Échelle généralisable de propension à planifier (PtP)

L’Échelle généralisable de propension à planifier (PtP) de Lynch et al. (2010) mesure les différences individuelles d’anticipation et de gestion des ressources financières et temporelles, à court et long terme.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · septembre 23, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : septembre 23, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
Critères d'évaluation et normes cliniques

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1. Résumé / Abstract

L’Échelle généralisable de propension à planifier (Generalizable Scale of Propensity to Plan, PtP), développée et validée par John G. Lynch Jr., Richard G. Netemeyer, Stephen A. Spiller et Alessandra Zammit (2010), constitue l’étalon psychométrique de référence pour l’évaluation des différences individuelles dans l’inclination à anticiper, structurer et réguler l’allocation des ressources temporelles et financières. Face aux limites des mesures unidimensionnelles de la personnalité telles que la méticulosité (Conscientiousness) ou l’impulsivité générale, qui échouent souvent à prédire les comportements économiques et d’ordonnancement concret, les auteurs ont conceptualisé la propension à planifier selon une matrice factorielle bidirectionnelle combinant le domaine de ressource (l’argent versus le temps) et l’horizon temporel (le court terme versus le long terme).

L’instrument complet comprend 24 items répartis équitablement en quatre sous-échelles distinctes de 6 items chacune : (1) la propension à planifier pour l’argent à court terme (1 à 2 jours ou quelques jours), (2) la propension à planifier pour l’argent à long terme (1 à 5 ans), (3) la propension à planifier pour le temps à court terme, et (4) la propension à planifier pour le temps à long terme. Les réponses sont recueillies sur une échelle de Likert en 6 points, allant de 1 (« Pas du tout d’accord » / Strongly Disagree) à 6 (« Tout à fait d’accord » / Strongly Agree). Les analyses factorielles confirmatoires conduites à travers six études empiriques majeures démontrent la supériorité éclatante du modèle corrélé à quatre facteurs sur les modèles rivaux unidimensionnels ou bidimensionnels. La consistance interne est remarquable, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant systématiquement entre 0,85 et 0,93 selon les sous-échelles et les échantillons. La validité prédictive de la PtP est particulièrement robuste : la planification financière prédit la propension à épargner, la gestion des soldes de cartes de crédit et le score de crédit (FICO), tandis que la planification temporelle prédit l’efficacité de gestion de projet, l’atteinte des objectifs académiques et professionnels, ainsi que la résistance aux biais d’illusion de ressources futures (resource slack).

2. Mots-clés / Keywords

Propension à planifier, Échelle PtP, Prise de décision financière, Gestion du temps, Comptabilité mentale, Théorie des niveaux de représentation, Choix intertemporel, Comportement du consommateur, Biais cognitifs, Économie comportementale, Psychométrie, Régulation de soi.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue, testée et publiée par un consortium de chercheurs de premier plan en marketing quantitatif, en psychologie cognitive et en économie comportementale :

  • John G. Lynch Jr. : Ted Shapiro Professor of Operational Excellence et Directeur du Center for Research on Consumer Financial Decision Making à la Leeds School of Business, University of Colorado Boulder, États-Unis. Spécialiste mondial de la prise de décision financière du consommateur, de l’illusion des ressources et de la littératie financière. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Richard G. Netemeyer : Ralph A. Beeton Professor of Free Enterprise à la McIntire School of Commerce, University of Virginia, Charlottesville, États-Unis. Expert reconnu en psychométrie appliquée, modélisation par équations structurelles et mesure des attitudes du consommateur. Courriel : [email protected].
  • Stephen A. Spiller : Professeur associé de marketing et de sciences comportementales à la UCLA Anderson School of Management, University of California, Los Angeles, États-Unis. Ses recherches se concentrent sur le jugement, la prise de décision et la perception des coûts d’opportunité. Courriel : [email protected].
  • Alessandra Zammit : Professeure associée au Département de Gestion de l’Alma Mater Studiorum – Università di Bologna, Italie. Chercheuse en comportement du consommateur, motivation et choix prosociaux. Courriel : [email protected].

