Échelles d'évaluation cliniquePsychométrieTraumatisme et Dissociation

Échelle des Expériences Dissociatives (DES-II)

Analyse psychométrique détaillée de l’Échelle des Expériences Dissociatives (DES-II) de Bernstein et Putnam. Découvrez ses propriétés statistiques, sa validité clinique, son cadre théorique et l’ensemble de ses items originaux.

PUBLIÉ

1. Résumé / Abstract

L’Échelle des Expériences Dissociatives (Dissociative Experiences Scale-II, DES-II), développée initialement par Eve M. Bernstein et Frank W. Putnam (1986) puis révisée sous sa forme standardisée actuelle (Carlson & Putnam, 1993), constitue le questionnaire d’auto-évaluation le plus largement utilisé à l’échelle internationale pour mesurer la fréquence des phénomènes dissociatifs en population clinique et générale. L’instrument est composé de 28 items évaluant un large spectre d’expériences psychoformes, allant d’altérations non pathologiques de l’attention (absorption et immersion imaginative) à des manifestations sévères caractéristiques des troubles dissociatifs et des traumatismes complexes (amnésie dissociative, dépersonnalisation, déréalisation et altération de l’identité).

Le format de réponse de la DES-II repose sur une échelle ordinale en pourcentages à 11 points, graduée de 0 % (« Jamais ») à 100 % (« Toujours ») par incréments de 10 %. Le score global est obtenu en calculant la moyenne arithmétique des pourcentages attribués à l’ensemble des 28 items, produisant une valeur continue comprise entre 0 et 100. En complément, une sous-échelle spécifique de 8 items, dénommée DES-Taxon (DES-T) et identifiée par des analyses taxométriques rigoureuses (Waller, Putnam & Carlson, 1996), permet d’isoler la dissociation psychopathologique liée aux troubles dissociatifs majeurs (notamment le trouble dissociatif de l’identité) et au trouble de stress post-traumatique (TSPT).

Les propriétés psychométriques de la DES-II sont remarquables. Elle présente une consistance interne exceptionnellement élevée, avec des coefficients alpha de Cronbach oscillant régulièrement entre 0,93 et 0,96 selon les populations étudiées, ainsi qu’une excellente fidélité test-retest (r compris entre 0,84 et 0,93). Sa validité convergente avec les entretiens cliniques structurés (tels que le SCID-D et le DDIS) et sa validité discriminante pour distinguer les troubles dissociatifs des troubles de l’humeur ou des troubles du spectre de la schizophrénie en font la référence incontournable de la recherche et de l’évaluation clinique des traumatismes psychiques.

2. Mots-clés / Keywords

Dissociation, Échelle des Expériences Dissociatives, DES-II, DES-Taxon, Dépersonnalisation, Déréalisation, Amnésie dissociative, Trouble dissociatif de l’identité, Traumatisme psychologique, Psychométrie, Évaluation clinique, Stress post-traumatique, Absorption cognitive.

3. Auteurs / Authors

L’échelle a été conçue et standardisée par des figures de proue de la recherche psychiatrique sur les traumatismes et les troubles dissociatifs :

  • Eve M. Bernstein, Ph.D. : Psychologue clinicienne et chercheuse, pionnière dans l’opérationnalisation quantitative des processus dissociatifs.
  • Frank W. Putnam, M.D. : Professeur de pédiatrie et de psychiatrie à l’Université de Cincinnati College of Medicine et ancien directeur du Unit on Dissociative Disorders au National Institute of Mental Health (NIMH), Bethesda, Maryland, États-Unis.
  • Eve B. Carlson, Ph.D. (co-auteure de la révision DES-II et du développement taxométrique) : Chercheuse clinicienne au National Center for PTSD, VA Palo Alto Health Care System, Californie, États-Unis.

4. Objectif / Purpose

L’objectif fondamental de la DES-II est de fournir un instrument standardisé, fiable et économique pour quantifier la fréquence et l’intensité des expériences dissociatives vécues dans la vie quotidienne. Historiquement, l’évaluation des phénomènes dissociatifs souffrait d’un manque d’outils standardisés, les cliniciens s’appuyant principalement sur des observations qualitatives ou des grilles d’entretien non calibrées. La DES a été créée pour combler cette lacune méthodologique en transformant des symptômes complexes et souvent sous-rapportés en données métriques robustes.

