1. Résumé / Abstract
L’Échelle d’homonégativité moderne – Hommes gais (Modern Homonegativity Scale – Gay Men, MHS-G) est un instrument psychométrique développé par Melanie A. Morrison et Todd G. Morrison en 2002 afin d’évaluer les attitudes contemporaines, subtiles et rationalisées envers les hommes gais. Dans les sociétés occidentales contemporaines, l’expression directe de l’homophobie flagrante ou traditionnelle (fondée sur des croyances religieuses de péché, des conceptions psychopathologiques ou une aversion morale viscérale) a substantiellement diminué en raison de l’évolution des normes sociales d’acceptabilité et des cadres juridiques antidiscriminatoires. Cependant, les préjugés n’ont pas disparu ; ils se sont métamorphosés en formes indirectes, symboliques ou « modernes ». L’échelle MHS-G a été spécifiquement conçue pour capturer ce construit émergent, conceptualisé en miroir des théories du racisme moderne et du sexisme moderne.
L’instrument comprend 12 items administrés selon une échelle de réponse de type Likert en 5 points allant de 1 (« fortement en désaccord ») à 5 (« fortement d’accord »), avec une option médiane « ne sait pas ». L’échelle mesure des croyances selon lesquelles la discrimination envers les hommes gais appartiendrait au passé, les revendications d’égalité des droits constitueraient des exigences de privilèges indus, la visibilité publique (telle que les marches des fiertés) serait excessive ou agressive, et les gais instrumentaliseraient indûment leur orientation sexuelle. Sur le plan psychométrique, le MHS-G démontre une consistance interne robuste (coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre .82 et .91 selon les échantillons) et une structure factorielle unidimensionnelle claire validée tant par analyse factorielle exploratoire (AFE) que confirmatoire (AFC). L’échelle possède une excellente validité convergente avec le racisme moderne, l’autoritarisme de droite et la dominance sociale, ainsi qu’une validité incrémentielle établie par rapport aux échelles d’homophobie traditionnelle.
2. Mots-clés / Keywords
Homonégativité moderne, préjugés subtils, hommes gais, attitudes homophobes, psychométrie, validité de construit, racisme symbolique, sexisme moderne, orientation sexuelle, égalité des droits, Melanie A. Morrison, Todd G. Morrison.
3. Auteurs / Authors
L’échelle a été conçue et validée par :
- Melanie A. Morrison, Ph.D. : Professeure titulaire au Département de psychologie de l’Université de la Saskatchewan (Saskatoon, Saskatchewan, Canada). Ses recherches portent sur la cognition sociale appliquée, la stéréotypisation, les préjugés, la discrimination envers les minorités sexuelles et ethniques, ainsi que la validation d’instruments de mesure psychologique. Courriel : [email protected].
- Todd G. Morrison, Ph.D. : Professeur titulaire au Département de psychologie de l’Université de la Saskatchewan (Saskatoon, Saskatchewan, Canada). Expert reconnu internationalement en méthodologie quantitative, en psychométrie et dans l’étude des attitudes négatives envers les minorités sexuelles et de genre.
Adresse institutionnelle : Department of Psychology, University of Saskatchewan, 9 Campus Drive, 184 Arts Building, Saskatoon, SK, S7N 5A5, Canada.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la Modern Homonegativity Scale – Gay Men (MHS-G) est de pallier les limitations méthodologiques et conceptuelles des échelles traditionnelles mesurant l’homophobie ou l’homonégativité. Les instruments historiques développés dans les années 1970 et 1980 — tels que l’Attitudes Toward Lesbians and Gay Men Scale (ATLG) de Gregory Herek ou l’Index of Homophobia (IHP) de Hudson et Ricketts — mesurent principalement ce que les chercheurs appellent l’« homonégativité ancienne » ou « traditionnelle » (old-fashioned homonegativity). Cette forme traditionnelle repose sur des croyances explicites d’immoralité, d’anormalité psychologique, de perversion, d’aberration biologique ou de condamnation religieuse.
