Échelle de gestion de la maladie et du rétablissement (IMR)

L’Échelle de gestion de la maladie et du rétablissement (IMR Scale) est un instrument psychométrique de référence évaluant l’autogestion des troubles psychiatriques sévères et les progrès vers le rétablissement personnel en versions client et clinicien.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 3, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 3, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de gestion de la maladie et du rétablissement (en anglais : Illness Management and Recovery [IMR] Scale) est un instrument psychométrique standardisé conçu pour évaluer les processus multidimensionnels d’autogestion des troubles psychiatriques sévères et les progrès accomplis vers le rétablissement personnel. Développée au début des années 2000 par Kim T. Mueser, Susan Gingerich, Michelle P. Salyers et leurs collaborateurs au sein du Dartmouth Psychiatric Research Center, cette échelle a été élaborée afin d’accompagner et d’évaluer le programme clinique éponyme fondé sur des données probantes (Evidence-Based Practice) promu par la Substance Abuse and Mental Health Services Administration (SAMHSA).

L’IMR Scale se décline en deux versions parallèles complémentaires comprenant chacune 15 items : une version d’auto-évaluation destinée à l’usager (Client Self-Rating) et une version d’hétéro-évaluation destinée au clinicien ou au gestionnaire de cas (Clinician Rating). Chaque item est évalué au moyen d’une échelle ordinale en 5 points comportementalement ancrée, allant de 1 (faible niveau de gestion ou altération sévère) à 5 (autogestion optimale et rétablissement avancé). L’instrument explore des domaines clés tels que l’atteinte des objectifs personnels, les connaissances théoriques et pratiques sur la maladie, le soutien social et l’implication des proches, la participation à des rôles sociaux structurés, l’intensité et l’interférence de la détresse symptomatique, la planification de la prévention des rechutes, l’historique récent des décompensations et hospitalisations, l’utilisation efficace de la médication, l’engagement dans des groupes d’entraide mutuelle et l’impact de la consommation d’alcool et de substances psychoactives.

Les propriétés psychométriques de l’IMR Scale, examinées dans de multiples contextes transculturels (notamment aux États-Unis, en Israël, en Europe et en Asie), témoignent d’une consistance interne satisfaisante à excellente, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,72 et 0,86 pour l’échelle globale. Les analyses factorielles révèlent des structures multidimensionnelles stables (souvent réparties en trois facteurs principaux : le rétablissement, la gestion de la maladie et la toxicomanie/consommation de substances). L’échelle démontre une validité convergente robuste avec des mesures reconnues d’espoir, d’autonomisation (empowerment), de qualité de vie et de sévérité symptomatique, tout en affichant une sensibilité élevée aux changements thérapeutiques induits par les interventions psychosociales orientées vers le rétablissement.

2. Mots-clés / Keywords

Gestion de la maladie et rétablissement, IMR Scale, réhabilitation psychosociale, rétablissement personnel, troubles psychiatriques sévères, schizophrénie, autogestion, alliance thérapeutique, psychométrie, évaluation clinique, soutien social, prévention des rechutes.

3. Auteurs / Authors

L’Échelle de gestion de la maladie et du rétablissement a été formulée et formalisée par une équipe de chercheurs de premier plan spécialisés dans les interventions psychosociales et la réhabilitation psychiatrique :