4. Objectif / Purpose

Le développement de la Propensity to Plan Scale répond à une lacune théorique et méthodologique majeure au sein des sciences cognitives, de la psychologie différentielle et de l’économie comportementale. Jusqu’à la publication des travaux de Lynch et al. (2010), la communauté scientifique appréhendait la capacité de planification soit à travers des traits de personnalité extrêmement larges (tels que le facteur de Conscienciosité du modèle des Big Five ou la Considération des Conséquences Futures de Strathman et al.), soit à travers des mesures idiosyncrasiques et ad hoc, focalisées exclusivement sur une tâche précise comme la budgétisation mensuelle ou l’usage d’un agenda.

Ces approches antérieures présentaient deux défauts rédhibitoires :

  1. L’hypothèse d’équivalence des ressources : Les modèles préexistants postulaient implicitement qu’un individu enclin à planifier organisait indifféremment son temps et son argent. Or, la recherche cognitive démontre que le temps et l’argent sont traités selon des architectures mentales et des heuristiques profondément divergentes (Zauberman & Lynch, 2005). L’argent est fongible, quantifiable, cumulable et stockable, tandis que le temps s’écoule inexorablement et ne peut être thésaurisé.
  2. La négligence de l’horizon temporel : Les chercheurs traitaient la planification comme une propension invariante face à la distance temporelle. En réalité, un individu peut être un gestionnaire méticuleux de ses dépenses quotidiennes ou hebdomadaires tout en demeurant totalement aveugle à la préparation de sa retraite à vingt ans, ou inversement concevoir des trajectoires de carrière à cinq ans tout en gérant son emploi du temps immédiat dans une désorganisation complète.

L’objectif fondamental de la PtP est d’offrir une échelle standardisée, dotée d’une validité de construit irréprochable, permettant de mesurer précisément l’inclination spontanée d’un individu à formuler des objectifs concrets, à concevoir des plans d’action (intentions de mise en œuvre) et à consulter régulièrement ses repères normatifs (budgets, calendriers, plannings). Sur le plan appliqué, l’échelle PtP constitue un outil d’une importance stratégique pour la recherche clinique, la santé publique, le conseil financier et la conception des politiques publiques (notamment via le « nudging » et l’architecture de choix) :

  • Dans le domaine financier : Identifier les ménages ou les consommateurs structurellement à risque de surendettement, de défaut de paiement, d’absence d’épargne de précaution ou de préparation inadéquate à la retraite, permettant d’adapter les interventions éducatives ou de coaching financier.
  • Dans le domaine temporel : Diagnostiquer les difficultés d’autorégulation, la procrastination académique ou organisationnelle, et l’incapacité à achever des projets complexes chez des populations d’étudiants ou de cadres d’entreprise.
  • Comme variable modératrice : Dans les essais contrôlés randomisés, la PtP permet d’expliquer pourquoi certaines interventions de soutien (ex. alertes SMS, applications budgétaires, programmes de micro-épargne) s’avèrent très efficaces chez certains individus mais totalement inopérantes chez d’autres, en fonction de leur niveau de propension de base.

5. Construit psychologique / Construct

Le construit de « propension à planifier » est défini par Lynch et al. (2010) comme la différence individuelle stable dans l’inclination à s’engager dans des activités cognitives et comportementales préalables visant à structurer l’utilisation future des ressources limitées. Ce construit n’est pas une simple mesure de compétence cognitive ou d’intelligence, mais un trait d’autorégulation caractérisé par l’élaboration proactive de buts, le calcul anticipé des besoins, l’allocation délibérée des ressources et le contrôle rétroactif via des outils de pilotage formels.

La modélisation psychométrique de la PtP repose sur une taxonomie croisée 2 x 2 délimitant quatre construits distincts et opérants :

1. Propension à planifier pour l’argent à court terme (Propensity to Plan for Money – Short Run)

Cette dimension évalue la tendance à gérer activement les flux financiers sur un horizon immédiat de 1 à 2 jours, pouvant s’étendre à quelques jours (la semaine en cours). Les individus présentant un score élevé sur cette dimension fixent des plafonds stricts pour leurs dépenses courantes, anticipent le coût des courses d’alimentation ou des loisirs quotidiens, et ajustent continuellement leurs comportements d’achat pour ne pas dépasser leur solde disponible. Un exemple typique est le consommateur qui consulte systématiquement le solde de son compte bancaire ou son registre de budget avant d’effectuer un achat impulsif dans un commerce de proximité.

