1. Résumé / Abstract
L’Échelle hiérarchique de la qualité de service (Hierarchical Service Quality Scale ou HSQS), développée par Michael K. Brady et J. Joseph Cronin Jr. en 2001, constitue l’une des avancées méthodologiques et conceptuelles les plus déterminantes dans le domaine du marketing des services, de la psychologie organisationnelle et du comportement du consommateur. Face aux débats persistants opposant le paradigme nord-américain (modèle des écarts et échelle SERVQUAL de Parasuraman, Zeithaml et Berry) et le paradigme nordique (modèle technique/fonctionnel de Christian Grönroos), la HSQS propose une architecture factorielle intégrative d’ordre trois. Dans ce modèle sophistiqué, la qualité perçue globale du service se structure autour de trois dimensions primaires indispensables : la qualité des interactions (interaction quality), la qualité de l’environnement physique (physical environment quality) et la qualité du résultat (outcome quality).
Chacune de ces trois dimensions primaires est elle-même opérationnalisée par trois sous-dimensions distinctes, formant ainsi un total de neuf sous-dimensions : l’attitude, le comportement et l’expertise pour les interactions ; les conditions ambiantes, le design et les facteurs sociaux pour l’environnement physique ; le temps d’attente, les éléments tangibles et la valence émotionnelle pour le résultat. L’échelle est administrée par le biais de 30 items mesurés sur une échelle de Likert en 7 points (allant de 1 = « Fortement en désaccord » à 7 = « Fortement d’accord »), comprenant 27 items factoriels (trois items pour chacune des neuf sous-dimensions) et 3 items globaux dédiés à l’évaluation du construit de niveau supérieur.
La validation initiale du modèle a été établie sur un échantillon rigoureux de 1 133 consommateurs issus de quatre industries de services contrastées (restauration rapide, développement photographique, parcs d’attractions et nettoyage à sec). Les analyses par modélisation d’équations structurelles (SEM) et analyses factorielles confirmatoires (AFC) ont démontré des indices d’ajustement remarquables, une consistance interne élevée (coefficients alpha de Cronbach systématiquement supérieurs à 0,80), ainsi qu’une validité convergente et discriminante robuste, confirmant la supériorité de cette structure hiérarchique sur les modèles unidimensionnels ou bidimensionnels antérieurs.
2. Mots-clés / Keywords
Qualité de service perçue, échelle hiérarchique, HSQS, Brady et Cronin, SERVQUAL, modèle nordique, qualité d’interaction, environnement physique, servicescape, qualité du résultat, psychométrie, fidélité de la clientèle.
3. Auteurs / Authors
L’échelle hiérarchique de la qualité de service a été conçue et validée empiriquement par deux éminents chercheurs en sciences de gestion et marketing :
- Michael K. Brady, Ph.D. : Professeur éminent titulaire de la chaire Bob Sasser en marketing au sein du Department of Marketing du College of Business de la Florida State University (Tallahassee, Floride, États-Unis). Ses recherches portent sur le marketing des services, la psychologie de la relation client et les interactions en première ligne. (Courriel institutionnel : [email protected]).
- J. Joseph Cronin Jr., Ph.D. : Professeur émérite de marketing au sein de la Florida State University. Reconnu internationalement pour ses travaux pionniers sur la relation empirique entre la qualité de service, la satisfaction du client et la valeur perçue, notamment à travers le modèle SERVPERF.
4. Objectif / Purpose
L’objectif fondamental de la création de la Hierarchical Service Quality Scale (HSQS) réside dans la résolution d’une impasse paradigmatique et méthodologique qui a traversé la recherche marketing durant les décennies 1980 et 1990. Traditionnellement, l’évaluation de la qualité de service était scindée entre deux perspectives prédominantes mais divergentes : d’une part, l’école nord-américaine illustrée par A. Parasuraman, Valarie Zeithaml et Leonard Berry (1988), qui privilégiait le processus de délivrance du service à travers cinq dimensions (tangibilité, fiabilité, réactivité, assurance, empathie) mesurées par l’écart entre attentes et perceptions (paradigme de la disconfirmation) ; d’autre part, l’école nordique fondée par Christian Grönroos (1984), qui postulait que la qualité de service résulte de la conjonction entre une dimension technique (« ce que » le client reçoit) et une dimension fonctionnelle (« comment » le service est délivré).
