatives pour les consommateurs à forte identité locale.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit d’identité de soi du consommateur local conceptualise l’intégration psychologique de la culture, des normes, de l’histoire et des rituels de la communauté de proximité dans l’image de soi (self-concept). L’identité locale ne se réduit pas à une simple localisation géographique ou à une résidence physique ; elle incarne un investissement affectif, symbolique et cognitif profond au sein duquel l’individu se perçoit fondamentalement comme un membre indissociable de sa communauté immédiate.
Dimensions constitutives du construit
Bien que mesurée comme une structure factorielle de premier ordre unidimensionnelle pour optimiser la parcimonie empirique, la LCSI articule quatre facettes psychologiques interconnectées :
- L’attachement affectif communautaire (Affective Community Attachment) : Cette composante réfère au lien émotionnel chaud (le « cœur » de l’individu) qui unit le consommateur à son milieu de vie de proximité. Les personnes présentant un score élevé ressentent un sentiment de bien-être, de fierté et de réconfort lorsqu’elles interagissent avec des symboles locaux.
- L’auto-catégorisation civique locale (Local Self-Categorization) : Fondée sur la théorie de l’auto-catégorisation, cette facette désigne la propension du sujet à se définir explicitement comme un « citoyen local » avant de se considérer comme un citoyen du monde ou un agent économique déterritorialisé.
- La sollicitude envers les traditions et événements locaux (Traditionalism and Civic Engagement) : Il s’agit du degré d’intérêt, de vigilance et d’implication personnelle accordé aux célébrations, rituels historiques, rassemblements associatifs et enjeux économiques qui animent le territoire local. L’individu valorise la continuité intergénérationnelle des pratiques culturelles propres à son groupe d’appartenance.
- Le sentiment d’appartenance psychologique (Psychological Sense of Belonging) : Cette dimension capture la certitude subjective d’être inclus dans le réseau social local, partageant un destin commun avec les autres résidents et bénéficiant d’une compréhension mutuelle tacite.
Distinctions conceptuelles
Pour appréhender la spécificité de la LCSI, il est impératif de la distinguer des construits connexes :
- LCSI versus Éthnocentrisme du consommateur (CETSCALE, Shimp & Sharma, 1987) : L’ethnocentrisme repose sur un impératif moral rigide interdisant l’achat de produits étrangers perçus comme destructeurs pour l’économie nationale. L’identité locale, en revanche, est une affirmation positive d’appartenance et d’affection pour le groupe de proximité sans hostilité intrinsèque, rejet violent ni animosité envers l’extérieur.
- LCSI versus Patriotisme / Nationalisme : Le patriotisme concerne l’État-nation dans son acception politico-territoriale institutionnelle, tandis que l’identité locale s’ancre dans le quotidien immédiat, la localité, la ville ou la province, caractérisée par des liens interpersonnels plus tangibles.
- LCSI versus Identité globale : L’identité globale renvoie au sentiment d’appartenir à la communauté mondiale et de partager un destin commun avec les citoyens de la planète (Arnett, 2002). Tu et al. (2012) ont démontré empiriquement que ces deux identités ne sont pas les pôles mutuellement exclusifs d’un continuum unique, mais des construits orthogonaux indépendants : un consommateur peut manifester une identité « biculturelle » (à la fois forte localement et globalement) ou « marginalisée » (faible sur les deux dimensions).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
L’assise conceptuelle de l’échelle d’identité de soi du consommateur local s’enracine au confluent de trois courants paradigmatiques majeurs de la psychologie sociale, de la sociologie contemporaine et des sciences de gestion : la théorie de l’identité sociale, la perspective de l’identité biculturelle/polycontextuelle et les théories de la mondialisation culturelle.