Toutefois, sous l’influence des changements législatifs (dépénalisation, lois sur les droits de la personne, reconnaissance des unions civiles et du mariage) et de l’avènement d’une norme sociale répressive à l’égard de l’intolérance flagrante, l’adhésion publique à ces énoncés extrêmes a considérablement décliné dans de nombreux contextes géographiques. Cette transition normative a provoqué de sévères effets de plancher (floor effects) sur les échelles classiques, les répondants hésitant à exprimer une aversion manifeste ou n’adhérant plus aux dogmes archaïques de la déviance pathologique.
Malgré ce déclin de l’intolérance brute, les discriminations institutionnelles, interpersonnelles et systémiques persistent. Morrison et Morrison (2002) ont développé la MHS-G pour mesurer la nouvelle configuration idéologique par laquelle l’animosité envers les hommes gais est formulée non pas en termes de déviance intrinsèque, mais en termes de griefs sociopolitiques et de jugements normatifs. L’échelle vise à évaluer les croyances suivantes :
- La conviction que la discrimination envers les hommes gais n’existe plus ou est grandement exagérée par la communauté gay elle-même.
- Le ressentiment face aux revendications politiques, perçues non comme une quête d’égalité fondamentale mais comme une recherche illégitime de privilèges spéciaux.
- L’irritation face à la visibilité culturelle et identitaire des hommes gais (marches des fiertés, études universitaires gais et lesbiennes, présence médiatique), assimilée à une imposition forcée (« shoving lifestyle down throats »).
- L’injonction faite aux minorités sexuelles de cesser de « se plaindre » et d’assimiler les codes hétéronormatifs dominants.
Dans les contextes de recherche en psychologie sociale et politique, la MHS-G permet de prédire les attitudes envers les politiques publiques pro-LGBTQ+, le vote sur les droits civils, l’attribution des subventions publiques aux associations communautaires, ainsi que les micro-agressions interpersonnelles au sein du milieu professionnel ou universitaire.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit mesuré par la MHS-G est l’homonégativité moderne (modern homonegativity), définie comme un ensemble d’attitudes négatives à l’égard des hommes gais ancrées dans des justifications abstraites, universalistes et pseudo-égalitaires plutôt que dans une animosité biologique ou religieuse directe. Ce construit se structure autour de quatre dimensions thématiques interdépendantes, consolidées dans un facteur général d’hostilité rationalisée :
1. Le déni de la discrimination continue (Denial of Ongoing Discrimination)
Cette composante postule que la société a atteint un état d’équité parfaite et que les hommes gais ne font plus face à des désavantages structurels significatifs. Tout discours évoquant l’hétérosexisme, la victimisation ou l’iniquité est dès lors perçu comme anachronique ou manipulatoire. Les items inversés de l’échelle (ex. : l’affirmation que les gais n’ont pas encore tous les droits dont ils ont besoin ou doivent encore manifester) mesurent directement la reconnaissance versus le déni de cette réalité systémique.
2. L’antagonisme face aux revendications d’égalité (Antagonism Toward Equal Rights Demands)
Les individus adhérant à l’homonégativité moderne requalifient les revendications de droits civiques et d’équité en demandes de « privilèges spéciaux » (special privileges). Les militants sont dépeints comme étant excessivement confrontants, intransigeants ou déraisonnables. L’item 1 (« Many gay men use their sexual orientation so that they can obtain special privileges ») et l’item 12 (« Gay men have become far too confrontational in their demand for equal rights ») incarnent ce construit, en inversant la dynamique oppresseur/opprimé pour présenter le groupe majoritaire comme la victime d’un groupe minoritaire exigeant et agressif.
3. Le rejet de la visibilité et de la culture gaie (Resentment of Gay Culture and Visibility)
Cette dimension capture l’exigence d’invisibilité publique imposée aux hommes gais. L’homosexualité est tolérée à condition absolue qu’elle demeure strictement confinée à la sphère privée. Toute manifestation publique d’affirmation communautaire — qu’il s’agisse de la Gay Pride (item 5) ou de programmes d’études universitaires consacrés aux minorités sexuelles (item 4) — est jugée ridicule, superflue ou provocatrice. L’expression de l’identité gaie est alors interprétée comme un refus d’assimilation et une focalisation excessive sur les différences au détriment des ressemblances avec les hétérosexuels (item 2).