  • Kim T. Mueser, Ph.D. — Professeur au Center for Psychiatric Rehabilitation de l’Université de Boston (anciennement rattaché au Dartmouth Psychiatric Research Center, Dartmouth Medical School, Concord, NH, États-Unis). Courriel institutionnel : [email protected].
  • Susan Gingerich, MSW — Consultante indépendante en santé mentale et formatrice internationale, co-auteure du programme standardisé IMR (Narberth, PA, États-Unis).
  • Michelle P. Salyers, Ph.D. — Professeure au Département de psychologie de l’Université de l’Indiana – Université Purdue à Indianapolis (IUPUI) et chercheuse au Roudebush VA Medical Center (Indianapolis, IN, États-Unis).
  • Alan B. McGuire, Ph.D. — Chercheur et psychologue clinicien au Health Services Research and Development Service, Roudebush VA Medical Center, Indianapolis, IN, États-Unis.
  • Rosalia U. Reyes, M.A. — Chercheuse associée au Dartmouth Psychiatric Research Center, Concord, NH, États-Unis.
  • Harry Cunningham, B.A. — Co-investigateur et défenseur des droits des usagers en santé mentale, New Hampshire-Dartmouth Psychiatric Research Center, États-Unis.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de l’Échelle de gestion de la maladie et du rétablissement (IMR) est de fournir une mesure psychométrique standardisée, rigoureuse et écologiquement valide des progrès accomplis par les individus vivant avec un trouble psychique sévère (schizophrénie, trouble schizo-affectif, trouble bipolaire ou dépression majeure récurrente) dans le développement de compétences d’autogestion et dans leur parcours d’émancipation personnelle. Contrairement aux échelles psychiatriques conventionnelles axées quasi exclusivement sur la réduction des symptômes psychopathologiques ou sur le dysfonctionnement comportemental, l’IMR Scale a été conçue pour capturer la philosophie émancipatrice du mouvement du rétablissement (recovery movement).

Dans le domaine clinique, l’échelle remplit plusieurs fonctions critiques :

  • Bilan initial et formulation conjointe des objectifs : L’administration de l’échelle permet d’identifier précisément les forces, les ressources cognitives et sociales de la personne, ainsi que les lacunes spécifiques dans la maîtrise de sa santé mentale (par exemple, un déficit de connaissances pharmacologiques, une absence de plan d’urgence face aux signaux précurseurs de rechute ou un isolement social prononcé).
  • Comparaison inter-perspectives (Usager vs Clinicien) : L’existence de deux versions miroirs (auto-évaluation et hétéro-évaluation) offre une opportunité clinique d’une richesse exceptionnelle. La confrontation des scores attribués par le patient et par le soignant met en lumière les points de concordance et de divergence perceptive. Une divergence importante sur l’item d’implication dans les rôles sociaux ou sur l’interférence symptomatique sert de puissant levier pour le dialogue thérapeutique, l’alignement des attentes et le renforcement de l’alliance thérapeutique.
  • Suivi longitudinal et mesure de l’efficacité thérapeutique : Conçue pour être sensible aux changements induits par le programme IMR, l’échelle est régulièrement administrée à intervalles de trois à six mois pour documenter quantitativement les bénéfices de la prise en charge, réajuster les modules d’intervention et prévenir l’attrition.

Dans le champ de la recherche scientifique, l’IMR Scale s’est imposée comme l’étalon-or pour valider l’implémentation et la fidélité des interventions psychosociales axées sur le rétablissement. Elle permet d’étudier les corrélats longitudinaux entre l’acquisition de compétences métacognitives de gestion de crise, l’adhésion au traitement, l’insertion communautaire et la réduction tangible du recours aux hospitalisations psychiatriques d’urgence.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit mesuré par l’IMR Scale repose sur une conceptualisation bidimensionnelle intégrée : d’une part, la gestion de la maladie (dimension instrumentale, médicale et cognitivo-comportementale), et d’autre part, le rétablissement personnel (dimension existentielle, sociale et subjective). Ces deux piliers s’articulent autour de 15 facettes comportementales et phénoménologiques distinctes :

1. Poursuite et accomplissement des objectifs personnels (Item 1)

Cette dimension mesure la capacité de l’individu à définir, initier et mener à terme des buts qui ont du sens pour lui, indépendamment du statut de sa maladie. Le rétablissement ne se définissant pas par la simple absence de morbidité, la capacité à formuler des projets d’avenir concrets (professionnels, éducatifs ou récréatifs) constitue un marqueur d’autodétermination.