Bien que ces modèles aient considérablement enrichi la littérature, les chercheurs se heurtaient à de multiples limites psychométriques et opérationnelles. L’utilisation des scores de différence (attentes moins perceptions) dans l’instrument SERVQUAL s’est révélée hautement instable sur le plan statistique, générant des problèmes de colinéarité et une faible fiabilité test-retest. De surcroît, la structure factorielle à cinq dimensions de SERVQUAL échouait fréquemment à se répliquer dans divers contextes industriels et culturels. Parallèlement, le modèle de Grönroos manquait d’une opérationnalisation standardisée et négligeait largement l’impact contextuel et spatial dans lequel la transaction de service prend place.
L’ambition de Brady et Cronin (2001) était donc de proposer un cadre unifié, robuste et transférable, capable de conceptualiser la qualité de service non pas comme une entité unidimensionnelle ou une simple agrégation de composantes plates, mais comme une structure hiérarchique multiniveau. Dans cette perspective, les clients n’évaluent pas le service à un niveau abstrait immédiat ; ils forment d’abord des perceptions distinctes sur des attributs très spécifiques et concrets (les sous-dimensions). Ces jugements locaux s’agrègent ensuite pour déterminer des dimensions primaires d’ordre supérieur (la rencontre avec le personnel, le lieu physique, le résultat obtenu), qui à leur tour influencent et définissent la perception globale de la qualité de service.
Sur le plan pratique et organisationnel, la HSQS offre aux gestionnaires un outil de diagnostic d’une finesse chirurgicale. Plutôt que de signaler une baisse vague de la « satisfaction » ou de la « qualité globale », l’instrument permet de localiser avec précision si le déficit perçu émane de l’attitude des employés (dimension interactionnelle), du confort thermique ou sonore (dimension environnementale), ou encore de la gestion subjective du temps d’attente (dimension du résultat). Cet instrument s’applique à la fois dans les audits managériaux d’entreprises privées, les enquêtes hospitalières axées sur l’expérience patient, les administrations publiques, et la recherche fondamentale en psychologie du consommateur.
5. Construit psychologique / Construct
Le construit de la qualité perçue du service, tel qu’il est formalisé dans l’échelle HSQS, représente une évaluation cognitive et affective globale portée par le consommateur sur la supériorité ou l’excellence relative d’une prestation de service. Contrairement à la satisfaction client, qui est généralement considérée comme un état émotionnel transitoire spécifique à une transaction donnée, la qualité de service est appréhendée comme une attitude cumulative et relativement stable. Brady et Cronin conceptualisent ce construit à travers une hiérarchie en trois ordres : le troisième ordre étant la qualité de service globale, le deuxième ordre étant constitué des trois dimensions primaires, et le premier ordre réunissant neuf sous-dimensions spécifiques.
Dimension primaire 1 : Qualité des interactions (Interaction Quality)
La qualité des interactions capture la dynamique interpersonnelle et communicationnelle qui se déploie entre le consommateur et le personnel de contact lors des « moments de vérité » (moments of truth). Cette dimension met en lumière le rôle central des interactions humaines dans la perception du service et se décompose en trois sous-dimensions :
- L’attitude (Attitude) : Réfère à la disposition affective, à la courtoisie, à la bienveillance et à la chaleur manifestées par les employés. Un employé affichant une écoute authentique et une orientation positive génère un climat rassurant pour le client (Items 1 à 3).