4. L’injonction à l’assimilation et le grief d’imposition (Assimilationist Expectations & Complaint Fatigue)
Cette composante reflète l’agacement des membres du groupe majoritaire face aux discours dénonçant l’homophobie. On intime aux hommes gais l’ordre de « passer à autre chose » (simply get on with their lives, item 10) et de cesser d’imposer leur « mode de vie » à autrui (item 7). Les ressources publiques octroyées à des organismes communautaires gais sont également remises en question, particulièrement sous un argumentaire d’austérité budgétaire (item 11).
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le cadre théorique de la MHS-G découle directement des travaux sur les préjugés contemporains en psychologie sociale, et plus particulièrement des modèles du racisme symbolique (Kinder & Sears, 1981), du racisme moderne (McConahay, 1986) et du sexisme moderne (Swim, Aikin, Hall, & Hunter, 1995).
La transition des préjugés : de l’ancien au moderne
Selon McConahay (1986), l’apparition des formes modernes de préjugés résulte d’un conflit entre deux forces psychologiques et culturelles : d’une part, l’intériorisation des normes démocratiques d’égalitarisme et de justice sociale interdisant l’expression d’une haine explicite ; d’autre part, des sentiments résiduels négatifs, des stéréotypes intériorisés et une anxiété intergroupe envers la minorité. Pour résoudre cette dissonance cognitive sans violer leur auto-image d’individus tolérants et impartiaux, les personnes adoptent des croyances idéologiques qui rationalisent leur opposition aux avancées des minorités.
Morrison et Morrison (2002) ont transposé cette architecture conceptuelle aux minorités sexuelles. L’homonégativité traditionnelle reposait sur une condamnation morale absolutiste (fondée sur la Bible ou la nosologie psychiatrique historique classant l’homosexualité comme maladie mentale jusqu’en 1973 dans le DSM-II). L’homonégativité moderne, à l’inverse, opère sous le couvert de valeurs hégémoniques légitimes telles que le mérite individuel, l’universalisme abstrait et l’équité procédurale :
- L’individualisme abstrait et le mérite : Les revendications des minorités sont perçues comme violant l’éthique de travail individuelle et l’égalité des chances, les programmes spécifiques d’équité étant étiquetés comme des « privilèges non mérités ».
- La distinction endogroupe/exogroupe : Le groupe majoritaire (hétérosexuel) projette sur le groupe minoritaire la responsabilité des tensions sociales, reprochant aux hommes gais de créer des divisions en insistant sur leur spécificité culturelle.
- L’évitement de l’auto-étiquetage comme « homophobe » : Les individus obtenant des scores élevés à l’échelle MHS-G ne se considèrent généralement pas comme homophobes. Ils estiment sincèrement ne nourrir aucune haine envers les homosexuels en tant qu’individus, mais rejettent ce qu’ils qualifient de « lobby gay », « d’activisme agressif » ou « d’ostentation identitaire ».
7. Validité / Validity
Les propriétés de validité de la MHS-G ont été documentées de façon extensive à travers de multiples investigations psychométriques menées au Canada, aux États-Unis, en Europe et dans divers pays anglo-saxons.
Validité de construit et convergente
Dans l’étude princeps de Morrison et Morrison (2002), la MHS-G a démontré une forte validité convergente avec les mesures d’idéologies autoritaires et de préjugés généralisés :
- Corrélation avec l’homonégativité traditionnelle : Des corrélations positives modérées à fortes (généralement comprises entre r = .50 et r = .70) sont observées avec l’échelle d’homonégativité traditionnelle (Old-Fashioned Homonegativity Scale, O-HS) ou l’échelle ATLG d’Herek. Cette corrélation substantielle mais non unitaire confirme que l’homonégativité moderne et l’homonégativité traditionnelle partagent un noyau d’animosité commune, tout en constituant des construits distincts.