2. Littératie en santé et connaissances médicales (Item 2)

Ce domaine évalue le degré d’appropriation intellectuelle et pratique des informations relatives aux troubles psychiatriques, aux mécanismes étiologiques, aux stratégies de coping cognitivo-comportementales, aux effets recherchés et indésirables des thérapeutiques médicamenteuses. L’empowerment repose sur la démystification des symptômes.

3. Capital social et soutien interpersonnel (Items 3, 4 et 5)

Cette dimension capture l’insertion relationnelle du sujet à travers trois niveaux d’interaction :

  • L’implication des proches (Item 3) : Mesure la participation active de la famille ou des amis significatifs dans le projet de soin et de soutien.
  • Le réseau social extra-familial (Item 4) : Quantifie la fréquence hebdomadaire des contacts avec des pairs, collègues ou membres de la communauté, combattant ainsi le repli autistique ou l’isolement institutionnel.
  • L’investissement dans des rôles structurés (Item 5) : Évalue le volume horaire consacré à des activités valorisées socialement (travail rémunéré, bénévolat, scolarité, parentalité, entraide), favorisant la reconstruction d’une identité civique positive distincte du rôle de « patient ».

4. Fardeau symptomatique et répercussions fonctionnelles (Items 6 et 7)

Ces items évaluent l’impact subjectif des manifestations psychopathologiques. L’item 6 sonde la détresse affective générée par les symptômes (hallucinations, angoisses, fluctuations thymiques), tandis que l’item 7 quantifie l’interférence fonctionnelle directe, c’est-à-dire l’entrave causée par les symptômes dans la réalisation des activités quotidiennes.

5. Proactivité face aux rechutes et trajectoire de crise (Items 8, 9 et 10)

Cette composante explore la maîtrise du plan de crise et l’historique récent de stabilisation :

  • Planification préventive (Item 8) : Analyse l’existence d’un plan d’action formalisé par écrit, identifiant les déclencheurs de stress, les signes précurseurs d’alerte précoce et les mesures correctives à déployer en concertation avec le réseau de soutien.
  • Stabilité clinique temporelle (Items 9 et 10) : Évaluent la récence de la dernière recrudescence symptomatique majeure et de la dernière hospitalisation psychiatrique, fournissant une métrique temporelle de la rémission clinique.

6. Adaptation quotidienne et entraide par les pairs (Items 11 et 12)

L’item 11 explore l’efficacité perçue des stratégies d’adaptation (coping) face au stress quotidien. L’item 12 quantifie la participation active à des dispositifs dirigés par des usagers, tels que les Groupes d’Entraide Mutuelle (GEM), les Alcooliques Anonymes, les centres d’accueil autogérés ou l’élaboration d’un plan WRAP (Wellness Recovery Action Plan), incarnant l’intégration de la pair-aidance.

7. Gestion pharmacologique et influence des substances psychoactives (Items 13, 14 et 15)

L’item 13 évalue l’utilisation régulière et conforme de la pharmacothérapie prescrite. Enfin, les items 14 et 15 mesurent spécifiquement l’interférence fonctionnelle induite par l’usage problématique d’alcool et de substances illicites ou de médicaments détournés, reconnaissant l’impact délétère fréquent des diagnostics duaux sur la trajectoire de rétablissement.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle de l’IMR Scale s’enracine à la croisée de plusieurs courants théoriques majeurs de la psychologie contemporaine, de la psychiatrie communautaire et de la réhabilitation psychosociale.