- Le comportement (Behavior) : Évalue les actions concrètes, l’agilité procédurale et la compétence opérationnelle du personnel lors de l’exécution de ses tâches. Cela englobe la capacité des employés à comprendre rapidement les besoins spécifiques et à répondre adéquatement aux requêtes (Items 4 à 6).
- L’expertise (Expertise) : Concerne le niveau perçu de connaissances professionnelles, de savoir-faire technique et d’efficacité démontrés par le personnel pour résoudre des situations complexes et guider le client avec assurance (Items 7 à 9).
Dimension primaire 2 : Qualité de l’environnement physique (Physical Environment Quality)
Inspirée des travaux fondamentaux de Mary Jo Bitner sur le concept de servicescape, cette dimension reflète l’environnement matériel dans lequel la prestation est délivrée. Dans les services où la coprésence physique est requise, le cadre spatial façonne puissamment les émotions et les attitudes des usagers. Elle comprend trois sous-dimensions :
- Les conditions ambiantes (Ambient Conditions) : Englobent les stimuli environnementaux non visuels ou atmosphériques qui affectent inconsciemment ou consciemment les organes sensoriels de l’individu, tels que la température, la qualité de l’air, le niveau sonore, la musique de fond et les odeurs ambiantes (Items 10 à 12).
- Le design et l’aménagement (Design) : Réfèrent à l’esthétique générale, à l’architecture intérieure, à la signalétique et à la fonctionnalité spatiale du lieu. Un aménagement clair et moderne facilite l’orientation et induit un sentiment de confort et de valorisation (Items 13 à 15).
- Les facteurs sociaux (Social Factors) : Évaluent l’influence exercée par les autres clients partageant l’environnement de service. Le comportement, le nombre, le profil ou les perturbations engendrées par d’autres usagers peuvent altérer ou enrichir l’expérience personnelle de consommation (Items 16 à 18).
Dimension primaire 3 : Qualité du résultat (Outcome Quality)
Correspondant à la dimension technique de Grönroos, la qualité du résultat renvoie à ce avec quoi le client quitte la prestation une fois l’acte de service accompli. Même si l’interaction a été agréable et l’environnement soigné, le client juge fondamentalement le livrable final. Cette dimension se subdivise en :
- Le temps d’attente (Waiting Time) : Mesure la perception subjective et objective de la durée écoulée avant, pendant ou après la prestation. La ponctualité, la fluidité des files d’attente et le sentiment que l’entreprise respecte le temps de l’usager constituent des critères critiques d’équité (Items 19 à 21).
- Les éléments tangibles (Tangibles) : Désignent les aspects concrets, palpables ou matériels résultant de l’exécution du service (par exemple, la propreté d’un vêtement nettoyé à sec, la qualité d’une impression photographique ou les repas servis) (Items 22 à 24).
- La valence (Valence) : Capture l’évaluation globale positive ou négative de l’expérience, reflétant si, en définitive, le résultat final a généré un ressenti favorable chez le client, indépendamment du contrôle total de l’entreprise sur tous les facteurs exogènes (Items 25 à 27).
Évaluation globale de la qualité de service
Au sommet de la pyramide factorielle, trois items synthétiques (Items 28 à 30) saisissent l’évaluation globale, holistique et abstraite que le répondant attribue au fournisseur de services, servant d’ancrage normatif pour valider le modèle d’équations structurelles d’ordre supérieur.
6. Cadre théorique / Theoretical Framework
Le développement de l’échelle HSQS s’inscrit au carrefour de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie cognitive, de la psychologie environnementale et du management des services. Brady et Cronin ont articulé leur modèle en intégrant formellement trois cadres préexistants : la typologie de Grönroos (1984), le modèle SERVQUAL de Parasuraman, Zeithaml et Berry (1988), et le modèle de l’environnement physique de Bitner (1992), tout en s’appuyant sur les travaux de Dabholkar, Thorpe et Rentz (1996) relatifs aux structures factorielles hiérarchiques appliquées au commerce de détail.