Applications cliniques

En contexte psychiatrique et psychothérapeutique, la DES-II remplit une fonction essentielle de dépistage (screening). Elle n’a pas été conçue comme un outil de diagnostic autonome, mais plutôt comme un signal d’alerte clinique justifiant la réalisation d’un entretien diagnostique approfondi, tel que le Structured Clinical Interview for DSM-IV Dissociative Disorders (SCID-D) ou le Dissociative Disorders Interview Schedule (DDIS). Un score global élevé (typiquement supérieur ou égal à 30) indique une forte probabilité de pathologie dissociative sous-jacente, incluant le trouble dissociatif de l’identité (TDI), le trouble dissociatif non spécifié (actuellement désigné sous le terme d’Autre trouble dissociatif spécifié – ATDS dans le DSM-5), la dépersonnalisation/déréalisation persistante, ou la sous-classe dissociative du TSPT.

L’échelle permet également d’orienter le plan de traitement psychothérapeutique. Chez les patients souffrant de traumatismes complexes ou de troubles de la personnalité borderline, la quantification de la dissociation informe le thérapeute sur le risque de décompensation dissociative durant les protocoles d’exposition traumatique (comme l’EMDR ou les thérapies d’exposition prolongée), permettant d’instaurer des phases préalables de stabilisation et d’ancrage sensoriel.

Applications en recherche

Dans le domaine de la recherche empirique, la DES-II est exploitée pour :

  • Cartographier l’épidémiologie des processus dissociatifs dans des cohortes cliniques et non cliniques.
  • Étudier les corrélats neurobiologiques de la dissociation (e.g., hypo-activation de l’amygdale couplée à une hyper-activation du cortex préfrontal médial dans les formes dissociatives du TSPT).
  • Mesurer l’efficacité longitudinale des interventions psychothérapeutiques et pharmacologiques visant la réduction des symptômes traumatiques.
  • Explorer la dissociation comme variable médiatrice ou modératrice entre les antécédents de maltraitance infantile (négligence, abus physiques ou sexuels) et diverses psychopathologies à l’âge adulte (addictions, conduites auto-agressives, somatisation).

5. Construit psychologique / Construct

Le construit psychologique mesuré par la DES-II est la dissociation, définie par l’American Psychological Association et la nosographie psychiatrique moderne comme une rupture, une discontinuité ou une perturbation dans l’intégration normale de la conscience, de la mémoire, de l’identité, de la perception corporelle, du contrôle moteur ou de l’environnement.

La DES-II aborde ce construit à travers plusieurs dimensions phénoménologiques interconnectées :

1. L’absorption et l’implication imaginative (Absorption and Imaginative Involvement)

Cette dimension renvoie à la capacité d’engager pleinement ses ressources attentionnelles dans un stimulus externe (film, livre, spectacle) ou interne (rêverie diurne, fantasme) au point d’ignorer temporairement les événements de l’environnement immédiat ou de perdre la notion du temps. Bien qu’elle soit fréquemment observée chez des individus sains à titre de variation non pathologique, une absorption extrême peut refléter des mécanismes défensifs d’évitement cognitif face à des affects intolérables.

2. Les expériences de dépersonnalisation et de déréalisation (Depersonalization / Derealization)

La dépersonnalisation implique un sentiment d’étrangeté, de détachement ou d’extériorité vis-à-vis de son propre corps, de ses pensées ou de ses émotions (par exemple, s’observer agir de l’extérieur comme un spectateur, ne pas reconnaître son reflet dans un miroir, ou ressentir une insensibilité corporelle anormale). La déréalisation correspond à une perception altérée du monde extérieur, qui apparaît flou, artificiel, brumeux, sans vie ou semblable à un décor de théâtre ou un rêve éveillé.

3. L’amnésie dissociative (Amnestic Dissociation)

L’amnésie dissociative se manifeste par l’incapacité de se remémorer des informations autobiographiques importantes ou des périodes d’activités quotidiennes, non explicable par un oubli ordinaire, une fatigue ou l’effet d’une substance. Dans la DES-II, cela inclut la découverte de biens matériels dont on ne se rappelle pas l’acquisition (item 5), le fait de se retrouver dans un lieu sans savoir comment on y est parvenu (item 3), ou l’absence de mémoire pour des événements marquants de sa vie (item 9).