Le modèle vulnérabilité-stress-compétences (Vulnerability-Stress Model)

Initié initialement par Zubin et Spring (1977) puis enrichi par Liberman et ses collaborateurs (1986), ce modèle postule que les manifestations cliniques des troubles psychiatriques majeurs résultent d’une interaction dynamique entre une vulnérabilité psychobiologique sous-jacente et des stresseurs environnementaux ou psychosociaux. L’IMR postule que cette vulnérabilité peut être tamponnée par le renforcement systématique des compétences d’adaptation (coping skills), l’acquisition de connaissances médicales approfondies, une observance médicamenteuse concertée et la mobilisation d’un réseau de soutien social bienveillant. L’échelle mesure précisément les mécanismes régulateurs censés moduler l’impact des stresseurs sur la vulnérabilité biologique.

La théorie sociale cognitive et l’auto-efficacité (Albert Bandura)

L’IMR Scale accorde une place centrale à la notion de sentiment d’auto-efficacité formulée par Albert Bandura (1997). Selon cette perspective, les individus sont des agents actifs de leur propre existence. Pour s’engager dans l’autogestion complexe d’une pathologie chronique, la personne doit acquérir la croyance inébranlable en sa capacité d’exercer un contrôle sur ses comportements, ses affects et son environnement. Des items tels que la progression vers des buts personnels, l’élaboration proactive d’un plan de rechute et l’évaluation positive de son propre coping traduisent directement l’opérationnalisation du sentiment d’auto-efficacité appliqué à la santé mentale.

Le modèle transthéorique du changement (Prochaska & DiClemente)

L’échelle incorpore des principes issus du modèle des stades de changement de James O. Prochaska et Carlo DiClemente. Les modalités de réponse comportementalement ancrées (allant du désintérêt total à la contemplation, puis à la préparation, à l’action et au maintien) reflètent la progression graduelle du sujet le long des stades du changement, particulièrement visible dans les items évaluant la planification de la prévention des rechutes ou la fréquentation des groupes d’entraide.

Le paradigme du rétablissement personnel (William Anthony & Patricia Deegan)

Enfin, l’IMR transcende le cadre strictement biomédical pour embrasser la philosophie du rétablissement portée par des pionniers comme William Anthony (1993) et Patricia Deegan (1988). Dans cette perspective humaniste, le rétablissement n’est pas synonyme de « guérison » au sens de l’éradication complète de la maladie, mais constitue un processus profondément personnel, non linéaire, de transformation des attitudes, des valeurs, des sentiments et des objectifs. Il s’agit de vivre une vie satisfaisante, pleine d’espoir et socialement contributive en dépit des limitations causées par les symptômes. Les items évaluant le temps passé dans des rôles valorisés et la poursuite d’aspirations existentielles capturent cette dimension ontologique fondamentale.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’Échelle IMR a fait l’objet de nombreuses validations empiriques dans divers contextes cliniques internationaux.

Validité de contenu et d’apparence

Lors de sa genèse au sein du Dartmouth Psychiatric Research Center, le contenu des items a été élaboré selon une méthodologie rigoureuse de co-construction impliquant des experts universitaires, des cliniciens chevronnés en réhabilitation psychosociale et des panels d’usagers de services de santé mentale. Cette démarche a garanti que les énoncés soient non seulement cliniquement pertinents, mais également compréhensibles, respectueux et non stigmatisants, assurant une excellente validité d’apparence et de contenu.

Validité de construit et validité convergente

L’étude princeps de validation psychométrique menée par Hasson-Ohayon, Roe et Kravetz (2007) auprès de patients diagnostiqués avec des troubles psychiatriques sévères a mis en évidence des corrélations positives statistiquement significatives entre le score total de l’IMR (versions client et clinicien) et plusieurs construits théoriquement convergents :

  • Espoir et autonomisation : Corrélations modérées à fortes avec la State Hope Scale de Snyder (r = 0,45 à 0,58) et la Mental Health Recovery Measure (MHRM).
  • Qualité de vie : Associations positives significatives avec les sous-échelles de qualité de vie générale mesurées par la Quality of Life Interview (QOLI) de Lehman (r = 0,40 à 0,52).
  • Sentiment d’auto-efficacité : Corrélation robuste avec la General Self-Efficacy Scale de Schwarzer et Jerusalem.

