Échelle d’Hostilité-État – SHOS

L’Échelle d’Hostilité-État (SHOS) de Craig A. Anderson (1995) est un instrument psychométrique de référence évaluant l’affect hostile transitoire et la colère au travers de 35 items en échelle de Likert.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 14, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 14, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle d’Hostilité-État (communément désignée sous l’acronyme SHOS pour State Hostility Scale) est un instrument psychométrique auto-rapporté conçu pour évaluer l’intensité transitoire de l’affect hostile et de la colère ressentis par un individu à un moment précis. Introduite initialement dans la littérature scientifique par Craig A. Anderson, William E. Deuser et Kristina M. DeNeve en 1995 au sein de leurs travaux fondateurs sur l’agression affective et les influences environnementales (notamment les températures élevées), cette échelle opérationnalise l’état affectif hostile dans le cadre conceptuel du Modèle Général de l’Agression (General Aggression Model, GAM). Les items composant le questionnaire ont été dérivés et adaptés des travaux pionniers sur les affects induits expérimentalement menés par Marvin Zuckerman et ses collaborateurs (1964) à travers la Multiple Affect Adjective Check List (MAACL), ainsi que de l’échelle d’état-colère de Charles Spielberger et ses collègues (1983).

Dans sa version intégrale standard, l’instrument se compose de 35 items présentés aux participants sous un intitulé neutre destiné à limiter la désirabilité sociale : « Humeur Actuelle » (Current Mood). Chaque item consiste en un adjectif affectif ou une brève proposition décrivant une propension comportementale ou émotionnelle immédiate (par exemple, « I feel furious », « I feel like yelling at somebody », « I feel friendly »). Les répondants expriment leur degré d’accord sur une échelle de Likert en 5 points allant de 1 (« Fortement en désaccord ») à 5 (« Fortement d’accord »). L’échelle intègre 24 items libellés positivement vers l’hostilité et 11 items inversés reflétant des états d’amabilité, de bienveillance et de sociabilité (par exemple, « I feel good-natured », « I feel cooperative »).

Sur le plan des propriétés psychométriques, l’échelle présente une cohérence interne exceptionnelle, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant régulièrement entre .88 et .94 dans les études expérimentales. L’analyse psychométrique détaillée a mis en évidence que trois items particuliers (« willful », « tender » et « vexed ») présentent occasionnellement de faibles corrélations item-total dues à des ambiguïtés sémantiques ou lexicales chez certaines populations, justifiant leur exclusion optionnelle pour obtenir une forme robuste à 32 items. La validité de construit, convergente et discriminante a été confirmée à travers de multiples paradigmes expérimentaux portant sur l’exposition à des stimuli violents, l’induction de douleur physique, l’amorçage par la présence d’armes et l’élévation thermique.

2. Mots-clés / Keywords

Hostilité-état, affect hostile, mesure de l’agression, psychométrie, modèle général de l’agression, colère, évaluation des émotions, validité expérimentale, humeur actuelle, psychologie sociale expérimentale, échelle de Likert, Anderson.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle d’Hostilité-État a été formalisée, adaptée et validée par une équipe de chercheurs de premier plan en psychologie sociale et cognitive expérimentale :

  • Craig A. Anderson, Ph.D. : Professeur émérite distingué (Distinguished Professor) au Département de Psychologie de l’Iowa State University (Ames, Iowa, États-Unis). Chercheur de renommée mondiale sur les mécanismes de l’agression humaine, les effets des médias violents et la cognition sociale. Courriel professionnel : [email protected].
  • William E. Deuser, Ph.D. : Chercheur associé à l’époque de la publication princeps à l’Université du Missouri-Columbia (Columbia, Missouri, États-Unis), spécialisé dans la modélisation des processus cognitivo-affectifs de l’agression.
  • Kristina M. DeNeve, Ph.D. : Professeure et chercheuse associée en psychologie sociale (affiliation historique : Iowa State University et University of Missouri-Columbia), spécialiste des méthodes quantitatives et des méta-analyses appliquées aux attitudes et émotions.

L’instrument puise également ses fondements conceptuels et empiriques dans les contributions méthodologiques de Charles D. Spielberger (concepteur du State-Trait Anger Scale) et de Marvin Zuckerman (développeur de la Multiple Affect Adjective Check List).