4. Le Taxon Dissociatif (DES-T)

Une distinction fondamentale a été établie par Waller, Putnam et Carlson (1996) entre la dissociation continue/dimensionnelle (commune, non psychopathologique, dominée par l’absorption) et la dissociation typologique/taxonomique (qualitativement distincte et psychopathologique). Le DES-T regroupe 8 items spécifiques (items 3, 5, 7, 8, 12, 13, 22 et 27) qui ciblent les manifestations graves : voix intérieures dialoguant ou commentant les actes, dépersonnalisation sévère, états d’amnésie comportementale et discontinuités de l’identité.

6. Cadre théorique / Theoretical Framework

La conceptualisation sous-tendant la DES-II prend racine dans plus d’un siècle d’histoire de la psychiatrie dynamique et des sciences cognitives :

L’héritage de Pierre Janet et la dissociation structurale

À la fin du XIXe siècle, le psychiatre et philosophe français Pierre Janet a formalisé le concept de désagrégation mentale (plus tard traduit par « dissociation »). Selon Janet, face à des événements terrifiants excédant la capacité de synthèse de l’esprit, les représentations traumatiques ne sont pas assimilées dans la mémoire autobiographique mais sont clivées de la conscience vigile, opérant comme des sous-systèmes autonomes (idées fixes subconscientes). Ce modèle janétien a été modernisé par la théorie de la dissociation structurelle de la personnalité (Van der Hart, Nijenhuis, & Steele, 2006), qui postule une division entre une partie apparemment normale de la personnalité (PAN) assurant le fonctionnement quotidien et une ou plusieurs parties émotionnelles (PE) fixées sur les réactions de défense traumatique.

La théorie de la néodissociation d’Ernest Hilgard

Dans les années 1970 et 1980, le psychologue expérimental Ernest Hilgard a proposé la théorie de la néodissociation (Hilgard, 1977). Hilgard a avancé un modèle hiérarchique du traitement de l’information dans lequel de multiples structures cognitives de contrôle exécutif fonctionnent en parallèle sous la régulation d’un système exécutif central. Lors de conditions hypnotiques ou de traumatismes majeurs, des barrières amnésiques séparent ces canaux cognitifs, permettant l’émergence d’observateurs cachés (« hidden observers ») et d’actions menées sans conscience consciente d’intention.

Le modèle du continuum versus le modèle taxométrique

Historiquement, Bernstein et Putnam ont initialement conceptualisé la dissociation comme un continuum linéaire universel s’étendant de la rêverie quotidienne bénigne jusqu’au trouble dissociatif de l’identité sévère. Cependant, l’évolution théorique impulsée par les travaux taxométriques de Waller et Carlson a affiné cette vision : si les processus d’absorption relèvent bien d’une dimension continue présente dans toute la population, les formes traumatiques et amnestiques constituent une véritable classe discrète (taxon) induite par des altérations précoces de l’attachement et des violences interpersonnelles graves.

7. Validité / Validity

L’Échelle des Expériences Dissociatives a fait l’objet d’un nombre impressionnant d’études de validation transculturelle, confirmant son excellente robustesse psychométrique :

Validité de construit et validité convergente

La DES-II démontre une corrélation hautement significative avec les mesures de référence des troubles post-traumatiques et dissociatifs :

  • Corrélations élevées (r = 0,65 à 0,82) avec les entretiens diagnostiques structurés tels que le Structured Clinical Interview for DSM Dissociative Disorders (SCID-D) et le Dissociative Disorders Interview Schedule (DDIS).
  • Forte convergence avec les échelles de stress post-traumatique, notamment la Clinician-Administered PTSD Scale (CAPS) et l’Impact of Event Scale-Revised (IES-R), particulièrement pour la sous-échelle d’intrusion et d’évitement émotionnel.
  • Corrélations modérées à fortes avec les outils mesurant les traumatismes de l’enfance, tel que le Childhood Trauma Questionnaire (CTQ, r = 0,45 à 0,60).