Inversement, des études de validité convergente négative démontrent que des scores IMR plus élevés sont significativement corrélés à des niveaux plus faibles de symptomatologie dépressive (mesurée par la Beck Depression Inventory, r = -0,42) et de détresse psychopathologique globale (mesurée par la Brief Psychiatric Rating Scale [BPRS] ou la PANSS, r = -0,35 à -0,48).

Validité discriminante

L’IMR Scale discrimine nettement les individus engagés dans un programme structuré de réhabilitation de ceux recevant des soins psychiatriques habituels (treatment as usual). De plus, les analyses montrent que l’échelle se distingue des simples inventaires de conformité médicale ou des échelles de fonctionnement global telles que l’Échelle d’évaluation globale du fonctionnement (EGF / GAF), démontrant qu’elle capture une variance unique propre au rétablissement subjectif et à l’autogestion active.

Validité prédictive et sensibilité au changement

Dans des essais contrôlés randomisés (par exemple, Salyers et al., 2010 ; McGuire et al., 2014), les scores à l’IMR ont démontré une excellente sensibilité au changement thérapeutique au fil du temps. Les participants suivant le programme IMR présentent une augmentation statistiquement significative de leurs scores totaux et factoriels comparativement aux groupes témoins. Par ailleurs, des scores initiaux élevés à l’échelle prédisent de manière significative un taux réduit de réhospitalisation psychiatrique dans les 12 mois de suivi.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’IMR Scale a été systématiquement confirmée par des études de consistance interne, de fidélité test-retest et d’accord inter-juges.

Consistance interne

Les études psychométriques publiées rapportent des coefficients de cohérence interne très satisfaisants :

  • Version usager (Client Self-Rating) : L’alpha de Cronbach (Cronbach’s alpha) se situe de façon générale entre 0,72 et 0,82 selon les échantillons (par exemple, α = 0,79 dans l’étude de Hasson-Ohayon et al., 2007 ; α = 0,80 dans l’étude d’adaptation espagnole de Gómez-de-Regil et al., 2014).
  • Version clinicien (Clinician Rating) : L’alpha de Cronbach est généralement supérieur, s’échelonnant entre 0,81 et 0,86, ce qui reflète l’homogénéité de jugement des évaluateurs professionnels formés.

Les corrélations item-total corrigées dépassent pour la majorité des items le seuil recommandé de 0,30, à l’exception occasionnelle des items 14 et 15 (consommation d’alcool et de drogues) dans les cohortes où les troubles de l’usage de substances sont très marginaux, ce qui entraîne un effet plancher sur ces items spécifiques.

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle de l’instrument a été évaluée à des intervalles de deux à quatre semaines dans des conditions cliniques stables. Les coefficients de corrélation intraclasse (ICC) et les corrélations de Pearson témoignent d’une excellente reproductibilité :

  • Version client : r = 0,75 à 0,85.
  • Version clinicien : r = 0,81 à 0,90.

Accord inter-juges et concordance inter-sources

Pour la version clinicien, l’accord inter-juges entre soignants indépendants évaluant le même dossier patient ou menant un entretien conjoint affiche un coefficient de corrélation intraclasse (ICC) robuste supérieur à 0,80. Concernant la corrélation bivariée entre la version auto-évaluée par le client et la version hétéro-évaluée par le clinicien, la littérature rapporte des corrélations modérées à substantielles (r = 0,40 à 0,60, p < 0,001), ce qui confirme que tout en mesurant le même phénomène sous-jacent, chaque version apporte une variance unique et complémentaire issue de sa perspective propre.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de l’IMR Scale a été scrutée au moyen d’analyses factorielles exploratoires (AFE) et confirmatoires (AFC), cherchant à clarifier si l’échelle doit être interprétée comme un score unitaire global ou à travers des sous-échelles distinctes.