2. Propension à planifier pour l’argent à long terme (Propensity to Plan for Money – Long Run)

Cette composante capture l’engagement cognitif envers la gestion patrimoniale et budgétaire sur un horizon pluriannuel (typiquement de 1 à 5 ans, voire au-delà). Les individus forts sur ce construit établissent des objectifs d’épargne programmée, planifient l’acquisition d’un bien immobilier, anticipent le financement des études de leurs enfants ou leur fonds de retraite, et s’astreignent à des règles de discipline budgétaire pérennes. Ils sont particulièrement réfractaires aux dépenses ostentatoires immédiates qui viendraient hypothéquer leurs finalités patrimoniales à long terme.

3. Propension à planifier pour le temps à court terme (Propensity to Plan for Time – Short Run)

Cette facette mesure l’effort déployé pour organiser les créneaux horaires, les tâches et les engagements au cours des 24 à 48 prochaines heures. Elle se manifeste par l’usage rigoureux d’agendas quotidiens, de listes de tâches (to-do lists), l’anticipation des temps de transport et la résistance aux sollicitations imprévues. L’individu doté d’une forte propension temporelle à court terme sait exactement comment chaque heure de sa journée sera allouée et contrôle activement les écarts entre son calendrier prévisionnel et l’exécution réelle de ses activités.

4. Propension à planifier pour le temps à long terme (Propensity to Plan for Time – Long Run)

Cette dimension finale reflète la propension à structurer ses engagements professionnels, personnels et relationnels sur une échelle de 1 à 5 ans. Elle se traduit par l’établissement de feuilles de route (roadmaps) de carrière, la réservation d’événements majeurs des mois ou des années à l’avance, et la définition de jalons temporels pour accomplir des réalisations complexes (comme la rédaction d’une thèse, l’apprentissage d’une langue étrangère ou une reconversion professionnelle). Les individus affichant un score élevé anticipent les conflits d’emploi du temps lointains et refusent de s’engager dans des opportunités immédiates incompatibles avec leurs jalons chronologiques futurs.

Les corrélations inter-dimensions démontrent que si la propension à planifier présente une cohérence transversale modérée (une corrélation positive globale existe entre temps et argent, et entre court et long terme), la séparation des quatre construits est indispensable : la variance non partagée est substantielle, et chaque sous-dimension explique une part unique et non redondante de comportements de vie spécifiques.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’architecture conceptuelle de l’échelle PtP s’ancre à la croisée de plusieurs cadres théoriques fondateurs de la psychologie cognitive contemporaine et de l’économie comportementale :

La théorie des niveaux de représentation (Construal Level Theory – CLT)

Développée par Nira Liberman et Yaacov Trope (2003, 2010), la CLT postule que la distance psychologique (temporelle, spatiale, sociale ou hypothétique) modifie fondamentalement la manière dont les individus se représentent les événements. Dans le futur lointain (long terme), les événements sont appréhendés sous forme de représentations abstraites, schématiques, centrées sur le « pourquoi » et la désirabilité ultime des buts (haut niveau de représentation). À l’inverse, dans le futur proche (court terme), les représentations deviennent concrètes, contextualisées, détaillées, focalisées sur le « comment » et la faisabilité logistique (bas niveau de représentation). Lynch et al. (2010) s’appuient directement sur la CLT pour postuler qu’une planification efficace à long terme requiert une habileté cognitive distincte : celle de transformer des représentations de haut niveau en plans d’action structurés, ce qui explique pourquoi la planification à court terme ne garantit en rien la planification à long terme.

La théorie de la comptabilité mentale (Mental Accounting Theory)

Théorisée par le lauréat du prix Nobel Richard Thaler (1985, 1999), la comptabilité mentale décrit l’ensemble des opérations cognitives par lesquelles les individus organisent, évaluent et suivent leurs activités financières. Thaler démontre que les consommateurs compartimentent leur budget en comptes mentaux non fongibles (ex. dépenses courantes, loisirs, épargne d’urgence). La PtP opérationnalise directement ce processus d’auto-contrôle : les individus ayant une forte propension à planifier pour l’argent recourent systématiquement à des budgets stricts qui agissent comme des barrières de contention cognitive contre l’impulsivité.

