Échelle de fréquence de la victimisation — Comportements à problèmes

L’Échelle de fréquence de la victimisation — Comportements à problèmes (VPBFS) est un instrument psychométrique de 12 items mesurant l’exposition des adolescents à la victimisation relationnelle et manifeste sur une période de 30 jours. Découvrez ses propriétés psychométriques, sa structure factorielle et sa cotation.

Dr. Mohammed Looti Universitaire et chercheur spécialisé en psychologie
PUBLIÉ
Révisé scientifiquement · Dr. Marwa Abd-Alazim · octobre 9, 2026
Revu médicalement et scientifiquement Vérifié le : octobre 9, 2026
Dr. Marwa Abd-Alazim PhD in Psychology
Faculty Member • University of Kerbala
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1. Résumé / Abstract

L’Échelle de fréquence de la victimisation — Comportements à problèmes (en anglais, Victimization—Problem Behavior Frequency Scale, VPBFS) constitue un instrument psychométrique d’auto-évaluation développé pour quantifier l’exposition des adolescents aux conduites agressives de leurs pairs en milieu scolaire et communautaire. Conçue dans le cadre des travaux épidémiologiques du Centers for Disease Control and Prevention (CDC) et du consortium de recherche Multisite Violence Prevention Project (MVPP), cette échelle s’inspire largement des travaux pionniers de Nicki R. Crick et Maureen A. Bigbee (1998) ainsi que d’Albert D. Farrell et ses collaborateurs (2000, 2003). L’instrument se compose de 12 items répartis de façon équilibrée en deux sous-échelles distinctes : la victimisation relationnelle (6 items), qui appréhende les agressions indirectes telles que le rejet social, la manipulation des relations interpersonnelles et la propagation de rumeurs calomnieuses, et la victimisation manifeste ou ouverte (6 items), qui évalue les agressions directes incluant les coups, les bousculades, les agressions verbales directes, les menaces physiques et l’intimidation armée.

Les répondants évaluent la fréquence d’apparition de chaque comportement au cours d’une fenêtre temporelle standardisée de 30 jours, à l’aide d’une échelle de réponse en six points allant de 1 (« Jamais » / Never) à 6 (« 20 fois ou plus » / 20 or more times). Sur le plan psychométrique, la VPBFS fait preuve d’une robustesse confirmée par de nombreuses études longitudinales et transversales menées auprès d’échantillons d’élèves du secondaire (middle et high school). Les analyses factorielles confirmatoires attestent de la validité d’une structure bidimensionnelle différenciant nettement les préjudices relationnels des préjudices manifestes. La cohérence interne est satisfaisante, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant généralement entre 0,76 et 0,88 selon les sous-échelles et les groupes sociodémographiques. L’échelle démontre une validité convergente et prédictive solide vis-à-vis de multiples indicateurs de détresse psychologique (dépression, anxiété sociale, idéation suicidaire) et de comportements externalisés (réactivité agressive, délinquance juvénile), faisant d’elle un outil de référence pour l’évaluation des programmes de prévention de la violence à l’adolescence.

2. Mots-clés / Keywords

Victimisation par les pairs, victimisation relationnelle, victimisation manifeste, harcèlement scolaire, agression entre pairs, échelle psychométrique, adolescence, comportements à problèmes, évaluation de la violence, Centers for Disease Control and Prevention, épidémiologie scolaire, psychologie du développement.

3. Auteurs / Authors

L’instrument a été institutionnalisé et documenté dans le compendium d’outils d’évaluation de la violence juvénile du Centers for Disease Control and Prevention (CDC), National Center for Injury Prevention and Control (Atlanta, Géorgie, États-Unis), dans le cadre des protocoles du Multisite Violence Prevention Project (MVPP).