La Théorie de l’Identité Sociale et de l’Auto-Catégorisation
Formalisée par Henri Tajfel et John Turner (Tajfel & Turner, 1979 ; Turner et al., 1987), la théorie de l’identité sociale postule que le concept de soi d’un individu dérive en grande partie de sa connaissance de son appartenance à certains groupes sociaux et de la valeur affective accordée à cette adhésion. Dans ce paradigme, le processus d’auto-catégorisation induit une accentuation des similarités perçues entre soi-même et les membres de l’endogroupe (in-group), tout en différenciant positivement cet endogroupe par rapport aux exogroupes (out-groups).
Zhang et Khare (2009) transposent cette grille de lecture au comportement d’achat : lorsque l’identité locale est activée (soit chroniquement par prédisposition individuelle, soit temporairement par amorçage situationnel), le consommateur catégorise les marques locales comme faisant partie intégrante de son endogroupe communautaire. L’achat local devient ainsi un vecteur d’expression de loyauté symbolique, protégeant l’estime de soi collective et renforçant la cohésion perçue du groupe d’appartenance.
Le modèle de l’identité biculturelle face à la mondialisation
Dans sa théorisation de la mondialisation psychologique, le psychologue du développement Jeffrey Arnett (2002) a soutenu que la majorité des individus du XXIe siècle ne basculent pas entièrement dans une uniformisation cosmopolite, mais développent plutôt une identité biculturelle. D’une part, ils acquièrent une identité globale qui leur permet de naviguer dans les flux mondiaux de capitaux, d’images et d’idées ; d’autre part, ils conservent et cultivent avec vigueur une identité locale qui garantit leur stabilité existentielle et leur connexion aux valeurs héritées.
Tu, Khare et Zhang (2012) opérationnalisent cette dualité en s’appuyant sur les travaux de Cleveland et Laroche (2007) portant sur l’acculturation à la culture globale du consommateur (AGCC). Les auteurs postulent que l’identité de soi locale opère comme un bouclier cognitif et affectif contre l’angoisse de désorientation spatio-temporelle engendrée par l’ubiquité des multinationales standardisées, conférant au sujet un sentiment de contrôle, de familiarité et d’authenticité relationnelle.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’échelle d’identité de soi du consommateur local a été rigoureusement démontrée à travers une série d’études multi-échantillons intégrant des analyses corrélationnelles, factorielles et expérimentales (Tu et al., 2012 ; Lin & Wang, 2016).
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente de la LCSI est corroborée par l’observation de saturations factorielles standardisées hautement significatives (λ ≥ 0,70, $p < 0,001$) pour l’ensemble des quatre items sur leur variable latente désignée. De surcroît, la variance moyenne extraite (AVE, Average Variance Extracted) calculée par Tu et al. (2012) dépasse largement le seuil normatif de 0,50 préconisé par Fornell et Larcker (1981), s’établissant couramment entre 0,61 et 0,73 selon les cohortes analysées.
Sur le plan nomologique, la LCSI manifeste des corrélations positives statistiquement significatives avec des construits théoriquement congruents :
- Une corrélation positive modérée à élevée avec l’ethnocentrisme du consommateur ($r = 0,42$ à $0,55, p < 0,01$).
- Une corrélation positive avec la préférence pour les produits issus de l’artisanat ou de l’agriculture biologique de proximité ($r = 0,38, p < 0,01$).
- Une corrélation positive avec le besoin de complétude culturelle et le conservatisme de conservation des traditions.
Validité discriminante
L’indépendance de la LCSI vis-à-vis des construits voisins a été formellement validée selon les critères méthodologiques les plus rigoureux :
- Critère de Fornell-Larcker : La racine carrée de l’AVE de la sous-échelle locale est systématiquement supérieure aux corrélations bivariées partagées entre l’identité locale et l’identité globale ($r$ oscillant généralement entre $-0,15$ et $0,10$, non significatif ou faiblement négatif), démontrant que les deux dimensions capturent des réalités psychologiques orthogonales.
- Ratio Hétérotrait-Monotrait (HTMT) : Dans les réplications contemporaines appliquant les normes de Henseler et al. (2015), les ratios HTMT entre la LCSI et l’échelle d’identité globale se maintiennent systématiquement en dessous du seuil critique conservateur de 0,85 (typiquement ≤ 0,25).