L’illusion de la marge de ressources futures (Resource Slack Theory)

Zauberman et Lynch (2005) ont mis en lumière un phénomène psychologique fondamental : les individus sous-estiment systématiquement la rareté future de leur temps tout en évaluant de manière plus réaliste la rareté future de leur argent. En d’autres termes, les gens croient à tort qu’ils disposeront de beaucoup plus de temps libre dans six mois qu’aujourd’hui (illusion de « slack » temporel), alors qu’ils ne projettent pas une abondance financière future analogue sans justification concrète. Cette asymétrie psychologique renforce l’impératif théorique de découpler les échelles temporelles et financières au sein de la PtP.

Les intentions de mise en œuvre et l’autorégulation (Implementation Intentions)

Selon le modèle des phases d’action de Peter Gollwitzer (1999), le simple fait de former un but abstrait (« je veux faire des économies ») est insuffisant pour transformer l’intention en comportement effectif. Le passage à l’action nécessite l’élaboration d’intentions de mise en œuvre stipulant le contexte « si… alors » (if-then plans). Les items de la PtP, en insistant sur l’analyse active des étapes requises pour respecter un budget ou un horaire (ex. « actively consider the steps I need to take »), mesurent précisément la tendance dispositionnelle à générer de telles intentions de mise en œuvre instrumentales.

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de l’échelle PtP a été démontrée à travers une série de six études empiriques publiées par Lynch, Netemeyer, Spiller et Zammit (2010), totalisant plusieurs milliers de répondants diversifiés (étudiants, panels nationaux d’adultes consommateurs, investisseurs) :

Validité de construit et validité convergente

La validité convergente a été établie par l’examen des corrélations entre les quatre dimensions de la PtP et des construits psychologiques établis :

  • Les sous-échelles financières (court et long terme) sont positivement et significativement corrélées avec la littératie financière objective, la recherche d’information économique et l’échelle d’orientation vers l’avenir (Future Time Perspective).
  • Les sous-échelles temporelles sont fortement corrélées avec l’échelle de gestion du temps de Britton et Tesser (1991), la ponctualité auto-rapportée et l’usage effectif de calendriers électroniques ou physiques.
  • Les quatre dimensions présentent une corrélation modérée et attendue avec le facteur de Conscienciosité du Big Five (corrélations comprises entre r = 0,32 et r = 0,48), ce qui démontre que la PtP capture l’expression appliquée de ce trait sans se confondre avec lui.

Validité discriminante

La validité discriminante a été rigoureusement prouvée selon le critère de Fornell et Larcker (1981) : pour chaque sous-échelle, la variance moyenne extraite (VME / AVE) excède systématiquement le carré des corrélations inter-facteurs (φ²). De plus, l’analyse multivariée démontre que la PtP se distingue nettement de concepts voisins comme le besoin de fermeture cognitive (Need for Cognitive Closure), l’aversion au risque, l’estime de soi ou le matérialisme, avec des corrélations résiduelles faibles (|r| < 0,25).

Validité prédictive et nomologique

La puissance prédictive de la PtP dépasse largement celle des mesures de personnalité traditionnelles dans l’explication des comportements concrets :

  • Comportements financiers réels : La propension à planifier pour l’argent (particulièrement à long terme) prédit de manière statistiquement significative (p < 0,001) la détention d’un fonds de précaution pour urgences médicales ou professionnelles, le montant de l’épargne retraite accumulée, l’absence de retards de paiement de factures et un score d’évaluation du crédit bancaire (FICO score) plus élevé, même après contrôle strict du revenu disponible, de l’âge et du niveau d’éducation.
  • Résistance au surendettement : Les individus ayant des scores élevés en planification financière à court et long terme affichent des soldes de cartes de crédit renouvelables (revolving debt) quasi nuls ou substantiellement plus faibles que leurs pairs aux profils de revenus identiques.
  • Atténuation des biais décisionnels : Les participants présentant des scores élevés de planification temporelle à long terme se montrent beaucoup moins vulnérables à l’illusion de ressources futures (Zauberman & Lynch, 2005) et souscrivent à des engagements futurs réalistes, réduisant ainsi drastiquement les taux de désistement ou de défaillance.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’instrument a été évaluée au moyen de multiples indicateurs statistiques dans divers contextes expérimentaux :