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle d’Hostilité-État est d’opérationnaliser et de quantifier avec une extrême sensibilité les variations aiguës, immédiates et fluctuantes de l’état émotionnel hostile éprouvé par un individu. Contrairement aux outils psychométriques évaluant l’hostilité en tant que trait de personnalité stable et durable — tels que le Cook-Medley Hostility Scale ou la sous-échelle d’hostilité du questionnaire de Buss et Perry — la SHOS capture la composante réactive et situationnelle de l’affect négatif orienté vers l’animosité, l’irritation, la rancœur et la propension à l’agression verbale ou physique.

Applications en recherche expérimentale

En laboratoire de psychologie sociale et cognitive, la SHOS sert d’indicateur privilégié de la variable médiatrice affective au sein des modèles théoriques de l’agression. Elle est employée pour examiner comment divers stresseurs contextuels activent des réseaux d’affects négatifs. Parmi les paradigmes expérimentaux documentés, on recense :

  • Les conditions environnementales aversives : Analyse de l’« hypothèse de la température » (heat hypothesis), démontrant que des températures ambiantes inconfortablement chaudes élèvent directement les scores d’hostilité-état (Anderson, Deuser, & DeNeve, 1995 ; Anderson & Anderson, 1998).
  • L’exposition aux médias violents : Mesure de l’impact immédiat du visionnage de films d’action violents ou de la pratique de jeux vidéo interactifs violents sur l’émergence d’émotions hostiles (Anderson, 1997 ; Anderson & Dill, 2000).
  • L’effet des armes (weapons effect) : Évaluation de l’élévation de l’hostilité ressentie en présence d’indices environnementaux agressifs tels que des armes à feu ou des couteaux (Anderson, Anderson, & Deuser, 1996).
  • L’induction de stress et de douleur physique : Étude de la manière dont la douleur somatique non contingente (comme le test de pression à froid) interagit avec les traits d’irritabilité pour accroître l’hostilité-état (Anderson, Anderson, Dill, & Deuser, 1998).

Applications cliniques et appliquées

Bien que son usage prédominant demeure la recherche expérimentale, la SHOS présente une utilité diagnostique et évaluative substantielle dans les contextes appliqués :

  • Évaluation pré- et post-interventionnelle : Mesure de l’efficacité immédiate de protocoles de régulation émotionnelle, de séances de relaxation, de méditation pleine conscience ou de techniques de désescalade cognitive chez des populations présentant des troubles de la gestion de la colère.
  • Surveillance de la réactivité émotionnelle : Évaluation de la labilité affective chez des patients souffrant de troubles de la personnalité limite (borderline), de trouble explosif intermittent ou de stress post-traumatique, fournissant un profil dynamique de leur réactivité aux provocations interpersonnelles.
  • Psychologie du travail et des organisations : Diagnostic de l’hostilité situationnelle générée par des environnements organisationnels toxiques, des conflits interpersonnels chroniques ou des situations de négociation conflictuelle.

5. Construit psychologique / Construct

Le concept d’hostilité-état (state hostility) renvoie à un état psychologique et affectif transitoire caractérisé par des sentiments subjectifs de tension, d’irritation, de fureur, de ressentiment et d’animosité dirigée contre autrui ou contre l’environnement. Dans la typologie tripartite de l’agression proposée par Buss (1961) et affinée par Anderson et Bushman (2002), l’agression englobe trois composantes interconnectées mais conceptuellement distinctes :

  1. La composante comportementale : l’agression proprement dite (l’acte visant à infliger un dommage à un tiers motivé à l’éviter).
  2. La composante cognitive : l’hostilité cognitive (croyances cyniques, attributions d’intentions malveillantes, schémas interprétatifs hostiles).
  3. La composante affective : l’affect hostile ou la colère (l’expérience émotionnelle subjective d’activation aversive).

La SHOS cible spécifiquement cette troisième composante, tout en intégrant des impulsions d’action motrice naissantes associées à l’activation émotionnelle.