- Corrélation avec l’autoritarisme de droite (RWA) : Conformément aux théories d’Altemeyer (1996), les scores au MHS-G sont positivement corrélés avec le RWA (r variant typiquement de .45 à .60). Les individus soucieux de conformisme social et d’adhésion aux normes traditionnelles manifestent une plus forte réticence envers les comportements non hétéronormatifs.
- Corrélation avec l’orientation vers la dominance sociale (SDO) : L’approbation des hiérarchies de groupe et de l’inégalité sociétale (Pratto et al., 1994) est positivement reliée au MHS-G (r ≈ .35 à .50).
- Préjugés croisés : La MHS-G corrèle positivement avec le racisme moderne (r ≈ .40 à .55) et le sexisme moderne (r ≈ .45 à .60), appuyant l’hypothèse d’une matrice idéologique sous-jacente de « préjugé généralisé » (generalized prejudice).
Validité discriminante
La validité discriminante a été confirmée en démontrant que le MHS-G n’est pas un simple artefact de la désirabilité sociale. Les corrélations entre la MHS-G et l’échelle de désirabilité sociale de Marlowe-Crowne sont quasi nulles ou négligeables (r variant typiquement entre -.05 et -.14, non significatif), ce qui atteste que les répondants expriment leurs attitudes subtiles sans distorsion majeure liée à l’approbation sociale immédiate.
Validité prédictive et incrémentielle
La supériorité prédictive de la MHS-G sur les échelles traditionnelles se manifeste particulièrement lorsqu’il s’agit de prédire des comportements et décisions contemporains :
- Opposition aux législations sur le mariage entre personnes de même sexe, les droits parentaux et l’adoption par les couples homosexuels.
- Refus d’allocation de budgets universitaires ou gouvernementaux à des collectifs LGBTQ+.
- Évaluation plus négative de candidats à l’embauche masculins lorsque leur orientation gaie est suggérée de manière subtile dans un curriculum vitae ou un profil simulé.
- Les analyses de régression hiérarchique ont démontré que la MHS-G prédit une part significative de variance supplémentaire (validité incrémentielle) par rapport à l’homonégativité traditionnelle pour ces variables dépendantes contemporaines.
8. Fidélité / Reliability
La fidélité psychométrique de la MHS-G a été examinée à travers l’évaluation de sa consistance interne et de sa stabilité temporelle.
Consistance interne
Dans l’échantillon d’étudiants canadiens de l’étude originale de Morrison et Morrison (2002), le coefficient alpha de Cronbach (α) s’élevait à .85 pour l’échantillon global, avec des valeurs comparables chez les répondants masculins (α = .86) et féminins (α = .83). Les études ultérieures de réplication dans des populations universitaires et générales ont rapporté des coefficients de consistance interne oscillant régulièrement entre .82 et .91 :
- Morrison et al. (2005) : α = .88 auprès d’un échantillon canadien diversifié.
- Rye et Meaney (2010) : α = .89 lors d’études comparatives sur les stéréotypes de genre.
- Les coefficients de corrélation item-total corrigés sont tous substantiels, oscillant généralement entre .40 et .72, sans qu’aucun item n’abaisse le coefficient alpha global en cas de suppression.
- Le coefficient Oméga de McDonald (ω), calculé dans des études méthodologiques plus récentes, dépasse couramment .88, confirmant l’excellente homogénéité du construit.
Stabilité temporelle (Fidélité test-retest)
Des protocoles d’administration test-retest sur un intervalle de deux à quatre semaines ont révélé des coefficients de corrélation intra-classe et de Pearson compris entre r = .81 et .88, indiquant que les attitudes mesurées par l’échelle constituent des traits ou prédispositions évaluatives stables dans le temps plutôt que des états émotionnels fluctuants.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La structure factorielle de la MHS-G a fait l’objet de rigoureuses vérifications empiriques, confirmant la pertinence de son utilisation comme score global unidimensionnel.