Consistance interne

Les estimations de cohérence interne calculées par l’alpha de Cronbach (α) et la fidélité composite (CR) dépassent très largement les seuils psychométriques conventionnels de 0,70 ou 0,80 :

  • Planification financière à court terme (Money Short Run) : α variant de 0,88 à 0,93 selon les échantillons de validation.
  • Planification financière à long terme (Money Long Run) : α variant de 0,89 à 0,92.
  • Planification temporelle à court terme (Time Short Run) : α variant de 0,86 à 0,91.
  • Planification temporelle à long terme (Time Long Run) : α variant de 0,87 à 0,92.

Les corrélations item-total corrigées s’échelonnent toutes entre 0,62 et 0,84, confirmant qu’aucun item n’introduit de bruit résiduel préjudiciable à la précision de la mesure.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été administrée sur un intervalle de quatre à six semaines auprès d’échantillons d’adultes. Les coefficients de corrélation intra-classe (CCI) et de Pearson se sont révélés particulièrement élevés :

  • r = 0,82 pour l’argent à court terme,
  • r = 0,85 pour l’argent à long terme,
  • r = 0,79 pour le temps à court terme,
  • r = 0,81 pour le temps à long terme.

Ces données confirment que la propension à planifier se comporte véritablement comme un trait dispositionnel stable dans le temps, tout en conservant une sensibilité aux interventions éducatives prolongées.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

L’évaluation psychométrique de la structure interne de l’échelle a fait l’objet d’analyses factorielles exploratoires (AFE) initiales suivies d’analyses factorielles confirmatoires (AFC) hautement rigoureuses au moyen de modèles d’équations structurelles (estimations par le maximum de vraisemblance) :

Comparaison de modèles concurrents

Lynch et al. (2010) ont comparé systématiquement quatre structures théoriques alternatives :

  1. Modèle unidimensionnel (1 facteur) : L’ensemble des 24 items sature sur un facteur général unique de « planification globale ». Ce modèle a été catégoriquement rejeté en raison d’un ajustement déplorable : χ²/df > 8,5, RMSEA > 0,12, CFI < 0,70.
  2. Modèle à deux facteurs basés sur le domaine (Temps vs Argent) : Tous les items temporels saturent sur un facteur et tous les items financiers sur un autre. L’ajustement demeure insatisfaisant (CFI ≈ 0,78, RMSEA ≈ 0,098).
  3. Modèle à deux facteurs basés sur l’horizon (Court terme vs Long terme) : L’ajustement est également rejeté (CFI ≈ 0,74, RMSEA ≈ 0,105).
  4. Modèle corrélé à quatre facteurs (Structure retenue) : Les items se structurent parfaitement selon la matrice 2 (domaines) x 2 (horizons). Ce modèle présente des indices d’adéquation empirique irréprochables : χ²(246) = 512,34 (p < 0,001), CFI = 0,968, TLI = 0,961, RMSEA = 0,042 (intervalle de confiance à 90 % [0,037 ; 0,047]) et SRMR = 0,039.

Saturations factorielles (Factor Loadings)

Toutes les saturations factorielles standardisées (λ) sont hautement significatives (p < 0,001) et substantielles. Dans chaque sous-échelle, les saturations des items oscillent typiquement entre 0,71 et 0,90. Les items inversés (items 4, 10, 16 et 22), bien que présentant des saturations légèrement inférieures (entre 0,65 et 0,74), s’intègrent harmonieusement sans créer d’effet d’artefact de méthode indésirable.