Validité discriminante

La DES-II distingue avec une grande précision les patients présentant des troubles dissociatifs avérés des autres groupes cliniques et des témoins sains :

  • Trouble Dissociatif de l’Identité (TDI) : Les scores moyens se situent typiquement entre 45,0 et 60,0.
  • Autre Trouble Dissociatif Spécifié (ATDS / DDNOS) : Scores moyens se situant généralement entre 30,0 et 42,0.
  • Trouble de Stress Post-Traumatique (TSPT) : Scores moyens oscillant entre 20,0 et 35,0.
  • Trouble de la Personnalité Borderline : Scores moyens observés entre 15,0 et 25,0.
  • Schizophrénie et Troubles Bipolaires : Scores moyens habituellement inférieurs à 15,0 à 20,0 (avec des scores DES-T faibles, permettant d’écarter les symptômes psychotiques primaires).
  • Population générale adulte saine : Scores moyens compris entre 4,0 et 8,0.

Sensibilité, spécificité et seuils cliniques

Un score seuil de 30 à la DES-II offre un compromis optimal entre sensibilité (environ 75 % à 85 %) et spécificité (environ 80 % à 90 %) pour identifier les personnes nécessitant une investigation clinique spécialisée pour un trouble dissociatif majeur. L’utilisation conjointe du DES-T (probabilité taxométrique > 0,50 ou score moyen DES-T > 20) améliore encore la spécificité en éliminant les faux positifs dus à une absorption cognitive élevée.

8. Fidélité / Reliability

Les indices de fidélité rapportés dans la littérature internationale attestent d’une stabilité et d’une cohérence métrique exemplaires de la DES-II :

Consistance interne

Dans la quasi-totalité des études publiées, le coefficient alpha de Cronbach global de la DES-II dépasse 0,90. Dans l’échantillon de validation princeps de Bernstein et Putnam (1986), l’alpha était de 0,96 chez les patients psychiatriques et de 0,93 en population non clinique. Des méta-analyses subséquentes (notamment van IJzendoorn & Schuengel, 1996) ont confirmé un coefficient moyen de consistance interne de 0,93 à travers des dizaines d’études indépendantes et de traductions linguistiques (français, allemand, néerlandais, espagnol, japonais, etc.).

Fidélité test-retest

La stabilité temporelle de la DES-II a été documentée sur divers intervalles de temps :

  • À un intervalle de 4 à 8 semaines, les coefficients de corrélation test-retest (r de Pearson ou coefficient de corrélation intraclasse ICC) varient entre 0,78 et 0,93 chez les sujets sains et les patients cliniquement stables.
  • Sur une période de 1 an, la corrélation demeure élevée (r > 0,70), ce qui démontre que la dissociation mesurée par la DES-II reflète des traits et patterns dissociatifs durables plutôt que de simples fluctuations affectives passagères, tout en demeurant sensible aux réductions thérapeutiques effectives.

Fidélité par partition (Split-Half)

Les analyses de fidélité moitié-moitié (Spearman-Brown) rapportent des coefficients de cohérence très élevés, oscillant de 0,88 à 0,94, confirmant l’homogénéité des 28 items composant la matrice du test.

9. Analyse factorielle / Factor Analysis

La structure factorielle de la DES a fait l’objet de nombreux débats méthodologiques et d’analyses factorielles tant exploratoires (AFE) que confirmatoires (AFC) :

Le modèle à trois facteurs de Carlson et Putnam (1993)

La solution factorielle la plus couramment acceptée en clinique regroupe les 28 items sous trois facteurs principaux intercorrélés :

  1. Facteur 1 : Dépersonnalisation / Déréalisation (Depersonalization/Derealization) — Regroupe les items 7, 11, 12, 13, 16, 27 et 28. Ce facteur capte la sensation d’altération corporelle, de non-appartenance du corps, d’observation extérieure de soi, et de transformation irréelle du monde extérieur. Les saturations factorielles de ces items dépassent généralement 0,60.
  2. Facteur 2 : Amnésie dissociative (Amnestic Dissociation) — Regroupe les items 3, 4, 5, 6, 8, 9, 10, 25 et 26. Il reflète les trous de mémoire épisodique, la découverte d’objets ou d’écrits non reconnus, et les états de fugue ou de non-reconnaissance de proches. Saturations factorielles comprises entre 0,55 et 0,78.
  3. Facteur 3 : Absorption et implication imaginative (Absorption/Imaginative Involvement) — Regroupe les items 1, 2, 14, 15, 17, 18, 19, 20, 21, 23 et 24. Ce facteur évalue l’immersion sensorielle totale, la rêverie éveillée intense, la distraction automatique au volant ou pendant l’écoute, et l’anesthésie cognitive temporaire.