Analyse factorielle exploratoire (AFE)
Lors de la phase initiale de développement de l’échelle, une extraction en composantes principales (ACP) suivie d’une analyse factorielle en axes principaux (PAF) avec rotation oblique a été menée par Morrison et Morrison (2002). Les critères de Kaiser-Guttman (valeurs propres supérieures à 1.0) et l’examen du diagramme d’éboulis (scree plot) de Cattell ont mis en évidence l’émergence d’un facteur dominant unique expliquant une proportion majeure de la variance totale (dépassant fréquemment 45 % à 55 % de la variance commune). L’ensemble des 12 items présentait des saturations factorielles primaires substantielles, comprises entre .45 et .81.
Analyse factorielle confirmatoire (AFC)
Des analyses factorielles confirmatoires ont subséquemment comparé un modèle unifactoriel à des modèles multifactoriels concurrents (distinguant par exemple l’opposition aux droits, le déni de discrimination et l’aversion à la visibilité). Les résultats confirment l’adéquation satisfaisante du modèle unidimensionnel à condition de contrôler les covariances d’erreurs entre les items inversés (items 3, 6 et 9), qui partagent un effet de méthode lié à leur formulation positive envers les droits des gais :
- Indices d’ajustement typiques du modèle à un facteur :
- χ² / dl < 2.50
- CFI (Comparative Fit Index) ≥ .94
- TLI (Tucker-Lewis Index) ≥ .93
- RMSEA (Root Mean Square Error of Approximation) ≤ .06 (IC 90 % [.04, .07])
- SRMR (Standardized Root Mean Square Residual) ≤ .05
L’invariance de mesure à travers le genre des évaluateurs (hommes hétérosexuels vs. femmes hétérosexuelles) a également été établie à un niveau scalaire (invariance configurationnelle, métrique et scalaire), autorisant la comparaison directe des moyennes de groupes : les hommes manifestent de façon constante des scores moyens d’homonégativité moderne significativement plus élevés que les femmes.
10. Instrument de mesure / Instrument
- Type d’instrument : Questionnaire d’auto-évaluation psychologique (échelle d’attitude).
- Nombre d’items : 12 propositions déclaratives formulées à la troisième personne.
- Format de réponse : Échelle de type Likert en 5 points :
1 = strongly disagree(fortement en désaccord)
2 = disagree(en désaccord)
3 = don’t know(ne sait pas)
4 = agree(d’accord)
5 = strongly agree(fortement d’accord) - Items inversés : Les items 3, 6 et 9 font l’objet d’une cotation inverse (1 devient 5, 2 devient 4, 3 reste 3, 4 devient 2, 5 devient 1).
- Calcul du score : Le score total peut être calculé par la somme des 12 items (variant de 12 à 60) ou par la moyenne arithmétique de l’ensemble des items (variant de 1.0 à 5.0).
- Interprétation : Un score moyen supérieur à 3.0 indique une adhésion prédominante aux préjugés modernes à l’encontre des hommes gais. Plus le score est élevé, plus l’individu adhère à des rationalisations minimisant la discrimination et rejetant l’égalité politique et culturelle des hommes homosexuels.
- Temps de passation : Environ 3 à 5 minutes.
- Version parallèle : Il existe une version miroir conçue pour mesurer les attitudes envers les femmes lesbiennes, la Modern Homonegativity Scale – Lesbian Women (MHS-L), comportant une formulation textuelle équivalente ciblant les lesbiennes.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2002.
- Droits d’auteur et permissions : Les auteurs (Melanie A. Morrison & Todd G. Morrison) ont mis la Modern Homonegativity Scale à la disposition de la communauté scientifique internationale pour une utilisation non commerciale à des fins de recherche académique, d’évaluation institutionnelle et d’enseignement, sans exiger de redevances.
- Tarification : Accès libre et gratuit (open access for academic research). Aucuns frais d’acquisition ou de licence commerciale.