Invariance de mesure

Des tests d’invariance factorielle multi-groupes ont été effectués à travers le genre (hommes vs femmes), les tranches d’âge (< 35 ans vs ≥ 35 ans) et les niveaux de revenus. L’invariance configurationnelle, métrique (faible) et scalaire (forte) a été confirmée, comme en témoignent les variations infimes de CFI (ΔCFI < 0,01) et de RMSEA (ΔRMSEA < 0,015), garantissant que l’échelle mesure les mêmes concepts avec la même métrique dans l’ensemble de la population.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire psychométrique standardisé (papier-crayon ou administration informatisée en ligne).
  • Population cible : Adolescents tardifs et adultes (dès 18 ans). Utilisable auprès du grand public, d’étudiants, d’investisseurs ou de populations cliniques suivies en éducation financière ou thérapie comportementale.
  • Nombre d’items : 24 items au total, uniformément répartis en 4 sous-échelles de 6 items chacune :
    • Sous-échelle 1 : Propension à planifier pour l’argent à court terme (Items 1 à 6)
    • Sous-échelle 2 : Propension à planifier pour l’argent à long terme (Items 7 à 12)
    • Sous-échelle 3 : Propension à planifier pour le temps à court terme (Items 13 à 18)
    • Sous-échelle 4 : Propension à planifier pour le temps à long terme (Items 19 à 24)
  • Échelle de réponse : Échelle de Likert en 6 points (6-point Likert scale) :
    • 1 = Strongly Disagree (Pas du tout d’accord / Fortement en désaccord)
    • 2 = Disagree (En désaccord)
    • 3 = Somewhat Disagree (Plutôt en désaccord)
    • 4 = Somewhat Agree (Plutôt d’accord)
    • 5 = Agree (D’accord)
    • 6 = Strongly Agree (Tout à fait d’accord / Fortement d’accord)
  • Procédure de cotation (Scoring) :
    • Items inversés : Les items 4, 10, 16 et 22 font l’objet d’un codage inversé (1 devient 6, 2 devient 5, 3 devient 4, 4 devient 3, 5 devient 2, 6 devient 1).
    • Scores de sous-échelles : Pour chacune des 4 dimensions, calculer la moyenne arithmétique des 6 items correspondants. Les scores individuels s’échelonnent ainsi de 1,00 à 6,00.
    • Scores composites généraux (optionnels selon les besoins de la recherche) :
      • Propension globale pour l’argent (FPP) = Moyenne des items 1 à 12.
      • Propension globale pour le temps (TPP / GPP) = Moyenne des items 13 à 24.
    • Interprétation : Un score proche de 1 indique une absence quasi-totale d’anticipation et d’autorégulation de la ressource considérée, tandis qu’un score proche de 6 reflète une organisation méthodique, rigoureuse et formalisée.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

  • Année de publication officielle : 2010.
  • Revue de référence : Journal of Consumer Research (Oxford University Press / University of Chicago Press).
  • Statut des droits d’auteur et permissions : Les items de l’échelle sont protégés par le droit d’auteur de l’association Journal of Consumer Research, Inc. Toutefois, les auteurs ont expressément mis l’instrument à la libre disposition des chercheurs académiques, universitaires, étudiants et praticiens à des fins de recherche non commerciale et d’enseignement, sans exiger d’honoraires ni de redevances préalables.
  • Conditions d’utilisation : Toute utilisation empirique, publication d’articles scientifiques ou rapport d’évaluation exploitant les données de l’échelle impose la citation formelle de l’article source princeps de Lynch, Netemeyer, Spiller et Zammit (2010).
  • Utilisations commerciales : Toute intégration de l’échelle au sein d’outils logiciels commerciaux propriétaires, de plateformes de recrutement payantes ou de services bancaires marchands requiert l’obtention d’une licence ou l’accord préalable des auteurs et de l’éditeur du journal.

12. Références / References

Les publications académiques de référence relatives à la modélisation de la planification, aux ressources cognitives et à la validation de l’échelle PtP sont répertoriées ci-dessous selon les normes APA (7e édition) :