Les principaux chercheurs et théoriciens associés à la genèse, à l’adaptation et à la validation empirique de cette échelle et de ses sous-dimensions incluent :

  • Albert D. Farrell, Ph.D. — Professeur émérite de psychologie, Department of Psychology, Virginia Commonwealth University (Richmond, VA, États-Unis). Spécialiste de la prévention de la violence juvénile et du développement de mesures psychométriques des conduites agressives. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Terri N. Sullivan, Ph.D. — Professeure de psychologie, Department of Psychology, Virginia Commonwealth University (Richmond, VA, États-Unis). Travaux axés sur l’impact de l’agression relationnelle et physique sur le bien-être émotionnel des adolescents. Courriel institutionnel : [email protected].
  • Nicki R. Crick, Ph.D. (décédée) — Ancienne professeure émérite à l’Institute of Child Development, University of Minnesota (Minneapolis, MN, États-Unis). Théoricienne pionnière du concept d’agression et de victimisation relationnelles chez les enfants et adolescents.
  • Maureen A. Bigbee, Ph.D. — Chercheuse associée et psychologue clinicienne, co-auteure des premières échelles de victimisation relationnelle et manifeste multi-informateurs.
  • Pamela Orpinas, Ph.D., MPH — Professeure au College of Public Health, Department of Health Promotion and Behavior, University of Georgia (Athens, GA, États-Unis), contributrice aux banques d’items du CDC pour la mesure des agressions en milieu scolaire.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la Victimization—Problem Behavior Frequency Scale est de mesurer de manière standardisée, fiable et empiriquement reproductible la fréquence des expériences de victimisation subies par les jeunes au sein de leurs réseaux de pairs. La violence entre pairs à l’adolescence ne se limite pas à des altercations physiques observables ; elle emprunte fréquemment des voies sournoises, dissimulées et relationnelles. Dès lors, la VPBFS a été conçue pour combler un angle mort des mesures traditionnelles de délinquance qui surévaluaient les conduites physiques violentes au détriment des blessures psychologiques et relationnelles.

Sur le plan épidémiologique et de la recherche en santé publique, cet outil sert principalement à cartographier la prévalence de la victimisation en milieu scolaire et à quantifier l’efficacité des interventions universelles ou ciblées de prévention de la violence (telles que les programmes socio-émotionnels à large échelle promus par le CDC). En mesurant les comportements sur un intervalle temporel rétrospectif strict (les 30 derniers jours), l’instrument évite les biais de mémoire à long terme tout en offrant une sensibilité suffisante pour détecter des fluctuations à court et moyen terme lors d’évaluations pré-test, post-test et de suivi longitudinal.

Dans la pratique clinique, psychologique et éducative, la VPBFS permet de dresser un profil différentiel de l’adolescent en détresse :

  • Identification des traumatismes sociaux masqués : Certains élèves manifestent des symptômes d’anxiété scolaire, de phobie sociale ou de baisse drastique de leurs résultats académiques sans qu’aucune trace d’agression physique ne soit documentée. La sous-échelle de victimisation relationnelle éclaire les dynamiques d’ostracisme, de sabotage de réputation et d’exclusion programmée.
  • Différenciation des trajectoires d’externalisation et d’internalisation : Les travaux de Sullivan, Esposito et Farrell (2003) ont souligné que la victimisation manifeste est fréquemment corrélée à des conduites défensives ou agressives réactives (comportements externalisés, délinquance, port d’armes), tandis que la victimisation relationnelle s’associe davantage à des troubles dépressifs, à des somatisations et à l’isolement affectif. L’échelle aide le clinicien ou le psychologue scolaire à orienter son intervention (thérapie cognitivo-comportementale axée sur les compétences d’affirmation de soi, médiation par les pairs, ou protocoles de gestion des traumatismes).
  • Surveillance institutionnelle du climat scolaire : Administrée de façon anonyme au niveau d’un établissement scolaire, la VPBFS fournit aux équipes éducatives un baromètre objectif des violences invisibles qui gangrènent le climat scolaire, permettant de cibler les interventions sur les micro-espaces de vulnérabilité (cours de récréation, réseaux sociaux, couloirs, vestiaires).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par la VPBFS repose sur une conception multidimensionnelle de la victimisation par les pairs (peer victimization). La victimisation se définit comme l’expérience continue ou répétée par laquelle un individu devient la cible d’actions hostiles, blessantes ou destructrices perpétrées par un ou plusieurs pairs au sein d’un rapport de force généralement asymétrique. L’échelle conceptualise ce phénomène à travers deux dimensions fondamentales et complémentaires :