Sur le plan épistémologique, la conceptualisation hiérarchique repose sur la théorie de la catégorisation cognitive (Rosch, 1978). Selon cette perspective psychologique, les individus structurent l’information complexe en schémas cognitifs multidimensionnels et multiniveaux afin de réduire la surcharge informationnelle. Les consommateurs évaluent les attributs concrets à un niveau subordonné (par exemple, le sourire du serveur ou la propreté des sols), qui sont ensuite intégrés mentalement dans des catégories de niveau de base (les interactions, l’environnement physique, le résultat technique), pour finalement cristalliser un concept abstrait de niveau superordonné : la qualité globale du service.
Le second pilier théorique réside dans l’intégration de la psychologie environnementale via le paradigme Stimulus-Organisme-Réponse (S-O-R) initialement formalisé par Mehrabian et Russell (1974). Appliqué au marketing des services par Bitner sous le concept de servicescape, ce paradigme postule que les stimuli environnementaux (conditions ambiantes, agencement spatial, artefacts) influencent les états internes cognitifs et affectifs de l’usager (organisme), déterminant ensuite ses comportements d’approche ou d’évitement (réponse). Brady et Cronin ont opérationnalisé cette influence en formalisant la qualité de l’environnement physique comme une dimension co-égale à celle de l’interaction humaine et du résultat technique.
Enfin, le modèle intègre le rôle fondamental des modificateurs de qualité (quality modifiers). S’inspirant de SERVQUAL, Brady et Cronin ont émis l’hypothèse que la fiabilité (reliability), la réactivité (responsiveness) et l’empathie (empathy) ne sont pas nécessairement des dimensions autonomes et indépendantes, mais agissent plutôt comme des descripteurs transversaux qui qualifient chacune des sous-dimensions. Ainsi, pour chaque sous-dimension (comme l’attitude du personnel ou le temps d’attente), les items mesurent précisément la constance (fiabilité), l’adaptation (réactivité) et la prise en compte personnalisée (empathie) offerte par l’organisation.
7. Validité / Validity
La validité psychométrique de l’échelle HSQS a été soumise à des protocoles empiriques rigoureux documentés dans l’article séminal de Brady et Cronin (2001). L’étude a recueilli des données auprès de 1 133 consommateurs répartis dans quatre secteurs d’activité économique distincts : la restauration rapide (fast food, n = 289), le tirage photographique (photo developing, n = 278), les parcs d’attractions (amusement parks, n = 284) et le nettoyage à sec (dry cleaning, n = 282), assurant une grande hétérogénéité contextuelle.
Validité de construit et validité convergente
La validité convergente a été démontrée par des analyses factorielles confirmatoires (AFC) à l’aide du logiciel LISREL. Dans les quatre échantillons, toutes les saturations factorielles standardisées (λ) des items sur leurs sous-dimensions respectives se sont avérées statistiquement significatives au seuil p < 0,001, avec des valeurs oscillant généralement entre 0,72 et 0,91. De même, les liaisons structurales reliant les neuf sous-dimensions aux trois dimensions primaires, ainsi que celles reliant les trois dimensions primaires au construit de troisième ordre, présentaient des coefficients standardisés élevés (variant de 0,68 à 0,89), confirmant que chaque niveau d’agrégation capture une part substantielle de la variance de ses composantes sous-jacentes. La variance moyenne extraite (AVE, Average Variance Extracted) a systématiquement excédé le seuil canonique de 0,50 pour l’ensemble des dimensions et sous-dimensions.
Validité discriminante
La validité discriminante a été examinée selon les critères rigoureux de Fornell et Larcker (1981). Pour chaque paire de facteurs, les chercheurs ont vérifié que la racine carrée de l’AVE de chaque construit était strictement supérieure aux corrélations inter-construits correspondantes. De plus, des tests de comparaison de modèles emboîtés (modèles avec corrélation fixée à 1,0 versus modèles avec corrélation libre) ont systématiquement produit des différences de Chi-deux (Δχ²) hautement significatives (p < 0,001), prouvant que, bien qu’étroitement reliées, les neuf sous-dimensions et les trois dimensions primaires représentent des construits empiriquement distincts.