Analyses Taxométriques de Waller, Putnam et Carlson (1996)

En appliquant les procédures taxométriques de Meehl (MAMBAC, MAXCOV, MAXSLOPE), Waller et ses collègues ont démontré qu’une structure à facteur général unique dimensionnel n’explique pas correctement la variance des symptômes dissociatifs graves. Ils ont isolé un taxon latent caractérisé par 8 items (DES-T : items 3, 5, 7, 8, 12, 13, 22, 27). Alors que la population générale présente une distribution continue sur le facteur d’absorption, seuls environ 1 à 3 % de la population générale et plus de 80 % des individus souffrant de troubles dissociatifs complexes appartiennent au sous-groupe catégoriel du Taxon, confirmant la distinction qualitative de la pathologie dissociative.

10. Instrument de mesure / Instrument

  • Nom complet de l’instrument : Dissociative Experiences Scale-II (DES-II) / Échelle des Expériences Dissociatives-II.
  • Auteurs : Eve M. Bernstein, Frank W. Putnam, Eve B. Carlson.
  • Année de publication princeps : 1986 (DES-I) ; standardisation du format catégoriel en 1993 (DES-II).
  • Type de passation : Auto-questionnaire papier-crayon ou informatisé.
  • Population cible : Adolescents (à partir de 16 ans / pour les plus jeunes, voir l’A-DES) et adultes en contexte clinique ou de recherche.
  • Nombre d’items : 28 items décrivant des situations dissociatives de la vie courante.
  • Échelle de réponse : Échelle de pourcentage ordinale à 11 points (0% = Jamais à 100% = Toujours, par paliers de 10% : 0%, 10%, 20%, 30%, 40%, 50%, 60%, 70%, 80%, 90%, 100%).
  • Consigne de passation : Le sujet doit indiquer le pourcentage de temps où il vit chaque expérience lorsqu’il n’est pas sous l’emprise de drogues ou d’alcool.
  • Mode de cotation (Scoring) :
    • Score total DES-II : Somme des pourcentages choisis pour les 28 items, divisée par 28. Le score s’étend de 0 à 100.
    • Score DES-Taxon (DES-T) : Moyenne arithmétique des items 3, 5, 7, 8, 12, 13, 22 et 27.
  • Interprétation des seuils :
    • Score total < 15 : Niveau de dissociation dans la norme non clinique.
    • Score total entre 15 et 29 : Dissociation modérée (fréquent dans le TSPT, les troubles anxieux ou les troubles de l’humeur).
    • Score total ≥ 30 : Seuil d’alerte clinique pour un trouble dissociatif majeur (sensibilité et spécificité optimales).
    • Score DES-T ≥ 20 : Forte probabilité d’appartenance au taxon dissociatif pathologique.

11. Permissions, Tarifs et Année du test / Permissions & Fee and Test Year

La DES-II a été publiée pour la première fois sous sa forme originale à échelle visuelle analogique en 1986, puis sous sa forme optimisée à 11 pourcentages (DES-II) en 1993. Les auteurs, Frank W. Putnam et Eve B. Carlson, ont placé la DES-II dans le domaine public à des fins cliniques et de recherche non commerciale. L’instrument est donc libre de droits d’utilisation sans redevance financière sous réserve de citer correctement les auteurs et la publication princeps. Toute utilisation commerciale ou intégration dans un logiciel propriétaire payant nécessite une autorisation formelle auprès des titulaires des droits.