1. La victimisation relationnelle (Relational Victimization)

La victimisation relationnelle désigne les préjudices causés à un individu par l’intermédiaire de la manipulation intentionnelle de ses relations sociales, de son statut dans le groupe ou de son sentiment d’appartenance (Crick & Grotpeter, 1995). Contrairement aux agressions corporelles, le vecteur d’attaque est ici le tissu social et affectif de la victime. Dans la VPBFS, cette dimension est opérationnalisée par six comportements distincts :

  • L’amitié conditionnelle et le chantage affectif (Item 1) : L’agresseur menace de retirer son affection ou son amitié si la victime ne se soumet pas à ses exigences, exploitant ainsi le besoin fondamental d’affiliation propre à l’adolescence.
  • La propagation de rumeurs mensongères (Item 2) : La diffusion anonyme ou concertée d’informations fausses et humiliantes visant à altérer la réputation de la cible auprès de ses camarades.
  • L’ostracisme et l’exclusion délibérée (Item 3) : L’acte d’isoler délibérément la victime lors d’activités collectives, de temps de pause ou de travaux de groupe, transformant l’espace scolaire en un environnement de solitude contrainte.
  • L’empoisonnement social de la réputation (Items 4 et 5) : Des manœuvres répétées consistant à dire des choses méchantes ou à inventer des mensonges afin de convaincre le groupe de pairs de rejeter la cible (« faire en sorte que les autres ne l’aiment plus »).
  • La vengeance par coalition d’éviction (Item 6) : L’exclusion punitive de la victime d’un groupe d’amis ou d’une clique établie en réaction à un différend ou une contrariété (« ne plus la laisser être dans leur groupe »).

2. La victimisation manifeste ou ouverte (Overt Victimization)

La victimisation manifeste englobe les attaques directes, visibles et immédiatement observables, qui mettent en péril l’intégrité physique ou psychologique immédiate de la victime. Elle se déploie selon un gradient d’intensité comportementale au travers de six items :

  • Les agressions physiques de base (Items 7 et 8) : Le fait d’être frappé, battu, poussé ou bousculé par d’autres élèves sans justification sportive ou ludique.
  • L’agression verbale directe (Item 9) : Le fait de subir des hurlements, des insultes ou des injures explicites proférées en face-à-face.
  • Les menaces corporelles explicites (Item 10) : L’intimidation directe impliquant des promesses de violences physiques ultérieures (« menacer de frapper ou de faire mal »).
  • La victimisation létale et armée (Item 11) : Le niveau d’extrême sévérité caractérisé par la menace ou la blessure infligée au moyen d’une arme (couteau, arme à feu, matraque, etc.), reflétant les contextes d’insécurité communautaire grave.
  • L’incitation coercitive à l’affrontement (Item 12) : Les sollicitations provocatrices consistant à contraindre la victime à se battre (« demander de se battre » / asked to fight), créant une pression sociale intense.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

L’ancrage théorique de la VPBFS s’articule au confluent de la théorie du traitement de l’information sociale, de l’approche socio-écologique du développement humain et des modèles spécifiques de l’agression relationnelle développés en psychologie différentielle et clinique.

Le modèle développemental de l’agression relationnelle (Crick et collaborateurs)

Pendant des décennies, les recherches en psychologie de la délinquance se sont polarisées sur les garçons et les manifestations de violence physique. Nicki R. Crick (1995, 1996, 1998) a postulé que l’agression et la victimisation adoptent des formes différentes en fonction des buts développementaux valorisés par les individus. À l’adolescence, l’intimité relationnelle, la loyauté au sein du groupe et l’acceptation sociale deviennent des préoccupations centrales. Par conséquent, les comportements qui attaquent directement ces liens constituent les armes les plus destructrices. L’intégration de la victimisation relationnelle dans la VPBFS aux côtés de la victimisation physique formalise la reconnaissance théorique que les dommages portés au réseau social d’un jeune engendrent des détresses émotionnelles équivalentes, voire supérieures, à celles induites par des violences corporelles.