Validité prédictive et nomologique
La validité nomologique et prédictive de la HSQS a été confirmée en intégrant l’échelle dans un réseau de construits théoriquement associés : la satisfaction client, la valeur perçue et les intentions comportementales futures (recommandation et fidélité). Les résultats structurels ont révélé que la qualité globale issue du modèle de Brady et Cronin explique entre 54 % et 68 % de la variance de la satisfaction du consommateur, et prédit directement et indirectement les intentions de fidélité avec des coefficients standardisés majeurs (β > 0,60). Cette robustesse explicative surpasse celle obtenue via les modèles classiques appliqués aux mêmes échantillons.
8. Fidélité / Reliability
La consistance interne et la stabilité métrique de l’échelle hiérarchique ont fait l’objet d’évaluations exhaustives dans les divers échantillons testés. Les résultats indiquent une fiabilité psychométrique exceptionnelle, dépassant largement les standards méthodologiques recommandés par Nunnally et Bernstein (1994) :
- Consistance interne (Alpha de Cronbach) : Pour chacune des neuf sous-dimensions composées de 3 items, les coefficients alpha de Cronbach (α) rapportés par Brady et Cronin s’étendent de 0,81 à 0,94 à travers les quatre secteurs d’activité :
- Attitude : α variant de 0,84 à 0,90
- Comportement : α variant de 0,85 à 0,89
- Expertise : α variant de 0,86 à 0,92
- Conditions ambiantes : α variant de 0,81 à 0,88
- Design : α variant de 0,83 à 0,91
- Facteurs sociaux : α variant de 0,82 à 0,89
- Temps d’attente : α variant de 0,87 à 0,93
- Éléments tangibles : α variant de 0,85 à 0,91
- Valence : α variant de 0,89 à 0,94
- Fiabilité composite (Rhô de Jöreskog / Composite Reliability) : Les valeurs de fiabilité composite (CR) calculées pour les dimensions primaires de deuxième ordre (Qualité des interactions, Qualité de l’environnement physique, Qualité du résultat) oscillent entre 0,86 et 0,93, garantissant l’absence quasi-totale d’erreur de mesure aléatoire dans l’agrégation factorielle.
- Stabilité temporelle : Les études subséquentes ayant employé la HSQS dans des protocoles longitudinaux ont attesté d’une excellente fidélité test-retest à des intervalles de 2 à 4 semaines (coefficients de corrélation intraclasse ICC > 0,78), démontrant que la mesure reflète une attitude évaluative durable plutôt qu’une fluctuation émotionnelle passagère.
9. Analyse factorielle / Factor Analysis
La confirmation de l’architecture factorielle d’ordre trois constitue le cœur méthodologique de la contribution de Brady et Cronin (2001). Les auteurs ont soumis leurs données à une procédure séquentielle rigoureuse combinant analyse factorielle exploratoire (AFE) initiale et analyse factorielle confirmatoire (AFC) sous LISREL 8.
Afin de prouver la supériorité de la structure hiérarchique, les auteurs ont comparé quatre modèles concurrents à travers les quatre industries étudiées :
- Un modèle unidimensionnel où l’ensemble des items charge sur un seul facteur général.
- Un modèle à cinq dimensions orthogonales calqué sur SERVQUAL.
- Un modèle à trois dimensions obliques corrélées de premier ordre.
- Le modèle hiérarchique d’ordre trois (HSQS).