Structure conceptuelle interne de la SHOS

L’inventaire opérationnalise l’hostilité-état à travers un spectre d’expressions émotionnelles et comportementales que l’on peut synthétiser en quatre facettes interdépendantes :

  • Fureur et activation physiologique aiguë : Expérience intense d’émotions de haute intensité énergétique (« furious », « enraged », « mad », « burned up », « like I’m about to explode »). Cette facette reflète l’éveil du système nerveux sympathique accompagnant la colère.
  • Irritation et ressentiment cognitivo-affectif : Sentiments d’amertume, d’offense et de contrariété d’intensité modérée à moyenne (« aggravated », « irritated », « frustrated », « discontented », « bitter », « offended »).
  • Pulsions expressives et motrices : Urgences comportementales orientées vers la décharge motrice ou l’agression verbale (« like banging on a table », « like yelling at somebody », « like swearing », « mean », « cruel »).
  • Désactivation de la sociabilité et de l’empathie (items inversés) : L’absence d’hostilité ne se caractérise pas uniquement par un score neutre sur les affects négatifs, mais par la présence d’affects prosociaux, chaleureux et affiliatifs (« friendly », « understanding », « amiable », « cooperative », « good-natured », « sympathetic », « tame »). La cotation inversée de ces énoncés permet d’ancrer l’évaluation sur un continuum allant de la bienveillance harmonieuse à l’agressivité destructrice.

Il importe de clarifier une ambiguïté occasionnelle trouvée dans la vulgarisation numérique : l’adjectif « State » dans State Hostility Scale ne désigne en aucun cas une entité géopolitique, un pays ou un gouvernement (comme un « État souverain »). Il fait rigoureusement référence au concept méthodologique d’état (condition émotionnelle momentanée) opposé au concept de trait (disposition stable de la personnalité), conformément à la tradition psychométrique établie par Raymond Cattell et Charles Spielberger.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

Le cadre théorique au sein duquel la SHOS a été développée et appliquée repose sur deux architectures conceptuelles majeures de la psychologie sociale moderne : le Modèle Néo-Associationniste Cognitif de Leonard Berkowitz (1989, 1990) et le Modèle Général de l’Agression Affective (General Affective Aggression Model, GAAM ; Anderson, Deuser, & DeNeve, 1995 ; Lindsay & Anderson, 2000), qui a ultérieurement évolué pour former le Modèle Général de l’Agression (General Aggression Model, GAM ; Anderson & Bushman, 2002).

Le modèle néo-associationniste cognitif de Berkowitz

Selon Berkowitz, la survenue d’événements aversifs (douleur physique, chaleur accablante, frustration, odeurs nauséabondes, bruits stridents) génère automatiquement un affect négatif non différencié. Cet affect négatif active simultanément deux réseaux mnésiques et expressifs primitifs :

  • Le système de combat (fight), lié aux sentiments d’irritation, de colère, à des pensées agressives et à des réactions motrices de confrontation.
  • Le système de fuite (flight), lié aux sentiments de peur, d’anxiété et à des impulsions d’évitement.

L’intensité relative de l’activation du système de combat détermine la magnitude de l’affect hostile. La SHOS a été élaborée précisément pour mesurer cette composante d’affect hostile induite par des événements aversifs avant que des processus d’évaluation cognitive supérieure (appraisal d’ordre secondaire) ne viennent réprimer, moduler ou réinterpréter le ressenti émotionnel brut.

Le Modèle Général de l’Agression (GAM) d’Anderson

Le GAM propose une vision intégrative selon laquelle des facteurs d’entrée (inputs), composés de variables situationnelles (provocation, chaleur, présence d’armes, médias) et de variables individuelles (traits d’hostilité, croyances sur la violence, irritabilité), influencent les comportements agressifs finaux à travers leur impact sur l’état interne actuel (current internal state) de la personne. Cet état interne est constitué de trois voies médiatrices interactives :

  1. La voie affective : modifications de l’humeur, sentiments de colère et hostilité ressentie. C’est le domaine exclusif mesuré par la SHOS.
  2. La voie cognitive : accessibilité des pensées agressives, activation de scripts agressifs en mémoire à long terme (évaluée généralement par des tâches de complètement de mots ou de temps de réaction lexicale).
  3. La voie de l’éveil physiologique (arousal) : modifications de la conductance cutanée, accélération du rythme cardiaque ou pression artérielle.