Le modèle socio-écologique de Bronfenbrenner et du CDC

Le consortium du Multisite Violence Prevention Project et le CDC ont structuré leurs recherches autour du modèle socio-écologique formulé à l’origine par Urie Bronfenbrenner. Dans cette perspective, la victimisation n’est pas simplement un trait individuel ou un événement isolé, mais le produit de transactions dynamiques entre plusieurs systèmes : l’individu (compétences sociales, réactivité émotionnelle), le microsystème (les relations au sein de la classe, les bandes de pairs, la famille), le mésosystème (les liens entre l’école et la communauté) et l’exosystème (le niveau de criminalité du quartier, la présence d’armes à feu). La VPBFS capture l’expression proximale de ces tensions écologiques au sein du groupe de pairs immédiat.

Le modèle de la coercition et de la réciprocité agressive (Patterson & Bandura)

D’après la théorie de l’apprentissage social d’Albert Bandura et le modèle de coercition de Gerald Patterson, l’exposition continue à la violence physique ou verbale engendre un conditionnement cognitif : l’adolescent développe des biais d’attribution hostile, percevant des intentions malveillantes chez autrui même lors de situations ambiguës. Cette dynamique engendre un cycle où la victime peut développer une « agressivité réactive » pour se protéger, devenant ce que la littérature nomme un « agresseur-victime » (bully-victim). La VPBFS a précisément été élaborée pour analyser comment la fréquence de la victimisation prédit l’adoption subséquente de comportements problématiques (Problem Behaviors) tels que la délinquance, la consommation de substances psychoactives et les bagarres réactives (Farrell et al., 2000 ; Sullivan et al., 2003).

7. Validité / Validity

La validité psychométrique de la VPBFS a été rigoureusement démontrée à travers de larges cohortes d’adolescents scolarisés en collège et lycée, notamment dans les études du Multisite Violence Prevention Project (MVPP, 2004) et les travaux menés par l’équipe d’Albert Farrell et Terri Sullivan.

Validité de construit

La validité de construit est étayée par la capacité de l’instrument à reproduire de manière consistante une séparation nette entre victimisation manifeste et victimisation relationnelle. Bien que corrélées de manière modérée à forte (les corrélations inter-facteurs oscillent généralement entre $r = 0,50$ et $r = 0,65$), ces deux dimensions se distinguent nettement dans les modèles confirmatoires. Cela prouve que si les victimes de violences physiques courent un risque élevé de subir également des violences relationnelles, ces deux formes d’atteinte représentent des dynamiques comportementales phénoménologiquement distinctes.

Validité convergente

La validité convergente de la VPBFS a été établie par la corrélation systématique de ses scores avec des indicateurs validés d’inadaptation socio-émotionnelle et comportementale :

  • Détresse psychologique et intériorisation : Les scores de victimisation relationnelle présentent des corrélations positives significatives avec les échelles de dépression du CDI (Children’s Depression Inventory) ($r = 0,35$ à $0,48$), l’anxiété sociale ($r = 0,30$ à $0,45$) et les sentiments de solitude ou de rejet social.
  • Agressivité et extériorisation : Les scores de victimisation manifeste sont fortement associés aux échelles d’agression physique, aux suspensions scolaires et aux infractions délinquantes mesurées par l’échelle de comportements agressifs d’Orpinas et Frankowski ($r = 0,40$ à $0,55$).
  • Santé somatique : Les deux sous-échelles présentent des corrélations significatives avec la fréquence des plaintes somatiques (maux de tête, douleurs abdominales, troubles du sommeil).

Validité discriminante

L’échelle montre une excellente discrimination vis-à-vis des mesures d’agression perpétrée (perpetration scales). Les analyses empiriques démontrent que la variance partagée entre la victimisation déclarée et l’agression commise n’annule pas la spécificité du statut de victime pure. De plus, les études révèlent une sensibilité différentielle selon le sexe : conformément à la littérature fondamentale, les filles rapportent des scores de victimisation relationnelle proportionnellement plus élevés que les garçons, tandis que les garçons obtiennent des scores significativement plus élevés sur l’échelle de victimisation manifeste physique (notamment les items 7, 8, 10, 11 et 12).