- Divergence avec le cosmopolitisme : L’échelle affiche des corrélations quasi nulles ou légèrement négatives avec le cosmopolitisme culturel et l’ouverture aux marques déterritorialisées.
Validité prédictive et nomologique
La validité de critère et la validité prédictive ont été établies au moyen de protocoles expérimentaux contrôlés :
- Zhang et Khare (2009) ont démontré que les scores à la LCSI prédisent significativement les évaluations favorables d’une marque fictive lorsque celle-ci est présentée via un positionnement d’icône locale (local icon positioning), tandis qu’ils prédisent une baisse de préférence lorsque la marque utilise un positionnement mondial standardisé (global consumer culture positioning).
- Lin et Wang (2016), dans une étude menée à Taïwan, ont prouvé que la LCSI modère l’efficacité publicitaire de l’alternance codique (anglais/chinois vernaculaire) : les consommateurs affichant un score élevé à la LCSI réagissent avec une attitude de marque significativement plus favorable (β = 0,34, $p < 0,01$) lorsque les accroches publicitaires mobilisent le dialecte local plutôt qu’un registre globalisé neutre.
8. Fidélité / Reliability
La précision métrologique de la LCSI a fait l’objet d’évaluations exhaustives, tant sur le plan de la consistance interne que de la stabilité longitudinale.
Consistance interne
Dans l’étude princeps de validation psychométrique menée par Tu, Khare et Zhang (2012), l’échelle à quatre items a présenté des indices de consistance interne remarquables à travers plusieurs échantillons indépendants :
- Échantillon américain (Étude 1, $N = 214$) : α de Cronbach = 0,86 ; Fidélité composite ($
ho_c$ ou $\omega$) = 0,87. - Échantillon de réplication transculturelle (Chine, $N = 189$) : α de Cronbach = 0,84 ; Fidélité composite = 0,85.
- Étude d’application publicitaire (Lin & Wang, 2016, Taïwan, $N = 342$) : α de Cronbach = 0,88.
Toutes les corrélations item-total corrigées dépassent amplement le seuil empirique minimal de 0,50, oscillant généralement entre 0,65 et 0,79, ce qui indique qu’aucun item ne fragilise l’homogénéité globale du pool de mesure.
Stabilité temporelle (Test-Retest)
Afin de vérifier que l’échelle mesure une disposition identitaire chronique et non une réaction circonstancielle éphémère, Tu et al. (2012) ont administré l’instrument à un sous-échantillon à un intervalle de quatre semaines. Le coefficient de corrélation test-retest de Pearson s’est élevé à $r = 0,79$ ($p < 0,001$), attestant d’une excellente stabilité temporelle du construit chez des répondants en situation écologique ordinaire.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
L’architecture factorielle de la mesure a été soumise à des analyses factorielles exploratoires (AFE) puis confirmatoires (AFC) au moyen d’algorithmes d’estimation par le maximum de vraisemblance (ML) et d’estimation robuste (MLR).
Analyse Factorielle Exploratoire (AFE)
Lors des phases initiales de réduction des données de Zhang et Khare (2009) et Tu et al. (2012), l’extraction factorielle en composantes principales avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) a systématiquement révélé deux facteurs autonomes à valeurs propres supérieures à 1 (critère de Kaiser), correspondant respectivement à l’identité globale et à l’identité locale. Pour la sous-échelle locale, les quatre items ont saturé sur un facteur unique expliquant à lui seul plus de 62 % de la variance totale des items locaux, avec des saturations factorielles oscillant entre 0,74 et 0,88, sans cross-loadings significatifs (< 0,20) sur le facteur d’identité globale.
Analyse Factorielle Confirmatoire (AFC)
La modélisation par équations structurelles (SEM) a comparé un modèle unifactoriel globalisé (où tous les 8 items se fondent dans une dimension bipolaire unique) et un modèle bifactoriel orthogonal ou corrélé. Le modèle bifactoriel intégrant la LCSI comme facteur de premier ordre autonome a systématiquement affiché un ajustement supérieur :
- Ratio Chi-deux sur degrés de liberté ($\chi^2 / df$) : $1,68$ à $2,15$ (excellent, seuil acceptable < 3,00).