Au sein du GAM, l’élévation de l’hostilité-état mesurée par la SHOS est conçue comme un puissant vecteur orientant l’évaluation cognitive immédiate vers des interprétations hostiles des comportements d’autrui, diminuant la capacité de retenue cognitive et facilitant le passage à l’acte agressif.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle d’Hostilité-État a été minutieusement documentée dans de multiples publications empiriques évaluées par des pairs.

Validité de construit et expérimentale

La validité de construit de la SHOS a été démontrée par sa sensibilité systématique aux manipulations expérimentales censées induire de l’agressivité affective. Dans l’article fondateur d’Anderson, Deuser et DeNeve (1995, Étude 1 et Étude 2), les participants exposés à des températures élevées (environ 36 °C / 97 °F) rapportaient des scores d’hostilité-état significativement plus élevés que ceux placés dans des conditions thermiques confortables (environ 23 °C / 74 °F), confirmant que l’outil capte les fluctuations fines de l’état affectif induites par des stresseurs écologiques.

De même, Anderson, Anderson et Deuser (1996) ont établi que la combinaison de températures inconfortables et de la manipulation d’armes réelles (fusils de chasse ou pistolets posés sur une table sous un prétexte expérimental) augmentait significativement les scores à la SHOS par rapport aux conditions contrôles avec des objets neutres (raquettes de tennis), apportant une preuve de validité écologique et de construit au sein du paradigme de l’effet des armes.

Validité convergente

La validité convergente de la SHOS est étayée par des corrélations fortes et significatives avec des mesures standardisées établies de l’affect négatif et de la colère :

  • Corrélation positive élevée ($r \approx .70$ à $.82$) avec la sous-échelle d’état-colère (State Anger Scale) du STAS de Spielberger (1983).
  • Corrélation positive modérée à forte ($r \approx .55$ à $.68$) avec la dimension d’affect négatif (Negative Affect) du PANAS (Watson, Clark, & Tellegen, 1988).
  • Corrélation avec les mesures physiologiques de réactivité cardiovasculaire lors d’épisodes de provocation interpersonnelle en laboratoire.

Validité discriminante

L’instrument démontre une excellente capacité à distinguer l’hostilité d’autres états affectifs négatifs non agressifs :

  • Les corrélations avec les échelles d’anxiété-état (ex. STAI de Spielberger) sont modérées ($r \approx .30$ à $.45$), ce qui indique que la SHOS ne se contente pas de mesurer une détresse globale ou un malaise indifférencié, mais isole spécifiquement la valence orientée vers la colère.
  • La SHOS montre des corrélations faibles ($r < .25$) avec les mesures de dépression-état ou de fatigue somatique.

Validité prédictive

L’hostilité-état mesurée par la SHOS s’est révélée être un prédicteur direct et statistiquement robuste des comportements agressifs ultérieurs mesurés en laboratoire. Dans les paradigmes d’agression compétitive (tels que le Competitive Reaction Time Task ou CRTT de Taylor), les participants affichant des scores élevés à la SHOS délivrent des punitions par intensité de bruit blanc (noise blasts) significativement plus longues et plus intenses à leurs opposants fictifs (Anderson & Morrow, 1995 ; Anderson & Dill, 2000).

8. Fidélité / Reliability

Les propriétés de fidélité de l’Échelle d’Hostilité-État ont fait l’objet d’analyses statistiques répétées sur des échantillons universitaires et communautaires larges.

Cohérence interne

La cohérence interne de la SHOS est remarquable. Dans la série d’études rapportée par Anderson, Deuser et DeNeve (1995), l’échelle complète à 35 items a présenté des coefficients alpha de Cronbach systématiquement compris entre $\alpha = .91$ et $\alpha = .94$. Dans les recherches ultérieures (Anderson, 1997 ; Anderson et al., 1998 ; Lindsay & Anderson, 2000), les valeurs de l’alpha se sont invariablement maintenues au-dessus du seuil psychométrique d’excellence de $.90$, oscillant généralement entre $.89$ et $.93$.