Validité prédictive

Dans les suivis longitudinaux conduits sur des cohortes suivies de la 6e à la 8e année scolaire (élèves âgés de 11 à 14 ans), les scores initiaux à la sous-échelle de victimisation manifeste prédisent de façon prospective l’implication dans des bagarres violentes et le port d’armes un an plus tard, même après contrôle des niveaux initiaux de comportement agressif (Farrell et al., 2005). La victimisation relationnelle initiale prédit quant à elle l’aggravation des symptômes dépressifs et le désengagement académique à long terme.

8. Fidélité / Reliability

La fidélité de l’échelle a fait l’objet d’évaluations exhaustives portant sur sa cohérence interne, sa stabilité temporelle et sa fidélité selon les sous-groupes démographiques.

Cohérence interne (Alpha de Cronbach)

Les estimations de la cohérence interne ont été établies sur des échantillons de plusieurs milliers d’élèves du secondaire participant aux enquêtes nationales coordonnées par le CDC et le MVPP :

  • Sous-échelle de victimisation relationnelle : Le coefficient alpha de Cronbach se situe régulièrement dans une plage de 0,80 à 0,86, témoignant d’une excellente homogénéité des items relatifs aux commérages, à l’exclusion et aux chantages affectifs.
  • Sous-échelle de victimisation manifeste : Le coefficient alpha de Cronbach varie typiquement entre 0,76 et 0,84. Bien que cet indice soit robuste, la légère variabilité constatée s’explique par la rareté statistique relative des items extrêmes (comme l’agression avec arme, item 11), qui présentent une asymétrie de distribution prononcée dans les populations générales d’adolescents.
  • Échelle totale (12 items) : Lorsqu’elle est utilisée comme score composite global d’exposition à la violence entre pairs, l’échelle affiche un alpha de Cronbach global compris entre 0,86 et 0,91.

Stabilité temporelle (Test-Retest)

La fidélité test-retest a été examinée sur des intervalles de plusieurs mois (généralement 6 mois à 1 an dans les designs d’évaluation d’impact scolaire) :

  • Sur un intervalle court (2 à 4 semaines), les coefficients de corrélation intraclasse dépassent 0,75 pour les deux dimensions, indiquant une stabilité remarquable des déclarations pour une fenêtre temporelle fixe de 30 jours.
  • Sur des intervalles longitudinaux longs (6 mois à 1 an), les coefficients de stabilité test-retest se situent entre 0,45 et 0,60. Cette stabilité modérée est conforme aux attentes théoriques : la victimisation est un statut dynamique influencé par les changements d’environnement, de classes, les interventions scolaires et les évolutions de la maturité sociale des adolescents.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure dimensionnelle de la VPBFS a été validée par des procédures d’analyse factorielle exploratoire (AFE) puis d’analyse factorielle confirmatoire (AFC) de haute technicité, prenant en compte le caractère ordinal et l’asymétrie des données de fréquence d’agression.

Structure factorielle confirmatoire

Les études factorielles comparent systématiquement deux modèles concurrents :

  1. Modèle unifactoriel : L’ensemble des 12 items sature sur un unique facteur général de victimisation globale.
  2. Modèle bifactoriel corrélé : Les items 1 à 6 saturent sur le facteur de victimisation relationnelle, et les items 7 à 12 saturent sur le facteur de victimisation manifeste.

Les résultats statistiques démontrent sans équivoque la supériorité du modèle bifactoriel. Les indices d’ajustement du modèle à deux facteurs atteignent des standards d’excellence : le Comparative Fit Index (CFI) et le Tucker-Lewis Index (TLI) dépassent systématiquement le seuil de 0,95 (souvent $ge 0,97$), tandis que la racine de l’erreur quadratique moyenne d’approximation (Root Mean Square Error of Approximation, RMSEA) se maintient en dessous de 0,05 (avec des intervalles de confiance à 90 % compris entre 0,035 et 0,052). À l’inverse, le modèle unifactoriel présente un ajustement médiocre ($CFI < 0,85$, $RMSEA > 0,09$), justifiant empiriquement le maintien des deux sous-échelles.