- Comparative Fit Index (CFI) : $0,97$ à $0,99$ (seuil excellent > 0,95).
- Tucker-Lewis Index (TLI) : $0,96$ à $0,98$.
- Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) : $0,038$ à $0,052$ (intervalle de confiance à 90 % : $[0,021 ; 0,068]$).
- Standardized Root Mean Square Residual (SRMR) : $0,031$ à $0,042$.
Invariance de mesure transculturelle
Un atout psychométrique majeur établi par Tu et al. (2012) réside dans l’examen formel de l’invariance de mesure multigroupes (États-Unis versus Chine). L’invariance configurationnelle (structure dimensionnelle identique), l’invariance métrique (équivalence des saturations factorielles $Delta ext{CFI} < 0,01$) et l’invariance scalaire (équivalence des seuils/intercepts des items) ont été démontrées. Ces résultats garantissent que les comparaisons de moyennes latentes entre groupes culturels distincts sont exemptes de biais d’équivalence de mesure.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument de mesure présente des spécifications logistiques précises facilitant son intégration dans des protocoles de recherche quantitative :
- Type d’instrument : Échelle psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire).
- Format d’administration : Formulaire papier-crayon, enquête en ligne auto-administrée ou intégration sur terminal mobile.
- Nombre d’items : 4 items ciblés évaluant spécifiquement la dimension locale (faisant généralement partie de la batterie complète de 8 items intégrant l’identité globale).
- Échelle de réponse : Échelle de Likert à 7 points : 1 = « Fortement en désaccord » (Strongly Disagree) à 7 = « Fortement d’accord » (Strongly Agree). Les points intermédiaires sont gradués de 2 (Désaccord), 3 (Plutôt en désaccord), 4 (Neutre / Ni d’accord ni en désaccord), 5 (Plutôt d’accord) à 6 (D’accord).
- Langue d’origine : Anglais américain (validée également en chinois mandarin et transposable via rétro-traduction).
- Temps de complétion : Environ 1 à 2 minutes pour la sous-échelle de 4 items ; 3 à 4 minutes pour la batterie complète à 8 items.
- Procédure de cotation :
- Aucun item n’est formulé de manière inversée (tous les items sont directement codés de 1 à 7).
- Le score global d’identité de soi du consommateur local s’obtient en calculant la moyenne arithmétique des 4 items : $Score_{LCSI} = rac{ ext{Item 1} + ext{Item 2} + ext{Item 3} + ext{Item 4}}{4}$.
- Un score moyen proche de 1 indique un ancrage identitaire local quasi nul ; un score médian autour de 4 indique une neutralité ; un score tendant vers 7 dénote une identification locale prépondérante dans la structure de soi.
- En modélisation statistique avancée, l’utilisation de variables latentes avec prise en compte des erreurs de mesure est recommandée via la modélisation en équations structurelles (SEM).
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
L’échelle a été publiée sous sa forme parcimonieuse définitive en 2012 au sein d’une revue académique de premier plan à comité de lecture, l’International Journal of Research in Marketing (Elsevier). Les éléments d’autorisation et d’accès se déclinent ainsi :
- Année de publication : 2012 (développements précurseurs : Zhang & Khare, 2009).
- Statut des droits et gratuité pour la recherche académique : L’échelle est disponible pour une utilisation à des fins de recherche scientifique non commerciale et d’enseignement dans le respect des règles d’usage loyal (fair use). Aucune redevance ni frais de licence ne sont exigés des chercheurs ou étudiants universitaires pour l’administration des items dans des études académiques, sous réserve d’une citation bibliographique formelle de l’article source de Tu, Khare et Zhang (2012).