Fidélité test-retest et sensibilité au changement

En vertu de la nature même du construit d’« état », la fidélité test-retest à moyen ou long terme n’est pas un indice approprié pour juger de la qualité de la SHOS. Un instrument d’état doit par définition être hautement sensible aux variations temporelles et aux événements environnementaux immédiats. Toutefois, dans des conditions de contrôle strict sans induction expérimentale entre deux passations espacées de 15 à 30 minutes, les corrélations test-retest se situent entre $r = .75$ et $r = .84$, témoignant d’une stabilité à très court terme satisfaisante. Dès lors qu’une intervention (manipulation expérimentale ou tâche de relaxation) intervient, la corrélation chute dramatiquement, confirmant la remarquable sensibilité au changement de l’instrument.

Corrélations item-total et exclusion des items problématiques

Craig A. Anderson a documenté une mise en garde psychométrique essentielle : certains items présentent ponctuellement des corrélations item-total corrigées relativement faibles ($r < .30$). L’analyse lexicale a montré que ce phénomène découle de difficultés de compréhension linguistique ou d’archaïsmes sémantiques chez certains groupes de répondants. Sont particulièrement concernés :

  • Item 2 (« willful ») : souvent confondu entre l’affirmation de soi légitime et l’entêtement agressif.
  • Item 4 (« tender ») : terme polysémique pouvant être mal interprété selon le contexte affectif perçu.
  • Item 35 (« vexed ») : terme soutenu en anglais qui s’avère fréquemment méconnu des participants plus jeunes ou de langue maternelle non anglaise.

L’exclusion de ces trois items permet d’obtenir une version épurée à 32 items dont l’alpha de Cronbach demeure équivalent ou supérieur (souvent $\alpha ge .93$), sans aucune altération de la validité de construit de l’échelle.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

Les investigations en analyse factorielle exploratoire (AFE) et confirmatoire (AFC) de la SHOS révèlent une structure psychométrique robuste dominée par un facteur général d’affect hostile, tout en mettant en lumière des sous-dimensions sous-jacentes cohérentes.

Structure unifactorielle dominante

Lorsque l’échelle est soumise à une analyse en composantes principales (ACP) sans rotation forcée, le premier facteur extrait explique généralement entre 35 % et 45 % de la variance totale. Le diagramme d’éboulis (scree plot) de Cattell montre un coude très net après la première valeur propre (eigenvalue), ce qui légitime empiriquement le calcul d’un score composite global d’hostilité-état par sommation ou moyennage de l’ensemble des items (après inversion des items pertinents).

Modélisations factorielles multidimensionnelles

Des analyses factorielles avec rotation oblique (Promax ou Oblimin) conduites par différents groupes de recherche suggèrent que la variance résiduelle se distribue de manière cohérente en sous-dimensions spécifiques :

Facteur Dénomination conceptuelle Items exemplaires Saturations factorielles typiques
Facteur 1 Colère et fureur aiguës furious, mad, enraged, angry, burned up .68 – .84
Facteur 2 Affects prosociaux / Amabilité (inversés) friendly, amiable, good-natured, sympathetic .59 – .79
Facteur 3 Irritation et frustration aggravated, irritated, frustrated, discontented .52 – .73
Facteur 4 Pulsions d’action agressive like banging on a table, like yelling, like swearing .48 – .71

Les saturations factorielles des items problématiques identifiés par Anderson confirment les anomalies statistiques : l’item « willful » affiche fréquemment des saturations inférieures à $.30$ sur l’ensemble des facteurs, tandis que « tender » et « vexed » présentent des saturations croisées indésirables sur plusieurs dimensions.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique auto-rapporté (self-report questionnaire).
  • Intitulé de présentation (consigne masquée) : « Current Mood » (Humeur Actuelle), permettant de réduire les biais de désirabilité sociale et la focalisation excessive du participant sur la colère.
  • Nombre total d’items : 35 items dans la version intégrale standard (possibilité technique d’utiliser la version à 32 items en retirant les items 2, 4 et 35).
  • Format des réponses : Échelle de Likert ordinale en 5 points :
    • 1 = Fortement en désaccord (Strongly Disagree)
    • 2 = En désaccord (Disagree)
    • 3 = Ni en accord ni en désaccord (Neither Agree Nor Disagree)
    • 4 = D’accord (Agree)
    • 5 = Fortement d’accord (Strongly Agree)
  • Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes, rendant l’échelle optimale pour des mesures répétées au cours d’expérimentations longues.
  • Items à cotation inversée (au nombre de 11) :