Les indices statistiques d’ajustement ont systématiquement plébiscité le modèle d’ordre trois de Brady et Cronin. Les indices rapportés sont exemplaires : le rapport Chi-deux / degrés de liberté (χ²/df) s’est situé entre 1,72 et 2,35 selon les secteurs ; l’indice de Silverman-Bollen et le Comparative Fit Index (CFI) ont affiché des valeurs comprises entre 0,95 et 0,98 ; le Tucker-Lewis Index (TLI/NNFI) a dépassé 0,94 ; et le Root Mean Square Error of Approximation (RMSEA) est demeuré inférieur au seuil critique de 0,055 (variant entre 0,041 et 0,052 avec des intervalles de confiance à 90 % très étroits).
Les saturations factorielles de premier ordre (λ) reliant chaque item à sa sous-dimension respective dépassent toutes 0,70. De plus, les coefficients γ reliant les neuf sous-dimensions aux trois dimensions primaires de deuxième ordre sont tous fortement significatifs : l’attitude (γ ≈ 0,84), le comportement (γ ≈ 0,87) et l’expertise (γ ≈ 0,81) sur la qualité des interactions ; les conditions ambiantes (γ ≈ 0,78), le design (γ ≈ 0,82) et les facteurs sociaux (γ ≈ 0,74) sur l’environnement physique ; le temps d’attente (γ ≈ 0,79), les tangibles (γ ≈ 0,85) et la valence (γ ≈ 0,89) sur la qualité du résultat. Enfin, les coefficients d’ordre supérieur reliant les trois dimensions primaires au construit ultime de qualité globale étaient tous supérieurs à 0,75, attestant de l’adéquation parfaite de cette architecture hiérarchique.
10. Instrument de mesure / Instrument
L’instrument de mesure HSQS se caractérise par une standardisation opérationnelle claire :
- Type d’instrument : Questionnaire psychométrique d’auto-évaluation (self-report questionnaire) destiné aux consommateurs, usagers ou clients d’un service.
- Nombre total d’items : 30 items.
- 27 items analytiques répartis également à raison de 3 items par sous-dimension (9 sous-dimensions au total).
- 3 items synthétiques évaluant la qualité de service globale (niveau superordonné).
- Format de réponse : Échelle de Likert en 7 points : 7-point Likert scale (1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree).
- Durée moyenne de passation : Environ 8 à 12 minutes.
- Règles de cotation et de calcul des scores :
- Aucun item n’est inversé (tous les énoncés sont orientés positivement vers une évaluation favorable).
- Scores des sous-dimensions : Moyenne arithmétique des 3 items constitutifs de chaque sous-dimension (ex. score Attitude = [Item 1 + Item 2 + Item 3] / 3).
- Scores des dimensions primaires : Calculés soit par la moyenne des scores des sous-dimensions correspondantes, soit par pondération issue de la régression structurelle :
- Qualité des interactions = Moyenne(Attitude, Comportement, Expertise).
- Qualité de l’environnement physique = Moyenne(Conditions ambiantes, Design, Facteurs sociaux).
- Qualité du résultat = Moyenne(Temps d’attente, Tangibles, Valence).
- Score global de qualité : Moyenne arithmétique des items 28, 29 et 30, ou score agrégé d’ordre trois intégrant l’ensemble des 27 items.
11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year
- Année de publication princeps : 2001.
- Statut des droits d’auteur et permissions : Les droits fondamentaux de l’article princeps sont détenus par l’American Marketing Association (AMA), éditrice du Journal of Marketing.
- Conditions d’accès et d’utilisation : L’échelle est disponible pour la recherche académique, l’enseignement universitaire et les projets scientifiques à des fins non commerciales sous réserve de citer scrupuleusement la publication originale de Brady et Cronin (2001).
- Utilisation commerciale et consulting : Toute intégration de l’instrument dans des plateformes logicielles propriétaires payantes ou dans des audits commerciaux à grande échelle peut nécessiter une autorisation formelle auprès du Copyright Clearance Center (CCC) ou de l’éditeur de l’AMA.