Saturations factorielles des items (Factor Loadings)

Les saturations standardisées ($lambda$) observées lors des estimations par moindres carrés pondérés robustes (WLSMV) sont uniformément élevées :

  • Facteur relationnel : Les saturations s’échelonnent de 0,62 à 0,82. Les items 4 et 5 (mensonges pour nuire à la réputation auprès des pairs) et l’item 3 (rejet délibéré lors d’activités) présentent les saturations les plus fortes ($lambda > 0,75$).
  • Facteur manifeste : Les saturations s’échelonnent de 0,55 à 0,80. Les items 7 (avoir été frappé), 8 (avoir été bousculé) et 10 (menace directe de coups) affichent les charges factorielles les plus élevées ($lambda > 0,72$). L’item 11 (menace avec une arme) présente généralement la saturation la plus faible mais statistiquement très significative ($\lambda \approx 0,55-0,60$), en raison de sa très faible prévalence dans les échantillons scolaires non cliniques.

Invariance de mesure

Des tests stricts d’invariance de mesure multi-groupes ont démontré que l’instrument satisfait les critères d’invariance configurationnelle, métrique et scalaire à travers le genre (filles vs garçons) et les groupes ethnoculturels (notamment les adolescents afro-américains, hispaniques et caucasiens aux États-Unis). Cela certifie que les différences de moyennes observées entre groupes reflètent de réelles variations d’exposition au phénomène et non des biais d’interprétation des formulations verbales des items.

10. Instrument de mesure / Instrument

La VPBFS se caractérise par une structure métrique claire et ergonomique :

  • Type d’évaluation : Auto-questionnaire standardisé (self-report inventory).
  • Population cible : Enfants et adolescents scolarisés, principalement du collège au lycée (âgés d’environ 11 à 18 ans).
  • Nombre total d’items : 12 items.
  • Structure des sous-échelles :
    • Victimisation relationnelle : 6 items (Items 1 à 6).
    • Victimisation manifeste : 6 items (Items 7 à 12).
  • Période de référence temporelle : Les 30 derniers jours précédant l’administration (« In the last 30 days, how many times have you… »).
  • Format et échelle de réponse : Échelle ordinale en 6 points graduée en fonction de la fréquence numérique précise des événements :
    • 1 = Jamais (Never)
    • 2 = 1 à 2 fois (1–2 times)
    • 3 = 3 à 5 fois (3–5 times)
    • 4 = 6 à 9 fois (6–9 times)
    • 5 = 10 à 19 fois (10–19 times)
    • 6 = 20 fois ou plus (20 or more times)
  • Modalités de cotation et calcul des scores :
    • Le score de chaque sous-échelle s’obtient en effectuant la somme arithmétique (ou la moyenne) des points attribués aux items correspondants.
    • Pour la victimisation relationnelle (items 1 à 6), le score total varie de 6 à 36 points.
    • Pour la victimisation manifeste (items 7 à 12), le score total varie de 6 à 36 points.
    • Le score global de victimisation (somme des 12 items) s’étend de 12 à 72 points.
    • Interprétation : Un score élevé indique une fréquence et une sévérité accrues des expériences de victimisation subies par le participant.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

La VPBFS a été compilée, formalisée et diffusée pour la première fois sous cette configuration opérationnelle spécifique en 2004 dans le recueil d’instruments du Multisite Violence Prevention Project et du Centers for Disease Control and Prevention (CDC).

  • Statut des droits et accessibilité : L’instrument figure dans le domaine public académique en tant que production issue de programmes de recherche financés par des fonds publics fédéraux américains via le CDC.
  • Tarifs : L’utilisation de l’échelle est entièrement gratuite pour la recherche scientifique, l’évaluation de programmes scolaires et la pratique clinique non commerciale. Aucun droit de licence (royalty) n’est exigé.
  • Conditions d’utilisation et permissions : Les chercheurs et praticiens sont autorisés à reproduire et administrer l’instrument sous réserve de citer scrupuleusement les publications sources originales (le compendium du CDC, Farrell et al., Crick & Bigbee, ainsi que le Multisite Violence Prevention Project). Toute modification des libellés ou du format d’échelle doit être explicitement documentée dans les rapports de recherche.