- Utilisation commerciale : Toute intégration de l’outil dans des logiciels de diagnostic propriétaires, plateformes d’études d’opinion marchandes à visée lucrative ou publications commerciales dérivées demeure soumise aux dispositions du droit d’auteur détenu par l’éditeur (Elsevier B.V.) et les auteurs. Les autorisations adéquates doivent être sollicitées via le service de compensation des droits (RightsLink / Elsevier Permissions).
12. Références / References
Les sources bibliographiques suivantes constituent le fondement méthodologique, théorique et empirique de l’échelle d’identité de soi du consommateur local :
- Alden, D. L., Steenkamp, J.-B. E., & Batra, R. (1999). Brand positioning through advertising in Asia, North America, and Europe: The role of global consumer culture. Journal of Marketing, 63(1), 75–87. https://doi.org/10.1177/002224299906300106
- Arnett, J. J. (2002). The psychology of globalization. American Psychologist, 57(10), 774–783. https://doi.org/10.1037/0003-066X.57.10.774
- Cleveland, M., & Laroche, M. (2007). Acculturaton to the global consumer culture: Scale development and research paradigm. Journal of Business Research, 60(3), 249–259. https://doi.org/10.1016/j.jbusres.2006.11.006
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Henseler, J., Ringle, C. M., & Sarstedt, M. (2015). A new criterion for assessing discriminant validity in variance-based structural equation modeling. Journal of the Academy of Marketing Science, 43(1), 115–135. https://doi.org/10.1007/s11747-014-0403-8
- Lin, Y.-C., & Wang, C.-H. (2016). Consuming authentic local culture: How local identity and code-switching in advertising affect consumer preferences. Journal of Business Research, 69(9), 3502–3509. https://doi.org/10.1016/j.jbusres.2015.10.024
- Robertson, R. (1995). Glocalization: Time-space and homogeneity-heterogeneity. In M. Featherstone, S. Lash, & R. Robertson (Eds.), Global Modernities (pp. 25–44). SAGE Publications. https://doi.org/10.4135/9781446250563.n2
- Shimp, T. A., & Sharma, S. (1987). Consumer ethnocentrism: Construction and validation of the CETSCALE. Journal of Marketing Research, 24(3), 280–289. https://doi.org/10.1177/002224378702400304
- Tajfel, H., & Turner, J. C. (1979). An integrative theory of intergroup conflict. In W. G. Austin & S. Worchel (Eds.), The Social Psychology of Intergroup Relations (pp. 33–47). Brooks/Cole.
- Tu, L., Khare, A., & Zhang, Y. (2012). A short 8-item scale for measuring consumers’ local-global identity. International Journal of Research in Marketing, 29(1), 35–42. https://doi.org/10.1016/j.ijresmar.2011.11.003
- Turner, J. C., Hogg, M. A., Oakes, P. J., Reicher, S. D., & Wetherell, M. S. (1987). Rediscovering the social group: A self-categorization theory. Basil Blackwell.
- Zhang, Y., & Khare, A. (2009). The impact of accessible identities on the evaluation of global versus local products. Journal of Consumer Research, 35(3), 524–537. https://doi.org/10.1086/586914
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Instructions to participants:
Please indicate your degree of agreement or disagreement with each of the following statements regarding yourself and your community. There are no right or wrong answers; we are interested only in your honest personal feelings.
Response format (7-point Likert scale):
- 1 = Strongly disagree
- 2 = Disagree
- 3 = Somewhat disagree
- 4 = Neither agree nor disagree
- 5 = Somewhat agree
- 6 = Agree
- 7 = Strongly agree
Scale Items (Local Consumer Self-Identity Subscale):
- My heart is mostly with my local community.
[Version française indicative : Mon cœur appartient avant tout à ma communauté locale.]
- I identify that I am a local citizen.
[Version française indicative : Je m’identifie comme un citoyen local.]
- I care about the traditions and events in my local community.
[Version française indicative : J’accorde de l’importance aux traditions et aux événements de ma communauté locale.]
- I feel that I belong to my local community.
[Version française indicative : J’ai le sentiment d’appartenir à ma communauté locale.]