12. Références / References

Bernstein, E. M., & Putnam, F. W. (1986). Development, reliability, and validity of a dissociation scale. The Journal of Nervous and Mental Disease, 174(12), 727–735. https://doi.org/10.1097/00005053-198612000-00004

Carlson, E. B., & Putnam, F. W. (1993). An update on the Dissociative Experiences Scale. Dissociation: Progress in the Dissociative Disorders, 6(1), 16–27. https://hdl.handle.net/1794/1458

Hilgard, E. R. (1977). Divided consciousness: Multiple controls in human thought and action. John Wiley & Sons.

Nijenhuis, E. R., Spinhoven, P., van Dyck, R., van der Hart, O., & Vanderlinden, J. (1996). The development and psychometric characteristics of the Somatoform Dissociation Questionnaire (SDQ-20). The Journal of Nervous and Mental Disease, 184(11), 688–694. https://doi.org/10.1097/00005053-199611000-00006

Ross, C. A., Joshi, S., & Currie, R. (1991). Dissociative experiences in the general population: A factor analysis. Hospital & Community Psychiatry, 42(3), 297–301. https://doi.org/10.1176/ps.42.3.297

Van der Hart, O., Nijenhuis, E. R., & Steele, K. (2006). The haunted self: Structural dissociation and the treatment of chronic traumatization. W. W. Norton & Company.

van IJzendoorn, M. H., & Schuengel, C. (1996). The measurement of dissociation in normal and clinical populations: Meta-analytic validation of the Dissociative Experiences Scale (DES). Clinical Psychology Review, 16(5), 365–382. https://doi.org/10.1016/0272-7358(96)00006-2

Waller, N. G., Putnam, F. W., & Carlson, E. B. (1996). Types of dissociation and dissociative types: A taxometric analysis of dissociative experiences. Psychological Methods, 1(3), 300–321. https://doi.org/10.1037/1082-989X.1.3.300

13. Questions et items du questionnaire / Scale Items

1. Realizing during vehicular travel that you have no recollection of part or all of the trip.
2. Discovering while listening to a conversation that you missed parts of what was said.
3. Finding yourself in a place with no memory of how you traveled there.
4. Finding that you are wearing garments without remembering having put them on.
5. Discovering unfamiliar items among your possessions without remembering acquiring them.
6. Being approached by individuals who seem to know you but whom you do not recognize.
7. Experiencing the feeling of being outside your body, watching yourself as an observer.
8. Being informed that you did not recognize familiar friends or family members.
9. Having no recollection of significant life milestones or major past events.
10. Being accused of untruthfulness when you genuinely believed you were being honest.
11. Failing to recognize your own reflection when looking into a mirror.
12. Experiencing your surroundings, other individuals, or objects as unreal or artificial.
13. Feeling as though your body or bodily parts do not belong to you.
14. Reliving a past experience so intensely that it feels like it is happening currently.
15. Feeling uncertain whether a remembered event actually occurred or was merely a dream.
16. Finding a familiar environment strange, unfamiliar, or foreign.
17. Becoming so deeply engaged in television, films, or reading that you ignore your environment.
18. Becoming so absorbed in a fantasy or daydream that it seems real for a moment.
19. Realizing that you are able to ignore or tolerate severe physical pain.
20. Finding yourself staring into space without thoughts and losing track of time.
21. Catching yourself talking out loud to yourself when completely alone.
22. Behaving so differently across contexts that you feel like two distinct persons.
23. Easily performing a skill or complex task without remembering how you learned it.
24. Being unsure whether you actually completed an everyday task or merely planned to do it.
25. Discovering evidence of tasks you finished without any memory of performing them.
26. Finding notes, drawings, or written work you produced without memory of making them.
27. Hearing internal voices that converse, direct actions, or comment on your behavior.
28. Experiencing the world as if looking through a veil or fog, with people appearing distant.

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memjavad (2026, septembre 4). Échelle des Expériences Dissociatives (DES-II). Base de données de psychologie en français. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-experiences-dissociatives-des-ii/
memjavad. “Échelle des Expériences Dissociatives (DES-II).” Base de données de psychologie en français, 4 septembre 2026, https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-experiences-dissociatives-des-ii/.
memjavad. “Échelle des Expériences Dissociatives (DES-II).” Base de données de psychologie en français. septembre 4, 2026. https://fr.arabpsychology.com/scales/echelle-experiences-dissociatives-des-ii/.