12. Références / References

Les références ci-dessous constituent le socle empirique et théorique de l’instrument en format APA 7e édition :

  • Centers for Disease Control and Prevention. (2004). Measuring violence-related attitudes, behaviors, and influences among youths: A compendium of assessment tools (pp. 265–266). National Center for Injury Prevention and Control of the Centers for Disease Control and Prevention. https://www.cdc.gov/violenceprevention/pdf/YV_Compendium.pdf
  • Crick, N. R., & Bigbee, M. A. (1998). Relational and overt forms of peer victimization: A multiinformant approach. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 66(2), 337–347. https://doi.org/10.1037/0022-006X.66.2.337
  • Crick, N. R., & Grotpeter, J. K. (1995). Relational aggression, gender, and social-psychological adjustment. Child Development, 66(3), 710–722. https://doi.org/10.2307/1131945
  • Farrell, A. D., Kung, E. M., White, K. S., & Valois, R. F. (2000). The structure of self-reported aggression, drug use, and delinquent behaviors during early adolescence. Journal of Clinical Child Psychology, 29(2), 282–292. https://doi.org/10.1207/S15374424JCCP2902_13
  • Farrell, A. D., Sullivan, T. N., Esposito, L. E., Meyer, A. L., & Valois, R. F. (2005). A latent growth curve analysis of changes in aggression among relatively aggressive and nonaggressive urban adolescents. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 73(1), 70–81. https://doi.org/10.1037/0022-006X.73.1.70
  • Multisite Violence Prevention Project. (2004). Description of measures: Cohort-wide student survey. Centers for Disease Control and Prevention, National Center for Injury Prevention and Control.
  • Orpinas, P., & Frankowski, R. (2001). The Aggression Scale: A self-report measure of aggressive behavior for young adolescents. The Journal of Early Adolescence, 21(1), 50–67. https://doi.org/10.1177/0272431601021001003
  • Sullivan, T. N., Esposito, L. E., & Farrell, A. D. (2003, November). Relation between overt and relational victimization and problem behaviors in adolescence. Communication présentée à l’Annual Conference for the Association for Advancement of Behavior Therapy, Boston, MA.
  • Sullivan, T. N., Farrell, A. D., & Kliewer, W. (2006). Peer victimization in early adolescence: Association with emotion and behavior problems. Journal of Clinical Child and Adolescent Psychology, 35(4), 498–512. https://doi.org/10.1207/s15374424jccp3504_1

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

Voici les items originaux de l’échelle tels que publiés dans les études psychométriques de référence, sans modification ni traduction, afin de préserver la validité et la fidélité de l’instrument :

In the last 30 days, how many times have you …

Response scale: Never = 1 | 1-2 times = 2 | 3-5 times = 3 | 6-9 times = 4 | 10-19 times = 5 | 20 or more times = 6

Relational Victimization

  1. Had a kid say they won’t like you unless you do what he/she wanted you to do?
  2. Had someone spread a false rumor about you?
  3. Been left out on purpose by other kids when it was time to do an activity?
  4. Had a kid try to keep others from liking you by saying mean things about you?
  5. Had a kid tell lies about you to make other kids not like you anymore?
  6. Had a kid who is mad at you try to get back at you by not letting you be in their group anymore?

Overt Victimization

  1. Been hit by another kid?
  2. Been pushed or shoved by another kid?
  3. Been yelled at or called mean names by another kid?
  4. Another student threatened to hit or physically harm you?
  5. Been threatened or injured by someone with a weapon (gun, knife, club, etc.)?
  6. Had a student asked you to fight?
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Citer cet article

Looti, M. (2026, octobre 9). Échelle de fréquence de la victimisation — Comportements à problèmes. Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-frequence-victimisation-comportements-problemes/
Looti, Mohammed. “Échelle de fréquence de la victimisation — Comportements à problèmes.” Base de données de psychologie en français, 9 octobre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-frequence-victimisation-comportements-problemes/.
Looti, Mohammed. “Échelle de fréquence de la victimisation — Comportements à problèmes.” Base de données de psychologie en français. octobre 9, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-frequence-victimisation-comportements-problemes/.