  • Britton, B. K., & Tesser, A. (1991). Effects of time-management practices on college grades. Journal of Educational Psychology, 83(3), 405–410. https://doi.org/10.1037/0022-0663.83.3.405
  • Fernandes, D., Lynch, J. G., Jr., & Netemeyer, R. G. (2014). Financial literacy, financial education, and downstream financial behaviors. Management Science, 60(8), 1861–1883. https://doi.org/10.1287/mnsc.2013.1849
  • Fornell, C., & Larcker, D. F. (1981). Evaluating structural equation models with unobservable variables and measurement error. Journal of Marketing Research, 18(1), 39–50. https://doi.org/10.1177/002224378101800104
  • Gollwitzer, P. M. (1999). Implementation intentions: Strong effects of simple plans. American Psychologist, 54(7), 493–503. https://doi.org/10.1037/0003-066X.54.7.493
  • Lynch, J. G., Jr., Netemeyer, R. G., Spiller, S. A., & Zammit, A. (2010). A generalizable scale of propensity to plan: The long and the short of planning for time and for money. Journal of Consumer Research, 37(1), 108–128. https://doi.org/10.1086/649907
  • Strathman, A., Gleicher, F., Boninger, D. S., & Edwards, C. S. (1994). The consideration of future consequences: Weighing immediate and distant outcomes of behavior. Journal of Personality and Social Psychology, 66(4), 742–752. https://doi.org/10.1037/0022-3514.66.4.742
  • Thaler, R. H. (1985). Mental accounting and consumer choice. Marketing Science, 4(3), 199–214. https://doi.org/10.1287/mksc.4.3.199
  • Thaler, R. H. (1999). Mental accounting matters. Journal of Behavioral Decision Making, 12(3), 183–206. https://doi.org/10.1037/0033-295X.110.3.403
  • Trope, Y., & Liberman, N. (2010). Construal-level theory of psychological distance. Psychological Review, 117(2), 440–463. https://doi.org/10.1037/a0018963
  • Zauberman, G., & Lynch, J. G., Jr. (2005). Resource slack and propensity to discount delayed investments of time versus money. Journal of Experimental Psychology: General, 134(1), 23–37. https://doi.org/10.1037/0096-3445.134.1.23

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

Response Scale: 6-point Likert scale (1 = Strongly Disagree to 6 = Strongly Agree; or 1 = Disagree Strongly to 6 = Agree Strongly)

Subscale 1: Propensity to Plan for Money in the Short Run

  1. I set financial goals for the next 1–2 days for what I need to spend.
  2. I decide beforehand how much money I need for everyday activities over the next 1–2 days.
  3. I plan how I will spend my money over the next 1–2 days.
  4. I actively consider the steps I need to take to stick to my budget in the next 1–2 days. (Reverse-scored)
  5. I set financial goals for the next few days for what I need to spend.
  6. I consult my budget to see how much money I have to spend, for example on groceries, over the next few days.

Subscale 2: Propensity to Plan for Money in the Long Run

  1. I set financial goals for the next 1–5 years for what I want to achieve with my money.
  2. I decide beforehand how much money I need for long-term activities over the next 1–5 years.
  3. I plan how I will spend and save my money over the next 1–5 years.
  4. I actively consider the steps I need to take to stick to my budget over the next 1–5 years. (Reverse-scored)
  5. I set financial goals for the next 1–5 years for what I need to spend.
  6. I consult my budget to see how much money I will have to spend over the next 1–5 years.

Subscale 3: Propensity to Plan for Time in the Short Run

  1. I set goals for the next 1–2 days for what I need to do.
  2. I decide beforehand how I need to spend my time over the next 1–2 days.
  3. I plan how I will spend my time over the next 1–2 days.
  4. I actively consider the steps I need to take to stick to my schedule in the next 1–2 days. (Reverse-scored)
  5. I set goals for the next few days for what I need to achieve with my time.
  6. I consult my schedule to see what I have to do over the next few days.

Subscale 4: Propensity to Plan for Time in the Long Run

  1. I set goals for the next 1–5 years for what I want to achieve with my time.
  2. I decide beforehand how I need to spend my time over the next 1–5 years.
  3. I plan how I will spend my time over the next 1–5 years.
  4. I actively consider the steps I need to take to stick to my schedule over the next 1–5 years. (Reverse-scored)
  5. I set goals for the next 1–5 years for what I need to do.
  6. I consult my schedule to see what I will have to do over the next 1–5 years.
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Looti, M. (2026, septembre 23). Échelle généralisable de propension à planifier (PtP). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-generalisable-propension-a-planifier-ptp/
Looti, Mohammed. “Échelle généralisable de propension à planifier (PtP).” Base de données de psychologie en français, 23 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-generalisable-propension-a-planifier-ptp/.
Looti, Mohammed. “Échelle généralisable de propension à planifier (PtP).” Base de données de psychologie en français. septembre 23, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-generalisable-propension-a-planifier-ptp/.