- Tarification : L’accès au questionnaire et à ses items dans le cadre de la recherche universitaire est entièrement gratuit via la consultation des bases de données de recherche et la littérature publiée.
12. Références / References
- Bitner, M. J. (1992). Servicescapes: The impact of physical surroundings on customers and employees. Journal of Marketing, 56(2), 57–71. https://doi.org/10.1177/002224299205600205
- Brady, M. K., & Cronin, J. J. (2001). Some new thoughts on conceptualizing perceived service quality: A hierarchical approach. Journal of Marketing, 65(3), 34–49. https://doi.org/10.1509/jmkg.65.3.34.18334
- Cronin, J. J., & Taylor, S. A. (1992). Measuring service quality: A reexamination and extension. Journal of Marketing, 56(3), 55–68. https://doi.org/10.1177/002224299205600304
- Dabholkar, P. A., Thorpe, D. I., & Rentz, J. O. (1996). A measure of service quality for retail stores: Scale development and validation. Journal of the Academy of Marketing Science, 24(1), 3–16. https://doi.org/10.1007/BF02893933
- Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
- Grönroos, C. (1984). A service quality model and its marketing implications. European Journal of Marketing, 18(4), 36–44. https://doi.org/10.1108/EUM0000000004784
- Mehrabian, A., & Russell, J. A. (1974). An approach to environmental psychology. MIT Press.
- Nunnally, J. C., & Bernstein, I. H. (1994). Psychometric theory (3rd ed.). McGraw-Hill.
- Parasuraman, A., Zeithaml, V. A., & Berry, L. L. (1988). SERVQUAL: A multiple-item scale for measuring consumer perceptions of service quality. Journal of Retailing, 64(1), 12–40.
- Rosch, E. (1978). Principles of categorization. In E. Rosch & B. B. Lloyd (Eds.), Cognition and categorization (pp. 27–48). Lawrence Erlbaum Associates.
13. Questions et items du questionnaire / Scale Items
Response Scale: 7-point Likert scale (1 = Strongly Disagree to 7 = Strongly Agree)
- You can count on the employees at [service provider] being friendly.
- The employees at [service provider] give you reason to believe that they have your best interests at heart.
- The employees at [service provider] tell you that they want to help you.
- You can count on the employees at [service provider] knowing how to do their jobs.
- The employees at [service provider] know that you rely on their knowledge to meet your needs.
- The employees at [service provider] are able to answer your questions quickly.
- You can count on the employees at [service provider] handling your transactions quickly.
- The employees at [service provider] know when you want them to act quickly.
- The employees at [service provider] are willing to adjust to make your experience convenient.
- At [service provider], you can be sure that the location/environment will be comfortable.
- [Service provider] understands that comfortable ambient conditions are important to you.
- [Service provider] takes action to make sure the environment is pleasant (e.g., temperature, music, odors).
- You can count on the facility/equipment of [service provider] being attractive.
- [Service provider] pays attention to keeping the design and layout appealing to you.
- [Service provider] keeps its facility modern and easy to navigate.
- You can count on other customers at [service provider] not making you feel uncomfortable.
- [Service provider] understands that other customers can affect your experience.
- [Service provider] responds appropriately if other patrons cause problems.
- You can count on [service provider] not keeping you waiting unnecessarily.
- [Service provider] understands that waiting time is important to you.
- [Service provider] tries to keep wait times as short as possible.
- You can count on the tangible outcomes of [service provider] being high quality.
- [Service provider] understands what tangible results you expect.
- [Service provider] delivers the tangible service elements that you need.
- You can count on having a positive outcome when you visit [service provider].
- [Service provider] understands what it takes to leave you with a good feeling.
- When you leave [service provider], you feel that you had a good experience.
- Overall, I would evaluate the quality of [service provider]’s service as excellent.
- Overall, [service provider] delivers superior service quality.
- My overall evaluation of the service quality provided by [service provider] is very high.