    Pour les items suivants, la cotation doit être obligatoirement inversée avant le calcul du score (c’est-à-dire : $1 \rightarrow 5$, $2 \rightarrow 4$, $3 \rightarrow 3$, $4 \rightarrow 2$, $5 \rightarrow 1$) :

    tender (item 4), polite (item 6), kindly (item 11), agreeable (item 14), tame (item 18), friendly (item 20), understanding (item 21), amiable (item 22), cooperative (item 28), good-natured (item 31), sympathetic (item 34).

  • Calcul du score :
    • Score total d’hostilité-état : Somme de l’ensemble des 35 items (après inversion des 11 items prosociaux). L’étendue théorique des scores totaux s’étend de 35 à 175 points (ou de 32 à 160 points pour la forme à 32 items).
    • Score moyen d’hostilité-état : Moyenne arithmétique des items cotés (somme divisée par 35 ou 32), produisant un score d’indice compris entre 1,00 et 5,00. Un score plus élevé reflète un degré supérieur d’hostilité-état.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication princeps : 1995 (première utilisation formelle dans Anderson, Deuser, & DeNeve, 1995 ; diffusion des formulaires d’évaluation sous leur forme standardisée actualisée en août 2007).
  • Statut du droit d’auteur et licence d’utilisation : L’auteur principal, le Dr Craig A. Anderson, met gracieusement l’Échelle d’Hostilité-État à la disposition de la communauté académique internationale. Les chercheurs sont explicitement autorisés à utiliser, reproduire et administrer cet instrument sans frais financiers (free of charge) à des fins exclusives de recherche scientifique non commerciale.
  • Conditions d’utilisation imposées par l’auteur :
    1. Citer rigoureusement les publications originales dans tout rapport, article, mémoire ou présentation résultant de son utilisation (notamment Anderson, Deuser, & DeNeve, 1995).
    2. Il est vivement encouragé d’adresser une copie électronique des travaux de recherche aboutis ayant utilisé l’échelle à l’auteur à l’adresse : [email protected], ou par voie postale : Craig A. Anderson, Ph.D., Department of Psychology, Iowa State University, W112 Lagomarcino Hall, Ames, IA 50011-3180, États-Unis.
  • Accès aux documents sources : Les formulaires originaux et d’autres échelles développées par le laboratoire sont téléchargeables sur la page institutionnelle de l’Iowa State University : Site académique du Pr Craig A. Anderson.

12. Références / References

Les publications fondatrices et les études méthodologiques majeures relatives à l’Échelle d’Hostilité-État sont référencées ci-dessous selon les normes APA 7e édition :