- Conditions d’utilisation : Les chercheurs souhaitant administrer le MHS-G sont tenus de citer rigoureusement l’article original de validation (Morrison & Morrison, 2002) dans toutes leurs communications scientifiques et rapports de recherche. L’adaptation culturelle ou la traduction dans une autre langue nécessite une notification aux auteurs et le respect des normes méthodologiques internationales de rétro-traduction (back-translation).
12. Références / References
Ci-dessous les publications fondamentales documentant le développement, les fondements théoriques et les propriétés psychométriques de l’échelle :
- Altemeyer, B. (1996). The authoritarian specter. Harvard University Press.
- Herek, G. M. (1988). Heterosexuals’ attitudes toward lesbians and gay men: Correlates and gender differences. The Journal of Sex Research, 25(4), 451-477. https://doi.org/10.1080/00224498809551476
- Kinder, D. R., & Sears, D. O. (1981). Prejudice and politics: Symbolic racism versus racial threats to the good life. Journal of Personality and Social Psychology, 40(3), 414-431. https://doi.org/10.1037/0022-3514.40.3.414
- McConahay, J. B. (1986). Modern racism, ambivalence, and the Modern Racism Scale. In J. F. Dovidio & S. L. Gaertner (Eds.), Prejudice, discrimination, and racism (pp. 91-125). Academic Press.
- Morrison, M. A., & Morrison, T. G. (2002). Development and validation of a scale measuring modern prejudice toward gay men and lesbian women. Journal of Homosexuality, 43(2), 15-37. https://doi.org/10.1300/J082v43n02_02
- Morrison, T. G., Kenny, P., & Harrington, A. (2005). Modern forms of prejudice: An examination of Canadian undergraduate students’ attitudes toward gay men and lesbians. The Canadian Journal of Human Sexuality, 14(3-4), 93-102.
- Morrison, T. G., Parriag, A. V., & Morrison, M. A. (1999). The psychometric properties of the Homonegativity Scale. Journal of Homosexuality, 37(4), 111-126. https://doi.org/10.1300/J082v37n04_07
- Pratto, F., Sidanius, J., Stallworth, L. M., & Malle, B. F. (1994). Social dominance orientation: A personality variable predicting social and political attitudes. Journal of Personality and Social Psychology, 67(4), 741-763. https://doi.org/10.1037/0022-3514.67.4.741
- Rye, B. J., & Meaney, G. J. (2010). The Modern Homonegativity Scale: Factor structure and sex differences. Journal of Homosexuality, 57(4), 512-530. https://doi.org/10.1080/00918361003608670
- Swim, J. K., Aikin, K. J., Hall, W. S., & Hunter, B. A. (1995). Sexism and racism: Old-fashioned and modern prejudices. Journal of Personality and Social Psychology, 68(2), 199-214. https://doi.org/10.1037/0022-3514.68.2.199
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale:
1 = strongly disagree; 2 = disagree; 3 = don’t know; 4 = agree; 5 = strongly agree
Note: * represents items to be reverse scored.
- Many gay men use their sexual orientation so that they can obtain special privileges.
- Gay men seem to focus on the ways in which they differ from heterosexuals, and ignore the ways in which they are the same.
- Gay men do not have all the rights they need.*
- The notion of universities providing students with undergraduate degrees in Gay and Lesbian Studies is ridiculous.
- Celebrations such as “Gay Pride Day” are ridiculous because they assume that an individual’s sexual orientation should constitute a source of pride.
- Gay men still need to protest for equal rights.*
- Gay men should stop shoving their lifestyle down other people’s throats.
- If gay men want to be treated like everyone else, then they need to stop making such a fuss about their sexuality/culture.
- Gay men who are “out of the closet” should be admired for their courage.*
- Gay men should stop complaining about the way they are treated in society, and simply get on with their lives.
- In today’s tough economic times, Canadians’ tax dollars shouldn’t be used to support gay men’s organizations.
- Gay men have become far too confrontational in their demand for equal rights.