Structure trifactorielle dominante

Bien que Mueser et ses collègues aient initialement envisagé un score global représentatif du rétablissement, les travaux factoriels subséquents — notamment ceux menés par Salyers et al. (2007), Hasson-Ohayon et al. (2007) et Sklar et al. (2012) — ont solidement établi l’existence d’une structure sous-jacente à trois facteurs :

Facteur Dénomination Items constitutifs Poids factoriels moyens (λ)
Facteur 1 Rétablissement personnel (Recovery) Item 1 (Objectifs), Item 3 (Soutien des proches), Item 4 (Contacts sociaux), Item 5 (Rôles structurés), Item 11 (Coping), Item 12 (Entraide) 0,45 à 0,78
Facteur 2 Gestion de la maladie (Illness Management) Item 2 (Connaissances), Item 6 (Détresse symptomatique), Item 7 (Gêne fonctionnelle), Item 8 (Plan de rechute), Item 9 (Rechute), Item 10 (Hospitalisations), Item 13 (Médication) 0,40 à 0,72
Facteur 3 Usage de substances (Substance Use) Item 14 (Consommation d’alcool), Item 15 (Usage de drogues) 0,75 à 0,91

Ajustement des modèles confirmatoires (AFC)

Les analyses factorielles confirmatoires menées sur de larges cohortes cliniques confirment que le modèle à trois facteurs inter-reliés offre de bien meilleurs indices d’ajustement que le modèle unifactoriel strictement unidimensionnel :

  • Indice de Tucker-Lewis (TLI) > 0,90
  • Indice de comparabilité (CFI) > 0,92
  • Erreur quadratique moyenne d’approximation (RMSEA) < 0,06 (intervalle de confiance à 90 % : [0,045 ; 0,068])

Ces données justifient pleinement l’utilisation par les chercheurs et les praticiens à la fois d’un score composite global (somme ou moyenne de l’ensemble des 15 items) pour quantifier l’avancement général, et de trois scores sous-dimensionnels distincts permettant de dresser un profil clinique nuancé des forces et fragilités de la personne.

10. Instrument de mesure / Instrument

L’IMR Scale est un outil psychométrique structuré conçu pour un usage clinique et de recherche standardisé :

  • Type de test : Instrument psychométrique d’évaluation clinique et d’autogestion, combinant auto-évaluation (patient) et hétéro-évaluation (clinicien).
  • Format d’administration : Questionnaire papier-crayon ou informatisé. Peut être auto-administré par l’usager (avec aide à la lecture si nécessaire) ou rempli sous forme d’entretien semi-directif par le professionnel de santé mentale.
  • Nombre total d’items : 15 items comportementaux distincts dans les deux versions.
  • Format et échelle de réponse : Échelle de type Likert en 5 points comportementalement ancrée (cotée de 1 à 5). Contrairement aux échelles d’accord génériques (type « Pas d’accord / Tout à fait d’accord »), chaque échelon de chaque item est assorti d’une description textuelle précise et concrète (par exemple, pour les contacts sociaux : 1 = 0 fois/semaine ; 5 = 8 fois ou plus/semaine).
  • Temps d’administration : Environ 10 à 15 minutes pour l’auto-évaluation ; 10 minutes pour l’évaluation par le clinicien.
  • Méthode de cotation (Scoring) :
    • Score total : Obtenu par la somme des 15 items (score brut allant de 15 à 75) ou, plus couramment, par la moyenne arithmétique des items répondus (allant de 1,00 à 5,00).
    • Orientation des items : Tous les items sont orientés de telle sorte qu’un score plus élevé reflète une meilleure autogestion, une moindre détresse et un degré plus avancé de rétablissement (items 6, 7, 9, 10, 14, 15 sont libellés de sorte que 5 représente l’absence de problème/détresse).
    • Gestion des données manquantes : Si le patient ne prend pas de traitement pharmacologique sur indication médicale formelle, l’item 13 est omis et la moyenne est calculée sur les 14 items restants.
    • Scores de sous-échelles : Possibilité de calculer la moyenne des scores pour le Facteur Rétablissement (items 1, 3, 4, 5, 11, 12), le Facteur Gestion de la maladie (items 2, 6, 7, 8, 9, 10, 13) et le Facteur Alcool/Drogues (items 14, 15).