  • Anderson, C. A. (1997). Effects of violent movies and trait irritability on hostile feelings and aggressive thoughts. Aggressive Behavior, 23(3), 161–178. https://doi.org/10.1016/B978-012278805-5/50011-9
  • Anderson, C. A., Anderson, K. B., & Deuser, W. E. (1996). Examining an affective aggression framework: Weapon and temperature effects on aggressive thoughts, affect, and attitudes. Personality and Social Psychology Bulletin, 22(4), 366–376. https://doi.org/10.1177/0146167296224004
  • Anderson, C. A., Anderson, K. B., Dorr, N., DeNeve, K. M., & Flanagan, M. (2000). Temperature and aggression. In M. P. Zanna (Ed.), Advances in Experimental Social Psychology (Vol. 32, pp. 63–133). Academic Press. https://doi.org/10.1016/S0065-2601(00)80004-0
  • Anderson, C. A., & Bushman, B. J. (2002). Human aggression. Annual Review of Psychology, 53(1), 27–51. https://doi.org/10.1146/annurev.psych.53.100901.135231
  • Anderson, C. A., Deuser, W. E., & DeNeve, K. M. (1995). Hot temperatures, hostile affect, hostile cognition, and arousal: Tests of a general model of affective aggression. Personality and Social Psychology Bulletin, 21(5), 434–448. https://doi.org/10.1177/0146167295215008
  • Anderson, C. A., & Dill, K. E. (2000). Video games and aggressive thoughts, feelings, and behavior in the laboratory and in life. Journal of Personality and Social Psychology, 78(4), 772–790. https://doi.org/10.1037/0022-3514.78.4.772
  • Anderson, C. A., & Morrow, M. (1995). Competitive aggression without interaction: Effects of competitive versus cooperative instructions on aggressive behavior in video games. Personality and Social Psychology Bulletin, 21(10), 1020–1030. https://doi.org/10.1177/01461672952110003
  • Anderson, K. B., Anderson, C. A., Dill, K. E., & Deuser, W. E. (1998). The interactive relations between trait hostility, pain, and aggressive thoughts. Aggressive Behavior, 24(3), 161–171. https://doi.org/10.1037/0033-2909.106.1.59
  • Berkowitz, L. (1990). On the formation and regulation of anger and aggression: A cognitive-neoassociationistic analysis. American Psychologist, 45(4), 494–503. https://doi.org/10.1037/0003-066X.45.4.494
  • Buss, A. H. (1961). The psychology of aggression. John Wiley & Sons. https://doi.org/10.1037/11160-000
  • Lindsay, J. J., & Anderson, C. A. (2000). From antecedent conditions to violent actions: A general affective aggression model. Personality and Social Psychology Bulletin, 26(5), 533–547. https://doi.org/10.1177/0146167200267001
  • Spielberger, C. D., Jacobs, G., Russell, S., & Crane, R. S. (1983). Assessment of anger: The State-Trait Anger Scale. In J. N. Butcher & C. D. Spielberger (Eds.), Advances in personality assessment (Vol. 2, pp. 159–187). Lawrence Erlbaum Associates.
  • Watson, D., Clark, L. A., & Tellegen, A. (1988). Development and validation of brief measures of positive and negative affect: The PANAS scales. Journal of Personality and Social Psychology, 54(6), 1063–1070. https://doi.org/10.1037/0022-3514.54.6.1063
  • Zuckerman, M., Lubin, B., Vogel, L., & Valerius, E. (1964). Measurement of experimentally induced affects. Journal of Consulting Psychology, 28(5), 418–425. https://doi.org/10.1037/h0045017

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Current Mood

Please indicate the extent to which you agree or disagree with each of the following mood statements. Use the following 5-point rating scale. Write the number corresponding to your rating on the blank line in front of each statement.

1
Strongly Disagree
2
Disagree
3
Neither Agree Nor Disagree
4
Agree
5
Strongly Agree

Note: An asterisk (*) indicates an item that needs to be reverse scored. The asterisks are not present on the scale administered to research participants.
  1. I feel furious.
  2. I feel willful.
  3. I feel aggravated.
  4. I feel tender.*
  5. I feel stormy.
  6. I feel polite.*
  7. I feel discontented.
  8. I feel like banging on a table.
  9. I feel irritated.
  10. I feel frustrated.
  11. I feel kindly.*
  12. I feel unsociable.
  13. I feel outraged.
  14. I feel agreeable.*
  15. I feel angry.
  16. I feel offended.
  17. I feel disgusted.
  18. I feel tame.*
  19. I feel like I’m about to explode.
  20. I feel friendly.*
  21. I feel understanding.*
  22. I feel amiable.*
  23. I feel mad.
  24. I feel mean.
  25. I feel bitter.
  26. I feel burned up.
  27. I feel like yelling at somebody.
  28. I feel cooperative.*
  29. I feel like swearing.
  30. I feel cruel.
  31. I feel good-natured.*
  32. I feel disagreeable.
  33. I feel enraged.
  34. I feel sympathetic.*
  35. I feel vexed.
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Looti, M. (2026, octobre 14). Échelle d’Hostilité-État – SHOS. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-hostilite-etat-shos/
Looti, Mohammed. “Échelle d’Hostilité-État – SHOS.” Base de données de psychologie en français, 14 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-hostilite-etat-shos/.
Looti, Mohammed. “Échelle d’Hostilité-État – SHOS.” Base de données de psychologie en français. octobre 14, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-hostilite-etat-shos/.