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de développement : 2004 (première diffusion institutionnelle au Dartmouth Psychiatric Research Center ; validations publiées en 2005 et 2007).
  • Statut des droits d’auteur et licence : L’Échelle de gestion de la maladie et du rétablissement (IMR) a été développée dans le cadre de projets de recherche soutenus par des fonds publics fédéraux américains (SAMHSA). En conséquence, le manuel, le kit d’intervention et l’instrument d’évaluation sont placés dans le domaine public clinique et académique.
  • Tarifs et conditions d’accès : L’accès est entièrement gratuit (Open Access). Aucun honoraire d’utilisation ni redevance de copyright n’est exigé pour une utilisation à des fins cliniques, de recherche ou d’enseignement.
  • Autorisations pour la recherche : Les chercheurs et institutions sont libres de reproduire et d’administrer l’échelle sans demande d’autorisation formelle préalable, sous réserve de citer convenablement les auteurs originaux (Mueser et al., 2004) et les travaux princeps dans toute publication ou rapport scientifique. Pour les projets de traduction ou d’adaptation transculturelle formelle, il demeure d’usage académique d’informer les auteurs de référence.

12. Références / References

  • Anthony, W. A. (1993). Recovery from mental illness: The guiding vision of the mental health service system in the 1990s. Psychosocial Rehabilitation Journal, 16(4), 11–23. https://doi.org/10.1037/h0095655
  • Bandura, A. (1997). Self-efficacy: The exercise of control. W. H. Freeman and Company.
  • Bullock, W. A., O’Rourke, M., Farrer, E., Breedlove, A., Smith, M. K., & Claggett, A. (2005, August). Evaluation of the Illness Management and Recovery (IMR) Program [Paper presentation]. 113th Annual Convention of the American Psychological Association, Washington, DC, United States.
  • Deegan, P. E. (1988). Recovery: The lived experience of rehabilitation. Psychosocial Rehabilitation Journal, 11(4), 11–19. https://doi.org/10.1037/h0099565
  • Gómez-de-Regil, L., Kwapil, T. R., & Barrantes-Vidal, N. (2014). Predictors of illness management and recovery in Mexican patients with psychosis. Journal of Psychiatric and Mental Health Nursing, 21(5), 441–448. https://doi.org/10.1111/jpm.12108
  • Hasson-Ohayon, I., Roe, D., & Kravetz, S. (2007). The psychometric properties of the Illness Management and Recovery scale: Client and clinician versions. Psychiatry Research, 160(2), 228–235. https://doi.org/10.1016/j.psychres.2007.03.016
  • Liberman, R. P., Mueser, K. T., Wallace, C. J., Jacobs, H. E., Eckman, T., & Massel, H. K. (1986). Training skills in the psychiatrically disabled: Learning coping and competence. Schizophrenia Bulletin, 12(4), 631–647. https://doi.org/10.1093/schbul/12.4.631
  • McGuire, A. B., Kukla, M., Green, A., Gilbride, D., Mueser, K. T., & Salyers, M. P. (2014). Illness management and recovery: A review of the literature. Psychiatric Services, 65(2), 171–179. https://doi.org/10.1176/appi.ps.201200424
  • Mueser, K. T., Gingerich, S., Salyers, M. P., McGuire, A. B., Reyes, R. U., & Cunningham, H. (2004). The Illness Management and Recovery (IMR) Scales (Client and Clinician Versions). New Hampshire-Dartmouth Psychiatric Research Center.
  • Salyers, M. P., Godfrey, J. L., Mueser, K. T., & Labriola, S. (2007). Measuring illness management and recovery: A evaluation of a new scale. The Journal of Nervous and Mental Disease, 195(9), 723–731. https://doi.org/10.1097/NMD.0b013e318145a32b
  • Salyers, M. P., McGuire, A. B., Rollins, A. L., Bond, G. R., Mueser, K. T., & Macy, V. R. (2010). Integrating assertive community treatment and illness management and recovery for consumers with severe mental illness. Community Mental Health Journal, 46(3), 219–229. https://doi.org/10.1007/s10597-009-9284-x
  • Sklar, M., Groessl, E. J., O’Connell, M., Davidson, L., & Aarons, G. A. (2012). Factor structure of the Illness Management and Recovery scale in a large community mental health sample. Psychiatry Research, 199(3), 202–207. https://doi.org/10.1016/j.psychres.2012.04.015
  • Substance Abuse and Mental Health Services Administration. (2009). Illness Management and Recovery: Evidence-Based Practices KIT (HHS Publication No. SMA-09-4463). Substance Abuse and Mental Health Services Administration. https://store.samhsa.gov/
  • Zubin, J., & Spring, B. (1977). Vulnerability: A new view of schizophrenia. Journal of Abnormal Psychology, 86(2), 103–126. https://doi.org/10.1037/0021-843X.86.2.103

13. Questions et items du questionnaire (Scale Items)

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :
1

Progress towards personal goals: In the past 3 months‚ I have come up with…
2

A personal goal‚ but have not done anything to finish my goal.
3

A personal goal and made it a little way toward finishing it.
4

A personal goal and have gotten pretty far in finishing my goal.
5

A personal goal and have finished it.
6

Symptom distress: How much do your symptoms bother you?
7

Impairment of functioning: How much do your symptoms get in the way of you doing things that you would like to or need to do?
8

Relapse Prevention Planning: Which of the following would best describe what you know and what you have done in order not to have a relapse?
9

Relapse of Symptoms: When is the last time you had a relapse of symptoms (that is‚ when your symptoms have gotten much worse)?
10

Psychiatric Hospitalizations: When is the last time you have been hospitalized for mental health or substance abuse reasons?
11

Coping: How well do feel like you are coping with your mental or emotional illness from day to day?
12

Involvement with self-help activities: How involved are you in consumer run services‚ peer support groups‚ Alcoholics Anonymous‚ dr‎op-in centers‚ WRAP (Wellness Recovery Action Plan)‚ or other similar self-help programs?
13

Using Medication Effectively: (Don’t answer this question if your doctor has not prescribed medication for you). How often do you take your medication as prescribed?
14

Functioning affected by alcohol use. Drinking can interfere with functioning when it contributes to conflict in relationships‚ or to money‚ housing and legal concerns‚ to difficulty showing up at appointments or paying attention during them‚ or to increased symptoms. Over the past 3 months‚ how much did drinking get in the way of your functioning?
15

Functioning affected by drug use. Using street drugs‚ and misusing prescription or over-the-counter medication can interfere with functioning when it contributes to conflict in relationships‚ or to money‚ housing and legal concerns‚ to difficulty showing up at appointments or paying attention during them‚ or to increased symptoms. Over the past 3 months‚ how much did drug use get in the way of your functioning?
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Looti, M. (2026, octobre 3). Échelle de gestion de la maladie et du rétablissement (IMR). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-gestion-maladie-retablissement-imr/
Looti, Mohammed. “Échelle de gestion de la maladie et du rétablissement (IMR).” Base de données de psychologie en français, 3 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-gestion-maladie-retablissement-imr/.
Looti, Mohammed. “Échelle de gestion de la maladie et du rétablissement (IMR).” Base de données de psychologie en français. octobre 3, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-gestion-maladie-retablissement-imr/.